$m m NATIONAL LIBRARY OF MEDICINE Washington Founded 1836 U. S. Department of Health, Education, and Welfare Public Health Service LA FIEVRE JAUNE, Qivi y a régné épidémiqiiement, durant VEté et VAutomne de 1819. LU ET APPROUVE DANS SA SEANCE DU 21 MAI 1820, EN PRESENCE DE MR. ROUFIGNAC, MAIRE, NO UVELLE- ORLEAA'S : Imprime par James M'Karaher, rue de Chartres No. 46. Mutationes anni temporum maxime pariunt morbos : et in ipsis tempo' ribus magna-mutationes aut frigoris, aut coloris, et aliapro ratione eodem modo.—-Hyp. Aph. 1er. 3e. ch. Il n'existe pas de causes plus puissantes de maladies que les in- tempéries des saisons, et que les g ; ndes variatio s du froid au chaud, et dis ai la même journée, que les observations météo- rologiques sont indispensables dans la pratique de la Médecine. [ Voyez Je Tableau ci-joint.] OBSERVATIONS GENERALES. Le Printems fut sec, les vents souvent à l'Est ou au Nord, mais faibles. L'Eté, pluvieux, orageux, les vents généralement Sud ou calme. Pendant l'Automne, i\ y eut presque constam- ment du beau teins, peu de pluie, les vents du Nord régnèrent à un faible de.ré. OBSERVATIONS JSlETEOROI.OGia^ES faites à la Nouvelle-Orléans, pendant l'année 1819, par B. Lafon, Ingénieur Géographe, au coin des rues St. Louis et Bourgogne ; les instruments fixés au niveau des eaux hautes du Mississipi. MOIS de PAnnée. Thermo-mètre. Hygromètre. Baromètre. ETAT DU CIEL. Xoinbrc de Jours VAIUATIOSS des Vents. Force. ^ 1 FLEUVE. Marée Couleur des Eaux. Météores, Nombre de jours. s SEC. HUMIDE E b B B 6 3 O Q u s à 1 3 *? B CD 1 "ri Nombre de Jouis. Nombre d: Jours. 1 'ê3 B 3 m ta 1 W c o H 1819. 1 s 3 S 'c S 1 i S 3 S s 3 Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet Août Septembre Octobre Novembre Décembre 70' 74 79 82 84 89 88 85 86 83 77 70 41' 48 45 50 71 74 73 76 69 44 53 37 21 34 9 26 15 17 24 1.5 2 0 0 0 0 0 0 0 0 0 3 1 34 32 23 7 3 25 26 30 23 17 21 30.. 170 30 . 050 30.. 000 29.. 920 29.. 30u 29.. 900 29.. 400 29.. 350 29.. 551 30.. 075 30.. 000 30.. 600 29.. 040 29. 230 29.. 000 29.. 000 28.. 900 28.. 050 28.. 850 29.. 000 28.. 950 29.. 100 '.9.. 075 29.. 175 8 14 10 15 1 7 5 ] 11 16 15 14 10 7 9 3 6 3 10 10 6 6 5 13 7 10 9 6 8 18 13 7 6 9 11 10 10 13 10 1 4 7 9 17 U 11 19 11 12 13 11 4 10 10 7 6 11 12 9 9 6 \ \ 7 9 18 5 4 4 5 2 12 7 3 1 3 3 5 1 4 7 7 3 4 3 « 14 19 12 6 6 10 15 7 1 2 2 4 4 7 20 23 15 1 pieds 10 stationaire stationaire 2 pieds 8 10 13 14 i plus grde. haute haute jaunes do. trou. do. a a do. do. u j. vertes vertes do do. 2 2 5 5 10 5 6 1 2 6 2 1 3 12 8 6 1 3 1 4 Récapitulation 89 37 34 34 30.. 600 28.. 050 117 75 117 125 116 77 41 99 100 10 14 i haute jaunes 5 34 42 5 Observations Générales. Les Instruments dont on s'est servi, sont de la construction de Gilbert #• Gilkerson, à Londres, et très-exacts. Le thermomètre est de Farenheit au mercure. L'Hygromètre est à barbe de paille d'avoine, et réglé sur le terme moyen d'un grand nombre d'observations ; il est au centre d'n cercle dont une moitié marque le sec et l'autre l'humide. Les mois non-complets, à la colonne de l'état du ciel, indiquent ceux pendant lesquels il n'y a pas eu d'observations de faites. Nota.. Le cours des vents a été pris sur la marche des nuages el par une girouette. Les observations Thermométriques ont généralement été faites tous les jours, et principalement de 6 heures du matin à 6 heures du soir. ( ?) L'Hiver fut peu rigoureux, malgré la persistance du vent de Nord : le tems était couvert le plus sou- vent, les brouillard- fréquens. I e fleuve ne monta pas autant que les années précédentes, la crue de ses eaux fut de dix pouces moins élevée, devant la Nouvelle-Orléans. Les fruits manquèrent généralement, ce qui fut occasionné par une gelée noire, qui eut lieu vers le milieu du mois de Mats. Les insectes étaient en très grand nombre à la ville et à la campagne ; ils firent périr une grande quantité d'animaux sur les habitations. Les mouches et les moustiques étaient considé- rablement plus grosses que les années précédentes. CHAPITRE DEUXIEME. Epoque de la première apparition de la Fièvre Jaune, ses développemens successifs, tems où elle a pu être considérée comme epidemique, durée de cette consti- tution, et description tte la maladie. D'Après les recherches faites à cet égard, il ré- sulte que sa première apparition remonte au 7 de Mai, où un nommé Mr. John Gifford en fut affecté et en mourut ; qu'ensuite elle se manifesta chez un autre qui en fut également victime, coi tinua d'une manière sporadique, en augmentant progres- sivement, jusqu'au commencement d'Août, tems où les malades se multiplièrent tellement, à la viile et dans l'hôpital, que dès lors on dut nécessaire- ment la considérer comme epidemique, dura avec beaucoup d'intensité jusqu'au commencement de Novembre, époque où le nombre des malades di- minua d'une manière sensible jusqu'à la mi-Dé- cembre, qui peut en être regardée comme la termi- naison définitive. La maladie s'annonçait ordinairement par un malaise général, qui existait quelquefois plusieurs (8) jours avant l'invasion, particulièrement chez les in- dividus d'une faible constitution et qui ne présen- taient pas une prédominance du système sanguin : chez ceux au contraire qui offraient cette prédo- mit ance et revêtaient des formes athlétiques, elle débutait brusquement, et souvent au moment où ils paraissaient jouir d'une santé florissante, elle commençait le soir, ou dans la nuit, parfois le ma- • tin. Les principaux symptômes qui la caractéri- saient généralement étaient les suivans : face rouge ou vultueuse, rarement jaune, frisson suivi d'une chaleur vive, conjonctive injectée, yeux brillans et Jarmo) ans, forte fièvre, langue saburale au centre, d'un rcuge vif sur les bords, souvent nausées, dans plusieurs cas vomissemens verdâtrcs, céphalalgie très intense, douleurs contushes aux membres, plus marquées aux lombes et à l'épigastre, consti- pation, presque toujours chaleur et sécheresse de la peau. Dans la deuxième période les accidens s'aggra- vaient de plus en plus ; dans un petit nombre de circonstances cependant, il y avait une rémission, qui faisait concevoir l'espérance illusoire d'une gué- rison prochaine, et ne tardait pas d'ordinaire a être suivie des symptômes les plus alarmans ; tels que vomissemens noirs ou sanguinolens, céphalée, sou- vent délire furieux ou comateux, face jaunâtre, di- minution dans la sécrétion des urinés. La troisième période était principalement carac- térisée par les vomissemens continuels, le hoquet, les hémorrhagies passives du nez, des lèvres, et de l'anus chez les hommes, et du vagin chez les fem- mes, la persistance du délire et l'entière suppression des urines, la couleur jaune générales mais plus prononcée aux parties supérieures, lespétéchiesou taches gangreneuses, la figure décomposée, le pouls fébrile chez quelques-uns, naturel, lent, petit ou à ( 9) peiné sensible chez d'autres ; les forces musculaires persistaient quelquefois jusqu'au dernier moment. La marche de c^tte maladie n'a pas constam- ment été aussi régulière que nous venons de la dé- crire; dans certaines circonstances les périodes n'ont pu se distinguer, et la mort est survenue presque dès l'invasion, dans d'autres cas les mala- des on! guéri après avoir éprouvé les s\ mptômes les plus formidables. Habituellement, lorsqu'elle de- , vait avnt également été recommandés, de même que l'attention d'éviter les excès en tout genre. Les moyens curatifs prnéralernent usités, se com- posaient, à la prr n ière pérn de, < e boissons adou- cissantes .laxatives, de iime parles légère? avec les acides citrique-, acétiques, ta.tariques, muriatiques, sulluriques, &c. (le lavemens du même eenre répé- tés fréquemment, et rendus laxatifs au moyen o'une infusion de casse, de fomentaii» ns et cataplasmes émolliens à l'épigastre ; dans quelques cas d'affu- sions et aspersions d'eau froide, de brins de pieds synapisés selon l'indication ; les saignées, qui en 1817 et plusieurs autres épe)ques, avaient été lé plus souvent nuisibles, ont réussi cette année dans quelques circonstances; niais il fallait les prati- quer tout à fait à l'invasion et chez des sujets plé- toriques, et elles ont paru en général, plus convena- bles au commencement que vers la fin de l'épidé- mie, d'après la remarque de notre vénérable dojen le Ur. Dow. Les légers purgatifs salins ru acidulés, compo- sés de sulfates de soude < u de magi ésie, de tartiite acidulé de potasse, de nitrate de potasse de pulpe de tamarins et de cas^e, kc. ont constamment été très indiqués jusqu'à la deuxième période ; les anti- spasmodiques, tels que l'éther sulfurique, le musc, l'ammoniaque et autres, étaient utiles des l'inva- sion chez des personnes irritables et nerveuses ; le dernier, administré à haute dose dans une infu-ion théitormede fleurs de sureau, a, d'apiès divers rap- ports verbaux, arrêté quelquefois la marche de la maladie, par l'abondante transpiration qu'il déter- minait. Les bains tièdes répétés journellement, ont dans quelques cas produit de bons effets. ( 11 ) Pendant la deuxième période, la méthode, yatra- îeptique, comme l'observe judicieusement le doc- teur Trabuc était lapins convenable, eu égard à la difficulté qu'épiouvaient les malades de conserver dans l'est >mac les médicament avalés, qui étaient le plus souvent reietés par le vomissement. Ainsi, des frictions pratiquées avec le vinaigre mêlé d'eau ou s.«turées de rnuriate ele soude, des tranches de ci- tron, la déeoction de quinquina acidulée, ou animée par le rnuriate d'ammoniac, &.c. ont été employées avec des su ces avancés. Lessynapismes arnbu- lans, les vési< atoires sur l'estomac, arrêtaient quel- quefois le vomissement, qui se jouait presque ,011- joars îles différens moyens internes, tels c|ue l'anti- émélique de rivière, l'opium et autres anti-spasmo- diques, qu'on a fréquemmeni essayés alors. Il en était aini du hoquet opiniâtre, lequel, comme le premier, nous semble devoir plutôt céder à l'appli- cation des ventouses aux diverses légions de l'ab- domen, qu'à tout autre remède. Lorsque l'estomac supportait les boissons, on a remarqué que celles contenant du sraz-acide-car- bonique, et principalement le vin de Champagne et la bière mousseuse, ont produit de bons effets. Dans la troisième période, la plupart des moyens indiqaés dans la deuxième étaient continués ; on y ajoutait dans un grand nombre de cas, la serpen- taire de Virginie, la décoction de quinquina acidulée avec l'acide sulfurique, les lavemens analogues et parfois opiacés, &c. &c. Le Docteur Conant a ob- servé de bons effets alors, chez des individus lym- phatique-, de pilules composées de rhubarbe, mer- cure doux et camphre, à petites doses, afin de tenir le ventre libre. Le quinquina a obtenu des avan- tages entre les mains du Docteur Fortin ; presque tous les autres praticiens l'ont vu le plus souvent échouer. C 12) La suppression d'usines a été combattue par les demi-bains tiédes, les boissons diurétiques dans lesquelles entraient le nitrate et l'acétate de po- tasse, aidées desynapismes aux lombes. Le Doc- teur Martin a en ployé avec quelques succès dans cette circonstance, une émulsion contenant de la racine de persil, et des compresses d'eau froide, souvent reuouvellées, sur la région hypogastrique. Quelques-uns ont essayé la méthode Anglaise par le mercure ; elle a presque toujouis été infruc- tueuse. CHAPITRE QUATRIEME. OBSERVATIONS PARTICULIERES. Première observation, par Monsieur Conant. Le 18 Juillet 1819, je fus appelé par Mr. Lagrée, lieutenant du navire l'Adèle, arrivé de Nantes de«; puis peu de t ms. Ce jeune homme était âgé de 25 ans et d'un tempéramment bilioso-sanguin. De- puis sept heures du matin il était affecté d'une fièvre avec un léger frisson qui avait duré près de trois heures, il y avait céphalalgie, face vultueuse, yeux rouges, brillants, ne pouvant supporter la lu- mière, langae rouge autour, un peu saburde au ten re, nausées, et parfois vomissement de matières glaireuses, douleurs lombaires et à la région épi- gastrique, pouls assez développé sans être dur. La fièvre diminua pendant la nuit. Deuxième jour, à midi : mêmes symptômes, légère hémorrhagie nasale, constipation : tisannc émoliente et limonade de tamarin, lavemens, diète. Troi:ième jour : légère hémorrhagie nasale com- me la veille, quelqueo nausées, anxiété. Minoratif de casse et tamarin en quatre doses, qu'il vomit peu après. Jugeant indispensable de débarasser (13) les intestins, je prescrivis un loock, composé de deux onces d'huile de palma-christi et une once si- rop fleurs d'oranges, en plusieurs doses ; il en con- serva une partie, mais il n'avait encore eu qu'une selle à midi, où je trouvai la face très animée et le pouls plus développé. J'ordonnai alors dec fomen- tations émolientes sur l'abdomen, des lavemens de trois en trois heures, et une limonade de ta- marin. A ma visite du soir, le malade avait eu plusieurs vomissemens, et ne pouvait demeurer sur son séant sans éprouver des nausées et des faiblesses. Ce- pendant l'huile de palma chiisti avait produit six selles bilieuses assez abondantes. Quatrième jour, au matin : le malade m'a dit avoir passé une mauvaise nuit très agitée, le pu de sommeil qu'il a eu, élait accompagné de rêves fatigans : les yeux sont toujours tiès rouges, la dou- leur d'estomac avec nausées et vomissemens glai- reux, continue, il y a un peu de délire accompagné d'un état d'engourdissement des organes des sens ; les urines sqnt rares, il se refuse à prendre ses bois- sons: prescrit une potion anti-sp ismadique à pren- dre par cuillerées de deux en deux heures jusqu'à ce que la douleur dVstonac soit di ninuée ainsi que les vomissemens ; cet effet a lieu à 5 heures de l'après midi, mais la tête étant toujours embar- rassée, je fais appliquer des cataplasmes svnapises aux pieds, qui ont paru donner plus de netteté aux idées du malade ; les lavemens d'infusion de casse et de graine de lin, sont admi ùstrés de irois en trois heures. Il éprouve du debout pour les ali- mens, qui se composent de crèmes de riz et de pain. Cinquième jour: la nuit a été mauvaise, et sans sommeil, il délire de tems à autre, les vomissein :• s ont recommencé, la douleur épigastriqae est Lies C 14 ) intense, la langue rouçe et dépouillée de son état sabural, la peau prend une couleur jaunâte, sur: tout au cou : j'ordonne deux onces d'huile depa/rna-r christi qui sont vomies peu après leur administra? tion, presqu en totalité. Désirant obtenir quel? ques évacuations je fais prendre une eau ele casse et de tamarin ; ce laxatif ne détermine que deux évacuations bilieus; s. Le malade est morose, ta- citurne; son pouls moins développé; la perte des forces se prononce de plus en plus, avec anxiété. Sixième jour: la nuit a été très orageuse, le dé- lire piPKpie continuel ; il a eu huit vomissemens bruns et grisâtres, et se refuse à prendre les bcùs- sons et les remèdes; il n'urine qu'en rendant ses lavemens ce qui m'empêche d'observer la nature de s-js urines. Il conserve ses facultés intellec- tuelles, ayant cependant un air étonné et rêveur ; la douleur de l'estomac e=t excessive lorsque j'ex- plore cette région ; son état d'affaissement est tel que l'on est obligé de le soutenir pour lui donner ses boissons. A une heure après midi il a perdu connaissance, et est tombé peu après dans un état comateux. Le Docteur Trabuc que j'ai eu occa- sion de voir quelques heures après, tt auquel j'ai parlé de ce cas a désiré le voir ; nous y sommes allés à 5 heures et l'avons trouvé à peu près dans le même état. L'ictère était prononcé à la face, mais beaucejup plus encore au cou et à la poitrine. En lui demendant avec force de montrer sa langue, il l'a sortie, elle était très rouge et tremb ante de même que la mâchoire inférieure, et il a oublié de la re- tirer, malgré que nous lui disions de le faire. La garde malade avait conservé les matières des \ omissemens, qui se se>nl succédés fréquemment depuis midi ; elles étaient couleur de marc de café. J'avais aussi ordonné de garder les urines, mais il n'a pas uriné depuis hier soir. J'ai observé des taches pétéchiales pourprées sur les bras et les ( 15) avant bras. Fu égard à la continuation de l'état de stupeur j'app'iquai des vésicatr>ires aux jambes en les saupoudrant de camphre, afin de neutraliser l'action des canlharides sur la vessie ; j'employai des f mentatie>ns émollitntes sur la région hypo- grastiqve, et une tisarne analogue par rapport à l'irritation qui se remarquait à la langue, en y a- joutant quelques goûtes d'esprit de nitre dulci- fié ; des frictions a\ec le suc de citrons ou d'o- range;- aigres joints à une fort- déduction de quin- quina can pi ré sont pratiquées de pvis dtix jours; quelques bouillons de pain et d'e)seille étaient la seule nourriture prescrite. J'ai remarqué une grande dilatatum de* pupiles. J'appris par la garde malade, le lendemain matin, que son e'tat avait toujours empié après ma visite tm soir ; qu'il avait eu plusieurs vomissemens noirs mêlés, de sang, auxquels avait suceédé l'ago- nie et enfin la mort entre onze heures et minuit. Deuxième observation, par Monsitnr Trabuc. Le 2 1 Aeut 181P, je fus appelle peur donner fnes Retins à Mr. E......Américain, âgé d'environ virgt ans, tempéramment sanguin, caractère gai esprit vif et pénétrant, taille me)yenne, cheveux châtain clair. Ce jeune homme avait quitté la campagne depuis peu de trms, et n'avait jamais témoigné de crainte de la fièvre jaune, même depuis qu'elle était devenue éphamique. Un frisson léger s'était déclaré pendant la nuit et avait été remj lacé par une chaleur vive à toute la périphérie Ou corps, par une céphalalgie toujours croissante et des douleurs lombaires très intenses. Lors de ma première visite je trouvai la figure en- flammée, le pouls élevé et fréquent, les conjonc- tives injectées, la langue rouge sur ses bords et li- moneuse au centre, l'état de la peau, de la tête et ( 16 ) des rein?, tels que je viens de les décrire, et des nausées qui augmentaient sensiblement par la plus légère pression de la région épigastrique. I e ma- lade était altéré, mais il craignait de boire de peur d'exciter des vomissemens. Par les renseignemens que je me procurai, je sus qu'il s'était inconsidérément exposé à l'action du soleil, et que des hémorrhagies nasales auxquelles i' avait été sujet les années précédentes, ne s'é- taient point manifestées dans le courant de celle- ci. En conséquence, je n'hésitai pa<* à lui tirer douze onces de sang du bras, et le mis immédiatement à l'usage d'une limonade de tamarin et de tartrite acidulé de potasse, édulcorée avec la mêlasse. J'ordonnai un lavement avec une décoction de graine de lin et une once de rnuriate de soude, et recommandai le plus grand silence dans son ap- partement, ainsi que des aspersie>os d'eau froide plusieurs fois répétées, sur le plancher. A ma vi- site du soir je trouvai le malade à pm près dans le même état. 1 e lavement avait évacué les gros in- testins, la céphalalgie éb-it légèrement augmentée, ainsi que la douleur de l'épigastre et des lombes ; il y avait eu quelques vomit uritions et des sécrétions d'urine de couleur naturelle ; le pouls ayant conservé sa dureté je rouvris la veiné, et laissai ceader huit once s de sang. Le malade parut cette fois en é- prouver un sejulagement marqué, par la diminution du mal de tête et de la chaleur meudicante de la peau. La même limonade fut continuée et j'or- donnai un lavement émollient ainsi que la diète la plus sévère. Second jour : la nuit agitée, des rêvasseries, du délire même, point de transpiraliem ; la douleur ele l'épigastre plus prononcée, des vomissemens verdâ- tres et souvent répétés, les mines abondantes, la langue moins rotige sur les bords mais plus jaune au centre, les conjonctives plus injectées que la veille, 1rs yeux brillants. Quelques soupirs s'étaient échappés involontairement ; cependant le malade conservait sa gailé et ne manifestait aucune crainte. J'ordonnai un purgatif salin, composé ainsi qu'il suit : R. Sulfate de soude et de magnésie, a a - 6 gros, Tartiite acidulé de potasse - - - - 2 gros. Nitrate de potass?. ------ 36 grains. Mêlasse, trois cuillerées. Eau, six onces. à prendre par trois cuillerées d'une heure à l'autre* Le soir: le laxatif avait procuré sept à huit selles plus ou moins abondantes, quoiqu'une des doses eut été rejetée par le vomissement ; le ventre était souple mais douloureux à sa partie supérieure ; la céphalalgie persistante. La deiuleurde la région lombaire semblait augmentée ; l'état de la conjonc- tive et de la langue était le même ; le pouls moins élevé, moins dur, mais ayant la même fréquence. J'ordonnai un bain de jambes synapisé : il de* vait être répété dans le courant de la nuit. La li- monade de tamarin fut continuée ainsi que les la- vemens. Troisième jour : le malade n'avait pas eu un seul instant de sommeil ; la douleur de i'épigastre et celle des lombes ava ent plus d'intensité, les vomissemens avaient été plus fréquens tt mé!és de quelques stries noires, les urines moins abondantes que la veille La chaleur de la peau était moins acre, mais sans diaphorèse ; la conjonctive jaune, les dents sales, les gencives engorgées, les soupirs plus nombreux et plus profonds ; point d'évacua- tions alvines. La céphalalgie plus supportable; C ( 18) Cependant quelque chose d'extraordinaire danal l'ensemble des tiaits du visage, et parfois un rire sardonique fait pour e xciter des craintes ; le pouls moins fréquent et moins dur. J'appliquai immédiatement des ventouses suif l'épigastre et repris l'usage de la potion taline pur- gative. A midi, bandes jaune sur le cou, vomissemens noirs très copieux, agitation extraeudinaire, selles félidés et claires, urines rares, peaii sèche mais m ins ardente, céphalalgie diminuée, douleurs de l'estomac et des lombes comme dans la matinée. Frictions répétées sur tout le corps avec l'acide citrique ; lavemens avec une décoction de quin- quina rouge. A sept heures du soir Pictère s'était étendu sur la poitrine, les yeux avaient perdu leur éclat extra- ordinaire, les vomissemens étaient moins foncés, les mines moins rares, les doulems de l'épigastre et des reins sensiblement diminuées, le pouls plus ré- gulier. Le malade avait eu quelques instants de sommeil et le lavement avait procuré une selle co- pieuse. Quatrième jour : ictère général, cessation des vomissemens ainsi que des douh urs épigastriques et lombaires, nuit tranquille, pouls régulier quoi- que faible, langue naturelle, respiration libre, uri- nes troubles et abondantes. Info ion de serpen- taire de Virginie avec quelques goûtes d'acide mu- riatique, \inde Madère par cuillerées, continuation des frictions sur la peau. Cinquième jour : aphexie complette, gaité re- venue, légère diaphorèse ; quelques tasses de crème de riz aromatisée, continuation de l'infusion de serpentaire de Virginie, ( 19) Dès le soir du même jour, le malade est entré en convalescence, elle n'a été troublée par aucun accident. Troisième observation, par Mr. Miltenberger. Je fus appelle le 1er: Septembre 1819, par Vlr. D____habitant, pour donner mes soins à son fite cadet, âgé de lu ans, créole de ce pays, d'où il n'é- tait jamais sorti, d'un tempérani nent milieux, et doué de beaucoup de vivacité et d'ardeur pour le travail. Il avait été atteint à trois heures du matin, d'une forte fièvre avec une grande altération, et avait vo- mi les aliuiens qu'il avait pris la veihe. A sept heures du matin, moment de ma pre- mière visite, j'observai |es symptômes suivans : Fièvre très intense, pouls tendu et accéléré, peau brûlante, langue jaune au milieu, rouge sur les bords. Il se plaignait de la tête, des reins, de l'es- tomac et des cuisses ; les yeux étaient abattus, et la faiblesse assez marquée. Je prescrivis, quel- ques tasses d'infusiem de camomille dans la mati- née ; une tisanne d'orge, un bain de pieds et un lavement dans l'après midi. Deuxième jour : la nuit a été agitée et sans sommeil, il est très altéré, et éprouve quelques nau- sées; U fièvre continue, le pouls est profond et tendu, la figure hâlée, la chaleur de la peau est acre et ardente ; il y a céphalalgie, douleur aux reins et à la région épigastrique. Minoratif composé de pulpe de cas-e, de tama- rin, et sel d'épsum dont il vomit une parue, et qui cependant produit quelques selles bilieuses ; crème de pain. Après midi : eau de poulet nitrée, bain de pieds ( 20 ï synapisé, lavement sero, émulsion d'amandes éthé- rée, frictions de vinaigre aux reins et aux extrémités. La fièvre continue toujours avec la même intensité, de même que la prostration des forces. Tioi-ième jour : nuit inquiétante, peu de som- meil, rêvasseries avec mouvemens de frayeur, al- tération, nausées, hémorrhagie nasale, fièvre, peau âcré et brûlante, respiration profonde, langue sa- burale, faiblesse. Limonade avec l'acide sulfuri- que, bain de pieds synapisés, lavemens. A midi : mo'ns de fièvre, pouls dilaté, faciès meilleur, langue blanchâtre, saburale, teint jaune, ventre souple, hémorrh.'gie nasale dans la matinée. Dix-huit crains d'ipécacuanha qui déterminèrent trais vomissemens glaireux et bilieux, et quelques sellas bilieuses. Le soir : pouls petit, figure hâlée, faiblesse, quelques vomissemens glaireux ; la tête est un peu embarrassée. Vésicatoires aux jambes, potion nitrée et cam- phrée, limonade avec i'acide sulfurique, cataplasme sur le bas ventre, frictions de vinaigre chaud sur les reins et les extrémités. Quatrième jour : nuit très agitée, nausées, sui- vies de vomissemens noirs, hémorrhagie nasale, douleur aiguë à ia région épigastrique, pouls petit mais naturel, figure affaissée, crainte de la mort, facultés intellectuelles intactes, l'einture de café avec l'acide citrique, lavemens de décoction de quinquina acidulée avec le vinaigie, frictions sem^ blaoles, limonade de citron. A 10 heures du maiin : seconde dose de la tein- ture de café acidulée, &c. Dès le moment oùii a commencé à prendre cette ( 21 ) teinture, les vomissemens ont cessé, et les forces ont augmenté ; les vésicatoires ont bien pris. A onze heures : consultation avec 'es Docteurs Dow et Trabuc ; on arrêt* qu'un apozcme com- posé de valérianne et quinquina orangé sera admi- nistré en boisson, et secondé de frictions de décoc- tion de quinquina rouge animée avec l'alcool cam- phré et le sel ammoniac, et de lavemens de décoc- tion de quinquina et vipérine. Après midi : vomissemens noirs, délire, rétention d'urines ; il ne prend ses médicamens que de force. Deux autres doses de la teinture de café qu'on lui avait fait avaler, oni été vomies immédiatement après : continuation des autres moyens. Cinquième jour : pendant la nuit il a eu des mouvemens convulsifs toutes les fois qu'on a es- sayé de lui faire prendre quelques médicamens, ce matin, stupeur, coma, pouls petit et profond, respi* ratir>n difficile avec anxiété, langue noire, vomisse- mens et selles idem, taches bleuâtre sur le corps, figure décomposée. Continuation des mêmes moyens et de plus ; po- tion anti-spasmodique, synapismes aux pieds, fo- mentations d'une décoction de graine de lin nitrée et animée d'alcool camphré, à la région pubienne. A cinq heures du soir : il a un peu uriné, conti- nuation. Dans la nuit, le délire et les convulsions aug- mentèrent de même que les vomissemens, et il mourut à cini heures du matin, au commence- ment du sixième jour. ( 22 ) Quatrième observation, par Monsieur Martin, Je fus appelé le premier Septembre* 1819, au Soir, près du nommé César, jardinier chez Mr. Guerlain, à une lieue de la ville ; cet homme est natif de (ïenève, âgé de 2° ans, d'une f >rte consti- tution, tempéramment bilieux, et arrivé dans ce pays depuis quatre mois seulement. J'observai les symptômes suivans : pouls élevé, langue pâle et muqueuse, nausées ; il se plaignait en outre aepuis la veille d'un mal aise et frisson al- ternatif, et éprouvait une yive douleur à la télé et aux reins. Je prescrivis une boisson acidulée pour la nuit e% un lavement. Deuxième jour : céphalalg'e plus forte de même que la douleur lombaire, chaleur à la peau, pouls dur, cemiée injeciée larmoyante, langue muqueuse au milieu, rouge sur les bord-. Il prend un laxatif composé de casse et crème de tartre en plusieurs flôses, qui procure des selles copieuses ; pour ti- sanne une limonade de tamarin et un lavement le soir. Troisième jour : beaucoup d'agitation la nuit dernière, continuation des symptômes, avec nau- sées fréquentes. Infusion de vipérine et sel d'épsum donné en dif- férentes dose*, qui procurent plusieurs selles dans la journée, lavement de casse le soir, limonade pour boisson. Quatrième jour : agitation la nuit, symptômes augmentés d'intensité, suppression des urines, poule irrégulier. Tisanne d'orge nitrée, fomentations sur le bas ventre, ayec la décoction de graine de lin, poùoa ( 23 ) composée d'une émulsion contenant de la racine de persil, du camphre et du nitre. A une heure après midi : le malade a uriné ; il éprouve néanmoins une douleur considérable à l'épi- gastre, et vomit environ une pinte et demie de ma- tières noires. Infusion légère de quinquina et vipérine acidulée avec l'elixir sulfurique, à petites doses répétées d'heure en heure, limonade de tamarin, lavement de décoctiori de quinquina le soir. Cinquième jour : il a eu du délire et de l'agitation pendant la nuit ; hoquet, difficulté de parler, pouls ir- régulier, faiblesse, vomissemens arrêtés^ Continuation des mêmes moyens. Sixième jour : diminution des symptômes, moins de dureté dans le pouls, plusieurs évacuations alvines dans la journée, ictère prononcé. Continuation—deux lavemens. Septième jour : mieux sensible ; continuation. Huitième jour : cessation des symptômes, pouls presque naturel, légère transpiration, faiblesse. Continuation de l'infusion de quinquina et des la- vemens, tisanne vineuse. Neuvième jour : bien. Dixième jour : convalescence. Cinquième observation, par Monsieur Thomas. Catherine, Allemande, âgée de quatorze ans, d'un tempéramment sanguin et arrivée récemment d'Europe, tomba malade le 8'Septembre 1819, et me fit appdler à deux heures après midi. J'observai les symptômes suivans : Face vultueuse très animée, céphalalgie et douleurs lombaire on ne peut plus intense, langue rouge sur les (24) bords, blanche et saburale au centre, plaintes conti- nuelles, yeux brillans et larmoyans, pouls fréquent et fort, air effrayé, douleur légère à la région épigastrique, peau sèche et brûlante. Je pratiquai immédiatement une saignée du bras, et ordonnai une limonade de tamarin nitrée et des lave- mens d'eau de casse. Deuxième jour : fièvre intense et les autres symp» tomes de la veille, douleur épigastrique sensiblement augmentée. Lrxatif salin composé de sulfates de magnésie et de soude, nitrate de potasse et é'a e de potasse à prendre en quatre doses, même tisanne et lavemens. Soir : fièvre un peu moindre, dailleurs même état. saignée du pied dans l'espérance de déterminer l'appa-1 j.ition des règles, cataplasme émoliient sur l'estomac. Troisième jour : les menstrues n'ont pas paru, il f a cependant une rémission. Continuation du laxatif salin, tisanne d'orge ni- trée, compresse d'oxicratsur la tête tu égard à la per- sistance de la céphalalgie, irictions d'oxicrat avec adi- tion de rnuriate de soude, sur la périphérie, bain dé pieds synapisé serô. Quatrième jour : le mieux parait se soutenir; mêmes moyens. Cinquième jour : idem. Sixième jour : la nuit précédente, fa garde s'étant endormie, le feu a pris à une caisse placée dans la chambre de la malade et dans laquelle était un flam- beau ; celle-ci q»i conservait de la force, s'est levée effrayée, et est descendue dans la cour, d'où on l'a reportée dans son lit sans connaissance ; cela joint à la nouvelle de la mort de son père qu'elle reçut hier soir, et qui a été également victime de l'épidémie, dé- termine chez elle une révolution terrible. J'observer ( 26) ce matin : langue d'un brun foncé, lèvres saignantes, ictère étendu, avec de larges bandes jaunes sur les côtés du cou, douleur d'estomac insupportable au tact, air épouvanté, pouls faible et fébrille : infusion de serpentaire de Virginie aci- dulée avec l'acide sulfurique, tisanne d'orge1 aussi acidulée, lavemens de décoction de quinquina, fric- tions générales avec des tranches de citrons. Soir: elle est très mal, et présente plusieurs ta- ches gangreneuses, entr'autres aux aines ; conti- nuation des mêmes moyens et de plus synapismes. Morte le septième jour, à six heures du matin. Sixième observation, par Monsieur Martin. Le 9 Septembre, je fus appelé chez Mr. Prados pour donner mes soins au nommé Peter, Allemand, âgé d'environ 16 à 17 ans, depuis peu de tems en cette ville, d'une faible corstitutiùn, malade delà veille. Il se plaignait d'une céphalalgie aiguë, de dou- leurs aux lombes et à l'épigastre: la langue était jaune au milieu, rouge sur les bords, les conjoncti- ves injectées, le pours dur, la peau sèche et chaude. Je prescrivis une potion de casse et crème de tartre à prendre en plusieurs doses, et une limo- nade de tamarin. Soir : il a vomi une partie de la potion laxative, le reste a produit peu d'effet : lavement de casse. Troisième jour de l'invasion, 2e. visite: conti- nuation des symptômes, nausées fréquentes. J'administre deux onces d'huile de palma-christi avec le sirop de fleurs d'oranger, qu'il rejette de suite par le vomissement ; alors je lui fis prendre deux doses d'un minoratif salin, qui procurèrent plusieurs selles noirâtres et fétides ; une troisième D (26) dose fut vomie immédiatement après son adminis- tration : potion camphrée et musquée à prendre par cueillerées, limonade de tamarin, lavement le soir. Quatrième jour : légère agitation pendant la nuit ; ce matin le pouls est moins dur, et les envies de vomir moins fréquentes. Continué la même boisson, deux lavemens dé casse : quelques s .lies dans la journée. Cinquième jour : céphalalgie meâns intense, vo- missemens rares ; cependant suppression des uri- nes. Tisanne d'orge nitrée. fomentations de décoction de graine de lin au bas ventre, lavement émollient. Soir : les urines sortent facilement, le malade a plusieurs selles, est plus tranquille et n'a point de vomissemens : continuation des mêmes moyens. Sixième jour : agitation pendant la nuit ; les urines sont ele nouveau supprimées ce matin; vo- missemens noirs mêlés de sang. Je continue les moyens sus-mentionnés. Septième jour: mêmes symptômes, le malade est très mal ; j'apperçois une petite tumeur à la joue droite, sans changement de couleur à la peau, il dit éprouver de la douleur aux dents. A midi : la tumeur a considérablement aug- menté, elle est merlle de couleur violette, froide au tact ; il sort de la bouche un sang corrompu, la tête est embarrassée, le malade ne peut rien avaler. Cette tumeur s'est étendue sur toute la face et le col, et il est mort à ciuq heures du soir. Une heure après, la couleur qui était violette s'est changée en jaune foncé: la marche rapide de ce symptôme que je n'avais jamais obseryé, m'ayanfe ( 27) paru devoir fixer l'attention, je l'ai communiqué immédiatement à plusieurs de mes confrères. Septième observation, par Monsieur MiUenbf-rger. Mademoiselle Antoinette S......âgée de 16 ans, d'un lempéramment sanguin, habitant ce pays depuis s x un is seulement, époque ou elle vint du nord Amérique, demeurant élans une habitation si- tuée vis-à-vis la ville, rive opposée du fleuve, tomba malade le 9 Septembre dans la nuit, et me présenta au matin les symptômes suivans : Fièvre intense avec plénitude du pouls, face et yeux très rouges, langue comme enflammée, peau brûlante : elle se plaignait en outre de fortes dou- lems à la tête, aux rein;, à l'esto nac et à tout le coips, et avait ses menstrues depuis vingt quatre heures. Tisanne d'orge avec ta fleur de tilleul, bain de pieds et lavement émo'lient. Deuxième jour : continuation de la fièvre, et des autres symptômes, respiraùon pénible avec quel- ques nausées suivies de vomissemens dans la jour- née. Mêmes moyens, le bain de pieds synapisé. Troisième jour : nuit très agitée, respiration pro- fonde, langue saburaie et persistance des autres symptômes de la veille, menstrues presque totale- ment terminées. Laxatif salin édulcoré avec sirop ordinaire, li- monade de tamaiin, lavement, et bain de pieels synapisé sera. Soir : elle a été bien évacuée par le laxatif. Quatrième jour : nuit assez tranquille et pen- dant laquelle elle a eu une selle bilieuse noirâtre et (28 ) une hémorrhagie nasale abondante, peu de fièvre, figure pâle, langue saburale, yeux injectés, cépha- lal i moins intense, gêne dam la respiration. Continué le laxatif salin et les autres moyens. Cinquième jour : vomissemens noirs dans la nuit accompagnés d'une douleur très vive à l'épigastre aux iciiis et à la tête, d'insomnie, d'urines rares, et d'héme rrhagie nasale ; fièvre légère. Synapismesaux pieds, potion camphrée et nitrée, eau de poulet nitrée, frictions avec l'infusion de vi- périne et le vinaigre, lavement de décoction de quinquina. ,. A mi Ji : consultation avec le Docteur Lacroix ; nous cij. utons au traitement un apozème composé de oécocûon we quinquina et vipérine acidulée. Sixième jour: vomissemens noirs dans la nuit, et veis le jour un biieux; état de siupeu/ et somno- lence, pouls un peu éievé, figure affaissée, respira- tion profonde, dou eurs épigastriques ; les syna- pi- nies avaient proeiuit de l'effet. r Minoratif de sel d'épsum et tamarin, qui l'a purge bien. Le soir : pouls plein, fièvre, embarras du cerveau, délire. Vé-àcatoires camphrés aux jambes, cataplasme sur le bas ventre, et les autres moyens continués. Septième jour : nuit très agitée, fièvre, difficulté d'uriner, plaintes réitérées, douleurs epigastriejues excessives, respiration difficile et douloureuse ; il n'y a pas eu de vomissement. Levé et pansé les vésicatoires qui ont bien pris, continué les autres moyens. Le s >ir : mieux sensible, légère moiteur, peu de fièvre, le pouls développé. (29) Huitième jour : sommeil pendant la nuit, urines abondantes, langue humectée. Mêmes moyens ; crème de riz et eau rougie. Neuvième jour : continuation du mi^ux être gé- néralement ; elle ne se plaint que de ses vésica- toires. Pansé, infusion de quinquina et vipérine seule- ment, pour médicamens. liouillou, crème de riz, eau rougie. Dixième jour : convalescence. Huitième observation, par Monsieur Dupuij. Mr. B. Marseillais, âgé d'environ dix neuf ans, élève pharmacien, en cette ville, depuis deux mois, avait conservé sa santé ordinaire, jusqu'au 22 Sep* tembre à dix heures du soir, qu'il fut brusquement saisi par la fièvre ; demi heure après, je le visit â et observai : face vultueuse, conjonctive injectée larmoyante, horripilation avec une espèce de sueur froide, douleurs articulaires et contusives de tout le corps, seniment de plénitude du thorax, région épigastrique un peu tendue et douloureuse, poufs petit, mou, et peu accéléré. Infusion de thé éthéré, Uniment avec de l'huile camphrée sur tout l'abdomen. Deuxième jour : le matin, consultation avec le Docteur Dow, doyen de nos praticiens ; faciès d'étonnement sans être animé, céphalalgie intense, langue muqueuse, grand battement des artères temporales (expression du malade,) douleur lom- baire très forte, épigastre dewleureux, légère envie de vomir, pouls grand, plein et accéléré, peau brû- lante et humide. Saignée au bras, d'environ huit onces ; bain de ambes s>napisé, eau de casse et lavement purgatif. (30 ) Pans la journée le vomissement se déclara et rien ne pouvait passer: la matière vomie et rendue par les selles était un composé d'alimens non digérés et bagnes dans un liqni le grisâtre. Nous essayâ- mes de lui faire prendre une poudre de calomélas avec du sucre, le vomissement augmenta. Epithème opiacé, nulle boisson ne peut passer. Soir: fièvre augmentée ainsi que tous les symp- tômes. Troisième jour : peu de sommeil pendant la nuit, peau brûlante et sèche, face un peu animée et d'étonnement, langue blanchâtre, rouge sur les bords, lombago intense, (expression du malade,) plénitude du thorax, pouls pleia et accéléré, esto- mac toujours très irritable, vomissemens, et sur- tout -elles noirâtres, crachottement. Anli-émétique de Rivière qui fut toujours rejeté, epithème comme la veille ; fiictions d'uue once et demie d'onguent mercuriel sur les extrémités, la- vement un peu vinaigré et camphré. Quatrième jour: sommeil de quelques heures, d'ailleurs mêmes symptômes ; vomisseaiens d'un liquide noir el poisseux, selles nombreuses et de la même couleur, blanc des yeux jaunâtre ainsi que le pourtour des lèvres; fomentations énollientes sur l'abdomen, qui n'est point tendu mais dou- louroux ; désirant procurer promptement une sali- vation ; frictions mercurielles deux fois par jour, avec une once d'onguent chaque fois. Le soir : selles très fréquentes sans augmentation du ciachottement. Cinquième jour: nuit très agitée, ptyalisme, grande sensibilité à la régiem épigastrique, faciès d'élonnement, délire sourd, urines supprimées, ban- des jaunes au cou, langue jaunâtre, rouge sur les C 31 ) bords, goût cuivré, peau humide et par moment froide aux extrémités, pouls petit, mou, irrégulier et lent, raisonnement sain ; il se plaint de faiblesse et désire des toniques ; soupirs et larmes, vomisoe- mens continuels. Large epithème opiacé et éthéré, anti-émétique de Pivière, mais le malade ne peut rien boire sans le vomir immédiatement, cependant il garde deux cueillerées de crème de pain. Une friction mer- curielle. Sixième jour : agitation et parfois délire furieux durant la nuit, réponses saines néanmoins ; il des- cend de son lit, s'habille complètement, veut cheicher un autre logement ; à six heures du ma- tin je le trouvai qui allait sortir ; il conservait ses facultés mentales et me demanda si je désespérais de son état ; ses yeux étaient cependant égarés, il n'urinait point, soupirait fréquemment, et présen- tait un ictère verdâtre au col et à la poitrine, des taches pourprées ; quelques goûtes de sang sortaient de la bouche et du nez. H se déshabilla en ma présence pour se remettre au lit, la pulsation des artères de l'avant-bras était insensible, je cherchai vainement et à plusieurs reprises à trouver le pouls aux radiales ; les carotides n'avaient qu'un mouve- ment de fourmillement : cependant le malade par- lait avec force ex vivacité. A midi : même état, point de pouls aux radiales, réponses fortes et assez saines, tentative de s'ha- biller pour sortir.......il échappe à sa garde, sort et cherche un logement moitié habillé : étant ramené il perd connaissance à deux heures, et meurt à trois heures et quart. (32) Neuvième observation, par Monsieur Thomas. * Monsieur Lérond, Fiançais, depuis un mois à là Nouvelle Orléans, d'un tempéramment sanguin-bi- lieux,âgé de' vingt-cinq ans, d'une ceuistitution ath- létique, eloué de beaucoup de vivacité, tomba ma- lade subitement le 22 Septen bre au seàr, et me fit appeler immédiatement. J'observai les symp- tômes suivans: face rouge e t animée, yeux brillans, huîTiides; douleur violente à la tête et aux lombes, langue légèrement brunâtre au centre, d'un rouge vif sur les bords, fièvre i< trnse avec pouls dur et développé, peau sèche et chaude. Espérant que si je pouvais d'-terminer pendant la nuit une abemdante transpiration, il en résulterait un effet favorable, je prescrivis deux tasses d'infu- sion chaude de sureau, p;i-es à un quart d'heure d'intervalle, avec adition dans chacune d'elles de quinze goûtes d'ammoniaque liquide. Deuxième jour au matin : la transpiration a été telle qu'il a mouillé huit chemises ; cependant à l'exception de la fièvre qui est un peu diminuée, tous les autres symptômes persistent avec violence; les yeux sont louges, ce qui était peu sensible hier soir. Je pratique une saignée d'au moins trente onces de sang et prescris une limonade de crème de tar- tre nitrée, et des lavemens laxatifs. Soir : amardement dans les symptômes ; même tisanne, deux lavemens dans la nuit. Etant moi même tombé malade ce soir-là, le t)octeur Martin continua à le visiter à ma prière, * Cette observation est incomplette parceque son auteur est tombé malade le troisième jour de la maladie de celui qui en fait le sujet ; elle n'est citée qu'a cause de l'abondante saignte qu'il pratiqua le deuxième jour. ( 33) et pendant le tems qu'il lui donna ses soins ainsi que le Docteur Cnnant, qui le vit également peu de jours après, il se manifesta m'ont-ils dit, plu- sieurs de? accilens graves de la fièvre jaune, tels que crachement de sang, vomissemens noirs, selles sanguinolentes, suppression d'urine, et hoquet : et lorsque mon étai me permit de le revoir, ce qui n'eut lieu que le 9 Octobre, je le trouvai en conva- lescence. Dixième observation par Monsieur Fortin. Monsieur Nicolas Fo/tin habitant depuis douze ans au chemin de Gentilîy à deux milles de la Nouvelle-Orléans, âgé de cinquante ans, d'un tempéramment bilieux-nerveux, fit appeler le 17 Novembre Mr. Conant, qui ne put se rendre chez lui que le lendemain 18, et qui reçut du malade le rapport suivant, sur la cause supposée de sa ma- ladie. La veille, un de ses esclaves lui ayant manqué, il se mit en colère contre lui ; peu d'heures après il se sentit mal à la tête et un frisson qui le força à se mettre au lit, et qui dura deux heures. Au fris- son succéda une forte fièvre avec chaleur et séche- resse de la peau, douleurs lombaires et à la ré- gion épigastrique. Deuxième jour : première visite de Mr Conant, fièvre forte, pouls développé, céphalalgie augmen- tée douleurs lombaires, insomnie, la langue dans ï'état naturel. Il prescrit la limonade d'oranges cuites, et l'eau de poulet nitrée alternativement ; synapisines aux pieds. Troisième jour : même état, respiration pénible, point de sommeil, anxiété, la langue très légèrement saburale : layement émoi lient, eau de poulet ni- trée. E (34) Quatrième jour eh' grand matin, je fus appelé avec VIr. Conant, nous trouvâmes le malade ;iv c une fièvre ns-ez forie, le pouls était dé eloppémais mou, et offan' très peu de r' ista ce à la compres- sion, le malade ^e pi ûgnait de. nausées, et vorniî n notre pivscece, et pour la première fois, des m >.- tières noirâtres et mêlées de péîits caillots de sang; la langue peu saburale les urines rares, a rég on épigastrique très sensible au iouch«r, I s douleurs lombaires et celles des extrémités inférieures tou- jours très fortes. < es symptômes ne nous laissèrent aucun doute -ur la naître de la maladie, et noos fumes confirmés dans l'opinion que c'était vraiment la fièvre jaune, par ump el'e ele même nature (nie le V'-mipsement L'oppression était augmentée ainsi que l'anxiété et les angoisses du malade. Purgatif de sels neutres combinés, tisanne d'orge nitrée. I e purgatif produit huit à neuf selles aqueuses et brunât es ; point île soulagement, pas une ponte d'urine. '1 isanne de mauve et d'orge pour la nuit, deux lavem ns de casse, fomentations émollientes sur l'épigastre. cataplasme synapisé sur les hypo- condres. Ordonné le même purgatif salin pour le lende- main maiin Cinquième jour : quatre selles de même nature que les premières, très médiocres et fétides ; deux ou trois vomissemens mêlés de cai'lots de sang, continuation de la suppression d'urines, beaucoup d'anxiété, de douleur à l'édigastre par la compres- sion ; injection jaune de la cornée, ictère à la face et à la poitrine, langue humectée et dans l'état na- tinel ; larges pétéchies au de)s sur le sternum et l'abdomen, angoisses inexprimables, douleurs gé- nérales, pouls petit et faible, diminution des forces musculaires. C 35) Tisanne émolliente, lavement et fomentations de même ; aucun espoir de sauver le malade. dixième jour: écoulement par les narines d'une humeur acre et j,amarre, persistance de !a suppression d'urines, douleurs plus intenses à la région épigas- trique : le malade glisse continuellement au pied du lh, ses souffrances le mettent au désespoir, il appelé la mort, et conserve tout son jugement. La circulation n' ;rrive plus aux extrémités qui deviennent froides, il s'dffaibiit rapidement, et expire à onze heures du soir CHAPITUE CINQUIEME. Analogies et dffire-ws principales, entre Pépidêmie. dt loU» el ceile de 1817. De même qu'en IH17, la fièvre jaune de 18l9.se manifesta sporadiquement dès le mois de Mai ; mais, plie devint plutôt epidemique la première année, puis- qu'on iu regarda comme telle au mois de Juillet, tan- dis qu'eiie°n'cut cette dénomination en 1819, qu'au coauuencemeet d'Août, ce qui semblait indiquer une pins grande intensité dans les causes, lors de la pre- mière épidémie. < ependant, l'influence de çellts-ci se soutint pendant beaucoup plus de tems la dernière lois, car la premiè. e, on considéra cette épidémie ter- minée en Octobre, pendant que celle de lt-19 dura jusqu'au mois de D- cembre. Le plus grand nombre des personnes affectées dans les deux circonstances, étaient Européens ou Américains du Nord nouvellement arrivés ; néan- moins quelques-uns résidans dans le pays depuis longtemps, en ont été victimes, ainsi que plusieurs créoles de la Nouvelle-Orléans ou des environs. En 1817, on ne cite pas un seul nègre qui ait été attaqué de la maladie, tandis qu'il en est mort quel- ques uns en 18 ^ 9 particulièrement parmi ceux ré- cemment arrivés du Nord ou des lilmois. (36) La dernière épidémie a été moins meurtrière chez les femmes ainsi qu'en 1817, malgré que plusieurs de celles qui ont guéri, aient éprouvé les symptômes les plus alannans; la nature avait chez elles plus de res- sources, et secondait panois avec succès, les efforts de l'art. En 1819, comme en 1817, l'invasion avait lieu ordinairement d'une manière brusque et inatendue chez les individus robustes et sanguins, chez d'autres elle était précédée par un dér ngement dans les fonc- tions ; comme insomnie, anorexie, tristesse, Lssitude au méandre exercice &c. ; dans ces derniers cas la maladie était grave suns doute, elle parcourait ses pé- ri d s, mais elle étair suivie de moins de danger, et sa terminaison était plus souvent heureuse. Que quefois un calme momentané et perfide a fait renaître l'espérance dans le cœur des malades, qui éprouvaient un amendement si sensible, que plusieurs se croyaient guéris, et s'imaginaient ressentir le besoin de prendre de la nourriture ; mais cette amélioration n'était que passagère et apparente, la plupart des sujets chez lesquels elle a été observée, ont succombé au moment ou l'on s'y attendait ie moins. Pendant l'épidémie de 1819, le hoquet, le délire, et les convulsions, ont été plus rréquents qu'en I b 17, surtout à la seconde et troisième période. En 1817, les fièvres annuelles et intercurentes é- taient assez commune* au commencement de l'épidé- mie, laquelle les influençait tellement ensuite qu'elles revêtaient plusieurs de ses caractères : en i 819, il a existé peu d'autres maladies dans l'été ; la fièvn j,une a régné presqu'exclusivemuit, ou u éclipsé toute* ies autres, r ^ (37) CHAPITRE SIXIEME. Quesiions sur la contagion ou non contagion de la Fièvre Jaune, et leur solution. La fièvre jaune est elle contagieuse ? peut elle être importée ? Ces questions d'une haute importance par le résul- tat que doit produire leur solution, ont tenu longtcms en suspends un grand nombre d'uiustres observateurs, dont les recherches semblent devoir amener de nos jours, une décision qui ne Lasse plus aucun doute. Les causes connues du développement de la fièvre jaune, d'après les auteurs qui les premiers ont écrit sur cette maladie, d'après d'autres plus modernes, et d'après une fouie d'observations laites pendant les dernières épidémies ; ces causes, dis-je, sont la cha- leur brûlante des mois de Juillet, Août, et Septembre, rendue plus insupportable par les vapeurs que les pluies fréquentes occasionnent, surtout dans les pays chauds et marécageux. Car il est remarquable que dans ces climats, malgré leur excessive chaleur, 1 hu- midité de Pair est toujours très considérable. On a observé que \à fièvre jaune se développe, lors- que de grandes chaleurs sont précédée par des pluies abondantes, et que ce développement n'a lieu que pendant la saison la plus chaude, quand l'air atmos- phérique, à raison de l'action combinée des vapeurs nocturnes et de la chaleur excessive, est véritablement suffocant. C'est lorsque les marais se dessèchent, c'est-à-dire lorsque l'action d'une chaleur ardente combinée avec l'humidité, ou lorsque les pluies sont suivies et alternent avec une chaieur brûlante, que cette maladie exerce ses plus grands ravages. Si on joint à ces causes générales, les circonstances de localités particulières inhérentes aux différens lieux ou règne tjabituellement la fièvre jaune, on aura toutes les rai- (33) sons sur lesquelles on peut appuyer le développement de cette maladie. On trouvera dans Pngnrt, Gilbert, Vulentin, De- vze. et Dalmas, une description exacte et véridiquede tous les faits relatifs aux conditions de localité et aux influences de l'atmosphère et du climat, avec des dé- tails très e'tendus et très circonstanciés, que ne peut comporter la brièveté de ce rapport. Cette influence simultanée d'une élévation considé- rable delà température et des vapeurs qui en résultent, est confirmée par les observations des praticiens de tous les temps, et doit être pour tous une forte raison de croire que la fièvre jaune a une origine constitution- nelle. Nous avons dit, qu'indépendemment de l'humidité et des vapeurs marécageuses unies a la chaleur, des circonstances de localités concourent au développe- ment de la fié vie jaune. Ces circonstances se trou- vent en grand nombre à la Nouvelle-Onéans, et sont énumérées avec tout ie détail convenabie dans le ena- pitre suivant, de même que les meilleurs moyens d'y porter remède. Dans les lieux ou règne la fièvre jaune, elle se déve-i loppe et continue ses ravages, pendant les mois d'Eté, et d'Automne, elle cesse, et on ne là voit jamais du- rant les autres saisons. Il est si vrai que le développe- ment de l'épidémie est constamment lié à une chaleur humide, que l'observateur peut en prévoir la cessation et le retour, en remarquant l'état de l'atmosphère ; cette vérité s'est démontrée d'une manière frappante, pendant celle de 1819 ; elle avait commencé vers la fin du mois de Juillet; à la mi-Octobre, un froid ri- goureux pour la saison, s'étant fait sentir pendant l'es- pace de quelques jours, plusieurs médecins annoncè- rent que ses ravages allaient diminuer, ce qui arriva en effet ; mais peu de tems après, les pluies ayant recommencé, et ayant été suivies d'une forte chaleur, f ?9) les mêmes médecins prédirent le retour prochain de l'épidémie, qui ne manqua pas de justifier leur pré- diction. Elle reparut avec une nouvelle intensité, et continua pendant tout le mois de Novembre, et une partie de Décembre, enfin jusqu'à ce que le froid se fut prononcé d'une manière soutenue. Cette observation nous parait de nature à lever tous les doutes qui pourraient encore rester, sur la vérité incontestable que la principale cause de fa fièvre jaune, dépend de la chaleur unie à Vhumidité ; ce lait prouvé, fovorise complettement l'opinion d'une nature constitutionelle, et contredit celle d'une na- ture contagieuse. Nous allons maintenant chercher à démontrer, que rette natute contagieuse n'existe réellement pas, que son importation nous parait im- passible, et qu'elle est contredite par tant de faits, qu'on n'a pas de raisons plausibles pour la sou- tenir. En effet, qu'elle est la contagion, celles de la va- riole ou (U la peste par exemple qui respecte certaines saisons, et qui ne fasse quelquefois plus de ravages en Hiver et au Printems qu'en Eté et en Automne ? " Dans le voisinage des individus attaqeiés par une " maladie contagieuse," dit Russel, "desquels il ex- " haie des principes contagieux, les exhalaisons sont " copieuses et n'ont subi aucun changement, et c'est " un fait hors de tout doute, que nombre d'individus " ont gagné la peste, en se promenant seulement dans " la chambre des pestiférés. Nous pouvons en dire " autant de la variole, de la wUaeole, &e\" Mais peut on citer sur la fièvre jaune Un seul fiât analogue ? non sans doute, tandis qu'on en peut rapporter mille con- traires, et nous en ferons bientôt connaître un grand nombre. Nous ajouterons que non seulement la fièvre jaune èommence à se développer aux endroits chauds et hu- ftudes, non seulement elle règne avec plus de violence (40) dans les villes ou l'exposition, la température, et di- verses circonstances de localité, donnent plus d'activité à la combinaison de l'humide et du chaud, mais en- core les épidémies de cette fièvre sont circonscrites à ces lieux ; elles ne s'en éloignent point, ou du meâns fort peu. Cette assertion confirmée par les auteurs qui ont écrit sur cette maladie, a été démontrée jus- qu'à l'évidence, toutes les fois que la fièvre jaune à sévi à la Nouvelle-Orléans ; jamais elle ne s'est éten- due à plus d'un mille ou deux au delà de ses fau- bourgs, jamais les campagnes n'en ont été atteintes. Nombre d'individus, à la JNouvellc-Orléans, ont été attaqués de la fièvre jaune, à des époques diver- ses, et se sont retirés à la campagne ; plusieurs y sont morts, sans communiquer la maladie aux habitans. 1 .e transport des marchandises, des comestibles, des denrées de toute espèce, s'est fait, sans inttTruption par les embarcations qui naviguent sur le fleuve, et par les voitures, dans le tems des épidémies, et la ma- ladie ne s'est pas montrée pour cela dans la campa- gne ; plusieurs habitants appelés pour leurs affaires à la ville, pendant qu'elle y exerçait ses ravages, y sont venus inconsidérément, y ont contracté la fièvre jaune, sont retournés chez eux, et sont morts au sein de leurs familles, sans qu'aucun de ceux qui les appro- chaient ou It urs donnaient des soins, en aient été at- teints. Si on veut que h fièvre jaune soit de nature à être importée, on doit convenir que son miasme est du nombre de ceux qui peuvent résister à un long voya- ge, qu'il est durable et cornnuinicable au souverain degré. En supposant tout cela, comment concevoir que le même miasme perde son action en passant des lieux humides aux lieux secs ? comment se tait- il que le miasme ne dure pas au delà de l'Eté et des chaleurs de l'Automne ? comment concevoir égale- ment, que par le fait des migrations, du commerce des individus sains avec les malades, pur l'effet du contact (41 ) des hts, des cadavres des infectés, cette maladie ne se soit pas propagée ? cependant nous ne manquons pas de f its qui déposent en faveur de ce que nous avan- çons, il n'est par un praticien de cette ville qui ne puis- se en fournir beaucoup de preuves. Qui n'a pas connu des familles très nombreuses et très resserrées dans leurs maisons, qui ont vu mourir parmi elles quelques individus de la fièvre jaune, sans que les autres l'aient contractée, sans qu'ils en fassent même menacés ? qui n'a pas vu des femmes chari- tables prodiguer des soins de toute espèce, sans au- cun égard au plus ou moins grand nombre de ma- lades affectés de la fièvre jaune, sans en être at- teintes ? qui ne sait que les médecins, les minis- tres du culte, lès gardes malades, les parents, les amis des infortunés attaqués de la fièvre jaune, leurs administrent des secours sans aucune précau- tion, et ne la contractent pas d'avantage pour cela ? Ces faits sont connus de tout le monde, et un autre qui ne l'est pas moins, et qui pour être admis n'a besoin d'aucune hypothèse, c'est que dans beau- coup d'autres circonstances, la maladie ne s'est pas propagée malgré la communication la plus im- médiate des personnes saines avec les malades^ malgré le grand nombre d'individus qui se sont ex- posés à la prétendue contagion. La fièvre jaune régnait à Philadelphie en 1793: on envoyait souvent au même hôpital des person- nes attaquées d'une autre maladie, qui étaient placées dans les mêmes salles et servies en com- mun avec les malades de la fièvre jaune ; on les couchait même quelquefois dans des lits, d'où peu de momens auparavant, on avait enlevé les cada- vres des victimes de la fièvre jaune: eh bien ! au- cun de ces malades, suivant les observations ocu- laires de Mr. Devèze, ne fut atteint de la fièvre jau- ne, et leurs maladies ne changèrent aucunement de caractère. F (42) Lorsque l'épidémie fut terminée, on accofda le même hôpital à l'administration du gouvernement Français, pour y recevoir les marins et les mili- taires réfugiés de St. Domingue ; les fournitures de lits et autres effets du même hôpital, servirent tout de suite après, sans avoir été désinfectés, à une grande quantité de Français affectés d'autres mala- dies. Parmi un nombre d'individus aussi considé- rable, il devait s'en trouver qui fussent prédisposés à la maladie ; cependant pas un ne la contracta. En 1799, la fièvre jaune se développa en mer, à bord de la fiégate Green; dès qu'elle fut arrivée à New-York, on transporta cent malades à terre. On ne prit relativement à la maladie aucune précaution pour l'empêcher de se répandre ; néanmoins les malades ne la communiquèrent à personne, ni à l'hôpital ni dans la ville. Ces observations qui contredisent si formelle- ment l'opinion du petit nombre de ceux, qui re- gardent encore la fièvre jaune comme contagieuse, ont également été faites par Mr. Valentin à Nor- folk, où personne n'eut la maladie, ni pour avoir communiqué avec ceux qui en étaient affectés, ni pour s'être servi des mêmes effets, ni pour s'être couchés dans le même lit, ni enfin par la dissection des cadavres. Il existe une autre observation non moins con- cluante, qui a été faite non-seulement par les méde- cins mais par tous les habitans des vihes où a règne cette maladie ; c'est que les indigènes, et les per- sonnes qui ont passé beaucoup d'années dans les lieux où elle se développe, ne ressentant pas l'in- fluence du climat, n'en sont pas ordinairement at- teints, à quelques exceptions près et encore en très petit nombre. (43 ) Les étrangers an contraire sont presque tous af- fectés de la fièvre jaune lorsqu'elle existe épidémi- cmement, quelque soit le degré de santé dont ils jouissaient auparavent. Parmi le grand nombre d'habitans de St. Do« mingue qai résident à la Nouvelle-Orléans, pas un seul ne fut atteint de la fièvre jaune en 1819, pour- quoi ? parceque le corps humain s'habitue par un long séjour au climat, et que cela donne le même privilège que si on y était né. Il nous parait maintenant indubitablement prou* vé que cette maladie dépend des influences atmos- phériques locales ; et ce qui confirme cette opinion d'une manière victorieuse, c'est que les colons eux mêmes, qui en général n'y sont pas exposés, sont susceptibles de la contracter, si après s'être absentés pendant quelques années du lieu de leur naissance, ils y reviennent lorsqu'elle y règne ; c'est que les habitans des campagnes peuvent également en être atteints, s'ils viennent au séjour de l'épidémie dan3 le tems qu'elle exerce ses ravages.. Ainsi la fièvre jaune, attaque seulement les étran- gers et les nouveaux débarqués ; elle épargne pres- que constamment ceux qui ont habité pendant quelques tems dans les climats chauds, et ont pu se naturaliser. Pi donc par le séjour dans le pays, si lorsqu'on est acclimaté, on devient exempt de la fièvre jaune, même lorsqu'on ne l'a jamais eue, qu'elle raison n'avons nous pas de croire que l'origine de la ma- ladie est due à une cause constitutionelle ? quelle puissante raison pour combattre une origine con- tagieuse ! En effet : quel est le lieu, quel est le climat dont le séjour puisse exempter de la variole, de la rou- geole, &c. lorsqu'on n'a pas éprouyé ces maladies ? ( 44 ) est-il un praticien qui cite un seul exemple ana- logue ? en est-il un seul qui ne soit convaincu du contraire. Il s'en sirt donc naturellement de tout ce que nous venons de dire, épie les causes productrices de la fièvre jaune, résident dans l'humidité combinée avec la chaleur brûlante de l'atmosphère, et des circonstances locales ; il s'ensuit que la fièvre jaune n'est pas contagieuse, et qu'elle ne peut-être im- portée. CHAPITRE SEPTIEME. Moyens hygiéniques proposés pour empêcher, ou au moins prévenir autant que possible, le développe- ment de la Fièvre Jaune (i la Nouvelle-Orléans. La véritable économie, fille de l'intégrité des magistrats, de leur surveillance continuelle, de leur sagesse et de leur amour éclairé pour le bien public, ne se contente pas des avantages passagers que procurent des ouvrages mesquins et peu so- lides, exécutés au meilleur marché ; elle n'est point arrêtée par la grande dépense qu'exigent des tra- vaux nécessaires, lorsque cette dépense est indis- pensable pour assurer leur beauté, leur conve- nance, et la longue durée que doivent avoir des établissemens publics ; elle se refuse aux dépenses d'ostentation dont l'objet ne dure qu'un jour, et à celles qui n'ont pour but que de flatter les grands; elle repousse toutes les dépenses frivoles, afin de ne point être au dépourvu lorsqu'il s'agit de fournir à des besoins urgens, et en faisant le plus utile emploi des ressources municipales, elle multi- plie les bienfaits de l'administration, et hâte l'épo- que des jouissances de tous. Extrait du rapport de la Société Royale de Médecine, de Bordeaux, sur les améliorations dont cette ville est susceptible relativement à sa salubrité. Page 254, an 1817. (45) MOYENS HYGIENIQUES, Occidit qui non servat. Puisqu'il est prouvé par les antécédens que la fièvre jaune ne peut-être importée, et qu'elle doit son origine et ses développemens successifs, à des causes"locales, il est de notre devoir de signaler ces causes à l'autorité municipale, afin qu'elle s'oc- cupe des moyens de détruire celles de ces causes qui sont susceptibles de l'être, et d'atténuer autant que possible, celles que la situation de cette yille rend indestructibles.. Cette obligation sacrée a déjà été remplie par la Société Médicale en 1817, mais comme la plus grande partie des dispositions qu'elle avait indi- quées alors, n'ont point été prises en considération jusqu'à ce jour, et qu'une épidémie meurtrière vient encore de porter le deuil dans nos murs, nous allons les présenter de nouveau avec les améliora- tions qu'un examen plus attentif nous parait rendre nécessaires, et nous prions les membres du conseil de ville de ne pas retarder davantage l'exécution d'un plan sanitaire, que réclament également l'hu- manité, le commerce, et la prospérité de la Nou- velle-Orléans. 1^. CIMETIERES. Par un arrêté aussi éclairé que philantropique, le conseil municipal vient d'ordonner que les champs d'inhumation soient transportés àunedis- tance de 300 toises de la ville. C'est eléjà un grand pas de fait pour son assainissement, et nous ne pouvons qu'applaudir à une mesure, qui va éloi- gner de nous un foyer d'infection, d'autant plus dangereux, que la nature du sol, la mauvaise qua- lité de la chaux employée pour consumer les cada- (46) vres, et le voisinage d'un grand nombre de mai- sons bâties depuis l'époque de nos observations dans les environs de ces cimetières, rendaient de jour en jour le danger plus imminent pour les habitans de cette ville, autant par la proximité des exhalai- sons meurtrières, que par l'accumulation des corps morts qui en multipliaient la masse. Il ne restera donc pour les nouveaux cimetières, d'autres dispositions à prendre, que de les entourer convenablement, et d'y faire des plantations bien entendues d'arbres à large feuillage ; tels que pla- tanes, catalpas, &c. et encore de celles du saule pleureur, dont les branches grêles et tombantes, présentent un emblème si touchant de la fragi- lité de notre existence. Pendant les épidémies de fièvre jaune, les corps des personnes qui ont été la proie de ce fléau, ne seront plus transportés dans les Eglises et Temples de la ville. Il est facile de concevoir que les ef- fluves qui émanent de la plupart de ces cadavres, peuvent y développer des maladies graves, non seu- lement parmi ceux qui accompagnent les obsèques, mais encore parmi les fidèles qui sont attirés élans ces asiles de leur culte par des sentunens religieux. Pour prévenir ces accidens, on devra élever des chapelles sur l'emplacement des nouveaux cime- tières, et c'est là seulement que seront célébrés les derniers rites funéraires. 2°. Des Cours et Terrains Vuides. L'article que nous allons traiter est le plus impor- tant de tous ceux qui ont rapport à la salubrité de cette ville. Il doitéveillerlasollicitude des magistrats du peuple, et de leur coté les citoyens re sauraient se résoudre à des sacrifices trop grands, s'ils sont exigés par l'autorité, pour un objet qui doit à l'a- venir rassurer sur leur santé les habitans db cette cité. (47) Qu'un étranger parcoure les rues de la Nouvelle- Orléans^ et qu'il y porte un esprit observateur, sa première pensée sera, que la malpropreté des ban- quettes, l'odeur infecte qui s'en dégage, presqu'à tous les instans, et les animaux qui s'y putréfient quelquefois, doivent-être un foyer constant de cau- ses morbifiques, et il aura raison jusqu'à un certain point : mais qu'il pénétre dans les cours où séjour- nent des eaux de savon ou des substances végétales en décomposition ; qu'il examine les terrains vuides, qui servent de latrines publiques, qu'il sonde ces cloaques infects qui se trouvent au dessous d'un grand nombre de maisons, et alors il sera étonné que des fièvres pestilentielles, ne viennent pas moissonner tous les ans une partie de la population. Quand à nous, nous croyons que quelque mesure de salubrité qu'on adopte, celle par laquelle il faut commencer est l'exhaussement, sans exception, des terrains, des cours, arrière-cours et enclos, ainsi que la clôture des espaces qui se trouvent au-dessous d'un grand nombre de maisons, après les avoir com- blés d'une manière convenable. Mais ce n'est pas assez de remblayer les endroits dont nous venons de parler, il faut encore les paver ou les carreler, et le faire de manière que par un plan incliné, les liquides de quelque nature qu'ils soient, trouvent une pente naturelle qui les con- duise dans les banquettes. Nous ne nous sommes pas dissimulés les diffi- cultés de l'entreprise et les obstacles que l'on aura à surmonter, mais quand il s'agit du salut de toute une population, quel est celui qui se refusera à un léger sacrifice pécuniaire, qui doit être remboursé au centuple, par la certitude d'éloigner de lui des causes sans cesse renaissantes de maladie et de mort ? (48) Que les riches soient obligés à faire ce que pres- criront à leur égard les arrêtés du Conseil eie Ville ; que celui-ci vienne au secours des pauvres -, et avec une volonté ferme el inébranlable, dans peu de tems la Nouvelle-Orléans jouira de l'avantage inappréciable des dispositions que nous indiquons, et qui n'ont pour but que la santé de ceux qui l'ha- bitent actuellemenl, et de ceux encore que ne manquera point d'attirer dans ses murs, l'éloigné- ment des causes mortifères qui leur en font redou- ter les approches. Au surplus s'il était nécessaire de prélever une taxe pour cet objet d'une importance majeure, on ne doit pas hésiter de le fane ei'a.res cet, adage: satus poputt, suprema lex esio: mai» qu'on se haïe, car l'ennemi est à nos portes ; semblable à un lion rugissant qui cherche ta proie. Suis cette mesure préalable, toutes celles que nous allons in- diquer successivement seraient inéficaces, c'est le bine quel non de S'hygiéne de la Nouvelle-Orléans, capable à lui seul de diminuer au moins de la moi- tié, les causes productrices, non-seulement de la fièvre jaune, mais encore d'un grand nombre de maladies qui portent la désolation dans notre cité. 3°. Des Banquettes. L'article des Banquettes est essentiellement lié à celui des cours, et doit en être le complément. La police des Banquettes nous a paru vicieuse et nous allons en donner les raisons, avec la fran- chise qui doit caractériser des citoyens libres, et l'éneigie que doit montrer une corporation qui s'oc- cupe uniquement des moyens les plus propres à prévenir et à combattre les maladies qui affligent l'humanité. D'aptes les arrêtés du Conseil de Ville, chaque (49) particulier est tenu, sous peine d'une amende, de faire nétoyer sa banquette ; mais quand même tout le monde obéirait ponctuellement à ces ordonnan- ces, (ce qui est à peu près impossible) les ban- quettes n'en seraient pas plus propres dans certains quartiers, vu qu'il y existe, ou des terrains vuides, ou des maisons non occupées. En outre les ponts ne sont-ils pas un obstacle permanent au parfait nétoiement des banquettes ? le moindre embarras qui les obstrue ne détruit il pas tout ce qu'on a tenté pour les rendre propres, en faisant regorger dans les banquettes correspondantes, les eaux sales et fétides qu'on y avait précipitées ? donc le nétoie- ment des banquettes par ce moyen, est illusoire. Il le sera du moins,jusqu'à ce que le courant d'eau de- puis si longtems promis par la pompe à feu, vienne faciliter les moyens d'entretenir leur propreté, En attendant cet heureux moment, nous pen- sons que la municipalité seule doit se charger de ce soin ; que les citoyens doivent être dégagés d'une tâche qui n'est remplie d'ailleurs que par quelques personnes de bonne volonté, un grand nombre d'autres y ayant renoncé à cause de l'apathie de leurs voisins, ou de l'indulgence coupable de cer- tains officiers de police. Ce serait donc par les nègres de la chaîne que les banquettes et les ponts devraient être nétoyés deux fois par jour, en commençant par la levée et poussant jusqu'aux dernières maisons de la ville du côté de la ciprière. La première de ces opérations se ferait au soleil levant, et la seconde à trois heures après midi en Hyver, et à quatre heures dans les autres saisons de l'année. l>e cette manière, les banquettes se trouvant nétoyées, les habitans pourraien , pendant les fortes chaleurs, arroser le devant de leurs mai- sons avec de l'eau propre, et non pas, comme jus- qu'à présent, avec de la boue noire et infecte. On n'aura pas de peine à comprendre, combien G (50) cette mesure adoptée par le Conseil de Ville, et mise rigoureusement à exécution, serait avan ta- geuse à la santé publique. L ne partie de la taxe dont nous avons parlé dans l'article précédent, pourrait être applicable aux frais qu'et traînerait cette disposition. 4°. Canaux d'écoulement, et exhaussement des terres, Si les mesures sanitaires que nous venons d'é- noncer peuvent être mises sur le champ à exécu- tion, celles dont nous allons nous occuper ici, pa- raissent demander plus de tems pour être poriées au point de perfectionnement dont elles sont sus- ceptibles. Il s'-< git de l'ouverture des nouveaux canaux d'écoulement, et de l'exhaussement de certaines portions de terre placées derrière la ville. Il est d'observation constante, que les eaux sta- gnantes qui se trouvent au Nord et au Nord- Ouest de la Nouvelle-Orléans, sont des foyers d'é- manations délétères dans un grand nombre de cas. Lorsque ces marais ont été desséchés par l'action du soleil, ou par l'absence des pluies, et que les animaux de toute espèce qu'ils renfermaient dans le ur sein, sont morts et ont été décomposés par le calorique, ainsi que la plupart des végétaux qui ta- pissaient le fond de ces flaques d'eau, les gaz hy- drogénés les plus malfaisans s'en élèvent fiéquem- ment. r- i les vents de la partie du Nord viennent à souffler dans ces circonstances, ces gaz perfides sont portés dans nos murs, ils s'y mêlent à ceux qui s'exhalent de nos cours et de nos banquettes, et forment des combinaisons chimiques si meurtrières qu'à peine les personnes familiarisées avec leur ac- tion délétère, peuvent h ur résister. C'est surtout alors que la fièvre jaune prend un caractère epide- mique, et que les fièvres intermitentes pernici uses et les fièvres bilieuses ayee le type de rémitentes' (51) dép^oyent tout leur appareil de malignité, et frap- pent sans pitié *t sans distinction une grande par- tie de la population de cette ville. Cette théoie des fièvres locales a été mise à la portée des personnes les moins instruites, lors de là crevasse qui eut lieu en 1816. A cette ép que tous les terrains dont nous nous occupons en ce moment, furent recouverts de trois ou quatre pieds d'eau. Mais le fleuve n'ayant pas eu cette année sa crue ordinaire, et les eaux s'étant écoulées avec rapi- dité, par les issues que la municipalité eu le bon es- prit de leur ouvrir du côté du lac Pontchartrain et du lac Borgne, il en résulta que toutes les substan- ces susceptibles de décompe>sition furent entraî- nées, et que jamais la Nouvelle-Orléans n'a joui d'une salubrité plus complette, que pendant l'Eté et l'Automne qui suivirent cette catastrophe, la- quelle eut lieu au mois de Mai, et avait jette l'épou- vante dans le cœur de tous ses habitans. C'est ainsi que les ouragans, ces fléaux passagers mais dévastateurs, sont quelquefois d'une grande utilité pour les pays qu'ils attristent momentané- ment, en changeant brusquement une constitution atmosphérique mal saine, en faisant disparaître comme par enchantement, les maladies régnantes, ou enfin en emportant avec eux, les germes de celles prêtes àéclore. D'après cet exposé, on sentira la nécessité d'ou- vrir le plutôt possible, des canaux et des tranchées d'écoulement sur ces fonds marécageux, de les ex- hausser par les terres provenant des fouilles de ces canaux, et par celles qu'il sera indispensable d'y ajouter : et de livrer à la culture du jardinage, un sol vierge, qui promet les plus abondantes récoltes, à ceux qui l'exploiteront. C'est par des mesures semblables qne les marais qui environnaient Paris, après avoir été desséchés, (52) sont devenus une source d richesses pour leurs cultivateurs et que des plantes usuelles, et des fleurs de toute espèce, non-seulement y recréent la vue des nombreux habitans de cette capitale, mais ont fait disparaître entièrement ces maladies annuelles qui affligaient unepaitie de sa popula- tion, et se montraient souvent réfractaires aux res- sources d'une médecine éclairée. Nous n'entrerons point dans le détail des travaux à entreprendre, pour parvenir à ce but désirable, cela nous mènerait trop loin : c'est au voyer de la ville à présenter un plan sur lequel l'administration municipale pourra prendre l'avis de quelques mé- decins éclairés ; mais nous pensons que pour obte- nir le résultat le plus avantageux, il est important de consulter Pouvrage de Mr. le Baron de Prony, ayant pour titre : Rapport sur les Marais Ponlins, et surtout de ne point perdre de vue que, lorsqu'on veut opérer le bien général, il faut apporter dans ce que l'on entreprend pour l'obtenir, une volonté ferme, et une persévérance qu'aucune considéra- tion particulière ne doit, ni entraver, ni arrêter. B°, Des Voiries, des Viandes et Poissons Corrompus. Nous comprendrons ces deux objets dans le mê- me article, parceque les affections morbides qui résultent des uns et des autres, présentent à peu près les mêmes caractères. Ils méritent également la surveillance d'une administration paternelle, et le Conseil de Ville ne nous paraît pas jusqu'à ce moment avoir pris des mesures assez judicieuses ni assez efficaces, pour mettre les citoyens de cette ville à l'abri de ces causes malfaisantes. Les voieries ont été de tout tems et en tous lieux, un objet particulier de la sollicitude municipale. Leurs empl cemens doivent être déterminés d'a- près les localités, et s'il est possible, d'après la di- ( 53) rection la plus constante des vents. Quand an premier point, il est toujours facile puisqu'il ne s'a- git que des dislances àètab'ir. Elles doivent être fixées de manière que les effluves provenant de la décomposition des animaux morts ne puissent point atteindre ceux qui vivent sous la protection des lois, et qui payent eles taxes, qui leur sont im- posées'paur jouir des bienfaits d'une bonne police. Il n^en "st pas de même du second point, c'est-à- dire de celui par lequel il s'agit de fixer l'emplace- ment des voieries, eu égard à la direction des vents la plus constante, la plus habituelle : dans une ville comme la Nouvelle-Orléans, bornée d'un côté par le fleuve, le choix d'un emplacement de cette nature est nécessairement circonscrit. Ce ne sera donc qu'en compulsant les tables météorologiques de plusieurs années successsives, que l'on pourra, par un terme moyen, avoir les meilleures données pour le lieu que l'on devra choisir ; mais si par malheur ce lieu était tel, que les vents dussent dans certaines saisons porter les effluves des voiries sur la ville, il n'y aurait pas à balancer ; il faudrait, ou enterrer les charognes, ou les consumer par le feu. Quant aux viandes gâtées ou poissons corrom- pus, soit qu'ils se trouvent encore dans les chalans ou aulres bâti mens, soit qu'ils aient été déposés dans les magasins du commerce, nons pensons qu'il est du devoir du Conseil de Ville de charger un of- ficier de police de cette surveillance spéciale, et de le revêtir d'une autorité suffisante pour qu'il puisse faire l'inspection de ces objets dangereux à la salu- brité publique, et afin que, d'après son procès ver- bal, ils soient jettes incontinent dans le courant du fleuve. Tant que cette mesure ne sera point prise et exécutée rigoureusement, les gens pauvres, attirés par le vil prix de ces viandes ou poissons gâtés, en feront l'emplette, et achetteront avec eux le germe (54) des maladies putrides les plus graves. Sans comp- ter que leur entassement doit nécessairement vicier l'air soumis à leur action, et devenir par-là un foyer d'infection et de mentalité. 6°. Des Manufactures, des Chalans chargés de Co- chons vivans, des Immondices êtes Rues, el du Ter- rain qui se trouve entre les deux Levées du Fau- bourg Ste. Marie. Il est des manufactures qui doivent être reléguées hors de l'enceinte de la ville. Telles sont celles de savon, de chandelles, d'acides minéraux, et cel- les qui ont pour objet la préparation des cuirs et colles fortes. Nous pourrions en citer un grtmd nombre d'autres, mais il est à présumer qu'elles ne s'élèveront pe>int à la Nouvelle-Orléans parce- qu'elles offriraient trop peu d'avantages à ceux qui les y établiraient. Celles que nous avons dénoncées sont nuisibles à la population en général, et désagréables et in- commodes pour les individus obligés de vivre dans leur voisinage. Il faut donc les éloigner, et or- donner qu'elles soient placées extra-muros, et dans des terrains spacieux. Les chalans chargés de cochons vivans ne doi- vent point être admis sur la rive gauche du fleuve, à moins que ce ne soit au-dessus ou au-desse>us de la ville. Nous pensons qu'il voudrait mieux en- core les envoyer sur le bord opposé. hes immondices des rues et celles provenant des cours et des maisons, doivent être régulière- ment enlevées une fois par 24 heures. Ces immon- dices doivent être transportées à deux ou trois cents toises des dernières maisons de la ville, et if cou- vertes d'une couche de sable suffisante pour absor- ber leur humidité, et neutraliser leurs émanations fétides* (55 ) Cette partie de la police urbaine a été jusqu'à ce jour négligée el'une manière coupable. Il n'est pas rare de voir des animaux morts, se décompo- ser presqu'entièrement dans les rues ou dans les banquettes, et offenser pendant longtems la vue et l'odorat des citoyens. On ne s'accoutume pas à un spectacle aussi dégoûtant, et d'ailleurs celte décomposition animale, élève toujours des miasmes qui peuvent faire naître des maladies chez certains sujets déjà prédisposés. En parlant du dessèchement des marais, nous n'avons point fait mention du terrain bas qui se trouve maintenant entre les deux levées en face du faubourg Ste. Marie, mais nous croyons qu'il est tems que le Conseil de Ville prenne des me- sures pour le faire combler, s'il veut détruire des causes qui, chaque Eté naîtront de la surface de ce terrain, quand les eaux qui le couvraient, s'étant retirées, le laisseront exposé à l'action du Soleil C'est, en outre, une espèce de voierie pour les chalans, et il est de la plus haute importance de la détruire le plutôt possible. 7°. Des Halles. Les halles (car nous pensons qu'il est utile d'en bâtir une seconde pour la commodité des habitans) doivent être carrelées avec des pierres plates et dures, de la plus grande dimension, et liées par un ciment durable. On doit les laver régulière- ment et avec le plus grand soin, après l'heure du marché. On ne doit y vendre que des animaux sains et qui aient été inspectés, et jetter dans le courant du fleuve ceux qui n'auraient pas les qua- lités requises. Ce que nous disons des viandes de boucheries est applicable au poisson, et il se- rait à désirer que la vente de ceiui-ci put se faire dans un endroit séparé, et sous une halle dis- (56) posée de manière à diminuer, le plus ou'il se pour- rait, l'action du calorique sur des substances qui ont la plus grande tenelance vers la putréfaction, 8°. Des Batimens de Commerce. Jusqu'à présent nous ne nous sommes occupés que de ce qui doit être entrepris en ville pour son assainissement ; mais la rade réclame aussi notre sollicitude, et la prospérité de la Nouvelle-Orléans est ire p essentiellement liée à celle du commerce, pour que nous passions sous silence les accidens graves qui peuvent résulter du défaut de surveil- lance des batimens, qui destinés à v. vifier cette ville, peuvent cependant y perrter la maladie et la mort. Indépendamment des maladies contagieuses qui sont susceptibles el être importées par les batimens de guerre et ceux du commerce, telles que laprs'e, la variole, la dyssentene, le typhus des vaisseaux et autres, il existe quelques fois à bord, des germes réels d'autres affections malignes, qui peuvent dé- pendie de la nature des batimens eux-mêmes, ou de celle de leurs cargaisons, et qui n'ont besoin pour éciore que de l'action d'un calorique puissant. Nous n'entrerons point dans l'énuméiation de ces causes diverses, elles sont universellement con- nues ; neais ne faisons donc que les indiquer, niais elles léclament teaite la vigilance de Paul» rite, par- ticulièrement depuis le 1er Juin jusqu'à la fin de Novembre de chaque année. Un inspecteur du port, officier de santé, non par le titre seulement, mais par les talens, nous parait indispensable dans cette saison; nommé par le Con- seil de Ville, il visiterait tous les batimens le jour de leur arrivée, s'assurerait de la santé des équipa- ges, du bon état de la caigaison, &c. Sic. D'après son rapport, les batimens resteraient dans la rade> ou seraient envoyés sur l'autre rive du fleuve, jus- qu'à ce qu'ils eussent été purifiés convenablement, ( 57 ) De cette manière, on empêcherait la communica- tion des maladies souvent les plus graves, que noua voyons tous les ans se développer et exercer leurs ravages dans le port, et l'on aurait presque le com- plément des mesures sanitaires que la Société Mé- dicale soumet à l'approbation des habitans de cette yille. 9°. Du pavage des rues. Quoique nous regardions le pavage des rues comme une des dispositions des plus importantes à exécuter pour la santé publique, nous le passerions sous silence, à cause des difficultés qu'il présente, et des dépenses énormes qu'il nécessiterait pour son entière confection -, mais après avoir vu les sommes prodiguées par le Conseil de Ville pour l'eribellissement d'une place publique; et pour agiandir et niveller une levée qui pouvait très-bien s'en passer, &c. nous avons cru qu'il était de notre devoir comme médecins, de manifester notre opi- nion sur ces fonds municipaux, et de dire haute- ment, qu'avant de songer à l'embellissement d'une ville, il faut s'occuper sérieusement de sa salu- brité 5 que c'est vers ce but, ainsi que vers celui de la sûreté et de la tranquilité des citoyens, que doit être dirigée la sollicitude des magistrats du peuple ; que les sommes dépensées pour des objets de luxe et d'agrément, tandis qu'il reste encore tant à faire pour l'assainissement de la Nouvelle- Orléans, n'ont pas suivi leur cours naturel ; et que tant qu'il y aura une chance d'amélioration, soit dans les institutions sanitaires, soit dans cette par- tie de la police qui y a rapport, ce ne sera point à des décorations de luxe que le montant des taxes municipales devra être appliqué. Avec du tems, un bon système et de l'économie, les rues de la Nouvelle-Orléans pourraient être pa- vées si l'on voulait sérieusement s'en occuper ; la H (58) paix nous en facilite les moyens, et l'exemple de la rue Gravier au faubourg Ste. Marie, prouve qu'elles peuvent l'être d'une manière solide. Que notre Conseil de Vi le suive l'exemple mémorable que lui a donné celui de Charleston, et dans quel- ques années les eaux ne croupiront plus dans nos rues, et celles-ci cesseront d'offrir, en hiver surtout, ces fondrières menaçantes, ou ces amas de boue, qui loin de présenter l'idée d'une ville opulente et pe>pu!euse, semblent nous retracer l'image rem- brunie de ces hameaux Européens, habités par la misère et par le désespoir. Quelques personnes nous blâmeront peut-être de nous exprimer trop énergiquement, et de ne point prendre pour présenter la vérité, un biais qui quelquefois réussit pour la faire adopter; mais for- tement émus par la présence de maux qui ne sont point imaginaires, nous désirons faire passer notre émotion dans l'âme de ceux qui nous liront, et peut-être que convaincus de la justesse de nos re- marques et de la pureté de nos vues, ils nous aide- ront, par les sentimens philantropiques qui s'élève- ront dans leur sein, à faire sortir de leur apathie, ces représentans, sur la vigilance et l'énergie des- quels nous nous reposons de nos intérêts les plus chers, notre santé et notre sûreté. CONCLUSION. Si nous n'avons fait qu'indiquer les mesures de salubrité que nous croyons nécessaires pour l'assai- nissement de cette ville, c'est que notre plan ne comportait pas tous les développemens que nous aurions pu donner à ce sujet ; d'ailleurs étant infor- més qu'un de nos confrères, le Docteur Picomell, fait un travail spécial sur cet objet, nous avons du nous borner à ce que nous venons d'énoncer. [*) (/*) Le Dr. Pi.v-.riîeil en partant pour l'Ile de Cube, a remis son mïiiv.^crit presqi.\icht'.Yé, sur l'hygiène publique de ce pays, au Dr. !huiiu'is, qui se propose de *.e pubner par ia suite. (59) Il nous suffisait de faire connaître à nos conci- toyens que la Société Médicale, ne cesse de s'occu- per des moyens les plus efficaces pour faire dispa- raître des causes locales réellement existantes, de maladies plus ou moins graves, et d'exciter la vi- gilance du Conseil de Ville, qui seul a l'initiative des travaux à entreprendre, pour faire jouir la Mle- Orléans, de tout le degré de salubrité dont elle est susceptible. Puissent d^s administrateurs éclairés et philan- tropes, jaloux de leur gloire, de l'estime et de la reconnaissance de leur concitoyens, ne point per- dre de vue le plan que nous venons de ieut présen- ter ! Qu'ils travaillent avec ardeur et persévérance à le faire mettre à exécution, et ils jouiront bientôt de la récompense la plus douce que puissent am- bitionner des cœurs honnêtes, celle d'avoir con- tribué au bien de l'humanité, et au bonheur de toute une population, en remplissant avec honneur et fi- délité les devoirs qui leur ont été imposés par !a communauté. Que s'ils avaient besoin d'être ai- guillonnés par l'attrait d'une grande renommée, ils sachent que les noms des bienfaiteurs des hommes passent à la postérité la plus reculée, et s'y élèvent au dessus même de ceux des conquérans, que le burin de l'histoire n'y grave qu'à regret. Tels sont les vœux que nous formons ; puissent- ils être exaucés, et nous aurons aussi notre part des jouissances promises à ceux auxquels nous venons d'ouvrir la carrière de la bienfaisance et de l'hu- manité. Les Membres du Comité. TRABUC, Président de la Société Médicale, FORTIN, Président du Comité: MARTIN: CONNANT, MILTENBERGER. LACROIX: THOMAS, Secrétaire Rapporteur. (60) Noms clés Officiers et Membres résidens de la Société Médicale de la Nouvelle- Orléans, en 1820. savoir : Jrhssieurs—V. J. B. TilABUC, Président, LOUIS FORTIN, Vice-Président, P. F. THOMAS, Secritaire-gpniral, JOSEPH DUF1LHO, Secrétaire adjoint, JOSEPH CONNANT, Trésorier, FRANÇOIS GRANDCHAMPS, Archivistt. MEMBRES. Messieurs-T OWRT DOW, JOSEPH MARTIN, CHRISTIAN MILTENBERGER, GEORGE DUPUY, GEORGE MARSHALL, RAYMOND DEVEZE, Ls. JOSEPH PECQUET, PAUL LACROIX, JUAN MARIANO PICORNELL, Ls. Pre. Ch. BEGIS. MEMBRES HONORAIRES. S. E. LE GOUVERNEUR DE L'ETAT DE LA LOUISIANE. Mas. LE PRESIDENT DU SENAT. L'ORATEUR DE LA CHAMBRE DES REPRESENTANS LE MAIRE DE LA NOUVELLE-ORLEANS, LE GENERAL DU GENIE, BERNARD. B. LAFON, INGENIEUR. TABLE DES MATIERES. Avant-Propos.......... pages 5 Chapitre premier. Observations Météorologiques faites à la Nelle.-Orléans, l'au 1819.........6 Chapitre deuxième. Epoque de la première apparition de la Fiè- vre Jaune, ses développemens successifs, tems où elle a pu être considérée comme epidemique, durée de cette constitution, et description de la maladie,........7 Chapitre troisième. Traitement,.............9 Chapitre quatrième. Observations particulières,........12 Chapitre cinquième. Analogies et différences principales, entre l'Epidémie de 1819 et celle de 1817, .... 35 Chapitre sixième. Questions sur la contagion ou non contagion de la Fièvre Jaune et leur solution,.....37 Chapitre septième. Moyens hygiéniques proposés, pour empê- cher, ou au moins prévenir autant que possible, le développement de la Fièvre Jaune, à la Nouvelle Orléans, ......44 5R «•nclusion,............. ERRATA Page 8, Ligne 34—lisez générale. 10, 2—lisez alcoholiques. 10, 9 et 10—lisez citrique, acétique, tartarique Sçc 10, 20—lisez pléthoriques. 15, 6—lisez gastrique. 20, 5—lisez inquiète. 21, 21—lisez bleuâtres. 22, 25—lisez epsom. 23, avant-dernière ligne—lisez douleur. 29, 13—supprimez la virgule entre ces mots :—> "ville et depuis." 29, 50—lisez douloureux. 34, 20—lisez goutte. 35. 19—lisez commencement. 37, 23—lisez précédées. 44, 3—après contraire, un point d'interrogation. :8sœB8Bgffla«MaBaffiBffli^ ____________________________________________I kM Me.-Ov/eanà /e j?'' ^S^é-*-^ jS% O Le SECRÉTAIRE de la Société Médicale de la Nouvelle- Orléans, ^t ^J€o?iéiear (/X £, ^/p^^S^./^yc^y^^^^^ ^? ^t- '• é'é-S/' 's'f&Y* '// Jl Jttsu £ :' ^/£s(S ^ *^f<',x''*«?*+*•>**>- f*4, es ?~ /.??,? *-z^i ■*%■ y^, ///f \^ s,tj.<./S^ f-f-yreé V / t?ss/-~ //.ess. f S r e& \ v S £V ^ Vjf J$A' MeJL- Hist, wz. lUû ^^^^■■■■■■■■mia