ARRÊTÉS ET RÉGLÉMENS CONCERNANT L’ÉCOLE VÉTÉRINAIRE DE TURIN PRÉCÉDÉS DU DISCOURS D’INAUGURATION PRONONCÉ PAU LE CITOYEN BRUGNONE PROFESSEUR PRIMAIRE DANS LADITE ECOLE LJE a? PRAIRIAL DERNIER dans i.a grands salls ds l'athenée national MESSIDOR AN X DE L’IMPRIMERIE DE FELIX BUZAN. III CITOYENS Si nous étions encore sous le règne de* anciens préjugé*, et que j’eusse , comme au- jourd’hui, à parler de Y Art vétérinaire devant un si grand concours de citoyens, j’avoue sin- cèrement que , découragé par la nature du «ujet, et par le sentiment de mon insuffisance dans l’art oratoire , j’aurois refusé de remplir la tâche honorable, que m’ont imposée les fon- ctions dans l’École , qui vient d’être ouverte; comment en effet aurois-je osé me charger de cette tâche, moi, qui ai passé la plus grande et la plus belle partie de ma vie au milieu des animaux utiles, que l’homme a associés à *a gloire , et à ses travaux, moi, qui me IV «lis toujours occupé des soins , qui poq* voient ou les perfectionner, ou les guérir, ou les conserver , moi , dont les oreilles n’ont, pour ainsi dire , entendu d’autre harmonie , que celle du hennissement des chevaux , du mugissement des bœufs , et du bêlement des moutons ? Comment aurois-je pu me flatter de convaincre mes Auditeurs de l’importance d# Y Art vétérinaire ? L’éducation, la mode, et la vanité ne concouroient-elles pas sous le règne des préjugés à faire passer cet art pour le plus abject , et le plus incertain ? Que si , cependant, j’eusse osé l’entrepren- dre , j’aurois, j’en suis sur, entendu mes Au* diteurs , s’écrier : qu’ont de commun avec ceux, qui cultivent les Beaux-arts , ces forgerons grossiers, ces cyclopes enfumés, qui, les bras nuds, travaillent du matin au soir à façonner des lopins de fer, pour les fixer ensuite aux pieds des animaux? Qu’ont de commun avec nous cas soi-disant médecins des chevaux, et des bêtes à corne , qui ne font que courir d’étable en étable, d’écuïie en écurie, pour guérir des ma- ladies, qu’ils ne connoissent pas, et qui exer- V cent un art, qui n’est pas même susceptible de principes , puisqu’il s’occupe d’animaux muets , et dépourvus de raison ? Quoi donc ! nous verrons le Sanctuaire des Muses ouvert aux Maréchaux, nous verrons l’Athénée ac- cueillir dans son sein, assimiler aux Professeurs des Arts libéraux les Ippiatres , les Mule-Mc- decins ? Mais la vraie Philosophie en nous mettant à Pabri de ces plaintes , et de ces absurde# déclamations, ne nous permet pas de taire la vérité sur les circonstances , qui pouvoient alors motiver cette injustice contre Y Art vété- rinaire. Avant l’heureuse révolution , qui a amené l’établissement des vrais principes, Y Art vétérinaire étoit non seulement regardé comme le plus abject , et le plus vil , mais il étoit exercé par les personnes les moins instruite*, et passoit pour entièrement indigne de ceux , qui avoient reçu un peu d’éducation. Plusieurs faits l’attestent; et pour l’instruction de ceux, qui s’intéressent à se3 progrès 3 je vais en dé- tailler quelquesuns. Voici le serment, que le Protomédicat de la Sicile faisoit prêter aux VI jeunes Vétérinaires , qui vouloient l’exercer. Quocl omni quidem industriel , et studio sibi possibili simplicium 3 et compositorum medi- camentorum vires addiscere conentur 3 si sciant ïegere3 libros vulgares legendo ; quod si legere nesciant 3 ab aliquo 3 qui legere sciât3 continuo intelligendo 3 saltem in festis diebus 3 ut remedia canonice animalïbus œ- grotantibus adhibere queant *a. Publius Re- natus Vkgetius , que l’on peut avec raison appeller VIppocpate de la Médecine vétéri- naire , s’étoit efforcé dès le quatrième «iècle de la mettre en réputation ; il observait en vérité , que nullius rei scientia vïlis est , et qu’il étoit ridicule , que l'on eût honte de connoître la Médecine des animaux 3 tandis que l’on se faisoit gloire de se procurer loi plus beaux , qu’il fût possible : quis vitupéra- ’o Constitutiones , et capitula , necnon et jurisdi- tioneg regii Piotomedicatus officii cum pandectis ejuidem reformât® , ac in pluribus rénovât® , atque élucidât® a Joanne Philipp® Iîtcrassia. Panormi i564 in 4 à la page tir* VII tioni det id posse curare , quod laudi ducitur possidere ? Mais , malgré toute sa bonne vo- lonté , il est obligé d’avouer à la fin , que fors an ipsa opéra Mulo-medicorum videtur ab- jectior *a. En i56i le Viceroi de la Sicile en- voya au savant Philippe Ingrassias un fau- con, qui s’étoit cassé une jambe, en le priant de le traiter , ou de le faire traiter par quel- que chirurgien : Quo quidem audito , viso- que , rnirum in modum quasi de novo quo- dam monstroso spectaculo admirati sunt as- sistentium , et circumstantium quamplurimi ; quoniam scilicet ( ce sont les expressions dans une lettre au Viceroi *b ) ad me , ut vocabant , honoratum , nobilem 9 et excellentem Medicum , avem curcmdam trarrsmitteres , quasi innuere volentes, quod me vel derideres , vel fioccipenderes, bru- tum , irrationaleque animal curandum mihi *a Tn præfat. lib. i artis veterinariæ. *b Cette lettre dédicateire est à la tête de spn di» scours : Quod veterinaria medicina etc. VIII provonens, et lui aussi finit par défendre aux Médecins de l’homme l’exercice de la Mé- decine vétérinaire : Haudquaquam tamen ob id eumdem Medicum volumus utrumque exer- citium profiteri, sed distingui omnino præ- cipimus nobiles , honoratosque hominum me- dicos ab ignobilibus , vilioribüsque bestiarum medicis. Quam ob caussam et nos quoque sœpe pro illis recta consilia dantes , cura- tioni tamen adesse dedignamur *a, comme s'il étoit possible de donner de bons conseil* de pratique dans un art , que l’on n'a point pratiqué. Le Lexicographe Castelli ne nous avouait-il pas naïvement , qu’il auroit inséré dans son Dictionnaire de Médecine les termes de PArt vétérinaire , dont Fegetius s’est servi, nisi nefas duxissemus, (ce sont ses paroles**b) artem nostram epiphanestaten veterinariis ter- minis sordidare ? Enfin le grand Philosophe *a Cap. XIV. pag. 16a, et i63 du même discours, que je citerai de nouveau ci-après. *b Lexicon medicum Castslu Graco-Latinum au *not Veterinariu. IX de Ferney, Voltaire lui-même, n'a pu se gi2 rantir de ce préjugé vulgaire : Il ne. faut avoir aucun égard ( dit-il *a ) , à la vie de Virgile , que Von trouve à la tête de plu- sieurs éditions des ouvrages de ce grand homme : elle est pleine de puérilités, et de contes ridicules. On y représente Vi rgilE comme une espece de Maquignon, et de faiseur de prédictions , qui devine , qu’un poulin, qu’on avoit envoyé à Auguste étoit né d’une jument malade. Il a en vue , com« me l’on voit , l’ancien Grammairien 7 iherius Claudius Donatus , qui dans la vie , qu’il nous a laissée de Virgile, rapporte l’anecdote du poulin, et d’autres rélatives à ses connois- sances vétérinaires , au moyen des quelles le chantre sublime d'’Enée a pû se faire connoî- tre de l’Empereur, et s’insinuer dans ses bon- nes grâces comme si ces connoissances dus- sent en diminuer la gloire , et n’eussent été en lui, que les impostures , les ruses , et la ** Essai sur la Pahie épique chapitre III> X mauvaise foi d’un Maquignon, et que nous ne fussions pas au contraire redevables aux con- noissances vraiment solides, que Virgile avoit dans F Art de ses inimitables Géor- giques. Il est vrai, qu’à ces témoignages de mépris pour la Médecine des animaux je pourrois en opposer un plus grand nombre, qui prouveroient la haute estime , que l’on avoit anciennement pour elle, et démontreroient, que lorsque les fameuses Républiques de la Grèce, et de Rome florissoient le plus, et même long-tems après , les Grecs , et les Latins la cultivoient , et la protégeoient à l’envi ; que parmi eux les plus célèbres Philosophes , les plus vaillants Capi- taines , et les Magistrats les plus graves ne dé- daignoient pas d’instruire le Peuple sur la ma- nière de multiplier , d’améliorer, de ■ nourrir , et de guérir le bétail non seulement par des préceptes écrits, mais plus efficacement encore par leur exemple , en s’occupant eux-mêmes de ces soins. Je pourrois citer à ce propos les ouvrages, que le tems nous a conservés, d’fJ/r- sieDE, de Xrnqphon, de Caton , de Varxon, XI de Virgile de Columelle , et de P alla! mus; et si nous regrettons la perte irrépara- ble de ceux de Magon de Carthage, de Gar- gilius Marti ali s, et surtout de ceux d'Au-us Cornélius Celsus , qui certainement n’au- ront pas été inférieurs aux livres du même auteur, qui nous restent sur la Médecine des hommes, je pourrois faire remarquer, que les inappréciables recueils des Vétérinaires , et des Géoponiques Grecs âbsyrthe y Hikrocles , Pelagonius , Eu m élu s, THEOMNESTE , Â- natolius , Agathocles , et plusieurs autres, que nous possédons encore , nous en fournis- sent une autre preuve très-convaincante *a. Mais, pourquoi vous entretenir si long-tems d’un préjugé , qui n’existe plus aujourd’hui ? L’esprit philosophique s’e3t répandu presqu’u- niversellement : les Sciences, et le* Arts se re- Veterinariœ medicinæ libri II Johanne Ruxllio Svessionensi interprète. Parisiis i53o in folio. Constantini Caxsaris selectarum prœccptionum de Agricultura libri viginti, lano Corxario Medico-Phy* nco interpréta. Venetiia i538 in 8. XII gardent comme étant de la même famille , et la Médecin* des animaux , qui depuis l’éta- blissement des Écoles vétérinaire* en France , et à Fexemple de la France en plusieurs au- tres Républiques, et Royaumes avoit commencé à acquérir une certaine estime , est actuelle- ment élevée à leur niveau par son aggrégation à F Institut national de Paris } et dans ce mo- ment à VAthénée de Turin. Au surplus ceux, de qui j'ai l’honneur d’être écouté , sont de§ hommes, qui même avant cette heureuse ré- volution étoient au dessus de toute prévention. Ce sont les doctes Professeurs de ce même Athénée, les membres de l'Académie des Scien- ces , et Belles-lettres, de la Société d’Agricul- ture, et d’autres Corp* savans , les membres des Collèges des différente* Facultés, qui dans la dernière épizootie des bêtes à corne n’ont cessé par leur travaux , en parcourant même les campagnes désolées , et en traitant les ani- maux malades , d’essayer toutés sortes de mo- yens , pour l'éteindre , ou du moins en dimi- nuer les effets mortifères : ce sont les membres de la Commission Exécutive , qui par leurs XIII Arrêtés ont établi, et doté dès l’an IX VÉcoh vétérinaire, dont on fait aujourd’hui l'inaugu- ration : c’est devant P Administrateur General Du Piémont que je parle, devant ee grand Çuerrier, qui , après avoir illustré la France par ses talens militaires, a déployé parmi nous, et pour notre bonheur tous ceux de la paix , et de la magistrature : c’est lui , qui, après avoir donné sa sanction aux Arrêtés de la fon- dation de l’École , après l'avoir unie aux autre* ctablissemens dépendans de l’Athénée , et Fa- Voir par-là mise sous la direction , et sous la surveillance du Conseil d’Instruction publique , en a assuré toute la réussite, et tous les avan- tages , que le publie a droit d’en attendre ;oui, le succès de l’École est immanquable dès qu’elle est confiée aux lumières , et au zèle patrioti- que de cet infatigable Magistrat. Je parle en- fin aux Autorités constituées , toutes animées du bonheur de leur patrie ; aux Etudians de cette Université , qui en font la plus douce espérance; aux Élèves de l’École vétérinaire , qui tous ayant reçu la meilleure éducation lit- téraire , et morale , et qui pour la plupart, XIV étant déjà très-avancés dans l’étude d’autres facultés plus brillantes aux yeux du vulgaire, prouvent par cet exemple éclatant, que dans tous les états le génie seul élève l’homme ; que celui, qui est doué de véritables lumières a les droits les plus légitimes aux hommages des autres ; et qu’en un mot il n’est d’homme vil, que celui qui est vain , ignorant, ou inutile *a, N’ayant-donc rien à craindre d’un préjugé, qui n’est plus , étant au contraire assuré que l’opinion publique, et celle en particulier de mes Auditeurs, est toute en faveur du sujet, je tâcherai de démontrer jusqu’à l'évidence la solidité des principes, sur lesquels l’Art vété- rinaire est appuyé. L’Art vétérinaire ( dit-on ) , est sans prin* cipes , et n’en est pas même susceptible. Mais quel est l’objet, quel est le but de cet art ? Il embrasse Véducation des chevaux des bêtes à corne , et à laine , des chiens , *a Boubgxlat. Essai théorique, et pratique sur la ferrure à la page XVI de l’avertissement. XV et des cochons , et des autres quadrupèdes , de la volaille , des oiseaux 3 et meme des in- sectes domestiques : les différens moyens de. les entretenir en santé , de prévenir , et gué- rir leurs maladies, et d’en tirer le meilleur parti possible pour l’usage, auquel on les destine *a. L’éducation des animaux suppose une par- faite connoissance de leur nature , de leurs penchans, de leur force, et de leur instinct, des alimens , et de la manière dont ils les prennent ; de la manière, dont ils propagent, et perpétuent leur espèce. Il faut donc , que le Vétérinaire les étudie pendant tout le cours de leur vie, de même, que les Instituteurs de l’homme s’efforcent, afin de lui donner une bonne éducation physique, et morale, de con- noître à fond la nature humaine dans toutes les époques de la vie. Mais personne ne met- tra en doute , que l’étude de la nature , des *a Almanac vétérinaire seconde édition par les ci- toyens Chabirt, Flandrin , et Huzarjd. A Furis 179a in 8 à la page 7 de l’avis des éditeurs, XVI inclinations , et de l’instinct des animaux ne soit beaucoup plus facile , et ne conduise à des connoissances , à des données bien plus certaines , que l'étude de la nature humaine. Le grand nombre des passions , qui dominent l’homme à chaque instant de sa vie , en ren- dent l’éducation physique, et morale très-dif- ficile , parce que le moral se trouve assez sou- vent en opposition avec le physique. Voilà pourquoi de tems immémorial on a su tirer parti de la force , de la vitesse , de l’intelli- gence , de la docilité, et de la nature magna- nime du cheval, pour la guerre, pour la course, pour la chasse , et le dresser aux différens airs du -manège : de la force , de la pe- santeur , et du peu de sensibilité du bœuf, pour les charrois , et pour le labourage de la terre : de l’odorat exquis du chien, de son at- tachement pour l'homme . et de sa fidélité , pour la chasse , pour la garde des troupeaux, et des maisons , et ainsi des autres espèces ; au lieu, que c’est encore un problème à résou- dre : quelle doit être la meilleure éducation physique , et morale à 'donner à l'homme ? La propagation de l’espèce est un des objets les plus importans, dont Y Art vétérinaire s'oc- cupe : on a très-peu avancé dans la propaga- tion de riiomme en ce qui concerne le per- fectionnement de l’espèce ; la Religion, la su- la décence, les mœurs, et les cou- tumes différentes des différens peuples , leurs caractères souvent en contradiction entr’eux , s’opposent aux essais raisonnés , qu’il faudroit laire dans leur union réciproque ; mais dans l’accouplement des animaux domestiques, outre Fàge , la force , la beauté , et la santé , que l’on recherche très-scrupuleusement , pour en avoir des productions belles , saines, et robu- stes , l’on en croise aussi les races , et les in- dividus , et de cette manière on corrige les défauts, et les disproportions des uns par les bontés , et les proportions des autres : c’est ainsi, qu’on accouple par exemple une jument basse du devant avec un étalon , qui ait son avant-main bien rélevé : les animaux nés , et élevés dans des climats chauds avec ceux des pays froids : une vache d’un caractère doux , et souple avec un taureau vif, et impétueux ; XVII XVIII c’est au moyeu de ce croisement, que l’on est parvenu dans ces derniers tems en France, et même parmi nous, à tirer des brebis Fran- çaises , et Piémontaises une laine presqu’aussi fine , que celle d’Espagne, en les faisant cou- vrir par les béliers à laine superfine de la race Ségovienne. Bien plus en accouplant entr’eux des animaux d’espèce différente, mais voisine, on en a obtenu, pour ainsi dire, une troisiè- me espèce, qui tient de l’une, et de l’autre : par l’accouplement du cheval awc l’ânesse l’in- dustrie de l’homme a fait naître le bardot , petit-mulet très-fort , très-vif, et très-sûr sur les jambes , avec des allures très-commodes , excellent par conséquent pour porter l’homme, tenant par sa conformation , son humeur, et sa force , plus du père , que de la mère , et plus de celle-ci par sa taille , et sa voix. Au contraire par l’accouplement de l’âne avec la jument on en a tiré le vrai mulet , animal fier , haut, et relevé , d’une force , et d’une constitution étonnantes, qui n’a reçu du père presque rien autre , que les longues oreilles , le dos relevé, et tranchant, les pieds resserrés la crinière 9 et la queue très-peu fournies de crins -, représentant clans tout le reste pres- qu'entièrement le modèle de la mère. Si Fou h'a pas réussi, comme on s’en étoit flatté , à avoir d’autres productions neutres , en faisant couvrir la vache par le cheval, ou par l’âne, Fànesse , ou la jument par le taureau , ou en accouplant entr’eux les mulets : c’est , que si les mulets , ou les accouplemens des espèces irès-éloignées eussent été fécohds , en très-peu éle tems toute la surface du globe n’auroit été peuplée, que par des monstres, et les espèces primitives , et naturelles auroient disparu. Jettons actuellement un coup d’œil rapide sur VArt •vétérinaire proprement dit sur la 3a Médecine des animaux • voyons si elle a , si elle peut avoir des principes fondamentaux, qui puissent la faire mettre au rang des arts scientifiques. Personne ne disconvient , que la structure du corps des animaux est à-peu-près la même que celle du corps de l’homme , . qu’il n’y a d’autre différence essentielle si non que l’homme est doué de raison , et que l’animal en est dépourvu , que l’homme peut commu* XIX ïiiquer ses idées , et faire connoître ses souf** frances par la parole , au lieu , que l’animal ést muet ! Animalibus , quia rationales sumus, soîa mente prœstamus * corporis vero natura eadem est maxime in doloribus *a. Il est donc évident, et incontestable, que de même, que îa connoissance exacte des parties solides , et fluides du corps humain, et de leurs usages est indispensable au Médecin , qui traite les maladies de l’homme , la connoissance de la structure, et des usages des parties, qui com- posent le corps de l’animal n’est pas moins nécessaire au Médecin Vétérinaire : Sicuti Me- dicorum prima doctrina est humani corporis partes , organorumque cognoscere, ita neces- sdrium Mulo-medicis > de ossibus , de nervis , üc venis jumentorum universa pcrdiscere ; ne- que etiim curare rationabiliter potest y qui qualitatem rei , quam curât, ignorât *b» Mais est-il possible de connoître VAnatomie , et la Physiologie des animaux, comme l’on connoit XX *a VegstiuH Art. Veterin. libr. I. cap. XXXIX. *b Idem ibidem in Prœfat. libr. IV. XXI Y Anatomie , et la Physiologie de Vhomme ? Pour peu , que l’on parcoure l’histoire de ces sciences , pour peu , que l’on y réfléchisse , l’on verra , que l’avantage est tout du côté des animaux , spécialement à l'égard des gros quadrupèdes domestiques, tels que le cheval, le bœuf, la chevre , la brébis , le chien , et le cochon ; dans toutes ces espèces l'on dé« couvre par la dissection , et assez facilement, la situation, la figure , la cohésion , et même la structure intime des parties de leur corps, qui se dérobent à nos yeux pour l’ordinaire dans l’homme ; ajoutez-y , qu’on peut même les considérer dans l’animal en vie, et par conséquent en connoître plus certainement l’état naturel, et le jeu. C’est en effet sur ces grands animaux, que l’on a fait les découver- tes les plus intéressantes dans VAnatomie } et dans la Physiologie : c'est sur les chèvres, qxfERASisTRATE, et Herophile ont observé les premiers les vaisseaux lactés *a: c’est sur 1© «•••••••••«••••••••••••••••••••••••••••••«•• ••••••••*••*•••«•••••>.#•••f *a -G a le n vs an sanguis natura in, arteriis contint a* tnr, cap. V. - de usu, partium libr. IV. cap. ig. XXII cheval, que le grand Eustache a vu la pre- mière fois le canal thoracique et PecqceT la cisterne du chyle sur le chien *b : c’est sur ces mêmes quadrupèdes, que l’on a dé- couvert les vaisseaux lymphatiques , avant que l’on se douât de leur existence dans l’homme *c. La circulation du sang, entrevue par Co- LüMbus *d ; et par Ces alpin *e, et plus clairement encore par le père Pnolo Sarpt , justement célèbre à tant d’autres titres, mais principalement parcequ’il a osé attaquer de front de grands abus en des tems très-péril- *a De vena sine pari antigram. XIII. *h Expérimenta nova anatomica, quibus ineognitunt chyli receptaculum , et ab eo per thoracem in rames usque subclavios vasa lactea deteguntur. Parisiis i651 in 8. *c Olavs Rüdbekivs dans son livre, qui a pour titre Insidiæ structæ ductibus hepatis aquosis. Leydæ 8 - Bartholjn. Thomas histor. Anatom. 48 centur. II» *d De rc anatomica libr. fil» cap. I. *e Quœstion. peripatet. libr. F. cap. IF. - Qucest. medic. libr. II. quxst. XFII. XXIII leux *a, n’a-t-elle pas été démontrée par l’im- mortel Arvee au flambeau des expériences , et des observations directes faites sur les ani- maux vivans *b ? En comparant toutes les autres parties de la Médecine des animaux , YHygiene, la P a* thologie , et la Thérapeutique aux mêmes par- ties de la Médecine humaine, il me seroit aisé de vous prouver, qu’elles ont les mêmes prin- cipes , dont la certitude dans les deux arts est à-peu-près égale ; mais j’abuserois trop long- tems de votre patience; je sais, que vous êtes très-persuadés , que YHygiene vétérinaire , ou l’art de conserver en santé les animaux dome- stiques est d’autant plus certain, que ces ani- *a Voyez le livre de François Grisellini Del genio di Fra Paolo Sarpi in ogni facoltà seientifica, e nelle dotl-rine ortodosse, tendenti alla difesa dell’originari© diritto de’Sovrani ne’loro rispettivi dominj. In Vene-° sia 1785. 8, tomi due. *b Exercitatio anatomica de motu cordis , et san- guinis in animalibus Guilielmi Harvei Angli. Fran« oof. i6a8 in 4» XXIV maux sont plus près de l’état de Nature; que? leur nourriture est plus simple, qu’elle est in- dépendante des assaisonnemens empoisonneurs à9Apiclus ; que leur boisson est l’eau pure ; que l’air , qu’ils respirent est moins resserré ; que les fonctions de leur corps sont rarement dérangées par les passions, ou par le change- ment subit de l’athmosphère , auxquels ils sont accoutumés; que le mouvement, et le repos, la veille , et le sommeil sont assujettis à des règles moins variables , que dans l’homme ; que leur instinct juge beaucoup plus sûr que la raison , dont l’homme s’enorgueillit, leur fait connoître sans presque jamais se trom- per les plantes , qui leur conviennent pour nourriture, et les leur fait distinguer de celles, qui sont vénimeuses , et nuisibles. • La Pathologie vétérinaire indique les causés, les symptômes , et les accidens des maladies externes , ou internes des animaux avec la même précision , que la Pathologie humaine. Le Vétérinaire instruit, et attentif connoît par les battemens du cœur, et des flancs, par les mouvemens, et la dilatation des naseaux, par XXV la manière dont l’animal porte la tête , et îe$ oreilles , par l’état de ses yeux, à le voir cou- ché en telle, ou telle autre posture , ou de- meurant toujours debout, par le poil hérissé, par les urines , par les excrémens de l’anus, •et par maints, et maints autres signes , non ■seulement la nature, Ket le dégré de la fièvre, mais encore le siège de la maladie , si quel- que viscère , ou autre organe est particulière- ment affecté. À l’égard de la Thérapeutique vétérinaire l’on peut assurer fermement, que les remède* dans les animaux brutes agissent plus efficace- ment , et avec plus de constance , que dans l'homme : dans celui-ci milles causes accessoi- res , et souvent inévitables en troublent com- munément les effets. Mais l’animal est muet, et ne raisonne pas ? J’ai déjà laissé entrevoir , que pour ce qui concerne la conservation du corps Pinstinct de l’animal est supérieur à la raison de l’homme; mais la faculté , qu’il a de faire lui-même la narration des maux , qu'il éprouve, est-elle aussi avantageuse à la parfaite cenuoissauce de XXVI la maladie, qu’il paroît au premier coup d’œil? Les Médecins expérimentés , les bons prati- ciens répondront que non: cette narration est pour l’ordinaire fondée plutôt sur l’imagination, sur la fantaisie, et sur la crainte, que sur des maux réels; elle détourne trop souvent le Mé- decin , qui y croit aveuglément, de l’obser- vation fidèle de phénomènes charactéristiques de la maladie , d’où il est entraîné dans des écarts meurtriers. Elle n’est pas non plus exa- ctement vraie l’assertion de Cohnelju£> Celsus, que , hi , qui pecoribus , ac jumentis meden- tur, quum propria cujusque ex mutis anima* lïbus nossê non possint , communibus tantum insistunt *a. Le Vétérinaire bon observateur ne négligé pas dans le diagnostique , dans le prognostique , et dans la cure d’une maladie, de faire attention à toutes les particularités dépendantes du caractère, et de l’idiosincrasie de l’individu , et de toutes les autres circon- *a De Medicina in prœfat, lib. I. pag. 17 de l'é- dition de Krausb. stances, qui n’ont rien de commun avec uni autre individu attaqué de la même maladie ; pour avoir ces notions il n'est pas nécessaire 9 que l’animal parle. Pour preuve de tout ce que je viens d’avan- cer sur la certitude des différentes parties de la Pathologie } et de la Thérapeutique vétéri- naires , je devrois citer les belles , et exactes descriptions de presque toutes les maladies in- ternes des animaux , que l’on trouve dans les Auteurs Vétérinaires anciens , et modernes ; la cure très-bien raisonnée > qu’ils en don- nent , les formules des médicamens com- binées suivant les règles de la plus saine Pharmacie ; et de làv passant à la Chirurgie vétérinaire , l’on verroit , qu’elle exécute les opérations les plus difficiles , les plus grandes , et les plus délicates , telles , que le trépan ? l’extraction , et Vabaissement de la cataracte , l’opération de l’empyeme 9 la pa- racentèse de l’abdomen 9 la lithotomie, la ca- stration des animaux mâles et femelles : qu’elle ouvre les estomacs dans le tympanite 9 ou pour en extraire les corps étrangers ? que l’a- XXVII XXVIII nimal auroit avalés. L’on verroit aussi, que ces opérations sont exécutées non par une sim- ple imitation , et une routine aveugle , mais d’après les principes les plus certains , tirés des connoissances anatomiques , et physiologi- ques ; l’on coupe , par exemple, au cheval leu queue à VAnglaise , pour la lui faire porter , comme l’on dit , en trompe ? c’est-à-dire rele- vée vers la croupe , les crins épanouis en é- ventail: on emporte pour cet effet une portion des muscles abaisseurs , pour empêcher , que leurs bouts ne puissent plus se réunir. D’après ce procédé il est évident, que cette opération, qui est pratiquée tous les jours par tous les Maréchaux ferrans , et même par les Maqui- gnons avec tout le succès possible , n’est pas un simple empirisme , mais qu’elle est fondée sur l’action connue des muscles antagonistes : en coupant les abaisseurs , les releveurs l’em- portent par leur force prépondérante. La /er- rure, cet art, que l’on nomme grossier , que l’on dit même dégrader le vétérinaire , qui l’exerce, cet art ignoré par les anciens Grecs, et Latins, qui ne eonuoissoient d’autres moyens, XXIX pour conserver les pieds des animaux dome- stiques $ qu’en les chaussant avec des pantou- fles de genêt d’Espagne ( Solea spartea ) l’art de ferrer lui-même a pour base la connoissance de la structure , du mécanisme , et des loix de la nutrition , de l'accroissement , et de la reproduction de l’ongle : c’est d’après ces con- noissances , que cet art a été perfectionné et qu’on en a tiré des maximes sûres, et sim- ples , qui tendent non seulement à la conser- vation d’un pied bien conformé , ou à la ré- paration de celui , qui auroit des difformités , mais encore à remédier à des positions con- traires , à donner un solide à plomb, à recti- fier une fausse direction des jambes, à modi- fier les effets des disproportions des parties du corps de l’animal entr’elles , à s’opposer aux vices de ses mouvemens dans ses allures etc. *a Voyez T Essai théorique , et pratique sur la fer- rure par BypnQELAT - à la pag. XIV, de V avertisse- ment. XXX Je termînerois là, si je ne devois répondre à un reproche , que l'on n'a pas manqué de faire dans le tems à Y Art vétérinaire. De quelle utilité , a-t-on dit, a-t-il été dans la dernière épizootie, qui a duré plus de huit années, et qui a presque dépeuplé de bêtes à cornes tous les Départemens de la 27 Division Militaire ? On pourroit répondre : la médecine humaine a-t-elle jamais guéri la peste des hommes ? Pourquoi-donc reprocher à notre art de n’avoir pû guérir la peste des bœufs P Tout le monde est persuadé aujourd’hui , que c’étoit la véri- table peste de ces animaux , peste indigène dans la Hongrie, et dans la Dalmatie, d’où elle se répand dans les autres parties de l’Europe toutes les fois, que le fléau de la guerre, ou d’autres circonstances y amènent des bœufs Hongrois, ou Dalmatins infectés : c’est de là, qu’est venue la peste des bœufs, qui a ravagé une grande partie de l’Italie * et plusieurs au- tres contrées , peu de tems avant le commen- cement de l’Ere vulgaire , et dont Virgile nous a transmis une description si énergique dans le troisième livre de ses Gcorgiques; c'est XXXI de là , que sont venues les pestes sur les mê- mes animaux en 1711 , et en 1745 , pestes » Iqui sont passées de l’Italie en France , en Suisse , dans toute l’Alemagne, et même dans les pays du Nord : celle de 1775 , qui a fait itant de mal dans les Provinces méridionales de la Franoe , dans les Pays-bas , et dans la Hollande ; et enfin celle , dont nous venons de parler , ne reconnoissent pas d’autre ori- gine : leur marche, et leur durée ont été tou- jours les mêmes : la maladie a été constam- ment incurable j toujours une triste expérience a fait voir 5 que Nec jam mutari pabula refert 9 Quœsitœque noemt art es : cessere magistri Phyllirides Chi KO N 9 Amisthaoniusque Me- L AM PU s *a. Toujours elle a commencé ou avec la guerre, ou avec d’autres circonstances , et n’a cessé qu’avec la guerre, ou avec les mêmes circon- stances , qui l’avoient amenée , et maintenue. *a Virgilius Géorgie, lib. III. vers la fin. XXXII Mais est-il bien vrai, que la Médecine, vé- térinaire n’a été d’aucun secours dans la der- nière épizootie? Elle a pourtant garanti de la. Contagion plusieurs Communes , et même des Arrondissemens entiers : elle a bien sû persua- der le Gouvernement de l’inutilité de l’assom- mement général de tous les animaux malades, et suspects , que l’on avoit proposé , comme un moyen très-assuré de l’éteindre , assomme- ment, qui mal appliqué à notre cas paroissoit autorisé par l’exemple des nos voisins , de la Hollande , de plusieurs Gantons de la Suisse , et même par celui de la France, mais ♦ qui n'a servi sans faire aucun bien réel , qu’à ré- duire au désespoir le pauvre cultivateur. N’est- ce pas la Médecine vétérinaire, qui a démon- tré , que l’inoculation du virus épizootique , que d’autres regardoient comme le moyen pres- qu’inf&illible d’en diminuer les victimes, n’au- roit servi , qu’à rendre la maladie indigène , et à la perpétuer dans notre pays, comme par cette même inoculation elle est dévenue près* qu’indigène en Hollande ? La crainte de rendre la vaccine indigène XXXIII tur les vaches d’un pays, où elle seroît étran* gère, est aussi un des grands motifs, qui s’op- posent jusqu’ici à l’adoption générale de la vaccination pour préserver les hommes de la petite vérole. On a beau vanter d’ailleurs cette nouvelle méthode d’inoculer: on a beau dire, que le virus vaccin ne se communique nulle* ment de la personne inoculée aux autres per- tonnes , qui en seroient susceptibles , tandis qu’il la garantit aussi sûrement , mais avec înoins de danger , que l’inoculation ordinaire; ceux , qui ne veulent juger , que d’après un raisonnement solide , que d’après des succès confirmés par une suite d’expériences de plu- sieurs années, seront toujours en droit de de- mander: i.° Aux Vétérinaires : quelle est la nature de la maladie des vaches , que l’on nomme vaccine, ( dénomination vague, et in- signifiante ) et à quel genre doit-on la rap- porter ? a.* Aux Médecins: quel changement produit le virus vaccin inoculé dans le corps de l’hom- me P Est-il bien certain, que la petite vérole , dont-il paroit être préservé pendant les pre- XXXIV mières années après l’inoculation ne se déve- loppera pas avec le tems ? Qu’entendez-voui sous le nom de fausse •vaccine ? Par quels si- gnes la distinguez-vous de la vraie ? Si ces si- gnes existent, d’où vient, que vou9 vous trom- pez si souvent dans le choix ? Il y a plusieurs observations , que la peste a préservé de la petite vérole ceux } qui en ont été attaqués : y a-t-il pour cela quelqu’un , qui voudroit se laisser inoculer la peste ? La Médecine Vétéri- naire ne croit donc pas devoir encore ranger la vaccination parmi les secours , qu’elle a rendu à la Médecine humaine : lies droits , qu’elle a à sa reconnoissance, sont mieux fondés. D’après tout ce que je viens de faire obser- ver il me paroît prouvé, ainsi, que le célèbre Ingrassias l’a depuis long-tems avancé, quod veterinaria medicina una, eademque cum no- hiliore hominis medicina sit *a, que les prin- cipes en sont les mêmes, et aussi certains. Ce *a Ce discours a été écrit par Isgsassias l’an i56r, mais publié seulement en i564 à la suite des consti- tutiones ? et capitula ci-dessus énoncés. XXXV * / Êont ces principes , que les Professeurs de j’Ecole se feront un devoir sacré d’inculquer a leurs Élèves : \2Anatomie , une sobre Phy- siologie 3 la Pathologie , et la Thérapeutique du cheval , du bœuf, et des bêtes à laine >, et l’éducation des vers à soie seront le sujet de leurs leçons : ils s’abstiendront serupuleur sement de toute théorie abstraite , obscure , ou incertaine , de tout système quelqu’ingé- nieux , quelque attrayant qu’il puisse être ; l’observation, et l’expérience seront les seules bases de leur doctrine. La Botanique entrera dans le plan des cours Vétérinaires. Les trois espèces de quadrupèdes domestiques, dont je viens de parler, ne vivent que de végétaux ; il est donc de toute néces- sité , que le Vétérinaire connoisse les plantes dont ils se nourrissent , et distingue les bien- faisantes d’avec les nuisibles; c’est de là, qu’il apprendra l’art de former les prairies soit na- turelles , soit artificielles , celui de bien les entretenir, de récolter les fourrages, de faire usage de la tige, et des feuilles des graminées, des papilionacées 9 et des cichûracées 3 de les XXXVI Mélanger avec d’autres fourrages, d’en recueil* lir , et conserver les graines etc. La Théra- peutique vétérinaire doit surtout trouver se» ressources parmi les substances indigènes tirée» du règne végétal, et avoir fort peu recour» aux substances exotiques. Les animaux dome- stiques malâdes ne sont traités , que sous 1» rapport de l’utilité, que le propriétaire en re- tire; c’est pourquoi il faut toujours faire en «orte , que le traitement ne coûte pas plu» > que la bête malade ne vaut, autrement il ar- rivera , comme dit Vegetiüs *a, que, si stu- dio lucri quœdam ita sunt composites potio- nés , ut pretium enorme contineant 3 et cures taxatio animalis œstimationem prope videa- tur œquare , plerumque aut parci homines, aut certe prudentes animalia sua canibus dedant aut a damnosa curatione dissimulent. Jeunes Elèves vétérinaires , vous venez d’en- tendre quelle est la carrière , que vous avez à parcourir ; elle est longue , et difficile ; Art. Vcterinar. lïbr. /. in præfatione. XXXVII mais y a-t-il quelque obstacle , quelque diffi- culté 5 qui soient insurmontables à la bonne volonté, à l’étude, à l’application , au génie ? Le Gouvernement vous fournit tous les moyens, qui dépendent de lui ; c’est donc à vous d’en seconder les vues bienfaisantes , vraiment pa- ternelles. ARRÊTÉS E T RÊGLÊMENS rovB. L’ÉCOLE VÉTÉRINAIRE DE TURIN 3 ARRÊTÉS a t RÊGLÊMENS TOUR / L’ÉCOLE VÉTÉRINAIRE DE TURIN PREMIER ARRÊTÉ LA COMMISSIONE ESECUTIVA DEL PIEMONTE Considerando, clie la malattia epizootica ve« nüta in Italia nel 1793 colle armate Tedesche fece enorme strage delle bovine Piemontesi cou gravissimo decadimento délia patria Agricoltura, delle Arti , e del Gommercio, ed incarimento delle carni, ed altri prodotti delle mandre na« zionali : Ghe la cagione principale delP estesa comu- nicazione , e rapidi progressi di qruesto mici- diaügsimo xuorbo non ancora d«l îutto estirpato 4 ' V ' fu la contagiôëa süar ïndole non abbastanza ce- nosciuta nel suo commeiamento per la man- canza di abili Veterinarj : Che è necessario di provvedere di esperti Manisealchi la Gavalleria Nazionale , che si sta ogni giorno aumentando : Che F unico mezzo di avéré dei Veterinarj abili nella conoscenza, nella cura, e ne’ me- todi preservativi delle malattie delle bovine f delle pecore, de’ cavalli, ed altri animali do- mestici si è di mettere in attività la Scuola Veterinaria , per F in&egnamento délia quale già nel passato Governo erano stati creati dei Professori : Che non si debbono più lungamente lasciar* infruttuosi i talenti , e le cognrzioni pratiche di tali maestri da varj anni nominati , e che la pubblica utilità esige , che il Governo ac- condiscènda al voto di molti individui, i quali desiderano d’essere addottrinati in una parte di scienza naturale cosi direttamente conduce* vole alla prosperità Nazionale : Che lo stabilimento dello Spedàle nel recinto dei Paramaglio per. i Cavalli , e la greggia di pecore di lana fina Segoviane , il di cui régi- me è appoggiato alla Società Nazionale di Agri- coltura , la prossimità delF Orto Botanico dei Yalentino , delF Orto Georgico propris délia 5 Società Agraria, la facilita di comunicare corf 1’ Ateneo Nazionale, e segnatamente colla So* cietà Agraria , offrono comodi opportunissimi a’ coltivatori délia Veterinaria, DECRETA : Primo. Sara destinato un locale nelle Case Nazionali del Valentino alla Scuola délia Ve- terinaria. а. Il cittadino Brugnone , Professore di Notomia pratica nell’ Università Nazionale , darà anche lezioni sulla Notomia del cavallo , del hue , délia pecora , e degli altri animait domestici , senz’ obbligo di residenza. 3. Il cittadino Ioggia insegna la parte pratica delle malattie, che infestano gli ani- mali domestici , e trattera segnatamente delle loro malattie contagiose. 4. Il cittadino Toggia avrà P abitazione nella casa del Valentino , in cui dovrà risie- dere. 5. Gli allievi délia Veterinaria saranno pure alloggiati nel locale del Valentino. б. Il cittadino Ignazio Molineri Custode dell’ Orto Botanico mostrerà a conoscere le plante medieinali , che saranno indicate nei trattati de’ Professori di Veterinaria } ed avrà 6 il titolo di Professore di Botanic« applieato alla Scuola di Veterinaria. 7. Il cittadino Cerusico Casanova è nomi- nato Ripetitore, e Professore Sostituito di Ve- terinaria. 8. Gli Allievi saranno pure ammaestrati nell’ arte délia ferratura nella maniera , ch# jarà determinata da’ Regolamenti. 9. Il Magistrato di Sanità présentera fra due décadi al Governo un piano di Regolamenta per questa Scuola di Veterinaria, la quale sarà aotto la immediata di lui ispezione. . jo. I Professori, e gli Allievi si conforme- ranno aile istruzioni , che dal mentovato Ma- gistrato di Sanità loro yerranno date dipen- dentemente al Regolamento, che dal Governe aarà approvato, 11. L’ attuale Présidente del Magistrato di Sanità avrà la direzione spéciale di questo sta- hilimento , e veglierà con sollecitudine, accio i Regolamenti sieno eseguiti in ogni loro parte, ed alla fine d’ogni semestre presenterà al Go- verno pel canale del Reggente degl’interni un rapporto circostanziato di quanto concerne 1# atato délia Veterinaria nel Piemonte. 12. Il Reggente degli afïari interni è inca- ricato delF eseeuzione del présente Decreto. 7 Torino dal palazzo délia Commission© Ese- eutiva li 2,8 frimajo anno nono repubblicano ( 19 dicembre 1800 v. s. ). Segnato CARLO BOSSI Présidente Maroçhetti Segr. Per copia conforme Cjitdis Segr. Gen, 8 Jjibettt Egalité SECOND ARRÊTÉ LE GÉNÉRAL JOURDAN Administrateur Général de la 27. Division militaire û l’Arrêté de la Commission Exécutive du 28 frimaire an 9 , qui crée une École Vé- térinaire en Piémont. Vu Part. 9 de cet Arrêté , qui porte que cette École sera sous l’inspectioa immédiate du Conseil de Santé. Considérant que cette École faisant partie des établissemens spéciaux destinés à rensei- gnement public, elle doit être soumise à la même surveillance et administration que le» autres écoles. Considérant que les fonds, qui lui sont de- stinés , provenants de la caisse de FAthénée , il est convenable qu’elle soit agrégée à cet établissement. Considérant enfin, que le Conseil de Santé n’ayant que la surveillance de l’exercice de PArt sanitaire , il ne peut avoir d'inspection fcur l’enseignement d’aucune de ses parties, 9 ARRÊTEi Art. i. L’École Vétérinaire est dès ce jour agrégée à l'Athénée de Turin , et sera sou- mise désormais à la même administration , et à la même surveillance que les autres écoles de cet établissement. a. Le Conseil d’instruction publique s’occu- pera de suite des moyens propres à activer cette Écolei il la mettra incessamment en état d’offrir aux élèves qui doivent la fréquenter un enseignement complet sur Y Art vétéri- naire. 3. Il proposera à l'Administrateur Général toutes les mesures , et fera selon ses attribu- tions tous les réglémens qui peuvent être propres à atteindre le but sus-indiqué. 4» Il se fera rendre compte par le Directeur actuel de cette École de l’état où elle se trouve , ordonnera l’inventaire de tous les ef- fets qui lui appartiennent, et fera vérifier l’emploi des fonds qui y ont été affectés , ainsi que des différens objets donnés par la Commission Exécutive, ou fournis par la Com- mune de Turin. 5. Le Conseil d’instruction publique , et le Conseil Supérieur de Y administration de l’A- thénée sont chargés , chacun en ce qui les 10 concerne, de l’éxécutiou du présent Arrêté qui ne sera pas imprimé. Turin au Palais national le 6 germinal io. L’Administrateur Général Signé JOURDAN Pour copie conforme L'Administrateur Général Signe JOURDAN 11 TROISIEME ARRÊTÊî RÉPUBLIQUE FRANÇAISE Liberté Égalité LE GÉNÉRAL JOURDAN Administrateur Général de la 27 Division militaire V û F \rrêté du 6 germinal courant , par lequel l’Ecole Vétérinaire est agrégée à l’Athé- née de 1 urin , et soumise à la meme admini- stration , et à la même surveillance que les autres écoles de cet établissement ; Désirant accélérer par tous les moyens qui sont eu son pouvoir l'ouverture de ladite école, et rétablir de manière qu’elle puisse offrir aux élèves , qui la fréquentent , un cours complet d'enseignement sur la Vétérinaire ; Voulant enfin perfectionner autant que pos- sible l’institution formée par la Commission Exécutive , et assurer l’exécution des mesures qui avaient été prescrites à cet égard , Sur la proposition du Conseil d’instruction publique 12 ARRÊTEt t* L’École vétérinaire demeure établie, con- formément à l’arrêté de la Commission Exé- cutive du 2,8 frimaire an 9 , dans le local du Palais du Valentin et dépendances, qui restent définitivement affectés à cet établissement. 2* Le cours complet de l’enseignement dans l'École vétérinaire sera de trois ans selon la distribution qui en sera faite par le Conseil d’instruction publique. 3. Cet enseignement sera confié à trois Pro- fesseurs ordinaires, savoir le premier d’Anato- mie , le second de Pathologie , le troisième de Botanique , et à un Professeur adjoint , chargé de suppléer au besoin ses Collègues. 4. Le FrofeSseur d’Anatomie aura le titra de Professeur primaire ; il aura la surveillance sur toutes les parties de l’enseignement, sous l’inspection , et d’après les réglémens du Con- seil d’instruction publique* 5. Le Professeur substitut Suppléera tous le* Professeurs en cas d'empêchement de leur part, et aura la surveillance sur la discipline de* Élèves. 6. Le nombre et les fonctions des autre* employés à la dite École seront fixés par un réglémerit soumis à l’approbation de l’Admini- strateur Général. 13 •?. Le nombre des Elève* est fixé prévis©!* fement à vingt-lin, chaque Arrondissement de la 37 Division Militaire en fournira un ; ces Élèves seront nourris et logés conformément au dit réglement. 8. Le Conseil d'instruction publique présen? tera. tous les ans un bilan pour les frais d’er* tretien de l’École et des Elève*. Il sera pris sur les fonds d’encouragement les sommes nécessaires pour Gouvrir le déficit qui pourrait avoir lieu dans le* fonds de l’É- cole. 9. Le choix des Elèves sera fait d’après des réglémens approuvés par l’Administrateur Gé- néral. Les memes réglémens fixeront le nom- bre des examens annuels , et ceux des con- cours pour la distribution des prix d’émulation., qui sera faite chaqu’année. 10. Outre les vingt-un Elèves des vingt-un Àrrondissemens , il en sera admis à l’École un certain nombre d’autres, qui s’entretiendront k leurs fraix ; ils seront cependant logés , et é- clairés aux dépens de l’École comme les au- tres Élèves , et soumis aux mêmes réglémens pour ce qui regarde l’étude , et la discipline. Ils pourront concourir pour la distribution de* prix , et jouiront de* mêmes prérogatives qu# leurs condisciple*» 14 fr. L’efiseignement dans cette École sêrâ jmblic , et il sera libre à tous les Êtudians de «e faire inscrire au rôle des Écoliers pour y suivre le cours , et recevoir les patentes d© Vétérinaire , conformément aux réglémens. la. Il y aura un hôpital annéxé à l’Ecoî© Vétérinaire , où seront reçus et traités les che- vaux et autres animaux domestiques, malades, moyennant une rétribution journalière qui sera déterminée. On y établira aussi une. forge de Maréchal-ferrant. 13. L’Ecole vétérinaire aura une Pharmacie ouverte pour le service.tant de l’hôpital vété- rinaire que du public, et située hors de l’en- Ceinte de la Commune. Cette Pharmacie sera régie et administrée selon le plan arrêté par le Conseil d’instruction publique par un Phar- macien approuvé , et patenté suivant les for- mes ordinaires» 14. Le Conseil d'instruction publique aura Soin qu’il soit formé peu-à-peu un Muséum a- natomico-patbologique, et une Bibliothèque à l’usage de l’École vétérinaire. 15. Tous les fonds appartenais , et affecté* à cette École, et à l’entretien des Élèves, se- ront versés dans la caisse de l’Administration économique de l’Athénée. Cette caisse payera tous les fraix et dépenses sur les mandats dé- livrés par le Conseil d’instruction publique i d’après le bilan annuel qui sera présenté 9 et approuvé par l’Administrateur Général. 16. Le troupeau des brébis ségoviennes ap* partenant à la Nation , dont la direction est confiée à l’Académie d’Agriculture, et qui doit aussi servir pour l’instruction des Elèves de l’École* vétérinaire , sera logé dans l’enceint® dite du Paramaïl 3 aussi-tôt qu’il sera évacué» 17. Les fraix de grosses réparations des bâ* timens du Valentin , seront à la charge da l’Administration économique de l’Athénée. 18. Le Conseil d'instruction publique , ef l’Administration économique de l’Athénée sont chargés chacun en ce qui les concerne , dt l’exécution du présent Arrêté 3 qui ne sera point imprimé. Turin àu Palais national le 1 floréal an jo. signé JOURDAN Par l’Administrateur Générai Le Secrétaire général par intérim signé P1TRA6 îPottr copie conforma figné PlTïtAf 15 16 QU A TRIÈM E Ali RÊVÉ REPUBLIQUE FRANÇAISE Liberté Égalité LE GÉNÉRAL JOURDAN Administrateur Général de la a7 Division militaire oulant destiner à l’Instruction des Élèves de l’Ecole Vétérinaire des citoyens recomman- dables par leur zèle et leurs lumières ; Sur la proposition du Conseil d’Instructiox publique ARRETE : i. Le citoyen Brugnone est nommé Pro- fesseur d’Anatomie animale à PÊcole Vétéri- naire de Turin , il jouira du traitement an- nuel de quinze-cent francs. d. Le citoyen Casakoya est nommé Profes- seur Adjoint.à PEcole Vétérinaire ; il jouira &i* traitement annuel de jzqq francs. 3, Le citoyen Molineri , Directeur du Jar- din Botanique, est nommé Professeur de Bota* nique à cette École: il jouira en cette qualité du traitement annuel de a5o francs. 4. Le Conseil d’instruction publique , et l’Administration économique de l’Athénée sont chargés , chacun en ce qui le concerne , de l'exécution du présent Arreté qui ne sera pa* imprimé. Turin au Palais national le 1 floréal an ic. signé JOURDAN Par l’Administrateur Général Le Secrétaire général par intérim signé Pitjus Pour copie conforme si gîté PlTRAS 17 18 CINQUIEME ARRETÉ REPUBLIQUE FRANÇAISE Liberté Egalité LE GENERAL JOURDAN Administrateur Général de la 27 Division militaire oulant destiner à la place de Professeur de Pratique , et à celle de Professeur extraordi- naire de PEcole Vétérinaire des Citoyens re- commandables par leur zèle, et leurs lumières, Sur la proposition du Conseil dlnstuctiom publique , ARRETE: 1. Le citoyen Casanova , Professeur Ad- joint à l’Ecole Vétérinaire de Turin, est nom- mé Professeur de Pratique à la meme Euole. Il jouira du traitement annuel de quinze cent francs. 2. Le citoyen Mangosio , Chirurgien , et Répétiteur «T Anatomie pratique dans le Prytha- née Divisionnaire, est nommé Professeur extra* ordinaire à ladite Ecole en remplacement du citoyen Casanova. Il jo uira du traitement annuel de douze- cent francs. 3. Le Conseil d’instruction publique , et l’Administration économique de l’Athénée sont chargés , chacun en ce qui le concerne , de l’exécution du présent Anété , qui ne sera point imprimé. Turin au Palais national le 6 messidor an io. Signé JOURDAN Par l’Administrateur Général Le Sécrétaite Général de l’Administration Signé A. Charbonniers Pour copie conforme Le Séerétaire Général A. Charbonniers 19 20 Liberté ( t ÉgalU* REGLEMENT POUR L’ÉCOLE VÉTÉRINAIRE CHAPITRE I. Des Professeurs en général. ïjes Professeurs donneront leurs leçons dan» les salles destinées à cet usage , et les leçon* ne dureront pas moins d’une heure et demie. Le cours d’étude k l’Ecole vétérinaire est de trois ans sans intervalle de grandes vacan- ces. L’ordre des leçons sera imprimé chaque an- née avec le catalogue des Professeurs, et ave* l’indication des matière* qui seront enseignées. Les traités des Professeurs seront imprimé* aux fraix de PÊcole à un nombre d’exemplai- res qui sera déterminé par le Conseil d’instru- ction publique. Un exemplaire sera donné gratis a chaque Elève; les autres seront débi- tés au profit de leur» auteurs. Cependant nul ouvrage ne pourra être imprimé sous le nom de l’Ecole, s’il n’est auparavant approuvé et tiié par le Censeil «L’Instruction publique. 21 II. Du Professeur d’Anatomie, Le Professeur d’Anatomie dans l’espace d<5 trois années enseignera l’Anatomie de tous le* animaux domestiques, et particulièrement celle du cheval, du bœuf, et des brebis. La de- scription des parties sera suivie de l’explica- tion de leurs fonctions et usages , avec toute la précision , et toute la clarté possible, évi- tant toutes les questions physiologiques trop minutieuses , douteuses , ou trop scientifiques. Pendant l’hiver il exercera les Elèves dans les dissections anatomiques , et dans l’ouverture des animaux vivans, pour faire mieux connaî- tre certaines parties aux Elèves. H sera spé- cialement chargé du soin de faire préparer les squélettes , les vaissaux, les nerfs , les musc- les , et autres parties à conserver dans le ca- binet anatomique. Outre l'Anatomie proprement dite, il ensei- gnera aussi la conformation extérieure des ani- maux 4 il indiquera les attentions que l’on doit avoir dans leur emplette pour se garantir des fraudes des maquignons, les cas de ou indemnité à l’occasion des contrats. Il donnera atissi un traité d’Hygie.ine vé- îérinaire , et un des haras. Dans le premle# il enseignera la manière de soigner les ani- maux domestiques pour les conserver en santé, et par conséquent la manière de les nourrir, de les panser, et de les faire travailler ; dans le second il traitera de l’accouplement, de la manière d’en élèver les produits , et de le* avoir meilleurs , et en plus grand nombre. L’art de ferrer, qui tend à la conservation du pied, faisant partie de l’Hygieine , sera aussi du ressort du Professeur d’Anatomie. Il se rendra à l’École au moins cinq foi» par décade pour y donner ses leçons , et pour préscrire aux Étudians ce qu’ils doivent étu- dier , ou anatomiser sous la direction du Pro- fesseur extraordinaire. Il proposera au Conseil d’instruction publi- que !es dépenses qu’il croira nécessaires an- nuellement pour les instrumens, les matière» des injections, et les animaux destinés à Fa* natomie. III. Du Professeur de Pratique. Le Professeur de Pratique expliquera les gaîtés de toutes les maladies tant externes 22 23 qu’internes des animaux domestiques, en com- mençant par les notions générales pathologi- ques , pour traiter ensuite particulièrement d’abord des maladies externes , puis des in- ternes en s’étendant principalement sur les maladies épizootiques et sur les contagieuse*. Il fera journellement les visites à l’hôpital aux heures fixées pour l’instruction des v«* dans la Clinique. IV. Du Professeur de Botanique. Le Professeur de Botanique donnera au* Élèves les élémens de cette science, et dan* la saison convenable il leur fera connaître dans le jardin botanique et dans les champs, et par les caractères propres tant généraux que particuliers , les plantes qui servent de nourriture ou de remede aux animaux , et celles qui leur sont nuisibles , ou vénimeuses. Et afin que les Etudians apprennent à con- naître principalement par leur port lesdites plantes , et surtout les graminées, les chico- racées , et les papilionacées , qui servent d® nourriture principale aux animaux domestiques, il sera bon qu’il en fasse cultiver une certain# 24 quantité en autant de compartîmens séparé* espèce par espèce , et variété par variété. V. Du Professeur Adjoint. Ce Professeur répétera et expliquera alter- nativement les leçons des Professeurs d’Anato- înie et de Pratique , et les suppléera en cas d'empêchement; il assistera aux dissections ana- tomiques , et enseignera aux Elèves la manière de les faire. 11 surveillera la conduite morale et instru- ctive des Elèves , et il aura l’inspection éco- nomique sur les dépenses minutieuses de PE- cole. * Il se rendra de tems à autre au Réfectoire pendant le dîner et le souper des Élèves pour y maintenir le bon ordre , et au besoin faire droit à leurs plaintes contre le Maître d’hotel par rapport à la quantité, et à la qualité des alimeng. Il surveillera les Etudians dans leurs cham- brées pour savoir s’ils se lèvent et se couchent $.11 x heures fixées. 25 VI Des Étudians, L© Conseil d’instruction publiqu© est chargé de l’admission des Etudians à l’Ecole sur la présentation qu’ils feront de certificat d’étud© et de moralité , et il leur donnera aete de cette admission. Il pourra en cas de négligence dans l’étude , d'inconduite , ou d’indiscipline incorrigible, renvoyer les Elèves, et procéder à une nouvelle admission. Nul Élève ne sera admis à l’École vétéri- naire avant l’âge de quinze ans. Chaque Elève devra avoir étudié au moins la grammaire , et en présenter les certificat» des Professeurs publics , sous la direction de» quels il aura fait ses études. Au défaut de ce certificat il sera examiné par les Professeur» sur les langues Italienne , et Française. A la moitié de l'année les Étudians seront examinés par les Professeurs réunis sur les traités qui leur auront été expliqués jusqu’a- lors ; et à la fin de l’année ils subiront un au- tre examen dans lequel ils seront interrogés non seulement sur les traités qui leur auront été expliqués pendant le second semestre, mais 26 Aussi sur ceux du premier. La meme règle sera observée dans la seconde et troisième an- née. Il sera jugé de leur habileté à la plura- lité des suffrages sécrets. A la fin de chaque année deux prix seront distribués l’un pour l’Ânatomie , et les autres parties enseignées par le Ptofesseur d’icelle , et l’autre pour les diflérens traités de Patholo- gie vété inaire. Ces prix seront ou en une mé- daille d’argent , ou en instrumens , ou en li- vres theoniques qui seront distribués à ceux des Etudia us qui dans un concours public au- ront mieux exposé et démontré une partie des matières apprises pendant l’annee , indiquée par le sort. Les prix seront adjugés à la pluralité des suffrages par les Professeurs de l’art de guérir de l’Athénée, et les Membres de la classe des sciences exactes de l’Académie des Sciences , et de la Société d’Agriculture , qui sur l’invi- tation du Conseil d’instruction publique vou- dront y assister. Les Etudians de la seconde année ne seront point admis au prix de la première, ni ceux de la troisème à celui de la seconde : mais ceux de la première année pourront concourir .pour le prix de la seconde, et ceux de la se- conde pour celui de la troisième. 27 Tou* les Étudians qui auront mérité de* prix, ou qui se seront fait distinguer pendant le cours de leurs études, recevront en se ren- dant dans leurs Communes respectives une médaille d’argent, où leur nom sera gravé. Les Etudians entretenus à cette Ecole ou aux dépens de leurs Communes, ou à leur pro- pres fraix, seront tous soumis aux mêmes loix tant par rapport aux études que par rapport à la discipline. Lorsqu’il se présentera des Etudians pauvres qui annoncent des talens distingués, et qui ne seraient point en état de supporter tous les frais de leur entretien , il leur sera accordé des secours sur les fonds disponibles de l’Ecole. Les Etudians seront logés en chambrée*, lesquelles seront surveillées chacune par ufe Chef que le Conseil nommera parmi les Etu» dians les plus anciens , et les plus distingué* par leur bonne conduite. Ils devront tous se coucher , et se lever à la même heure , aller à l’Ecole, suivre les visites à l’Hôpital aux tems déterminés , y re- ster avec respect et obéissance envers les Pro- fesseurs , et il leur est défendu de tenir des lampes dans les chambrées après le signal du coucher . de dîner , ou de coucher hor* de l’Ecole sans une permission expresse. 28 Le matxa aussitôt qu’ils seront lèves ils de- vront faire chacun son lit, et il leur est dé- fendu de salir les meubles , les murailles etc. Lorsqu’il sera cassé des vitres, ou fait d’au- tres dommages , tous ceux de la même cham- brée seront tenus d’en payer en commun la. valeur , à moins qu’on ne fasse connaître l’au- teur du dommage. Nul Etudiant ne pourra retenir dans les chambres des armes à feu, même déchargées, des stylets ou couteaux à fourreau, des sabres ou épées , ou autres semblables armes. Il est défendu de jouer dans les chambrées, ou dans l’Ecole à aucun jeu. Tous les Elèves àuront un habit uniforme semblable à celui des Elèves de l’Ecole Vété- rinaire de Gharenton. VII Des Employés subalternes. L’École Vétérinaire établie dans le local du Valentin aura, outre les trois Professeurs ordi- naires , et un extraordinaire, un Portier, un domestique , un Maître d’hôtel, chargé de la nourriture des Elèves à un prix fixe qui sera convenu et arrêté par le Conseil d’instruction publique. Il y aura aussi un nombre convena- ble d’infirmiers et de Palefrénier* affectés au service de l'Hôpital vétérinaire, et de la forge du Marêclial-ferraht, lor*qu’elle sera établie. 29 VIII Du Maître dr Hôtel. Le Maître d’Hôtel fournira aux Étudians au prix convenu la quantité et qualité d’alimens déterminée , tant pour l’état de santé qu’en, «as de maladie. Il sera chargé de l’approvisionnement de tous les meubles et utensiles de table, excepté le* tables et les bancs du Réfectoire qui seront fournis par PÉcole. Les domestiques qui ser- viront dans la cuisine et au Réfectoire seront aussi à sa charge. Il lui est défendu de donner à manger ou à boire aux Etudians au-de-là de ce qui est convenu, pendant qu'ils seront à la table com- mune , et en tout autre tems sans se faire dé- bourser de suite le prix, sous peine de perte pour lui. Les Étudians qui sans un motif légitime tar- deront un quart d’heure après le signal de la cloche à se rendre à table, perdront leur portion, Le Maître d’Hôtel ne pourra prétendre au- cun payement pour les jours où les Étudian» n’auront pas mangé à la table commune, lors- qu’il y aura cinq jours accomplis. 30 IX Du Portier. Le Portier aura la garde des portes , ne lais- sant sortir aucun Etudiant, excepté dans les heures fixées, ou ceux qui en auront rapporté la permission par écrit ; il ne laissera sortir ni paquet, ni cassettes, ni malles sans la per- mission expresse du Professeur extraordinaire. Il tiendra note de tous ceux qui se retire- ront plus tard qu'aux heures fixées , pour la donner chaque jour au Professeur susdit. Il est chargé de donner par le son de la «loche le signal du léver, et du coucher, du dîner , de l’entrée et de la sortie de l’Ecole , d’allumer, et d’éteindre les lampes aux heures déterminées , de nettoyer les vestibules , les portiques , et la grande cour. Il ne permettra qu’aucun Étudiant soit dé- tourné de l’Ecole , ou des autres occupations dans le teins des leçons. 31 X Du Domestique. Les fonctions du domestique sont de balayer, et tenir proprement les chambrées , de faire les commissions que le Professeur adjoint sera dans le cas de lui donner , et surtout de ser* vir les Étudians malades. XI De VHôpital Vétérinaire. Dans cet Hôpital seront reçu* non seulement les chevaux malades de la Cavalerie Natio- nale , mais aussi ceux des Particuliers , les mulets et les autres animaux domestiques. Les chevaux de la Cavalerie Nationale y seront entretenus aux fraix des Corps. Des Militaires invalides seront destinés pour les garder et les soigner. Les animaux des Particuliers seront nourris, gardés , soignés par PEcole moyennant une pension discrète qui sera fixée suivant les cir- constances , mais qui n’excédera jamais les 3o sols de Piémont par jour , et par tête. Le Commissaire de Police, chargé de la 32 surveillance pour la santé publique aux mar- chés du Faubourg de la Doire , et de Monca- lier , sera invité à faire passer à l’Hôpital vé- térinaire tous les animaux domestiques quel- conques qui seront reconnus suspects, ou atta- qués de maladies contagieuses sur les susdits marchés, ou chez les Particuliers. Us y seront reçus et traités aux fraix des Propriétaires au prix ci-dessus fixé jusqu’à leur entière guéri- son , mort , ou occision lorsqu’elle sera jugé* nécessaire. . L’Hôpital sera divisé en plusieurs écuries distinctes. Les unes seront destinées aux ani- maux affectés de maladies non contagieuses , d’autres aux contagieuses. Ces dernières seront éloignées des premières; leurs gardes ne pour- ront communiquer avec ceux des bon conta- gieuses. Mais comme les maladies contagieuses «ont de différentes espèces , il y aura pour chaque espèce des écuries séparées. XII Surveillance. Le Conseil d’instruction publique, chargé de l’Inspection supérieure de FEcoIe Vétéri- naire , veillera à l’exacte observance des Ré- 33 glémens tant de la part des Professeurs f qui des autres Employés et Étudians de FEcole. Lorsqu’il reconnoîtra de la part des Profes- seurs de la négligence dans l’accomplissement de leurs devoirs, il en fera part à l’Admini- strateur Général , dont il recevra les détermi- nations pour remédier aux abus. Quant aux autres Employés subalternes , le Conseil d’instruction publique en cas d’inca- pacité ou de négligence pourra les congédier ®t les remplacer. Vu et approuvé Par l’Administrateur Général Signé JOURDAN. Wi'iCAi I.:;;