WA P123o 1893 63030020R NLfl DS13D7Ô1 S NATIONAL LIBRARY OF MEDICINE NATIONAL LIBRARY MEDICINE Washington,D.C. NLM051307815 république argentine ?» A • ^"'" EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO $ . 4>, 1893 ORGANISATION ET O / ^/ INSTITUTIONS SANITAIRES DE LA RÉPUBLIQUE ARQE\TL\E PAR Le Docteur TIBURCIO PADILLA^fils) ex-secrétaire de l'assistance publique de tucuman pendant l'épidémie de choléra de 1886-87, ex-interne des hopitaux de buenos aires ex-chiruruien de première classe de la flotte nationale ex-secrétaire general du département national d'hygiène, membre de la société médicale argentine, médecin controleur du conservatoire national de la vaccine, PROFESSEUR DES SCIENCES NATURELLES A L'ÉCOLE NORMALE DE BCENns-URES. ETC. ETC BUENOS AIRES Umi'XKNta v Casa Kjmioka "Argus", f>f>7 V <îtW 1893 V VJA PROLOGUE Répondant à la flatteuse invitation qui nous a été faite par le Président de la Commission de la représenta- tion nationale à l'Exposition Universelle de Chicago ainsi que par plusieurs chefs d'institutions sanitaires des Etats- Unis d'Amérique, nous nous proposons d'esquisser en quelques pages l'organisation hygiénico-sanitaire de la République: à cet effet, nous présenterons une revue assez détaillée des institutions qui ont une importance particu- lière, afin que les autres nations, qui doivent apporter leur concours à ce beau tournoi de l'intelligence et du travail, puissent se former une idée approximative des progrès réalisés par le pays dans ces derniers temps, et remplacer ainsi les connaissances insuffisantes et inexactes qu'on possède jusqu'à présent relativement à cette matière, si intimement liée au bien-être des villes. C'est en considérant le devoir moral, qui incombe à cha- que citoyen, de contribuer au succès de la représentation de la patrie, que nous nous sommes décidé à entrepren- dre cette étude, presque sans avoir le temps ni les éléments nécessaires; car, jusqu'à présent il n'a pas été fait sur cette matière de travail qui puisse nous servir de guide. Les opus- cules présentés aux autres expositions par des personnes — 4 — distinguées, composés aussi à la hâte, ne font que résu- mer les derniers progrès de la science, sans les rattacher aux premiers mouvements de réaction, ou pour mieux dire, de développement des premiers temps. Il est vrai que les auteurs n'avaient pas eu d'autre but, et il faut convenir que le succès a couronné leurs efforts; car, à la clarté de la description ils ont joint une abondance de détails remarquable et une érudition telle qu'on devait l'attendre d'hommes d'étude et d'expérience. Ainsi donc, les études analogues, ou, pour mieux dire, faites pour le même motif et dans le même but que celle-ci, —excepté celle du docteur Coni, qui a obtenu un prix au Congrès international de Vienne en 1887,—ne peuvent nous servir de règle, car quelque complètes qu'elles soient, elles sont très abrégées. Par conséquent, nous nous trouvons obligé d'adopter un plan, sinon entièrement neuf, au moins semblable, eu égard à la brièveté, à celui que nous avons suivi dans le Guide Médical imprimé en 1890. Naturellement, tout gravite autour de la capitale, ville relativement considérable, de plus d'un demi-million d'habitants, européenne par les mœurs et yankee par les progrès surprenants qu'elle ne cesse de réaliser—aimant immense qui exerce une attraction irrésistible, faisant vivre les provinces de sa vie et les entraînant dans la sphère où elle s'agite elle-même. D'ailleurs, Buenos-Aires est le port le plus important de tout le pays et peut-être de l'Amérique du Sud ; c'est là qu'on voit aborder les navires encombrés de travailleurs, qui, tout en apportant de nouveaux éléments de richesse, n'en constituent par moins un perpétuel danger pour la — 5 — santé publique, puisque l'homme, puisque les masses humaines entassées dans les compartimeuts humides et obscurs des transatlantiques peuvent lui apporter aussi les germes des affections exotiques. Mais ce n'est pas tout: Le Brésil est là avec ses ports. parmi lesquels il faut signaler surtout Rio-Janeiro et Santos, où lafièvre jaune est endémique; etleBrésil est un ennemi formidable, grâce à la faible distance qui nous sépare de lui, distance qui est encore abrégée par la rapi- dité des pyroscaphes et les relations commerciales qui deviennent de plus en plus actives. Par conséquent, outre sa propre importance qui lui donne droit à tous les progrès de la acience hygiénique, cette science de l'avenir, Buenos-Aires a à se défendre énergiquement contre des ennemis dont l'été vient qua- drupler la puissance. Telles sont les considérations qui nous font lui donner la préférence; elle est la tête du pays, elle répond de la santé publique de ses sœurs ; en consé- quence elle doit avoir un service sanitaire parfaitement organisé, car, outre la tâche si noble et si difficile qui lui incombe de repousser l'ennemi extérieur, elle doit veil- ler aussi sur l'ennemi intérieur, les endémies, qui sont le résultat de la densité de la population, surtout de celle qui s'entasse dans les conventillos (1) et tant d'autres établissements insalubres. (1) Conventtllo signifie littéralement petit couvent. C'est le mot adopté à Buenos Aires pour désigner les logements des familles pauvres, dont les habitations étroites, placées les unes à la suite des autres, rappellent effectivement les cellules des monas- tères. Ces conventillos sont un véritable danger pour la santé publique. (Note du traducteur}* — 6 — Cela ne veut pas dire que les provinces aient oublie que ce qui fait la richesse, c'est la santé des habitants; il est vrai qu'elles ne possèdent pas encore toutes les institutions modernes, mais cela tient à ce que la nécessité ne s'en est pas encore fait réellement sentir. Garanties contre l'ennemi extérieur par Buenos-Aires, qui doit subir le premier choc et jeter le cri d'alarme, elles n'ont eu à se préoccuper que de leurs maux internes, mais toujours sans oublier que le choléra ne s'arrête pas devant les rivières, qu'il saute par dessus les montagnes et fran- chit les barrières les plus insurmontables. A cet égard, elles ont aussi leurs éléments de défense, comme Tucu- man et Salta qui se sont mises à construire des lazarets au sortir de l'épidémie de 1886—87. Et, chose particulière! Il semblerait que les peuples eus- sent à subir de sanglantes leçons pour songer à l'hygiène ! Presque toutes les villes de la République ont payé leur tribut plus ou moins onéreux aux épidémies; mais c'est aussi grâce à elles qu'elles ont créé la plupart des ins- titutions ayant pour but de les repousser et de les étouf- fer au berceau. Après ces brèves considérations, nous devons exposer le plan que nous nous proposons de suivre. La capitale avec ses deux grandes institutions sanitai- res—Département national d'hygiène et Assistance pu- blique—la capitale, disons—nous, contient tout. Chacune de ces institutions comprend diverses sections auxquelles nous consacrons un chapitre. Chaque province possè de également son service sanitai- re interne analogue, si ce n'est, semblable à celui de la capitale: c'est pourquoi nous nous bornons à en faire men- — 7 — tion quand l'occasion s'en présente, pour éviter les répéti- tions ennuyeuses. Rosario, Santa-Fé, etc., ports situés sur les rivières,—Bahia Blanca sur la mer — voilà autant de villes qui devraient, ce semble, avoir, de même que la capitale, un service complet de défense extérieure; et cependant il n'en est pas ainsi, car, à la moindre mena- ce d'affection exotique, le gouvernement suprême déclare Buenos-Aires unique port accessible. En temps normal et comme précaution salutaire, ces ports disposent d'un médecin de santé qui va visi- ter les navires. C'est là — dirons-nous,— une mesure très pratique par suite de la position topographique, et, si l'on veut, stratégique, du port de Buenos-Aires. Au chapitre I qui traite de la législation sani- taire, nous rappelons les premières tentatives qui ont été faites pour organiser la défense du Port. Les affec- tions contagieuses, aujourd'hui endémiques, n'étaient pas connues pour la plupart, ou du moins elles n'avaient pas atteint le degré de diffusion qu'elles ont aujourd'hui, à l'exception de la variole, et cela pour des raisons qu'il convient d'exposer. Les autorités du commence- ment du siècle n'avaient pas à se préoccuper beaucoup des affections exotiques, car il n'y avait pas de motifs pour les craindre. La longueur de la navigation et surtout la rareté des relations commerciales avec les pays susceptibles d'exporter, en même temps que les marchandises et les hommes, des germes pathogènes d'affections inconnues, voilà qui suffisait pour éloigner tout péril. Les endémies elles-mêmes ne pouvaient se propager dans les provinces à cause de l'énormité des distances: elles étaient plus éloignées les unes des autres — 8 — que la Plata de la Tamise. Il fallait plus de six mois pour aller de Buenos-Aires â Jujuy! Ayant ainsi tracé à grands coups de pinceau le plan que nous nous proposons de suivre, nous entrons dans notre étude: comme on l'a dit avant nous, elle aura, faute d'autre mérite, l'avantage de l'à-propos et l'im- portance de la matière — circonstances qui appellent la bienveillance du lecteur. Le livre finit par un Essai bibliographique sur l'hy- giène qui dénote un fait bien propre à nous enor- gueillir: l'intérêt qui, pendant le derniers temps, a porté les hommes d'étude à s'occuper de cette science. Tiburcio Padilla, fils. Buenos-Aires, le 17 octobre 1892. LA LÉGISLATION SANITAIRE (HISTORIQUE; Le progrès réel de la science hygiénique, conformément à un plan sérieux et bien médité, ne date, à proprement parler, que d'une dizaine d'années; auparavant, tout se réduisait à des essais plus ou moins bien intentionnés: ces temps-là ne permettaient pas de penser à la santé personnelle quand la patrie était en danger. Cependant, les autorités précocupées d'une tâche si noble et si difficile, —celle qui consistait à organiser un pays qui venait de secouer le joug, n'avaient pas oublié de fixer leur attention sur un point aussi important pour le progrès des peuples. Vers la fin du siècle dernier, les Espagnols obéissant aux instructions de la Métropole, avaient adopté certaines mesures hygiéniques qui ne manquaient pas d'impor- tance théorique. Mais ces mesures ne reçurent jamais leur exécution, parce que l'importance de l'hygiène n'était pas reconnue, et surtout parce que les mouvements sub- versifs qui commençaient à se faire sentir absorbaient l'attention du vice-roi. Quelques années plus tard, ce fut la politique qui s'empara des esprits ; en effet, l'état dé- plorable où se trouvait l'Espagne fournissait l'occasion — 10 — on ne peut plus favorable pour s'en affranchir, et le fait ne tarda pas à se réaliser. Cependant, si les autorités ne songeaient à prendre aucune espèce démesures, l'initiative individuelle ne tarda pas à se faire sentir: on vit les notables tenir des séances pour aviser aux moyens de faire disparaître des bourbiers et des foyers d'infection. Mais ce beau zèle s'éteignit promptement, dès qu'on vit briller les premières lueurs de l'Indépendance. Ce mouvement, qui devait être sans résultats, fut accompagné d'un autre mouvement plus heureux: c'est de la même époque environ que date la première insti- tution de la Maison d'Enfants trouvés. Elle fut créée en 1783 par le vice-roi Vertiz, qui était un homme à tem- pérament progressiste. Pour ne rien oublier, nous devons consigner ici, comme une simple donnée historique, le fait transmis par la chronique, qu'une dame qui demeurait à Sainte Marie de Buenos-Aires, vers le milieu du siècle passé, affligée du sort de ces malheureux enfants, en recueillit plusieurs qu'elle nourrit et éleva à ses dépens. Ce fut cette même dame qui, imitant noblement et poursuivant avec la même persévérance l'œuvre de l'illustre philanthro- pe Vincent de Paul, influa, ajoute la chronique, sur l'esprit du vice-roi Vertiz pour le déterminer à fonder l'établissement officiel de refuge. En dehors de ces tentatives qui se rapportent à l'hy- giénisation de la ville, tentatives faites plutôt pour don- ner de la valeur aux terrains que dans un but sanitaire, à ce que dit un ancien historien, le siècle finit sans qu'il fût institué rien de sérieux en cette matière. Le — 11 — pays ne fut pas plus heureux pendant les vingt premiè- res années du siècle courant; les invasions anglaises, le mouvement de Tan 1810, les luttes et les agitations qui suivirent et qui aboutirent à la déclaration de l'In- dépendance en 1816, et plus tard les difficultés graves qui surgirent à propos de la forme et de l'organisation du gouvernement, tout cela absorbait le temps des hom- mes publics et ne leur permettait pas de songer à la santé des habitants. D'ailleurs, il n'y avait pas d'affec- tions exotiques à repousser ni d'affections endémiques à combattre. Ils jouissaient d'une santé à toute épreuve, ces hommes de fer qui, affrontant les intempéries et les rigueurs des climats les plus variés, promenèrent l'éten- dard de la liberté d'une extrémité à l'autre du continent sud-américain. Quand les esprits furent calmés par l'organisation du gouvernement et que les habitants purent se vouer â la culture féconde de cette terre où l'on venait de jeter la graine d'une nation vigoureuse, on prit les premières mesures sanitaires, et ce fut le gouvernement de Riva- davia, homme d'étude et plein de prévision, qui eut le mérite de les concevoir et d'en ordonner exécution. Naturellement, ces mesures ne répondaient pas à un plan sanitaire; il eût fallu pour cela des hommes d'une préparation spéciale, car, avant de penser à des insti- tutions de cette nature, il fallait organiser celles du mé- canisme politique; enfin, on ne connaissait ni l'étiologie ni la pathogénie de toutes les affections contagieuses, et c'est pourquoi il n'était pas possible de donner des instructions prophylactiques pas plus collectives que per- sonnelles. La science hygiénique se trouvait encore à — 12 — l'état d'embryon dans les villes les plus avancées d'Eu- rope; la chimie, la physique, l'histoire naturelle, scien- ces sur lesquelles celle-là est basée, et dont on peut dire réellement qu'elles lui ont donné naissance, en étaient encore à leurs débuts. Les précautions contre les affections exotiques devaient être alors proportionnées à l'époque. Le gouvernement qui venait de se former devait forcément se borner à l'imitation des mesures que l'on prenait chez les vieilles nations,—mesures qui étaient le fruit de l'empiris- me plutôt que des notions scientifiques. C'est au 3 mars 1824 que remonte le premier règlement maritime. Trois jours après, un nouveau décret vint le modifier en y ajoutant des dispositions importantes. Le règlement du port fut approuvé le 13 juin de la même année ; il contenait toutes les prescriptions à suivre par les capitaines de navire à leur arrivée au port. Un brick de guerre mouillé dans le canal extérieur était chargé de faire observer ces dispositions sanitaires. Par le même décret, on nommait les médecins du port, aux appointements annuels de six cents piastres ; leurs fontions étaient à peu près semblables a celles des em- ployés actuels; ils devaient procéder à une visite minutieuse du navire qui venait d'arriver, et, d'après le résultat de leurs investigations, on leur appliquait le traitement cor- respondant. S'il venait d'un port où régnait quelque épidémie, s'il était lui-même suspect ou infecté, s'il y avait eu des malades à bord, on le soumettait à une quarantaine, et le capitaine du port était chargé de veiller à son isolement. Le médecin de santé faisait immédiatement son rapport au tribunal de Médecine, et — 13 — celui-ci nommait une commission de deux, trois de ses membres, ou davantage, pour prendre en considération la conduite du médecin visiteur et établir la quarantaine nécessaire. Si la commission spéciale ne prenait pas de résolution, le tribunal, constitué en commission, arrêtait définitivement la marche à suivre en vue des antécédents qu'elle avait pu réunir. Telles étaient, en somme, les principales mesures de po- lice sanitaire maritime. Peu de temps après, on en prit d'autres, de moindre importance, sur lesquelles nous n'insistons pas parce qu'elles étaient réglementaires de la disposition principale exprimée ci-dessus. Dans les cas non prévus par les règlements, c'était le capitaine du port qui décidait, ou bien le tribunal de Médecine, suivant leur importance. Quant aux mesures internes, elles n'eurent guère d'importance, outre quelles ne produisirent aucune con- séquence ultérieure. Le service des ordures lut établi d'une manière rudi- mentaire dans le quartier principal; l'arrosage et le ba- layage des rues pendant les mois de septembre et d'oc- tobre étaient faits par les habitants intéressés à leur propre bien-être et à leur conservation. Dans les provinces, on n'avait absolument rien fait dans le sens de l'hygiénisation des populations. Ces mesures auraient été complétées sous le gouver- nement progressiste de Rivadavia. si les agitations politiques n'étaient venues interrompre la paix, la tran- quillité dont on avait si grand besoin pour se refaire des fatigues de la lutte de l'Indépendance. Ce fut pour le même motif que les projets relatifs à la santé publique, — 14 — tant dans l'ordre interne que dans l'ordre externe, man- quèrent de sanction, bien qu'à la rigueur il n'y eût pas urgence immédiate. La désorganisation du mécanisme institutionnel, ébranlé par les ambitions, ne tarda pas à se faire sentir. Survint le chaos d'où sortit l'odieuse tyrannie de Rosas, aussi prolongée qu'obscure et stérile, non seulement pour le point qui nous occupe, mais encore pour les diverses branches du gouvernement. Cependant, une épidémie de variole, réimportée pour la vingtième fois par le trois- mâts français Céphalide, en 1841, vint obliger les autori- tés à prendre quelques mesures pour faire cesser les plain- tes qui retentissaient d'un bout à l'autre du pays. Au de- meurant, le vide était complet. Néanmoins, nous devons dire deux mots des mesures prises par les autorités espagnoles à l'époque de la vice- royauté, et plus tard par les autorités constituées de la Nation, pour conjurer les ravages de la variole qui, depuis trois siècles, s'était répandue sur toute l'Amérique en y déterminant à diverses reprises une mortalité effrayante. Les autochtones n'échappaient pas à l'action de la maladie: on pourrait dire, sans crainte de se tromper que la mortalité était égale a la morbilité. L'explication en est bien simple: vierges par origine du virus, ils offraient un terrain nouveau à la germination féconde du mal. Mais, de même que les habitants des autres parties du monde, ils avaient appliqué leur esprit à la recherche d'un préservatif; après de douloureuses tentatives, ils crurent l'avoir trouvé, mais si malheureusement que, bien loin de prévenir la contagion, ils ne faisaient que la rapprocher. Aujourd'hui même, les habitants des vallées — 15 — de la province de Salta, quand ils ont à subir les attaques d'une violente épidémie, recueillent les croûtes des ma- lades en voie de desquammation, et, après les avoir enveloppées d'une toile, ils les mettent en guise d'amulette sur la poitrine des enfants qu'ils veulent préserver. On n'a pas de peine à concevoir les effets de cette croyance enracinée et d'un si étrange prophylactique I La découverte de Jenner produisit naturellement une véritable révolution dans la médecine. Les nations de la vieille Europe se hâtèrent de la mettre à profit. En un instant l'inoculation, courant de bras en bras, ga- gna tous les habitants, malgré la violence des attaques dirigées contre elle par des personnes de valeur: les coups qu'on prétendait lui porter n'eurent d'autre résul- tat que d'en accroître le mérite, tandis que l'attrait de la nouveauté en généralisait la diffusion. Le roi d'Espagne, qui n'avait cesé de montrer si peu d'intérêt pour ses colonies, et où ses soldats invoquaient son nom pour commettre toute espèce d'excès, compatit cette fois à la souffrance de ses sujets. Le virus, dont l'efficacité et le mode de conservation n'étaient plus un mystère, devait sous peu de temps franchir l'immense Océan et arriver au nouveau Monde, où ses habitants l'attendaient avec anxiété. En 1803, le docteur Balmis reçut ordre du roi de préparer une expédition qui devait avoir l'honneur d'introduire le «fameux pus»; mais avant elle on vit arriver é Buenos Aires, en juillet 1805, le docteur Carvalho venant de Rio Janeiro où il avait débarqué peu de temps aupara- vant, avec quatre ou cinq sujets vaccinés. Quant au doc- — 16 — teur Balmis, c'est du Pérou, qui était la destination de son expédition, qu'il envoya la vaccine au Chili. La population de Buenos-Aires, en proie à la détresse et mue par l'attrait bien naturel de la curiosité, fit une réception solennelle au docteur Carvalho. A peine eut- on reçu la vaccine, qu'on se mit à la répandre à Buenos- Aires avec un empressement des plus louables, dit le distingué épidémiologiste docteur Penna, à qui nous em- pruntons ces détails. C'est ainsi que le 28 juillet 1805, on convoqua à la Forteresse tous les médecins de la Ville pourprocéder à la vaccination. A cet effet, on sortit des pla- ques de verre entre lesquelles il était renfermé le virus qui servit à inoculer premièrement cinq jeunes filles de la maison des enfants trouvés, et l'on continua ainsi jusqu'au 20 août. A cette date, on comptait déjà plus de 200 personnes vaccinées. En même temps, on publiait dans une petite brochure les principales instructions ayant pour but la pratique et la conservation de la vaccine. Le docteur Saturnino Se- gurola fut nommé pour la perpétuer dans la vice royauté. Dès qu'il fut en place, ce médecin devint un véritable apôtre, un propagandiste infatigable ; personnellement et dans la presse il travailla à entretenir l'enthousiasme pour les inoculations préventives. Il agissait particulièrement sur l'esprit des autorités ; il en obtenait des mesures dans le sens de son apostolat. C'est ainsi qu'on voit des ordon- nances et des arrêt .es obligeant toutes les personnes dé- pendant du gouvernement, employés, soldats, etc., à se faire vacciner, si elles n'avaient pas eu la variole. Parmi ces documents, il s'en trouve un particulièrement remar- quable, car il révèle la foi profonde des signataires—Igna- — 17 — cio Alvarez, directeur de l'Etat de Buenos-Aires, etGregorio Tagle, secrétaire—dans la bonté de la vaccine, foi qui les pousse à formuler des menaces de châtiment contre l'indo- lence criminelle des personnes qui négligeaient d'emplo- yer le préservatif. En Octobre 1821, Rivadavia lança un décret arrêtant que la vaccine serait administrée dans la campagne par un groupe de pratiquants de médecine; mais il sem- ble que ce service ait manqué de régularité, parce que ceux qui en étaient chargés ne pouvaient cesser d'assi- ter à leurs cours respectifs sans se faire du tort dans leur carrière. Alors on prit le parti de le confier à des médecins particuliers—auxquels on donnait une rému- nération mensuelle de 45 piastres, et qui devaient s'ac- quitter de leur mission pendant les mois d'avril et de mai en automne, et pendant les mois d'octobre et de no- vembre au printemps. Dans le même décret, il était dit que l'administrateur général de la vaccine à Buenos Aires devait donner les instructions nécessaires pour en assurer le succès; on établissait aussi des sections. Chaque médecin de- vait séjourner au moins dix jours sur un point et annoncer son arrivée cinq jours d'avance. Le juge de paix était chargé de faire la convocation et d'y amener le plus de monde possible. Il ne faut pas passer sous silence l'article 11 du dé- cret susdit qui imposait aux vaccinateurs l'obligation de dresser une statistique détaillée. Peu de temps après, Rivadavia insistait sur ce point délicat d'hygiène publique, convaincu qu'il était que le seul moyen d'arracher à la mort la vie de centaines de 2 — 18 — personnes, surtout des enfants, et d'extirper ce mal si grave qui tant de fois avait promené ses ravages à travers le pays, c'était la vaccine, et dans cette idée il ordonnait au chef de police, aux juges et aux commissaires de pren- dre les mesures les plus efficaces pour combattre l'indo- lence des habitants de la campagne. Toutes les provinces, malgré la distance et la terreur panique que leur inspirait la petite vérole, payèrent successivement leur tribut—on peut le dire, par leur faute même,—car les habitants, indolents comme le disait Ri- vadavia, non seulement ne se procuraient pas le virus, mais encore ils le repoussaient, comme ils continuent à le faire aujourd'hui même chez les populations éloi- gnées et même dans les centres importants. De leur côté, les autorités, sauf de rares exceptions de tenta- tives isolées, ne travaillaient pas à la propagation de la vaccine, et ne prêchaient pas d'exemple. Il n'est pas venu à notre connaissance que Côrdoba, qui n'était pas si éloignée de Buenos Aires, que Santa Fé, que l'Entre- Rios aient pris des mesures sérieuses, bien qu'elles aient eu à souffrir cruellement pendant plusieures années et surtout pendant l'hiver de 1833. Cette épidémie attei- gnit un tel degré de gravité que le Dr. Segurola, de Buenos-Aires, qui continuait à être l'apôtre ardent et désintéressé du prophylactique de Jenner, exhorta de nouveau les habitants à se faire vacciner pour prévenir les ravages qu'une épidémie de variole faisait alors à Côrdoba. Mais c'est un devoir pour nous de donner une explication à cet égard. Si les autorités provinciales ne s'occupaient pas de cette question d'importance vitale pour les peuples, c'est qu'il fallait avant tout maintenir un gouvernement — 19 — régulier. Toute l'activité, tous les éléments d'action de- vaient être employés à combattre les passions, les esprits exaltés des partis politiques et le pouvoir des caudillos (chefs militaires) qui se soulevaient à chaque instant contre la souveraineté nationale. Rosas et ses partisans ne pouvaient pas davantage penser à autre chose. Le peuple, opprimé par un odieux despotisme, se levait à tout moment pour secouer le joug. Les hommes de fortune et d'intelligence qui auraient pu prêter leur concours pécu- niaire et intellectuel pour défendre le pays contre les endémies, étaient exilés, et, au fond de leur retraite forcée, ils ne pensaient qu'au salut de la patrie atteinte d'une maladie des plus graves et sur le point de succomber. Rosas tomba enfin; alors vint Urquiza et la situation n'en fut pas meilleure. Un fugitif éclair de liberté illu- mina un instant l'horizon, mais ce fut pour faire place immédiatement à l'ombre et au chaos. Heureusement que l'établissement définitif de la souveraineté sur une base solide ne devait pas tarder. Les Congrès de Santa Fé et de Parana vinrent couronner l'œuvre d'un demi-siècle de luttes sanglantes. Ce fut alors que la nation put se mettre à son travail d'organisation, au sein d'une tran- quillité relative, car le caudillage (1) ne s'était pas encore éteint dans les provinces. Les mesures défensives pri- ( 1 Caudillage est un mot intraduisible dans notre langue: on entend par là le pou- voir, l'action des caudillos, c'est-à-dire des chefs militaires et autres qui s'étaient formés dans la plupart des provinces pendant la guerre de l'Indépendance et pendant les guerres civiles qui suivirent, Les caudillos disposaient à leur gré des homnes et des choses, et s'opposaient à l'établissement d'un gouvernement régulier. C'était quelque chose d'ana- logue aux seigneurs féodaux du Moyen—Age. — 20 — ses contre l'implacable ennemi qui a établi son camp sur les côtes putrides du Brésil, étaient insuffisantes et d'ail- leurs ne recevaient qu'une exécution incomplète. La fièvre jaune et bientôt après le choléra mirent ces faits en évidence et éveillèrent le zèle des autorités. Le choléra fit sa première apparition en 1856, dans une petite garnison argentine, aux environs de Bahia Blanca; il avait été importé par une expédition «agricole-mili- taire» aux ordres d'un colonel Olivieri, qui fonda une colonie sous le nom de «Nouvelle Rome»; mais cette épidémie fut étouffée au berceau, probablement à cause de la difficulté des communications. Onze ans plus tard, en mars 1867, elle reparut importée du Brésil et s'a- charna sur les armées alliées dans les champs du Para- guay (Tuyutii); mais cette fois elle se propagea avec une grande facilité et attaqua succesivement Corrientès, Ro- sarioj San Nicolas et Buenos-Aires. Cependant tout semblait terminé; on croyait que le choléra avait dis- paru, lorsque, à l'approche de l'été, en septembre, on le vit éclater de nouveau furieusement et parcourir pres- que toute l'étendue du pays. Côrdoba et Santiago del Estero, qui avaient échappé aux invasions antérieures, eurent à subir toute l'intensité du fléau; la première de ces villes vit mourir en moins de deux mois environ six mille personnes. Le fléau semblait s'être endormi de nouveau pendant l'hiver de 1868; les habitants s'étaient trop hâtés d'ou- blier la cruelle leçon; l'épidémie fit en 1869 une dernière escarmouche et se retira laissant derrière elle le deuil et la désolation. En 1873 il y eut aussi quelques cas de choléra; mais cette fois il était atténué. Le fléau — 21 — assouvi ne tarda pas à quitter le pays sans avoir fait de nombreuses victimes. Ces leçons, données au milieu de tant d'horreur, ne furent pas, il faut bien le dire, mises à profit. Le deuil une fois dis- sipé, les esprits une fois calmés, on revint à la vie normale; sauf quelques mesures dont nous parlerons plus loin, on ne regardait en arrière que lorsque le fantôme du choléra ou du typhus ictéroïde avait l'air de se montrer dans les eaux du port. Plusieurs années s'écoulèrent sans qu'aucune affection exotique vînt décimer la population ; rien ne vint sérieusement menacer la santé publique pendant un laps de temps prolongé, ni appeler l'attention des autorités sanitaires ou des habitants. Le choléra qui éclata en Europe en 1884 devait faire le tour du monde, comme les autres fois : telle était la marche que, dans leurs diverses irruptions, les Furies du Gange avaient constamment suivie depuis leur première apparition en 1817. Le 12 octobre 1886, on déclara officiellement la présence du choléra dans la capitale de la République. La dis- cussion s'engagea, comme à Paris en 1885, comme au- jourd'hui même en 1892: il s'agissait de savoir quel avait été le véhicule des germes pathogènes. On dit qu'il avait été importé par le steamer italien Perseo, et l'on accumula les preuves dans ce sens. Mais le docteur Wernicke, mi- crographe distingué qui avait été envoyé quelques jours auparavant pour émettre son diagnostic sur certains cas graves du tube digestif survenus dans la ville du Rosa- rio, avait pu, à ce qu'il semble, constater la présence du bacillus de Koch, ce qui prouverait que le choléra s'était produit dans ce port avant de se montrer à Buenos Aires. — 22 — Quoi qu'il en soit, le fait est que l'été de 1886-87 fut fatal pour le pays; l'épidémie qui se déclara alors ne peut être comparée qu' à celle de 1868, et l'on croit—opinion au- torisée—qu'elle la surpassa par le degré de propagation et d'intensité du mal. Les provinces du Nord et les provinces Andines n'avaient pas encore payé leur tribut: c'était leur tour maintenant. Effectivement, Tucuman, Salta, Jujuy, Mendoza, San Juan et San Luis eurent à pleurer l'incurie de leurs habitants et celle des pouvoirs publics. En un mois, Mendoza perdit 1500 âmes, Tucuman reçut le présent grec dans les premiers jours de décembre, grâce à la visite du cinquième régiment de cavalerie qui, partant de San Lo- renzo (Santa-Fé) dans la direction d'Oran (Salta) pour y former la garnison de frontière, répandit sur toute sa route la semence de mort. Ce corps avait laissé plusieurs malades au lazaret de Tucuman, et avait continué son voyage ; trois ou quatre jours après, il campa sur les bords d'une petite rivière (Tala) qui débouche dans le Sali. Ce fut la voie qui porta le germe de l'épidémie à Santiago. A Tucuman le premier cas éclata le 7 décembre, chez une jeune fille de 14 ans. A la fin du même mois le fléau redoubla; on comptait les décès par centaines. Le mal, qui jusqu'alors n'avait pas franchi les limites du muni- cipe, s'en alla éclabousser toute la campagne. Un calcul sérieux, bien fondé, fait monter à 5000, peut-être plus que moins, le nombre des victimes faites par le fléau dans cette seule province, la plus petite mais rela- tivement la plus [peuplée de la République. Elle compte huit habitants par kilomètre carré. L'année suivante, à Salta, le mal sembla se réveiller: — 23 — il n'eût pas tardé à s'étendre, sans les mesures prises à propos par le gouvernement de la Nation, d'accord avec ceux de Tucuman et de Salta. Le docteur Fran- cisco Cobos, jeune et savant médecin, avait été chargé d'empêcher la marche du mal vers les populations du Sud. Il établit à Chilcas une station sanitaire où l'on dé- sinfectait, à raid"» d ) l'étuve Geneste et Herschell et par les autres moyens en usage, les voyageurs venant des points infectés. C'est à lui que l'on doit en grande partie, à son activité, à sa compétence, d'avoir pu étouffer le mal dans son foyer. Les hommes de science se demandèrent alors : Le choléra de Salta est-il importé, ou bien est-ce une re- naissance du germe de l'année précédente? C'était la même question que s'était déjà posée Fauvel et que vien- nent de reproduire certains membres de l'Académie de médecine de Paris. Les faits ont réfuté l'opinion de Fauvel qui pensait à un choléra parisien, car on est par- venu à connaître le véhicule qui avait apporté en France les germes de mort. Quant à notre cas, il semble que le germe de Salta fut apporté par des muletiers qui venaient de Copiapô (Chili), où le choléra sévissait à cette époque. Enfin nous devons dire, pour compléter cette esquisse, que le gouvernement argentin établit des stations sani- taires aux passages de la Cordillère pour désinfecter les provenances qui y arrivaient de l'autre côté. Mais le choléra n'a pas été le seul fléau qui soit venu chez nous porter la désolation, faire de nombreuses victimes, paralyser le commerce, épuiser nos forces vi- tales: notre port a encore reçu à diverses reprises, de- puis 1849, la visite de la fièvre jaune. Heureusement — 24 — qu'elle a été presque toujours repoussée avec succès, au moins dans ces derniers temps, grâce aux institu- tions sanitaires qui ont fonctionné régulièrement comme aujourd'hui. La première épidémie, celle de 1858, vint démontrer d'une manière évidente qu'il fallait prendre des précautions sérieuses contre un ennemi si rapproché de nous, si subtil et dont les menaces se renouvelaient chaque année. C'est pourquoi on en vint aux premières mesures, insuffisantes d'ailleurs, car on ne connaissait pas encore assez l'étiologie et la pathogénie de cette terrible calamité. Les provenances du Brésil étaient soumises à une quarantaine de quinze jours; les mala- des étaient transférés à un lazaret que l'on établit à l'Ensenada. C'est de cette époque que date l'institution des médecins de section dans la ville. Le général Sarmiento, cet homme de la taille de Riva- davia, venait d'arriver des Etats-Unis, où il s'était im- prégné de l'esprit yankee. En prenant la présidence, mal- gré les agitations politiques qui absorbaient l'attention générale, il pensa d'une manière spéciale à cette question, car il était convaicu que tous les progrès accomplis pen- dant vingt années de labeur et de lutte pouvaient être com- promis et même disparaître sous la pression d'une épidé- mie. Le 14 juillet 1867, par le canal du ministère de la guerre et de la marine, il lança un décret qui créait la junte de santé, laquelle était composée du capitaine du port comme président et de deux assesseurs, les médecins de santé, conformément à l'opinion du Conseil d'hygiène. Le conseil fonctionnait comme autorité consultative et formulait ses résolutions à titre de tribunal supérieur et d'appel dans tous les cas qui lui étaient soumis par la — 25 — junte. Telle est l'organisation que l'on trouve aussi dans la capitale voisine de la République Orientale. La junte de santé mit en vigueur le projet de règle- ment sanitaire élaboré par le conseil d'hygiène (qua- rantaine, lazarets, etc.) conformément aux conclusions du Congrès d'hygiène de 1851-52, tenu à Paris et de ce- lui de 1866, tenu à Constantinople. Sous la présidence de ce même général Sarmiento, on réglementa les opé- rations qui consistaient à recevoir et à livrer la corres- pondance et les vivres aux navires en quarantaine, au moyen de canots; on fixa les peines dont seraient pas- sibles les infracteurs, et la préfecture maritime fut char- gée, comme elle l'est jusqu'à présent, de les infliger. La plupart de ces dispositions sont encore en vigueur aujourd'hui, en tant qu'elles ne sont pas contraires à la Convention sanitaire. En 1870, la fièvre jaune reparut: le premier cas se présenta chez un voyageur logé à l'hôtel de Rome, après dix jours d'incubation, à ce qu'il sembla,—ce qui fit que les délégués Argentins au conseil de 1873, tenu avec les Orien- taux, soutinrent avec force la quarantaine de quinze jours à dater de la sortie, au lieu de dix comme elle était jus- qu'alors. L' épidémie de 1871 fut horrible—13761 victimes en très peu de temps!! Dans ce conseil on convint d'établir des lazarets: la République Argentine devait en entretenir deux, l'un pour les provenances des provinces brésiliennes, ports para- guayens et argentins voisins, l'autre pour les provenances des rivières avec destination pour le Brésil et Montevideo et pour celles de ces capitales, dans le cas où quelqu'une de celles-ci se trouverait infectée. La République Orientale — 26 — devait en établir un pour les provenances des ports d'ou- tre-mer avec patente brute—déclarés infectes. Ces dispositions n'entrèrent en vigueur qu'en 1877. C'est à cette époque que remontent les premiers travaux sérieux que l'on ait faits pour l'installation du lazaret de Martin Garcia, le meilleur établissement de ce genre que l'on trouve dans l'Amérique du Sud. Postérieurement à toutes ces mesures, on conclut un traité avec le Brésil et la République Orientale qui donna naissance à la Convention Sanitaire internationale, à laquelle il sera consacré un chapitre spécial. Tels sont les principaux linéaments historiques de l'or- ganisation sanitaire de la République. C'est depuis 1880 qu'on a vu surgir une à une, on peut le dire, les princi- pales institutions que le pays compte aujourd'hui. Le Département national d'hygiène, chargé de défendre tout le territoire contre les maladies exotiques, suprême auto- rité en cette matière, est l'assesseur légal du gouvernement de la nation, des provinces et de la Municipalité de la Capitale; — l'Assistance publique, chargée de veiller sur l'assistance des hôpitaux, avec son organisation particu- lière; — la Municipalité, agissant à l'aide de son bureau spécial, l'Inspection générale d'hygiène, qui a pour mis- sion de veiller à la propreté et à la salubrité des endroits publics, etc., — telles sont les trois autorités qui résument tout le service dans la capitale de la République. Dans les provinces, le service n'est guère différent. Un conseil d'hygiène, revêtu de l'autorité suprême, assesseur du gouvernement et de la municipalité; le bureau chimi- que, l'inspection municipale d'hygiène et autres bureaux — 27 — annexes, représentent dans chaque Etat fédéral l'auto- nomie sanitaire. Toutefois, avant d'exposer l'état actuel de l'organisation et des institutions sanitaires, nous devons dire qu'il y a plusieurs années qu'on a présenté au Corps Législatif un projet détaillé sur cette matière: mais que, malgré le temps écoulé et l'avis favorable de la commission respective du Sénat, il n'a pas encore été» pris de résolution à cet égard. Postérieurement à ce projet, élaboré par le docteur Pe- dro A. Pardo, on en a présenté deux autres qui ont subi le même sort. Il en a été de même pour les projets de loi sur l'exercice de la médecine, de la pharmacie et autres branches de l'art de guérir, présentés à diverses époques. Le dernier, qui vient d'être soumis au congrès depuis peu, a des chances d'être voté dans les séances extraordinaires de cette année, grâce à la recommandation spéciale d'ur- gence et d'intérêt public dont il est appuyé. DÉPARTEMENT NATIONAL D'HYGIÈNE ORGANISATION La création de la première autorité sanitaire de la Ré- publique ne date pas de longtemps. Ce qui fonctionnait auparavant avec des attributions semblables, c'était la Junte de lazarets, présidée par le capitaine du port, accompagné de plusieurs assesseurs médecins. Cette junte, qui a fonctionné jusqu'en 1880, se bornait à prévenir le pays contre les affections exotiques, et particulièrement contre celles qui pouvaient l'assaillir par la voie maritime. Ce fut sous sa direction que l'on construisit le lazaret de Martin Garcia. Sur la base de cette Junte de santé surgit le Département National d'hy- giène, institution qui devint indispensable par suite de la fédéralisation de Buenos Aires. Ce fait ne permettait pas au conseil d'hygiène de la province de ce nom, d'exercer ses importantes fonctions dans le nouveau municipe. Le 31 décembre 1880, le gouvernement de la nation lança un décret qui organisait et fixait les attributions de la nou- velle institution. Ce décret la chargeait du service sani- taire du port; elle devait: 1° Proposer la réglementation et l'organisation du corps médical de l'armée et de la flotte, — 29 — ou bien les réformes qu'elle jugerait convenables dans les dispositions en vigueur; 2° Projeter les mesures sani- taires pour les ports ou les modifications qu'elle croirait nécessaire d'introduire dans celles que l'on suivait; 3° Sou- mettre à l'approbation du gouvernement les mesures de caractère permanent ou transitoire en rapport avec la conservation de l'hygiène dans l'armée et la flotte, dans tous les départements de l'administration et dans les bâti- ments nationaux; 4° Avoir sous sa jurisdiction et surin- tendance tous les services de caractère médical ou sani- taire de l'administration et veiller à leur conservation, ainsi qu'à leur réforme; 5° Informer les autorités natio- nales en cas de consultation et à titre d'expert obligé, les juges dans les jugements médico-légaux; 6° Veiller é l'e- xercice légal de la médecine et de la pharmacie, ainsi que des autres branches de l'art de guérir, conformément aux dispositions en vigueur, de la province de Buenos Aires, en attendant que le Congrès fît la loi qui devait régir la matière pour la capitale; 7° Inspecter le service delà vac- cine et travailler â sa propagation dans toute la république, dans l'armée et dans la flotte; 8° Evaluer les honoraires dans les branches de l'art de guérir, dans les cas de désaccord ou de consultation; 9° Inspecter les drogueries et pharmacies; 10° Donner des indications à la municipa- lité sur le manque d'hygiène publique que l'on pourrait remarquer dans la ville ou dans les établissements de sa dépendance; 11° Inspecter, quand elle en serait requise, qu'elle le jugerait convenable ou qu'il y aurait dénoncia- tion à ce sujet, les établissements industriels qui seraient de nature à nuira à la santé publique; 12° Conseiller à l'autorité les moyens d'améliorer l'hygiène publique dans — 30 — la capitale et les mesures prophylactiques à prendre con- tre les maladies exotiques, endémiques, épidémiques ou transmissibles; 13° Faire observer toutes les dispositions relatives à la santé dans les diverses sections de l'admi- nistration. En ce temps-là, le département se composait d'un prési- dent etfcde quatre conseillers actifs,professeurs de médecine, chargés du service sanitaire du port. Comme membres ho- noraires avec voix et vote, on y voyait figurer l'adminis- trateur général de la vaccine; l'inspecteur des drogues de la flotte de la capitale; les professeurs d'hygiène et de chi- mie du Collège National; les chirurgiens majors de l'ar- mée et de la flotte; le doyen de la Faculté de médecine, etc. Par décret du 6 Mars 1882, le Pouvoir Exécutif réorganisa le département conformément à la loi du budget votée l'anée précédente: les médecins du port cessaient d'être conseillers, et étaient exclusivement char- gés de la police sanitaire maritime; ils étaient remplacés dans leurs autres fonctions par deux professeurs de médecine, un chimiste pharmacien et un vétérinaire; mais celui-ci n'avait que voix consultative. Ce décret, ainsi que celui de décembre 1880, attribuait au président toute la responsabilité du département et l'autorisait à agir pour son propre compte dans les cas d'urgence, avec ordre d'en informer le gouvernement. Enfin, sur l'initiative du docteur Udaondo, ex-prési- dent du département, le Congrès national avait voté, vers le milieu de l'année précédente, une loi très brè- ve, qui conférait au Département national d'hygiène les attributions qu'il avait eues auparavant et dont la validité avait été discutée parce qu'elles devaient leur origine aux décrets mentionnés plus haut. — 31 — Cette même loi lui confiait la surveillance de la mé- decine, pharmacie, etc., d'accord avec la réglementa- tion de la province de Buenos Aires, de 1877, laquelle était défectueuse à l'excès, comme on le verra au cha- pitre qui traite de ce point spécial. Chaque province a, naturellement, sa loi sur l'exercice des diverses bran- ches de l'art de guérir; elle en fait la réglementation particulière, tout en se bornant aux principes géné- raux de la forme de gouvernement du pays. L'organisation actuelle du Département l'investit du ca- ractère d" autorité suprême en matière de santé dans tout le pays. Il est constitué, peut-on dire, par deux corps: par le président qui a toute la responsabilité et la représenta- tion extérieure (article 3 du règlement interne), et est char- gé de diriger la marche de toutes les sections, de prendre les résolutions nécessaires dans tous les cas urgents,—et un conseil composé de membres titulaires actifs et hono- raires qui se forment en commission pour délibérer sur toutes les affaires à propos desquelles on leur demande leur opinion. Les fonctions des uns et des autres sont identi- ques, et ils se partagent le travail suivant la spécialité de chacun. Le directeur de l'assistance publique et l'inten- dant municipal siègent au conseil, dans les cas où ils sont spécialement invités aux séances où l'on doit considérer des questions qui se rattachent aux attributions de ces deux fonctionnaires. En vertu de l'article 41 de la loi or- ganique de la municipalité, le Département national d'hy- giène est son assesseur, de même qu'il l'est du gouverne- ment suprême de la nation et des provinces, dans les cas où o(j]los-c.i viennent solliciter son intervention, son conseil. Le bureau sanitaire annexé au département est une créa- — 32 — tion récente; il est composé de trois sections: hygiène géné- rale et démographie, chimie et bactériologie; chaque sec- tion est présidée par un délégué du département et sous la direction immédiate d' un chef de travaux. L'initiative de cette création si importante et si nécessaire appartient au président actuel du département, le docteur Ramos Mejia. Le bureau sanitaire comprend trois sections, comme on vient de le dire: a) section d'hygiène générale, épidémiolo- gie, statisque, etc.; b) section de chimie; c) section de bacté- riologie. La première est chargée de l'étude de la géographie médicale de la République et de la confection de la statis- tique des maladies infecto-contagieuses, numérique et gra- phique. Elle est aussi chargée de l'étude de tout ce qui est relatif à l'étiologie et à la météorologie. C'est sous la direc- tion de cette section que se publie le bulletin officiel du dé- partement. La seconde section a pour attributions: l'examen chi- mique des eaux destinées à l'alimentation, etc., etc., les recherches hygiéniques sur les aliments et les bois- sons en général, les recherches toxicologiques sur les viscères et autres objets remis par les juges du cri- me, la reconnaissance des drogues médicinales et des produits pharmaceutiques employés dans la médecine, et finalement, elle est chargée de faire les analyses de son ressort qui lui sont demandées par l'autorité com- pétente et par les particuliers, d'accord avec le tarif. La troisième section a dans ses attributions l'étude biologique de l'air, l'étude complète de toute substance suspecte à l'égard des épidémies épigastriques ou de l'importation des maladies exotiques, l'installation et le service pour la préparation des moyens préservatifs — 33 — l'examen bactériologique du lait et des autres substan- ces alimentaires susceptibles de transporter des germes infectieux, et enfin l'étude du sol en tout ce qui a rap- port a la transmission des affections de nature infecto- contagieuse (Décret du 6 Juin 1882.) L'esquisse que nous venons de faire des fonctions du Bureau sanitaire donne la mesure de l'importance de l'institution qui nous occupe. C'est la sentinelle avan- cée qui a pour consigne de repousser les affections exotiques; elle est également chargée de prendre les mesures générales nécessaires pour conserver la santé de la capitale et du reste du pays. C'est ainsi qu'on est en train de réaliser ce que nous soutenons depuis si longtemps comme le seul moyen de défendre le pays contre les maladies: la centralisation des autorités sani- taires. Bien qu'il n'y ait pas de disposition spéciale qui prescrive l'intervention du Département national d'hy- giène dans les provinces, elle est établie dans la pra- tique, du moment que les gouvernements particuliers sollicitent son concours pour combattre les épidémies plus ou moins localisées de variole, diphtérie, etc., qui de temps à autre vont ravager les divers Etats. Dans le cas où une épidémie menace de se propager et de mettre en danger la santé générale, l'intervention du Département est obligée, parce que ceci rentre exacte- ment dans ses attributions et s'encadre porfaitement avec elles. Il n'y a pas long temps, cette interven- tion était nulle, ou à peu près, r;\r ses délégués rem- plissaient très mal le devoir de l'informer sur l'état de santé de l'endroit où ils résidaient. On finit par les — 34 — supprimer. Cependant, sur certains points, tels que La Plata, Bahia Blanca, Rosario, on les trouve enco- re à titre de médecins de santé du port. Les délégués viennent d'être remplacés por un corps d'inspecteurs de santé. Ceux-ci font des voyages fréquents dans les provinces qui, par incurie ou à cause de leur constitu- tion médicale, payent un tribut plus ou moins onéreux aux affections infecto-contagieuses. Mais on conçoit fa- cilement qu'un service semblable, par suite du man- que de continuité dans le travail, doit être défectueux, car il est évident qu'un service de cette espèce ne peut persister si ce n'est sous la surveillance assidue et intelligente d'un homme qui s'y voue d'une manière constante. Voilà pourquoi on pense revenir au pre- mier système, mais en l'organisant d'une autre façon. Les délégués n'auraient plus d'appointements fixes par mois; le travail serait rémunéré eu égard au mérite et à la proportion. Un mémoire étendu sur les condi- tions sanitaires de telle du telle localité, ainsi que sur la manière de l'assainir: une statistique exacte avec commentaires de la morbilité et de la mortalité d'une ville qui vient de subir une épidémie, etc., voilà des travaux qui, rémunérés avec équité, encourageraient leurs auteurs et les décideraient à persévérer. Les chefs des bureaux de statistique des provinces, par suite d'une incurie on ne peut plus condamnable, ne mettent pas à envoyer les renseignements sur la démographie la régularité voulue pour qu'on puisse en profiter. Ce- pendant, sur ce point il faut faire des exceptions en faveur de quelques Etats, en très petit nombre, dont les gouvernants, médecins ou hommes d'instruction — 35 — convaincus des bienfaits qui seraient la dernière con- séquence de ces études, concourent d'une manière effi- cace à l'œuvre commencée avec énergie par le Dépar- tement national d'hygiène. Malheureusement, dans ces mêmes chiffres il y a toujours une cause d'erreur: l'im- mensité de la campagne, parsemée cà et là de faibles noyaux de population, étant dépourvue de médecins, il devient impossible de classer avec exactitude la morbi- lité et la mortalité. Dans la capitale fédérale et dans quelques chefs-lieux de provinces, les choses ne se passent pas ainsi, ce qui fait que la statistique est exacte. Bientôt toutes ces difficultés disparaîtront, et, grâce aux bureaux du registre civil, on pourra avoir exactement le chiffre rond des décès dans toute la Ré- publique, bien que la désignation nosographique ne soit pas tout-à-fait conforme à la vérité et à la scien- ce moderne. En classant les maladies d'après le symp- tôme dominant ou culminant, ou d'après le nom vul- gaire, distinct dans chaque province, mais facile a annoter, on pourra obtenir un mouvement démograp- hique assez approximatif en tout ce qui concerne la morbilité. Les inspecteurs de santé viennent de dresser des statis- tiques détaillées des dernières épidémies de variole et de diphtérie dans quelques provinces, telles que Mendoza, Tucuman, Salta, Catamarca et la Rioja. Indépendamment de ce que nous venons de dire, ces louables intentions de l'autorité sanitaire trouvent des obstacles dans d'autres causes qui ont peut-être une im- portance plus grande. Les conseils d'hygiène provinciaux, composés de méde- — 36 — cins compétents mais voués à d'autres ocupatimis, n'ap- portent pas un concours efficace; toute l'action de l'auto- rité est dépensée par eux en travaux d'importance tout-à- fait secondaire, par exemple à surveiller l'exercice de la médecine et de la pharmacie, â assainir des parages ma- nifestement insalubres, assainissement que 1 on fait par suite d'un désir louable mais sans fondement, sans base sérieuse pour la réussite, ce qui fait que tout travail ne tarde pas â devenir stérile. On laisse de côté les statisti- ques et les études qui s'y rattachent, non pas qu'on mé- connaisse l'importance de leurs déductions, mais parce qu'on est pressé de ressentir les effets du moindre effort auquel on se livre. Et tout cela a sa raison d'être. Jusqu'à présent, dans les provinces, la profession de médecin n'a pas été consi- dérée comme un ministère; ceux qui ont un diplôme le mettent à profit comme un objet de luxe; en conséquence, ils ne se vouent pas à la profession par amour pour elle. L'exercice de la médecine et de ses multiples applications n'est qu'une ressource d'importance secondaire; le capital intellectuel et pécuniaire, le repos, l'activité, tout l'ensem- ble de la vie morale et matérielle, tout cela est absorbé dans l'industrie qui doit rapporter des bénéfices réels et immédiats. C'est là une condition qui caractérise les peu- bles jeunes et riches. Il n'en est pas de même dans la capitale fédérale: bien qu'elle soit très riche, bien qu'elle soit le centre d'attraction de tous les capitaux, on v fait de la médecine un vrai ministère. Son immense popula- tion exige qu'il en soit ainsi. Dans cette espèce d'études et de services de santé, Buenos Aires est â la hauteur des grandes capitales européennes et des Etats-Unis. — 37 — Les simples considérations que nous venons d'exposer, suffisent adonner une idée approximative de l'importance morale du Département d'hygiène. Cependant, il faut, pour qu'il puisse faire tout ce qu'il doit, pour étendre ses bien- faits â la population tout entière du pays, lui donner des attributions plus étendues, c'est-à-dire concentrer chez lui les fonctions dispersées qui sont aujourd'hui réparties entre cette corporation, la municipalité et l'Assistance publique, dans la capitale et dans les conseils délibérants. outre les intendants municipaux et la police dans les provinces. En un mot, il faut centraliser tout ce qui a rapporta l'hygiène dans la République; en d'autres termes, imiter l'Angleterre qui fit voir l'importance de cette mesure en créant le Local-Government-Board, ce qui lui procura la satisfaction de voir en très peu de temps diminuer sensi- blement le chiffre de la morbi-mortalité absolue et in- fecto-contagieuse. Telle est heureusement la tendance des hommes qui s'occupent aujourd'hui de ce^ affaires parmi nous et même â l'étranger, tendance qui se fait sentir depuis plusieurs années, mais qui a toujours trouvé des obstacles sérieux. Ce qui n'en témoigne que trop, ce sont les divers projets énoncés au chapitre précédent et qui sommeillent aux archives du Congrès, grâce a cette aber- ration si explicable chez les peuples qui mènent une vie précipitée. Ces projets-là proposaient l'unité d'action dans Tordre national, en laissant, bien entendu, aux provinces leur propre autonomie, même dans ce détail qui signifie bien- £tre et sécurité de tous. Qu'il nous suffise maintenant, pour en finir sur ce point, de constater comment fonc- — 38 — tionne en réalité le Département. Nous allons pour cela passer en revue quelques-unes de ses autres attributions et fonctions. Les lazarets, l'institut de vaccine, etc., ont des chapitres spéciaux, de même que la convention sani- taire internationale, à cause de l'importance de la matière, ainsi que la loi et le projet présenté cette année sur l'exer- cice de la médecine et les autres branches de l'art de guérir. Le Département fonctionne aujourd'hui sous la di- rection d'un président nommé directement par le gou- vernement, lequel président a, come nous l'avons dit ailleurs, la représentation extérieure et toute la respon- sabilité; le bureau, son mécanisme interne, est à la charge d'un secrétaire, nommé aussi par le gouver- nement sur la proposition du chef du départament. Le président distribue le travail entre les conseillers, et le secrétaire entre les employés subalternes. Cette bran- che du département représente ce qu'on peut, à propre- ment parler, appeler le pouvoir exécutif, car elle peut, dans les cas d'urgence et d'intérêt public, prendre tou- te espèce de résolution, avec obligation d'en rendre compte à l'autorité supérieure. L'autre branche, la dé- libérante, est constituée par le conseil, composé de membres titulaires payés et de membres honoraires; elle tient séance deux fois par semaine et une séance extraordinaire dans les cas spéciaux. Elle connaît et elle expédie toutes les affaires que le président sou- met à son examen, ainsi que toutes celles dont les conseiller^ ont pris l'initiative. Les séances sont déli- bératives et administratives: dans les premières, appe- lées aussi scientifiques, on étudie les affaires de ca- — 39 — ractère public et général, par exemple, les mesures à prendre pour garantir le pays contre les affections exotiques et pour combattre les endémies, etc; dans les secondes on discute les résolutions des conseillers sur les affaires d'ordre administratif. Actuellement on y voit venir régulièrement titulaires et honoraires, parmi lesquels il y a un épidémiologiste, deux hygiénistes, un médico-légiste, deux cliniciens, un vétérinaire, un chimiste; dans les cas spéciaux on invite d'autres con- seillers honoraires, tels que l'inspecteur de santé de la flotte, celui de l'armée, etc. Cet ensemble donne la mesure des nombreuses et intéressantes questions qui sont agitées au sein du conseil. Il serait par trop long de continuer l'énumération des diverses autres fonctions de cette corporation scientifique; cependant nous ferons remarquer que, sur son initiative, on a créé le musée d'hygiène où l'on ex- pose tous les appareils et objets en rapport avec cette science. Les appareils sanitaires, modèles de tuyaux, soupapes, siphons, latrines, bassins, déversoirs, etc., ayant pour but l'assainissement du domicile et de la ville ont là une place de prédilection. Les construc- teurs de travaux de salubrité et les propriétaires qui en ont besoin fréquentent le musée, où ils sont conduits par un intérêt parfaitement légitime: pour les uns, c'est un débouché ouvert à leurs poduits, pour les autres, la solidité, l'avantage, l'élégance, l'économie. Le mu- sée d'hygiène est en même temps une exposition et un concours, dont le Conseil est le jury. On a vu plus haut que le Conseil intervient comme ex- — 40 — pert dans les cas où il s'agit de régler les honoraires des professeurs des diverses manières de l'art de guérir ; mais il reste à dire qu' il n'exerce cette fonction que d'une manière spéciale, c'est-à-dire pour les dossiers remis par les juges: le Département n'est pas l'assesseur des particuliers. Considérable est le nombre des dossiers dont il est pris note journellement au bureau établi à cet effet. Pour en avoir une idée, il suffira de sa- voir que le chiffre des sommes en litige, où il est in- tervenu pendant l'année qui vient de finir, s'élève à 250.000 piastres. Nous devons ajouter à cet égard que le règlement des honoraires n'est pas une fonction mécanique, dé- terminée par un tarif aux limites plus ou moins étroites, comme il arrive dans quelques cités euro- péennes. Ici, le Conseil suit strictement les théories aussi justes qu' équitables des auteurs modernes de médecine légale. En effet, on prend pour base la po- sition scientifique du médecin qui réclame le paie- ment, la position pécuniaire de la famille qui doit payer, la nature et le résultat de l'assistance, etc. En un mot, on a en vue tous les éléments d'appréciation pour protéger le médecin dans ses propres intérêts, de môme que le client. De cette manière-là, on dignifie la profession et on arrive autant (pie possible à faire en sorte que le riche paie pour le pauvre. Relativement à la pharmacie, il y a un tarif en vertu duquel on fixe un prix à toutes les opérations pharmaceu- tiques, plus un tant pour cent sur la valeur du médica- ment à la droguerie pour éviter les graves difficultés que pourrait occasionner la dépréciation ou la valorisation — 41 — rapide de la monnaie fiduciaire. Pour les spécifiques et spécialités étrangères, on ne peut demander plus d'un 10 °/o sur le prix en droguerie. Le prix de vente d'un article aux heures avancées de la nuit est augmenté d'une piastre. Le Département a vu augmenter ses attributions par la loi actuelle de retraite: celle-ci fait jouir de ses bienfaits les employés qui se sont usis au service, après un certain nombre d'années. Ainsi donc, cette loi exige que l'em- ployé se trouve malade; le Département doit charger un de ses membres de constater l'état de santé des intéres- sés. La loi dont il est question ici est sans doute défec- tueuse: le Congrès en a une dans ses bureaux qui est mieux combinée et par conséquent plus juste, pour rem- placer la loi actuelle. Le Département, veillant aux intérêts de la Nation, a établi une gradation parmi les postulants: incapables ab- solus, incapables relatifs et capables conditionnels. La première désignation est assez significative; la deuxième indique ceux qui ne peuvent pas remplir certains emplois ou certaines fonctions ; par exemple, une blessure, qui a déterminé l'ankylose du genou gauche chez un vigilant, l'empêche d'être de faction, mais lui permet de faire un bon portier; un employé de police, dont la fonction est de parcourir les rues et qui est atteint de rhumatisme chro- nique, pourrait être un commis aux écritures dans une salle abritée de ce même Département. Quant aux capables conditionnels, ce sont ceux qui, sous l'influence d'un traitement, arrivent à un mieux no- table. C'est le cas (arrivé il y a peu de temps) d'un myope qui, en employant les moyens voulus, a pu corriger ce — 42 — défaut. Beaucoup d'autres cas peuvent rentrer dans cette môme classification. Enfin, pour faire connaître l'importance du Départe- ment, il faut rappeler qu'il est l'assesseur légal de la Muni- cipalité dans les questions d'hygiène publique, et des gouvernements provinciaux, ce qui revient à dire qu'il est chargé d'émettre son opinion sur l'assainissement des localités, sur les moyens de réduire la mortalité, de préserver la population générale de toutes les causes de dégénération physique et morale. Mais, pour que cette action bienfaisante se fasse sentir d'une manière sensible, nous l'avons déjà dit ici et dans d'autres pu- blications, il est nécessaire, indispensable et urgent que l'on adopte le plus tôt possible le code sanitaire, le projet de loi sur la dénonciation obligatoire et la désinfection dans les cas d'affections infectieuses, en établissant une responsabilité sérieuse et des peines pour les infracteurs, et que l'on fasse une loi qui ait pour but de protéger la santé et l'hygiène publiques. Tel est précisément le désir des membres du Conseil, parce que, comme le dit Van Bettenkoffer au Congrès in- ternational d'hygiène de 1887 a Vienne, les progrès de l'hygiène sont fils de la législation sanitaire. L'exemple nous est donné par l'Angleterre avec son Local Govern- ment Board, exécuteur des prescriptions de ia loi de 1875 (assainissement des maisons et habitations, prophvlaxie des affections pestilentielles, etc.), qui a réduit le chiffre de la mortalité dans la décade de 1866-75, ce qui revient à dire qu'on a économisé la vie de 850.000 personnes qui, en argent, représentent la somme énorme de trois mille millions de francs, en supposant avec Chadwick et Farn que toute existence vaut, terme moyen, 3880 francs. — 43 — En somme, pour abréger, on peut dire que ces mes- sures sont, par rapport à la mortalité générale, ce que le préservatif de Jenner est â la variole, dont l'efficace influence se fait sentir chaque jour, au point que, dans les pays bien organisés, la mot qui désigne cette affection a presque disparu des tableaux nosographi- ques. Puisque nous avons fait mention,—ce qui était une nécessité pour nous — de la loi anglaise de protection à la santé publique, votée en 1875, et que nous avons dû dire que le fondement sur lequel reposaient le bonheur du peuple et le pouvoir de l'Etat, c'est la protection C3 CD S c3 CD Oh 03 -5 03 03 fl CD 5 S CD •CD in CD n; saïaaaxa CD ■rH tH X ^ o iO h- Cl CO »n h- 1^ co 1 1 t-i CM "^ lO o CO >o iO »o o co Cl Cl iO S1VDUIXH3D 1 1 tH tH TH X h-CO t-^ SiNVnOIXVHd 1 1 ! O iO L— m ^ o CM ai ai ai ai lO co X Cl co •H «* 00 CD cO ai X *=* CM O co c; >o CO tH ,T3 1— co iO 00 m irt lO CM ai o ^ c co o O CM •^ >^ ^T* lC S3MI0DVA îO t^ ai CO O co ai •^ "TH ai O co CM h- ai co C-l ■H CM TH CM CM «H rH CO co CO iO ^ CM X X co TH co TH 310IHVA HVrJ CM (M (M (M t^ ai CM (M 1- CM CO o CM CO co CO CO Cl X X Cl 1^- saoaa lO O ^ X CO tH 1^ lO CM -H co rH CM C] ^* (M 00 tH ai >rH -H O CO ^ CO co 1^ tH CM Cl _, l- CXJ m ai fM -H co CM o CO 1^ 1^ co tH CO ^-^ co ! L— *# m ^ ai O CM o t- tH X co ai t- o Cl CO X i SXNVHOIW1MI t— tH o »o o •^ T-l O o CM co h- co t^ iO ^ CM Ci 1 o ^ co co •^ lO *=* -^ lO CO lr^ O ai CO CM CO CM ai w X* iO CD r— X ai O -H CM CO "^ »0 co h- X Cl ^-» r^ h» h- r- i> X X X X X X 00 on X X Cl Cl X £ X X 00 00 X X X X X X X X X X X rr, X Z T-l -H TH TH tH th tH ■^H ^H TH th tH tH TH ■^ TH th AGE SEXE NATIONALITÉ RÉSULTAT m tn W t/î 'CD C ►j w 3 C/l 55 55 C 'o o ca > o c_> ca > co O .S2 'S Ë -ci -ca '05 ia e « bO u. o 'CD 55 CJ c T3 — lO O ca < -w 1887 2069 599 2668 929 852 381 296 210 1272 1395 2053 623 1109 300 1259 2668 1888 681 183 844 298 274 126 72 74 420 425 718 118 396 106 342 844 1889 9342 9834 19176 4405 4961 2629 1608 5573 9345 9431 10267 8909 9550 3646 5980 19176 1890 20109 17928 38037 7318 10153 6375 4843 9348 18751 19286 26174 11863 17944 7469 12634 38037 1891 9198 12056 13056 42245 4362 1476 1007 7826 1966 6877 6179 10699 2357 6179 1157 5583 13056 TOTAUX 41379 32402 73781 17195 20602 10987 17171 37065 36716 49922 23849 36716 12678 25788 73781 — 84 — En fin, pour compléter ce chapitre, nous devons faire connaître le fonctionnement de cette branche de Thygiène publique dans la capitale et dans les provinces. Le vaccin vient actuellement du Conservatoire de Santa Catalina, fondé et entretenu par le Gouvernement de Buenos Aires, et du Conservatoire National de la vaccine. Le premier de ces Instituts fut fondé, il y a longtemps, sous la direction du docteur Diaz et du vétérinaire M. Bernier; pendant un long laps de temps, il a fourni à toute la République, mais il ne pouvait suffire aux demandes, ce qui rendit nécesaire la création d'un Institut similaire sous les auspices du Gouvernement de la Nation. En 1889 il produisit 50.000 plaques; la culture du cow-pox atteignit le chiffre de 997; peu à peu la production a diminué au point de répondre uniquement aux exigences de la province qui le soutient. Le Conservatoire National a été fondé, ily'a trois ans environ, par la décision du Président du Département National d'hygiène, qui se trouvait être alors le docteur Guillermo Udaondo; ce médecin fit de sa bourse même une grande partie des frais d'installation. Son premier directeur fut le docteur Juan D. Pinero; celui-ci, ayant donné sa démission peu de temps après, fut remplacé par le docteur Juan J. Diaz, homme bien pré- paré pour cette fonction, qui est parvenu à faire de l'é- tablissement une institution qui honore le pavs. Il est situé dans le voisinage de Palermo sur un terrain de 120 mètres de long sur 25 de large. Les étables sont grandes; elles ont une capacité suffisante pour contenir 30 veaux inoculés. La température y est maintenue à un état constant, grâ- ce à un thermo-siphon et aux ventilateurs nécessaires. — 85 — La salle de vaccination, située en face, est vaste et dispose de toutes les commodités nécessaires. Le bâtiment estcom- plété par d'autres sections isolées, entourée de jardins qui lui donnent un aspect agréable. Les photographies ci-jointes sont la meilleure descrip- tion que l'on en puisse faire. La salle des autopsies est au fond; son nom révèle assez son objet. On ne distribue pas la vaccine sans avoir vérifié l'état de pureté du veau. D'après le docteur Diaz, on n'a pas trouvé jusqu'à présent un seul veau tuberculeux; le docteur Bernier, actuellement directeur du Conservatoire de Santa Catalina, nous a communiqué qu'il n'en a vu, lui, qu'un sur mille. La vaccination est, faite, dans la capitale par l'Admi- nistration delà vaccine et par les médecins de section qui dépendent de la Direction Générale de l'assistance Publi- que; par le Corps médical scolaire dépendant du Conseil d'éducation; par la Santé delà flotte et de l'Armée et au Conservatoire National; dans les Provinces, par les médecins municipaux et de police ainsi que par les délé- gués du Département, qui sont envoyés aux provinces attein- tes par l'épidémie, où ils fondent, d titre provisoire, un Institut qui fournit de la vaccine fraîche et abondante. Un médecin, dépendant de ce même département, con" trôle la qualité de la vaccine et le résultat des inocula- tions faites au Conservatoire. Quant à la qualité de la vaccine, il suffira de jeter les yeux sur les tableaux statistiques pour se convaincre de sa bonté. Il n'est pas arrivé jusqu'à présent un seul événement malheureux: cette circonstance que le virulence s'est — 86 — maintenue sans précautions spéciales jusqu'à trois mois après son envoi à Rio Janeiro, climat torride, prouve, sa faculté de conservation et l'excellente manière dont elle est préparée. Ci ce TH w PC 03 *s w u >w Q tH CO D "b O a O en 03 P > !-S O W P p o en CJ 3 tn o CD O U) CD en 3 O 1 .,_| i HrtCC 1 NMw^ X r/i ■a en 3 cd O. ôs eu S 3 eS X • U eu O. tn eu O 1 1 i 1 1 1 1 1 1 1 1 i 1 £ t~ 3 3 O C o -a u CL W ►J en W W G t3 -Q Irt Wt^iOC3iOlO'<*,COO» —> -* 1 H Kl H fc X en ■* rfMncoiOLONWN-e3iOO^CDK)COlOeo •a c X (M^tOCOONlONCX) — ** t~ o II .o. cd rtrHrtWrtNNMCO o D, > 'Cd *cd --cd <-cd 'Cd 'Cd 'Cd 'tà 'Cd 'Cd 'Cd 'Cd 'Cd o X ^H lOCOOiNOOO^NS^NcD *£ u O U ccj I 1/1 CD en 73 O e i 55 en O U Ci O0 H '""' < eu Q J3 S eu o »cu o Janvier Février Mars . Avril. . Mai.. . Juin .. Juillet.. Août... Septemb Octobre Novemb Dscembr o o « o S. g. p < CD °. "• C 3 ? 3 : a- °> a* . g 2» ^ en 3 2 -«' » K- 00 g 4* 1 1 | 1 en Cn i-* co co ro |_. t—. ^- i—. CO i—. >—. ^ *. en Cn -^ Oi oo CD Oi 4*- on oo co O CO CJi CD CJi CO ^j Ci co co O co CD CD co CO ^ *■* en w CD *^ O o CO *■ Ci ►- ~ O CO co 00 >— co Ci o -J Ci o en o en Ci 00 o CO o Oi o Oi o o Oi o Oi o Oi CM co en 4^ CO co en o 4^ oo co co en en co 4^ co en 4* o o en CD o co o 4>-en o en o co 4^ en co Ci O co co o o CD o co o en o en o o 4^ 4* o 4* 00 o co oo o co CD o co o Ci ht* o 4* en o co en CO co o co e3i o en 4* o 00 CD co o 4^ co o Oi co en w C3i o co co 00 o co co CD co co o o 05 o co oo o 00 co Oi oo o o ! o 4*. o co 4* O CD o en 4* o co o o co Oi o co oo o co 4* o 00 o co co o co CD o oo O Oi o Oi Oi Oi o 00 o C3 o o o co o o 4^ o Oi lin 4^ CJI co en 4^ 00 00 en en en CD 00 en co o oo 4* o o co o o 00 en o co Oi OI co CO O co o ^1 co en co CD en CD 4^ co 4^ o co Oi o CD o o co CD en o o co O O en co co en co *> CO co o co Ci o CD o co o ^1 o 00 en Oi o Ci o o co Oi o Oi o co CJi o co co o CO o co o 00 o 00 o CD o co 4^ o oo o CD co 00 o co o co <3i o co o o en co o co co o en o co en 00 o en o en CO o en Ci en CD o co o Oi CD Oi o co en o Oi en o co o en co 4^ o co 4^ o 00 *> o co o co 4* o co o o co o co 4* o en o en o co CD o o o oo en ^ o oo o oo CD 4^- CO 4^- >— CO CO en CO 4^ 4*- CD O CO 00 to k co a co o ^J -o 4^ O >- O Oi CD V) C0 Oi 00 CO i— Oi 4* DATES Départament natio nal d'hygiène Capitale fédérale Province de Buenos Aires Catamarca Côrdoba Corrientes Entre-Rios Jujuy Mendoza Rioja Santa-Fé Salta Santiago del Estero San Juan San Luis Tucuman Gouvernements' Sommes D PS n tD 00 eo O o > 00 eO L% — Conservatoire National de Vaccine MOUVEMENT OPÉRÉ DEPUIS LE 1er JANVIER JUSQU'AU 31 DÉCEMBRE 1892 DATES Nombre des Nombre veaux correspondant inoculés aux veaux 23 304 à 326 17 327 à 343 25 344 à 369 23 370 à 391 21 392 à 412 24 413 à 436 20 437 a 456 20 457. à 476 19 477 a 495 21 496 a 516 24 517 à 540 20 541 a 560 aUANTITÉ DE COW-POX RECUEILLIE Nombre d'inoculations En En plaques tubes 2070 8621 9 1537 5130 5 2232 9860 9 2197 9143 8 1995 8086 10 1757 8393 — 1686 7359 7 1781 7140 — 1238 6318 — 1496 7816 1 1962 7578 1 1684 6234 — Cow-pox inutilisé pour être de trop Veaux avortés par suite de maladies ou autres causes Janvier... Février... Mars .... Avril .... Mai..... Juin..... Juillet___ Août .... Septembre. Octobre.. Novembr e Décembre. 529 1 00 00 — 89 — © a O o > © i—I cd a o • iH •«■» Oj © Eh ce > © co O Cd -OiOOOiCD Cd § Cd racDOOCDC^ — oj eoii'>ji^n^rHcocn UBumonj, OOOOOOO OOOO ■"T C^ CO - m Cd Q Cd sin^j UBg O O C3i O O O ooooo lO N Ci IO 00 m R O] CM Ci OI Ci PC CQ Cd UBnf UBg ooooooooiraooo ■^ocoocMooooira—icmcm — ^^^^h ■* M Oî (M Q OJ9 sg pp oSbi;ubs OOOOOOOOOOOO ON9i000NKJN*0)-tJ CO p *n*s OOOOOOOOOOOO COCOOOOCDeMO-'*l-<*'eMira~H ■^cMr-.coeococococM-^c--ira < "p a m 9j B}UBg c^oooooooocoirao ooeoocDooira-^coooçDooci CO — OCDOiCDOOCDCiOC^CO P (M Ci Bfoiy OOOOOOOOOOOO cM-*coirairacMira — oo-* — oo — * ~ -h ira ira OO T-t PC Cd BzopugpY OOOOOOOOOOOO 00CDNOiraeN.iOCNIO.Ci-*-* Arifnr OOOOOOOOO oo cDiraciiraooirairaeMCM sciOi Cd soijj-9j;ug OOOOOOOOOOOO oococoooiraoooocDOicoo-CMCOCOCOOO © CD ^ N ^t co -d1 P p a, Cd Q X S9;U9UJ03 OOOCDOOOOOOOO ira-*—«OOCDOOC^OiCDOOeMO — tMcMooTfoira-^iraco-"*1-* «qopjpQ CDOOOOOOOOOOO c^ira-*ioeMiracocMcMoo-*c^ — cMeMcoTt o u S9JIV sou -9ng 9p 90UIAOJJ iraoocoiraooooiraoo C^'-iOCOCDiracDCOCM-HOO « N --i ■* ■* h t-i ■— ira CD CM — (M CM — p Q 9[B 9p9J gpjldBQ TfTt 72 • . ^ *i J) -T Cl> S 5 -S ,2 >J2-g:g o §< t5 o -S Conservatoire Notional de Vaccine RÉSULTAT OBTENU DANS LA VACCINATION DEPUIS LE 1er DÉCEMBRE 1890 JUSQU'AU 31 DÉCEMBRE 1892. DESTINATIONS Capital Fédérale Buenos Aires.. Santa Fé..... Entre-Rios .... Corrientes .... Côrdoba...... Tucuman..... Salta........ Sgo. del Estero. San Juan ..... San Luis..... Rioja........ Mendoza ..... Jujuy........ Missions...... Chaco Austral . Chaco Boréal. . Totaux... VACCINATIONS 14.727 9.628 10.037 1.220 10.303 1.300 781 92 972 576 328 30 119 36 369 61 128 53.088 1.111 914 b66 126 267 85 22 20 150 45 27 9 10 36 3 18 3.285 119 5 en eu eu —. il « 5 S a. 9.208 25.037 10.607 10.403 1.350 10.570 2.387 803 112 1.122 621 355 30 128 46 405 64 146 65.581 092 091 096 092 096 097 097 082 086 092 092 100 092 078 091 095 087 REVACCINATIONS en s u 3 •t H z 0 0 z 0 z U) Q < s K D O z 0 H Z U > C '3 a. U C 3 O 0 CD T3 c G E (D XJ 13,92 5..... 174 2885 6059 349 21 »> 19,59 6..... 119 2310 6173 519 27 » 16,14 7..... 76 1194 3303 434 28 » 16,04 8..... 79 1322 3853 488 30 » 18,00 9..... 114 1495 3416 300 22 » 15,76 10..... 103 1971 6112 593 31 » 10.99 11..... 50 871 2475 495 29 » 10,50 12..... 9 149 396 440 27 » 10,00 13..... 148 2555 6678 451 27 » 16,42 14..... 123 2228 6265 210 29 » 14,37 15..... 130 2677 8182 630 30 » 14,43 16..... 76 1601 4697 619 30 » 14,85 17..... 24 360 1166 486 32 » 11,91 18..... 126 2331 6537 519 28 » 13,97 19..... 33 670 981 298 14 » 7,51 20..... 172 2473 5852 340 23 » 9,79 21..... 92 1225 4137 450 33 » 15,80 22 y 23. 16 198 550 343 28 » 8,00 24____ 18 152 429 239 29 » 10,72 25..... 28 286 622 222 21 » 8,53 26..... 5 49 190 380 39 » 9,20 27..... 48 679 2050 428 30 » 14,37 28..... 35 677 2028 580 30 » 12,65 Totaux. 2249 37603 94723 421 20 $ 15.51 HABITANTS et as Xi Pour Pour T3 X> e chaque 10 chaque 10 0 maisons pièces — 117 — La population des conventillos et maisons d'inquilinato en 1890, classée suivant la nationalité et l'âge de celle-là. ARGENTINS Total ÉTRANGERS Total SECTIONS U] Xi s 'S X (X 5» CD M E jd "o CD M 3 O PS CD C a o ■S 3 cr o CD 3 .S" .1s 'in a a %-•CD O X o CD C 3 'CD 1869 1870 1871 1872 1873 1874 1875 1876 1877 1878 1879 1880 1881 1882 1883 1884 1885 1886 1887 1888 1889 1890 1891 1892 183 195 1656 836 76 525 1041 22 12 7 429 832 7 362 1510 142 736 536 1290 657 183 2198 298 30 114 63 53 126 131 202 212 206 136 222 382 335 241 221 193 253 336 493 975 1385 915 1037 631 605 600 165 159 176 161 205 140 134 106 114 147 163 216 212 180 193 209 272 279 388 509 628 417 415 5 1 12 5 71 121 8 11 39 19 62 3 43 95 5 194 17 56 141 99 261 80 56 114 2 11 12 18 21 24 6 10 50 13 14 12 12 25 67 60 59 17 17 26 10 11 20 36 12 29 24 24 63 13 56 11 30 32 22 42 17 30 51 29 35 67 85 57 99 32 319 2 56 790 641 529 3 13761 1 1 1 Décès selon les principales maladies contagieuses 1892 PAROISSES Fièvre typhoïde eu o > Rougeole Scarlatine Xi O '© CT1 O 'S xi S 13 O Tuberculose pulmonaire Totaux généraux < O H 1 1 2 î 2 o là 1 29 29 8 12 2 lî 7 5 F H F H F H F H F H F 4 4 8 9 4 5 29 10 73 80 21 15 10 17 17 3 300 H F H F 1 4 1 1 1 20 1 11 25 3 2 11 6 2 1 4 5 9 2 1 2 3 1 2 1 1 <•> 2 2 17 3 8 18 5 1 5 3 3 2 2 1 3 18 3 12 6 4 2 ï 12 7 1 1 1 3 1 1 3 1 3 1 .3 3 5 2 1 1 3 2 1 1 3 1 1 4 12 10 5 4 2 21 6 67 83 25 5 14 28 17 3 1 206 13 7 11 9 9 8 46 12 168 160 37 38 10 92 15 6 7 6 16 6 12 8 109 12 55 62 20 13 16 46 10 12 19 10 25 17 17 15 111 22 275 300 80 65 34 139 42 18 13 11 31 18 21 15 179 27 156 176 52 31 31 89 50 18 32 21 56 35 38 30 Pilar................ 280 49 431 San Cristôbal......... 47 b 132 San Telmo........... 96 San Juan Evangelista . bb 228 San José de Flores 92 36 126 89 19 11 73 71 1 «i 5 1 18 14 641 410 Il 179 918 2097 — 130 — Décès selon la nationalité—Mortalité générale 1892 NATIONALITE Argentins...... Allemands..... Nort-Américains Autrichiens Belges......... Boliviens...... Brésiliens...... Chiliens....... Espagnols...... Français....... H, 5452 51 11 40 20 2 14 9 628 366 F. 4808 51 2 6 10 4 7 4 285 181 10260 78 13 46 30 6 21 13 913 547 NATIONALITE H. Anglais...... Italiens...... Orientaux ... Paraguayens. Portugais.... Suisses...... Autres nationalités Sans spécification Total.. 84 1375 94 14 19 31 58 107 o 52 641 113 25 8 14 21 28 83758236 136 2016 207 39 27 45 79 135 14611 Décès selon l'état civil (au dessus de 15 ans) ETAT CIVIL Célibataires........ Mariés............ Veufs............. Sans spécification ... Totaux. ARGENTINS H. 256 368 105 18 1017 354 308 339 20 1021 880 076 444 38 2038 ETRANGERS H. 1038 1357 281 103 2779 F. O 2211259 6842041 364 645 18 1287 121 TOTAUX H. 1564 1725 386 121 5752139 992 703 38 4066379623086104 2717 1089 159 — 131 — Ci 00 ci o a su bû O 09 O Q ooi>c-loce^fi—(r—i«f*T)) O C5 LO h- O i-iCOCOlOlOCOCOO-^OJlO 1—( O) Ci' CO CO CD Oi lO lO O i—i —i Oi CO ">wœii>^->HT)! h Oi CO H 00l0HC0'*O1(b1lHMi>OWC0f0M(p-iT|i )Q ■ i—i wœwtœ>ffl©wifloooM«)HHM «^ M i> lObiMXJCONNCOiXJOtO^W co X ] 1 1 H-Ol0^00 7!HlOW(MOHOHffi l-H ( m»! 1 1 ! Ol W CO CO C LO rn co ,> r-i CO a O N -H M >ce ! !» i—(CCXXi>-*0}p—( co 1 1 IOÎ^'ChCO^NCCihOiOOOOO^W X < H 1 li—(p—iO}Ce^:DCOCDCOt----«hiOh i—i O) fe Oi Oi Oi i—( p—i p—i i-H 1 1 ICOCitHCîOMTWt-NHO^h co 1 1 HHCOlOOOXOMi^HiMOH Oi Oi w CO ïO CD iO CO i—i Oi Oi 00i>COCNOi>C0i-iC005 0)Xt>C0WNC0 0 CO Cl»OrtCO)OlOCOi>'1lC5i>OWHH co r^0,! (0) o w ce O Ol ^ CO Tf CO Ci W rH ph h Oi ,—| i-H p—1 r—1 H o œ i-H S5 OOiCCOOiOCii—iXOCOCO-^O-iCO-fXXCO X I/O XlOLOXhO^H^HClHHbH o fe li ce i.i co■ t> il Oi p—i oi p—i p—i p—i p—i p—i X '-r ,_ *,- CU S t/) o X m < c o si J-H .5 (x S 3 S.-. S ç- O s E- ■o G '3 1-. Année 1889 Particuliers (pavés)... 31 49 2 — 3 1 86 » (gratis)... 20 9 — — 3 2 34 Hôpital San Roque.... 46 32 2 — 2 — 82 » des Chroniques 12 21 — — — — 33 Dispensaire de salubrité — — 56 122 20 3 201 Maison d'Isolement... 121 3438 10 — 6 — 3575 Mixte Invalides....... 12 21 1 1 2 — 37 Hospice Las Mercedes. Syphilicome.......... — 2 — — — — "2 __ __ 4 14 — — 18 Médecins de section... — 9 1 — 1 1 12 Totaux.... 242 3581 76 137 37 / 4080 Année 1890 Hôpital de Clinique.... 8 54 — 1 — 1 64 Maison d'Isolement... 88 4438 — — — 5 4531 Hôpital San Roque.... 16 14 — 1 1 1 33 » des Chroniques 48 44 — — 1 1 94 » Rawson....... 24 40 — 6 2 1 79 Médecins de section... 17 39 — 4 1 2 63 Dispensaire de salubrité — — — 167 — — 167 Particuliers (pavés)... 26 35 — y — 1 71 Hospice Las Mercedes. 1 8 — — 1 — 10 Svphilicome.......... __ 7 __ 101 _____________■_ 108 Bureau de consultations 12 35 — 7 — o 50 Particuliers (gratis)... 4 9 — — — 1 14 — 1 — — — — 1 Totaux.... 244 4730 — 296 6 15 5291 — 137 — Analyses faites au laboratoire bactériologique pendant l'année 1891 PROVENANCES PRODUITS PATHOLOGIQUES Crachats Urine Dia- rrhée Pus Tu- meurs Liquides patholo giques et matiè- res féca- les TOTAL Isolement........ San Roque ...... Rawson..... Chroniques...... Juge d'Instruction Syphilicome..... Bureau de consultation Dispensaire de salubrité Particuliers (payés).... Mé.lecins de section... Hospice de las Mercedes Particuliers (gratis). . . . San Luis (enfants).... Rivadavia........... 86 3646 _ 2 42 42 — 3 — 2 32 65 — 5 4 10 54 81 — 1 1 24 — — 1 6 _ _ _ 32 56 — 22 12 — 31 23 31 _ 1 5 8 5 3 11 — 1 — 1 10 _ 2 _ 8 3 10 — — — — 4 8 — — — — 295 3964 — 121 b 49 3734 89 116 136 1 81 141 12 60 15 8 31 13 12 4444 Laboratoire bactériologiqu 3. . analyses faites en 1892 PROVENANCES u G "£ X o t. U 3 O, '3 en eu 3 CT-'Efl O *o X "eeî O. en eu T) '3 T J en eu "3 en eu -S "3 en eu Vi es en eu -eu o en > in u 3 S o " des Cliniques . .. " Rivadavia...... 2057 45 59 1 8 154 2 35 2361 166 38 54 1 6 60 3 42 370 1 1 9 2 13 18 3 2 7 30 1 3 3 4 4 1 16 1 6 3 10 5 5 2 2 1 2 1 4 2 10 5 i 7 7 7 1 165 166 11 39 14 64 2 1 1 2230 91 116 12 1 1 14 259 48 26 7 86 9 165 Totaux. . . 4] 3065 — 138 — Laboratoire de Vaccine anti-rabique La fameuse découverte de Pasteur était appelée à pro- duire une grande émotion dans le monde scientifique, analogue à celle qu'avait produite autrefois la décou- verte encore plus fameuse de Jenner: celle-ci, malgré les résistances systématiques qu'elle rencontra, ne devait pas tarder longtemps à s'imposer et à faire son chemin dans l'humanité, sauvant les hommes sinon d'une mort certaine, au moins d'un stigmate qui les défigurait pour la vie entière. Il en a été de même pour la "découverte de Pasteur, celle du vaccin anti-rabique: il s'agissait d'un fait d'une si grande importance, non seulement eu égard à l'étran- ge té de la méthode employée, mais encore parce que jusqu'alors la terrible maladie n'avait pardonné à per- sonne, que les médecins de Buenos Aires se hâtèrent de faire les démarches nécessaires pour importer le plus tôt possible dans cette partie de l'Amérique les bienfaits de cette création du génie. A cet effet, on tint des con- férences qui furent présidées par le docteur Ignacio Pi- rovano, l'éminent chirurgien, et le gouvernement auto- risa à faire les dépenses nécessaires; mais au même moment, le ministre argentin à Paris, le docteur Paz, persuadé qu'il rendrait en cela un véritable service à son pays, appela à la Légation les jeunes médecins, enfants de la République qui complétaient leurs études dans cette capitale et les invita à suivre de près les expériences de Pasteur pour les introduire à Buenos Aires. Trois jeunes — 130 — gens se rendirent à l'invitation: ce fut au docteur Davei qu'échut la gloire de faire arriver à Buenos Aires un lapin préparé par des inoculations successives opérées sur d'autres animaux avec le virus médullaire extrait d'un premier lapin donné par Pasteur à la Légation Argen- tine qui en avait fait la demande. C'est ainsi qu'on ins- talla dans cette capitale un laboratoire de vaccine anti- rabique, qui se trouva être le premier dans l'Amérique du Sud et le cinquième dans le monde entier. Le laboratoire n'était pas encore achevé, quand le 2 septembre, au moment où l'on allait compléter la série des moelles nécessaire pour la vaccine, M. le Ministre d'Espagne présenta au docteur Davel deux enfants qui avaient été mordus quelques jours auparavant, à Monte- video, par un chien manifestement enragé. La situation du distingué disciple de Pasteur devait être embarrassante, difficile, comme il le disait lui-mê- me; car il aurait désiré avoir le temps de répéter quel- ques expériences avant d'essayer directement le traite- ment sur l'espèce humaine pour assurer l'inaltérabilité du vaccin; il était certain que les lapins qui l'avaient fourni étaient morts avec tous les symptômes caracté- ristiques de la rage; néanmoins, on ne pouvait savoir si les différences de climat, de dessication, où l'on opé- rait, avaient altéré le virus, et par conséquent, pour sau- ver les enfants de.la mort qui les menaçait, on allait peut-être inoculer une rage plus violente que celle du chien qui les avait mordus. Mais le moment était critique: il n'y avait pas de temps à perdre, ajoutait le docteur Da- vel; chaque jour qui s'écoulait ajoutait au péril du re- tard, et les enfants pouvaient devenir enragés malgré — 140 — l'intervention médicale. Enfin, après avoir pris le conseil autorisé de quelques collègues, il se décida à faire la première inoculation: elle fut effectuée en présence d'un public éclairé, avec une solution de moelle qui avait quatorze jours de dessication. Cette première inoculation fut suivie de neuf autres, qui constituaient le traitement définitif, et où l'on employa une moelle progressivement plus fraîche, avant d'arriver à la dixième qui n'avait que deux jours de dessication. C'est ainsi que fut définitivement inauguré le labora- toire de vaccine anti-rabique qui a rendu de si nombreux et de si importants services, non seulement à ce pays, mais encore aux pays limitrophes. Ces deux enfants sortaient à peine du laboratoire, que deux personnes de la même provenance vinrent deman- der l'inoculation Pasteurienne; elles avaient été mordues quelques jours auparavant par un chien enragé, ce qui fut prouvé en inoculant avec sa moelle deux lapins qui, au bout de 18 et de 20 jours montrèrent respectivement les signes classiques de la rage. Les deux nouveaux mala- des furent traités comme les premiers, et dans le deux cas le succès le plus complet vint couronner l'oeuvre. Depuis lors, le laboratoire a fonctionné régulièrement; à tel point que, à la date du 31 Décembre 1891, on avait vu arriver à ses bureaux 116 personnes, qui venaient de- mander assistance et dont onze seulement ont succombé. Ce qui fait voir l'inmmense différence de mortalité entre ceux qui ont subi l'inoculation pasteurienne et ceux qui ne l'ont pas connue. La plus favorable des statistiques de la rage, en dehors de cette intervention, présente un 30 % de mortalité. — 141 — Les tableaux suivants font connaître le mouvement de l'Institut dont nous parlons pendant la période triennale de 1890-92. Mouvement du laboratoire de Vaccine anti-rabique pendant la période triennale 1890-92 PROVENANCES Argen- tins H. | F Orien- taux Italiens H. | F.jH. | F. Es- pagnols H. | F.JH. | F Fran çais Alle- mands Autres nationa- lités H. | F^H. | F. To- taux H. |F. Année 1890 Capitale........ Rép. Orientale. Province de B.A " de Mendozal 4 " de Corrient, Chaco.......... 19 5 — 28 4 19 1 10 2 _ _ fi 1 — 10 2 7 1 5 _ 1 _ _ _ 1 11 1 — 11 3 3 — 3 — — — 1 - 2 — — 1 _ 1 _ _ _. _ _ _ _ — — — — — 1 — 1 — — — — — 31 16 2 47 8 29 1 15 3 — — 8 1 130 28 24 3 39 14 4 — 4 1 201 36 Total Genér 158 27 53 4 5 2 249 Année 1891 Rép. Orientale.. Province de B. A. " de Mendoza " de Corrient " deTucum.. " de San Juan Gouv. du Chaco Nav. ltal. Andréa Totaux . . 63 16 2 8 7 3 99 38 9 1 48 3 13 3 19 6 6 30 6 7 44 8 2 2 12 15 1 1 19 8 1 10 9 10 6 2 8 1 1 1 1 5 8 1 1 1 3 126 20 27 2 10 7 3 1 197 62 9 !5 1 1 88 188 29 42 3 11 7 3 1 6 285 — 142 — Mouvement du Laboratoire de Vaccine anti-rabique Pendant l'année 1892 Inoculations effectuées............... 3862 Malades traités...................... 334 Hommes...................... 241 Femmes....................... 93 334 PROVENANCES Capitale Fédérale...... 217 Province de B. Aires... 73 » d'Entre-Rios. 9 » de Corrientes. 6 » de San Juan . 3 » de Tucuman. 5 » de Catamarca 1 » de Mendoza.. 1 République de l'Uru- guay............... 19 Total..... 334 NATIONALITE Argentins............ 175 Italiens.............. 72 Espagnols............ 43 Français............. 14 Anglais.............. 2 Orientaux............ 21 Autres nationalités ... 7 Total . 334 — 143 — Train Central d'Ambulances Cette section, sans importance scientifique, est cepen- dant un complément indispensable de l'administration sanitaire. Aux yeux du public, la bonne marche de son organisation interne assure bien souvent le succès de l'institution à laquelle elle appartient. Le dépôt des ambulances occupe une partie du bâtiment de la Di- rection Générale, de sorte que les ordres transmis par le télégraphe ou par le téléphone de la part des méde- cins de section, delà Santé ( les malades ordinaires des na- vires), pour les cas de mort, ainsi que de la part des commissaires de police communiquant les accidents arri- vés sur le voie publique, sont inmédiatement exécutés. Les ambulances, qui sont de grands chars à élasti- ques, parfaitement construits pour le but à remplir, sont partagées en deux catégories : celles qui servent à transporter les malades atteints de maladies contagieu- ses à la maison d'Isolement, celles qui doivent en faire autant pour les malades et les blessés; celles qui por- tent les vêtements aux stations de désinfection et enfin les chars mortuaires ou funéraires. Le personnel du train central d'ambulances se com- pose du chef, du majordome, des palefreniers et des cochers: tous ces gens—là doivent savoir lire et écrire; les derniers doivent porter l'uniforme prescrit par la Direction Générale. — 141 — Inspection des marchés d'approvisionnement Ce service, d'une importance qu'on ne saurait mécon- naître, n'est pas encore définitivement institué, ni par conséquent réglementé; cependant, nous avons la satis- faction de dire qu'avant longtemps tous les articles de consommation seront soumis à un examen minutieux. A cet effet, en ce moment même, la Direction générale est en train d'étudier le projet de réglementation, et elle a déjà mis au concours les nouveaux emplois de vétérinaires—inspecteurs créés par elle. Actuellement, l'inspection vétérinaire comprend les services suivants : inspection des corrales (enceintes pa- lissadées où l'on enferme le bétail) et les abattoirs des marchés, de la volaille que l'on vend pour la consom- mation, des tambos (étables à vache) et écuries, des boucheries, des charcuteries et fabriques de conserves, des ventes de légumes. Tous ces services sont sujets à une réglementation technique, que les employés doi- vent faire observer strictement, sous la plus sérieuse responsabilité. L'inspection des abattoirs est faite aujourd'hui par six vétérinaires; ce nombre sera porté prochainement à onze, à cause des besoins du service: ces employés sont tenus d'examiner les animaux vivants dans les enceintes où on les amène (bretes et corrales,) -et d'assister ensuite à l'abattage pour observer les viscères et la viande. Dans un projet de réglementation spéciale que vient d'élaborer le docteur Malbran, inspecteur technique d'hygiène, on détermine les maladies qui doivent motiver le rejet de la viande, ce qui arrive encore quand elle provient d'ani- — !'k> — maux contusionnés ou qui présentent un degré dénutrition insuffisant. 11 y a un bureau pour l'examen microscopique des viandes qui fonctionne au local même des abattoirs, et qui a pour but d'éclairer, au moyen des éléments dont il dispose, l'opinion des vétérinaires dans les cas graves qui réclament son intervention. Ce bureau est sous la dépendance directe de l'Inspection technique; ses employés sont tenus d'y rester pendani toute la durée de l'abattage et jusqu'à ce que les véi'-ri naires aient achevé leur tâche quotidienne. Le chef de ce même bureau est tenu de présenter tous les quinze jours un tableau démonstratif du mouvement du labora- toire, où il consigne pour chaque cas le résultat dv l'examen effectué. Un des points essentiels de la réglementation à l'étude est celui qui établit un seul local pour l'abattage des bêtes â cornes ainsi que des bêtes ovines. Dans toutes les provinces, au moins dans les centres de population les plus importants, ce service est installé depuis longtemps et fonctionne régulièrement. Il est exceptionnel de rencontrer un animal atteint d'une affection qui puisse présenter un danger pour la santé publique; le charbon, qui dernièrement semblait avoir pris un certain développement, s'est localisé sur deux ou trois points de la province de Buenos Aires et d'Entre- Rios; dans le reste du pays, on peut dire qu'il est presque inconnu. La tuberculose est très-rare dans les bêtes à cornes créoles; cependant il semble que les métisses sont prédisposées à cette affection. Mr. Ber- nier. professeur à l'Ecole Vétérinaire de Santa Cata- 10 — 140 — lina, dit que sur mille autopsies de veaux il n'a trouvé qu'un seul tuberculeux. On a dressé une statistique sem- blable au conservatoire national de la Vaccine. Enfin, pour donner une idée du soin que les autorités mettent à s'occuper de cette matière, indépendamment de ce que nous avons déjà dit à propos de la nouvelle régle- mentation, nous devons ajouter que le département Na- tional d'hygiène a soumis au Gouvernement une étude détaillée sur la police sanitaire des animaux dans toute la République, ainsi que sur l'importation et l'exportation des animaux vivants; cette dernière mesure a pour but d'inspirer de la confiance aux acheteurs de l'Etranger. ASSISTANCE PUBLIQUE Suivant le plan que nous nous sommes tracé, nous avons maintenant à nous occuper des diverses sections embrassées par l'Assistance Publique. Ce sont: l'assis- tance à domicile, l'assistance à l'hôpital, l'assistance aux bureaux de consultation de la Maison Centrale et l'assistance des aliénés. Nous laissons de côté l'assistance de ces derniers qui doit être comprise dans la seconde section—assis- tance dans les hôpitaux—pour plus de clarté dans la description et pour nous en tenir au partage que l'on a fait de l'Administration sanitaire et de l'Assistance pu- blique. C'est pour la même raison qu'au chapitre pré- cédent nous avons parlé de la Maison d'Isolement et du Syphilicome. — 1 18 — Assistance a domicile Ce sont les anciens médecins municipaux, appelés aujourd'hui médecins de l'Assistance Publique, qui donnent l'assistance professionnelle aux pauvres avé- ré» résidant dans le rayon de la section à laquelle ils sont attachés. Ces médecins ne peuvent quitter le municipe pour plus de six heures sans un permis préa- lable de la Direction Générale, et sans laisser un subs- titut : en outre, ils sont strictement tenus de donner une consultation quotidienne de deux heures à leur propre domicile, qui doit être situé dans le périmètre de leur section, ou au local de la commission d'hygiène ou du commissariat de police. Dans les cas où ils se trouvent en présence de maladies contagieuses, déclarées dans les auberges ou dans les conventillos, ils sont tenus d'envoyer les sujets attaqués à la Maison d'Isolement, ou de pren- dre les mesures convenables d'isolement, en attendant l'intervention de la Direction Générale qui doit les com- pléter par les moyens dont elle dispose. Dans les cas douteux, ils peuvent requérir le concours d'un collègue. Les malades, qui réclament l'assistance à l'hôpital, sont envoyés au bureau de consultation central; là ils sont examinés et passent ensuite à tel ou tel établissement suivant l'affection dont ils sont atteints; dans les cas d'urgence, ou s'il y a impossibilité de remplir ces pres- criptions, les médecins peuvent agir directement, sauf à rendre compte du diagnostic formulé à l'hôpital où l'on envoie les malades, en y joignant les données sui- vantes: nom. Age, état. sexe, nationalité, etc. — 1 19 — Dans les cas de mort sans assistance médicale, jusqu'à i'es derniers temps, les médecins devaient étudier le cadavre sous le rapport médico-légal, et dans le cas où ils ne pouvaient fonder un diagnoslic. ils devaient faire un rapport afin que le prosecteur procédât à l'autopsie: mais aujourd'hui cette fonction est remplie par le méde- cin des morts; cet emploi a été créé dernièrement, à cause de l'excès de travail des médecins de section. Ce médecin est tenu dans tous les cas d'adresser un rapport détaillé au prosecteur chargé de l'autopsie, com- me il a été dit plus haut. Le médecin des morts prend. part au service des nécropsies, quand il en est requis par le chef pour abréger le travail. Nous avons déjà dit que l'assistance gratuite à domi- cile ou au bureau central des consultations n'est accordée qu' aux pauvres avérés: à cet effet, on tient à la Direction Générale un registre où sont annotés les noms de ceux qui présentent des certificats de pauvreté délivrés par le curé de la paroisse, le président de la commission paroissiale ou par le commissaire de police. Les ministres et consuls étrangers, de même que les présidents des sociétés de charité, peuvent également donner ces certi- ficats. Cette mesure est venue mettre fin à un abus inqualifiable commis par des personnes influentes, et les effets s'en sont fait sentir aussitôt. En dehors des personnes qui sont inscrites au regis- tre comme pauvres reconnus, nulle autre ne peut recevoir oratuitement les soins de l'Assistance Publique, sauf les cas d'urgence et les cas imprévus qui sont livrés au jugement du Directeur général ou du médecin interne de carde qui le représente pendant son absence. Les — 150 — malades provenant des provinces ne sont admis qu' à la condition que la commune qui les envoie paiera les trais de l'assistance, conformément à l'ordonnance du 19 décembre 1890. Pour les cas où ce sont les malades qui doivent payer l'hospitalité, il existe un tarif, comme nous l'avons dit en parlant du Syphilicome, et comme on verra encore quand nous parlerons des autres établissements. Les recettes prescrites par les médecins de l'Assistance Publique pour les pauvres peuvent être expédiées gra- tuitement à la pharmacie centrale, ou dans n'importe quelle pharmacie des hôpitaux municipaux ou pharmacie particulière avec laquelle il a été fait un traité préalable. La ville a été partagée en 28 sections desservies par 18 médecins. Dans les provinces, l'assistance, à domicile ou au bureau de consultation des médecins payés à cet effet par la Municipalité, est donnée comme nous venons de le dire. Presque toutes possèdent le registre des pauvres, bien que dans plusieurs d'entre elles cette précaution soit superflue, car dans ces petits centres de population tout le monde se connaît. Dans les hôpitaux, on donne des con- sultations gratuites pendant une heure tous les jours. Assistance hospitalière La Capitale Argentine possède des établissements hos- pitaliers de premier ordre, où, pour gratis ou une faible rémunération on assiste les malades qui remplissent toutes les conditions imposées par la Direction de l'Assistance Publique: nous en avons déjà parlé. — loi — Les provinces ont aussi des établissements de cette espèce, dont plusieurs sont de consfruccion moderne, qui. par leur organisation et par leur discipline, font honneur aux populations qui les possèdent. Au nombre de ceux-ci nous devons citer celui de la capitale de Tucuman qui a de la capacité pour 300 malades, et celui de La Plata, capitale de la Province de Buenos Aires. Les provinces, de même que la capitale, ont aussi des hospices, des asiles, etc. Comme la construction et l'organisation en sont, à peu de chose près, les mêmes, nous nous bornerons à décrire ceux de la Capitale Fé- dérale. Les hôpitaux de Buenos Aires sont les uns sous la dépendance de la Municipalité; les autres sont défrayés par la Nation et par la charité publique, sous la sur- veillance des Sociétés de bienfaisance; d'autres enfin sont soutenus par des associations d'étrangers. Nous faisons entrer aussi dans ce chapitre l'Hôpital Militaire, les hospices, les asiles et les autres établissements de sem- blable nature. Mais, avant de parler de ces établissements, il con- vient de poser quelques considérations générales. Ils sont tous soumis à des règles d'hygiène générale et à la surveillance qui incombe à l'autorité compétente. Le Directeur assume la responsabilité de tout ce qui concerne la discipline et la moralité; les médecins in- ternes ou externes ont celle de leurs service respectifs. L'admission des malades est réglementée et soumise à des conditions déterminées imposées par la Direction de l'Assistance Publique, même dans les hôpitaux par- ticuliers. Les sujets attaqués de petite vérole, de va- — 152 — rioloïde, de diphtérie épidémique, de coqueluche, de tu- berculose, de fièvre jaune et de choléra, doivent être rigoureusement isolés, en attendant que le fait soit porté à la connaissance de l'autorité, afin qu'elle prenne les mesures nécessaires; alors ils sont envoyés à la Maison d'Isolement, s'il s'agit de petite vérole ou de quelque affection exotique, et, dans les autres cas, il faut [trouver qu'à rétablissement on a procédé à l'isolement du malade et du personnel de service. Pour obtenir l'accomplissement strict de cette prescription si salu- taire, l'autorité a ordonné à l'hôpital d'avoir un pavillon d'isolement et les éléments de désinfection nécessai- res, en même temps qu'elle impose aux infracteurs une amende de cinq cents francs. Hop tal National des Cliniques—Connu autrefois sous le nom d'hôpital de Buenos Aires, il a été construit en 1881 par le gouvernement de la Province de ce nom. En 1883, il a passé aux mains de la Xation; on y établit alors le service clinique de l'Ecole de Médecine dont il dépend directement, sous la surveillance immé- diate d'une commission composée de trois académiciens de la Faculté. Un médecin -administrateur dirige la marche. Il est situé au Nord-Est de la ville, sur un terrain élevé qui a 19,775 mètres carrés de surface. La distri- bution en pavillons séparés par des jardins, les condi- tions hygiéniques dont il jouit et les diverses cliniques qui y sont faites par des professeurs renommés, tout cela permet de le considérer comme le premier établis- sement de ce genre dans toute la République. — 153 — On y assiste des hommes, des femmes et des enfants de toutes les nationalités. On y enseigne plusieurs matières de médecine pra- tique; c'est encore là qu'on trouve le musée d'anatomie pathologique et le laboratoire de bactériologie qu'on est en train de compléter et dont nous avons parlé ailleurs. Les frais de l'établissement sont faits par le gouver- nement de la Nation. Hôpital Militaire.—De construction récente, il ne laisse rien à désirer, car on y a réuni tout ce qu'il y a de nouveau et d'utile dans cette matière. Il occupe une surface de 52,000 mètres carrés. Les pavillons, au nom- bre de quatorze, sont reliés par des galeries ouvertes: deux sont destinés à l'assistance exclusive des chefs et des officiers. Il a été achevé aux frais de la Nation, et c'est elle qui l'entretient. Hôpitaux municipaux.. — Les hôpitaux communs, qui dépendent de la Municipalité de la Capitale, sont desti- nés à recevoir et à assister les malades pauvres et les pensionnaires du municipe sans distinction de nationa- lité, sans autre exclusion que celle des sujets atteints de maladies contagieuses, pour lesquels il existe une maison d'Isolement (Voir pag....). Quelques-uns, celui do San Roque, par exemple, sont destinés aussi à recevoir les prisonniers malades; en ce cas, on met à leur disposition une salle spéciale où ils sont gardés par un piquet de la garnison. Ces hôpitaux sont sous la direction d'un médecin qui — 154 — est chargé de la partie technique, mais qui doit s'ingé- rer aussi dans la partie administrative; c'est par con- séquent un employé supérieur qui a la responsabilité de la morale et de la discipline, ainsi que la représen- tation extérieure. Le Sous-directeur, médecin aussi, quand il y en a, comme il arrive dans quelques hôpi- taux, est en même temps administrateur; dans le cas contraire, l'administration est confiée à n'importe quel personnage civil qui réunit les conditions voulues d'ho- norabilité et de moralité. Le service des malades est fait par les médecins de salle, chefs de clinique, pratiquants majors et minors, soeurs de charité et infirmiers. Toutes les branches du service technique de ces hôpi- taux, ainsi que celles qui se rapportent à l'administra- tion sanitaire, à l'assistance publique et au Département National de Hygiène, sont pourvues au moyen du con- cours: cette pratique fut implantée par le docteur Ra- mos Mejia, quand il était directeur de la première de ces institutions. Tout malade, sauf les cas d'urgence et de blessures, doit, pour entrer à un hôpital, subir un examen au bu- reau de consultation central; après quoi il est conduit à l'établissement prescrit pour la maladie dont il est atteint. L'assistance est gratuite ou payée; dans le premier cas, il faut être pauvre avéré et le prouver de la ma- nière indiquée plus haut. Ceux qui no sont pas pau- vres sont soumis aux conditions suivantes : 1° Si c'est un ouvrier d'une fabrique, entreprise, atelier, etc., il doit présenter une note signée par le patron ou gérant par — 155 — laquelle celui-ci s'oblige à payer une piastre monnaie nationale par jour pour l'assistance à l'hôpital 2° Si ce n'est pas un employé, s'il n'a pas qui réponde pour lui, il doit payer à l'entrée trente piastres, si la maladie n'est pas chronique, et, si elle l'est, il doit payer la même somme chaque mois. Naturellement, les malades atteints de maladies conta- gieuses et les individus gravement malades trouvés sur la voie publique ne sont pas soumis aux prescriptions précédentes: ils reçoivent une assistance gratuite. Quant aux fous et aux individus atteints d'affections transmis- sibles, voir aux chapitres—assistance des aliénés—Mai- son d'Isolement et Syphilicome — les conditions d'ad- mission. Hôpital San Roque. — Nous avons dit ailleurs que l'hor- rible épidémie de fièvre jaune en 1871 avait trouvé Bue- nos Aires complètement dépourvu en matière d'hôpitaux et qu'elle avait également manifesté les défectuosités hy- giéniques de la ville. Ce fut en cette année qu'on élargit l'hôpital San Roque, et l'année suivante que l'on jeta les fondements de l'hôpital de ce nom qui existe mainte- nant conformément aux plans du bureau municipal des travaux publics. Mais ce travail ne fut pas achevé dès lors; le manque rie ressources le tint arrêté pendant à peu près six an- nées; au bout de ce temps un amant passionné de la science hygiénique, le docteur Coni, lui donna une im- pulsion nouvelle et le fit terminer. L'inauguration de l'édifice eut lieu de 12 août 1883, au milieu d'une grande pompe et d'une foule choisie. Depuis lors, l'hôpital San Roque a marqué chaque — 150 — année par un progrès nouveau: à présent, c'est un édifice de premier ordre où l'on assiste hommes, femmes et enfants. C'est l'hôpital où Ton remarque le [dus de mouvement; et, en effet, c'est le plus grand de la capi- tale et de toute la République. Il est formé de pavillons reliés les uns aux autres par des galeries fermées, et dans la cour centrale il y a un beau jardin planté d'arbres. Les pavillons que l'on vient de bâtir sont [dus larges et plus hygiéniques. Cet hôpital possède comme les autres des eaux cou- rantes et des égouts. Hôpital Rawson.—Cet hôpital occupe une surface de 52,000 mètres. Après avoir été destiné à être l'asile des invalides de l'armée, les besoins du municipe en ont fait un hôpital. Jusqu'en 1890, il porta le nom d'hôpital mixte: à cette époque, l'Intendant Seeber lui donna le nom du docteur Rawson pour faire honneur à la mé- moire de cet éminent hygiéniste argentin qui venait de mourir. C'est encore aujourd'hui un asile pour les invalides de l'armée, mais il paraît que l'intendant actuel, Dr. Cane, se propose de mettre fin au service hospitalier pour le rendre exclusivement à sa destination primitive. Hôpital des maladies chroniques—Jusqu'à ces derniers temps, il y avait à l'ancien hôpital général des hommes un service spécial affecté aux individus atteints de maladies chroniques venant du public ou des autres hôpitaux. Ceux-ci ont été transférés aux maisonnettes en bois par- faitement construites qu'on a établies sur un terrain élevé, près de l'hospice des Mercedes. Dans l'ancien hôpital général des hommes occupé, com- me on vient de le dire, par des individus atteints de maladies chroniques, se trouvent actuellement installés les bureaux .de consultation et quelques autres services du Patronage de l'enfance. Hôpital Maison d'Isolement—Voir page. 101. Hôpital Syphilicome—Voir page. 108. Etablissements hospitaliers qui dépendent de la So- ciété de bienfaisance de la Capitale. — La Société de- bienfaisance fut fondée en 1823 sur l'initiative de Rivada- via. Elle défraye divers établissements, hôpitaux, hospices et asiles à l'aide des fonds qui lui sont fournis par la charité publique et de la subvention qui lui est assignée tous les ans par le Congrès National, dans le budget du Ministère de l'Intérieur. Parmi les hôpitaux on trouve l'hôpital Rivadavia, l'hô- pital des femmes aliénées, l'hôpital et le bureau de consul- tation ophtalmologique, enfin l'hôpital Saint Louis de Gonzague; parmi les asiles, la maison des enfants trouvés. celle des orphelins et des mendiants, etc. Celles-ci sont destinées, comme le nom l'indique, à donner l'hospitalité aux malades (hôp. Rivadavia), aux femmes atteintes d'aliénation mentale ou de démence, aux enfants nou- veau-nés (trouvés), aux orphelins et aux abandonnés. Dans ces derniers établissements, qui sont sous la sur- veillance du juge des mineurs, on soigne, on élève les enfants et on leur fait apprendre un métier qui leur per- mettra de vivre plus tard dans l'aisance et dans l'hon- nêteté. (1) (1) Voir thèse du docteur Padilla, chapitre "Des enfants trouvés." — 158 — Hôpital Rivadavia—A pour destination exclusive l'assis- tance des femmes; sa capacité est pour trois cents lits. Il est distribué en pavillons qui communiquent entre eux au moyen de galeries fermées, entourées de jardins. Cha- que pavillon est à deux étages. Le service des salles et de la dépense est confié à 18 soeurs de charité. Les infirmières sont des femmes for- mées à une école fondée depuis peu sous la direction de Mademoiselle docteuresse Cécile Grierson. Ce bâtiment a été inauguré le 27 avril 1887; il porte le nom de Rivadavia, ce qui est un hommage rendu à la mémoire de l'éminent homme d'état qui prit l'initiative de la Société de Bienfaisance. Hôpital de San Luis de Gonzaga—Destiné à l'assistance des enfants; il est installé dans un local défectueux. étroit et sans ventilation. On est en train présentemen de dresser les plans d'un nouvel hôpital qui doit coûter 500.000 piastres ; cette somme est déjà disponible, grâce aux bénéfices d'une loterie autorisée pour fournir des ressources à cet effet. Hôpital ophtalmologique—Fondé en 1876 par le distin- gué oculiste docteur Pedro Roberts ; il est installé comme l'hôpital San Luis de Gonzaga dans une maison parti- culière. Sa capacité est pour 20 lits; mais c'est au bureau externe des consultations qu'il rend de véritables services. — 159 — Hôpitaux dépendant des sociétés de bienfaisance étrangères. Hôpital anglais—Fondé en 1858; sa capacité est pour 70 lits; on vient de le restaurer. On y assiste des malades des deux sexes, gratuitement et comme pensionnaires. Hôpital allemand—Inauguré au commencement de 1878: il est sous la dépendance d'un conseil administratif nommé tous les ans par la colonie allemande qui en fait les frais. Cet hôpital possède 60 lits; il admet des malades de toute nationalité gratis ou comme pensionnaires. Il a des appartements spéciaux pour ces derniers. Hôpital français—Bâtiment nouvellement construit qui occupe tout un carré. (1) Il a été fondé et est défrayé par la Société Philanthropique française du Rio de la Plata, dans le but d'aider les Français malades, et, par extension les Belges et les Suisses qui résident dans le pays, et qui peuvent aussi former partie de l'association. Sont admis à l'hôpital les sociétaires, un certain nom- bre de malades indigents fixé par le conseil de direction, et, par exception quelques pensionnaires. La fondation de l'hôpital français date du 17 septem- bre 1832. Hôpital italien—-Fondé en décembre 1872, est défrayé par la Société Italienne de bienfaisance; il a de la capa- cité pour 200 lits. Il admet les malades des deux sexes appartenant à la colonie italienne, gratis ou comme pensionnaires. (1) 11 faut savoir que la ville de Buenos Aires est divisée en carrés Je 150 vares de coté, soit 129 mètres. (Note du traducteur). — 100 — Hôpital espagnol—Il occupe tout un carré: il peut rece- voir commodément 200 malades. Il a été fondé le 8 dé- cembre 1887 par la Société Espagnole de bienfaisance, qui en fait les frais et qui en surveille la marche par l'intermédiaire d'une commission directive. Tous ces établissements possèdent les installations voulues pour l'application des découvertes les plus moder- nes de la médecine. Il ne faut pas oublier non plus les soins minutieux qui président aux opérations chirurgicales. Résumé du mouvement des hôpitaux pendant la période des cinq années, 1887-91 ENTRÉES SORTIES c DÉCÈ ■î ANNÉES c 71 C X a (O bc < C et! « r^ a bo i-, < bo P*H < U a> bD C »-i W «M W w 55 fe 1 co co 1 ^ oc i io>>wmajooi,LOooTt( i HphOWi>CDh^ lO^TfTtiO'ïiO-l'TfTfrfi'pt r—1 X fc 00 p—i CO Id -^ 00 CO CO .—i 05 "tf CO 1 CO ^^(MCOlOlO^iO^lOCOCO 1 osni-100 1—1 o 00 co a eoo5ï>iO'fLOt^coooini1—no NHWiJ! OJ Oi WNMWU5N (M o co s -M X X 4« b ococa^wwwmoNoo (Mp—l . . . . +s .g^gjH 3 fe S «j S ^ ^ -i £ œpssïïïp • C CD. • x p ooto oo on o £* oo oo OK-lNS>l>£)lOOO^O Officiels nombre d'éle- OO 1 Oi^ 1 \ **- \ Libres vés EXAMINÉS K. K* H>- t-^ 00 On CD O 00 00 Cl O5 00O5 ' 05 OT O' Q Officiels NOMBRE CD OO 1 CD 00 ! 1^1 Libres D EXAMENS 00 H». 1 I-»" H*- H* h^ M) 00 H- 1 00 ^ CJT tO ■- 1 1 H»- 1 Libres 00 O' CD p-^OOtt^Cn^^-lCi P-WOOO^OilO Officiels BONS 1 5^1 1 -1 1 Libres ptO p-^ 00 h^ 00 On On ^•CnfcOCitNSOOtOCi Officiels PASSABLES 1 fe^l 1 -1 1 Libres On 00 1 ^ 1 Oî 1 00 v-^ H» ' »-*■ >£*. 00 Officiels REFUSÉS 1 81 1 1 1 1 1 Libres Ceux de la colonne libres sont des examens de validation de diplômes OBSERVATIONS — 184 - Résumés de Pharmacie NOMBRE d'ÉLÈ-, VES EXAMINÉS 5 * H 25 a a o X H ce ■a 25 H •fi 25 ce a m •a œ a si 'T. y. c ce tn ë o X) 3 en !" S o CA <0 Xi 3 '3 S O en PU l-l X> 3 '3 S O 3 tn "3 'o S o en (O *-l 3 '3 o 3 5u se o tfl eu t-t Xi 3 C lere année 2me » Généraux. 21 28 2 3 1 10 14 39 18 3 3 1 17 21 ll-ll-__; O 2 2 11 9 2 2 18 2 1 7 8 9 6 3 18 2 1 5 8 — 1 1 ix de ia colonne à l'exception de sont des vali-ns de diplômes. Totaux... 51 60 20 20 Cei libres deux datio Résumé d Obstétrique pour le cours d'élevés sages-femmes -a a a ,w BRE MENS a H a -a- ce H a a ■^ a | t. a ■< ? < ?' X a a g É ce D s 2 *w 25 .« a o t» ce 4 a > 5 t/j 2 a . 3 X O eu —H > z > cd u C/3 m CD en m tn (A T. « CA 3 4 .■S .2 — 185 — Résumés d'Odontologie NOMBRE d'élèves exa-minés ce sa O 1 BONS i m a a m «1 02 dp ce -a ce a a a RVATIONS ■n 3 3 S O CA 4> U, X 3 en 3 sa o 'X u Xi 3 en '3 e o CA > 3 *3 d'eau 3 tn Clefs d'incen-die 1887... 1888... 1889... 1890... 1891... 4.998,703 5.895,036 6.941,166 9.289,591 13.045,766 11,600 13,071 16,197 18,361 21,055 200 199 197 190 190 489,606 415,074 396,252 415,130 14 14 11 15 10 8 8 116 1,264 3,774 3.774 3,774 PROVISION D'EAL en 1892 MOIS Kilolitres d'eau consommés Maisons servies Pipes fournies Clefs d'incerftie Janvier............ 1600206 1397506 1411125 1326954 1269999 1200338 1324113 1314771 1469209 1691844 1716255 1889115 23714 24000 24311 24367 24709 25125 25526 25898 26369 26)885 27391 28699 31771 31630 24688 20688 23510 21810 21420 19730 51250 22130 21950 29910 3774 Février............ 3771 Mars.............. 3774 Avril.............. 3774 Mai............... Juin............... 3774 3774 3774 3774 3774 3774 3771 3771 17641438 28699 320817 3774 — 202 — Quant à la qualité de l'eau, il y a eu plusieurs fois des dis- cussions très sérieuses à ce sujet, mais en fin de compte il a été établi qu'on peut la considérer comme bonne. Le Bureau chimique Municipal et le Laboratoire bactériolo- gique sont tenus d'en faire de fréquentes analyses et d'appeler l'attention sur sa qualité chaque fois qu'ils le jugent nécessaire. Certaines capitales de province jouissent du bienfait des eaux courantes; les autres ont de l'eau de citerne ou de puits. L'analyse des échantillons est faite au bureau chimique de la localité, quand il y en a, et, dans les cas contraires, ils sont envoyés au bureau sanitaire annexé au Département National d'hygiène. Travaux de Salubrité • Nous aurions désiré pouvoir nous étendre sur ce point si important de la vie des cités, véritable problème qui se pose devant tous les esprits qui aspirent à prévenir les fléaux et à mettre les habitants en possession de leur en- tier développement physique; mais le manque de temps ne nous permet pas de le faire: nous devons nous bor- ner à une légère revue de l'état où ces travaux se trouvent actuellement, et des sacrifices que le pays a dû s'imposer pour les entreprendre et pour les continuer, sacrifices dont on ne tardera pas sans doute à ressentir les bienfaisants résultats. — 203 — Voilà bientôt quarante ans que Buenos Aires a com- mencé l'étude du problème, et il est sur le point d'en atteindre la solution. Nous avons déjà vu comment il fait son approvi- sionnement d'eau; nous avons décrit à grands traits les travaux les plus importants; il faut à présent voir ce qu'elle devient après qu'on en a fait usage, et aussi ce que deviennent les résidus de la population. Voici ce que comprennent les travaux de salubrité: les égouts domiciliaires qui ramassent les détritus charriés par l'eau, les bouches de décharge pour les eaux de pluie dans les rues, et enfin les grands conduits d'évacuation pour porter les matières en question à plus de vingt-cinq kilomètres de distance. Toutes les maisons comprises dans le périmètre du réseau sont tenues d'avoir des égouts que les propriétai- res doivent construire à leurs frais, après approbation préalable des plans par le bureau respectif, et sous la surveillance immédiate de celui-ci. A cet effet, il existe une réglementation sur l'inclinaison du terrain, les chambres ainsi que sur leur dimension, le calibre et la qualité des tuyaux, réglementation à laquelle doivent se soumettre strictement les constructeurs, sous peine d'amende et de l'obligation de refaire le travail aux conditions exigées. Les propriétaires qui ne construisent pas les égouts dans le terme fixé à chaque section, doivent payer une amende qu'on augmente progressivement et proportio- nellement au temps écoulé, et finalement les travaux sont exécutés par le bureau aux frais de l'intéressé, sous la garantie de la propriété. — 204 — Les résidus des maisons, de même que les eaux plu- viales, tombent aux égouts de la rue, dans le périmètre indiqué, lequel est partagé en vingt-neuf sections avec un nombre équivalent de chambres régulatrices. La chambre régulatrice est située au point le moins élevé de chaque section ou district; elle a pour fonction de séparer l'excédent de l'eau de pluie qui va à la rivière; tandis que le reste, c'est-à-dire les détritus des maisons, des rues et de la côte, l'eau provenant des pluies légères, continue sa route par les collecteurs secondaires et va déboucher dans le principal collecteur. L'inclinaison du terrain imprime un mouvement cons- tant à la matière cloacale, excepté sur certains points plus bas que la ville, où des machines puissantes la soulèvent et la déversent dans ses conduits naturels. La ventilation est faite par des appareils spéciaux pla- cés aux carrefours, sur des puits cylindriques avec revê- tement de briques et dotés d'un petit escalier de fer qui permet de descendre jusqu'à l'égout. C'est par là que s'opère le dégagement des gaz méphitiques, qui sans cela rendraient impossible ou dangereuse l'inspection des con- duits, sans compter les accidents et la détérioration qui seraientoccasionnés par un excès de tension.ill y a quelques années, il se produisit une explosion de cette nature, au Sud de la ville, à cause delà non-Mitration des gaz. Il y a encore dans chaque maison un échappement de gaz s'opèrant au moyen d'un tube de fer qui part de la chambre antérieure et monte jusqu'à la terrasse. Les bouches de décharge, au nombre de huit dans cha- que île de maisons, au bord du trottoir, ont surtout pour fonction de recevoir l'eau de pluie des rues: chacune — 205 — d'elles est dotée d'une chambre pour intercepter les gaz et les matières solides ou semi-solides qui pourraient obs- truer la lumière des conduits. Le curage de cette chambre est fait, périodiquement et aux heures avancées de la nuit, par des charrettes spéciales. Des machines d'une grande puissance placées sur divers points ont pour fonction de pousser le courant et de lui faire franchir les obstacles (siphons du Riachuelo, machi- nes élévatrices) pour le mènera sa destination, à la hau- teur de la station Berazategui (au Sud de la ville), à plus de huit mètres au dessous du sol et à 500 mètres environ de la côte, dans la rivière. La rapidité du courant est telle que l'on peut supposer qu'il parcourt tout le trajet en dix heures, c'est-à-dire que la matière charriée ne reste que ce temps-là dans les égouts depuis le point de départ jusqu'au point d'arrivée. La construction, l'exploitation d'un service aussi impor- tant est sous la direccion d'une commission composée de plusieurs membres, ingénieurs, médecins et avocats, pré- sidée par un ingénieur d'une rectitude bien connue, Mr. Villanueva. Cette commission, qui a des fonctions pro- pres et bien délimitées par plusieurs lois et décrets, se trouve à son tour sous la dépendance du ministère de l'In- térieur, quant au côté administratif; quant à la partie technique, on peut dire qu'elle est autonome, indépen- dente; car c'est elle qui juge et décide dans la plupart des cas, et, pour les autres, le ministère lui doit un appui absolu. Actuellement, Buenos Aires possède 44.000 maisons dont 24.000 se trouvent comprises dans le périmètre du — 206 — réseau cloacal; la moitié de celles-ci jouit du service com- plet, l'autre moitié à peine n'a que l'eau courante. A la date de mai 1890, il existait 1.074 égouts reliés; depuis cette époque le nombre s'est augmenté graduelle- ment, au point d'atteindre, en décembre de la même année, le chiffre de 2.287. En 1891, on en a relié 4.349, et la rivière a reçu 6.115.680 kilolitres de matières cloacales. En 1892, ce chiffre a été grandement surpassé, comme on l'a vu, grâce à l'obligation formelle de faire construire les égouts. Patronace de l'enfance Le docteur Coni, directeur de l'Assistance Publique, cet homme qui a rendu tant de services au pays, prit, au mois de Mai 1892, l'initiative d'une réunion de plusieurs personnes qui fondèrent, sous les auspices du Gouverne- ment municipal, l'association du nom ci-dessus, associa- tion dont nous donnons plus loin les détails et le décret de création. Quinze jours après sa fondation, les diverses sections qui la composent entrèrent en fonction, et depuis lors elles n'ont cessé de se perfectionner, à tel point qu'on peut affirmer que cette institution humanitaire marque par un progrès nouveau chaque jour de son existence. C'était un devoir de l'autorité municipale, et elle l'a affronté avec un plein succès, de veiller sur le sort des enfants nécessiteux, pour en prévenir la considérable mortalité, pour en faire des hommes robustes et utiles à la société. — 207 — Le décret, auquel nous avons fait allusion, donne une idée achevée du but que se propose le Patronage de l'en- fance: c'est pourquoi nous n'entrons pas dans de plus longues considérations. Cette institution a pour objet: 1° De faire sentir l'action de son patronage sur les enfants pauvres, malades, défectueux, maltraités, mora- ement abandonnés etc. etc. de la Capitale de la Répu- blique; 2° De surveiller à l'aide d'inspecteurs spéciaux l'allaite- ment dans la classe pauvre, et surtout de l'allaitement mercenaire en le soumettant à une réglementation déter- minée à cet effet; 3° De faire des enquêtes, aussi complètes que possible, sur les conditions dans lesquelles se trouvent les enfants pauvres (alimentation, vêtements, habitation, instruction, éducation, etc.) pour arriver à leur fournir la protection voulue, en centralisant à cet effet les efforts des diverses sociétés charitables qui exercent leur action bienfaisante dans la Capitale; 4° De répandre parmi les familles pauvres ou ou- vrières des notions élémentaires d'hygiène à l'usage de l'enfance, par des opuscules mis à la portée du peuple, et indépendamment des instructions pratiques qui leur seront données par les inspecteurs de l'institution; 5° De réglementer le travail de la femme dans l'in- dustrie, ce qui est un moyen de favoriser indirectement les enfants; 6° D'encourager la création de petits asiles de mater- nité pour secourir et assister les femmes pauvres pen- dant les derniers mois de leur grossesse et au moment — 208 — de leur accouchement, ainsi que de crèches pour y re- cueillir et y alimenter pendant la journée les enfants de moins de deux ans, tandis que les mères se livrent à leurs occupations habituelles; d'asiles maternels, sem- blables au petit nombre de ceux qui sont défrayés par la Société des Dames de Charité; de jardins d'enfants etc. etc. 7° De faire établir dans les maisons de santé de la Capitale, comme dépendance de ces asiles, des écoles pour les imbéciles, les idiots etc., afin que ces mal- heureux ne continuent pas à rester comme jusqu'à pré- sent dans l'état le plus complet d'abandon intellectuel; 8° De travailler à la création d'un institut d'aveu- gles et d'une école pour les bègues et autres enfants qui aient des vices ou des défauts de langue; 9° D'aider par les moyens à sa disposition l'inspec- tion hygiénique et médicale des écoles publiques et particulières, qui fonctionnent actuellement comme ser- vice dépendant du Conseil National d'éducation; 10° De porter de préférence son attention sur les en- fants débiles, scrofuleux, rachitiques, etc., en attendant qu'on puisse établir un hospice maritime destiné à cette asistance (1). 11° De favoriser, dans les quartiers pauvres, la création de dispensaires pour les enfants malades, analogues à ceux de France, de manière à réserver l'hôpital San Luis et les salles pour l'enfance, dans les autres établissements (1) On vient de faire l'acquisition d'un terrain à cet effet. — 209 — hospitaliers, aux affections graves, ou aux personnes absolument privées de ressources, de famille et de soins: 12° De réglementer et d'exercer une surveillance active sur le travail des enfants dans les industries, à l'aide d'inspecteurs spéciaux, pour empêcher l'excès de labeur, l'influence nuisible de quelques unes d'entre elles, etc.; 13° De se charger de la tutelle des enfants maltraités ou qui se trouvent en danger moral; sont considérés comme tels: 1 Ceux qui sont victimes de mauvais traitements physiques, habituels ou excessifs: 2 Ceux qui, par suite de la négligence coupable de leurs parents, sont habituellement privés des soins indispensables; 3 Ceux qui ont contracté l'habitude de la mendicité, du vagabondage et du libertinage: 4 Ceux qui sont employés à des métiers dangereux pour eux; 5 Les enfants moralement abandonnés. Seront considérés comme étant en danger moral: 1 Les enfants dont les parents sont notoirement d'une conduite mauvaise et scandaleuse: 2 Les enfants dont les parents ont l'habitude de l'ivrognerie; 3 Les enfants dont les parents vivent de la mendi- cité; 4 Les enfants dont les parents ont été condamnés pour crimes, et 5 Les enfants dont les parents ont été condamnés pour vol, outrage aux bonnes moeurs etc. u — 210 — 14° De favoriser la création de sociétés protectrices de l'enfance dans les diverses paroisses du municipe, en leur donnant une origine populaire et en leur accordant tout le concours moral et matériel nécessaire: 15° De constituer un fond commun formé des ressour- ces accordées par le budget, les subventions, donations et legs du public. Cimetières Considérant que ce sujet est intimement lié au but que nous poursuivons dans ce travail, nous lui avons consacré un chapitre spécial, où nous avons rassemblé toutes les dispositions générales prises à cet égard dans la capitale et dans les provinces. Il existe dans la Capitale: le cimetière du Nord, celui de la Chacarita, celui du Sud, celui des dissidents, celui de Flores et celui de Belgrano. Indépendamment de ce mode de destruction des cadavres, il y a la crémation à la Maison d'Isolement. (1) Cimetière de la Chacarita—Ce lieu de sépulture, situé à l'Ouest de la ville, à 9 kilomètres de distance, a été établi le 24 Décembre 1867: son étendue était alors de cinq hec- tares: elle a été portée successivement à 734.035 mètres carrés. Il est appelé à devenir, avec le temps, le grand et unique cimetière deia Capitale. (I) V. Destruction des cadavres dans l'Annuaire de Médecine Vol. 11 pag. 130. - 211 — Pour le construire, on s'est conformé aux règles prescri- tes par l'hygiène pour cette espèce d'établissements. D'après le plan, cette nécropole est divisée en 16 sections rectangulaires, dont la dimension varie entre 56m 30 et 51m30 décote. La plus petite compte de 2000 à 2500 sépultures. Il existe, en outre, un grand espace destiné aux sujets morts de maladies épidémiques. Les rectan- gles des différentes sections sont désignés par des lettres et divisés en sépultures qui ont 2m 50 de surface. Les grands et petits espaces, au nombre de 95. sont circulaires, et leurs diamètres varient entre 20 et 80 mètres. Pour le transport des cercueils à l'intérieur du cimetière, on a construit un chemin de fer portatif, système Decauville, qui doit s'étendre peu à peu au fur et à mesure des exigen- ces déterminées par l'accroissement de la population. Au côté opposé à l'entrée, se trouve un bâtiment où l'on doit installer un four crématoire. Enfin, le centre du cimetière sera occupé par une chapelle funèbre: les sec- tions destinées aux sectes dissidentes, seront également pourvues de chapelles. Depuis le 24 décembre 1867, date de l'ouverture du servie publiée, jusqu'au 31 décembre 1891, il a été inhumé dans ce cimetière 123.976 cadavres, de la manière suivante: Jusqu'au 31 Octobre 1888....... Depuis cette date: Novembre 1888 Décembre 1888 Année 1889..................... » 1890.................... 11 mois de 1891................ Total... 9.122 817 835 9.881 11.677 9.554 32.761 — 212 — Cimetière du Nord (Recoleta).—Situé au Nord-ouest de la ville, il a environ 48 ares de surface. Sa fondation date du commencement du siècle. Un arrêté municipal défend d'y construire de nouvelles sépultures et d'y ense- velir les cadavres des individus morts de maladies conta- gieuses. Cimetière du Sud.—Le service en a été de très courte durée; ouvert peu d'années avant l'épidémie de 1871, celle- ci le remplit de ses cadavres et il fut fermé bientôt après. Cimetière de Belgrano et de Flores.—A cause de la gran- de distance qui sépare ces paroisses des lieux de sépulture, chacune d'elles défraye deux cimetières, qui existaient déjà avant l'annexion de ces localités à la Capitale fédé- rale en 1887. Cimetière des dissidents.— Fondé il y a une soixantaine d'années sur un terrain situé au Sud-ouest de la ville, il se trouve aujourd'hui au centre d'un quartier populeux: c'est pourquoi la Municipalité en a ordonné la clôture. Il nous semble inutile de dire que chaque ville, chaque centre de population, possède aujourd'hui son lieu de sépulture; quelques uns en ont même davantage, en rai- son de leur importance et de leur situation. Les provinces. flagellées parla dernière épidémie de choléra, ont été obli- gées d'en installer uniquement pour ce motif, qui ont été fermés ensuite. La réglementation en est plus au moins semblable: il y est établi comme clause première que les cimetières doi- vent être communs à toutes les croyances; on y trouve des niches, des fossses, des appareils de crémation et des cendriers. Les fosses doivent avoir une profondeur — 213 — de lm50 au moins, et être séparées les unes des autres par une distance de 0.20m. Les cadavres doivent être enveloppés simplement d'un linceul ou enfermés dans des cercueils de pin blanc garnis de toiles ou peints. Au fond de la fosse on doit mettre une couche de 0.10m de chaux et une autre au dessus du cerceuil. Les cadavres déposés [dans les niches, provenant de maladies communes, doivent être mis dans des cercueils de bois dur doublés de zinc et remplis de chaux. On ne peut procéder à l'inhumation sans la permission du Bureau du Registre civil, qui la donne sur la présen- tation du certificat médical; elle ne peut avoir lieu que douze heures au plus tôt et trente six heures après le décès. au plus tard, à moins de dispositions contraires des rè- glements policiers ou municipaux, dans certains cas dé terminés, où l'on pourrait soupçonner un crime ou une maladie de nature à intéresser l'état sanitaire. Crémation—La Capitale est, pour ainsi dire, le seul point du pays où la destruction des cadavres par ce pro- cédé se fasse avec quelque régularité. Nous en avons déjà parlé. Nous consignerons ici quelques chiffres. Au cimetière de La Plata il existe un four crématoire. Nous ne sachons pas qu'il y en ait d'autre dans le reste du pays. 214 Crémations effectuées a la Maison d'Isolement. de 1886 a 1891 MOIS 1886 1887 1888 1889 1890 1891 Janvier........ __ 369 156 127 237 128 Février........ — 83 110 144 158 106 Mars.......... __ 31 36 69 100 69 41 29 104 108 117 95 112 79 48 134 112 142 162 170 181 190 178 177 254 196 284 233 136 129 Avril.......... 125 Mai........... 116. Juin.......... 112 Juillet......... 20 Août.......... •>.-) Septembre..... 12 Octobre....... — 34 99 208 132 2 Novembre..... 134 59 89 274 116 14 Décembre..... 337 83 94 264 132 20 Totaux... 471 1003 1211 2108 2233 824 215 — incinérées l'an 1892 Maison d'Isolement (1) MOIS Janvier....... Février....... Mars......... Avril......... Mai.......... Juin......... Juillet........ Août......... Septembre. ... Octobre...... Novembre Décembre Totaux. . HOMMES 10 3 11 15 12 12 20 22 15 13 15 155 FEMMES TOTAL 7 17 6 9 6 17 9 16 1 16 1 16 4 16 6 • 26 11 33 i 2 * 17 10 23 9 24 75 230 crémations ne représentent que les eadaves de cet ^ BIBLIOGRAPHIE Assistance Publique et Assistance Sanitaire.—Arrêtés municipaux, ordonnances, mémoires sur l'organisation interne, etc. Bruland Victor.—Importation de la petite vérole en 1842. Cobos J. M.—Le choléra à Mendoza. Coni E. M.—Progrès de l'hygiène dans la République Argentine. Coni E. M.—Code d'hygiène et de médecine légale. Département National de l'Hyc.iène. — Lois, décrets, arrêtés sur la création, réglementation de ses diverses branches, mécanisme interne, etc. Lozano N. — Prophylaxie internationale des maladies exotiques. Martinez A. B.—Annuaire Statitisque de la ville de Bue- nos Aires, 1891. Tome I. Martinez Rufino P.—Aperçu sur la législation sanitaire argentine. -ilH -.- Meza J.—Mémoires sur la vaccination. Padilla T. — Annuaire de médecine et de pharmacie. 1892. Padilla T.—La maison des enfants trouvés. Pena José.—Le choléra. » » —La petite vérole Susini T.—Mémoire sur la convention sanitaire interna- tionale de Rio de Janeiro. Valdez A.—Mémoires et règlements du corps médical scolaire. Divers.—(Podesta, Aberasturv, Martinez, Pena). Patro- nage et assistance de l'enfance. TABLE DES MATIERES Prologue........................................ La législation sanitaire (histoire)—Considérations gé- nérales, mesures hygiéniques du temps des Es- pagnols. Le premier règlement sanitaire mari- time. Mesures internes et externes du temps de Rivadavia. Id pendant la tyrannie de Rosas. Epi- démies de petite vérole, de choiera et de fièvre jaune. Introduction de la vaccine et prophylaxie générale. Organisation et institutions sanitaires actuelles dans la Capitale et dans les Provinces... Département National d'hygiène—Organisation. L'an- cienne junte des lazarets. Décrets fixant les attri- butions du Département. Loi de 1891. Organisa- tion actuelle. Bureau sanitaire. Inspecteurs de santé. Nécessité de centraliser les services sani- taires ..................................... Convention sanitaire internationale—Considérations générales et origine de ce traité. Etude de ce mê- me traité. Inspecteurs sanitaires des vaisseaux. Quarantaines: de rigueur, complémentaires et d'observation. Privilèges des navires ayant sous- crit à la convention.......................... Lazarets—Lazaret fixe de Martin Garcia. Id flottant et hôpital flottant. Description et capacité de chacun d'eux..................................... 60 64 Conservatoire national de la vaccine—Vaccination dans la République. Marche de la vaccination dans la République. Qualité de la vaccine. Conserva- toire national de la vaccine. Production et distri- bution du cow-po*x. La vaccination dans les pro- vinces: conservatoires partiels et provisoires..... 65 93 Exercice de la médecine et des autres branches de- l'art de guérir—Considérations. La loi actuelle et le projet................................. 53 59 Pharmacopée Argentine.......................... 93 91 Administration sanitaire et Assistance publique— Organisation et sections principales — Création et mécanisme interne. Devoirs et attributions du Directeur général, du secrétaire et des inspecteurs techniques. Commissions paroissiales d'hygiène, d'assistance publique dans les provinces......... 95 101 Sections de l'Administration sanitaire—1° Maison u'Isolement-—Histoire de sa fondation et son état actuel. Maladies qu'on y assiste. Catégories des malades. Crémation. Désinfection. Etat géné- ral des malades assistés à la Maison d'Isolement depuis sa fondation jusqu' en 1892. Etat compa- ratif des vêtements désinfectés................ 101 108 2° Syphilicome—Inspection hygiénique de la prostitu- tion. Dispensaire de .salubrité. Mouvement..... 108 113 3° Désinfection — Logements insalubres. Tableaux sta- tistiques. Corps des dèsinfecteurs. Stations de désinfection. Dénonciation des maladies infecto- contagieuses. Désinfection obligatoire. Décès par maladies infecto-contagieuses pendant les années 1869-02. Mortalité suivant la nationalité, l'état civil, l'âge................................. 113 131 4° Laboratoire bactériologique — Devoirs et attribu- tions du Directeur. Plan du laboratoire. Analyses faites pendant les années 1880-92............. i&> 137 — 221 — PAGES 5° Laboratoire de vaccine anti-rabique—Fondation. Les premières inoculations. Tableaux statistiques. 137 142 6° Train central d' ambulances................... 143 — 7° Administration de la vaccine animale. Tableaux statistiques................................. — 65 8° Dispensaire de salubrité....................... 108 113 9° Inspection des marchés d'approvisionnement—Ins- pection vétérinaire des viandes et autres articles de consommation. Police sanitaire des animaux.. lit 146 Assistance publique—1° Assistance à domicile—Mé- decins de section: devoirs et attributions........ 147 150 2° Assistance hospitalière—Assistance gratuite et ré- munérée. Admission des malades. Hôpitaux et asiles...................................... 150 — Hôpitaux des cliniques............................. 152 — » Militaire................................ 153 — Hôpitaux municipaux (San Roque, Rawson)........... 155 — Hôpitaux qui dépendent de la Société de Bienfaisance (Ri- vadavia, San Luis de Gonzaga, etc.)............ 157 — Hôpitaux qui dépendent de sociétés étrangères de bien- faisance (Allemand, Anglais, Italien, Français, etc.) 159 — Tableaux statistiques.............................. 160 — Asiles (Maison des enfants trouvés, orphelinats, etc.)... 167 — Tableaux statistiques.............................. 170 — 3° Assistance des bureaux de consultation à la maison centrale.................................. 149 — 4° Assistance des aliénés—Hospice des Mercedes et id des femmes atteintes de démence. Conditions d'admission et catégories de malades. Mouvement des maisons de fous pendant six années (1887-92). Classification des malades entrés pendant l'année 1892 à l'hospice des Mercedes................ 170 174 Renseignements divers—Faculté de médecine — Or- ganisation et fonctionnement. Tableaux statisti- ques....................................... 177 184 Faculté de Côrdoba................................ 185 — Laboratoire de chimie—Devoirs et attributions de son rAGES chef et des autres employés. Analyse des substan- ces. Tableaux statistiques.................... 186 190 Corps médical scolaire—Ses fonctions. Inspection hy- giénique des écoles d'enseignement primaire. Vac- cination obligatoire des écoliers. Travail fait par cette institution pendant la période de trois ans (1890-92). Les écoles particulières et les écoles publiques. Population scolaire................ 190 196 Corps de santé de la flotte et corps de santé de l'armée—Etat actuel des deux institutions. La médecine et la chirurgie militaires. L'hygiène des casernes. Projet de création d'une école de méde- cine militaire............................... 196 199 Provision d'eau — Extraction, filtration, dépôts, distri- bution et qualité de l'eau qu'on boit à Buenos Aires. L'eau dans les provinces. Kilolitres d'eau consommés en 1892. Maisons dotées du service d'eau courante, clefs d'incendie, etc............ 200 201 Travaux de salubrité — Solution d'un problème. Péri- mètre du réseau des égouts. Egouts à domicile. Bouches de décharge. Conduits d'évacuation. Ra- pidité du courant. Construction et exploitation des travaux. Commission directive............. 202 206 Catronage de d'enfance— L'avenir des enfants indi- gents. But de l'institution.................... 206 210 Bimetieres—La destruction des cadavres dans la capitale fédérale et dans les provinces. Crémation. Ren- seignements statistiques...................... 210 215 Pibliographie................................... 217 — Docteur PADILLA DANS LA RÉPUBLIQUE ARGENTINE *-ti+(,/rj. -