~r^ T**: Y>-' '~y3€rOQrOQfi'..'QrC £ 1AJCQrû& BOL QWC V Surgeon General's Office C/ecucnj..................^T............................ ba(JQ>0(M(JQ,<3a(JQ>0QOQ>®Q®0jQ01Q ■< Ouvrage traduit de l'Anglais .& fuivi décrie Réponfe par P. A. ADET ; Membre de la Société Philofophique de Philadelphie, &c. .&£])'Ajïy ,______: ?v» nvyafl)* ■ — Qualem commandes, etiam atque afpice. Hor. A PHILADELPHIE, De l'Imprimerie de MOREAU DE SAINT-MÉRY , Première rue Sud , au coin de celle Walnut, 1797- qMMujiMiiinmn i h——g** ERRATA. jt âge 15 , ligne 20; qu'on donne , lifez qu'ils donnent. 17, 7; d'autre fubftance, lifez d'autres fubftances. 82 , 13 ; de principe de l'inflammabilité , lif. du principe de l'inflammabilité. 32, 27 ; phlogiftique, lifez d'air phlogif- tiqué. 44, 10; & , lifez a. 46 , 17 ; il peut, lifez peut. 47, 21 ; été dégagé qu'avant d'avoir été abforbé par le mercure , lifez été du mercure qu'avant d'avoir été abforbé par ce métal. 55, 3 ; elle ne déphlogiftique pas, lifez elle ne le déphlogiftique pas. 64 , 2; ou l'acide carbonique , lifez Jttnple- ment l'acide carbonique. p"8, 23 & 24 ; le plus lentement, lifez le plus lentement poïfible. RÉFLEXIONS SUR LA DOCTRINE d u P H LOGISTIQUE E T L A DÉCOMPOSITION de L'EAU, Par Jofeph P RIESTLE T, D. Es-Lois , Membre de la Société Philofophique de Phila- delphie. Ouvrage traduit de l'Anglais & fuivi d'une Réponfe par P. A. Ad et , Membre de la Société Philofophique de Philadelphie &c. Qualem commandes, etiam atque afpice. Hor. % Aux Citoyens Berthollut ^ De là Place , Monge , Morveau j Fourcroy , Hassenfratz C2?Cè Auteurs encore vivans des réponfeè adreffées à Mr. Kirwan. Citoyens, Vous tenez le premier rang parmi ceux qui ont foutenu la théorie ântiphlogifticienne i à ce titre je prends la liberté de vous adrefîer une défenfe fommaire de la doétrine du Phlo- giftique , que je viens de compofer. Je n'ai d'autre objet que de fixer encore une fois votre attention fur ce fujet, & je vous prie de répon- dre à ines objections. Je fuis loin de manquer de déférence pour l'opinion d'hommes aufîi diftingués que vous , vos amis en France , & lés Savans qui, eh Angleterre , & dans les endroits où la Chimie ell cultivée, ont adopté votre fyftème. Mais vous conviendrez avec moi± qu'un homme ne doit pas fe rendre à une fimple autorité , quelque refpeftable qu'elle £>uilTe être. S'il en était autrement votre propre doctrine , n'eût jamais été propofée. Comme vous ne défirez pas,j'en fuis per- fuadé , que votre règne refîèmble à celui de A 2 iv Robe/pierre , il y a tout lieu d'efpérer que vous chercherez plutôt à gagner par la per- fuafion, qu'à contraindre au filence par la force du pouvoir , le petit nombre de mécontens que nous relions encore. Quoique nous foyons difpofés à nous flatter, nous penfons être aulîï difpofés à céder à la perfuafion, qu'à réfifler à la force. Si vous obtenez autant d'avantage en me répondant, que vous avez eu déjà de fuccès dans vos reponfes à M. Kirwan ; votre pouvoir fera univerfellement établi , & vous n'aurez point de Vendée dans votre empire. Quoique nos Opinions foient partagées fur ce point, nos défirs fe confondent en un feul, celui de voir régner la vérité & la paix dont la philofophie & l'humanité ont un égal befoin. Je fouhaite fincêrement, d'après cela tout, fuccès aux armes de la France qui m'a fait l'honneur de m'adopter, quand j'étais perfécuté & prof- crit par mon pays natal; C'eft donc avec la plus grande fatisfadtion que je me foufcris. Votre Concitoyen, Joseph PRIESTLEY. Northumberland, en Amérique, 15 Juin 1796. ?è. ^o3o3^9oco^ooco^ooooX«^><°°0°<^°c,03°°°0^È>° REFLEXIONS SUR LA DOCTRINE P H L O G I S T I Q_Û E ET LA DÉCOMPOSITION DE L'EAU. INTRODUCTION. L y a peu de révolutions dans les Sciences > s'il en a jamais exifté de (t-rrtiable, qui ait été auffi grande, auffi fubite, auffi générale, que céli^ qui a été produite par là préférence donnée à ce qu'on appelé le nouvtâa fyftème de Chimie , ou le fyftème des antiphlogiftieienl fur la doctrine de Sthall, regardée pendant un certain têms ( 6 ) comme la plus grande découverte qu'on ait jamais pu faire en Chimie. Je me fouviens d'avoir entendu dire à M. Pierre Wolfe dont on ne peut contefter les connaif- fances , qu'après les travaux de Sthall , il était difficile de trouver quelque chofe qui méritât en Chimie le nom d'une découverte. Quoique quelques perfonnes euiierrè exprimé dans certaines circonftances des doutes fur l'exif- tence du Phlogiftique , on n'avait rien avancé cependant qui pût fervir de bafe à un autre fyftème , avant les travaux de M. Lavoifier & ceux de fes amis qui ont fait fouvent donner à ce nouveau fyftème, le nom de fyftème français. Ce fyftème était à peine publié en France que les Savans & les Chimiftes les plus diftingués en Angleterre , fe hâtè- rent de l'adopter, malgré la rivalité qui avait fi long-tems fubfîfté entre ces deux pays. Le docteur Black & tous les Ecofiais , fuivant ce que j'ai appris, fe font rangés au nombre des convertis ; & bien plus M. Kirwan qui avait écrit un traité afîez confiderable contre ce fyftème a imité leur exemple. Les ouvrages périodiques en Angle- terre , où l'on rend compte des nouveaux livres , fe, font univerfellement déclarés en faveur du nouveau fyftème. ïl en eft de même en Amérique; on l'enfeigne je "perde dans toutes les écoles de ce Continent, & l'ancien fyftème eft entièrement abandonné. Aujourd'hui que le Doéteuf Crawford eft mort,, je ne connais plus d'autres partifans de la Doctrine du Phlogiftique que mes amis de la Société Lunaire de Birmingham & à la diftance où je me trouve d'eux, je ne puis répondre encore de leurs opinions dans ee fiècie de révolutions philcfophiqnes & politiques. ( 7 ) C'eft le tems & les occafions que l'on a d'examiner Se de difeuter les principes qui, fans doute , leur donnent de la fiabilité. Mais le nouveau fyftème eft non-feulement établi, mais fa réputation s'eft conftamment & uniformément accrue depuis plus, de dix ans, ce qui forme une période. afîez longue, quand furtout tant d'hommes capables de juger de tout ce qui y avait rapport, en ont fait fans relâche l'objet de leur attention. Chacune des vingt ou, trente dernières années qui viennent de s'écouler a été, plus importante pour les Sciences & pour la Chimie en particulier, que chaque période de dix ans dans le fiècle précédent. On a confideré la nouvelle théorie comme établie fi folidement qu'on a créé une nouvelle nomen-; clature entièrement bafée fiir elle , & qu'on en fait généralemeut ufage. De manière qu'on eft dans la né- ceflité , foit qu'on adopte ou qu'on n'adopte pas le nouveau fyftème, d'apprendre le nouveau langage , fi l'on veut entendre quelques-uns des plus importans ouvrages mo- dernes. Dï.ns cet état de chofes, un défenfeur de l'ancien fyftème, ne peut guères efpérer d'être entendu avec patience. Cependant n'ayant pas trouvé de raifon fuffifante pour changer d'opinions ; fâchant d'ailleurs qu'une difeuffion libre eft toujours utile à la caufe de la vérité , je veux de nouveau faire un appel au monde favant fur la nou- velle Doétrine , quoique je n'aie rien à avancer qui foit matériellement neuf. Car je ne puis m'empêcher de penfèr qu'on a donné l'attention convenable aux derniers mémoires que j'ai publiés & qu'on les a bien entendus. En confé- rence je préfenterai fous un feul point de vue tout ce ( 8 ) qui paraît être du plus grand poids', & je laifierai de CÔtl tout ce qui eft étranger au fujet, ou de peu d'im- portance j c'eft peut-être un moyen préférable à tous ceux dontons'eft fervi jufqu'à ce moment peur préfenter les,. iâits ou les raifonnemens d'une, manière plus décifive. Tous ceux qui connaifîent mes ouvrages peuvent dire que je ne parais pas avoir été attaché particulièrement à une 'ule hypothèfs ; fouvent j'ai avoué le changement qui f§ i-ifait dans mes opinions, & plus d'une fois, j'ai montré de l'inclination pour la nouvelle théorie, & fur- tôut pour la décompofition de l'eau qui en eft une des branches principales & que j'ai défendue quand j'ai publié îê Axième volume de mes expériences. Cependant de nouvelles réflection.s fur ce fujet m'ont ramené à la doctrine de l'école Où j'ai été élevé > fi je puis dire , à cet égard , que j'appartienne à quelque école. Que la nouvelle théorie foit fondée ou non, on ne peut la regarder que comme tfèi4roportante à la Chimie , à caufe de l'attention que > cPâffès la célébrité juftement acquife de fes défenfeur? & alléguées pour foutenir la doarine antiphlogifticienne , & avoir démontré combien elles étaient infuffifantes , il me refte à préfenter dans cette feaion quelques autres objce- lions qu'on peut y oppofer fous d'autres rapports. i°. Si l'air inflammable , ou l'hydrogène, n'eft qu'une des parties conftituantes de l'eau , il ne devrait jamais être pro- duit que dans les cas où nous favons que l'eau , ou un corps connu pour contenir de l'eau , fe préfente. Mais en chauffant eu finery cinder , avec du charbon on obtient du gaz in- flammable quoique fuivant la nouvelle théorie , il n'y ail? pas d'eau dans cette circonftance. Suivant cette théorie le finery cindtr appelle oxide de fer n'eft que du fer Si de l'oxygène ; le charbon fait avec le plus grand deoré de chaleur poffible , eft également privé d'eau, Se cependant ces deux fubftances mêlées enfemble, Se expofées à la chaleur donnent du gaz inflammable en très p-rarde quantité. On ne peut rendre compte de ce fait par la nouvelle thiorie , ruais rien n'eft plus aifé à l'aide de l'ancienne, ( 23 ) Car le finery cinder contenant l'eau comme une de fes paj»* ties conftituantes, l'abandonne à toute autre fubftance de qui elle peut recevoir du phlogiftique en retour. L'eau par conféquent fe dégageant du finery cinder Se fe combinant avec le charbon produit de l'air inflammable en même tems que le phlogiftique qui fe dégage du charbon con= tribue à revivifier le fer. On obtient de l'air inflammable de la même efpèce , quand on fait paffer de l'eau en vapeur à travers du charbon chauffé au rouge. 2°. Quoique la nouvelle théorie écarte le phlogiftique , Se que fous ce rapport , elle foit plus fimple que l'an- cienne , elle admet cependant un nouveau principe que les défenfeurs de cette théorie appelent carbone , Se qu'ils difent être la même chofe que le charbon dépouillé de terre , de fels , Se de toute autre fubftance étrangère. Lorfque nous difons que l'air fixe eft compofé d'air in- flammable , & d'air déphlogiftique ou d'oxygène , les antiphlogifticiens difent qu'il eft formé par ce carbonne dif- fous dans l'oxygène. ( Voyez l'examen de M. Kirrvan p. 79 ). Lavoifier dit , ib. , p. 63 : " Toutes les fois qu'où- obtient de l'air fixe il y a du charbon," c'eft pour cela qu'ils ont appelé cet air fixe acide carbonique. Mais dans beaucoup d'expériences j'ai obtenu de grandes quantités d'air fixe, fans charbon ou fans matières qui en contint du tout ou affez pour qu'on fût obligé d'en tenir compte. Quand on expofe le fer malléable le plus pur à l'aaion delà chaleur dans de l'air déphlogiftique ou du gaz acide vitriolique, il fe forme une grande quantité d'aitf fixe. On dit que le fer contient de la plombagine , mais on Ji'en trouve pas dans le fer malléable Se pas la plus petite' ( *4 ) portion dans l'air qu'on en obtient. On produit auffi de l'air fixe en revivifiant du minium dans de l'air inflammable, & fi on chauffe du charbon de cuivre dans de l'air déphlo- giftique , on obtiendra une quantité d'air fixe égale aux o/ioes. de l'air déphlogiftique. J'ai retiré plus de trente onces mefures d'air fixe très-pur de ce charbon qui eft produit par l'union de l'efprit de vin avec le cuivre. Enfin il y a une produaion abondante d'air fixe dans la refpiration animale. Il eft vrai qu'on recueille de l'air fixe en expofant de l'eau de chaux à l'air atmofphérique , mais on n'en obtient pas avec de l'air contenu dans une vaifleau clos : il faut qu'il y ait une libre communication entre l'eau de chaux Se l'atmofphère. Mais il y aura une produaion abondante d'air fixe , fi» on refpire l'air contenu dans le plus petit récipient, Se furtout fi cet air eft du gaz déphlogiftique. Il eft donc produit par le phlogiftique > ou par une autre fubftance qui fe dégage des poumons > Se qui fe combine avec l'air c phlogiftique qu'il rencontre. On peut dire que comme nous nous nourriffons de végétaux qui ont contribué auffi à la nutrition des animaux qui fervent à notre nourriture , te que tous les végétaux contiennent du carbonne , ce carbonne peut être la fub-r fiance qui fe dégage du poumon. Mais puifque dans cette circonftance il produit la même fubftance qui réfulte de la combinaifon du gaz inflammable , tiré du fer , avec l'oxy- gène , il n'eft donc pas pas autre chofe que ce gaz in- flammable , & le carbone fervira feulement à défigner le phlogiftique fous un autre nom. 3e?. Les antiphlogifticiens fuppofent toujours que l'azote ou 'air phlogiftique eft une fubftance fimple , mais j'ai prouvé dans ( 25 ) dans beaucoup de circonftances, Se notamment dans un, mémoire imprimé dans les Tranfaaions de la Société philo- fophique de Philadelphie , que ce gaz eft compofé de phlogiftique Se d'air déphlogiftique. 40. Je n'aurais rien à objeaer contre la nouvelle nomen- clature , fi elle était faite d'après la connaiffance réelle des parties conftituantes des différens corps. Mais nous ne pouvons adopter une chofe dont les principes ne nous pa- raiffent pas certains. Au refte je me référé à la préface de l'excellent Diaionnaire de Chimie de M. Keir pour les autres objeaions dont cette nomenclature eft fufceptible. Cependant foit qu'on approuve ou qu'on n'approuve pas cette nomenclature , l'ufage en eft tellement répandu qu'il faut néceffairement l'apprendre , lors même qu'on ne s'en fert pas. Après tout, je ne puis m'empêcher de dire qu'il me parait très-extraordinaire qu'une théorie fi nouvelle & fi importante qui renverfe tout ce qui était le mieux établi en Chimie , fe trouve appuyée fur une bafe auffi peu folide , puifque les expériences qui ont fervi à la fonder 3 font en très-petit nombre Se non feulement ambiguës, mais encore explicables dans l'ancienne hypothèfe. Te crois avoir fait mention de toutes , mais j'ajouterai que l'expérience qui forme le point capital de la théorie ^ la formation de l'eau par la combinaifon des gaz oxygène Se hydrogène , n'a pas été fuffifamment répétée. Cette ex- périence exige un appareil , fi cher], Se tant de précautions, qu'on ne peut s'attendre à la voir fouvent répéter ; & dans de telles circonftances on ne peut s'empêcher de M~ D ( s6 ) pecter l'exaaitude du réfultat d'une telle expérience & la jufteffe de la conféquence qu'on en tire. Mais je m'arrête ; il ne convient pas à un membre de la minorité , & furtout d'une minorité fi peu confiderable , de parler ou d'écrire avec tant de confiance. Quoique j'aie fait tous mes efforts pour ne rien laiffer échapper Se pou/ porter mes regards fur tout ce qui eft relatif à la matière que je difcute , je puis avoir oublié quelques circonftances qui aient fait une impreffion vive fur d'autres hommes dont la fagaçité eft au moins égale à la mienne. La théorie du phlogiftique n'eft pas fans difficulté. La principale de ces difficultés eft que nous ne pouvons déter- miner le poids du phlogiftique ; on ne peut non plus af- furément déterminer celui du principe oxygène. Mais per- fonne ne prétend avoir pefé la lumière , ou l'élément de la chaleur , Se cependant nous ne doutons pas que ce ne foit des fubftances qui en fe combinant avec les corps, ou qui en s'en dégageant, apportent de grandes modifications dans leur propriétés & ne puiflent paffer d'une fubftance à une autre. N. B. Je renvoie aux obfervations contenues dans la dernière édition de mes Obfervations fur l'air V. III. p. 554, pour les reponfes aux objeaions que Lavoifier Se M. Bertholetont oppofées a plufteurs de mes expériences relatives à cet objet. EXPERIENCES E T OBSERVATIONS Relatives à l'Analyfe de l'Air Atmofphérique. i>-gMMu;'jiE-J>''.i«-'iMii-«-JJ"'^-'u'^-"f.i«^.'Lmji.'..Li'in i-i.w»ini-a«...i«iy^ Par le Doéleur J. PRIESTLÈT* JLJ/ans tous les cas de la phlogiftication de l'air, les partifans de la théorie antiphlogifticienne , admettent comme un point effentiel de leur fyftème , qu'il y a une fimple abforption de Pair déphlogiftique , ou plutôt, fuivant leur manière de s'exprimer , de l'oxygène contenu dans l'air* L'oxygène abandonne alors Pair phlogiftique qu'ils nom- ment gaz azotique , & ce gaz azotique ne diffère point de ce qu'il était originairement dans l'atmofphère. Suivant Vs principes de ce fvftcme , l'azote eft une fubftance fini* D z t ** ) pie , c'U au moins que l'on n'a pu décompofer jufqu'à ce moment. En conféquence on fuppofe qu'il y a une propor- tion déterminée entre les quantités d'oxygène Se d'azote contenues dans l'atmofphère , & que tout ce que l'on a fait jufqu'à préfent a été de les féparer. On eftime que dans 100 parties d'air atmofphérique , il exifte 27 parties d'oxygène & 73 d'azote. Mais dans tous les cas de la diminution de l'air , il me parait qu'il y a dégagement d'une fubftance quelconque des corps à qui les antiphlo- gifticiens prêtent feulement la faculté d'abforber l'air déphlo- giftique ; & par conféquent il eft probable que cette fub- ftance dégagée, eft la même que celle qu'on a appellée phlo- giftique , principe de l'inflammabilité qui eft commun à tous les corps combuftibles , Se qui peut paffer de l'un à l'autre. Ce phlogiftique s'uniffant avec une portion de Pair déphlogiftique forme une partie de l'air phlogif- tique qu'on trouve après des expériences de cette na- ture. Dans quelques cas on en trouve plus, quelque- fois ou en trouve moins , & l'union des mêmes principes donne auffi naiffance à de l'air fixe. On fait ufage ordinairement d'un mélange de fer Se de foufre , imprégné d'une petite quantité d'eau pour dimi- nuer l'air Se le phlogiftiquer. Si on laifîe ce mélange en con- taa avec l'air après que la diminution de cet air eft arrivée à fon maximum , il en augmentera le volume en Iaiffant dégager du gaz inflammable. Il eft probable que les fub- ftances qui produifent le même effet donneraient auffi le même réfultat. J'ai trouvé que le mélange dont il vient d'être queftion , préfentait le même phénomène lorsqu'il était longtems en contaa avec de l'air nitreux ou de l'air fixe, par conféquent il eft probable qu'on produirait le même effet en le plongeant ou dans toute autre efpèce d'air i ou dans le vide. Il parait naturel par conféquent de con- clure que le même principe qui conftitue Pair inflammable s'eft dégagé d'abord du mélange , mais qu'il n'a formé de l'air inflammable que lorfqu'il n'a plus trouvé d'air dé- phlogiftique pour s'y combiner, Se former ainfi de l'air phlogiftique. J'ai configné dans un premier mémoiié les expériences dont j'ai déduit cette conclufion, je lésai repétées depuis avec une attention particulière , & j'ai ob- tenu le même réfultat. J'ai également obfervé que fi oh chauffait dans de l'air atmofphérique des os calcinés au noir fans le concours de l'air , on remarquait que le volume dé l'air après être arrivé au dernier degré de fa diminution i augmentait enfuite , Se qu'on y trouvait alors cet air mé- langé de gaz inflammable. Il eft évident d'après l'odeur forte & défagréable qu'ex- hale un mélange de limaille de fer Se de foufre , lorfqu'il diminue d'air , qu'il s'en dégage quelque chofe. J'ai ob- fervé auffi que les fleurs qui répandaient l'odeur la plue forte , phlogiftiquaient l'air. Cependant le mélange dé li- maille de fer Se de foufre , quand il eft près d'être fec exhale une vapeur denfe, perceptible a l'œil , qui parait par l'odeur n'être que de l'acide fulfureux , quia la faculté i comme j'ai pu le remarquer, de diminuer l'air , Se de le phlogiftiquer. Ce phénomène dépend de l'abforptiort de l'air déphlogiftique qui fe réunit à cette vapeur pour former de l'acide vitriolique commun ; mais dans le même tems une partie de fon phlogiftique peut s'unir avec un autre partie de l'air déphlogiftique, Se former de l'air phlogiftique. Lé t 3* ) foufre Se la limaille de fer mêlés enfemble , le phofphore > Se beaucoup d'autres fubftances , dont on fe fert pour phlo- gi/tiquer l'air atmofphérique , s'emparent également de Poxygène qu'il contient, Se augmentent de poids en raifon direae de ce que l'air a perdu. Mais il n'en eft pas de même des os calcinés au noir chauffés dans l'air , Se qu'on fait paffer au blanc par ce procédé. Comme ils ne con- tiennent rien de volatil , fi ce n'eft le principe qui conftitue leur couleur noire , j'ai penfé qu'on pourrait s'en fervir avec avantage pour faire les expériences relatives à la phlo- gifticatien de l'air» Ces os n'augmentent pas de poids pendant l'opération , & quand on en fait ufage on remarque que la diminution de l'air n'eft pas auffi confiderable que dans les autres ex- périences , quoique le reliant de cet air foit complètement phlogiftique. Ceci peut-être vraifemblablement attribué à l'air fixe formé par l'union de l'air déphlogiftique avec; le phlogiftique des os , Se qui n'a pas été abforbé %dm- l'eau , ou par toute autre fubftance avec lequel il était en contaa : alors le phlogiftique dégagé des os , trouve plus de facilité pour fe combiner avec cet air d'une manière différente, Se pour former de l'air phlogiftique , que l'on. trouve après l'expérience , en beaucoup plus grande quan- tité que dans d'autres circonftances, auxquelles feukv. on a fait attention. Je dois obferver ici que le phlogiftique néceffaire pour former cet air fixe a dû provenir des os feuls pendant leur paffage à la couleur blanche , ayant eu foin de les calciner au plus grand degré de chaleur rue j'aye pu produire , de manière q-.i'iî. n'aurait pu s'en df- ( 3* ) gager aucun:: efpèce de gaz , tandis qu'ils étaient défendus du contaa de l'air. Ayant chauffé à l'aide d'un verre ardent , 140,5 , grains d'os brûlés au noir , dans 23,75 onces mefures d'air ; l'air fut réduit à 20 onces , mefures. Ce réfidu était complète- ment phlogiftique fans mélange d'air fixe, ni de gaz in* flammable. Suivant cette expérience la quantité d'oxygène contenue dans ïoo , onces mefureâ d'air atmofphérique fer- rait de 15,78 parties au lieu de 27. Je chauffai enfuite 267 grains de ces os dans 30 onces mefures d'air ; l'air fut réduit à 25,5, onces mefures, il était entièremeut phlogiftique. D'après cette expérience la quantité d'air pur contenu dans 100 parties d'air at- mofphérique ferait donc 15. Dans les expériences faites avec les os , il y a quelquefois une perte de poids qui eft due fans doute à l'évaporation de quelque fubftance que lachdcur produite par le verre ardent en dégage indé- pendamment du phlogiftique. Pendant l'expérience j'ai vu une vapeur légère s'en élever , mais lorfque je n'appliquais aux os que le degré de chaleur néceffairs pour les blanchir ils ne diminuaient ni n'augmentaient de poids; au refte la perte était peu confiderable. J'ai obtenu des réfultats femblables , en me fervant pour mes expériences de petites aiguilles d'acier poli. Lors- qu'elles étaient chauffées de manière à devenir bleues fes dément, & qu'elles n'étaient pas fondues, elles aug? mentaient peu de poids & diminuaient feulement l'air dans la proportion des os , calcinés au noir. Ayant chauffé à l'aide d'un verre ardent, 200 grains de ces aiguilles dans 24 onces mefures d'air, elles prirent ( 32 ) une couleur foncée , ne perdirent ni n'augmentèrent de poids , & l'air fut réduit à 19,5 entièrement phlogiftique, Je chauffai la même quantité de ces aiguilles dans 16,75 onces mefures d'air , cet air fût réduit à 13,5 , mefures , $e était complètement phlogiftique, ce qui donnait 19, parties d'air déphlogiftique fur 100 parties d'air. Dans une autre expérience 24,75, onces mefures d'air furent réduites à 20,25 onces mefures d'air prefqu'entièrement phlogiftique. Il eft donc évident d'après cela que l'on ob- tient plus d'air phlogiftique dans ces expériences , que dans celles où l'on employé le foufre Se la limaille de fei\ Comme en chauffant les aiguilles au deffus de l'eau , elles pouvaient acquérir une certaine humidité dont il eft difficile de les dépouiller , j'ai chauffé deux cens grains des mêmes aiguilles à l'air libre , jufqu'à ce qu'elles fuffent dans le même état que celles dont je m'étais fervi dans les autres expériences , Se j'ai obfervé que ces ai- guilles n'avaient ni augmenté ni diminué de poids ; j'ai ob- tenu le même refultat en faifant blanchir à l'air libre les ps calcinés au noir. Mais pour faire cette expérience avec pxaaitude , il faut calciner les os au plus violent degré de chaleur qu'on puiffe produire ; Se les faire paffer au 'plane au moindre degré de chaleur poffible. Dans une expérience que j'ai faite avec des copeaux de fer malléable 38,5, ences mefures d'air furent réduites à 31,5 onces mefures d'air entièrement phlogiftique, ce qui donne 19, parties de phlogiftique fur 100 parties d'air atmofphérique. Je n'ai pas remarqué que le fer eût ^jgmentp pu diminué de poids , attendu que s'il avait abforbé ( 33 ) abforbé. la quantité d'air qui avait difparu , ou l'eau don': l'air , comme p l'ai montré, eft principalement formé ( ce qui aurait eu lieu fi ce fer avait été fondu dans l'expérience ) , il aurait augmenté de 4,2. Les expé- riences que j'ai faites avec les aiguilles n'étaient pas auffi exaaes que celés où je me fuis fervi des os, & j'aj eu moins d'exaaitude encore en employant du fer. Les aiguilles Se le fer ont augmenté de poids , Se ont di- minué l'air beaucoup plus que les os. La caufe de cette inexaaitude dépend de ce que quelquefois de légères écailles s'en détachaient ; je les ai apperçues fouvent, lorfque s'élévant dans le vaifleau qui fervait à l'expé- rience , elles croifaient les rayons du foleil. Enfin dans les expériences faites avec les aiguilles & avec les os / j'ai vu s'élever de ces fubftances une vapeur bien fenfible. Çhand les aiguilles étaient chauffées fur l'eau de chaux , il fe formait une croûte épaiffe fur cette eau de chaux , mais je n'avais pas un précipité auffi abondant que dans l'ex- périence faite avec les os. La phlogiftication de l'acide nitreux qui réfulte de fit combinaifon avec le gaz nitreux prouve que danj quelques cas cette phlogiftication dépend d'une addition de principes , Se non toujours d'une fouflraftion comme le prétendent les antiphlogifticiens. J ai remarqué que l'acide nitreux abforbé le gaz nitreux avec la plus grande rapii.té , Se que dans quelques circonftances le réfidu n'égale guères , que la dix-huitième partie du volume primitif. M. Fourcroy fuppofe ( Philofophie Chimique p. 76 ) , que la converfion de l'acide nitreux phlogiftique eft due à ce qu'il perd une partie de fon oxygène» E t 3* ) Mes expériences fur l'acide nitreux chauffé dans de long» tubes ont prouvé que ce fait arrivait quelquefois. Mais dans la circonftance préfente , il n'eft pas poffible que l'acide fe fût feparé de quelque fubftance Se moins encore de tout l'oxygène , puifque le petit réfidu de l'air nitreux , eft du gaz azotique tout pur. Je dois faire ici une obfervation dont je n'ai pas encore parlé , c'eft que l'ab- forption du gaz nitreux , par l'acide nitreux eft accompagnée d'une chaleur confiderable. Des expériences telles que celles que je vais rapporter établiffent comme une probabilité que l'air phlogiftique n'eft point une fubftance fimple , mais eft compofé de phlogiftique ou delà fubftance qui eft l'élément pur du gaz inflammable quelle qu'elle foit, & d'air déphlogiftique. M. Lamétherie ayant confervé longtems un mélange de gaz oxygène, & de gaz inflammable, trouva qu'il con- tenait une grande quantité d'air phlogiftique, ainfi qu'il pouvait en juger par la différence que préfentait le ré- fidu qu'il obtenait en faifant détonner une partie du mé* lange immédiatement après l'avoir fait, ou quelque tems après. J'ai auffi trouvé qu'un mélange de gaz oxygène & d'air inflammable, éprouve une diminution confide- rable à la longue, quoique ces deux fubftances ne fe combinent pas entièrement. Mais j'ai découvert der- nièrement que ces deux efpèces de gaz s'uniffent com- plètement quand on les confervé mêlés enfemble quelque tems dans une veffie mouillée. Ayant mêlé une égaie quantité de ces deux airs, j'introduifîs ce mélange dans une veffie mouillée que je laiflai flotter dans un baquet d'eau, & au bout de j - ( 35 ) jours , je trouvai que la quantité de gaz contenue dans cette veffie était confidérablement diminuée. D'après l'exa- men que j'en fis, je reconnus que la prefque totalité de ce gaz était de l'air phlogiftique , quoiqu'il confervât encore quelque chofe de légèrement inflammable. Cette expérience m'engagea à introduire une égale quantité ( j'ai oublié d'en tenir note ) , de chacun des gaz en queftion , dans une autre veffie. Au bout de trois femaines je trouvai mon mélange réduit à 12,5 onces mefures j ce n'était plus que du gaz phlogiftique , Se il me fût im- poffible d'y découvrir la moindre trace d'air fixe ou d'air inflammable. Je fuis parvenu également par une autre méthode à former de Pair phlogiftique par la combinaifon du gaz oxygène & de l'air inflammable , en mettant ce dernier gaz en contaa avec du fer à l'état de rouille. Le fer comme on fait ne paffe à cet état qu'en abforbant l'oxy- gène. Vingt onces mefures de gaz inflammable ont été confervées dans une phiole qui contenait des morceaux de fer rouillé , depuis le 18 Août jufqu'au 6 Oaobre. Le mélange était réduit alors à 9 onces mefures , & n'était que légèrement inflammable. La couleur du fer avait paffé du rouge à un brun foncé \ une autre quan- tité d'air inflammable traité de la même manière , depuis le 6 Oaobre jufqu'au 2 Décembre , était entièrement phlogiftique. Dans ces expériences le fer & le gaz avaient été renfermés fur l'eau. Ayant mis enfuite 7 onces me- fures de gaz inflammable en contaa avec du fer rouillé fur du mercure , le gaz fut abforbé dans l'efpace d'une femajne. Je remplis de nouveau le vaiffeau avec de l'air E z C 36 ) inflammable , Se quand la diminution ceffa j'examinai le réfidu de l'air , Se je trouvai 5 onces mefures d'air com- plètement phlogiftique. Le charbon, je n'en doute pas , de même que l'air phlogiftique contient l'élément de l'air déphlogiftique , auffi bien que le phlogiftique puifque par fon union avec l'eau en vapeur, il prend la forme d'air fixe , & celle de p-az inflammable , Se que l'air déphlogiftique eft une des fubftances qui entre dans la compofition de l'air . fixe. Quand j'ai fait abforber du gaz inflammable par du charbon dont j'introduifais des morceaux dans des cloches pleines de gaz inflammable , Se renverfées fur le mercure ; quand j'ai chaffé enfuite l'air de ce charbon , en le plongeant dans l'eau , j'en ai obtenu du gaz azote. Cependant je me rappelle que quelquefois cette expérience m'a four- ni le même gaz inflammable que le charbon avait ab- forbé. Je ne connais pas de cas où il y ait Amplement ab- forption d'air. Dans l'abforption comme celle qui a lieu par l'eau , tous les gaz jouent le même rple. Cependant ï'air pur paraît être abforbé de préférence, mais cette préférence n'eft pas affez grande pour qu'il foit abforbé feul , & féparé du gaz azotique avec lequel il eft mêlé • autrement nous aurions pu déterminer avec exaaitude la proportion des deux gaz qui compofent l'air atmofphé- rique. Mais à défaut de ce moyen , il me paraît qu'à l'aide du gaz nitreux nous pouvons faire le calcul le plus approximatif de ces quantités. Puifque quand on mêle deux mefures de gaz -nitreu." C 37 3 pur avec une mefure de gaz oxygène pur, les deux gaz difparaifient prefqu'en totalité, & forment de ■ l'acide nitreux qui eft abforbé par l'eau au deffus de laquelle s'eft fait le mélange, il eft' évident qu'il ne s'eft formé que peu d'air phlogiftique dans cette circonftance , ou qu'il n'y en a pas eu de produit. Si cette expérience eft conduite d'une manière convenable, on verra qu'il y a une plus grande proportion de gaz oxygène dans l'atmofphère qu'on ne l'a fuppofe , Se que cette quan- rité eft affez confiderable pour être convertie en air phlogiftique dans l'expérience qui vient d'être citée. Mais le phénomène ne fe préfente pas tout de fuite , parce que la diminution continue beaucoup plus longtems qu'on ne l'a imaginé jufqu'à préfent. La diminution de l'air atmofphérique par le gaz nitreux n'eft pas la même fi on agite le mélange , ou fi on ne Pagite pas. En général des quantités égales de ces g2z occuperont un efpace de 1,25 mefures , fi on n'agite pas ce mélange , mais fi on l'agite, elles n'occuperont que i,oi mefures. En calculant d'après cette donnée, on trouvera qu'il y a 27 parties de gaz oxygène fur ico parties d'air atmofphérique , & que par conféquent il y en a -3 de gaz phlogiftique. Mais fi on confervé le mélange plus long-tems , la diminution ira jufqu'à 0,6 , ce qai donne 46,6 pour la quantité de gaz phlogiftique, contenue dans Tair atmofphérique Se 53,4 pour celle de gaz oxygène. Cette diminution du mélange du gaz nitreux, Se de l'air atmofphérique , qui s'effeaue à l'aide du tems , varie, fns doute en raifon de circonftances que je n'ai pas (3* ) encore déterminées. Je n'ai pu faire que les remarques fui- vantes. Le 21 Juillet , je mêlai des quantités égales de gaz nitreux , & d'air atmofphérique. Après avoir agité le mélange, il occupait 1,01. En examinant le mélange à différens tems > j'obfervai que la diminution était tou- jours confiderable ; au 24 Août le mélange n'occupait plus que 0,545. De deux mélanges faits de la même manière l'un fut réduit à 0,54, Se l'autre à 0,65. Je remarquai dans le même tems que d'autres mélanges faits fans agitation , qui d'abord occupaient un efpace de 1,25 , furent dans un cas réduit à 0,75 , dans un autre à 0,72 , Se dans un troifième à 0,65. La raifon pour laquelle je foupçonne que la diminution continue fi long-tems , c'eft qu'il faut que le phlogiftique du gaz nitreux agiffe un certain tems fur l'air pur de l'atmofphère , pour le convertir entièrement en acide ni- treux ; ce gaz oxygène étant répandu dans l'air phlogif- tique , eft protégé , pour ainfi dire , par cet air contre l'aaion du phlogiftique ; ce fait eft abfolument analogue à ceux que nous offrent beaucoup d'autres expériences. C'eft pour le motif que je viens d'énoncer que la diminu- tion eft plus grande quand on agite, que quand on n'a- gite pas le mélange , parce que les parties qui font difpofées à s'unir fe trouvent d'avantage en contaa les unes avec les autres. Quand on fait détonner de l'air atmofphérique avec du gaz inflammable, la diminution n'eft pas auffi grande que quand on mélange du gaz nitreux avec cet air • jsarce que dans ce cas , il fe forme de l'acide nitreux & de X 39 ) î'air phlogiftique. Comme je l'ai montré, plus on employa de gaz inflammable plus on aura de gaz phlogiftique dans le réfidu. Ce mélange cependant diminue pendant quelque temps , quoique fa diminution ne foitpas auffi confiderable que celle du mélange de l'air atmofphérique Se du gaz nitreux ; parce qu'une partie du produit qui en réfulte, étant de l'acide nitreux, cet acide demande, comme je l'ai montré dans des expériences antérieures , un certain tems , pour fa formation , de même que quand on emploie du gaz nitreux. Ayant fait un mélange de quantités égales d'air inflam- mable & d'air atmofphérique, je les fis détonner le 3 Août. Il occupait alors un efpace de 1,35-mefures. Le 2 Septembre je m'apperçus que le mélange ne dimi- nuait plus , il occupait alors 1,14 ; quoique cette diminu- tion foit très-confidérable , elle ne peut fe comparer à celle qui aurait eu lieu avec le gaz nitreux , fi on l'eût employé en même quantité. Quoiqu'il paraiffe dans les expériences faites avec le3 os calcinés Se les aiguilles , dont j'ai rendu compte plus haut, qu'aucune de ces fubftances n'ait éprouvé une di- minution de poids que j'aie pu reconnaître, il n'en faut pas conclure qu'elles n'aient rien perdu. Car la lumière Se la chaleur font des fubftances , quoiqu'on n'ait jamais pu les pefer; la quantité des fubftances que j'ai em- ployées était d'ailleurs trop peu confiderable pour cet effet. Ce qui eft le plus important dans ces expériences, c'eft que puifque la diminution de l'air s'eft effeauée en chauffant ces fubftances & qu'elles n'ont point augmen- ? 4* ) té de poids dans cette circonftance , la phlogiftication de l'air, comme le fuppofe la théorie antiphlogifticienne , ne dépend pas de l'abforption d'un de fes principes, par le corps qui produit cette phlogiftication. \Û <^=000^>D005<^>OOC0(^,OO00><^><;O00!:,^>O<>05tS>l'00O<^,'O00lS> ÊSl REPONSE Aux Réflexions fur la Dofîrine du Phlogiftique £ff de la Décompofition de l'Eau* Par P. J. A D E T. ■ ■■ ■ lllllllll MIIHIMl SECTION PREMIÈRE. De POxidation des Métaux. 1 u i v a n t la doarine de Sthal les métaux font compofés d'une terre métallique & de phlogiftique : Quand ces métaux paffent à l'état d'oxide , le phlogif- tique feul fe dégage , & la terre métallique refte libre de combinaifon : elle retourne à l'état métallique en fe combinant de nouveau avec du phlogiftique. Ç ( 4* ) , Les métaux , conformément à la théorie antiphlogifti- cienne , font des fubftances fimples ou plutôt des fubftances quel'on n'a pas encore pu decompofer : ils deviennent oxides en abforbant l'oxigènè , Se reviennent à leur état primitif en s'en féparant. Les expériences fur lefquelles on s'eft appuyé pour prouver la fimplicite des métaux & leur oxidation par l'abforption de l'oxigènè , paraiffaient ne devoir plus fouf- frir de contradiaion. Cependant le Dr. Prieftley les at- taque aujourd'hui de nouveau , & cherche à prouver que les conclufions qu'on en a tirées font fauffes. L'oxidation du mercure , à l'air libre , Se fa revivi- fication , fans addition, dans des vaiffeaux clos & avec dégagement d'oxigêne ; l'augmentation de poids du mer- cure dans la première circonftance , fa diminution de poids dans la féconde , correfpondant au poids de l'oxigènè déga- gé ; tout femblait démontrer que l'oxidation du mer- cure , dans les différens cas où il paffe à cet état , dépendait de la même caufe , c'eft-à-dire , de l'abforption de l'oxigènè. Le Dr. Prieftley s'élève contre cette opinion , Se pré- tend que cette efpèce d'oxidation appartient feulement à cette efpèce d'oxide de mercure : il dit, pour le prouver qu'il exifte une autre chaux du même métal , celle qui refte après qu'on a expofé le turbith minerai à une cha- leur rouge , qui ne peut fe revivifier complètement à l'aide de la chaleur Se qui n'eft revivifiée qu'à l'aide du eaz inflammable qu'on lui fait abforber , ou que lorfqu'on la mêle avec du charbon, du fil de fer , ou d'autres fub- ftances qu'on fuppofe contenir du phlogiftique. Si cette C 43 ) chaux de mercure, ajoute-t-il, ou ce fel, dans la fup- pofition où la chaux ferait combinée avec un peu d'acide vi- triolique , exige l'addition d'une fubftance particulière pour paffer à l'état métallique , tous les mercures doivent con- tenir cette fubftance. Avant que d'aller plus avant, j'obferverai que cette ob- jeaion du Dr. Prieftley & la conclufion qu'il en tire repofent fur une bafe fauffe, car l'oxide jaune de mer- cure , ou le turbith minéral, comme il l'appelle , fe revi- vifie fans addition. Monnet , Buquet , Lavoifier, ont fuivi cette revivification dans tous fes détails Se ont obtenu le même refultat. Le citoyen Fourcroi rapporte dans fes Élémens de Chimie qu'en continuant de chauffer la maffe mercurielle dans la même cornue où on l'a diffoute fans rien déluter , fans laver cette maffe pour en enlever la por- tion d'acide qui y refte adhérente , on revivifie de même cet oxide fans addition. Il en eft de même de l'oxide rouge de mercure par l'acide nitreux Se des autres oxides de mercure ; tous fe revivifient fans addition. Mais que pourrait-on prouver contre la théorie anti- phlogifticienne en admettant qu'un oxide de mercure aurait hefoin d'addition pour fe revivifier , tandis que les autres fe revivifieraient fans addition ? Ces oxides étant pré- parés de diverfes manières l'effet de Pattraaion pourrait être différent ; l'oxigènè pourrait dans un cas être peu adhérent au mercure Se dans un autre y tenir davantage ; de forte qu'alors la combinaifon de cette fubftance avec le métal étant telle que la chaleur ne pourrait pas la rompre, il faudrait avoir recours à une fubftance dont l'attraaion pour l'oxigènè fe trouvant fupérieure à celle du mercure , F z C 44 ) le forcerait néceffairement à abandonner ce métal. Parce que le fulfite de potaffe fe comporte différemment que le fulfate de potaffe quand il font expofés à la chaleur , irons- nous en conclure que les principes conftituans de ces deux fels ne font pas les mêmes ? Non , fans doute , puifque nous favons que l'un & l'autre font formés par le fouffre Se l'oxigènè mais dans des proportions difféaentes. Par la même raifon , quand nous voyons l'oxigènè contribuer dans un cas à la formation d'un oxide de mercure ; quand nous voyons que cet oxide , quoique différent par une pro- priété quelconque des autres oxides du même métal, Se cependant des propriétés communes avec eux ; quand nous voyons que tous entr'eux ont des propriétés communes ; certainement nous ne pouvons croire qu'ils aient été pro- duits par des combinaifons différentes , & fi nous trouvons quelques différences entr'eux, elles réfultent des rapports des parties conftituantes de ces oxides , Se non de la na- ture de leurs parties conftituantes. Ainfi dansla fuppofition que l'oxide jaune de mercure ne fe revivifie pas fans addition , on n'en pourrait rien conclure contre la doarine antiphlogifticienne puifqu'elle rendrait compte de ce phénomène , & la conclufion que le Dr. Prieftley tire de la comparaifon de l'oxide rouge avec l'oxide jaune de mercure ne peut être admife. D'ailleurs en raifonnant dans fon hypothèfe , où eft la preuve que fi l'oxide jaune de mercure a befoin de l'addition d'une fubftance pour fe revivifier, cette fub- ftance doit fe trouver dans tous les oxides de mercure ? Où eft la preuve que cette fubftance qu'on eft obligé d'ajouter à l'oxide pour opérer fa revivification fe ( 45 ) combine avec cet oxide pour le faire paffer à l'état mé- tallique ? Si les oxides mercuriels ne pouvaient repafler à l'état métallique qu'en abforbant du carbonne ou du gaz hy_ drogène ; fi la préfence de ces deux corps dans la nou- velle combinaifon qui réfulterait de leur union avec l'oxide était annoncée parleur poids; on pourrait dire avec ju fie raifon que toute quantité quelconque de mercure dans l'état métallique doit contenir ces fubftances, comme on dit avec raifon que tous les oxides métalliques font compofés de métal plus d'oxigêne. Mais il n'en eft pas ainfi. Le Dr. Prieftley a fenti qu'on pourrait lui préfenter de fortes objeaions à cet égard ; il a voulu les prévenir en difant que l'oxide de mercure rouge ou précipité per fe eft un oxide de mercure , où l'oxigènè s'eft combiné , fans qu'il y ait eu perte de phlogiftique & que c'eft tout ce qu'on peut en conclure ; mais il a oublié que cet oxidé rouge de mercure reffemble parfaitement à celui qui eft fait par l'acide nitreux; que fuivant fon opinion, dans cette circonftance , ce mercure a paffé à l'état d'oxide en abandonnant fon phlogiftique ; cependant il fe re- vivifie fans addition , ni de gaz hydrogène , ni de charbon , ni d'aucune autre matière inflammable. Mais fi le phlogiftique était un des principes confti- tuàns du mercure , & fi ce métal l'avait perdu en s'oxi- dant , il faudrait qu'il le recouvrât pour reparaître dans fon état métallique , & jamais on ne pourrait le faire reparaître feus fa forme métallique fans cette addition ; mais puifque l'oxide de mercure n'en a pas befoin , il ( 46 ) eft évident que ce phlogiftique n'eft pas un des principes conftituans du mercure , Se la fuppofition du Dr. Prieftley à cet égard eft fans fondement. D'ailleurs quand on a chauffé le nitrate de mercure Se qu'on l'a amené à l'état d'oxide rouge de mercure , fi on conti- nue l'opération , on obtient une grande quantité de gaz oxi- gcne , mêlé d'un peu de gaz azotique , qui , fuivant la théorie antiphlogifticienne , provient de l'acide nitreux dont il eft un des principes conftituans ; mais fuivant le Dr. Prieftley ce gaz eft une combinaifon de phlogiftique & d'oxi- gêne ; le mercure pour paffer à l'état métallique laifferait donc alors dégager du phlogiftique. Je ne fais comment le Dr. Prieftley peut expliquer ces phénomènes d'après fon fyftème ; comment il peut prouver que le phlogiftique eft une des parties conftituantes du mercure, Se comment ce mercure n'étant devenu oxide qu'en fe féparant de ce phlogiftique , il peut devenir mer- cure coulant, en laiffant dégager du phlogiftique au lieu d'en reprendre. Le Dr. Prieftley avait bien fenti que la revivification de l'oxide rouge de mercure fans addition était inexplicable par l'ancienne théorie ; auffi , comme je viens de le dire , a-î-il avancé , pour prévenir toute objeaion , que le mer- cure dans cet oxide contient encore du phlogiftique, Se il ajoute même , d'après quelques çhimiftes, que l'oxi- de rouge de mercure fe revivifie fans dégagement d'air , quand il eft fait avec une attention convenable. Il pré- tend qu'il en eft de même de l'oxide rouge de plomb ou minium quand il eft nouvellement fait ; mais les expé- riences du citoyen Van-mons confignées dans le .... ( 47 ) volume des Annales de Chimie prouvent le contraire, Se j'ai obtenu du gaz oxigène du minium fraîchement fait. Là fuppofition .du Dr. Prieftley à cet égard eft donc fans fondement , & fon explication ne m'en paraît pas moins dénuée. Il dit que " fi on n'obtient pas d'oxigêne " de l'oxide rouge de mercure, Se de l'oxide rouge de " plomb , cela dépend de ce qu'il ne fe trouve pas d'eau " qu'il regarde comme effentielle à la conftitution de " toute efpèce d'air , de manière que les deux oxides con- " tiennent l'élément du gaz oxigène , quoique ce gaz ne " puiffe paraître avec les caraaères qui lui font propres à "' caufe du défaut d'eau." Si cette hypothèfe était fondée, il eft clair que l'oxi- gènè qui fe dégagerait de l'oxide métallique fe combinant avec de l'eau pour paffer à l'état gazeux devrait alors avoir un poids plus confiderable que celui qu'il a , étant combiné avec le métal , puifqu'à ce dernier poids , il fau- drait néceflairement ajouter celui de l'eau qu'il aurait ab- forbée pour devenir gaz oxigène. Mais l'expérience nous a appris que le poids de l'oxigènè eft le même après avoir été dégagé qu'avant d'avoir été abforbé par le mercure ; ainfi il n'abforbe pas d'eau pour paffer à l'état élaftique : par conféquent cette eau n'eft pas néceffaire pour le con- ftituer dans cet état. Après avoir cherché à prouver que le phlogiftique était néceffaire aux oxides mercuriels pour les revivifier, le Dr. Prieftley veut prouver que , dans tous les cas qu'il a apellés la phlogiftication de l'air, les métaux en ac- ( 48 ) (juérant du poids , laiffent cependant dégager quelque principe. Il cite à cet effet la combuftion du fer à l'aide d'un mi-, roir ardent fous une cloche : " Dans ce cas l'air eft dimi- " nué & le fer oxidé ; l'odeur que le fer exhale prouve " qu'il a perdu quelque chofe pendant cette opération : " Si on la continue , on verra du gaz inflammable fe for- " mer s'il y a un peu d'humidité qui puiffe lui fervir de "' bafe. D'après cela , il eft au moins probable que comme " l'expérience avait été fuivie d'une manière uniforme, " la même fubftance , c'eft-à-dire , la bafe de l'air inflam- ' ' mable s'était dégagée continuellement du fer ; c'eft cette " fubftance à qui nous donnons le nom de phlogif- " tique." Je ne vois pas , comme le Dr. Prieftley , que les mé- taux , en s'oxidant , laiffent dégager quelque principe. La preuve qu'il apporte à l'appui de fon opinion ne me parait pas démonftrative. L'odeur qui fe dégage de la combinaifon du fer avec l'oxigènè peut auffi bien venir de l'oxigènè que du fer ; Se peut-être vient elle de l'oxide qui le forme. Avons nous quelque chofe d'affez pofitif fur les odeurs pour pouvoir en déduire quelque conféquence ? Nous favons que les métaux imparfaits ont une odeur qui leur eft particulière ; nous connaiffons l'impreffion qu'elle fait fur les organes de l'odorat , mais nous ne pouvons la définir. Pour développer cette odeur un léger frottement fuffit : mais que fe paffe-t-il alors ? Nous l'i- gnorons. Se dégage-t-il une fubftance particulière qui agit fur les nerfs olfaaifs, ou , la fenfation que nous éprouvons eft ( 49 ) eft elle produite par une autre caufe ? Qui peut réfoudre ce problême ? Si c'eft une fubftance particulière qui fe dé- gage des métaux , cette fubftance eft-elle la même dans tous , ou differe-t-elle dans chaque métal ? Je ferais tenté de le croire puifque chaque métal affeae différem- ment l'odorat. Le même corps produit fur nos organes les mêmes fenfations dans les mêmes circonftances, Se fi le principe de l'odeur des métaux était le même dans tous, nous ne pourrions pas plus diftinguer, par l'odeur , le cuivre du fer , que nous ne pouvons diftinguer une rofe d'une autre rofe. Une autre circonftance qui me fait pré- fumer que ce principe odorant n'eft pas le même dans tous les métaux , c'eft la différence qui exifte dans la diffolution des différens métaux par le même acide : pour peu que nos organes foient exercés, nous diftinguons par l'odorat une diffolution de fulfate de fer , d'une diffolution de fulfate de cuivre , &c. Si le principe de l'odeur était le même dans tous les métaux , il y a tout lieu de croire que l'odeur qui fe dégage des diffolùtions métalliques , faites par le même acide Se dans les mêmes circonftances , ne préfenterait aucune différence. Que conclure delà? Dira-t-on que le prin- cipe odorant des métaux eft le phlogiftique ? mais le phlogiftique , fuivant L Dr. Prieftley , n'eft autre chofe que l'hydrogène : on devrait donc dans le cas dont il eft queftion retrouver l'odeur de l'hydrogène. Il n'en eft rien , Se l'odeur qui s'exhale du fer dans l'expérience dont il vient d'être queftion eft une odeur particulière à ce métal ou à fa combinaifon avec l'oxigènè. Nous n'avons pas affez de données fur cet objet pour Q ( S© ) pouvoir nous en fervir comme d'un moyen de défenfe ott d'attaque : il faut attendre que le flambeau de l'expé- rience nous ait éclairés. Au refte , j'obferverai que le mercure dan3 l'état métallique laiffe dégager une odeur particulière quand on le frotte entre les doigts , qu'il perd cette odeur en paffant à l'état d'oxide rouge par fa combi- naifon avec l'oxigènè, Se qu'il la retrouve en revenant à fon état métallique. Comment a-t-il perdu fon odeur * comment l'a-t-il retrouvée fans l'addition d'aucune fub- ftance t Voilà une difficulté dont on ne peut pas plus rendre compté dans une théorie que dans l'autre & moins encore dans le fyftème du Dr. Prieftley que dans la théorie antiphlogifticienne , puifque , fuivant ce fyftème , le ■phlogiftique eft le principe de l'odeur des métaux & que la revivification de l'oxide rouge de mercure peut avoir1 lieu fans le concours de fubftances propres à fournir du phlogiftique à l'oxide de mercure. Quant à la compofition du gaz hydrogène que le Dr» Prieftley fuppofe être formé de phlogiftique Se d'eau , je me contenterai de faire le raifonnement fuivant pour -prouver combien fa fuppofition eft peu fondée. Ou le phlogiftique pèfe , ou il ne pèfe pas : S'il pèfe, les métaux lorfqu'ils font à l'état d'oxide , doivent avoir un poids égal à celui qu'ils avaient avant l'oxidation , moins le poids du phlogiftique , plus le poids de l'oxigènè : leur poids n'étant pas diminué , Se fe trouvant augmenté de tout le poids de l'oxigènè , il faut conclure de là, d'après la doarine du Dr. Prieftley , que le phlogiftique ne pèfe pas. Le gaz hydrogène qui , fuivant cette doarine , eft compofé d'eau Se de phlogiftique ne doit donc fa pefanteur qu'à celle de l'eau. D'après cela en fe fervant de gaz ( Si )- hydrogène pour revivifier l'oxide rouge de mercure, on devrait avoir une quantité d'eau égale feulement en poids au gaz hydrogène employé ; car, d'après la doc- trine du Dr. Prieftley , ce gaz hydrogène n'étant que de l'eau , plus du phlogiftique , cette eau doit reparaître fous fa forme à l'inftant où elle eft abandonnée par le phlo* gillique qui fe porte fur le métal pour le revivifier. L'oxigènè en outre qui, fuivant la même doarine , eft chalTé de l'oxide , à l'inftant où le phlogiftique s'y com- bine , devrait néceffairement , trouvant l'eau qui forme un des principes du gaz hydrogène , s'emparer d'une partie de cette eau Se fe préfenter à fon état gazeux ; par conféquent la quantité d'eau que l'on obtient dans cette expérience ne devrait pas même être égale en poids à la quantité d'hydrogène employé. Mais le poids de l'eau obtenue dans cette circonftance eft plus confiderable que celui du ga^ hydrogène , & eft égal au poids de ce gaz hy- drogène plus celui de l'oxigènè qui a difparu. Conw ment , fans parler de cette difparition du gaz oxigène , rendre compte de cette augmentation du poids de l'eau ? On ne peut pas dire , comme dans la combuftion du gaz oxigène Se hydrogène , que l'eau a été abandonnée par les deux gaz , puifque fuivant l'opinion du Dr. Prieftley , le principe du gaz oxigène eft feulement contenu dans l'oxi- de de mercure , & qu'il a befoin de l'eau dont il eft privé pour reprendre fon état gazeux. Il n'a donc pas pu con- tribuer à l'augmentation du poids de l'eau en lui cédant celle qu'il contenait : cette augmentation du poids de l'eau vient donc d'une autre caufe. Mais cette eau ne contenant, ainfi que le montre l'expérience , aucun corps G 2 ( 52 ) étranger, ne doit cette augmentation de poids qu'à une nouvelle quantité d'eau qu'elle a acquife. Cependant , fui- vant la doarine du Dr. Prieftley , aucune des fubftances employées dans cette expérience n'a pu fournir de l'eau ; il faut donc néceffairement conclure qu'elle a été formée pendant le cours de l'expérience ; mais fi on eft forcé d'ad- mettre cette conclufion , on eft obligé auffi de convenir qtië cette eau n'a pu être produite que par la combinaifon de l'oxigènè Se du gaz hydrogène, & par conféquent que le gaz hydrogène eft autre chofe que du phlogiftique Se de l'eau. La décompofition de l'air atmofphérique par l'oxida- tion des métaux en deux fubftances fimples , l'oxigènè que les métaux abforbent & le gaz azotique qui refte libre , eft attaquée par le Dr. Prieftley. Il regarde la produaion du gaz azotique comme réfultante de la combinaifon du phlogiftique du métal avec une partie de l'oxigènè, Se il renvoyé à une fuite d'expériences dans lefquelles il prouve , dit-il , ce fait. Je n'ai pas le détail de ces expé- riences fous les yeux , je ne puis y répondre d'une ma- nière direae ; je me contenterai d'obferver que s'il en était ainfi , en oxidant du fer dans du gaz oxigène , on devrait toujours obtenir du gaz azotique en très-grande quantité après l'expérience, tandis qu'au contraire on ne trouve que celui que l'oxigènè contenait antérieurement à l'expérience. Il ne fe dégage donc rien du fer pendant fon oxidation : des expériences femblables nous apprennent que les autres métaux pendant leur oxidation, le fouffre Se Je phofphore pendant leur combuftion , ne laiffent pas dégager de fubftance qui en fe combinant avec le gaz oxigène le Change en gaz azotique. Il m'eft donc permis d'après ( 53 ) cela , de tirer une conclufion toute contraire à celle du Dr.' Prieftley , favoir qu'aucun métal ne laiffe non plus que le fouffre & le phofphore dégager de phlogiftique pendant leur oxidation ou leur combuftion*. Pour donner plus de poids à fon opinion fur le de-» gagement du gaz hydrogène des métaux pendant leuf oxidation par les acides, le Dr. Prieftley cherche à dé* truire les preuves fur lefquelles les çhimiftes antiphlogif-' ticiens s'appuient pour démontrer la décompofition de l'eati dans cette circonftance. " Suivant la théorie antiphlogifticienne, dit-il, l'aiï " inflammable qui eft produit pendant la diffolution d'un " métal dans un acide provient entièrement dé l'eau qui " y eft combinée , & non du métal, mais les défenfeurs " de cette théorie ne me paraiffent pas avoir prêté une " attention fuffifante à une des conféquences néceffaires " de cette fuppofltion. Suivant leurs principes , l'eau " contient fur 100 parties, 87 parties d'oxigêne, Se ci 13 d'hydrogène , c'eft à peu près 7 fois autant d'oxi* " gène qu'il y a d'hydrogène. Conféquemment puifqu'il " n'y a que l'hydrogène qui fe dégage dans ce cas , il " doit refter 7 fois autant d'oxigêne dans la diffolution» " Mais M. Lavoifier Se M. Laplace difent ( Examen du " traité de M. Kirwan, p. 197,198 ) une chofe dont je " ne doute pas , c'eft qu'après l'expérience l'acide fatu^ " rera éxaaement la même quantité d'alkali ( ils ne difent * Voyez les belles expériences de Lavoifier fur h corn* jhuftion du phofphore. ( 54 ) "pas une plus grande ) qu'il aurait faturé auparavant, " Cependant avec cette addition d'oxigêne , il aurait dû, *s en faturer d'avantage ; fi l'oxigènè qui eft provenu de la " décompofition de l'eau ne s'eft pas joint à celui de l'a- f* cide , qu'eft il devenu ?" Il n'eft pas difficile de repondre à cette queftion du Dr, Prieftley. L'oxigènè qui s'eft dégagé de l'eau s'eft com-r biné avec le métal Se l'a converti en oxide pour faciliter fa combinaifon avec l'acide. Mais que conclure de ce que cet acide fature autant d'alkali après l'expérience qu'au- paravant , fi ce n'eft que l'oxigènè fourni au métal n'en provenait pas , & avait été fourni au contraire par l'eau décompofée dans cette expérience ? En effet un métal, ne fe combinant avec les acides que quand il efl à l'état d'oxide Se ne paffant à cet état que par fon union avec l'oxigènè , doit néceffairement, dans l'expérience dont parlent Lavoifier & le citoyen Laplace , abforber de l'oxigene pour fe combiner avec l'acide. Mais cet oxigène ne peut lui être fourni que par deux fubftan- ces , ou par l'acide lui-même , ou par l'eau qu'il contient. Si l'oxigènè avait été donné par l'acide , il aurait été dé- compofe en partie , Se aurait par conféquent moins faturé d'alkali après l'expérience. Mais puifqu'il fature la même quantité d'alkali , il n'a donc pas été décompofe , & dès lors l'oxigènè n'a pu être fourni au métal que par l'eau qui s'eft décompofée. " Si ce cas, ajoute enfuite le Dr. Prieftley, était analogue à celui de la décompofition de l'eau par le fer rouge , l'oxigènè dçvra^t fe trouver dans le fer , Se former du ( 55 ) finery cinder. Mais cette fubftance n'eft pas dlf> foluble dans l'acide vitriolique , fi on l'employé, & quand on la diffout dans l'acide marin , elle ne déphlo- giftique pas comme le minium Se d'autres fubftances qui contiennent de l'oxigènè. Il eft donc évident qu'il n'y a pas eu d'addition d'oxigêne dans cette expérience, par conféquent qu'il n'y a pas eu d'eau décompofée & que l'air inflammable vient de la décompofition du fer." L'explication que j'ai donnée fuffit, je penfe , pour dé- truire cette conclufion du Dr. Prieftley. Je me contenterai d'obferver relativement à la non-oxygénation de l'acide muriatique par cet oxide de fer, qu'il retient l'oxigènè affez fortement pour qu'on ne puiffe pas l'en dégager par l'aaion de la chaleur aidée de l'attraftion de l'acide mu- riatique. ( 56 ) SECTION SECONDE. P? la Décompofition ci? de la Compofition de PEau. JL^A compofition & la décompofition de l'eau eft ap- puyée fur des faits fi pofitifs , que je ne croyais pas que quelqu'un eût encore des doutes à cet égard ; & je m'at- tendais encore moins à voir le Dr. Prieftley la combattre après l'avoir reconnue. Cependant , comme dans les fciences phyfiques , & fur- tput en chimie , un fait nouveau peut ouvrir une nouvelle joute & conduire à des réfultats différens de ceux qu'on pvait obtenus jufqu'alors , je m'étais perfuadé que le changement d'opinion du Dr. Prieftley était dû à cette çaufe. Ce n'eft pas fans furprife , je l'avoue , que j'ai vu que je m'étais trompé , & que j'ai trouvé que le Dr. Prieftley avait reproduit aujourd'hui contre la compofition & la dé- compofition de l'eau, une partie des argumens dont on s'était déjà fervi pour l'attaquer , Se qu'il s'était appuyé fur des faits qui, pour n'avoir pas été affez examinés , avaient déjà induit en erreur beaucoup de favans efti- mables. Les çhimiftes fiançais qui ont créé Se affermi la doarine ( 57 )■ doftrihe antiphlogifticienne ont répondu dans leurs diver9 écrits aux objeaions qui font renouvellées aujourd'hui par le Dr. Prieftley contre la décompofition de l'eau. Si leurs ouvrages étaient entre mes mains , je n'aurais qu'à les ouvrir pour y trouver la folution des difficultés qu'il préfen- te ; mais à leur défaut Cependant il ne me fera pas difficile de la donner. Les çhimiftes antiphlogifticiens en voyant, dans l'ex- périence où l'on fait paffer l'eau en vapeur à travers un canon de fufil , que l'eau difparaiffait j que le fer était oxidé, que fon poids était augmenté, qu'ily avait produaion d'un fluide élaftique> que le poids de ce fluide élaftique ajouté à celui dont le métal avait augmenté , était égal à celui de l'eau qui avait difparu , fe font trouvés forcés de conclure que dans cette expérience l'eau avait été décompofée, puifque des expériences rigoureufes leur avaient déjà appris que le fer ne s'oxide qu'en abforbant l'oxigènè qu'il dégage des corps où cet oxigène était combiné. Cette conclufion ne paraît pas exaae au Dr. Prieftley ; '< car, dit-il, pour prouver que l'augmentation de poids du* fer eft due réellement à l'oxigènè , on devrait montrer l'oxigènè , foit fous la forme d'air déphlogiftique , foit dans quelque corps où nous favons qu'il entre : jamais on ne l'a fait. Le fer qui a abforbé de l'air , ou la rouille com- mune de fer , a une apparence différente , quoique traité de la même manière. M. Fourcroy dit ( p. 23 de l'Ouvrage déjà cité ) que cette chaux eft du fer oxidé en partie ; mais s'il en était ainfi , il attirerait une plus grande quan- tité d'oxigêne & deviendrait avec le tems une rouille de fer complètement oxigénée. Mais cette chaux de fer ne H ( 5* ) contraaera jamais de rouille , ce qui démontre que le fer eft en partie faturé par quelque principe différent qui l'empêche de s'unir avec celui qui l'aurait converti en coui'le. Cependant ni cette chaux ni toute autre chaux de fer vie peut-être revivifiée à moins qu'elle ne foit chauffée dans du gaz hydrogène , qu'elle abforbé avec avidité ; ou qu'on ne la mette en contaa avec quelque fubftance qu'on fuppofe contenir du phlogiftique. Il eft probable par conféquent que le phlogiftique fe combine avec la chaux de fer Se remplace celui qui s'en eft dégagé. On ne peut fe procurer du gaz inflammable dans les expériences fai- tes avec l'eau en vapeur qu'à l'aide de quelques fubftances que l'on fuppofe contenir du phlogiftique. Où eft alors la preuve que l'eau eft décompofée dans cette expérience ? On peut dire que l'oxigènè abforbé par le fer fe trouvant, lorfqu'il eft chaffé par la chaleur, en contaft avec l'air inflammable , fe combine avec cet air Se forme l'eau que l'on trouve après l'expérience ; mais d'après toutes les apparences cette eau eft celle que le fer a ab- fbrbée Se qui en a été chaffée au moment où il a repris le phlogiftique qu'il avait perdu." Je repondrai de la manière fuivante à ces objeaions du Dr. Prieftley. i°. L'augmentation de poids du fer vient de la com- binaifon de l'oxigènè avec le fer , & il eft aifé d'en four- nir la preuve qu'exige le Dr. Prieftley , c'eft-à-dire de préfenter l'oxigènè que le fer a abforbé dans une com- binaifon où l'on fait que cette fubftance fe trouve. ( 59 ) Si le calorique & la lumière , quand la chaleur eft pouffée à un degré fuffifant, pouvaient dégager l'oxigene du fer comme cela a lieu dans les oxides mercuriels , on pourrait offrir au Dr. Prieftley cet oxigène libre de toute combinaifon ; mais l'attraaion entre le fer Se l'oxi- gene étant plus forte qu'entre le calorique feul Se l'oxigènè, il faut avoir recours à un corps dont l'attraaion foit fupé- rieure à cette dernière. En conféquence on expofe le fer qui a été oxidé par l'eau à l'aaion de la chaleur avec du charbon ou du gaz hydrogène. Dans le premier cas , il fe produit de l'acide carbonique, Se dans le fécond de l'eau privée d'acide carbonique fi le gaz hydrogène eft pur. On demandera fans doute comment il eft prouvé que l'oxigènè Se le carbone forment du gaz acide carbonique. A cet égard je renverrai aux expériences faites par La- voifier fur la combuftion du charbon dans le gaz oxigène : elles paraîtront décifives à tous ceux qui les examineront fans préjugés , & comme le Dr. Prieftley n'apporte aucun fait nouveau pour détruire les conféquences qu'on en a déduites , & qu'il fe contente de repréfenter fous une nou- velle forme des objeaions auxquelles on a répondu d'une manière viaorieufe ; il eft évident que je n'ai befoin aujourd'hui que de rappdler ces expériences pour lui répondre , Se pour conclure que puifqu'en traitant le fer qui a décompofe l'eau avec du charbon , on obtient une quantité d'acide carbonique égal en poids Se à celui de l'oxigènè contenu dans le fer , Se au carbone qui s'eft combiné avec cet oxigène , l'augmentation de poids H z ( 60 ) du fer doit être attribuée à l'oxigènè de l'eau qui s'y eft fixé. 2°. La différence qui exifte 'entre l'oxide noir de fer pro- duit par la décompofition de l'eau , & l'oxide rouge de fer , eft loin de prouver que cette première fubftance ne foit^pas un oxide ; carie caraaère propre aux oxides eft de fe diffoudre dans les acides fans aucun dégagement , Se notre oxide fe diffout de cette manière. Puifque l'ex- périence nous a prouvé que les métaux , pour fe combiner avec un acide, ont befoin d'être unis avec de l'oxigènè, il faut donc que le fer qui a décompofe l'eau en ait ab- forbé. 3°. Parce que l'oxide de fer formé par l'eau à l'état de vapeur n'abforbe plus d'oxigêne , quoique feulement en partie oxigéné , affurera - t - on que ce n'eft pas un oxide ? La différence de température à laquelle deux corps fe combinent ne leur donne-t-elle pas des formes, Se fouvent quelques propriétés différentes de celles des fub- ftances du même genre , quoique cependant elles aient les propriétés caraaériftiques de ce genre ? La forme cryftalline qu'affeae l'oxide de fer produit par ladéconpofition de l'eau ne peut-elle pas s'oppofer à ce qu'il abforbé de l'oxigene ? Ne fouîmes nous pas obligés de dé- truire la forme des corps pour aider leur combinaifon ? Tel corps cryftallifé, malgré fon attraaion pour une fub- ftance , ne fe combine pas auffi rapidement que s'il était en poudre. D'ailleurs il eft peut-être un degré d'oxigé* nation à une température donnée , pafîe lequel l'oxigènè ne peut plus fe combiner , à moins que les circonftances d« l'expérience ne changent. ( 61 ) Et parce que le fer oxidé à cette température, quoiqu'il ne le foit pas entièrement , ne pourra plus s'oxider à une température inférieure , dira-t-on qu'il n'eft pas oxidé ? D'ailleurs que conclure de ce que le fer oxidé par l'eau ne peut pas s'oxider davantage lorfqu'il eft expofe à l'air ? Nous favons que ce n'eft pas l'oxigènè de l'atmofphère qui oxide le fer. C'eft celui contenu dans l'eau qui fe porte fur ce métal , Se quand une fois une certaine quan- tité de fer s'eft emparée de la quantité d'oxigêne qu'il peut enlever à l'eau & que l'eau peut lui fournir, il eft arrivé au maximum d'oxidation où il peut parvenir par ce moyen , & il eft clair qu'il ne peut pas aller au- delà. Lorfqu'on met un métal dans de l'acide ni- treux , Se que ce métal a enlevé à l'acide nitreux la quantité d'oxigêne néceffaire à fon oxidation , on a beau ajouter de nouvel acide nitreux au mélange , il n'y a pas un nouveau dégagement de gaz nitreux : en effet l'attraaion du métal pour l'oxigènè étant fatisfaite ne peut plus vaincre celle qui unit ce principe au gaz nitreux dans l'acide. Je penfe qu'on ne demandera pas les raifons pour lefquelles j'ai dit que c'était l'oxigene de l'eau & non pas celui de l'atmofphère qu'abforbait le fer pour s'oxi- der. Tout le monde lait que le fer ne fe combine avec l'oxigene de l'atmofphère qu'à un degré de chaleur fupé- rieur à celui du milieu dans lequel nous vivons ; que le fer ne s'oxide pas s'il eft tenu en contaa , à la tem- pérature ordinaire de l'atmofphère, avec du gaz oxigène ( 62 ) privé d'eau ; tandis qu'il s'oxide à cette température s'il eft mis en contaft avec de l'eau ou avec de l'air hu- mide. Ainfi quoique l'oxide de fer qui a été formé par la décompofition de l'eau n'abforbe plus d'oxigêne à la température ordinaire de l'atmofphère , on ne peut donc pas en conclure qu'il n'eft pas un oxide formé par la com - binaifon de l'oxigènè avec le fer comme tous les autres oxides. Je ne m'arrêterai pas à la difficulté que le Dr. Prieftley élève à raifon de la couleur noire de cet oxide ; ne fait-on pas que les oxides de fer qui fe font par la com- binaifon de l'oxigene à l'aide de la chaleur, varient fin- gulièrement en couleur, & que le même morceau de fer que l'on oxide fur des charbons préfente dans fes diffé- rentes parties des nuances de bleu , de violet , de noir , Se de rouge pâle. Quant à l'objeaion fur la revivification du fer qui ne fe fait pas fans l'addition d'une fubftance combuftible , qu'elle conféquence en tirer , fi ce n'eft que le fer a plus d'at- traaion que le calorique pour l'oxigènè , comme je l'ai dit plus haut ? L'étaîn qui a été oxidé à l'air libre ou à l'aide du gaz oxigène retient fortement cet oxigène Se ne l'abandonne pas au calorique feulement ; il faut que fon aaion foit aidée de celle d'un autre corps. Pour expliquer d'une manière très - exaae ce phénomène on n'eft donc pas obligé d'avoir recours à un agent étranger dont on s'eft contenté d'annoncer l'exiftence , fans avancer un feul fait qui la prouve , fans examiner avec une at- tention convenable les faits qui prouvent combien une telle fuppofition eft gratuite , & fans prendre garde aux çon«i C 63 1 traditions fans nombre dans lefquelles fe trouvent en- traînés les partifans de cette hypothèfe lorfqu'ils veulent la défendre. " L'eau , dit le Dr. Prieftley , a converti le fer en oxide , Se elle ne peut en être chaffée que par le phlogiftique à l'inftant où il entre dans le fer. Cette opinion eft d'au- tant plus probable , que quand on chauffe de la même ma- nière d'autres fubftances qu'on fait contenir de l'oxigènè , on obtient de l'air fixe qui contient de l'oxigènè , & il n'en eft pas de même avec cette chaux de fer. Si, par exem- ple , on chauffe du précipité per fe , du minium dans de l'air inflammable , le mercure & le plomb feront revivifiés & il y aura en même tems produaion d'une grande quan- tité d'air fixe. Mais fi on chaffé d'abord l'air du minium , ce qui le convertit en une fubftance jaune qu'on nomme majficot , quoique le plomb foit revivifié il n'y aura pas d'air fixe de produit. Par conféquent puifqu'en traitant le finerv cinder Se le majftcot de la même manière on ob- tient le même refultat, nous fommes autorifés à conclure que ces fubftances font femblables Se que le finery cinder ne contient pas plus d'oxigêne que le ma/ficot." Les preuves fur lefquelles s'appuie le Dr. Prieftley ne me paraiffent pas auffi pofitives qu'à lui. Je ne vois pas comment on peut conclure que l'oxide de fer en queftion ne contient pas d'oxigêne parce qu'il ne fournit pas d'acide carbonique en fe revivifiant dans le gaz hydrogène comme l'oxide de plomb rouge ou l'oxide de mercure rouge en fourniffent. En effet le gaz acide carbonique qu'on obtient dans la revivification de l'oxide rouge de mercure provient d« ( 64 ) carbone^, tenu en diffolution dans le gaz hydrogène ; alors > Ou l'acide carbonique s'eft formé pendant la revivification du métal ; où il était combiné avec l'oxide Se il s'eft dégagé pendant la revivification du métal. Nous favons que l'oxide de mercure Se l'oxide rouge de plomb font très-avides d'acide carbonique Se que pour avoir ces fub- ftances libres de ce gaz , il faut les garantir du conta& de l'air. Ainfi on doit attribuer la préfence de l'acide carbonique obtenu par le Dr. Prieftley dans ces circonftances à l'une ou l'autre de ces caufes. Je ferais cependant porté à croire qu'elle dépend plutôt de la dernière , puifque le Dr. Prieftley dit que l'oxide rouge de plomb privé d'une partie de fon air Se paffant à l'état d'oxide jaune n'a plus fourni d'acide carbonique, une fois arrivé à cet état. L'acide carbonique combiné avec l'oxide rouge de plomb s'étant dégagé , le plomb fous fa forme d'oxide jaune ne contenait plus que de l'oxigènè , & étant traité avec du gaz hydrogène, ne pouvait plus produire que de l'eau fi ce dernier gaz était bien pur. Il en a été de même de l'oxide noir de fer traité avec le gaz hydrogène, Se tout ce qu'on peut conclure de ce que dit le Dr. Prieftley , c'eft que fon gaz hydrogène ne contenait pas de carbone. L'abfence de l'acide carbonique ne prouve donc pas plus l'abfence de l'oxigènè dans l'oxide de fer formé par la décompofition de l'eau que dans l'oxide jaune de plomb. Comme nous avons d'ailleurs la preuve que le plomb ne paffe à l'état d'oxide jaune qu'en fe combinant avec l'oxigènè & que les faits fur lefquels le Dr. Prieftley s'eft appuyé font loin de prouver le contraire, il faut donc qu'i-I ait ,( 65 ) fût recours à un autre moyen pour démontrer la non-ex « iftence de l'oxigènè dans l'oxide de plomb jaune, & pour établir enfuite fon analogie avec l'oxide noir de fer. " Mais, ajoute-il , on trouve fous un autre rapport beaucoup de reffemblance entre le majftcot Se le finery cinder ; ils font folubles l'un & l'autre dans l'acide marin Se ne le déphlogiftiquent pas ; effet , au contraire ,' que le minium produit inftantanément. M. Berthollet dit cependant, ( Annales de Chimie p. gj. V. 3. ) que la chaleur qui change le minium en majftcot ne peut changer fa nature. Qu'elle eft la preuve du changement de la nature d'une fubftance fi ce n'eft le changement de ks- propriétés. D'après tout ceci , il eft probable que quand le fer eft converti en finery cinder, il perd fon phlogtfiique Se abforbé feulement l'eau , Se que quand il revient à l'état de fer, il fe fépare de l'eau Se reprend fon phlogiftique.,, Ce n'eft fans doute que pour prouver que l'oxide noir de fer Se l'oxide jaune de plomb ne contiennent pas d'oxi- gêne que le Dr. Prieftley avance, qu'ils n'oxigenent pas l'acide muriatique. Mais ce fait ne me parait pas plus heureufment choifi que les autres. Si l'oxide noir de fer & l'oxide jaune de plomb n'oxigenent pas l'acide mu- riatique , ce phénomène eft dû à ce que le fer Se le. plomb , Pun dans fon état d'oxide noir Se Pautre dans fon état d'oxide jaune ont plus d'attraftion pour l'oxigènè que l'acide muriati- que. Il n'en eft pas de même de l'oxide rouge de plomb ; l'o- xigènè y eft plus abondant que dans l'oxide jaune, le métal y tient moins & l'abandonne au calorique ou à l'acide muriati- que fans difficulté. 1 ( 66 ) Ainfi une plus grande quantité d'oxigêne dans l'oxide rouge , une moins grande attraaion pour l'oxigènè , con- ftituent la différence qui exifte entre l'oxide rouge Se l'oxide jaune de plomb. Le Dr. Prieftley avait oublié fans doute que le plOfnb paflait de l'état d'oxide gris à l'é- tat d'oxide jaune lorfqu'on lui faifait abforber de l'o- xigene. Et que quand on ramenait l'oxide rouge à l'état d'oxide jaune , à l'aide de la chaleur, on lui enlevait feulement une partie de fon oxigène , & non tout celui qui y était contenu. Ainfi M. Berthollet a eu raifon de dire que la chaleur qui change Poxide rouge de plomb en oxide jaune ne change pas fa nature d'oxide. Ses propriétés ont été modifiées , mais non changées comme le prétend le Dr. Prieftley. En cherchant à établir de l'analogie entre l'oxide jaune de plomb Se l'oxide noir de fer , en prétendant que le dernier ne contient pas d'oxigêne & que le premier n'en contient pas d'avantage , le Dr. Prieftley convient cependant que l'un & l'autre font des oxides. L'eau a fait , fuivant fon fyftème , paffer le i~er à l'état d'oxide noir en fe combinant avec lui ; il réfulte donc de là que quand l'oxigènè n'a pas oxigéné le fer , c'eft l'eau qui a produit ce phénomène : mais fi en fui- vant fon raifonnement, il n'y a pas d'oxigêne dans l'oxi- de jaune de plomb , on doit conclure par ana- logie que c'eft l'eau qui a conftitue le plomb dans cet état, Mais où le plomb aurait - il pu abforber cette eau , puifque l'opération de l'oxidation du plomb s'eft faite fans le fecours de cette fubftance. Le Dr. Prieftley ne s'eft pas apperçu qu'il lui reliait une ( 67 ) pbjeaion plus forte à réfoudre en admettant que le fer eft oxigène par l'eau. Si l'eau eft contenue dans le fer , elle doit néceffairement , ainfi qu'il le dit lui-même , être dé- gagée à l'inftant où le phlogiftique vient la remplacer . mais quand on revivifie à l'aide du charbon l'oxide de fer noir formé par la décompofition de l'eau, pourquoi ne retrouve-t- on pas cette eau? Qu'eft elledev nie ? A-t-elle contribué avec le phlogiftique à la formation de l'acide carbonique ? Dans ce cas l'eau & le phlogiftique compofent donc feuls l'acide carbonique. Mais alors fi l'eau eft néceffaire feule- ment à la formation de cet acide , comment cet acide eft-il produit par la fimple combinaifon de l'oxigènè avec le charbon ? On peut répondre que l'eau néceffaire à la for- mation de l'acide carbonique a été fournie par l'oxigènè , puifque c'eft à l'eau que l'oxigènè doit fon état gazeux : mais alors, l'oxigènè doit-être dégagé de Ja combinaifon , puifque , d'après le Dr. Prieftley , l'eau Se le phlogiftique font les feules parties conftituantes de l'acide carbonique. On devrait donc le retrouver libre de toute combinaifon ; mais dès qu'on ne le retrouve pas dans cet état, il faut donc convenir qu'il eft entré dans la combinaifon; s'il y eft en- tré.l'eau Se le phlogiftique feuls ne forment pas de l'acide car- bonique , & l'oxigènè eft néceffaire à fa formation. Cette fubftance eft donc une des parties conftituantes de l'acide car- bonique; elle exiftait donc dans l'oxide de fer formé par la dé- compofition de l'eau qui a fourni de l'acide carbonique quand on l'a traité avec du charbon. Où cet oxide aurait-il pu trouver cet oxigène , fi l'eau ne le lui avait pas fourni ? L'eau a donc été décompofée par le fer , Se c'eft ï 2 ( 68 ) avec raifon qu'on a dit qu'elle était compofée d'oxigêne & d'hydrogène. Après avoir attaqué la d .'compofition de l'eau , le Dr. Prieftley paffe à la eo.npofition de l'eau qu'il combat également. L'acidité qu'avait l'eau obtenue dans les différentes expériences faites fur la compofition de ce liquide ; les 51 pouces cubiques de gaz azotique trouvés dans le réfidu de l'expérience fur la compofition de l'eau faite par les citoyens Fourcroy , Vauquelin & Séguin , excédant la quahtité d'azote prééxiftant à l'expérience ; la formation de l'acide nitreux qui a lieu , foit qu'on combine du gaz azo- tique, ou du gaz hydrogène avec du gaz oxigène font conclure au Dr.Prieftley. i°.Que les 51 pouces cubiques de gaz azoti- que trouvés en excédant après l'expérience ci-deffus citée,ont été produits pendant l'expérience. 20. Que le gaz oxigène a été décompofe. 30. Que , fi l'expérience avait été con- duite d'une autre manière le gaz oxigène aurait pris la forme d'acide nitreux, puifqu'en fe fervant de gaz hy- drogène ou de gaz azotique, on obtient de l'acide nitreux. Les antiphlogifticiens conviennent , ajoute-t-il , qu'à l'ex- ception du cas où l'air inflammable était brûlé le plus lente- ment, l'eau qui fe produirait contenait plus ou moins d'acide, On a déjà repondu à toutes les objeaions que l'acidité contraaée par l'eau pendant fa formation avait fait naître. On a prouvé que c'était au gaz azotique contenu dans le mélange des deux gaz que l'on devait cet acide nitreux. Quant au 51 pouces cubiques d'azote en excédant trou- vés dans le réfidu de l'expérience faite par les citoyens fourcroy , Séguin Se Vauquelin, le citoyen Séguin 3 ( 69 ) rendu compte de cet excès de gaz azotique dans le mé- moire qu'il a lu à la ci-devant Académie des fcierices. 11 l'a attribué à la petite quantité d'air atmofphérique qui reliait dans les cilindres, à l'inftant où on a commencé à les remplir. Il a ajouté que malgré toutes les précautions prifes , on n'avait pu totalement expulfer l'air atmofphérique qui fe trouvait dans les cônes , Se dans une partie de là calotte; mais qu'eft-ce que 51,774 pouces cubiques à l'égard de 12570,942 pouces cubiques de gaz oxigène employé? Pourquoi ne fe ferait-il produit que 51,774 pouces cubiques de gaz azotique dans cette expérience ? D'où eft venue l'eau qui s'eft formée ? Si elle a été aban- donnée par les deux gaz, comme le foupçonne le Dr. Prieftley, il aurait dû fe former une plus grande quantité de gaz azotique ; car , fuivant lui , le gaz hydrogène eft de l'eau plus du phlogiftique Se le gaz oxigène eft de l'eau plus de l'oxigènè. Le phlogiftique ne pefant pas , le gaz azotique ne doit pas plus pefer que la bafe de l'oxi- gènè. Je ne fais quelle quantité d'eau , fuivant le Dr. Prieft- ley , l'oxigènè doit abforber pour paffer à l'état de fluide élaftique ; en fuppofant qu'il lui en faille la moitié de fon poids, l'expérience ci-deffus citée aurait dû nous pré- fenter le refultat fuivant. Le gaz hydrogène pefant 1039,358 grains. Le gaz oxigène pefant 6209,869 grains. Le poids de l'eau aurait dû être de 1039,358 grains j plus 6209,869 divifés par 2 , égaux à 4144,292. Le poids du gaz azotique qui aurait été formé par la coni- ( 7° ) binaîfon du gaz oxigène &• du phlogiftique aurait donc dû être de 3104,935. Mais les 5 1,774 pouces ne Pe^ant que 27,304, où ferait donc pafîé le refte de l'oxigènè ê'îI n'avait fervi à la compofition de l'eau ? Il ne fe trouve pas affez d'acide carbonique ponr compenfer le déficit d'oxigêne qui aurait eu lieu dans Pljypothèfe du Dr, Prieftley. D'ailleurs on rend compte de la formation de l'acide carbonique qui a eu lieu dans cette circonftance à l'aide des expériences qui ont prouvé que le gaz hydrogène tenaiç du carbone en diffolution. Je crois pouvpir être difpenfé de répondre aux autres pbjeaioris faites par le Dr. Prieftley contre l'expérience des citoyens Fourcroy , Vauquelin Se Séguin. Il pré- tend que le refultat n'a pas été auffi exaa qu'on l'a fou- tenu ; il n'avance aucun fait pour le prouver ; il fe plaint qu'il y a eu trop de calculs , trop de correaions dans le cours de cette expérience ; il me permettra de n'être pas, de fon opinion : il me femble qu'on n'a fait que les cal- culs ftriaement néçeffaires à la précifion de l'expérience. Ces calculs , en effet , ne portent que fur les dilatations des gaz, fur leur réduafon à une preffion , & à une tem- pérature déterminée, fur les quantités de fluide élaftique avec lefquelles ils pouvaient être mélangés. Les auteurs de l'expérience en queftion ont conduit le kaeur de dé- grés en dégrés jufqu'à leur refultat, afin de faire con- naître la route qu'ils avaient fuivie Si d'indiquer comment ils avaient fu franchir tous les obftacles qu'ils avaient rencon- trés, ( n ) A l'appui des raifonnemens que je vierts dé combattre » le Dr. Prieftley cite des expériences. Il dit qu'en brû- lans du gaz oxigène & du gaz hydrogène très-pur j à l'aide de l'étincelle éléarique , dans un vaifleau de cuivre ou de verre , on obtient de l'acide nitreux ; que plus" îâ pureté des gaz eft grande , plus l'acide formé eft fort j que fi l'on introduit du gaz azotique dans le mélangé > il ne fera point altéré Se ne formera d'acide nitreux qu'au moment ou il y aura déficit de gaz hydrogène. De là le Dr. Prieftley conclut que puifque le gaz hydrogène Si le gaz azotique contribuent à former le même acide , ils doivent contenir le même principe , favoir le phlo* giftique. Le Dr. Prieftley ne nous dit pas d'où il a retiré fort gaz oxigène , ni par quels moyens il fe l'eft procuré-. Nous favons que les oxides des métaux abforbent du gaz azotique ; nous favons que l'oxide de manganèfe en laiffe échaper en telle quantité que le citoyen Séguin a obfervé qu'on pouvait l'en obtenir prefque pur , ainfi que le rapporte le citoyen Berthollet dans lé 3eme. volume des Annales de Chimie. Les oxides dé plomb Se de mercure en contiennent auffi. Le citoyen Berthollet dans fes excel- lentes confidérations fur les expériences du Dr. Prieftley t relatives à la compofition de l'eau Se fur un article du nouveau Diaionaire de M. Keir , dit que M. Prieftley s'était fervi pour faire l'expérience qu'il rapporte * d'un * Le Dr. Prieftley ne paraît pas avoir fait de nouvelles expériences fur cet objet. Je fuis porté à croire qu'il C 72 ) oxide rouge de mercure qui contenait de l'azote. Le citoyen Berthollet lui ayant envoyé de l'oxide rouge de mercure , le Dr. Prieftley s'en fervit , & n'obtint pas d'a- cide nitreux, mais de l'acide carbonique qui était contenu dans l'oxide ainfi que le citoyen Berthollet l'a vérifié. Que penfer des conclufions du Dr. Prieftley quand on voit que les réfultats qu'il a obtenus dépendaient de cr.u- fes qu'il n'a pas fuffifamment examinées ; quand nous remarquons que des expériences femblables à celles que ce phyficien célèbre rapporte aujourd'hui étaient loin de l'exaaitude qu'elles devaient avoir ; quand il ne nous fait pas connaître les moyens qu'il a employés pour remédier à cette inéxaaitude qu'on lui avait reprochée ? Je ne m'é- tendrai pas davantage fur cet objet Se je renvoyé aux confidératîons du citoyen Berthollet ci-deffus citées : elles répondent à une foule d'autres objeftions que le Dr. Prieftley n'a pas reproduites dans fon ouvrage. ne parle que du refultat des expériences auxquelles le citoyen Berthollet a répondu. Je fuis auffi porté à croire qu'il ne connaît pas cette réponfe , puifqu'il n'en parle pas , car elle n'eft pas de nature à être paflee fous filence. k ( 73 > SECTION TROISIÈME. Autres Objections contre la Théorie Antiphlogifticienne. • ans cette feétion le Dr. Prieftley a renfermé des objeaions ifolées les unes des autres contre la doarine an tiphlogifticienne. I. " Si le gaz hydrogène n'eft qu'une des parties conf- tituantes de l'eau, il ne devrait jamais être produit que dans les cas où un corps, connu pour Contenir de l'eau , fe préfente. Mais en chauffant le finery cinder ou oxide noir de fer avec du charbon, il y a produaion de gas inflammable, quoique, fuivant la nouvelle théorie , il n'y ait pas d'eau dans cette circonftance. L'oxide noir de fer ne contient pas d'eau , le charbon fait avec le plus grand degré de chaleur poffible , n'en contient pas non plus , Se cependant ils fourniffent du gaz hydrogène en ^rande quantité.,, " Il femblerait d'après cette objeaion du Dr. Prieftley, que les antiphlogifticiens ont dit que le gaz hydrogène ne fe trouve que dans l'eau & qu'il ne pouvait être obtenu que de l'eau. Jamais ils n'ont avancé une pareille erreur. L" gaz hvdrogcne fe préfente dans beaucoup d'autres corps K ( 74 ) que l'eau ; il fe rencontre notamment dans les huiles , l'alcohol, & on en retire auffi du charbon. Ainfi le gaz hydrogène peut être obtenu de ces corps fans décompo- fition de l'eau. C'eft pour cette raifon que le Dr. Prieftley en a obtenu dans l'expérience dont il parle, car il eft très-difficile de dépouiller le charbon de fon gaz hydro- gène, & comme il paraît que le carbone a plus d'affinité avec l'oxigènè que i'hydrogène , rien d'étonnant, fi cette dernière fubftance , en fe combinant avec le carbone , a laiffe dégager le gaz hydrogène du charbon. Le Dr. Prieftley ne nous dit pas, d'ailleurs , fur quelle quantité il a opéré , ni quelle quantité de gaz hydrogène il a obtenu. On ne peut donc pas difeuter plus longuement fon expé- rience , mais ce que j'ai dit fuffit pour l'expliquer , quoique le Dr. Prieftley prétende que la nouvelle théorie ne peut pas en rendre compte. Son explication au Contraire , loin d'être fatisfaifante , eft ïnadmiffible ; car il dit que l'eau que contient le finery cin- der , s'uniffant avec le charbon, forme le gaz inflammable en même-tems qu'une partie du phlogiftique du charbon fert à revivifier le fer. Mais d'où provient le gaz acide carbonique obtenu dans cette circonftance ? Le Dr. Prieftley n'en parle pas ; cependant la quantité de ce gaz eft beaucoup plus confiderable que celle du gaz hydrogène. Comment rendre compte de fa formation dans l'hypo- thèfe du Dr. Prieftley* ? * Je trouve dans le mémoire ci-deffus cité du citoyen Berthollet une réponfe pofitive à un autre argument qua ( 75 ) Quant à la produaion du gaz hydrogène par la dé- compofition de l'eau que l'on fait pafler à l'état de vapeur fur du charbon , je puis élever la même objeaion que je viens de préfenter, & il fera impoffible alors au Dr. Prieftley d'y repondre, à moins qu'il ne revienne à fon ancienne opinion Se qu'il ne dife que l'eau a été altérée au point d'être changée en air fixe. D'où provient alors le gaz hydrogène la diminution de poids du charbon , &c. ? Ce gaz hydrogène était-il contenu dans le charbon ? mais le citoyen Berthollet a prouvé 3eme. volume des Annales de Chimie , p. jj , que les preuves fur lef- quelles le Dr. Prieftley avait appuyé fon opinion étaient fans fondement. " La théorie antiphlogifticienne , continue le Dr. Prieft- ley , rejette le phlogiftique , Se admet l'exiftence du car- bone , c'eft-à-dire du charbon dépouillé de terre , de fels Se autre fubftance étrangère. Tandis que les phlo- gifticiens difent que l'air fixe eft formé par l'union du gaz inflammable avec le gaz oxigène, les antiphlogifti- ciens difent qu'il eft compofé de carbone diffous dans l'oxigènè. Mais j'ai obtenu de l'acide carbonique dans des expériences où il n'y avait pas de charbon ou une quantité fuffifante pour en tenir compte. Si on chauffe du fer dans de l'air déphlogiftique ou de l'acide vitriolique , le Dr. Prieftley avait tiré de cette expérience , favoir qu'elle détruifait la doarine de ceux qui ne veulent admettre l'hydrogène que dans les fubftances dans lef- quelles on en a prouvé l'exiftence. K 2 ( 76 ) il y à produaion d'une quantité confiderable d'air fixe. On dit que le fer contient de la plombagine. On n'en trouve pas dans le fer malléable , encore moins dans l'air qu'on en obtient. On produit auffi de l'air fixe , en re- vivifiant du minium ou oxide rouge de plomb dans du* gaz hydrogène ; & fi on chauffe du charbon de cuivre dans du gaz déphlogiftique on obtiendra une quantité d'air fixe égale au 0,9 dé l'air déphlogiftique. J'ai retiré plus de 30 onces mefures , d'air fixe très-pur de ce charbon qui eft produit par l'union de l'efprit de-vin avec le cuivre." Le Dr. Prieftley me paraît , dans les faits qu'il rapporte, avoir négligé quelques obfervations bien importantes ; 1°. Que le fer contient toujours plus ou moins de carbure de fer Se que c'eft à cela qu'il faut attribuer la formation de l'acide carbonique dont il parle ; que pour cette rai- fon le gaz hydrogène qu'on tire du fer contient plus ou moins de carbone en diffolution. 20. Que l'air qui fe dé- gage de la diffolution du fer dans un acide ne contient point de carbure de fer ; que ce carbure s'eft décompofe pendant l'expérience ; qu'une partie du charbon forme de l'acide carbonique, Se que l'autre, fe combinant avec <îe l'hydrogène , donne du gaz hydrogène carboné. 30. Que c'eft pour cela qu'on obtient toujours de l'acide carbonique en brûlant de l'hydrogène avec de l'oxigènè. 40. Que le gaz acide carbonique retiré de l'oxide rouge de plomb était néceflairement contenu dans cet oxide, ainfi qu'il a été prouve par mille expériences. 5°. Que l'alcohol étant formé de carbone Se d'hydrogène , on { 'Il ) trouve l'origine de l'acide carbonique qu'il fe procure avec fon charbon de cuivre. La dernière objeaion du Dr. Prieftley porte fur Pacide carbonique produit par l'aae de la refpiration. Il con- vient qu'il n'eft pas déraifonable de dire que cet acide peut être produit par le carbone contenu dans hs fang & qui nous eft fourni par nos alimens qui tous en contiennent. " Mais puifque , dit-il , il produit la même fubftance que le gaz inflammable dégagé du fer forme avec l'oxi- gènè , il eft donc la même fubftance ; & le carbone n'eft que le phlogiftique fous un autre nom." Je répondrai au Dr. Prieftley que l'acide carbonique produit dans l'aae de la refpiration eft le refultat de la combinaifon qui fe fait dans les poumons du carbone avec le gaz oxigène ; que dans quelques aflêaions de l'organe de la refpiration on expeaore du carbone tout pur mélangé avec le mucus des poumons. Dans une opprcffion occafionee par une affeaion nerveufe affez vive que j'éprouvai, il y a quelques années , je remarquai que mes crachats étaient noirs , je cherchai à en connaître la caufe, Se je vis bientôt que c'était au carbone qu'ils devaient leur couleur. Ce carbone fournit de Pacide carbonique avec le gaz oxigène, produit bien différent de celui du gaz hy- drogène avec le même gaz qui forme de l'eau , comme l'ont prouvé toutes les expériences faites en France. Elles en: fourni en refultat des onces d'eau ; Se on y a oppofé feulement des grains Se des fraaioas de grain comme l'a remarqué le citoyen Berthollet. Le Dr. Prieftley , pour fa dernière objeaion , dit que le gaz azote eft omr.ofé de gaz o.\igèn.e :. ùc phlogiftique. ( 78 ) Il renvoyé à un mémoire qu'il a lu à la Société philofo-' phique de Philadelphie , fur cet objet. Le leaeur trou- ver.. - "• la fuite de cette reponfe , des confidérarions fur ler.i ;.•■<,-1. en queftion du Dr. Prieftley. CONCLUSION. J) E penfe avoir expliqué toutes les difficultés que le Dr. Prieftley avait trouvées dans la doarine antiphlogif- ticienne Se qu'il regardait comme inexplicables. D'autres fans doute l'auraient mieux fait que moi. Si dans I'é- loignement où je me trouve du monde favant ; fi en me rappellant avec quelque peine des faits que fix années confacrées au fervice public ont dû effacer en partie de ma mémoire, j'ai pu répondre au Dr. Prieftley , quel fuccès n'auraient pas eu ces favans diftingués qui ont ajouté de nouveau faits aux faits déjà connus , Se par conféquent de nouvelles preuves à l'appui de celles qui éxiftaient déjà en faveur de la doarine antiphlogifticienne. II me paraît étonnant qu'on veuille rejeter une théorie fondée fur des faits pofitifs, où tous les phénomènes de la nature font claffés d'après les loix qu'elle a elle-même établies , où tout eft fimple , où tout s'explique aifement & porte le cachet de l'exaftitude , & qu'on lui préfère ( 79 ) un fyftème où il faut fans ceffe avoir recours à des fuppo- fitions - gratuites , pour accorder des faits qui fe contre- difent , & où les difficultés s'accroiffent en raifon des er- reurs dans lefquelles on eft entraîné. Ainfi , par exemple , dans la théorie antiphlogifticienne tous les phénomènes de l'oxidation des métaux s'expliquent d'eux-mêmes. Dans le fyftème du phlogiftique que l'on a cherché à faire cadrer avec des faits qui le détruifent, on eil forcé de dire , tantôt que les oxides font formés par la combinaifon de Poxigène fans dégagement de phlo- giftique , tantôt que le phlogiftique fe dégage lorfque l'oxigènè fe combine avec les métaux, tantôt que c'eft l'eau qui conftitue les oxides. Cependant on reconnaît que ces oxides formés par la prétendue combinaifon de l'eau font abfolument femblables à ceux produits par Poxigène Se on dit enfuite qu'ils en diffèrent ; on prétend que le dégagement du phlogiftique eft néceffaire à la formation des oxides , & on parle d'oxi- des qui confervent leur phlogiftique. Le gaz hydrogène, le carbone , le gaz azote , le gaz oxigène , fubftances différentes par leurs propriétés , font régardés comme des fubftances particulières dans la doarine antiphlogifticienne puifqu'elles fourniffent des produits diflerens par leur combinaifon avec le même corps. Voyons comment on les regarde dans le fyftème du phlogiftique. Le gaz hydrogène eft du phlogiftique plus de l'eau. Le gaz azotique eft du phlogiftique plus de l'eau Se de ( 8o ) Poxigène ; le carbone eft du phlogiftique ; le gaz oxigène eft de Poxigène plus de l'eau. De manière que quand on combine du gaz oxigène Se du gaz hydrogène , c'eft du phlogiftique plus de Poxi- srène , plus de l'eau qu'on combine enfemble ; quand on unit du carbone avec du gaz oxigène , c'eft du phlogif- tique plus de l'eau & de Poxigène ; quand on unit du gaz azotique Se du gaz oxigène, c'eft encore une combinaifon de phlogiftique , d'oxigêne & d'eau. Ainfi ce font les mêmes corps que l'on combine entr'eux Se qui cependant produifênt de l'eau , de l'acide carbonique & de l'acide nitreux , fubftances bien différentes les unes des autres. On convient de la différence de ces fubftances , Se on oublie qu'elles doivent leur origine aux mêmes corps Se que des fubftances femblables entrelies doivent donner des produits femblables. Je ne poufferai pas plus loin ce parallèle , il deviendrait faftidieux , Se à quoi (èrvirait-il ? Les faits fuffifent pour convaincre les efprits fans préjugés ; & que feront les raifonnemens fur des hommes attachés à des erreurs qu'une longue habitude leur fait regarder comme fa- crées & qui repouffent la vérité lors même qu'elle fe pré- fente à eux dans tout fon éclat ? Je fuis loin de ranger dans cette clafîe le Dr. Prieft- ley ; fes immenfes travaux , fes recherches multipliées , les faits dont il a enrichi la chimie , tout concourt à lui mériter Peftime des favans , la reconnaiffance des hommes & à faire regretter qu'd combatte encore & prefque feul contre une théorie à l'établiffement de ( *I ) laquelle il a contribué par fes expériences ingé- nieufes. L ( S* ) OBSERVATIONS Sur le Mémoire du Dr. Prieftley , intitulé : Expériences & Obfervations relatives è. Vanalyfe de l'air Atmofphérique. Par P. A. A D E T. iLJ' ans ce mémoire le Dr. Prieftley cherche à prouver, que dans l'atmofphère le gaz azotique ou Pair phlogifti- que , comme il l'appelle , n'exifte pas dans les mêmes proportions, que le fuppofent ks antiphlogifticiens ; que l'on obtient , fuivant les circonftances dans lefquelles on, opère , plus ou moins de ce gaz ; qu'il y a toute appa- rence que ce gaz eft alors formé par l'union du phlogiftique avec le gaz oxigène ; Se que fouvent cette combinaifonj produit auffi de Pair fixe* Pour appuyer cette opinion, le Dr. Prieftley rapporte des expériences faites avec un mélange de foufre & de fer, avec des os calcinés au noir, des aiguilles, des co- peaux de fer, & du gaz nitreux. Les proportions d'oxi- gêne Se de gaz azotique , ayant varié dans ces circon- ftances , il penfe que les conclu.fions tirées par, ks an;..»- ( 83 ) phlogifticiens des expériences faites pour déterminer les proportions du gaz azotique Se du gaz oxigène dans l'air atmofphérique , font fanffes. Je vais fuivre le Dr. Prieftley dans ces expériences ,' Se je penfe que je pourrai indiquer les eaufes des dif- férences qu'il a obtenues dans fes réfultats, Se préfenter contre ces mêmes expériences des objeaions qu'il ne me paraît pas avoir prévues. Pour phlogiftiquer Pair-, ou fuivant la doarine antiphlogifticienne, lui enlever fon oxigène , le Dr. Prieftley s'eft d'abord fervi d'un mé- lange de fer Se de foufre , imprégné d'une petite quan- tité d'eau. Il a obfervé que quand la diminution de l'air était arrivée à fon maximum , le volume de cet air augmentait, enfuite, qu'il y avait produaion du gaz hydro*- o-ène ; & que le même phénomène avait lieu ,florfque le mélange en queftion était long-tems en contaa avec de l'acide carbonique. Il conclut de là que le principe qui conftitue le gaz inflammable ou hydrogène , s'eft dégagé d'abord du mélange , mais qu'il n'a formé de l'air in- flammable que lorfqu'il n'a plus trouvé d'air déphlo- giftique avec lequel il put combiner Se former de l'air pho- giftiqué* Ce dégagement de gaz hydrogène n'eft pas difficile à expliquer dans la doarine antiphlogifticienne. Quand tout Poxigène que contient Pair eft abforbé , le foufre & le fer n'étant pas fuffifamment fatu-rés d'oxigêne pour fe combiner > décompofent l'eau , le gaz oxigène de l'eau refte dans le mélange , & il fe dégage du gaz hydrogène fulfuré , femblabie à celui qui fe dégage des fulfures alkalins. C'eft à cette décompofition de Peau, qu'il ( 8+ ) faut attribuer le dégagement de gaz hydrogène en queftion. Je ne m'arrêterai pas à combattre l'opinion du Dr. Prieftley fur le dégagement d'une fubftance qui fe fépare du fer, & qui eft propre à former le gaz hydrogène ; je crois n'avoir rien à ajouter à ce que j'ai dit dans ma réponfe à fes réflexions fur le phlogiftique. Le Dr. Prieftley a vu , en chauffant des os calcinés au noir dans de l'air atmofphérique, que l'air augmen- tait de volume lorsqu'il était arrivé à fon maximum de diminution ; & qu'il était alors mélangé de gaz hydrogène. 11 a remarqué auffi que les os dans leur paflage du noir au blanc ne perdaient pas de poids , que Pair était phlogiftique, & qu'il n'était pas diminué dans la même proportion.—Il a trouvé auffi une plus grande quan- tité de gaz azotique que dans d'autres expériences ; il attribu e ce phénomène à l'acide carbonique que forment le phlogiftique des os Se le gaz oxigène , & qui n'a pas été abforbé par l'eau : il penfe que cette circonftance doit fàvorifer la formation du gaz azotique par la combinaifon du phlogiftique avec le gaz oxigène , Se que c'eft pour ce motif qu'on en obtient en plus grande quan- tité dans ces circonftances que dans d'autres. Le Dr. Prieftley donne le détail d'une expérience dans laquelle ayant chauffé 140,5 grains d'os brûlés au noir, dans 23,75 onces mefures d'air, il a réduit Pair à 20 onces mefures. Ce réfidu était fans mélange de gaz hydrogène. & n'était point inflammable ; de là, il con- ( «5 ) dut que la quantité d^oxigène dans l'atmoïphère doit-être : : «5,78 : 100 , au lieu de: : 28; ioo. Mais le Dr. Prieftley me paraît avoir négligé quelques obfervations néceffaires à l'exaaitude de fon expérience. 1°. S'il avait examiné ce qui fe paffe dans la calcina- tion des es , il aurait vu , que par l'effet de la chaleur , les fubftances qui compofent le fuc huileux qu'ils renferment, fe féparent ; le charbon qui en forme la bafe , fe montre à découvert Se retient une partie de Phydrogène qui y était uni dans fon état primitif, ainfi que l'azote contenu dans toutes les fubftances animales, & qu'on retire des charbons animaux. Ce charbon ainfi compofé , quand il •eft expofe à la chaleur avec de Pair, atmofphérique , fe combine avec ce gaz & forme de l'acide carbonique tan-^ dis que l'azote Se le gaz hydrogène fe dégagent. zc. S'il avait pefé* fon air avant Se après l'expérience , il aurait vu que cet air avait augmenté de poids en raifon direae de ce que les os avaient perdu. 3°. En féparant l'acide carbonique du mélange , Se en calculant la quantité d'oxigêne néceffaire à fa formation , il aurait trouvé le poids de la portion d'air reftant , fupé- rieur à ce qu'il aurait dû être , Se il aurait vu alors que l'augmentation du volume de Pair provenait des fub- ftances aëriformes qui s'étaient dégagées des os. La conclufion du Dr. Prieftley aurait été exaae , fi après avoir fait l'examen dont je viens de parler , il avait trouvé une plus grande quantité de gaz azotique , fani. que le poids de Pair primitivement employé fvt aug- menté. ( 86 ) D'après ce que le Dr.'Prieftley a dit lui-même, on ne peut avoir de doute fur l'explication que je donne , puifqu'il convient avoir obtenu de ces os calcinés au noir du gaz hydrogène , Se du gaz acide carbonique, Se qu'il a remarqué en outre que ces os perdaient de leur poids. Il faut dire auffi que le Dr. Prieftley annonce enfuite que les os ne diminuaient ni n'augmentaient de poids quand il n'appliquait qu'un degré de chaleur fuffifant pour les faire paffer au blanc. Ce phénomène ferait fans doute fort difficile à expliquer , fi les expériences faites par les çhimiftes français, n'avaient pas prouvé que toutes les fois qu'il fe forme de l'acide carbonique , la fubftance qui fournit le carbone perd un poids "égal à celui du car^ bone employé , & fi nous n'étions pas portés à croire que le Dr. Prieftly n'a pas mis dans cette expérience cette exaaitude qui diftingue les expériences modernes t de celles des anciens çhimiftes. Le Dr. Prieftley s'eft fervi enfuite d'aiguilles d'acier pour phlogiftiquer l'air atmofphérique ; lorfqu'elles étaient chauffées, dit-il, de manière à devenir bleues feulement * Se qu'elles n'étaient pas fondues, elles augmentaient peu de poids & diminuaient feulement l'air dans la même pro- portion que les os calcinés au noir. 200 grains de ces aiguilles chauffées à l'aide d'un verre ardent, dans 24 onces mefures d'air , prirent une couleur foncée & n'augmen- tèrent pas de poids, l'air fut réduit à 19,5, Se était entièrement phlogiftique. La même quantité étant chauffée dans 16,75 onces mefu- res d'air, l'air fut réduit à 13,5 onces, Se était entièrement phlogiftique. Le Dr Prieftley s'eft fervi auffi de copeaux de ( 87 ) fer. En chauffant ces copeaux de fer dans 38,5 onces mesures d'air, Pair a été réduit à 33,5 mefures d'air phlogiftique. Le fer n'avait augmenté ni diminué de poids.Le Dr. Prieftley convient que les expériences faites avec les aiguilles de fer n'ont pas été auffi exaaes que celles faites avec les os ; que les aiguilles de fer n'ont pas diminué Pair plus que les os , & l'ont augmenté quelquefois. Ces expériences me paraiffent fufceptibles d'objeaions, dans le fyftème du Dr. Prieftley , tandis qu'on peut en donner une explication très-fatisfaifante dans la théorie antiplogifticienne. Puifque, fuivant le D-. Prieftley, les aiguilles Se les copeaux de fer n'ont pas augmenté de poids , on ne voit pas pourquoi Pair a diminué de volume ; il n'y a eu alors dans cette opération qu'une converfion du gaz oxi- gène en gaz azotique ou air phlogiftique. Comment une partie de l'air a-t-elle difparu ? Qu'eft-elle devenue puifqu'elle n'a pu fe combiner avec aucun corps ? Le Dr* Prieftly répondra peut-être qu'il y a abforption entre le phlogiftique & le gaz oxigène comme entre l'alcohol & Peau; mais pour fe fervir de cette réponfe, il faudrait avoir pefé Pair avant Se après l'opération, Se prouver qu'il n'y a eu ni augmentation ni diminution de poids. Il n'eft pas probable qu'il n'y ait pas eu d'augmentation ni de diminution de poids dans Pair , d'après l'obfervation qu'a fait le Dr. Prieftley , en chauffant fes aiguilles & fes copeaux de fer fur l'eau de chaux. Il a obtenu un précipité abondant ; il s'eft donc formé de l'acide carbonique. Mais nous favons que l'acide carbonique eft égal en poids à celui àp Poxigène employé, plus à celui du carbone ; l'air devait ( 88 ) donc être augmenté du poids du carbone, fi rien n'avait été abforbé. Il fe préfente auffi au Dr. Prieftley une J'Ti- culté qu'il ne peut pas plus réfoudre dans cette circonftance ' que dans celles où il fe forme de Pacide carbonique» Cet acide carboniqne eft formé de phlogiftique ,. d'oxigêne Se d'eau ; le gaz oxigène étant déjà com- pofé d'eau Se d'oxigêne, n'a donc plus befoin que de phlo- giftique pour paffer à l'état d'acide carbonique. Mais le phlogiftique ne pefant pas, d'où vient l'augmentation de poids qu'éprouve alors l'oxigènè ? L'acide carbonique formé pendant le cours de l'expé- jience dont parle le Dr. Prieftley , mêlé enfuite avec le- gaz azotique reliant, a augmenté le volume de ce gaz. D'où provenait-il î Je vais le dire. L'acier , comme les belles expériences des citoyens Vandermonde , Monge & Berthollet ,1'ont prouvé , eft compofé de fer Se de charbon. Lorfqu'on applique la chaleur à l'acier expofe à Paaion de Poxigène , on favorife l'attraaion que Poxigène a pour le fer & le carbone» Le carbone a plus d?attraaion pour l'oxygène que le ter en conféquence il doit néceffairement fe former d'abord de Pacide carbonique , qui trouvant une grande quantité de calorique auffi-tôt qu'il eft produit, s'en. empare ; le métal s?oxide enfuite; mais la chaleur qui continue pendant l'expérience, empêche l'acide carbonique de s'unir au métal, puifque le citoyen Fourcroy a prouvé que la chaleur fufflfait pour dégager l'acide carbonique de Poxide rouge de fer. L'acide carbonique fe trouve donc libre , & le poids que les aiguilles ont perdu en carbone, fe trouve compenfé par celui de l'oxygène qu'elles ont abforbé. J'ajoutera ( 89 ) J'ajouterai que fi le gaz oxigène employé par le Dr.' Prieftley , n'était pas bien fec , Peau qu'il contenait fe fera décompofée Se aura fourni du gaz hydrogène, qui fe fera mêlé au réfidu & l'aura augmenté. La couleur bleue ou foncée qu'ont pris les aiguilles ^ prouve qu'elles fe font oxidées. Il n'en faut pas plus, je penfe, pour montrer combien il faut apporter de foins dans des expériences de cette nature, & pour en tirer une conféquence exaae. Les antiphlogifticiens ont expliqué la phlogiftication de l'acide nitreux en prouvant que dans ce cas, il y avait dégagement d'oxigêne , ou en d'autres termes que les proportions de gaz nitreux Se d'oxigêne étaient changées dans l'acide, & que le gaz nitreux s'y trouvait en plus grande quantité que Poxigène. Le Dr. Prieftley attaque l'opinion des antiphlogifticiens à cet égard, en difant qu'il a phlogiftique de Pacide nitreux non pas en dégageant de Poxigène, mais en y combinant du gaz nitreux. Il eft évident que d'après ce que je viens de dire, le Dr. Prieftley ayant ajouté du gaz nitreux au lieu d'extraire de l'oxigènè , Se cet oxigène fe trouvant en moins grande quantité que le gaz nitreux, la queftion refte la même que fi l'on avait enlevé une partie de cet oxigène. Le Dr. Prieftley a remarqué qu*il obtenait un réfidu qui était du gaz azotique; rien détonnant puifqu'en fait que le gaz nitreux eft, à proprement parler, de l'oxide d'azote. Ce gaz azotique a donc dû être dégagé du gaz nitreux à l'inftant de l'union de ce gaz avec l'acide nitreivx. Peut-être était-il tenu en diffolution , fans être ^ M ( 9° ) combiné fou» la forme d'oxide, comme nous voyons le gaz hydrogène qui , par fa combinaifon avec le carbone forme les huiles Se Palcohol , tenir du charbon en diffo- lution , comme on voit des molécules à l'état métallique briller & fe montrer dans les oxides des métaux. Le Dr. Prieftley cherche à prouver enfuite que le gaz azotique n'eft pas une fubftance fimple ; il s'appuie à cet égard fur des expériences du citoyen Lamethrie qui ayant confervé long-tems un mélange de gaz hydrogène & de gaz oxigène, trouva qu'il contenait une grande quantité d'air phlogiftique. J'ai fait une expérience femblable en confervant dans des cloches de verre pendant plufieurs mois , un mélange de gaz hydrogène , & de gaz oxigène Se je n'ai pas trouvé plus de gaz azotique à la fin du dernier mois, qu'au moment où j'avais fait le mélange. Si ma mémoire ne me trompe pas, je croîs même avoir vu dans le laboratoire de Lavoifier , un mélange de gaz oxigène confervé depuis trois ans , Se qui n'avait changé ni de volume ni de nature. Le Dr. Prieftley rapporte enfuite qu'il a trouvé un moyen de combiner le gaz oxigène Se le gaz hydrogène , en les renfermant quelque tems enfemble dans une veffie mouillée , Se laiffant flotter cette veffie dans un baquet pen- dant trois femaines; au bout de ce tems , il trouva le mélange dont il avait oublié de noter les proportions,réduit à 12,5 on- ces mefures ; ce n'était plus que du gaz azotique. S'il fuffifait de renfermer du gaz hydrogène & du gaz oxigène l'un avec l'autre pour ks changer en gaz azotique , certainement on devrait obtenir le même refultat en les enant renfermés fnr le mercure i mais le Dr. Prieftley ( 9i ) répondra peut-être que l'eau eft néceffaire à la combinaifon de ces gaz ; on devrait donc en les renfermant au-deffus de Peau opé/er cette converfion, Se cependant elle n'a pas lieu. La veffie , fuivant le Dr. Prieftley , n'a fervi que comme récipient. En fubftituant un récipient à un autre , on devrait toujours avoir le même refultat. S'il n'en eft pas ainfi , la veffie a donc joué un rôle quelconque dans l'expérience. Cette dernière circonftance eft plus que pro- bable , & fuffit pour rendre compte du changement que le Dr. Prieftley a trouvé dans fes gaz. Il aurait donc fallu pour tirer une conclufion de l'ex- périence , ci-deffus citée, que le Doaeur Prieftley eût examiné l'état de fa veffie avant & après l'expérience , & eût fournis le réfidu à des épreuves qui en démontrant qu'il n'y avait eu aucun principe nouveau ajouté au gaz , auraient prouvé leur combinaifon. Le Dr. Prieftley cite une autre expérience par laquelle il eft parvenu à changer du gaz oxigène en air phlo- giftique. Elle confifte à mettre du gaz hydrogène en contaa avec de l'oxide jaune de fer. Ayant mis le 18 Août 20 onces mefures en contaa avec de l'oxide jaune de fer, le 6 Oaobre, ces 20 mefures étaient réduites à 9 , n'étaient que légèrement inflammables, & l'oxide avait perdu fa couleur rouge Se en avait pris une d'un brun foncé. L'expérience a eu un égal fuccès , foit que le fer Se le gaz hydrogène fuffent renfermés fur l'eau ou fur le mercure. Cette expérience mérite quelques obfervations particulières. 1°. Il me paraît difficile d'expliquer l'expérience ci- deflus dans le fyftème du Dr. Prieftley : car, fuivant fon fyftème , le gaz hydrogène eft compofé de phlogiftique M 2 ( 92 ) & d'eau tandis que le gaz azotique eft compofé d'oxi- gêne , d'eau & de phlogiftique. Mais où le phlogiftique a-t-il pris de Poxigène pour former du gaz azotique ? Il n'a pu le trouver que dans l'oxide de fer ; mais l'oxide de fer ne laiffe dégager fon oxigène qu'en fe combinant avec le phlogiftique. D'un autre côté le phlo- giftique a plus d'affinité pour les métaux que pour le gaz oxigène ; & l'oxide de fer n'étant pas faturé de phlogiftique , comment ce phlogiftique , au lieu de fe combiner avec lui , a-t-il pu fe porter fur le gaz oxi- gène Se le changer en gaz azotique ? D'ailleurs fi ce gaz azotique a été formé aux dépens de Poxi- gène de l'oxide de fer, ou cet oxigène aura été converti en- tièrement en gaz azotique, ou il ne l'aura pas été. S'il a été entièrement converti en gaz azotique, ce gaz doit avoir un poids égal à celui de Poxigène contenu dans le métal plus à celui du gaz hydrogène , puifque ce gaz , fuivant la doarine du Dr. Prieftley , aura dû lui fournir Peau néceffaire à fa formation. S'il n'a pas été converti entière- ment en gaz azotique qu'eft-il devenu ? Le Dr. Prieftley ne nous dit rien fur fes queftions qu'il aurait dû fe faire lui-même, Se qui jufqu'au moment où il nous en donnera la folution , feront des objeaions très- graves contre fon opinion. L'expérience du Dr. Prieftley en préfentant un fait inté- refîant celui de la revivification du fer par le gaz hydrogène à la température de l'atmofphère , s'explique très-aifément dans la doarine antiphlogifticienne , Se on peut aifement rendre compte de l'abforption du gaz hydrogène Se du réfidu que l'on obtient. Le gaz hydrogèue fe porte fur le fer , fe combine avec, ( 93 ) Poxigène qu'il contient , Se forme de Peau , tandis que l'acide carbonique dont l'oxide rouge de fer contient toujours plus ou moins, fe dégage & vient fe mêler au gaz hydrogène qui n'a pas été abforbé. Voilà certaine- ment Pair phlogiftique qu'a obtenu le Dr. Prieftley. Il convient lui-même que fon air n'était que légèrement in- flammable après l'expérience. Il me refte maintenant à parler de la compofition de Peau qui a lieu à froid dans celte circonftance. Il eft clair que quand le fer a été mis à l'état d'oxide noir à une température quelconque par la décompofition de Peau , il faut que les conditions de l'expérience changent pour favorifer la combinaifon de Poxigène avec l'hydrogène. Ainfi il faut aider fon attraaion par celle du calorique, mais fi le fer eft à l'état d'oxide rouge , il contient alors plus d'oxigêne qu'à l'état d'oxide noir , Se l'at- traaion change ; l'hydrogène s'empare de Poxigène fura- bondant qui a fait paffer le fer à l'état d'oxide rouge , & le ramène ainfi à l'état d'oxide noir dans lequel le fer à la température ordinaire de l'atmofphère a plus d'attraaion pour Poxigène que n'en a l'hydrogène. Je n'ai pas befoin de dire que la non - élafticité de Poxigène dans cette cir- conftance favorife fa combinaifon. Le Dr. Prieftley dit qu'en faifant abforber du gaz hy- drogène par du charbon , il en a rétiré du gaz azotique ; mais il fallait voir avant fi le charbon ne contenait pas ce gaz : nous favons que le charbon abforbé du gaz azo- tique. Si le charbon ou le prétendu phlogiftique qu'il renfer- me avait la faculté de changer le gaz hydrogène en gaz azo- tique , pourquoi dans les mêmes circonftances , l'expé- rience n'aurait-elle pas toujours le même fuccès ? D'ail- ( 94 ) leurs fi le fait était tel que le Dr. Prieftley l'annonce , comment l'expliquerait-il i Ou le gaz hydrogène pour devenir gaz azotique , n'a befoin que de phlogiftique , Se alors il ne fera que du phlogiftique Se de l'eau , ce qui eft contraire à l'idée qu'il nous a donnée de fa compofition , puifqu'il eft formé d'oxigêne , d'eau Se de phlogiftique ; on il faudra que le charbon lui fournifïe de Poxigène. Mais il n'y a pas d'oxigêne dans le carbone ; comment cette tranfmutation du gaz hydro- gène en gaz azotique pourrait-elle alors avoir lieu ? Pour prouver que Pair atmofphérique n'eft pas compofé de gaz oxigène dans le rapport de 27 à 100 & de gaz azotique dans le rapport de 73 à 100 , le Dr. Prieftley a recours à des expériences faites avec le gaz nitreux. Si l'on mêle fuivant lui , des mefures égales de gaz nitreux & d'air atmofphérique, & fi on agite le mélange , on trouvera que la quantité d'oxigêne contenu dans Pair at- mofphérique eft de 53 au lieu de 27. En laiffant le mélange réfidu du gaz nitreux en contaa avec Pacide nitreux produit-, on trouvera qu'il diminuera plus ou moins. Le Dr. Prieftley quoique n'ayant pu déterminer ks cir- conftances qui occafionnaient cette diminution, penfe qu'elle dépend de ce qu'il faut un certain tems au phlo - giftique du gaz nitreux , pour convertir Pair pur de l'at- mofphère en acide nitreux. Ces expériences du Dr. Prieftley conduifent au même refultat où font déjà parvenus les antiphlogifticiens favoir : que le gaz nitreux , n'eft pas un réaaif , qu'on doive em- ployer pour faire avec exaaitude Panalyfe de Pair atmof- phérique. ( 95 ) Comme ce-gaz ne contient pas toujours les mêmes pro- portions d'azote Se d'oxigêne , que fou vent, il contient un peu d'azote à nu, il eft clair qu'il doit préfenter des réfultats différens , fuivant les différentes propor- tions dans lefquelles fe trouvent fes principes conftituans. C'eft auffi pour cette raifon qu'on ne fe fert plus du gaz nitreux pour analyfer Pair quand on a befoin d'un refultat exaa. On employé aujourd'hui le phofphore , & on eft certain qu'avec ce réaaif, il n'y a d'abforbé que le gas oxigène ; que tant qu'il y a du gaz oxigène à abforber la combuftion du phofphore dure, Se qu'elle ne ceffe qu'au moment, où le fluide élaftique qu'on examine , n'en con- tient plus. Les expériences faites avec cet eudiomètre ont confirmé les réfultats précédemment obtenus fur la compo- fition de Pair atmofphérique , & il eft évident que l'on ne peut pas arguer des expériences du Dr. Prieftley contre l'analyfe de Pair atmofphérique, puifqu'elles font loin d'être exaaes. Cependant j'obferverai au Dr. Prieftley , qu'il obtiendra un refultat pareil à celui qu'il a d'abord obtenu , Se qu'il trouvera que 27 & 73 expriment avec exaaitude ks quantités d'oxigêne Se d'azote contenus dans Pair atmofphérique , toutes les fois qu'il n'agitera pas le mélange , & qu'il ceffera l'expérience au premier mo- ment où elle fera ftationnaire, c'eft-à-dire, où il n'y aura plus de diminution. En effet la diminution de Pair mis en con-' taa avec le gaz nitreux , dépend de deux caufos^ i°. De l'abforption de Poxigène. 20. De celui du gaz azotique. Si on abandonne les deux gaz à eux-mêmes, & qu'on n'agite pas le mélange , il ne s'abforbe que de l'oxigene, Se le moment où la diminution de Pair ceffe, ( 96 ) eft celui où il n'y a plus d'oxigêne. En laiffant enfuite le réfidu de Pair en contaa avec l'acide nitreux qui s'eft formé , le gaz azotique reliant fera abforbé, Se la diminution de ce gaz variera en raifon de quelques circonftances qu'il ferait très-aifé de déterminer fi on fui- vait ces expériences avec foin. Quand on agite le mélange du gaz nitreux & de Pair atmofphérique , on accélère non-feulement la combinaifon du gaz nitreux & de Poxigène, mais encore la combinaifon du gaz nitreux réfidu, ou de l'azote qu'il a abandonné , avec l'acide nitreux ; telle eft la caufe de la diminution qu'a obfervé le Dr. Prieftley , après celle qui était occafionnee par l'abforption de Poxigène. On conçoit trés-aifément pour quel motif le réfidu qu'on obtient après avoir fait détonner de Pair atmof- phérique Se du gaz hydrogène , n'eft pas le même que quand on combine du gaz nitreux & de J'air atmof- phérique , & pour quel motif le réfidu n'eft pas abforbé comme dans l'expérience précédente , quoiqu'on puiffe avoir un peu de gaz azotique qui fourniflè de l'acide nitreux. Je crois que d'après tout ce que j'ai dit dans ces obfervations , je puis conclure , qu'aucune des expérien- ces rapportées par le Dr. Prieftley , n'eft propre à détruire celles que -les antiphlogifticiens ont faites , fur l'analyfe de Pair, & à infirmer les confe'qu?nces qu'ils en ont tirées. F 1 N. \ HeA.Mist- wz <^70 n^7 M .w v> 9 * 4 ^ y x W? "£ w** , *;* : \