ARMY MEDICAL LIBRARY FOUNDED 1836 WASHINGTON, D.C. Pu VUV£ 'h à j/&/KUL ftf&x ê ^J COL*. - ***t** R'E CUEIL D E RECEPTES; où ES? B X V L î ^V E E la panière de guérir à feu de frais uutts for- tes de maux, tant internes , quextirr.es , in- ve ter ex., & qui ont pajfi jufqua frejer.t four incurables» z~ Divise* en trois Parties. t> tout a été expérimenté par les eharitablcs foins de Madame Fouo.het. ^Augmente des Remèdes du Clergé, de Bouillons & Tyfanes, & de divcrs~l>£crets four prtjtf* Ter &■ guérir le Bétail du mal contagieux, ^ de quantité' d'autres nouv^Xfifîfflfciilts*„ A TOULOUSEjRA-lÇfx^ jChez- la Veuve de J. ]. Boude, Impri- meur & Libraire à la Porterie, ; - M. D C C. II f. AVEC PERMISSIONS r ~x I l .^yit~ A MESSIEURS MESSIEURS LES PRESTRES; Diacres > Si Clercs des Semi^ naires, Se autres Ecclefiafti- ques deftinez, aux fon&ions Curiales. iVl es siev n si Ceft une, vérité très-certaine depuis la miffance deTEglife , que vous êtes les vrais & légitimes Médecins des Ames, & que la libéralité de Dieu a comme infeparable«- trient attaché à vôtre noble Miniftue, le; pouvoir & la faculté de guérir les Maux de la plus noble pattie de l'homme. Peut-» être auffi vous étonnerez - vous de ce que le Recueil que je vous prefente, ne con- tenant que les Receptes contre quantité de maladies qui attaquent tous les jours notre E P I TRE Corps, je prens néanmoins la liberté dd vous le confacrer. En effet vous auriez juf- te fujet de me blâmer dans mon delîein , ou du moins de me reprocher d'être peu verfé en l'art de garder les mefures & les propor- tions ; fi je n'étois raifonnablemem perfuar dé que cet empire , que votre fàcré carac- tère vous donne fur les vices fpirituels , vou> pouvez & devez l'étendre charitable- ment fur les maux corporels. Si le Verbe * divin , dit un gr?nd Père de i'Egîife, quitta le fein de ion Père Etcr* nel pour venir fur la Terre , ceTut pour y faire l'office de Médecin .• Et l'Ecriture nous aprend que pendant le temps qu'il converla parmi les hommes, apre's être forti de la vie cachée qu'il avoir menée Tefpacede vingt- huit ans, il exerçoit tous les jours cette charitable fonction , tant à l'endroit des corps que des âmes.Tous & ceux qui avoient des maladies , dit l'Evangile, éto.ient me- nez à Jesus-Çhrist , d'où pas un ne fe feparoit qu'il ne fût entièrement gué- ri de (es infirmkcz. .Cette femme qu'il ga- rantit ouvertement du tombeau dans lequel a ï N'eft-il pas jufte que vous vous occupiez aufïî , à leur exemple, au fojlagement des malades, & à les tirer par une charitable adminiftration ou perfuafion des Remèdes connus & affeurez, de leurs infirmitez corporelles, comme vous faites déjà de celles de leur ame ? Ce même Efprit faint qui vous rend les affociez de leurs fa- erez Minifteres, ne vous fait - il pas aufîl les Compagnons de leurs fonclions & de leurs travaux ? Et n'eft - ce pas à vous à qui JBsus-CHRisxadit, auffi - bien qu'à Tes Apôtres, qu'il vous avoit donné l'exem» pic « pour faire comme il avoit fait 3 Ce qui ne fe doit pas feulement entendre de l'hu- milité qu'il avoit pratiquée en leur lavant les pieds, ni du réel changement qu'il fit de la fubftance du pain & du vin en celle de fou Corps & de fon Sang $ mais encore de toiJtes les faintes avions qu'il avoit profef- fées durant fa vie, defquelles les guerifons _a Exemplum dedi vobîs, ut fient ego feci, ita) $c vos faaatis. J-oan. ij. Dedicatoire. des malades ne font pas la moins confidera» ble partie. Je fçiy bien que vous me direz que les cures que je viens de décrire, font miracu- leufes , & que toutes ces fameufes guèrifons furent opérées par une vertu fecrette que le Sauveur de nos âmes permettoit fortir de fon corps ; & que cette même vertu étant communiquée aux Apôtres par. leur Divin Maître, elle leur faifoit faire les mêmes ope- rations. Il eft vrai, je l'avoue, je fuis trop bien élevé dans le Chriftianifme, & affez éclairé de fes divines lumières pour choquet tant foit peu cette vérité. Aufîi ne prêtent je point icy de vous obliger à faire des mi- racles. C'eft une grâce qui dépend aufïi bien que toutes les autres, de la pure libéralité de Dieu , & qu'il ne donne qu'à ceux qu'il luy plaît, comme il luy plaît, & quand bon luy femble. Moins encore veux-je vous porter à l'exercice a£tuel de cette Science, * qui pour être defcenduc du Ciel, ne laiffc pas de faire vieillir dans les Académies ceux qui s'étudient de l'acquérir* & de faire blaiv rhir dans le cabinet les têtes de ceux qui l'ayant une fois acquife,la veulent pratiquer avec éclat, h C'eft à ces Meflîeurs, que a Cveavu Altiflimus MecUcïnan), 1/ Hoaoïa Meiicum , &t E'PITRH Dieu nous commande d'honorer, & qu'il* créez pour la neceffité , à qui apparriènt là recherche & la difcuflion des caufes les plus cachées de toutes les maladies ; l'intel- ligence des Symptômes ; le difcernement fî neceffaire des évenemens ; l'accord ou le "difcord des indications, & la connoiffance parfaite des proprietez des (impies qui com* pofent les Medicamens. Non , Mes sieurs, je ne feray ja* mais d'avis de jetter la faucille dans la mar- fon d'autruy , ni d'ufurpcr les droits de per- fonne : Et vous qui faites un état particulier de faire rendre à un chacun ce qui luy ap- partient , auriez jufte raifon de m'aceufet d'injuftice dans cette renconrre. Mais dans la liberté que je prens de vous eonfacrer ce petit Ouvrage, tout mon but & tout mon defTein efl de vous perfuader, qu'ayant en main un Recueil de Receptes choifies, ap* prouvées, & confirmées par quantité d'ex- périences qui en ont été faites heureufement contre beaucoup de maux fâcheux & invete- rez , internes & externes , & vous trouvant dans des occupations prenantes, & dans des urgentes necefïuez de les employer, fur tout dans les lieux où les pauvres malades ne peuvent point du tout, ou très - difficile- ment avoir du fecours j ©u bien parmy des, DEDrCATOIRE. infirmes à qui les remèdes ordinaires n'ont point, ou fort peu profité -, vous pouvez & devez non feulement leur en confeiller l'ufage; mais encore les préparer fidèlement; & les difpenfer charitablement vous - mê- me. J es us.Christ vous le comman- de, l'Eglife yous le confeille, la raifon vous y convie, & la charité vous y oblige. Qiiel-; qu'un , s dit la parole de Dieu par la bou- che de S, Jacques, parmi vous eft - il ma- lade •> Qu'il appelle les Prêtres de l'Eglife: En quelque lieu , dit la même parole à fes Apôtres, que vous vous trouviez , gueriffez le^ malade* b qUi fe prefenteront. Un grand Pape t permit aux Jefuites par Bulle ex- pretfe , d'exercer la Médecine , particulière- ment quand on ne peut pas avoir coramo; dément des Médecins feculiers. En effet, Messieurs, cette façon d'agir n'eft point du tout incompatible avec le Sacerdoce , ni avec les autres devrez infé- rieurs de la Clericature. Car perfonne ne peut douter que les maladies n'entrent au monde par la même porte que la mort y cft entrée ; C'eft à dire , par le péché ; puis * Infirmatur quis in vobis : inducat Presbytères " Ecclefi.i:. Cap. 5. b Curare infirmes. Luc.ci. 6 Grec. XIII, A TV E P 1 T R E qu'elles font le feul acheminement, & la? plus prochaine difpofition à la mort , au- cunne fe pouvant fouftraire à cette fatale ne- ceflicé de mourir, qu'il n'aie été au moins pendant quelque moment malade. Or com- me Dieu guérit du péché non feulement pat l'opération medccinale de fa Grâce, mais encore par le miniftere de fon^ Eglife ; de me ne il n'étend pas feulement fa main"mi* fericordieufe fur les maladies corporelles qui font un effet & une punition du peché ;. mais encore il communique fon pouvoir à fa même Eglife bien- aimée , par le confeil qu'il donne aux Piètres, qui en font les Miniftres, de leur appliquer des Remèdes, & de «merir les enfans malheureux de ce mauvais Père. 11 eft donc certain que les Prêtres, les. Clercs , & toute forte d'Ecclcfiaftiques qui ont déjà la direction des Ames, ou qui font deftinez à leur conduite, font obligez félon leur pouvoir d'affifter le peuple, non feule- ment par les aydes fpipitueUes, mais en co- te par toutes fortes de fecours temporels ; panny lefq îcls, ceux qui regardent la gue- rifon des maladies , & par confequent la confervation d: la vie par la reftitution de la fanté , font les plus confidsrable» & les plus touclnns. Ouy, M fi s s i j» u r s , les D tDlCATOÎRL' Remèdes dont je vous prefente le Recueil, n'étant pas moins utiles pour les corps ma- lades , que les Séminaires de ce Diocefc , où vous avez été élevez , & où vous tachez d'élever les autres, le font pour maintenir la fanté des âmes, Vous êtes dans l'obliga- tion d'exhorter ceux que vous préparez au fervice des Parroiffes, de les accréditer par- my les peuples, de leur en apprendre la pré- paration , d'en procurer l'ufage & d'en gue^ rir, vous & eux , leurs maladies. Et nôtre très - Illuflre Prélat n'euft pas autorifé avec tant de cœur & d'empreffe- ment les remèdes des pauvres, fi fort cano- nifez par l'augufte Alfemblée du Clergé convoquée ces années dernières dans Paris , ny recommandé avec tant d'éloquence &c de iuftice leur ctabi{fcment & leur ufa^e dans fa lettre Paftoralc adrciTce à tous les Conducteurs des Ames de fon Diocefe, s'il n'eût creu que leur foin pouvoir encore s'é- tendre fur les maladies du corps. Ce- cha- ritable Prince de l'Eglife , qui comme un très - vigilant Pafteur tient les yeux toujours ouvc'ts fur la conduite de fon Troupeau * & qui quoy qu'éloigné en punition de nos, crimes, ne lailfe pas, comme un Soleil très-, éclairé & très - fécond , dz verfer continuel- lement fes bénignes iruluaiccs fur fa ikrge- A vj E P I T R E rie, a établi dans fon Diocefe quatre Sémi- naires pour la fanté des Ames , & qui font- comme la fource abondante des fecourS' fpirituels. Séminaires qui répondent aux quatre principaux devrez de la Gericature s. & dans lefqucls les jeunes fujets bien appel- iez , peuvent facilement s'élever de degré» en degré, chacun félon fon âge & fort* mérite , à la plus fainte de tontes les condi- tions. Jufque - là, que ceux à qui la fagef- fede Dieu n'a pas donné des biens de fortu- ne proportionnez à leur naiffance , ni à leur inclination pour y parvenir, ayant rccout* à la libéralité de fa Grandeur, y trouvent aife'ment les moyens. En effet, il y en a déjà un bon nombre , qui fous l'appuy de? fafource, fe pouffent, non feulement aux.' bonnes Lettres , par la commodité du Col- lège de Pezenas ; mais encore par le moyen- des Séminaires qui y font établis, s'avan- cent au plus faint & au plus honorable de* tous les Etats, pour enfin devenir à la fa* veurNde ces deux fecours, & les. Miniftres* des faints Autels > & les trompettes de £k. divine parole*, N'eft - ce pas, M es s i bu R s s une cho-^. fe merveilleufe & bien édifiante de voir dans^ le, petit Séminaire un bon nombre de jeunes-, %ets de fâje de. douze à feize an*, fautec De d i c a t o i r e; du lit toiis les matins environ les quatre:- heures, fortir de leurs petites Alcôves corn* me les pouffins de deflbus les ailes de leur mcre, & s'affembler fous la fage conduite de leur Direéieur pour méditer tous enfemble pendant une bonne demy heure les matières Chrétiennes qui leur ont été leuës le jour précédant. De - là s'en aller dans les Clai- fes, où leur petite capacité les a placez j , non feulement pour y exceller par' def- fus leurs Ccndifciples du fiecle quant au de- voir des études, mais encore pour leur don- ner un parfait exemple de pieté & de mo* . deftie. Des Gaffes , à l'Eglife , pour y jouit de la réelle prefence de Dieu au faine Sacri- fice de la Meffe,où ils afîlflent tous les jours, les Clercs ornez d'un Surplis, & ceux qui lie font qu'afpirans à la Clericature, avec vn fimpîe rochet fort propre & fort décent: mais tous av?c une ii grande ferveur , un maintien fi modefte, & un recueillement d humble qu'ils donnent de l'admiration aux /inges à qui ils reflemblent, & de la dévo- tion à tous ceux qui les regardenr. De l'E- glife , an lieu deftiné pour prendre leur re-% FecStion , où ils fe rendent , non pas tanc pour y recevoir les alimens necetîaires pour la fubfiftance & l'accroiffemcnt de leurs auics d'une viande celefte qui eft la faints Se la continuelle Lecture qu'on y Lit pee^ E F I T R. H dant le repas. Monseigneur, quand je confidere icy ces jeunes Nourriffons de vôtre Grandeur, afiis autour de vôtre ta* ble , & fi bien élevez par les effets de vôtre belle charité, je me fens obligé de dire que c'eft en vôtre faveur que le Roy Pro- phète a chanté ce Verfet plein de tendreffe? Filii mi ftcut noTella olivarum in circmtH menf& iu<&. Ce font en effet des jeunes plan» tes qui -après avoir jette des profondes raci- nes , & des fondemens très - folides de vertu, étant fi bien cultivées par les foins de leurs fages Dire6teurs ,& étant conti- nuellement arrofées des eaux celeftes,je veux dire, de la douce & féconde pluye de la grâce, porteront dans le temps des excellens fruits en abondance. Lignum quod planta' tum eft ficus decurfus aquarum , fruftum da- bit intewporc ofortmo. je paffe fous filence cent autres A6lcs intérieurs & à nous incon- nus , de petite mortification que ces jeunes enfans exercent à qui mieux mieux pendant le'refte du jour, même dans leurs plus inno- centes récréations. Ce qui doit exhorter les Pères & les Mères qui ont fait deffein de donner à Dieu quelques fruits de leur ma- riage i de faire tous leurs efforts pour intro- duire au plutôt leurs enfans dans cette faintô Ecole, afin qu'ils y reçoivent de bonnç DEDÏCATO IRE. heure les teintures d'une véritable pieté* j qui étant les premières imptc fiions dans un âge fi tendre , ne s'cftdcentprefque jamais. Mais la charité de ce grand Prélat ne fe borne pas à la feule confetvation de la plus noble partie de nous - mêmes ; elle paffe en- core à celle de la jnoins confiderable, en nous procurant des Remèdes pour guérir les k maladies du corps. C'«-ft » Messieurs,,] cette charité qui a porté fa Grandeur de \ configner entre mes mains ces fouveraines ! Receptes, dont j'ay dreffé le prefent Re- ! ceuil pour le donner au Public, & que de I fon ordre j'ay "pris la liberté de vous cou- i facrer; afin que dans le même tems que ! vous jettez les femences de pieté dans les ! cœurs de ceux que vous dirigez au régime j des âmes; vous leur impiimiez aufiî dou* - cernent l'obligation & le* moyens d'affifter les corps dons les occafions qu'ils en auront^, & que comme vous & eux êtes ou devez être les plus chers inftrumens de fa Gran* deur pour guérir les maladies.de l'Ame des Diocefains, vous le foyez aufiî pour la gue» riton de celles de leurs corps ; & qu'enfin tous fecondans les faintes intentions de ce charitable Pafteur, vous travailliez incertain^ ment & unantmcm.nt à l'entière conferva; lion de ks chères brebis. Epitrb Hé, quoy, Messieurs, vous êtes donc les Dépofitaires de toutes les vertus Chrétiennes, parce que vous vivez > ou êtes élevez dans des Séminaires qui font la fource & les refervoirs d'où elles fe com- muniquent à la jeunefTe bien appcllée à la Clericature , & vous ferez exclus de mettre en exercice la charité qui eft comme la ba* fe & le fondement de toutes les autres y Se dont les effets n'éclatent jamais mieux qu'en la guerifon des malades î Lors que vous fe- rez envoyez dans les Paroiîfes, fur tout cel- les qui font dépourveuè's, ou éloignées des Miniftrcs ordinaires de la fauté du corps i pour y faire l'office de Pafteurs à l'endroit des âmes qui vous feront commifes ; biffe- rez - vous périr le corps, qui en font les do- miciles, faute d'un fecours que vous leur pourrez facilement donner. Vous aurez fur les bras un pauvre malade, tout couvert de playes & d'ulcères rongeantes, dont le pus & la faleté auront prefquc éteint la chaleut vitale en quelqu'un de fes membres, c2 à qui le Chirurgien fera prêt d'en venir à l'am- putation : Si vous pouvez l'empêcher par le moyen de l'emplâtre divin,ou de l'onguent noir-, ou de quçlqu'autre de ces Baumes incomparables donc vous avez icy ladeferip. don ; cet ACte de charité que vous iuy fe- Deôic atôire:" ïëz, ne fera -1. il pas bien louable devant les hommes, & digne de recompenfe devant Dieu ■> Une bonne femme fera depuis quel- ques jours dans le travail de l'enfantement, avec un danger évident de fa vie , & par eonfequent de faire de fon fêin le tombeau de fon fruit. Si dans ce preffant befoin vous tentez , par quelqu'une de nos Receptes , fa délivrance, quand ce ne fèroit que pouc donner du temps à l'enfant de recevoir la grâce du Baptême s ne ferez - vous pas bien charitables. Vous aurez appris qu'une au- tre aura fes mamelles toutes percées par la grandeur des apoftemes, ou à demy ron- gées par lamalignité des ulcères chancreuyj, fi par la vertu de ces incomparables On- guens vous luy donnez la guerifon & le moyen de continuer la nourriture à cet en- fant , à qui elle vient de donner l'être tout fraîchement , pouvez - vous encourir du blâme j Permettrez - vous qu'une perfonne épwife toutes fes veines par une perte extra- ordinaire de fang , enfuite de quelque blef- fure, ou de quelqu'antre accident, pouvant en arrêter foudain l'hémorragie ,& par eon- fequent l'empêcher de mourir > par l'appli- cation de la poudre de Sympathie, ou de quelqu'autre de ces fameufes Receptes. Un autre ira. tomber, dans une eccité incurabk-j, Epitke U laifïèrez- vous devenir aveugle à faute dé luy montrer l'ufage de ces eaux merveilleu- fes r dont nous vous donnons icy la prepa« ration ? Quelqu'autrc qui fera mordu ou embavé d'un chien, ou d'un autre animal enragé, va tomber fans y manquer dans Thydrophobie j fi vous pouvez prévenir & détourner ce déplorable accident, par le confeil que vous luy donnerez de l'ufage de quelqu'une de ces fameufes Receptes, fe- rez - vous fi peu Chrétien de ne le pas faire. Encore une fois, Missieurs, vous qui êtes deftinrz à la conduite des Ames, & des Paroiffes qui feront peut - être éloignées des fecours humains , y laifferez - vous gé- mir vos pauvres Brebis fous le poids d'une infinité de maux corporels, qui peuvent em- pêcher en elles de fructifier les femences fpirituelles que vous y jettez , étant en vô- tre pouvoir de tenter leur délivrance. Fau- dra -1 - il que celuy - cy foit dévoré par des écroùelles - invétérées ; Celuy-là comme noyé & fuffoqué par l'abondance des eaux qui s'engendrent dans fon corps : L'un tour- menté d'une cuifante brûlure ; l'autre tiran- nifé par une colique nephritique dont la douleur furpaffera les plus vives tranchées 4es plus laborieux açcouchcmens ;Pluûeurs DedicatôiEê: 's'impatientent continuellement pat des'de* mangeaifons tiranniques caufées par l'opi-' niâtreté des dartres, gales, & des teignes: Beaucoup fe voyant ronger tous vivans, par une fourmilliere de vers > & que la plupart expérimentent prefque tous les autres maux que nous tâchons de combatre d«ns ce Li- vre , & rifquent de leur vie, par cette mal- heureufe expérience , fans qu'il vous foit permis de les fecourir dans ce danger * pat une charitable difpenfation de ces Remèdes» dont nous vous donnons icy les proprietez, & le modèle facile de les préparer* A Dieu ne plaifè que je faffe ce tort au feu de vôtre zèle j & de vôtte charité envers le prochain, de croire que vous ayez d'autres fentimensl au contraire, comme je fuis vivement per- fuadé que vous êtes tous pénétrez & enflam- mez par delTus tout le refte des hommes , des flammes de cette Reyne des vertus, j'ai crû être obligé de vous confaerer cet Ou- vrage , où comme dans un petit Arcenal , vous pouvez prendre des armes pour chaf- fer des corps de vos Parroiffiens malades, ces ennemis domeftiques qui les oppriment, de même que vous travaillez inccflamment pat vôtre prudente conduite, à exterminer ceux 4e leurs «mes. Enfin , M S s s 1 e u rs , ce qui juftifîç ËPITRE- *ilcore* mon deflein , & qui vous doit ani^ mer davantage à cette jufte guerre , je veux dire au foulagement des malades, par une charitable & fidèle difpenfation de ces mi- raculeufes Receptes ; c'eft la confiance que les Brebis ont en leur légitime Pafteur. La confiance, dit le Prince des Médecins Ara- bes, que le malade a de fon Médecin, vaut plus pour obtenir la gucrifon , * que le Mé- decin avec tous fes inftrumens , qui font la Diète, la Chirurgie, & la Pharmacie. Et le fçavant Galien avoit en feigne devant luy, que le meilleurMedecin eil & celuy qui gué- rit plus de malades ,-er qui plus de malades ont de confiance. Si cela eft , comme ces Grands Hommes nous l'aflurent, & que l'expérience nous le confirme ; n'ay - je pas jufte rai fon d'affurer que vous êtes ,dans l'o- bligation d'exercer ce charitable office, lors que les occafions s'en prefenteront, & de vous mettre en main ce Recueil de Recep- tes connues & expérimentées, par le moyen de quoy vous pouvez fans crainte ni fcru- pule faire des- merveilleufes guerifons ; car puis que c'eft à vous à qui les perfonnes fpi- a Plus valet confîdcntia aegti de Medico, quant • Medicus, c«m omnibus.fuis inihumentis. Avicen.' h Med eus eft qui pliures fanât ; Me autem B^" r.cs &nax, ùvcuip plipçg cfrafi^uat., Î5eDïcatoî*ë: rituellement malades découvrent Cônfidenfl rnent leurs blcffures les plur cachées de leurs ames,& les plus fecretes playes de leurs ; coeurs, où il n'y a que l'œil de Dieu qui puiffc pénétrer, & que cetre confiance ani- mée par la grâce leur en obtient la guerifon^ par l'application que vous leur faites du fang de J e s u s.- C h R i s t. C'eft auffi à vous à qui ces mêmes malades s'adrefferont con- fidemment dans leurs maux corporels, & que cette confiance leur en fera obtenir plus facilement la délivrance par la perfuafion ou difpcnfation que vous leur ferez de ces ex- périmentées Receptes, dont je vous con- facre le Recueil. . Recevez - le. s'il vous plaît, Messieurs, avec le même cœur que je vous le prefente. Travaillez hardiment à la compofition de* Receptes que vous y verrez» Suivez fidel- leroent la méthode de leur préparation , comme nous vous l'y donnons. Confeillez- en charitablement l'ufage à ceux qui feront dans la neceflîté de s'en fervir : Prévenez- les même , fi le refpecl ou quelqu'autre humaine confideration les empêche de re- courir à vous. Faites - leur connaître leurs admirables preprietez , ft les fruits qu'ils en recevront. Et feyez ai ffi r bien les Mé- decins de leurs corps, que vous l'êtes de Esp 11 f. s leurs amês. Cette occupation n'eft pas îas cligne de vôtre facré Miniftere j puis qu'el^ le eft fondée fur l'exemple de Jésus- Christ^ ade Ces Apôtres , de qui PREFACE jtfw l'importance de ce Livre^ EN T R E les proprietez effentielles du bien ( mes chers Lecleurs ) celle d'être communicable , en font <àns contredit, les plus nobles » & les plus utiles. Et comJ me la fanté du corps * eft affeurement le plus grand de tous les biens créez , puis que lans elle la poffeffion des honneurs, des richeffes, & des fatisfa&ions les plus legiti-; mes eft toujours imparfaite & fouvent en- nuyeufe i c'eft aufli fans doute qu'elle doit poffeder par excellence ces deux irré- parables proprietez. Le defir j, de fçavo'ir ; que le Prince des Philofophes Payens a dit être fi naturel à l'Homme, ne l'eft pas tant que celuy de fe bien porter : puis quel depuis la chute du premier Père, l'entende^ ment t qui auparavant ctoit fçavant de luy-. « O uniras, tu maximum hominit>usbonUm#1 b Omnes homiues à natiua feire defidCrant} l. Metap. c Nihil eft in intelle&u cutod prms non fuerit fe (fenfu.; . ~ PREFACE. même ; ne peut avoir la certaine connoit fance des chofcs, que par le moyen des "fens , qui ne fçauroient la luy donner, tan- dis que le corps qui les foûtient, eft nota- blement altéré ou dans la jufteffe de fon tempérament , ou dans l'intégrité de fes parties. Car ce defir eft non feulement naturel ', mais encore il eft accompagné de juftice ; puifque la longue vie , * qui,eft une fuite & un effet de la fante', eft autorifée dans les facrez Cayers ; & que Dieu mê- me la promet en b recompenfe dans l'obfer-; yance fidelle de l'un de fes Commande- mens* Mais cette Reine des vertus du Corps * pour qu'il participe avec tant d'éminence à la nature du bien , ne doit pas être tant feulement fouhaitable ; il faut de plus qu'el- le foit communicable. Elle l'eft en effet, non pas par elle - même , parce qu'elle n'eft qu'un fimple accident $ mais par le fecours des Remèdes , & des Simples qui compo- fent ces Remèdes que l'Auteur de la natu- re a douez d'une infinité de qualitez pro- pres & convenables peur faire cette impor- tante ôc neceffaire diftufion- Or9 mes chers Lecteurs, comme il y a a Longitudine dieium rcplcbo eum. P/. 90? Jt Honora, &ç. ut fis longaevus fuper tencara.* quatre PREFACE. quatre chofes, qui d'ordinaire font rebuter les Remèdes dans les maladies , tant inter- nes , qu'externes , j'entens à ceux à qui particulièrement s'adreffe cet Ouvrage , fça- voir la cherté , la difficulté de les préparer, l'avcifion pour leur ufage , & l'incertitude de leurs eftets ; voicy un petit à la vérité ; mais un rare & liche prefcnt, qu'une des plus Illuftres , des plus pieufes , & des' plus charitables Dames du. Royau- me vous fait pour vaincre tous ces dbftacles d'un Recueil de Receptes choifiesj; de peu de coût, faciles à préparer ; aifées dans leur application, & dont l'opération eft très - affeurée. Par leur moyen , & pat le prudent ufage qu'on en pourra t vire, on fe ibulagcra ; & on fe retirera des maux fut tout externes, fâcheux & rebelles , qui font fouvent croupir dans le ht les pauvres ma- lades les années entières, & quelquefois jufqu'à l'extrémité de la vie : Un prefent, dis - je, qu'une fainte Dame vous fait. Car, bien que parmi ces Receptes il y en ait -j quelques . unes , ou des miennes , ou de -- celles qui m'ont été fidcllemcnt données par des perfor.nes intelligentes & dignes de foy ; néanmoins, parce que le plus grand . nombre, les meilleures, & les plus confi- | dciablcs Iny appartiennent , & que tcutts h PREFACE. viennent au jour, & vous font données pat le zèle & la chaiicé de nôtre tres-illufire Prélat, parfait héritier des vertus d'une fi I digne mère , je dois dire que c'eft elle qui , vous donne entièrement ce prefent. Pour n.oy , qui fuis ennemi juré de tous ceux qui font profeffion de débiter les fe- ciets, & qui en cachent l'intelligence ; après avoir judicieufement examiné ces Re- ceptes , la vertu des ingrcdiens qui entrent en leur compefition , & la nature des maux qui les exigent $ je me fens fortement obli- gé non feulement de leur donner mon ap- probation , mais encore d'exhorter ceux qui feront atteins de pareils maux , de s'en fer* vir avec hardieffe & confiance. Outre que la raifbn les approuve ; l'expeiience, qui fui- vant le fentiment de Galicn , * juge mieux qu'elle des chofes fenfiblcs,en ayant été faite très-fouver.t depuis beaucoup d'an- nées , les autorife. Combien des perfonnes de tout fexe & de tout âge , qui pour être dans une pauvreté connue , ou dans une honteufe indigence ne font pas moins l'ima- ge de Dieu,que les plus riches,& à qui la vie n'eft pas moins chère qu'aux plus opulentes, l'ont heureufement confervée par le prudent a Experientia verum evîclenter apparçriûum. in- dex eft, non ratio, çom» in 3. prog. PREFACE. ufage de ces intftimables Receptes. Com- bien de têtes galeufes & chargées de teignes, en ont été tout à fa^t nettoyées .-Combien de vifages enlaidis & rendus diflormcs par l'opiniâtreté des dartres, cnt recou- vré leur premier celât par Implication des ces rates onguens > Combien de par- ties du corps à demi grillées par la vio» lewee d'un feu inopiné , ont perc^u dans peu d'heures pat le moyen de ces incom- parables baumes , l'impreffion doulomeu- fe caufée en elles par l'£.£tivité Appre- nante de cet impitoyable eh ment ? Com- bien de bras & de jan.bes à demi tour- nes & gangrenées par la fanie des playes, le pus des tumeurs , & l'ordure maligne des ulcères roncents , à la cucrifon def- quels la plus fine , Chirurgie s'eft trou- vée courte , ont été confolidez par l'é- nergie de ces merveilleux emplâtres ; & combien d'autres par leur même verru ont été prefervez de ce dewiier eh gré de corruption, qui ne peut-être guéri que par l'amputation ou le retranchement de la partie. En un mot > fi je vcnlois fai- re ici le dénombrement des cures extraor- dinaires opérées par ces Remèdes, la lon- gueur de cette Préface exeederoit celle du Livre. Bij PREFACE. "E ifin , mes chers Lecteurs , je croy qu'il ne faut point d'autres motifs pour vous per- fuader l'ufage de ces fouveraines Recepres, que ceux que je viens de vous dire , fondez fur vôtre propre intetêt, & qui fonr les mê- mes qui ont obligé un des grands Prélats de l'Eglife de me les configner pour en dref- fer le prefent Recueil , 8e de leur donner dans le peu de tenis- que j'ay eu , l'ordre que vous y verrez pour les mètre au jour. Servez-vous-en hardiment & confidemment dans les occafio^s qui n'arriveront que trop fouvent. Les effets merveilleux que vojs en rcffentirez, vous obligeront fans doute à dreffer inccflamment vos vœux au Ciel pour la profpeiité de vcette fainte. & charitable Dame, & de ce faint Prélat, par le moyen de qui ces Receptes font venues dans mes mains, & qui n'en prétendent pour toute recompenfe que la gloire de ]esus-Chrm, & le fôulagcment de fes membre? , qui font les Pauvres : Pauvres , dis - je , qui pouffez par l'Efprit faint , &. du jufte ckfir d'être dé- livrez de la tyrannie des maux inveterez qui les accablent , adrcfllnt déjà à leurs chan- tez , s'il me feiv.ble , tous en foule , & du profond de leur cœur, ces amoureufes pa«- rôles de l'Epoufe -y In odorem unguentomm tfiorum c,<;rim s. Cane. i. PRE F * CE. Courez - y en effet avec cmpi'eiTemcnt, mes chçrs Frères languifljns, pour recra voir avec certitude , & facilité la guerifoti de vos maux les plus vieux & les plus rebt l< les. Et quand vous l'aurez heureufement re- cev.ë, donnez, s'il vous plaît, quelque part dans vos prières à celuy qui vient de don» ner à ces charitables Remèdes la forme d'un Livre , dans lequel fi vous ne trouvez pas toute la pompe ny l'ornement des Ou- vrages du tems, vous aurez au moins la charité , tout pauvre que vous êtes , de par- donner à la franc hife d'une Brebis , qui n'a fait que fuivre le mouvement de fon Pafteur légitime ; & d'exeufer la fidélité rcfpectueu- fe d'un Vaffal, qui n'a obeï Amplement qu'aux ordres de fon très honoré Seigneur. DELESCURE DoEleur en Médecine de tVmverfù de Montpellier* , J V Biij AVERTISSEMENT- SI Li voix publique, ç£* les différentes Edi- tions quon fût à un Livre, Jont des mar - a .is <* fleuries d; fon mérite , on peut dire qu'il riy a point de Liyre moderne de Médecine , qui Co\t meilleur qez, fiulagez. & guéris incontinent* C'eft pourquoy un chacun , tant pauvre que riche , doit avoir un de ces Libres dans fa m afin , & le gardir comme un précieux tre^ for envoyé du Ciel, pour la guéri fon du corps humain. Et prier Bicitjnceffamment pour U fanté 0 profpsrité de cttt° pienfe & faint e 7)ame , qui a fait avec tain de foin & de peine, la compofition de tous ces 7{jmed?s ; & qui en a fait drefjer U prefint Recueil , pour le donner au Public, afin que chacun s'en fir^e dans fin befoin. B iiij PERMISSION. JE confens pour le Roy, la Reinpref- fion du Livre , qui a pour titre , Recueil de Receptes de Maelame F juquet, cy ■ de- vant imprimé diverfes fois, A Toulonfc , le 18. Décembre 1684. S ANTOIRE. Soit fait fuivant les conclufions du Pre>5 cureur du Roy, les an & jour fufdits.. D'AMBEZ, R £ G U E I L DE RECEPTES CHOISIES; E X P ERIMENT E'ES ET APPROUVE'ES-j Contre quantité de maux fort communs t tant internes qu'externes , mvetere^ & difficiles à guérir, CO m m e les Receptes dont nous vous dpnnons icy le Recueil , font de deux fbrtes^les unes regardant quel- qu s maladies internes qui arrivent affez fou vent, & les autres les externes ; Nous avons divifé le prefent Livre en deux par- ties : Et parce que les Maux externes font les plus communs , les plus manifeftcs, & qu'ils ne demandent pas une préparation du Corps fi cx~a6te , nous avons jugé à propos de mettre dans la première Partie les Pré- ceptes propres & convenables pour les gué- rir promptemcnt ; & dans la féconde les Re- ceptes & autres remèdes qui regardent les maladies internes-» 24 Recueil de Receptes. Première Partie* Des Receptes contre beaucoup de Mala- dies Externes. Empli flre contre toutes fortes de playes , ap* pelle' lemplaft.e noir , ou l'onguent noir* Drogues. IH'ùle d'Olive y y. 1. Char-pis de toile vieille , 2.1. , Cereufi pulverifée , 1.1. nez. î £,y*ar£e d'or , j. quarterons. Cire neuve, dewyli'V. Myrrhe p ■Ivenfie , • i. 1, Alo'ès pulverifé, 2.'onces< Préparât iom. MEttez les deux livres de Charpie de toile vieille & déliée dans un grand balTm de cuivre ," verfez - y par deflns les fept liv. d'huile d'olive de forte que la char- pie fbit abreuvée par tour.Puis mettczlc tout Air un feu de ch arbon qui ne foit pas trop grand, de peur que le-feu ne prenne à l'hui- le, & qu'il ne brûle toute la charpie : il faut remuée toujours^avec une verge ou fpatule Première 'Partie, jç de fer jufques à ce que la charpie foit toute confumée , ce que vous connoitrez, lorfque en mettant quelque peu fur une affiete, vous ne remarquerez plus de fil delà charpie. Ce- la fait, il faut retirer le vafe de deffus le feu, & quand il ceffera de bouillir, il y faut met- tre peu à peu , & remuant toujours, la li- vre de cereufe , enfuite on le remettra fur le feu une minute de temps, puis vous le re- tirerez , & vous y mettrez , auflî remuant toujours, les cinq quarterons, c'eft à dire quinze onces da Lyta Recueil de Receptes, Quand il fera fait , il le faut tirer du feu : le mettre fur une Table ou Planche, le vcr- fant par deffus avec une Cuilliere à pot, le laiffer refroidir, & quand il fera froid , le mettre en rouleaux. Si par hazard en faifant bouillir les Dro- gues , le feu s'y prend , il faut avoit une Couvertirc toute prefte pour couvrir d'a- bord le vaie , & par ce moyen vous étouffe- rez le feu dedans ; & afin qu'il ne s'en per- dre rien , il faut mettre ce vale dans un au- tre vafe plus grand. Cet avertlffement doit fervir pour toutes les autres Receptes de cette nature. Manière de senfirvir. Si la Playe eft a rl.ur de peau, il faut mettre un Emplaltre defius, l'erfuyant ton-; les foirs , & continuer ainfi juiques à ce qu'elle foit guérie. S'il paroit quelque excroiffmee de chair, il la faut panfer comme vous avez commen- cé ; car elle fe rabailfe naturellement. S'il y a delà chair morte , & que la Playe foit vieille , il faut prendre un Rouleau de l'Emplâtre, le mettre dans un pot avec Ç\a cuillierées d'huile Rofat, ou à fon deffauo d'huile d'olive , & taire fondre le tout en- femble, puis prendre delà Charpie à pro» portion j la'mettre dedans, & la faire toute 'Première 'Partie. 57 imbiber : enfuite vous mettrez cette Chat- pie dans un autre pot c]ue vous couvrirez avec foin, pour en conferver la vertu. Qiiai d vous voudrez vous en fervir, vous en pren- drez un peu , le mettrez dans la Playe , & ferez en forte que la playe foit entièrement couverte d.- charpie que vous y mettrez fort légèrement fins qu'elle foie prelfée ny en- tortillée, afin que l'humeur forte à fon ai- fc. Il faut changer de charpie foir & matin ; mais le même Emplâtre peut fervir un jour, & quand même les os feroient découverts , vous mettrez la ctarpie ain.l préparée par deffus -, & en cas que Ij playe foie noire , elle ofte toute noirceur, fans cpte ks os tom- bent. Notez 1. que fi le trou de la playe eft trop petit & profond , il y faut mettre une petite tente de linge, de peur qu'on ne puif- fc pas retirer la charpie, ayant première- ment trempé ladite tente de l'onguent fon- du, & prendre garde qu'elle n'y foit pas preffée à caufe de l'humeur qui en.doit for- tir. Notez 2. que la tente ne doit pas aller juC^ ques à fond , à caufe de la chair qui revient: que (î le rrou écoit trop petit,ou que le bleî- fé fût incommodé de la tente, il faudroit vctfer dan» la playe de l'onguent fondu $8 Recueil de/Receptes, dans l'huile , & mettre l'Emplâtre par def- fus. Notez $; qu'il faut changer tous les jours d'Emplâtre, & l'effuyer tous les foirs. Notez 4. qu'on peut faire une plus gran- de ou moindre quantité de cet Emplâtre, en augmentant ou diminuant à proportion la dofe de chaque Drogue. Cet avertiffe- mcnt'doit fervir pour toutes les autres Re- ceptes, tant Internes qu'Externes. r Cerat excellent four toute forte de Playes zie:î:es & n,nielles. D ROG tffc S. ! Huile d olive , 7« /■ Poix refine , J« l> Cire jaur4 neu~\>e , !•/. Prei* Feuilles d'herbe a la Reyne, une pei- nez, j gnée. Feuilles de mille permis > une poionce. Thereberitine de Venife, dix o>ces. Vin rouge gros un peu plus I d'une turque te. Préparation. L faut prend c la liv. de cire jaune & la -.■liv.de Poix refine coupées wr petits mor- ceaux , les iDît«c dans un Chauderon & les 1 Première Partie. ^g faire fondre remuant toujours. ■ 2. Quand ces matières feront fonduè's r on y mettra la liv. d'huile rofat en remuant. 5. On y ajoutera le Suc de l'herbe à la Rey- ne & de mille permis l'ayant exprimé à tta- vcrs un linge après avoir concaffé lefdites herbes dans un mortier : ce fuc fera environ les trois tiers d'une Efcuelle , & vous le mê- lerez avec lefdites matières remuant toujours fans le faire bouillir. 4. Vous y mêlerez la Thcrebentinc de Vcnite. Enfin vous ajou- terez le gros yin rouge. Qnruv.l ce mélange fera fait, vous le laifierez r< ircidir : vous le paitrirez dans le Chaudcron pour l'aiTcm- blcr, vous le laifferez en m:;(Te , ou le met- trez en petits rouleaux. La liqueur qui ref* rcra dans le chauderon , peut fervir à laver les playes. Il fe faut fervir de cet Emplâtre com- me du précèdent. Emplâtre appelle Minus - Dei, ou onguent di- ~vin, à caufe de fis effets miraculeux, J'Avoue à la vciitê que la compofition de cet Emplâtre paroit d'abord difficile, que les drogues qui le compofent font affez confiderables, & que ces deux confédéra- tions pourroient rebuter plufieurs perfonnes d&n entreprendre la compofition. Mais auffi 40 %ecutil de Receptes. comme les proprietez en font miraculeufes, & toutes divines , & que pour cette raifon il eft juftement appelle Mams - Bei, ou Emplâtre divin , j'ay crû que je les devois propofer les premières, afin de vous encow raocr de l'entreprendre pour votre intérêt, puis qu'il n'y a prefque point de maux ex- ternes , oufquels on ne s'en, pu-iffe fervir. Proprietez. de cet Emplâtre. Il modifie la playe, la fait refoudre , & fait venir nouvelle chair, fans faire aucune corruption à la playe. Il eft bon contre toute forte d'enfleures, en quelque partie du corps qu'elles foient \ même fi quelqu'un avoit la tête enflée outre mefùre, ayant pourtant razé les cheveux avant que d'y mettre l'Emplâtre. Il meurit, & guérit toute forte d'Apof- tumes , les Glandes, les Chancres , & les Fiftules : il eft bon contre toutes les morfu- res des bêtes entagées & venimeufes, atti- rant à foy fubtilement le venin. Il guérit les playes des Arquebufades, & toutes les autres cau'ées par le feu.11 fait for- tir le plomb ou fer , ou autres chofes des playes. Il attire les os rompus s'il y en a dans les playes ; Il guerit aufîi les coups des Flèches.- 11 nuit les nerfs coupez en quelque ma? Première Partie, 41 nierc que ce foit. Il guérit des Efcrouëlles , & des auttes Apoftumcs de la tête internes ou externes. Il eft bon contre la Pefte, & pourveu que l'Emplâtre foit mis de bonne heure fur le Bubon ou Charb jn, ils ne parleront pas ou- tre. Il cfi bon contre toute forte d'Ulccres. Contre la Teigne des enfans razant les cheveux avant que d'appliquer l'Emplâtre. Contre^ les Hemorrhoidcs externes , Si même internes , appliquant l'Emplâtre def- fus, le relevant aux neceflîtez, & puis le remettant. Contre les Tumeurs & ulcères qui arri- vent aux Mamelles des femmes, avec l'a- vertiffement que nous donnerons cy • après. Contre le mal de dents, plufieurs s'en étant heureufement fervis , l'appliquant fur le temple ou derrière l'oreille du côté dolent. D'autres font guéris du Rheumatifme en l'appliquant furies vertèbres du col: même fur les épaules , & fur les bras dolens, il peut au(Tt fervir pour les autres douleurs du corps. Comme cet Emplâtre fortifie grande* ment les Nerfs affoiblis, on peut s'en fer* vir heuteufement, lors qu'on fera menacé de paralyfie. 42 Recueil de Receptes, Il eft excellent pour les Fiftules qui v'icn» nent au coin de l'œil, l'y laiffant long tems. Potir les Tayes des yeux qui proviennent de la lumière trop grande, comme fi on en étoit aveuglé : il faut fermer les paupières & appliquer l'Emplâtre par deffus l'efpace de iy. jotus ou plus. Pour les Fiftules qui reftent quand on a été taillé de la pierre. Pour les Tumeurs appellées Loupes y laiffant long tems l'Emplâtre. Il arrête incontinent le fang d'une coupvi re , en effuyant bien le fang , & appliquant deffus l'Emplâtre chauffé au feu. Il eft excellent pour la Brûlure ; il faut mettre fis grains de Sel écrafé dans deux cuillierées de vinaigre , le faire tiédir, pour fondre le Sel, & laver avec cela d'abord la brûlure , puis y mettre l'Emplâtre deffus. Il eft encore bon à beaucoup d'autres maux , fuivant l'expérience qu'on en fait tous les jours : il y a eu pluficurs perfonnes aufquelles on étoit prêt d'cxtipcr la jambc,la main , ou les doigts, qui par l'application de cet Emplâtre fans autre ch >fc , ont été guéris entièrement, n'ayant point été necef- faire d'en venir à l'amputation. Ses vertus s'étendent même jufques aux maladies des Animaux : Car il eft excellent Première Partie, 45 pour le farcin des Chevaux , faifant percer le Bouton avec un fer chaud , razant le poil de la largeur du Bouton , & y appliquant l'Emplâtre. Il eft encore bon pour les doux de rue de Chevaux, en faifant un peu fondre l'Emplâ- tre dans une cuillicre, & l'appliquant dés que le mal aura été découvert. Sa Compofition, Drogues. Galbanum une once , deux dragmes; Ammoniac, trois onces , trois drag- mes» Opôponax , ï. once. Vinaigre blarc bien fort, 8. onces. &uile d olïïe , 2. L ». onces, Lytarge d'or, 1. /. K onces, Verd de oris. i.once. Cire neuve , 20. onceSi Prc- nez* • Maftich , I once, IOliban, 2. onces, Bdellium , 2. onces, çJWyrrhe , t. once , 2. dragmes. i/îymant fin die Levant %. onces. Encens , j. once y 2. dragmes. Arifloloihe ronde, L once* 44 Reeueil de' Receptes* Première Préparation; IL faut prendre les trois premières droï gués , qui font trois fortes de gommes : fçavoir, le Galbanum, l'Ammoniac, & l'Opoponax , les faut piler dans un mortier de bronze, chauffant de tems en tems le pilon qui doit être de fer ; enfuite il faut les faire tremper avec le vinaigre blanc dans un pot de terre verniffé de contenance d en- viron trois quaits, les y laiffant pendant deux jours, & deux nuits, les remuant deux _ ou trois ibis chaque jour avec une fparule de bois ; & fi ce tems ne fuffit pas jufques à ce que les drogues foient fondues , il faut les y laiffer davantage : Après que les dro- gues auront ainfi bien trempe, il faut met- tre le tout dans une bafline de même con- tenance que le pot, ou plus grande, de peur que rien ne fe répande en mouvant les dro- gue*. Enfuite il faut mettre cette bafïïne fur i:n petit feu de charbon , comme fi l'on vouloit faire un Sirop , & faire cuire le tout en remuant toujours jufqu'à ce que le vi- naigre foiteonfumé de la moitié^ou environ: cela fait, vous coulerez le tout par une ef- tamine ou toile neuve , de forte qu'il ne refte aucune fubftance. Après avoir tout paffé , vous le remettrez fur le feu, & le fe- Première Partie* 45 rez encore bouillir dans la même bafiine , jufques à ce qu'en laiffant tomber une ou deux gouttes avec la fpatule fur une affiete, vous connoîtrez que les gommes s'épaiffif- fènt, & ayent pris corps , & que le vinaigre foit tout à fait confumé: alors vous ôterez la baffine de deffus le feu, & h laiffcrez refroi- dir. Seconde Préparation. CEla fait , faut prendre la livre huit onces de Lytarge d'or, & l'once de verd de gris , l'un & l'autre bien piilverifé & tamifc, & les mettre avec les 2. liv.v& demi d'huile d'olive dans une autre badine à part, & les faire cuire fur un fort petit feu remuant fans ceffe avec la fpatule de bois ou de fer, de peur que la Lytarge ne s'a- maffe en un monceau , continuant ainfi juf- qu'à ce que ces drogues foient bien liées & incorporées enfemble: alors vous au^nen- tcrcz le feu, & le ferez cuire jufques a ce qu'elles viennent de la couleur d'un r:> n-»e brun: pour lors vous y mettrez les 2c. on- ces de cire neuve coupée à petits morcea k, & vous la ferez fondre dans les drogues dé • ja cuites remuant toujours avec la paletc ou fparule. La cire étant fondue & un peu cuite avec les drogues vous retirerez le tout 7 %6 TÇjcueil de Receptes. hors du feu , ôl le laifferez un peu refroidir. En ce même tems vous prendrez l'autre baf- fine où font les gommes déjà cuites & froi- des , vous la mettrez fur un petit feu pour les faire refondre doucement remuant tou- jours avec la fpatule 3 & quand elles feront bien fondues vous les verferez dans l'autre bafiine qui doit être hors du feu & un peu refroidie , remuant toujours avec la fpatule, & puis vous prendrez les poudres qui s'en- fuivént pour les mettre dedans. Troisie'miT Préparation. ÎL faut prendre les 2. onces d'Aymant fin de levant bien pulverifé -( quelques uns au lieu de deux onces , comme cy - dek fus, y en mettent jufqu'à quatre , ) & les mettte dans la bafiine après l'avoir retirée du feu; car fur le feu l'Ay niant feroit à l'inf- tant enfler, écumer, & tomber la drogue dans le feu ; il le faut faire couler douce- ment avec un cornet de papier, & le faire filer par deflus l'onguent en remuant toû-x jours. Après que vous aurez ainfi incorpe- ré l'Aymant fcul hors du feu pendant l'ef- pace de deux ou trois Pater à dire pour le nneux incorporer, vous prendrez, les autres poudres; fçavoir , l'once & deux dragmes de Myrrhe ; l'once d'^riftoloche rende. 'Première 'Partie, 47 (■.quelques - uns y en mettant deux onces ) l'once de Maftich, les deux onces d'Oliban, les deux onces de Bdellium , & l'once & deux dragmes d'Encens : vous mêlerez bien tout cela enfembte fur une grande feuille de papier. Quand ces poudres feront bien mê- lées , vous les mettrez dans un grand cor- net de papier , & après vous les verfegez petit à petit par la pointe du cornet, afin qu'elles coulent fi menu que le fable d'un Horloge, cependant qu'un autte remuera toujours pour les bien incorporer, & jufques à ce que l'onguent foit noir & rouge : vous connoîtrez qu'il eft affez cuit, fi après en avoir mis fur-un aix de noyer, ou fur une Table feotée de vinaigre , il s'y endurcie in- continant. Qjjand vous verrez qu'il fera affez cuit, il faut avoir une grande table de noyer, ou de inarbre T & l'arrofer a .fez de vinaigre pour y vetfer l'onguent deffus. Quand vous le trouverez affez froid , il en faut affcmbler avec vos mains trempée, de vinaigre , & en faire de rouleaux delà o* ,^„ deurque vous voudrez, lcfqueïs vous r 1- gere* fur quelque aix aufti arrofé de vinaigre ou .d'huile, les laifïèrez effuyer à l'air fans So- leil , & puis les enveloperez dans du papier , fans que les rouleaux fe touchent l'un l'au- tre. ^S Recueil de Receptes. \ - K , 'Manière de fe fervir de cet Emplâtre, Il faut fçavoir que cet Emplâtre fe peut garder cinquante ans fans fe gâter, & fa ver- tu eft toujours admirable. 11 ne faut pas s'en fervir , qu'il n'ait trois inois pour le moins qu'il foit fait. Il ne faut pas l'étendre fur du linge, par- ce qu'il j. erceroit > mais fur du cuir ou de futaine, avec les doigts mouillez de vinai- gre commun , ou de falive à jeun. r Il ne faut point mettre de tente ny de charpie dans la playe,* & quand vous y vou- drez appliquer l'Emplâtre , il là faut pre- mièrement effuyer doucement avec de linge net deux ou trois fois le jour, & à chaque fois bien nettoyer l'Emplâtre qui peut fervir cinq ou fix fois fans le renouveiler ; & même après cela fi on racle la matière de l'Emplâtre , & le lavant dans du vinaigre, on pourra s'en fervir pendant huit jours. Notez :. que fi" la playe étoit trop pro- fondell feroit bon d'y mettre quelque char- pie ou tente entourée & fort couverte dudit Emplâtre. Notez i, que le premier Emplâtre qu'on applique fur la playe, doit être levé au bout de vingt- quatre heures, & ceux qu'on met enfuite ne fc doivent ôter qu'après douze heures , Première Partie. 49 heures, fi ce n'tft que le mal prcffe de le relever plus fou vent par la quantité de boue qui en pourroit fortir. Notez 3. que le malade , ou le bleffé ne doit manger ni ails , ni oignons : car il fera plutôt guéri dans huit jours en s'en abfte- nant, que dans deux mois s'il en mangeoit. Notez 4. que lorlque vous vous en fer vi- rez pour les mamelles des femmes, quel- que profonde que foit la playe , ou l'ulcère, il ne faut point mettre ny ttnte ny charpie , mais un fimplc Emplâtre lorfqtic le mal eft percé ; & pour le taire percer, il faut pren- dre fix poignées d'ozcillc avec un oignon de Lis ; les piler enfemble , & les faire cuire dans un petit pot, avec du beurre de la grof- feur de la moitié d'un ceuf, une cuiliic- rée de rerjus , & du levain de la grofc feur d'une noix ; quand le tout eft cuit, il le faut mettre dans un pot, en prendre un peu pour faire de Cataplâmes foir & matin , les faifant tiédir quand ou les applique, & con- tinuer ainfi jufqu'à ce que le mal foit percé, Emplâtre centre toute fine de playes, pr.rti* cnlierement contre les maux de Te tins* Drogues. Graiffi de £'ceuf de celle quw treuvt $6 Recueil de Rtcepitsï (autour des rognons I. /.& demy, Graiffe de Moutm , i. /. & demy. Poix noire , 1.1, Poix d; Bourgogne , demy l. Lire neuve , i. U Préparation. ÏL faut hacher les deux graines enfem- ble,les faire fondrc,cV les paffer avec une padoire ou linge : il faut enfuite les mettre fur un petit feu eh.n> une bafiine d'une grandeur convenable : quand elles feront bien fondues, il y faut ajouter la Cire cou- pée à petits morceaux , après la Poix noire, & enfin la Poix de Bourgogne , remuant toujours ces matier*s , quand on les ajoute- ra , avec une fpatule ou verge de fei ou de bois. Quand tout fera bien fondu, il faut biffer encore la baffine un peu fur le feu, afin de laiffer cuire ces matières ; enfuite il la faut retirer, & jetter ces matières fur une Table pour en faire des rouleaux, comme nous avons dit des Emplâtres precedens , ou les conferve; en maffe pour s'en fervir au befoin. La manière de s'en fervir eft femblable en tout à celle de l'Emplâtre précèdent, prin- cipalement pour les mamelles. nez. - 'Première 'Partie, j| 5*î *vi W S*" ïvi 5J"< S^f tfR ?""• £W/* î^ SK 5% Sî*'/ S5^ a^ $"■& Emj,lâ,re contre les Vlceres des Mamtlles*\ D R O G U E S. ' Graiffe de pourceau , 4. onces, Diachilon commun , c'eft un Ev.pla- " tre quon trouve toujours chtz. les nez... ji poùc aires, demy livre, JCire blanche , ^. e»ce/. Minium fulverifé', 4. owf/. Préparation. F Ai tes fondre premièrement la graiffe: quand elle fera bien fondue, ajoutez- y le Diachilon & la cire pour les faite fondre aufîl , remuant toujours avec un bâcen de bois : quand tout fera bien for du , retire 2 le pot hors du feu , & lors qu'il cottm ercera de fe refroidir, ajoutez - y le Minium petit à petit, & remuant toûjoi rs. Lors qi.e cela fera prefquc froid , vous le mettrez avec la fpatule dans une terrine, cù il y aura de l'eau froide , & enfuite vous en foin erez ce peti- tes maffes , ou rouleaux , que vous ferez fe- cher fur un aix. Un Fmplâtre peut fcivit $knjc ou «ois fois en l'ifluvanr. $2 Recueil de Receptes. Reaume incomparable contre toute forte de playes pénétrantes, & non pénétrâmes , " Contujïons , ouyDiflocattcns, Drogues. i-l Vin rouge gros , demy carton. Huile ddiie, demy carton* B„.L.ufiits , c'eft la fleur des Grena- de- 'i dur s faux âges , t ne once* nez. j Efc or ce de grenade fiche , demy once* \ Storax, 2. dragmes, Noix de Cypre\.ur.e dragme & demy. Orcanete, trois onces. 1 Préparation. Pilez grolïicremcnt toutes ces drogues : mettiz tout dans un pot, avec Phuille & le v.n j faites - le cuire à petit feu jufques à ce que le tout revienne à la moitié , en re- muant de tems en tems, afin que rien ne s'attache au fond ; quand je dis jufques à ce que le tout revienne à la moitié , c'eft juf- qu'à ce que le.vin foit tout copfumé , ce que vous connoîtrez fi en jettant quelques goû- tes fur les charbons , elles s'euflameront fans ctitr ou pétiller, élu moins beaucoup : que fi ces goûtes pétillent fort, il faut laif- lcr bouillir eucore : le beaume étant fait > Première Partie, 53 vous tirerez le pot hors du feu , le laïiTérez demi quart d'heure tout couvert, après le pafferczdans un linge, le mettrez dans des fioles de verre, où il fe confervera plus de deux ans. 1)fage. Si c'eft une contufion ou diflocation oig- nez-la de ce beaume , faupoudrez - y par deffus de poudre de Rofes de provins, ou M'te. Enfuite appliquez-y des ctoupes abbreuvées de ce baume. Faites la même chofe pour les entorfes des pieds, en enve- lopant l:s chevilles, & bandez bien le tout fsns preficr. Si c'eft une playe , il la faut laver avec du vin chaud , & la feolvr arec un lin^e : puis y mettre de ce baume. Après il faut tremper un linge dm; ledit biume , & l'ap- pliquer ,* mettant deffis une fouille de chou ro-ige, ou autre. bnSi il fuit bander la pl.-»ye la is b:aucoup ferrer, & la psnfer deux fji» le jour. Si la b'cftyurc offenfe quelque nerf, mê- lez un peu de Therebentirie avec ce biume , & appliquez - le fi ch v,ul qu'il fe pourra. Si la bledeurc pénètre dans le corps , ou bien avant dans la cuille, il faut première- ment feringuerla playe avec du vin chaud , U fituer d'un côté & d'autre fi clic perce Ciij J4 Recueil de Receptes* d'outre en outre ; puis la feringuer avec du baume tout chaud : après il faut mettre fur les trous une feuille de chou , & enfuite une Comprend trempée dans du baume : en- fin la bien bander fans trop ferrer. Pre Recepte contre toute fine de Playes & de Contufions. Drogues. IHu'de de noix, \ demyU Storax liquide , demy 1% Gomrn? Elemmi , dernyU Colophane, 4. onces- acz# . Thtr'bentina de Venife , 4. onces* j Huile d Afpic , 1. once*. \ Cire neu^e , demy l* P REPARAT TON. MEttez le tout enlemble dans une bat fine, faites - le fondre & cuire à feu lent, en remuant toujours , jufques à la confifiancc d'Onguent. Ses Propriété^. Elle* eft furc bonne pour toute forte de Playes. "Idlures & Contufions : Elle gué- rit h"s H -morroï les , & les Picqueures des Bêtes venimeufes : Elle eft propre aux Goû- tes , aux Apoftumes & Charbons de la Pef- Ptemiere 'Partie. yj te: Elle appaife aufli- tôt la douleur. Recepte contre les Contufions. Lors qu'il fe fait contufion pour fi gran- de qu'elle foit en quelque partie du corps , particulièrement fi la partie eft charneufe, le remède fuivant eft fouvcrain. Prenez de l'huile rofat & du vin en par- ties égales, faites-les bouillir cnfemble- Oignez- en la contufion : cela fait, appli- quez - y le remède fuivant. Prenez de la Cire neuve ^a jaune eft la meilleure , jettez - la dans d'eau bouillante pour la ramohr : étendez • la fur du linge en orme d'emplâtre que vous appliquerez fur la partie contufée. Autre Recepte contre le même mal. Prenez deux pincées de rofes de Provins, ce font les roies rouges fines, une pincée de foun , deux onces de beurre frais, & une quantité fuffilanre de vin gros : faites-le bouillir tout cnfemble en forme de bouillie que vous étendrez fur du linge, & appli- querez fur la partie contufée. Emplâtre fouverain pour les maux de Ma» trice & flufteurs autres. Drogues. Ceruz.e, demy U Ciiij 5* Pre. nez. M Recueil de Riceptes* Minium , '• '• Savon de Gènes, 10. onces. Huile d'olive, 2. /. Prepar ation. Ettezle Minium & la Ceruze avec _^ l'Huile dans une baffine fur le feu : remuez toujours lefdites matières jufqu'à ce qu'elles foient bien incorporées & liées cn- femb'.e. Après coupez vôtre Savon à petits morceaux , m:ttez-le dedansïpicce à pie- ce remuant toujours , laiffez - le cuire avec un feu rrediocre jufques à ce qu'il foit gri- faftre ou de couleur de châraigne , prenant bien te de la Mnrice , il le faut appliqua fur le nombril, fe tenant deux jours dans le lit, l'y lauTcr jufqncî à ce qu'on foie guéri : on le levé pourtant au bourde quinze jours, ou l'cff.iye , & on remet un peu de la maff: de l'Emplâtre par d.iTus : il doit tenir fur la partie fans bandage. Si une Femme accouchée eft en peine de. faire l'arrierefaix , cet Emplâtre eft admira- ble pour la délivrer, en le mettant au deffus du Nombril, & l'y laiffant comme il a été dit cy • deffjs. Il y a dans le Royaume un exemple très - illultre de cette guetifon. Si une Femme accouchée, ou autrement,- ou une Fille fouffre une trop grande perte de fang ele fes ordinaires, cette recepte eft fouveraine , en l'appliquant fiir le Nombril^, & l'y laiffant comme deffus. Si une Femme ou Fille n'a pas affez de fes purgations lunaires , ou ne les a pas du tout, il faut fe fervir de cet Emplâtre, & l'appliquer pour lors au deffus du nombril. Il guérit les Rognes malignes des jam- bes , les Mules des talons v& les écorcheui- res d:>> Orteils. Il eft bon contre la Sciatique l'appliquant: fur la douleur. Il g icrit encore les genoux enflez qui femblent abêtir : Car il attire ie& Cv j8 Recueil de Receptes* eaux par les Pores, tellement qu'en levant l'Emplâtre on le trouve tout mouillé, & pour lors il ne faut que l'effuyer, ôC le re- mettre fur la partie. Il eft bon contre le mal de dents , en le mettant fur le Cartilage du côté de la dent dolente -, il eft encore bon contre le mai de tête l'appliquant fur les deux temples. Recîfte pour faire refondre une tumeur, & four empêcher quelle ne perce , fur tout aux Tetins des Femmes^ Drogues. 1 Vin bhnc au défaut de Bien un bon>. J "verre ou deux. Pre--! Mettez, de gros pain bien délié a nez. \ 3« onces. Onguent Nutritum , 2. onces*. Eftoupes, autant qu'il en faut, 1% faut-faire cuire dans un poêlon , ou baf- fine la miete de pain avec le vin ou la Bière jufques à la confiftance de la bouillie: enfuite l'ôter de dctfus le feu , y mêler h Nutritum C c'eft un Onguent qu'on trouve en tout temps chez les Apoticaires ) & re- muer le tout e.ifwinble fans le mettre fur ic- Première 'Partie, 59 feu , après il faut étcndte cette bouillie fur lesétoupes, & l'appliquer en même tems fur le mal. Il faut renouveller ce remède deux fois le jour jufqu'à ce t]ue le malade fe porte mieux. Receptes pour faire percer quelle tumeur fans lancette, IL fe fait affez fouvent des tumeurs qui proviennent ordinairement des caufes ou humeurs chaudes, comme flemons, bubons, fleurons ; & quelque foin qu'on prenne pour les faire rcfbudre , on ne peut empêcher qu'elles ne viennent à fuppuration , & par confequent qu'il ne les faille necelTairement. ouvrir : ce qui ne fe peut faire que par le fer,, ou par les remèdes, à moins qu'elles ne s'ou? vrent d'ellesrmêmes , comme il arrive queb. quefois : Or comme la plufpart des perfon- nes de médiocre ou de pauvre condition n'ont pas le moyen d'avoir des Chirurgiens pour les ouvrir avec la lancette ; & que mê- me parmy celles qui en ont le moyen , il u en a qui craignent extrêmement l'ouverture faite par le fer ; ou qu'il arrive par fpis que- ces tumeurs font fur des parties, où onsne: peut appliquer la lancette fan:, danger, il ai falu ttouv:r l'invention de les percer par dçs> remèdes >.tcls que font tc-jx-qui fui vent... 6o . Recueil de Receptes; Nous ert- donnons plufieurs Reccp'res'; qu'on peut expérimenter les unes après les autres. Car il arrive fou vent qu'un fera ce que les autres n'auront- pu faire , & c'eft à raifon de la diverfe complexion des corps malades, de la diverfité des parties, où les tuiTfeurs fe forment , & de la diverfité ou mélange des humeurs qui les produifent. enfin tontes ces Receptes font très - faciles, content fort peu, & peuvent eftre préparées en tout tems. Prenez du Theriaque autant qu'il faut à proportion efe la grandeur de la tumeur, dif- folvez - le avec un peu d'càn de vie jufques à ce qu'il fe fa(fe comme un^onguent que vous apliquerez fur la tumeur au licil- le plus mol & le plus pointu. . tAutre. Prenez du Beurre frais, & du Verjus au- tant d'un que d'autre , faites-le bouillir en- femble ? trempez du papier brouillart, ou du ling; dans cette liqueur , & appliquez-le fur le mal.. Autre-, Prenez du'Levin ( le plus vieux eft le meilleur ) & dz h preifure dont on fe fett pour faire cailler le laie autant d'un que d'au-. trej. ms'lcz le tout en forme de cataplafme ,, que: vous a^pliquetes fur le mal. 'Première Partie. ôT Autre. Prenez un oignon de lis, ou à fon défaut un oignon commun j joignez-y du fain doux aurant que vous jugerez neceffaire. En- vclopcz le tout avec quelque feuille de ble- te, ou de choux, faites cuire cela fur la cendre j enfuite contufez & f applicjuez fut le mal en forme de Otaplafme. Autre. Prenez de l'onguent appelle Bafilicon (oit le trouve en tout temps chez les Apoticai- res ) ce que vous voudrez : mêlez - le avec autant de levain vieux . appliquez- le enfui- te fur le mal, en forme de Cataplafme. Autre. Prenez un oignon de lis ou commun , cuifez - le entre deux braifes , tirez - en ce qu'il y aura de plus mol, agitez . le avec du leurre trais de la groffeur d'une noix , & au- tant de fucre pulverifé, faites de tout un petit Cataplafme, que vous étendrez f.ir du linge, & l'appliquerez fur le mal. Autre fur tout pour les Clous; Prenez eie la mie te de pain bis amant que vous voudrez. ; f?ites-la bouillir avec du lait jufques à la confiftance de bouillie , ( quel lait que ce foit i\ n'importe ) tirez cette bouillie du feu , mêlez - y de l'onguent ro- fat à proportion : appliquez cela fur le mal - #2 Recueil de Receptes'* avec du linge , ou de charpis, ou de ehan* vre, comme il vous plaira. •ryiutre pour les Tetins. Prenez de petits naveaux que vous cou«î perez fort menu après les avoir bien raclez, & mondez de leur ordure : à leur défaut prenez des grains de froment autant que vous voudrez: ( c'eft du pur froment qu'oir7 appelle vulgairement rouzelle, il fera mieux, mettez l'une ou l'autre de ces matières dans un pot avec du beurre frais ; faites - les cuire jufques à ce qu'elles deviennent comme de la pâte , de laquelle vous en étendrez quel- que portion fur du linge, & l'appliquerez Cur le mal. Notez qu'il ne faut jamais appliquer ces remèdes cjuc les tumeurs ne foient déjà prê- tes à percer, & qu'il faut renouvelkr l'ap- plication du remède de douze en douze heures. Recepte contre la chaleur immodérée de quel- que partie ou tumeur perde , ou non. ÎL furvient par fois à quelques parties du corps pendant les maladies , & même aux tumeurs, foir qu'elles foient percées3foit qu'elles ne le foient pas, une certaine ehsi eur fi immodérée & fi violente quelquefois Première Partie: fy avc<* inflammation ,-& quelquefois fans in- flammation, qu'il faut laiffer la cure ordii ai* re pour furvenir à cet accident: fcrvez - vous pour lors des remèdes fuivans,, qui pour être faciles & familiers ne laiffent pas d'être merveilleux. Prenez une pièce de vieux lin^e , le plus fin eft le meilleur , mouillez - le avec de l'eau commune, & étendez par deffus légè- rement du Cerat de Galicn, ( ce Cerat fe trouve aifement chez les Apotic «1res, & s'i s ne l'ont pas, ils peuvent le préparer facile- ment en tout tenu ) appliquez ce linge fut la partie, ou fur la tumeur : vous pouvez laver le Cerat avant que de l'étendre , avec de l'oxycrat 9 fi la chaleur eft extraordi- naire. Autre, Prenez de farine d'orge ,- & de f.uine de fèves autant d'une que d'autre , agitez les avec de l'eau Si du vinaigre mêlé enf:mble par égales portions, jufques à ce que tout cela devienne comme de la, bouilV. Vous "étendrez cette bouillie fur de linge & l'appli- querez fur le mai deux fois le jtur. Recepte contre la chaleur des Reins* IL arrive fouvenc que dans les maladies-i ou autrement, on fent une chaieut im- 84 Xëcueil de Rtceptes* modérée à l'endroit des reins & des lombes^ de forte que les malades font contrains de changer de place de moment en moment pour chercher la fraîcheur, & de mettre au * deffus des peaux marroquins ; dans ce cas - là , fervez - vous de ces petits remèdes* Prenez de l'huile Rofàt trois onces, de l'eau Rofe, ou de plantin, trois onces , mê- lez - les enfemble, trempez un linge dedans, preffez - le enfuite médiocrement avec les mains, cV appliquez- le fur les reins. L'oxicrat y eït aufli fort bon , appliqué comtne deffus, c'eft une mixtion faite de fix parties d'eau , & une de vinoigre : il fera en- core meilleur fi au lieu de vinaigre vous y mettez du Verjus. Autre. Ayez un Cocombre y ou une Citrouille* Coupez la en plufieurs tranches , mettez ces tranchcs»entrc deux linges fins, & appli- quez - les fur la région des reins, renouveliez cette application de tems en tems.. Première Partie, 6j Pre nez. Recepte pour éviter les foffes , é les taches du vifage, quand on a la pet ite verolU, appellée communément picote* Nous avons donné cy - deffus d'autres re- mèdes contre ce mal • mais celuy qui fuit l'emporte par deffus tout. Drogues; Vinaigre blanc , 4. onces. Litarge d argent , I. onte. Certifia ' uonce. Préparation. MEttez en poudre fort flibtile la Litar* ge & la Cerufe ; après battez cette poudre avec le vinaigre dansvun plat ; met- tez de morceaux de drap blanc bien lavez au bord dudit plat tout autour, & faites ainfi diftiller cette liqueur goûte à goûte à travers ces morceaux de drap , de ce plat dans un autre. Vfage. Dés que les boutons de la picote paraî- tront au vifage , appliquez - y par deffus de cette eau avec une plume , ou du coton , Sx. incontinent après mettez - y du marc qui a 66 %ec»eil de Receptes; refté en l'autre plat : continuez de faire ainfî chaque jour jufqu'à ce que la picote foit é- teinte. . Recepte contre la colique yenteufê* PRenez du fèl grofïierement pilé autant que vous jugerez être neceffaire, faites- le bien feeher, mettez-le entre deux lin- ges , appliquez - le enfuite médiocrement chaud fur le ventre à l'endroit doulou- reux. tsfutre, ; Prenez un torchon de cuifine, le plus faîe eft le meilleur, faites-le chauffer honnê- tement ,-& appliquez- le fur le ventre , re- nouveliez fouvent cette application. Jtdanitre de f enfer les Mamelles** LOrfque les mamelles font de la dou» leur» il faut prendre trois ou quatre poignées de Cerfeuil, en ôter les queues, mettre chauffer une Paile bien nette au feu, quand elle commencera de roueir, il la faut retirer du feu , & y mettre le Cerfeuil def- fus, le tournant de côté çV d'autre , & juf- ques à ce qu'il commence à fe cuire ôt-àjet- ter de l'eau. 11 faut en même tems engraiiter les m», cPremiere\$^Cri . ^7 mellcs de la «~«*«re avec dcThuile rofat : puis mettre ce Cerfeuil ainfi préparé fur le mal : continuer de l'engraiffer trois fois le jour changeant de Cerfeuil à chaque fois. Lors qu'on aura fait ce remède deux jours de fuite, fi le mal continue &: la rougeur auffi c'eft une marque que le fein ou mamelle dolente doit percer. En ce cas, pour la faire percer plus promp- tement, il faut faire un Cataplâme de la manière qui s'enfuit prcfque toute femblable à celle q le nous avons donnée cy - devant, dans les vertus de Manus Dei, Prenez deux poignées d'Ozeille pilée ', mettez ' les bouillir dans un pot de terre avec quatre ou cinq onces de beurre frais , une cmllierée de verjus , Si un oignon de lis pilé ' Puis faites bouillir le tout cnfemble , jufques à Ce que l'oignon & l'ozeille foient cuits. Enfuite il les faut retirer du feu , y mêler une once de levain de pâte ou de pain d'efpices : quand tout cela ne fera plus que tiède , il en faut prendre un peu , & l'appli- quer fur le mal , après avoir eugraiflé le mal avec l'huile rofa< y comme nous avons dit cy deffus. Il lauc changer ce Reunede trois fois le jour, <*ont\iuant jufques à ce que le mal foit percé : Car il ne faut jamais faire percer ce mal, que pat le moyen de cç Cataplâme. c>t> # Recueil de Receptes: , Q^ndil fera prrw,;U faut appliquer l'emplâtre vJManus Dei, fans tente ny ihar- pis, comme il eft noté cy - devant, mais il eft bon d'engraiffer le fcin avec d'huile rofat, avant que d'y mettre l'emplâtre. 11 faut que l'emplâtre foit un peu plus grand que la rougeur. Il peut fervir deux jours en l'efc fuyant le foir & le matin ; mais il fera plus utile quand.on le changera toutes les fois qu'on penfera le mal, & il faudra continuer de la forte jufques à une parfaite guerifon. Si Ta femme nourrit fon enfant, il ne faut pas qu'elle luy prefente à tetter le fcin malade , mais bien l'autre : Elle n'en perdra pas le lait pour cela , pourveu qu'après être guérie , elle fe faffe tirer le fein malade pat un petit chien, ou par une femme, & qu'en- fuite elle fe le faffe tirer par fon enfant. ,----------■------------------------,----------. Cerat merveilleux pour les Vlceres des jambes. Drogues. Î Huile d'olive, Cire neuve , nez. i Cynabre , j Minium., demy U 2. onces* z. vnces. t- Première 'Partie; 6$ Priparation, PRenez les 2. livres d'Huile d'olive , & la demi 1. de Cire , faites les foncire fur le feu : ces matières étant fondues, mifes hors du feu , vous y ajouterez les deux on- ces de Cinabre & les deux onces de Mi- nium, remuant le tout avec une fpatule de bois jufques à ce qu'il foit froid.Confervez- le dans un pot pour vous en fervir au befpin. Manière de s en ferVvr. Il en faut faire des Emplâtresdeux fois le jour , & les appliquer fur les Ulcères. Ceraffiuverain pour toute forte dVlceres, Drogues. | Huile d'olhe , j] I, /, Ce*'Hfi > 2. onces, Lytarge d'or , 2. onces. Poix de Bourgogne t I. oncf.' Cire jaune , demy h , OMyrrhe , 2# onces. Préparation. PRenez d'Huile d'olive, mettez-le dans un pot neuf, faites -le bouillir une de- mi heure ,• puis mettez - y les ^ux onces Pre- nez. jt) Recueil de Receptes, de Ceruze en poudre en remuant un peu , enfuite ajoutez - y les deux onces de Lytar- ge d'or aufli pulverifée , en remuant tou- jours : Après ajoutez la Poix de Bourgogne & la Cire coupée à petits morceaux en re- muant encore. Quand la Cire & la Poix feront fondues , ôtcz l'Onguent de deffus le feu, & ajoutez » y peu à peu les deux on; ces de Myrrhe pulverifée3en remuant jufqu'à ce qu'il foit demi froid ; & voilà vôtre Ce- rat que vous conferverez pour l'ufage. Norez qu'il ne faut ni tente , ny charpis pour appliquer ce Cerat fur les Ulcères. Recepte qui eft aufti fort bonne contre les Vl* ceres, gales , teignes & 1)artres les flus invétérées. PRenez trois cartons d'eau , faites-la bouillir , retirez le pot du feu , & faites éteindre dedans trois livres de la Chaux vi- ve en remuant jufques à ce qu'elle foit étein. te : Laiffez repofer le tout ; & lors que vous verrez l'eau claire par deffus, vous la coule- rez. Enfuite ajoutez - y pour chaque demy carton d'eau une dragme de Sublimé en pou- dre , remuant doucement cette eau qui de- viendra jaune , laiffez- la repofer une heu- re ou deux : après ajoutez, y autant de Sel armoniac en poudre que de fublimé : garde* cette eau pour le befoin. Première 'Partie* 71 Pour rendre cette eau meilleure , prenez demy carton d'eau de vie rectifiée, .demy turquete de fuc tiré de feuilles de Sanicle, Buclé, & fleurs de mille Permis , ou Hy« pericon , contufées , & arrofécs'avec un peu de vin : mêlez cela * & faites infufet dedans de racine d'Ariftoloche ronde , d'A- loè's, & de Myrrhe pulveiilces, deux ckag. mes de chacun. Quand vous voudrcz^rous en fervir » mêlez une turquete de cette der- nière pan de vie ainfi préparée avec un de- my carton de la première, agitant le tout bien cnfemble j badinez en apréb les parties affilées avec un linge. Notez que cette eau ne fait point d'im- prefîïon fur les parties faines ; mais feule- ment fur les malades , defquelics elle en de- racme le mal. J'en ay veu un gr jnd effet ces jours paffez. Baume fowverain, dont les proprietez. font ici après expliquées, D R O G U ES. Rofis rouges, une ffgncs. Feuille de Pimpanelle. De Saegiu. ncz* j De mille ■ feuille, 1 De Baume ou Manthe, 72 Pre nez., Recueil de Receptes, De Marjolaine. De Sarjette. D'Hjfipe. De P eft hier, I. poignée de chacun. Vin excellent, Huile dolrte, Sel commun, ^ demy carton, demy carton, une poignée* Préparation. MEttez le tout, à la referve du Sel ; dans un pot de terre d'une grandeur convenable : faites^ le bouillir jufques à ce que le vin foit tout à fait confumé , & qu'il ne paroiffe plus que l'huile dans la cuillère , le tout à petit feu , de peur que les herbes ne fe brûlent au fond ,& remuant bien fou- vent ajoutez fur la fin de la decoclion, le Sel ; Après quelques bouillons , pafifez le tout dans un Torchon dont la toile ne foit pas fort épaiffe, & preffez les herbes pour en faire fortir tout le jus. Proprietez., Il eft bon contre la gangrené, brûlure , foiblefle de nerfs, mal de tête^ indigeftion, colique, paralifie ,&c. Il en faut frotter la partie jufqu'à ce que le baume foit tout à fait imbibé dans la chair» chauffant de tems en tems les doigts r pour Première Partie. j% pour le faire mieux pénétrer : après il faut l'envi oper avec un linge bien chaud,duquel il faut toujours fe fervir fans changer i car il fera meilleur qu'un blanc. 11 faut froter la partie milade ttois ou quatre fois par jour. Notez que fi vous voulez faire une plus grande quantité de ce baume , il faut multiplier à proportion les herbes , l'huile , le vin , & le fei. Huile excellente , dont les vertus font ex- pliquées - cy après. COMPOSITION. PRenez de l'huile vierge, c'efi à dire, ti- rée fans feu, & s'il le peut des olives qui ne foient pas tout à fait meures , quatre livres ; mettez le tout dans un vafe convena- ble (s'il fe peut d'argent ) fur un fourneau de d-g'flion : enfuite rr.ncz des boutons de rôles qui ne foient pas entièrement éclo- (es , eu prêtes à éclorc, bien mondez , deux pii ceci : faites-les infuier da s cet'e huile ÎVipace de trois heures i au bout desquelles vous en tirerez avec me cucillcrc percée, & vous les mettrez dans un fac de groffe toi- le^ les prefferez pour en faire fortir tout le jus , que vous remettrez dans l'huile , con- fervant à part le marc. D ~'4 7{jcueil de Receptes, Le lendemain vous prendrez la même quantité de boutons de rofes, & les met- trez infufer dans la même huile , toi t de même que le jour précèdent. Vous conti- nuerez chaque jour la même infufion ^ de pareille quantité de boutons dans la m ême huile , tant que la faifon des rofes durera , excepté que vous laifïèrez la 'dernière infu- fion dans l'huile. Après vous conferverez cette huile dans des bouteilles de verre, y mêlant une quantité confiderable de l'effen- ce d'eau rofe de la meilleure,& d'autant plus vous y en mettrez, d'autant plus l'huile en fera tueilleir.. 'Proprietez., Elle eft fort propre pour apaifer toute forte de douleurs, en l'appliquant fur les parties dolentes au Ai chaudement qu'elles !e pourront fouffrir : afin que ce remède faffe plus d'effet , il y faut appliquer par defT s du mate des rofes envelopé dans du linge chaud, & renouveller cette application à proportion que l'on fent la douleur en quel- le \ eu que ce foit. Elle eft aufô bonne contre le poifon* Première Parue. 75 Huile de Baume fouverain, ^Anodine & "Vulnéraire. Drogues. Pre- nez. Huile dtOlïve , I. /. Violetes de Mars, Pervenche , de chacun. 2{ofis incarnates , 2. onces. Rofes pâles fauvages. Fleurs de mauves. Fleurs de ronces. Fleurs de nicotiane. Fleurs de mille • pertÙis , ' 4. onces. Gommes ou "vermifteaux qu'on trouve à la S. fean dans les pommes d'Ormeaux , 4. onces * Therebentine de Veriifi , une once. P R E P ARATl'oM, 7 L faur avoir une fiole dessus fortes > & X qui aye l'entrée fort large ; dans laquel- le des le commencement du Printems vous mettrez la liv. d'huile , cV dans cette huile vous mettrez toutes les autres dregues cy- deflus énoncées que vous aurez cueilli dans 76 Recueil de Receptes. leurs faifons & fait fecher, à la referve de la thcrebentine. Vous expoferez cette fiole aïnfi remplie au Soleil dépuis le commence- ment du printems jufques à l'Efté : à la fin de l'Efté vous y ajouterez la therebentinc,& voilà vôtre huile paifaite , que vous coule- -rT! z avec expreffion , & la garderez foigneu- emcnt, pour les ufages marquez au titre. tAutre Httile de Baume pour les mêmes ufit» ges, dr autres marquez, cy-après. Drogues. Î Huile d'olive, 1.1, Feuille de bugle , De Cyprès blanc. De Camomille. iDe Manthe , de chacun De Mille - permis , \,foignèe. De la Confoude , **De Samcle, De Rofes de provins , De \la ^Verbene , De la Sauge franche, De la. Sauge a grardt feuille. Du pttum ,4u herbe k la Reyne. Qliban fuherifet 3. dragmes. Prc, nez. a remiere Partie. 77 • M.tftich pulverifé , 3. dragmes. j Vin vtrmeil autant qu tien faut. ,3 Préparation. IL fuit hacher toutes ces herbes , & les arrofer avec le vin , les mettre dans un v3\~c convenable avec les 2. liv. d'huile fur la fi 1 du mois de Juin., enfuite exp^fer le tout au Soleil jufques à la my- Aouft, eu re- muant tous les jours ces matières. Après vouî verferez le tout dans un chauderon , & le ferez bouillir l'efpace u'une bonne heu-. re , c'eft à dire , jufqu'à ce que l'huile foit bien verte , & que les herbes foient cuites. Il faut après paffer le tout dans un gros lin- ge neuf ,& le bien tordre; Puis remettre l'huile fur le feu dans un autre chauderon bien net, & y ajouter d'abord l'Ohban Si le maftich , pulveriicz. Faites bouillir encore une demy heure le tout, en remuant avec un bâton tant que le chauderon demeurera fur le feu. Puis fermez cette huile dans des pots ou des bouteilles pour vôtre ufage. Ce remède eft fouverain pour toutes les bleflures , les douleurs $ & les nerfs foulez. 7$ Recueil de Receptes. Autre Huile de Baume pour les Bleflures , pour les Vlceres , & pour les Douleurs. Drogues. Hmle dolive, ?• I* Vm trros noir , ï- feuilleté» Rofes de pi ovins, de chacun Rofts communes , i. poignée, Âfille - permis bien fleuri. Petnm ou herbe À la Reyne. Baume ou 2. potgnées. Petite Sauge, 4. poignées, pre„ ^omarin avec la fleur, 4, poignées, nez. Grains de Genevre noirs & recouts. 4 poignées. Huile d olive, 4. //V. #• afcray. Vin blanc, me feuilleté. Cire neuye , 1. //V^., /fa/'/* d'Afpic , 3. e/w*. P R E p a r a xYo N. COntufez ou pilez grofliefCment les herbes , & les grains : mêlez- les en- fcmble; mettez - le tout dans un potjde terre neuf: yerfez- y deffus l'huile d'olive & le vin : laiffez - le tremper deux ou trois jours durant , remuant ces matières avec une cuilliere ou'fpatuledc bois une ou deux fois le jour : après faites bouillir le tout avec «n petit feu de charbon dans une bafiine o u chauderon , en remuant fonvent ,jufq uefa ce que le vin foit confun c, & queles her- bes commencent à fentir le[brûlé. ^Coulez le tout à travers une toile groflicre en prêt faut fortement, reœettezjii liqueur dans us Dv 2i Recueil de Reccpta. b-ffin ; remettez ce baflîn fur le feu» & ajoûtez-y la cire neuve coupée à petits mor» ccaux : la cire fondue , ajoutez - y l'huile d'Aspic, & remuez bien le tout enfemble fans faire phn bouillir. Gardez ce baume dans un pot de terre. Qumd vous en aurez befoin, vous en ferez fondre fur une affrète pour en verfer di;i5 les ulcères, Si, dans les playes : ou pour •en oindre l'endroit des douleurs, & des con- tufion s. Baume d'Arc eus très • mile pour ta guéri* fon des playes. PRenez de graiffe de moiiton , deux on- ces , de greffe de pourceau , une once , gomme & elemi, thereberrtine claire, une once & demy de chacun , le mélange eft très - facile. Il les faut faire fondre fuccef- fivement l'un avec l'autre, jufques à la con- fiftance d'un Uniment : on s'en fert fur les playes comme d'un digeftif. l&ec'p e pour fortifier les Nerfs , re foudre les- Tumeurs ou en fleures froides j & raw mollir 1er dmetez\ des jointures. IL Paitt prendre quatre ou cinq (poignées; de fauge , les bien piler, lesa'rnettrejdan* Première Partie. %$ un poêlon , avec une livre de beurre frais * les faire bien bouillir enfemble durant un quart d'heure , & les palier enfuite par un gros linge pour en exprimer ce qu'on pourra dont on oindra les parties malades. & îiebi. les.. Notez qu'il faut que cet onguent foit fon- du , quand on s'en fervira , & qu'il eft bon contre le rhumatifme. Recepte quand on s'eft coupé fuperficielîc- ment en qttelque partie. QUand par megarde , ce qui artive af- fez fouvent, vous vous couperez en la main , au pied , ou à quelqu'autrc partie , pourveu que la playe foit legere.ou du moins qu'elle ne foit pas beaucoup profonde, gue- riffez - vous comme il s'enfuit. Primo , Laiffez fcïgner la playe.' Secundo, effuyez - la doucement. Tertio, Ayez un rechaut avec Jdu feu: jettez - y de l'huile d'olive, & faites rece- voir la fumée qui s'en élèverait la place dif- tante du feu le moins de dense pas , avec uu rntounoirde papier, ou d'autre matière , pendant un demi quart d'heure. Quarto , parfumez un litige avec'la mc- auc fumée, & appliquez le. fur la r>j c Yy S4 Reiueil de Receptes. laiifant pendant 24. heures , fans agiter la partie bleffée. On guérit d'ordinaire pen- dant Tefpace de 24. heures. Recepte contre les Entorfts. IL arrive affez fou vent qu'on fe laiffe tom- ber , ou qu'on reçoit quelque coup fans dflocation ny fracture des os ; mais feule- ment avec fouleure de chair & de nerfs, ce qu'on appelle entorfe qui eft toujours dou- loureufe ; vous pouvez vous foulager faci* lement comme il s'enfuit : prenez du foun bien purgé de la farine j celuy de ronzelle ou pur froment eft le meilleur : faites - le bouillir avec deux tiers d'eau & un tiers de vinaigre , mêlez enfemble jufques à la con- fiftance de bouillie , faites - en un cataplà- mc, que vous appliquerez fur la partie » deux fois le jour. Recepte facile contre tes diftocations, le mem- bre dfloqué étant remis par quelque bon \ iArtifte. PtVnez telle quantité de miel que vous vo idez : étendez - le fur des étoupes & appliquez- le tièdement fur la partie diflo- quee remife, l'y laiffant pendant le temsd: 'Première 'Parue. 8$ trois fois 24. heures: après lefquelles vous po.ivez rcnouveller l'application pour autres 3. jours. Notez primo, qull en faut enveloper toute la partie. Notez ficundo , qu'au lieu de miel, vous pouvez vous fervir de l'huile rofat. Recepte contre les nerfs racourcis ou en dur* cis pour les ramolir. Quelquefois dans les longues mala- dies , particulièrement celles qui obli- gent à garder long tems le lit où à^dcmeurer fedentaire ; les nerfs s'endurciffent ou fe raj courciffent de telle façon qu'on en peut ref- ter boiteux. Pour guérir ou prévenir ce mal > fervcz - vous des remèdes fuivans. Prenez deux pieds de bœuf, deux poi- gnées de fauge traites.bouillir cela enfemblc à perfection , c'eft à dire , jufqu'à"ce que la chair fe fepare des os ; enfuite coulez - le avec expreflion : battez ce jus coulé avec de» mi livre de beurre frais, conferver cette ge- lée dans un vafe de terre : frotez- en chau- dement les jointures des parties racourcies ou endurcies , deux fois le jour. Autre Recepte contre le même mal. prenez une feuilleté d'huile d'olive, une Î6 T^ecutil de Receptes? feuilleté edvin clairet : faites bouillirlecte jufques à l'entière confommati<*n du*'vin : frotez-en les parties malades chai dément foir & matin : envelopcz • les enfuite avec des linges chauds. Notez que ce jcmede eft auffi fort bon pour les chevaux qui ont les jambes roi des* Autre Recepte. Prenez une feuilleté d'huile d'olive, wne turquete de vin clairet ; faites bouillir cela jufques à ce que le vin fbit confommé:aprés ajoutez - y l'herbe à la Reine, & des feuilles Dannoifes , de chacune une bonne poignée; faites bouillir encore le tout pendant long- tems ; paffez - le à travers un linge blanc avec expreflion. Gardez ce baume pour le befoin:pour vous en fervir mettez de ce baume fur une feuille de chou rouge ou au* tre ^ appliquez - le fur la partie chaudement deux tpis le jour, & continuez jufques à la guerifbn* Recepte pour fortifier les \ambes d'un enfant qui ne peut pas, ou qui demeure a marcher. LEs enfans fortetit quelquefois fi foibles du fein de leurs mères, que quelque ibin qu'on en prenne au maillot,ils parvien- dront jufqu'à la troifténae & quatrième ao*- Première partie. 87 née, & même plus avant fans qu'ils puiffenç, marcher, ny fe foûtenir : voicy un excellent remède pour les ayder. Prenez des feuilles d'hieble , de' marjo- laine , & de fauge , une quantité fuAllante» Si autant d'une que d'autre ; pilez le tout cnfemble ; tirez - en du jus ce qu'il en faut pour remplir une bouteille de verrcibouchez- bien cette bouteille avec de la pâte : cnve- lopez même toute la bouteille avec ladite pâte affez épaife,mettez cette bouteille ainfî difpofée à cuire dans un four aufli long tems qu'il faudroit pour cuire un gros'pain : tirer enfuite la bouteille du four : laiffez-la re- froidir : rompez la pâte dont elle eft envi- ronnée : caffez la bouteille, & tirez la ma* tiere qui fera dedans, qui aura forme d'on- guent , que vous conferverez pour vous en îervir en la forme fuivante. Prenez de cet onguent & de moële da jarret de bœuf autant d'un que d'autre, fai- tes - le fondre enfemble ; frotez • en chau- dement Si fouvent les derrières des cuiftcs & «les jambes de l'enfant,il marchera bien-tôt» Notez que ce remède eft bon aufli pour les adultes qui ont les netfs racourcis ou endu*^ «1s. 88 Recueil de Receptes. Recepte pour les femmes Enceintes qui fi l ijfent 'fouvent tomber. IL arrive affez fouvent que les femmes groffes font fujetes aux chûtes, fur tout dans les derniers mois de leur groffeffe , & par confequent qu'elles courent hazard d'a- vorter : pour prévenir ces chûtes elles doi- vent nier du remède fuivant. Prenez trois onces d'huile de Milleper- tuis, autrement d'Hipericon que vous trou- verez chez les Apoticaires, une once d'eau de vie : mêlez le tout, & frotez - en le gras des cuiffes & des jambes chaudement matin & foir. Ce remède eft auffi fort bon contre la fcyatique & contre toute forte de douleurs qui viennent de caufe froide. Onguent refrigeratif, & Anodin , contrt tes inflammations, les douleurs- & les intempéries chauies. PRcncz des feuilles de Semperviva ma; jor, de femperviva minor, de fouris , d'humbilicus^veiieris , de-folanum , de ju£ quiama , de lureau , & de pareille , de cha- cuni.me poignée, pilez le *tout dans unmoE* 'Première ^Partie, $9 tier, & faites- le bouillir avec deux livres d'huile d'olive, jufqu'à ce que les (impies foient bien cuits : après paffez le tout dans un linge blanc, & ajoutez-y cinq onces de cire jaune pour y donner la confiftance d'onguent ; duquel vous vous fetvirez con- tre les maux propofez : le faifant première- ment fondre fur une afliete ; & quand vous en aurez oint les parties affectées, vous y appliquerez un papier par deffus, & un lin- ge fur le papier. Onguent excellent contre les douleurs froides. LOrs que vous reffentirez en quelque partie de corps que ce foit quelque dou- leur fioide , c'eft à dire , qui nait d'une cau- fe froide ; ce que vous connoîtrez fi en ap- pliquant des linges chauds vous vous en t trouvez foulage , fervez - vous de l'onguent fuivant, qui eft fouvetain. Drogues. * J Feuille de marjolaine, de tim, & p d'orties, de chacun une poignée. n ' • Vers de terre , un plein f Ut. Huile d olive , deux liv. Cire neuve autant qu'il faut. Recueil de Receptes. Préparation. COntufez légèrement les feuilles ; net- toyez bien les vers fans pourtant les laver.- faites bouillir cela avec l'huile jufques à la confommation de la moitié ; coulez avec un linge blanc > le preffant fortement avec les mains. Ajoûtez-y enfuite autant de cire qu'il faut pour le réduire en onguent, duquel vous oindrez les parties doulourcufes matin & foir chaudement. Notez primo , que 1 Eau de plantin, plus d'une turquete de chacun. 'Poudre de tmhie, i, tme. 'Première 'Partie. $n Couperose blanche de ta groffiur d'unefe^c. Macis «u fleur de mufcade dt-my once. Préparation. PRenez ces trois fortes d'eaux qui, s'il fe peut, doivent être tirées feparement avec un alambic de verre, & mêlez -les er-> femble par égales portions : ajoutez - y en- faite la tuthie pulverifée : expofez - les au Soleil pendant huit jours en remuant de tems en tems le vafe , & l'ôcant quand le Soleil ne luit plus. Ajoutez avec la tuthie la coupero- ze,& mettez-les en même tems dans les eaux. Notez que vous pouvez mettre ou laiflèt le macis ; fi vous le mettez , il faut le met- tre enfemble avec la tuthie & la couperoze , l'eau en fera meilleure , mais plus cuifante ; fi von» le laiffez , feau n'en fera pas fi bon- ne , mais au(Tï elle fera moins cuifante, & caufera plus tard 'a gueifon. Autre Recepte p*ur les T eux, " Prenez trou cluipines, c'eft à dire , un peu plus d'un demi c.irron d\au commune à boire; mettez y dedans le poids d'un écu d'or, ou une dtagme de couperofe j laiffez- 1c infufer pendant vingt-quatre heures : cou- lez • 1- enfuite doucement pat inclination. Le deffus de cette eau qui eft la première tn le verfant» eft excellente pour les yeux. £2 Recueil de Receptes' L'autre qui eft le fond , fert pour laver les playes,les ulceres;guetit la gale,& la gratclle. Receptes pour une perfonne qui a perdu la veue fans que rien paroiffi dans t Oeil. . PRenez deux tiers d'eau* commune à boi- re & un tiers de vinaigre : mêlez - les en- femble -. après ajoutez- y de farine de fèves autant qu'il en faut pour en faire comme de la bouillie : mettez cette bouillie fur des étoupes en fornie de cataplâme, que vous appliquerez fur le front du malade en s'al- lant coucher. Il le faut appliquer chaude- ment : mettre un linge fur les étoupes de peur qu'elles ne tombent, àc continuer long tems cette application ,«rtis les foits. Eau fiu~veraine pour' les yeux. PRenez pour trois fols de couperoze blan- chie , & pour troi fols d'iris de Floren- ce : métrez le tout en poudre fort fubtile : faites infufer cette peudre pendant demy heure, élans demy carton d'eau commune: puis battez cette eau dans deux vafes des plus hauts que vous pourrez trouver pendant deux heures.Enfuite laiffez - la repofer vingt- quatre heures : Après ajoutez - y encore u» 'Première Partie. 93 autre demy carton d'eau , & rebattez - la durant autres deux heures , comme aupara- vant , jufqu'à ce que l'on voye que l'eau de- vienne claire : après il la faut couler dans un un linge & la confèrver. Pour s'en fervir, il la faut faire chauffée tant foit peu fur une afîiete, & réitérer cela plufieurs fois le jour. Autre Eau fiuveraine centre les maux det Yeux , contre la Teigne , les Dartres , les Eryfipeles & 'Playes , Brûlure , & vieil' les Vlceres. PRenezdeux dragmes de couperoze blan- chi . une dragme de verdet du plus fin ; Reduifez tout cela en-poudre, que vous pafferez par le tamis. Mettez cette poudre dans un pot de terre , jettez - y par deffus trois pintes d'eau bouillante : remuez le tout avec un bâton jufques à ce que l'eau fou froide, Si gareicz cette eau pour le befoin. Manière de s'en fervir. Toutes les fois que ve u> voudrez vous fervir de cette Eau .. il faut la remuer pour agiter la matière 3111 va au fond. pour les yeux , il faut les laver par de- hors , Si avec le bout'du dokt en faite cou- P4 Recueil de Receptes, 1er quelques goûtes dedans par le coin de l'œil i & file mal eft violent, on peut s'en fervir à toutes les heures du jottr. Pour la teigne, dartres,eryfipeleç, ^vieil- les ulcères; vous tremperez de linges dans cette eau , vous les rpcliquerez enfuite fur le mal, & pour guérir promptement, il faut tenir ces linges toujours mouillez furie mal. Pour la brûlure, il faut s'en fervir avec la 'même méthode, que pout les ulcères. Notez que pour fe fèivir utilement de cet- te eau, fur tout contre les maux des yeux , la teigne, les dartres, les eryfipèles, & vieil- les -ulcères , il faut auparavant fe purger, & même fc repurger fi les maux font inveterez. r Onguent contre les Dartres, PRenez une îiv. de fain doux , faites - le fondre dans un pot ou baffine convena- ble: v\uand il fera fondu ajt.ûtcz - y 4. on- ces de thcrebentine de Venife: faites.luy prendre encore un bouillon feulement » eu- fuite ôtcz le vaiffeau èc deffus le feu, & pour lors y ajouterez deux ou trois blancs , d'cei.f, en remuant toujours jufqu'à ce que L'onguent foit froid. Ne t*z qu'avant qie de mêler les blancs d'cèuf, il fait les aveir fort bauus supara-' vaut. Premier* Partie. çj Quand vous voudrez vous fervir de cet onguent, il le faut étendre fur du linge^ & l'appliquer fur le^s dartres. tAutre o tguent fiwverain contre les Dartres* Drogues. I Sain doux , I. livre, Pre- | Thcrebentine de Veritfe, 4 onces. nez- Jaunes dœuf, t. en nombre. J[ Eau rofe, y cuedlerécs. Préparation. IL faut faire fondre la liv. de fain doux dans un pot : il le faut retirer du feu , après qu'il fera fondu : enfuite mettez-y aufli • tôt les 4. onces de therebentine en remuant toujours.- Apres ajoutez - y les î. jaunes d'oeuf que vous aurez tort battus à part dans un p!at : Ajoutez enfuite 4. ou 5. CHeillerées d'çau rofe , & remuez inceffam- ment le tout jufques à ce qu'il foit r cduit ea onguent, fans le remettre fur le feu, quand on l'en aura une fois tiré , qui fera lorfijue ,1e fâin doux fera fondu , comme il a été ditï & il ne faut cefïèr. de remuer jufques à ce qu'il foit froid. Cet ongi?nt^devient comme une porn ç6 Recueil de Receptes. made qu'il faut appliquer froide fur la Dar- tre , mettant un papier par deffus ,* & chan- geante, ou 3. fois le jour. Si le mal eft grand & ^invétéré, il faut purger le malade 2. ou 3. fois, le feignerune fois. Si la Dartre tft petite, il fuffira de purger le malade une feule fois. uiutre Onguent très • expérimenté centre les Dartres. L Drogues. 1, Huile rofat, 4. onces; pre. Miel rofat, 2. onces. nez- Suye de cheminée, 1. once* '* Ceruz,e , demy once* | Cire neuye , autant qu'il en faut* Préparation. L faut faire fondre la cire avec l'huile Si le miel Rofat , puis l'ôtcr de deffus le feu , & y ajouter les autres deux Drogues pplverifres, en remuant jufqu'à ce qu'il foid froid. , L\ manière d'en ufer eft la même que .de* deux autres oi guens precedens. 1 Recepte Première Tartiel pt Recepte excellente contre les Dartres, Outre les Receptes que nous avons données ey • devant contre Us Dartres, je trouve que U poudre qui entre dans la compofition de l Emplâtre citrin, décrit dans lu difpenjatres de la Pharmacie , rfl très - fiwverame. En yoicy la compo/înon. D R o g u e s. ' ' Marbre blanc calciné, 2. dragl Borax , a. dragm A km de pi' me. Vmbtlic marin, c'eft un coquillage* Go»,më tragaçant I 1)entalés , c'eft un coquillage. , Futaies , ceflun co:mllaoe. j Salepetre , de chacun trois dragmes» I Loral blanc , demy once, nez. - Encens bUnc , \ 9uce, I Gerffi , eu feule de therbe Dracun- citttti m:nor. l* once. Ceruz.e de V'emfe , l, once: nAînrn brûlé, 2. dragmes. Ricinus calciné , efpece de mmeha qui s'attache t au derrière det chevaux on des chiens , i% dragme* $8 Recueil de Receptes* Préparation. IL faut mettre le tout en poudre fort fub- tile ; il faut enfermer cette poudre dans un morceau de toile en forme d'un noiiet l duquel vous afpergerez les dartres fans mouiller > tous les foirs en vous mettant au lit, Recefte contre les dartres yives* PRenez du vinaigre fait de bon vin blanc & naturel , une feuillette , ou chopine , de Minium (ïx onces : faites bouillir cela jufques à ce que les deux tiers foient confu» mez, & qu'il n'en refte à peu prés que la troifiéme partie, en remuant prefque toû«s jours ces matières avec un bâton de boisi , gardez cette liqueur pour vous en fervit comme s'enfuit. Prenez de la decocSHon d'orge , une ou deux cueillerées : mettez - y douze ou quin- J ze goûtes de cette première liqueuri& lavez- I en la dartre cinq ou fix fois le jour pendant I quatrejcinqifix joursjjufques à ce qu'elle foit I guérie. Contre les Ecrmelles* ÏL faut appliquer fur la partie malade l'em- . plâtre de çerufè , ajoutant pour chaque , Première Tartie, Qp once d'emplâtre , une dragme de mercure doux , & autant tic camfre. Cependant on ufera intérieurement de l'Opiate fuivante pendant deux mois , en prenant, de deux en deux jours le matin à jeun , environ 2. dragmes, qui font la doze de chaque prife. Drogues de l'Opiate, Séné, demy once; Turbit q^ommeux y demy once* Limaille d'acier préparée avec le fiuf- fre , 1. once. Gomme ammoniac, 3. drag. Sel de Thamari, 3. drag. Diaphoretique minerai, qui eft l'an- timome Diaphoretique , 3. drag. Trochifque d'Alandal, 1. drag. Crème de Tartre , 2 drag. Criftal minerai, 2. drag* P REPARATION. MEttez le tout en poudre fort fubtile , que vous incorporerez , avec quanti- té fiiffifantc de miel cuit , pour luy donne! la confiftance d'Opiate ; Si quand elle fera faite , vous y ajouterez demy onze de mer^ cure doux. Eij 1too Recueil det Receptes* 11 faut que le malade ufe pour fon boire ordinaire de la decocStion faite avec la racine d'Arrefte - beuf. tsfutre manière de guérir les Ecrouelles. Il faut avant tout purger le malade deux fois dans quatre jours: fçavoir le i. jour & le 4. avec 3. dragmes de fenç en infufion, fans autre chofe. Le lendemain ,.ii faut commencer de luy donner du jus de Soucy ■> fçavoir 3. doigts pour les perfonnés grandes, 2. doigts pour les jeunes, avec un verre de vin blanc à proportion, & continuer tous les matins à jeun en fe levant jufqu'à ce que le malade foit guery : Ne déjeuner que deux, heures après, ne manger aucun fruit cuid , ny rien d'épicé 9 ny de trop falé , durant tout le tems de l'ufage du remède. Manière de tirer le jus de Soucy; Prenez tout le Soucy hormis la racine l c'eft à dire , les feuilles, fleurs , & coton . pourveu que le coton foit tendre ; car s'il étoit dur il ne pourroit pas s'écrafer, & boi- roit tout le jus ( quand il n'y auroit point de fleurs il n'importe ) pilez - le dans un .mor- tier de marbre avec un pilon de bois, & ex- primez - en le Suc avec les mains, vous le coulerez , & le bifferez un peu repofer, & enfuite le donnerez à boire ? comme nous avons dit. Première 'Partie. loi Notez i. Que chaque matin il faut prépa- rer de nouveau ce jus de foucy ; Car il fe corromp facilement, & ne peut être gardé au lendemain, fans porter préjudice au ma- lade. Notez a Qu'on trouve du Soucy en tout tems, hormis peut- être dans les grandes gelées. Notez 3. Qu'il faut purger le malade de huit en huit jours. Notez 4. Qu'il faut tenir les endroits, où eft le mal, fort chaudement, les bien cacher & les frotter tous les jours avec de l'efprit de vin du plus rectifié que l'on pourra trouver. Notez j. Qu'il faut faire boire au malade pour l'ordinaire de l'eau de rivière : ou s'il n'y a point de rivière, il faut faire cuire l'eau de fontaine , & ne la boire point ac- tuellement froide. Il eft encore à remarquer, que parfois l'endroit où eft, le mal s'enfle beaucoup , mais il ne faut point s'en étonner, ny non plus quand il fe creve , & qu'on en voit for- tir de petites pierres blanches qui reffem- blent à la coque d'eeuf bien écrafée, car tout cela eft bon figne. De plus , fi c'eft une fille qui n'ait pas eu fes ordinaires, elle fe trouvera fort fatiguée: mais fi : tôt quelle fera réglée, elle fe por- Eiij foi Recueil de Receptes* tera à merveille, & toutes ces chofes n'em- pêchait point la continuation du remède. Recepte contre la brûlure, PRenez une liv. de fain-doux , faites» le fondre dans un poêlon , & mettez - y dedans 5. ou 6. crottes de cheval que vous ferez bouillir cnfemble , jufqu'à ce que le fain-doux ait attiré toute la fubftance de ces crottes : paffez le tout dans un gros linge & exprimez - en ce que vous pourrez , dont vous oindrez la partie affligée 3 comme il s'enfuit. Il faut faire fondre de cet onguent,en oin« dre la partie offenfée avec une plume : en- fuite il faut tremper dansl'onguent fondu un morceau de papier gris, & l'appliquer def- fus le mal, puis l'envelopcr d'un linge , & changer 4. ou 5. fois le jour, fans rien met- tre par deffus que le papier & le linge. Mais fi la brûlure eft au vifage , il faut la graiffer 5. ou 6. fois le jour, avec une plu- me, fans mettre par deffus ny papier ny lin- ge t Mais il la faut laiffer à découvert de peur ci être marque. Si la brûlure eft à la main , vous mettrez du papier trempé dans l'onguent fondu en-. tre les doigts, de peur qu'ils ne fe prennent cnfemble. 'première Partie* I03 Recepte contre la Brûlure, fort peu diffèrcn* te de la précédente. PRenez de la fiente d'un cheval noir qui ait été aux herbes quinze jours dans le mois de May , 7. ou 8. crottes, faites-les fricaffer dans une poêle avec du fain - doux de pourceau fans être falé : paflez enfuite le tout par un linge neuf en exprimant & tor- dant bien fort. De demi-heure en demi-heu- re oignez-en avec une plume la brûlure fans jamais la couvrir de quelque chofe de fec ; il faut que le linge que l'on mettra def- fus foit fouvent trempé dans l'onguent fondu, & prendre garde qu'il ne tienne point au mal. Notez que quoy que le cheval n'ait pas été long tems aux herbes , la fiente ne lai{« fera pas d'être bonne. Autre Recepte facile contre la brûlure. Il faut prendre de l'eau de chaux ; c'eft à dire , de l'eau dans laquelle on au- ra éteint de la chaux vive , quatre cueiUe- rées , & autres quatre cueiUerées d'huile de noix : battez le tout enfemble , jufqu'à ce qu'ils ayent acquis la confiftance d'un Liniment , duquel on graiffera la par- tie avec une plume, on la couvrira d'un papier. E iiij ï©4 Recueil de Receptes* Onguent excellent pour la Rate. Drogues. Scohpwlre t ou Langue de Cerf. Heputetique. C eterac , ou herbe danrade. de chacun Pre nez de ' feuiL j les. Nicotiane. Plan tin , Pariétaire* Tamaris, Violeies. Rue. & de Lierre* Abfynthe. Ache ou Céleris. C ti pilla ire- Agrimoue* 7anacet Semper vivum petit - Fuv/eterre, tAmendes ameres, Huile d'oliye, Cire neuve, , poignée îo. onces. 10. Itères. 2. liv. 8. onces* Préparation. IL faut piler & contufer toutes ces herbes chacune à part, & les amendes aufli rPuis les mêler, & faire infufer le tout avec les !£• \\ d'fesiV? d*n?un Poc 4Q- tQWç tout neuf» Première ^Partie. loj ayant auparavant fait bien imbiber d'eau le pot pendant 24. heures. Enfuite mettez le tout infufer au Soleil durant deux jours , ou fur les cendres chaudes durant douze heu- res: Après vous verferez le tout dans un chauderon que vous ferez bouillir pendant deux heures, fur un feu en remuant de tems en tems, de peur que ces matières ne fe brû- lent. Quand tout aura affez bouilly retirez le chauderon du feu, après ayez un fac de toile dans lequel il faut mettre les herbes, & l'huile pour en tirer la fubftanee avec une forte exprclfion: Enfuit? vous mettrez la li- queur ou la fiibftance exprimée dans un chauderon , la faifant bouillir à feu lent, & y ajouterez la cire coupée à petits morceaux pour luy donner quelque corps d'onguent , kquel vous f-rrerez dans un pot de terre. Manière de s'en fervir. Faites fondre de cet onguent fur une af- fiete , & frotez - en la région des reins jus- qu'à l'cftomat & au ventre, & aufli chaud qu'on le pourra fouftnr : mettez deffus un linge chaud doublé en quatre avec une ban-. de pour le tenir , afin que le malade le puif- fe porter commodément. Vous faites la même application fur lare-^ gion du foye s'il eft aft\£té : Mais il ne faut pas que l'onguent ni le linge foient â chauds. Ëy ibtt Recueil de Receptes. Il faut oindre ces parties 2. fois le jour, le foir à l'entrée du lit, 3. ou 4.;heures après le repas j & le matin , deux heures avant le dîner. Cet onguent tient le ventre libre & ôte les obftruclions des ulcères. Il eft encore bon contre la brûlure Si pour appaifer les douleurs. $•■ —- ■ - ————. --------m. m 1 ■ ■■■■. ■ ■ . ^utre Onguent excellent pour la Rate, ^ contre la fiey re quarte. Drogues- | Tabac, __ ponces. ^ [ Petite Centaurée fleurs & feuilles , "1 une once & demy* - ez* J Miel, demy livre.. J Vin blanc, une feuilleté*. Préparation. IL faut couper le tabac en morceaux affez menus, le mettre dans un pot de terre verni, avec le^ feuilles & les fleurs de la pe- tite centaurée concaffées dans un mortier , Si y joindre la demy liv. de miel, & enfuite le vin ': Après il faut faire bouillir le tout cnfemble jufques à ce que les herbes foient guafi toutes coi^umées, & que le vin foie Première Partiel 107 tout à fait évaporé. Cela fait, il faut cou- ler tout avec expreflion : il faut enfuite re- mettre la liqueur exprimée dans le pot, la faire bouillir fur un feu lent jufques à ce qu'elle vienne en confiftance d'onguent un peu épais. Manière pour s en fervir. Prenez une portion fuffilante de cet on- guent , étendez - la fur du cuir qu'on appela te bazane , appliquez - la fur la région de la rate. Recepte pour le mal de Rate* PRenez 2. ou 3. poignées de feuilles de Verbcne ; pilez - les dans un mortier , mêlez- y 2. ou 3. blancs d'oeuf, Si un peu de farine d'orge : Faites - en un cataplafme de deux doigts d'épailtcur, & de la longueur de la main, que vous appliquerez bien chaud fur la région de la rate , & l'y biffe- rez l'efpace de feize heures : continuez, ce que vous réitérerez jufqu'à l'entière guerifon, Vous mettrez une comprefïe fur lé cataplaf- me , & fur la comprefïe une ferviete pliée en 7. ou 8. doubles. Le principal effet de ce remède eft d'attirer comme par une fueurde fang toute l'humeur maligne qui eft en la partie arfeétée. Ce cataplafme eft bon non feulement pouç 10$ Recueil de Receptes. ^ lès maux de ratc,mais tncorc contre la pleu- refie Recepte contre les fluxions q:i font enfler les joués & le 'Vifage. PRenez du beurre fiais autant qu'il en faut , faites - le fondre . Si ajoutez --y une cueille re ou deux d'eau rôle, & graiffcz- en la partie enflée , continuant jufques à ce qu'elle foit tout à fait delènflée. Notez qu'il faut feigner & donner des lavemens s'il eft neceffaire , mais il faut s*abftenir de la piugation tant que la flu- xion dure, de peur d'émouvoir davanta- ge les humeurs , & d'augmenter l'enflure, à moins que ce ne foit par l'avis des Mede- cius. Recepte contre les dartres, & brûlure du vifaoe, PRenez un peu plu> de demy turquete de vinaigre blanc avec demy livre de fain-doux ; faites - le bouillir enfemblc dans un pot ou terrine qui .n'ait pas fervi,remuant toujours avec un petit bâton jufques à ce que cela revienne à la moitié: Après il favt y ajouter une once de camfre en poudre , St. le lavfter bouillir jufqu'à ce que le blanc ne par< iff.' plu-* : Cela fait , fortez - le de def- fus le ieu , & vuidez- le dans un mortier de piatbre , y ajoutant une puce d$ fourfre bisn £ Première Partie. \oç pulverifé, remuez t( ûjours ces m&ieres avec un pilon de bois, juf ju'à ce que cela fe pren- ne : Enfermez enfuite le tout dans un grand. pot , ou dans plufieurs petits, pour vous, en fetvir au bcfoin , & principalement la nuit. Recepte contre les Mules aux talons, & contre. les engelures des pieds , dr des mains. FAites boû ilir de la fauge avec du vin du plus gros r Si trempez là dedans les, talons, ou la partie engelée , s'il fe peut, foir & matin ; ou bien il faut s'en éiuver l'efpace de demy - heure aufli chaudement qu'il fe pourra. Ce vin pourra fervir quatre ou cinq fois* Si les engelures font entamées, il y faut mettre de l'onguent ou emplâtre noirxy.def- f js écrit. Recepte fouveralm pour les enfans rompus* PKenez 2. poignées racines de petites Confondes coupées en morceaux rendsj, faites les boiiilîir fur un rechaut dans une grande écucllc avec demi liv, de beurre frais l'efpace de demi - heure , ou troi> qimts- d'heure fans interruption , & jufcju'à ce qu'elles viennent! à f durcir: Après paifez cette matière dans un linge neuf bien fort ,, & la laiifez. refroidir. Eftant refroidie il en faut étendre (ut un no Recueil de Receptes. linge , & l'appliquer fur la partie par où le boyau dcfcend, y mettre une compreffe en huit doubles, & bander fortement le mal. Pour faire mieux , il faut que le Chirur- gien y travaille la première fois, afin qu'il yous montre la façon du bandage. Il faut prendre garde que l'enfant foit toujours bandé: Il faut vifiter le mal fois & matin, & rafraîchir le cataplafme.. Recepte pour les enfans rompus. DEs qu'on s'appercevra de cernai, met- tez la tête de l'enfant en bas pour faire rentrer le boyau i ce. qu'il fait d'ordinaire de luy-même. Dés que le boyau fera rentré , appliques par deffus une compreffe fort épaifle faite en forme d'écuffon trempée dans de l'eau de forge. Enfuite ayez un emplâtre fait de la raci- ne de la grande Ccnfoude 9 qu'on appelle en Médecine Simphitum Majus , ratifiée & mife deffus comme de fonguent , bandez bien la partie , panfez-la chaque jour, & ne la débande* point que l'enfant ne foie couché , ne le faites pas crier de peur de re- cheute. Première Partie. -, 111 Recepte véritable contre les chancres , en quelles parties du corps qu'ils foient. PRenez de l'eau claire & nette, par exem- ple un plein fceau , ou trois ou quatre cartons, mettez-la dans une chaudière d'ai- rain, faites - luy prendre un bouillon feule- ment : ôtcz la chaudière de deffus le feu : Mettez dans cette eau une pièce de chaux vive de la groffeur du poing coupée à petits morceaux ; Couvrez la chaudière d'un lin- ge double , & laiffez repofer le tout pen- dant 24,. heures fans y touchera. Ce terme étant expiré vous ôterez une certaine croû- te qui auracouvert toute l'eau , & qui ref- femble à du criftal: enfuite vous tirerez du chauderon l'eau la plus claire , tout autant que vous en pourrez tirer, & la mettrez à part dans des vafes de verre, en cas que vous ayez troublé l'eau en la tirant du chau- deron ; vouï inclinerez le chauderon contre une muraille, & le laifïèrez ainfi 2. ou 3, heures , pour en pouvoir tirer le refte de Veau qui s'y trouvera claire , en ayant été la croûte, comme auparavant : laquelle croû- te eft le Sel de ladite chaux, qu'on nomme Sel Ammoniac. I» Recueil de Recepler. Cette Eau ainfi feparée s'appelle PEau Celefte, Pour rendre cette Eau Celefte propre contre les chancres ; il en faut prendre i. ou 2. liv. davantage, la mettre dans un chauderon d'Airain, ou dans la même chau- dière où elle avoit bouilli , pourveu que la chaux en fbit tout à fait retirée, & qu'il n'y en refte point : Cela fait, vous ajoute- rez à cette Eau de fei Ammoniac, c'eft-à- dire une once de fei coupé à petits mor- ceaux pour chaque liv, d'eau , & le laifferez. infufer pendant 3. ou 4. heures; & voilà vôtre eau complète, que vous conferverez,- dans des bouteilles de verre. Propriétés , Si vous le laifkrez fur la playe Première Partie* ïïy l'efpace de vinat - quatre heures. Qjand vous l'ôterez , il faut ptendre gar- de s'il eft mangé : car s'il eft mangé c'eft un témoignage que le cancer eft mort, & pour lots vous panferez la playe avec l'onguent ou l'emplâtre noir. Pourtant pour bien connoître fi le cancer eft mort, il y faut appliquer d'auttes cra- paux, jufqu'à ce que vous remarquiez qu'ils ne font plus mangez , c'eft la marque infail- lible que le cancer eft mort. Cette Recepte a efté experimcnteVavec cette méthode i fur une fille, & d'autres perfonnes avec fuccés. Recepte contre les chancres ou petits ulcères de la bouche. SOuvent en mangeant ou beuvant en compagnie , fur tout lors que les verres ne font pas bien rincez, on peut contracter innocemment fur les levres.ou dans la bou- che certains petits ulcères qu'on appelle chancres de bouche , & quoy qu'ils foient fans aucun danger 9 ne laiffent pas d'être douloureux , Se d'incommoder les perfonnes qui les ont contractez. Pour en guérir aifement, Si en peu de temps, prenez chez quelque Apoticaire de l'eau féconde ou bien de l'efpnt de vitriol ;. JÏ6 Recueil de Receptes. mettez au bout d'un petit bâton un peu de coton ou de linge fin ou de la charpie : trempez tant foit peu c? coton ou ce linge dans l'une de ces liqueurs , Si faites - vous- en toucher les ulcères une , deux , ou trois fois : caria troifiéme fois emporte & rue les plus rebelles - ou bien faites toucher vos ulcères avec une pierre de vitriol de cy- pre une ou deux fois. Recepte excellente pour les Lyres fendues* eu cre^affèes. IL fe fait fûuvent des fentes, crevaffes, ou fiffures aux lèvres , & même aux mains de certaines peefennes délicates, lors qu'elles s'expofent opiniâtrement à un air trop froid, ou par une évaporation vicieufe des vifeeres intemperez:onen peut guenr fa- cilement par le moyen de la pomade fuU vante. Drogues. Pre. nez. Cire neuve-, 4. onces. Beurre fais , demy livre. Les grains de trois grapes de raifins noirs. Or canette pulvertfée , une once. Cette pomade eft dans cette parle, cy* après,* fagei^\ Première Partie* il£ Préparation. FAites fondre la cire dans un pot conve-! nable, & étant fondue ajoutez - y le beurre , le plus frais eft le meilleur : après mettez d» fuite le refte : faites bouillir le tout une douzaine de bouillons feulement ; paffez • le enfuite par un linge délié fans tor- dre ny exprimer : confervez cette pomade dans des vafes convenables. Recepte contre la puanteur du gouffèt & des pieds IL y a certaines perfonnes à qui les aifTel- les ou le gouflet & les p'ieds fentent m3l naturellement, & d'autres à qui cet acci- dent arrive par la mauvaife difpofition de leur corps, ce qui incommode grandement Si eux mêmes, & ceux qui les approchent : pour éviter cet inconvénient fâcheux , les unes & les autres fe peuvent fervir avec fuc- cés du remède fuivant, la purgation , & le régime font neceffaires avant l'ufage de ce remède. Prenez pour trois fols de litarge d'or *] les Apoticaires vous en fourniront, mettez- le dans une fiole , de contenance d'un peu plus de demy turquete, rerapliffez la fiole de vinaigre du plus fort que vous pourrez trou/er : frorez- vous- en les parties puan- tes tous les foirs. n8 Recfîeîl de Receptes; Recepte contre les bâtons ou boutons du vifage. CEs fortes de pullules arrivent ordinai- rement par une éfumation des vifceres extraordinairement intemperez en chaleur. Servez - vous du remède fuivant après la faï- gnée, la purgation & l'ufage des bouillons rafraichiffans. Prenez du vitriol de cypre autant que vous voudrez : mêlez - le avec de l'eau de plantin : en vous couchant baffinez - vous* en les boutons avec du cotton , & le matin lavez la face avec de l'eau fimple. ^Recepte contre les cors des pieds* IL y a fort peu de perfonnes qui ne fça- chent par expérience les incommoditez que caufent les cors des pieds ; c'eft ce qui m'oblige d'en donner icy quelques Recep- tes faciles & affurées. Prenez de la cire neuve, la jaune eft la meilleure , de poix - refine , de therebenti- ne, & du beurre frais, autant de l'un que de l'autre, faites - les bouillir pendant un quart- d'heure : confervez cette mixtion dans un pot, & fervez - vous - en fouyent. Autre Recepte. Prenez des feuilles de liere de celuy qui s'attache aux murailles ou aux arbres, faites- les tremper l'efpace de deux fois vingt - qua: 'Première Partie. np tte heures dans du vinaigre le plus fort qu'il fe trouvera. Appliquez tous les foirs une ou plufieurs de ces feuilles fur les cors, de telle façon qu'elles envelopent tous les doigts du pied où font les cors, bandez - les fi bien qu'el- les y reftent toute la nuit. Le matin ôtez ces feuilles , & couvrez les mêmes parties de foucy , dont vous aurez fait provifion auparavant, bien mondées de leur tige , difpofez - les dételle façon qu'el- les y puiffent refter toute la journée. Continuez ces deux remèdes ou applica- tions pendant quelques jours, & vous ver- rez que les cors fe détacheront d'eux, mê- mes jufques à la racine , ou en les égrati* gnant avec les ongles fans aucune douleur. g ......"■'*..... * " ' * ■ ■■.,. " __,_4 Autre Recepte. Drogues. I Gomme Ammoniac, demymce* ' Sagapenum , demy once. Cinabre, deux dragmes* airain brâlé, deux dragmes. Verd de gris, ou vert, demy dragme, '• Orpiment, demy dragme* \ Vinaigre ce qu'il fauu Pre- nez. 120 Recueil de Recepte y, P R £ P 4 RATION* IL faut faire fondre les gommes avec le vi- naigre en confiftance d'onguent î après vous ferez de tout une maffe d'emplâtre, dont vous en appliquerez fur les cors, le rc- nouvellant de deux en deux jours. Recepte pour ceux qui font mordus ou emba- yez. destanimaux enrage"*^, comme chiens, chats, loups , ou autres , en quelle partie du corps que ce fbit. IL eft certain quele bain delaMerMeditcr^ ranée ou Oceane, eft un bon remède pour ce mal y pourveu qu'on l'aille prendre dans le temps, c'eft - à - dire avant que le venm ait pénétré jufques aux parties nobles, ce # qui eft d'ordinaire dans l'clpace de neuf jours. Néanmoins comme la Mer ne guérit pas toujours, que ceux qui en font fort éloignez, font privez de ce fecours, & que fouvenr les faifons de l'année ne permettent pas d'y al- ler , à moins que de courir rifque de la per- fonne , il a fallu trouver d'autres remèdes , tels que font les fuivans. Avant toutes chofes , il faut bien laver & e'tuver les playes & les morfures, avec la lo- tion fuivante. Drogues fremim tartU* f& sea m s** sa mm m mmm m*M Drogues de la Lotion, IDe tOxicrat ( c'eft un mélange d'eafè & de vinaigre , ayee cette propor- tion, qu'il y ait cinq cuillerées dtean9 l're- j gr une de vinaigre ) une pleine U«. j écuette. I Os defekhé fulverifè , demy once. i Alum pulverifé , demy once* \ De gros fil, unpugilli. Préparation* MElcz le tout enfemble, & faites - fa chauffer fur un rechaut, après lavez- en les playes jufques au fang* Enfuite, pour fortifier les parties & em- pêcher la corruption, il les faut laver en£03 re avec l'eau de vie ou cfprit de vin : Si le patient fouffre beaucoup de douleur, c'eft un bon figne ; pratiquez cette lotion foir & matin jufques à l'entière guerifon. La playe ayant cfté lavée de la forSCj formez au malade le remède fuivant, ! Il I Pre; f»CZ. |24 Recueil de Receptes; Drogues du Remède ou potion^ f Paquet es fauvages , feuilles & raei» nés , c*y2«/ /« petites Marguerites fauvages , Jtx fiantes. Summites de rué franche , 3. e» «070- bre. Tafterages , 0» Lepidium magnum % 3. feuilles. Racine de y raye ^Angélique 7 de le grofteur £une fever D ait.y 4. cotes. De gros fil, a»f pincée* Vin blanc , un verre. Theïiaque bonne , /* grvffinr d'un*} il / pourveu qu'il foit médiocrement doux. Donnez cela au malade ; car fi le ve- nin eft communiqué à l'eftomach, & même •ux autres parties plus nobles* il le vomira infailliblement » & poux lors ce fera un boq Première Partie* fïj Notez qu'il n'y a point d'heure precife pour ce vomitif : Car on le peut donner à toute heure , lors que le mal preffe. 11 faut ufcr d'une grande diligence dans cette na- ture de mal. Notez encore, qu'immédiatement après que le malade aura vomy , ou au plus tard un quart d'heure après avoir pris le vomitif, il luy faut donner k poids d'un écu d'or de Confection de Hyacinthe avec du pain à chanter , ou dans du vin blanc , nourriffant enfuite le malade fuivant le befoin qu'il en aura. Le lendemain du vomitif, au matin, il faut faire prendre au malade la potion cy- devant écrite , luy faire obferver exacte- ment le régime de vie ordonné, & ne pas manquer un quart d'heure après de luy fai- re prendre le poids d'un écu d'or de confec- tion de hyacinthe avec le confommé & le jaune d'ceuf, comme il a été marqué cy- deffus. Les jours fuivans, >1 faut donner chaque matin le même remède, obferver le même régime, fans toutefois réitérer le vomitif, & continuer ce remède, & ce régime pen- dant huit jours de fuite , à moins que quel* que foibleffe, ou quelque autre accident se les interrompe* F nj lié Recueil de Receptes* Notez que chaque matin avant que de donner le remède , il faut avoir diligem- ment lavé les playes ou les morfures avec la lotion cy -devant écrite , & qu'il faut faire le même chaque foir avant que de 'le coucher ; mais comme cette lotion ne tend qu'à bien modifier , & bien nettoyer les playes, & non pas à les guérir abfolument, il faut après chaque lotion appliquer par- deffus l'emplâtre fuivant, qui eft «n vérité le principal, & le plus énergique remède* Drogues de l'Emplâtre, IRuë franche. Paquetes, ou Marguerites fauvage/i Paffirage, ou Lipidium m ajus. Pre » Or pin, ou Ttlephium , Craffûte» à» nez I chacun deux poignées. au } Plan tin , une poignet. ■ mois . Semper vivum ma jus , une poignée. de i Racine d'Angélique vraye, une once» May J Tête d'ail, fix en nombre. s'ilfe [ Huile d'olfye vierge , i, /,*>» peut. 3 Sain - doux, demy liv» 1 Alum en poudre , deux pincées. \ Os défiche pulverifè , l.pmcéîù PrentUre Partie. '|Q 'Mirrhe, la groffeur d'une noix* Cire blanche ce qu'il faut* Préparation. PRenez les huit premières drogues bien nettoyées & bien lavées, pilez - les dans un mortier, faites - les bouillir avec du vin blanc dans un pot de terre , jufqu'à ce que tout foit réduit à la contenance d'un peu plus de» demi turquete \ paffez enfuite cela par un linge avec une forte expreffion des mains, & gardez la liqueur exprimée dans un pot de terre, pour l'ufage que nous di- rons. Cela fait, prenez le marc de ces herbes ou drogues bien preffées : faites - les bouil- lir avec l'huile d'olivev vierge, & le fain- doux , enfuite paffez le tout avec un linge fort, & mettez la liqueur exprimée dans un même pot de terre, où vous avez déjà mis le fuc des herbes précédentes. Enfuite jettezdans le même pot, l'os de feiché, 6i l'alum en poudre, tout de même la myrrhe, & la cire coupée à petits mor- ceaux , & autant qu'il en faut pour donner à ces matières le corps d'un emplâtre : le tout étant bien mêlé enfemble dans le pot, vous mettrez le pot fur la braize, & W& Recueil de Receptes. remuerez toujours avec une fpatule de boi* le laiffant cuire jufqu'à la confiftance de' bouillie , & qui ait pris corps , luy donnant telle couleur & telle odeur qu'il vous plaira, & voilà le remède achevé, fi fouverain pow cette nature de maux. Emplâtre de guerifins meryeilleufes fdt cette Recefte. Cette Recepte a été donnée par Mr Bour^ del Curé de Menil - huber, qui affeure avoir guéri ou garanti par fon moyen plus de huit cens perfonnes pauvres ou riches, en- tre autres. Une femme de Bretonouil, proche la Porte Royale, qui ayant été mordue à 11 tête par un loup enragé , qui luy avoit aufli arraché prefque une de fes mammelles , étant même dans la phrenefie , fut entière- ment guérie par l'ufage de ces remèdes, du* tant fix jours. Un Gentilhomme de condition mordu à la tcte par un loup enragé, le nez & les joues emportées ; ayant même plufieurs au- tres grandes playes à la tête, parce que le loup fut tué entre fes bras, échapa feul de douze qui furent mordus du même loup en même tems à la fortie d'une grande Mcffe » dont les onze furent à la Mercy, det quels une partie en mourut, & les autres Première partie* \i*% furent inhumainement étouffez par condam»; uablc & puniffablc coutume : Ce GentiU homme, dis - je, feul fut confervé par l'ufa- de ces remèdes,en la même forme que nous avons marqué cy - deffus. Notez pourtant que ce charitable Curé donna à ce Gentilhomme le vomitif, & en- fuite la Confection de Hyacinte : Car lors que la perfonne eft dans la phrenefie, ou dans un danger évident, il faut neceffaire- ment commencer par le vomitif, avant que de donner le remede, afin de dégager l'efto- mach , & de fortifier le cœur, & d'abattre les ruinées qui s'élèvent du cerveau. L'on peut connoître fi la morfure eft de bête enragée , ou non , en appliquant une fève coupée en deux fur la playe ; car fi la fève y tient, il y a du venin ; & fi elle n'y tient pas, ce n'eft pas une morfure d*une bête enragée* péutre Recefte fort facile pour le même accident. PRenez un harang falé & nouveau tout crud , contufez • le dans un mortier jufqu'à ce qu'il vienne comme de la pâte , que vous appliquerez en forme de cataplaf- me fur la morfure, continuant cette appli- cation pendant trois jours. Fv fjo Recueil de Receptesi Receptes pour les beftiaux qui font mordti$ ou tmbayez, par des Animaux enragez.* Drogues. i' 1 Feuilles de Rué. Paquetes, ou Marguerites fauvages* Pimpenelle, une poignée de chacun. T Ail, une tête*; pre- | Gros fil, me pincée. j1Ç2f | 'Polipode de chêne , une poignée* Polythic , une poignet. 'Petit houx ou frigoniert deux racines, 'Pafferage, une racine avec la feuille. j Vin blanc, ou lait, ou eau communp [ J ce quit faut. Préparation. IL faut bien nettoyer les herbes & les ras cines : enfuite les laver ; après les piler toutes enfemblc, & les mettre dans un pot avec une quantité fuffifante de vin blanc, on de lait, ou eau commune , & les laiffer infufer pendant dix haires.Vous don- nerez un plein verre de cette infufion à cha- que animal nv.vïdu ou embavé. 'Première 'Partie; x$\) Si la playe de l'animal eft grande,il y faut appliquer le feu dont l'efcare tombe d'elle même fi c'eft un chien, parce que les chiens fe lechans eux mêmes, par ce leche- ment fe gueriftent : Mais fi c'eft un cheval ou autre bête , il faut procurer la chute de, l'efcare par des fupuratifs doux, & propres à tels animaux. Néanmoins avant d'en venir à l'applica- tion du bouton de feu , il fera meilleur de tenter la guerifon de la playe, en l'étuvant». & la b.en lavant avec l'eau falée, & c'eft le plus affeuré. Aux aivmaux délicats, ou foibles, il faut donner deux ou trois fois feulement le re-| mede au commencement, & enfuite le faire un peu plus doux. Le remède fe donne toujours le matin; il faut que l'animal n'ait point ou fort peu mangé le feir, & ne luy faut pas donner à manger qu'un bon quart - d'heure après avoir pris le remède. Il eft vrây que le fei eft fort utile pour: raccornpliflèinent & la perfection du re- mède pour plufeurs raifons ; mais aufli après l'avoir pris, il eft bon de s'en abf- tenir quelque tems, & de toutes choies, iâlées. £vl f$ft Recueil de Réceptif* Recette four empêcher que les chiens mer* dus ne deviennent enragez,. LOrs que vous aurez des chiens qui au- ront été mordus par d'autres chiens en; fagez, pour éviter qu'ils ne contractent la iage; Ayez du lait de vache fraîchement tiré de la mammelle : faites tremper dedans la pinpinelle fauvage ; faites-en boire aux chiens tous les matins l'efpace de neuf jours. itAutre Recepte contre la rage. IL ne faut prendre feulement que les feuilles des douze herbes fuivantes, qu'il faut cueillir au mois de Juin, parce' que pour lors elles font dans leur plus grande force : les faire fecher dans des facs de pa- pier à l'ombre pendus au plancher, & re- nouveller toutes les années lefdites herbes pour s*en fervir au befoin ; car après un an """prefque toute leur vertu fe perd. E» "•■ ; >■ -1I:>ju 3 Drogues, Pre- J Ambroifiy ou Artemifi* nez. I Betoine. deux I Centaurée petite» poi- lLMe#fe. Premiers Partit* 155 gnécs ] Menthe. de cha- Mille ■ permis , cune J 'Polipode de chêne , de ces j rPlantm% Vrbes. I Rue. \ Sauge mineure. l? Verbene. j Abjynthe, Préparation. CEs herbes étant cueillies & (echej comme nous avons dit, il les faut mettre toutes en poudre fort fubtile chacu- ne à part, & vou* mêlerez enfuite ces pou- dres enfemble, en prenant de chacune de la pefanteur d'un écu d'or, ou environ. De ces poudres ainfi mêlées vous en prendrez le poids d'un écu d'or avec un verre de vin blanc, & donnerez pendant trois jours confecut>fs cette doze au malade, fi c'eft un homme. Quant aux animaux , il leur en faut don- ner à proportion de leur groffeur ; par exemj pie, fi c'eft un bœuf, la ptife de la poudre jèra de 2. ou 3. écus d'or, ayee 2. ou 3. ver- res de vin blanc : Si c'eft un animal plus pe- tit , vous diminuerez l'un & l'autre à pics portion. 1^4 Recueil de Miceftesi Tornade four guertries leyres greffées, les mains, & les cotfs des fteds, J) R O G U E S, l Beurre frais i demy t. ICire neuve , 4. onces. Orcanete %, 3» onces» -""• j, Paffirtlles noires, égrenées & mon» \ dées , 4. on 5. grapes. PREP,'aR AT I ON, VOus prendrez toutes ces quatre choc fes, & les mettrez enfemble dans tin vafe convenable, & les ferez bouillir pen- dant un quart - d'heure, ou jufques à ce que la cir« & le beurre foient bien fondus.Apres vous pafferez le tout dans un linge fort net, & mettrez ce qui fera paffé dans des bouteil- les ou des pots convenables pour les bien conferver jufques au befoin. Ç'eft principalement à l'entrée du lit qu'il faut oindre avec cette pomade les lèvres * les mains , les pieds & les cors d'iceux^ con- tinuant pendant quelques jours. Première Partie* 13c "Bmplatre pour] faire percer & guérir ks loupe s % Drogues. De U maffe de l emplâtre oxycroceum* I. 0/7CÉ. , JDtf la maffe de l'emplâtre diachylon* treatum, i. once* Muccilages de femence de mauves , demy once. •JMuccilages de femence de Fœnu- grec, demy once. Gomme appellée , Galbanum , i* dragmes. Gomme appellée , Sagapenum , 3. Gomme Ammoniac , 3. «frv«g. Refîne, 6. drag* [ Cire blanche , autant qu'il en faut* Pre- nez. PREPARATION. ÎL faut mettre dins une baffine les deux maffes des emplâtres, la refine & la circ3 & les faife fondre tots enfemble fur le feu : quand tout fera bien fondu, il y faut ajouter f(ê Recueil de Reeeptef, les muccilages & les gommes, & leur laif- fer prendre la confiftance d'emplâtre. Il faut que les muccilages des femences de mauve , & de fœnugrec foient extrait* avec l'eau- rofe, & que les trois gommes foient auparavant diffoutes dans le vinaigre, avant que de les jetter dans la baflîne. L'ufage de cet emplâtre eft comme celuy des precedens, marquez au commencement du Livre- Recepte contre la gratele, tir contre la df~ mangeaifon, POur guérir plus promptement , il faut commencer par la faignée du bras & en- fuite par la purge. Après fervez - vous de la pâte & de l'onguent fuivant. Prenez j. onces de fleurs de fouffre, du fuc de limons autant qu'il en faut pour en faire la pâte,que vous appliquerez le foir fur les poignets, la luy laiffant du foir au ma mêlez le tout enfèmble i & oignez de cet onguent le dedans des deux mains bien chaudement, à même tems que vous appliquerez la pâte tur les poignets, demy once. ;i Eeau de vie , une turquete. ncz* i Vinaigre , deux turquetes. I £*« commune , «m turquete & demy. J Encens pulvtrifé, 4. ow«. Préparation. F Aires bouillir les fix premières chofes cnfemble , en remuant toujours avec un bâton, jufqu'à ce qu'un quart en foit con- firmé; & fur la fin de cette décoction » ajou- tez- y l'Encens pulverifé. Manière £ufer de cette Eau* Il faut premièrement couper jufqu'au vif tout ce qui fera corrompu en la partie gan- grenée , fuppofé qu'il y ait de chair corrom- pue ; Après il faut bien laver la partie avec cette eau , auffi chaudement qu'il fe pourra; enfuite il faut appliquer par deffus un linge double trempé dans cette eau , & un peu exprimé. 1$ Recmitl de 'Rjceptes* Receptes fouyerames pour empêcher le frv* grès de la gangrené. IL arrive affez lbuvent dans ie« longues ou malignes maladies que les malades con- tractent la gangrené , fur tout aux parties pofterieures: pour l'arrêter promptement, fervez - vous de quelqu'un des remèdes lui- yans , qui font tous excellens. Ayez des vers de terre autant que vous voudrez ;.pilez - les avec de l'eau de vie : é- " tendez cela fur un linge , & l'appliquerez chaudement fur les parties affcéiées chah». géant deux fois le jour, Autre. Prenez demy livre de la chaux vive : fai- tes l'infufer pendant fix heures dans un car- ton d'eau, l'eau de forge eft la meilleure , verlez cette eau par inclinations c'eft à dire doucement fans agiter le vafe : faites enfuite ipfufer dans cette eau , coulée de cette m?J mère pendant une nuit, une dragme de fu- blimé : après ajoutez ...y une turquete d'eau de vie rafinée : coulez cela fans le preffer, & lavez - en les parties gangrenées chaude- menr, deux ou trois foi* le jour. Recepte contre la morfure d'unflerpent; T Lfaut d'abord faire de petites & légères ■* fearifications fur la partie mordue, & ap- pliquer par deffus une ventoufe, afin d'en 'Première 'Partit. t$ç •ttirer le fang , & avec luy le venin.n Cela fait vous mettiez par deffus du bon Theriaque ; & en cas que la morfure foit fur une partie où l'on ne puiffe pas appliquer U ventoufe, vous ne refterez pas d'y faire les fearifications, & l'application du The- riaque, En même tems vous ferez prendre au malade du Theriaque, ou Orviétan éprou- vé avec du vin , ou avec la pointe d'un cou- teau , luy en donnant de la groffeur d'une fève. Si vous pouvez trouver de l'herbe nom- mée bouillon blanc t il en faut exprimer le jus, Si luy en donner à boire du poids de deux ou trois onces* Recepte contre la fefte. PRenez un crapaut tout en vie, appli» quez - le fur le bubon- ou charbon , €n la forme que nous avons marqué cy - deffus dans la Recepte contre les .chancres » Se changez fou vent cette application. Autre Recepte contre la pefte. Si- tôt que le malade le fentira frapé , il luy faut appliquer le bandeau jou frontal fuivant; Prenez quatre cuillerées de farine de fro- ment , une cuillerée d'eau rofe, & un jau« ne d'oeuf frais ; mêlez - le tout enfemble a. Ï4« Recueil de Receptes. & étendez - le fur du linge ou des étoupfs comme un frontal, que vous appliquerez tièdement. Dés que le bubon paroîtra,tncttez de l'on* guent fuivant fur du cuir,& appliquez-le par Seffus. Drogues. T Du viel oing, oufainfalc, me once* Vît- \ Miel, une once. nez, \ Farine de fiigle, une once* 2 jaunes d eeufs, t* en nombre. Préparation, F Aires fondre cnfemble l'oing ou le fain falé, & le miel ^ après ajoutez - y hors du feu , la farine , en remuant toujours S enfuite mêlez- y les jaunes d'ceufs remuant toujours, à voilà vôtre cataplafme ou or$ guent. Il faut étendre cet onguent fur du cuir , l'appliquer fur le bubon , & changer 2. fois le jour» Ce remède fera percer & fupurer le btf- bon ; & quand il fera percé, il y faut met- tre une tente oinùtc & imbibée du même onguent, & le cataplafme premier par |lcÊ fu*. Première Partie. V4Î Recepte pour arrefter le fitng du net.. PRenez un peu de levain,un peu de poil de lièvre coupé par le menu, & un peu de bol d'armenie eu poudre^ mêlez - le tout enfemblc, Si détrempez • le avec du vinai- gre du plus fort, & appliquez - le fous les narines quand le fang fort. Autre Recepte. Prenez une poignée de fei tel que vous trouverez fans le piler : mettez-le entre deux linges i appliquez»le autour du front, & dç la tête. Après faites mettre le malade auprès du feu : faites qu*il fe chauffe bien les pieds Se les mains ; empêchant néanmoins avec un écran, ou quelqu'autre chofe que la chaleur du feu ne luy donne pas à la rite : en mê- me - tems faites chauffer de l'eau dans un chauderon, pour luy mettre les deux pieds dedans, comme fi l'on vouloit le feigner da pied , frottez - le depuis le genouil jufques aux pieds de haut en bas avec un linge & i'eau chaude, & par ce moyen le fang s'ar- rêtera ; Que s'il ne s'arrêtoit dans un bon quart d'heure, il faut renouveller l'applica- tion du frontal ; & fi enfin il ne s'arrête pas de cette façon, il faut feigner le malade du pied. Çct;c Recepte a efté fi fouyent éprouvée I42 Recueil de Receptes* avec fuccés , que de deux cent fois, on n'a été qu'une fois obligé d'en venir à la fei- £née du pied. Autre Recepte. Dans cet accident extrême, on a fou vent appliqué une ventouze feiche, immédiate- ment fous les mamelles, fur la région de l'eftomac^ avec un merveilleux fuccés. Recepte contre l'hémorragie d'une playe, PRenez de veffes de loup, telle quantité que vous voudrez : Arrofez - les dans l'Efté pendant quinze jours, avec de l'eau dans laquelle vous aurez fait tremper de vi* trîol blanc , & toutes les fois que vous les aurez atrofées, faites - les feicher au Soleil ; Enfuite vous les mettrez en poudre que vous confervcrez dans un lieu fec, pour vous en fervir au befbin- Les Chirurgiens d'Allemagne après les avoir ainfi préparées les pendent au planchet •de leurs boutiques ; & s'en fervent fur tout aux playes extérieures, & lorsqu'une veine confiderable a été coupée par le coup , car par le moyen de cette poudre intr®duitc dans la playe, ou appliquée fur la veine coupée, ils anêtent le fang", prefque en un moment, comme par miracle. Dans les fleux de fang immederez qui arrivent aux femmes dans leurs couches, Tremtere^ Partie.' §45 •u autrement; Il n'y a rien de meilleur pour les arrêter promptement que leur donner deux ou trois fois le jour des lavemens com- pofez d'oxicrat, c'eft à dire, de 0x parties d'eau commune & une de vinaigre; Pat exemple de ueuf onces d'eau , & d'une de- my de vinaigre' L'expérience le fait voir tous les jours. La poudre de Sympatie eft un merveil- leux remède pour arrêter toute forte d'he- morragies promptement & feurement, foit qu'elles viennent du nez , des playes, de la vulve, ou du fondement, & c'eft ce qui nous oblige d'en donner ici la defciiption. Defiription de la poudre de Sympatie. PRenez une livre de couperoze plus ou moins, comme vous voudrez : reduifez- lc dedans un mortier en poudre fort fubtile: mettez cette poudre dans du papier, met-' tez ce papier où eft la poudre dans une boë- te , ou autre inftrument femblabîe , Si pro- pre pour la bien contenir , de peur qu'il nç s"en verfe ; & ne s'en perde : expofez cette poudre , avec la boè'te au Soleil pendant tout l'Efté , lor» que le Soleil ne donne plus deffus, il la faut retirer , & ne la laif- fer jamais au fcrain. \\rec cetre poudre 011 arrête toute forte d'hémorragie, quand même l'ancre fcroit coupée. Î44 Recueil de Ikcceftes* Il la faut appliquer fur la veine ou l'arte* te feignante avec un peu de charpie : appli- quant par deffus la charpie un aftringent compofé de bol fin, de terre figilléc, des blancs d'ceufs, & de vinaigre » mettant une compreffe & un bon bandage par deffus. Autre defcriftion de la foudre de Sympat» flus énergique* PRenez couperoze, ou autre vitriol * foit Romain ou d'Allemagne ( à la referve de celuy d'Angleterre, qui entre en la com- pofition de la poudre précédente ) telle quantité que vous voudrez. Mettez - le en poudre fort fubtile, & expofez-le au Soleil de la même manière & avec la même prc« caution que nous avons dit cy-deffus. Prenez en même • tems de gomme Tri-, ^acant autant prefque que de couperoze , ou pour le moins la moitié autant, mettez- la en poudre fort fubtile j que vous paffetez par le tamis de foye: expofez cette poudre au Soleil pendant tout l'£fté en même-tems que l'autre, & avec les mêmes précautions* mais feparéinent dans un autre papier & une autre boéte. Cela fait, quand vous voudrez compe* ter la poudre de Sympatie, il faut prendre deux parties égales, de ces deux poudres,& les bien mêler cnïçmbie. Voilà la façon que "Première 'Partie. 14 9 le Chevalier Dygbi a compofé la véritable poudre de Sympatie , dont il décrit les ufa- ges, & les raifons, pour montrer qu'il n'y a point de magie, quoy que les effets noua en fcmblent miraculeux. Ses ^Proprietez,* Appliquée fur la partie, elle arrête 1$ fang , comme la précédente. Aux pertes des femmes , appliquée fur le fang qui refte au linge , & envclopée du mê- me linge avec le fang où elle a touché & mi- fe en un endroit net, où il n'y a ny poudre, Dy fang : elle les arrête. Pour arrêter l'hémorragie du nez, il faut l'appliquer fur le fang répandu dans un .trot choir 9 envcloper la poudre & le fang , & faire fenrir au malade au travers un fimple linge, l'endroit où la poudre a été appli- quée. Recepte contre les playes faites far armes ê\ fu & pénétrantes. MEttcz 2. onces d'ariftoloche longue . ou ronde, concaffée dans un pot do terre, avec trois feuilletés de vin blanc : fai- tes - les bouillir jufqu'à la diminution de la moitié , tirez le pot du feu -, ajoutez - y 2. onces de fucre pulverifé, paliez le tout pat un linge blanc, & confervez cette liqufeuc dans une bouteille de verre^ G 146* Recueil de Receptes: Si la playe eft grande, vous y mettrez d'abord le premier appareil fait de deux blancs d'eeufs, réduits en écume, en les agitant, & d'un peu de bol de Levant pul- verifé , le tout étendu fur des étoupes de fi- ne chanvre, que vous laifferea fur la playe 94. heures durant. Les 2 4. heures paffées, vous mettrez de cette eau vulnéraire dans une écuelle: la fe- rez tiedir, y tremperez un linge bien délié, dont nettoyerez la playe après en avoir ôté le premier appareil; la playe étant nettoyée, vous y mettrez pardeffus un autre linge, auffi trempé'dans ladite eau, & fur ce linge vous y mettrez quelque feuille de chou rou- ge, s'il fe peut, & fur le chou une bonne compreffe trempée dans la même eau , afin que la playe foit toujours humide. Vous pouvez donner à boire deux doigts de cette eau au bleffé à jeun, panfer deux fois le jour ladite playe , & la feringuer avec la même eau , fi elle eft fort profonde. Eau merveilleùfe coûte la gangrené. Prenez environ deux pots de vin blanc, demy" livre de fucre , d'ariftolochc ronde «oncaffée, fi elle eft récente , ou coupée en Sctit morceaux, fi elle eft feiche & lavée ans du vin blanc , quatre onces : mettez le tout d?ns un pot de terre verni, & le bou- Première Partie; \tf chez bien : laiffez l'infufcr pendant fix ou fept heures ; faites - le bouillir après à feu lent, jufqu'à la diminution de la troifiéme partie : coulez - le quand il fera refroidi, Se vuidez cette liqueur dans une fiole de verre, que vous boucherez bien, & la garderez pour vous en fervir, elle eft très-propre contre les ulcères , & la gangrené ; aprél avoir coupé toute la chair morte , il les faul laver de cette eau , & tremper dedans les plumaccaux que l'on appliquera deffus : dans les ulcères fiftuleux , l'on en fait des injections ; on le fert auffi d'un onguent dans les ulcères malins avec ladite décoc- tion. Onguent contre ta gangrené rj; ulcères malins; PRenez de la cire neuve , & de la colo- phone une livre de chacune : faites • les fondre enfcmble y ajoûtart trois livres de beurre non falé , & une orce de poudre dq verdet, faites • en le mélange. 11 faut premièrement faire fondre la cire neuve , & puis la colopJiqne dans une baffi- ne fur un feu médiocre , avec le beurre qui y fera mis après, otant diligemment tcut ce qui paroîtra écumeux , & le fortant de dcG« fus ie feu , pour y ajouter le verdet en pou^ dre, en remuant longuement avec la fpatu- le ; puis étant bien mêlé, on remet k touj Pi» 14S Recueil de Receptes; fur le feu , pour l'incorporer davantage, le remuant continuellement, & prenant garde quM ne fe brûle ; retirez - le un moment après, & le fermez dans un pot de terre vernie : il eft plus folide qu'un onguent, Se ne l'eft pas allez pour un emplâtre, on l'é- tendfur des plumaceaux, & on l'applique fiir l'ulcère ,lavé auparavant avec la décoc- tion j mettant par deffus de linges trempez dans ladite décoction : il le faut changer d* huit en huit heures. . Recepte contre la douleur des dents. PRenez du bois appelle Frené, ôtez - en la première éeotee : Après b*ûlez la fé- conde ; Si de la cendre de cette féconde écorce, mêlée avec de l'eau de vie, formez- en comme un emplâtre, que vous applique- rez fur le teraple du côté dolent. Autre. . CO.mme c'eft un mal fon bizarre, il ftut avoir en main plufieurs remèdes, & les expérimenter tous : car enfin il s'en trouve-j ra quelqu'un qui foulagera : ]'ay néanmoins mis ici ceux que j'ay crû les plus propres Se les plus fpecifîques. Ayez du vitriol de Chypre , tenez- en un peu dans la bouche pendant l'efpace d'un *Ave Maria à dire, & frottez* en la gencive de la dent qui faii mal. Première 'Partie. I49 aAutre. Faites bouillir de l'alum avec de l'eau , trempez du coton dans cette eau , & appli- quez - le fur la gencive changeant fouvent. Autre. Prenez de feuilles de perfil & de cerfeuil: mettez - les Dr une paille , & amortiffcz-les fur le feu : appliquez enfuite ces feuilles fur l'oreille du côté de la douleur aufli chaude- ment qu'il fe pourra- •lAutre prefque infaillible. Prenez deux onces de fuerc pulverifé , deux onces d'aluni brûlé , & pulverifé . de- mi once de feuilles de mille feuilles feichées & pulverifées ; mêlez cela cnfemble pour l'ufage fuivant. Prenez demi once de cette poudre, mê- lez - la avec une & demi de miei : frotez de ce miel toutes les gencives deffus & deffous, dedans & dehors la bouche, fort fouvent pendant le jour, & fur le foir à l'entrée du lit, continuant de faire ainfi pour le moins pendant trois jours , quand mêmes vous en feriez foulage dés le premier jour. Recepte pour arrêter le fang des gencives après avoir arraché la dent gâtée. Quelquefois après qu'on s'eft fait arra- cher qnelque dent, il s'enfuit une fi grande hemorrogie ou flux de fang , qu'oa G iij ïjo Hjcucil de Receptes. a peine de l'arrêter i pour lors fervez - Tous du remède fuivant. Prenez un peu de vitriol en poudre, mê- lez - le avec autant de fang de dragme, c'eft une drogue qu'on trouve chez les Droguif- tes, & avec du coton appliquez cette pou- dre fut la gencive, l'y laiffant ferme jufqu'à ce que le fang foit arrêté. La Recepte contre la douleur de dents, de l'aluni bouilli dans l'eau, eft auffi fouve- iaine* Recepte contre les loupes non ouvertes. CHaquc matin pendant long-tems frot- tez les loupes avec du vinaigre du plus fjrt ; après ayez de l'herbe appellée Ache , contufez-la, & la fricaffez avec du beurre frais, étendez - la enfuite fur du linge , Si appliquez - la fur le mal, continuant pen- dant deux mois & demi. Que fi dans ce terme la loupe n'eft pas guenc, prenez une feuilleté d'urine , Si une cuillerée de fei : faites bouillir cela en- femble, jufqu'à ce qu'il revienne à un peu plus de demi turquete, trempez des étoupes dans cette liqueur, & les appliquez fur h loupe, continuant quelque tems. Autre. Prenez des hyebles autant qu'il faut, fai- jes - les amortir au feu, ou fur une paile , 'Première Partie. 151 & les appliquez fur le mal, continuant long tems. Recepte contre les loupes qui fuccedent aux ulcères , ou excreffences de chair. PRenez deux onces de l'onguent rouge deficatif, & autant de l'onguent appel- lé pompholix, tous ces deux onguents fe trouvent chez les Apoticairesjpoudte d'An- timoine demi once , mêlez tout cela enfem- ble , oignez de la charpie avec cet onguent, & mettez - la dans les ulcérés. Après faites bouillir des mietcs de pain , & du foun dans l'eau en forme & confiftan- ce de bouillie, à laquelle vous ajoutez demi poignée de fueilles de Cyprez feiches & pulverifées , faires un cataplâme que * vous appliquerez deffus la charpie & la lou. Le Precipit rouge.qui eft une préparation de mercure mêlé avec l'onguent rofat eft un excellent remède pour conlommer les chairs fuperfluës, pour une once d'onguent, l'on y met le poids de demi écu d'or de poudre, ou d'un écu d'or fuivant la complexion des parties. Recepte pour fiulager les femmes en couche qui ont trop de lait. COmme la trop grande quantité de lait peut caufer de maladies aux femmes G iiij Ijï Recueil de Receptes. nouvellement accouchées ; la charité Chré- tienne nous oblige à donner quelque remè- de pour les fouîager. Prenez deux onces d'eau rofe, & autant ide verjus : mélez-y cinq ou fix grains de fei: faites chauffer le tout fur un rechaut, trem- pez dedans un linge plié , en trois ou qua- tre doubles ou plis, appliquez ce linge un peu chaud fur les tetins, & mettez - y pat deffus un autre linge, ou deux bien chauds ce que vous ferez deux fois le même jour, & encoie le lendemain fi le mal continué. Recepte contre la Paralifie, Drogues. Du jus , oufuc des hyebles , une li- f Du jus , oufuc des hyel l vre* .. | Du jus, oufiiç d'hyfipe, Pre- » ^HlHS » wfi1* d hyfipe, i. Hy. nC2i «i Beurre , i. l.y. JGros y m , demi cm ton* Graine ou bayes de laurier, 25 en nombre. PREPARAT ION. F Ai tes bouillir enfemble dans une baffi- ne Si. fut un feu lent médiocre, les lues, Première 'Parue IJ? le beurre & le vin jufques à ce que le vin foit de la moitié confumé , après ajoutez - y les bayes ou graines de laurier bien pulveri- fèes : cela fait, faites encore bouillir toutes ces matières jufqu'à ce que le vin foit tout à fait confumé j paffez le tout par un tamis ; & quand il fera un peu froid , vous le ver- ferez dans un pot, que vous couvrirez bien, & le confervcrez au befoin. Quand vous voudrez vous en fervir,*vous en mettrez une portion fur une affiete : vous la ferez bien chauffer : en frotterez chaude- ment la partie malade, & l'enveloperez d'un linge bien chaud. Autre Recepte. Prenez du baume de Peru une once , d'eau de vie rectifiée 2. onces, huile de lau- rier 3. onces. Mêlez le tout enfemble, de ce liniment bien chaud vous oindrez la partie malade 3. ou 4. fois le jour, l'envelopant fort chaudemenr. Recepte contre la Paralifie imparfaite , rem* pes & ftupeurs des membres. IL arrive fouvent qu'on a certains mem- bres du corps engourdis, & qu'on perd prcfque le fentiment, fans pourtant perdre le mouvement : & mêmes quelquefois le mouvement & le fcntiment font notable- ment diminuez fans douleur; on appelle ci frj4 Recueil de Receptes: mal ftupeur j or le remède fuivant y eft ex^ cellent. Prenez des limaces ou limaçons rouges, une affez bonne quantité , mettez-les dans une ferviette , & couvrez - les avec une%af- ïez bonne quantité de fei médiocrement pulverifé, que deux perfonnes tiennent cha- cune deux bouts de la ferviette en remuant pendant une heure les limaçons, & le fei dans la ferviette ; après joignez enfemble les quatre coins ou boucs de la ferviette. Pen- dez cette ferviette ainfi jointe en quelque lieu propre, & mettez au-deffous une ccucl- le ou un autre vafe convenable pour recevoir la liqueur qui en découlera, & avec cette liqueur vous frorerez chaudement les par- ties entreprifes, & engourdies foir & matin, comme auffi l'épine du dos , dépuis le col jufques à l'os appelle facrum, voifin du fon- dement. Autre. Prenez une bonne quantité de fleurs de romatiu fraîches & récentes. Rempliffcz- en une bouteille de verre qui aye l'orifice un peu large: mettez cette bouteille dans le fa- ble & dans une cave ; laiffez- les l'efpace de trois mois. Enfuite retitez la bouteille : vui- dez-la , & mettez en prcffe lefdites fleurs poj*r tirer l'huile qui en diftillera , oignez Première 'Partie. 155 Chaudement avec cette huile les parties af- fectées , & parnculieremerft la nuque du col, & toutes les vertèbres'le long de l'é- pine du dos,continuant ainfi un long efpace de temps, tous les foirs à l'entrée du lit, & tous les matins deux heures avant que fe \e$ ver. Ce remède eft aufli fort bon contre les douleurs froides , & contre les goûtes. Recepte pour ceux qui ont perdu tefprit, pourveu que ce ne foit de race. PRenez trois poignées de lierre de celuy qui rempe par terre : mettez - les dans un pot neuf, avec un carton du meilleur vin blanc i faites - les bouillir pendant cinq ou fix heures à petit feu, le remuant par trois fois avec une cuillère, & faites toujours bouillir jufqu'à ce que tout ne revienne qu'à la moitié d'une turquete, ou un peu davan- tage. Après pilez tout dans un mortier pen- pant long temps, & remettez - le dans le pot avec fix onces d'huile d'olive , & mêlez bien tout enfemblc jufqu'à ce qu'ils foient parfaitement incorporez pour l'ufage fui-- vaut. Faites tondre le poil du malade deux tra- vers de doigt tout à l'cntour dû front:en- fuite trempez vos doigts dans le jus ou fuc des matières contenues dans le pot, ôc fwç tjc* Recueil de Receptes. tez- en le front du malade pendant un quart d'heure. Après prenez la cinquième partie du marc qui refte dans le pot, mettez • la entre deux linges , Si faites - en un bandeau qui.couvre la partie tondue , le front & les temples: continuez cette onétion , & cette application durant cinq fois , commençant le foir, puis le matin ,. après le foir fuivanr, enfuite le lendemain au matin ; enfin le loir encore, jufques à ce que les cinq parties du remède foient achevées. Notez que durant ce temps il ne faut ny fâcher ny contraindre le malade ; le noi;rri£ fant avec des bouillons de poulets, de veau, ou de mouton, J&ecepte contre le Rhcumatlfine. Cette Recep- te conftfie en une potion & une onftioti pri-' fis toutes deux d'une même manière corn» me il s'enfuit. PRenez 5. ou 6. poignées de melifle feuil- les & fleurs : faites - les tremper pen- dant une nuit dans une quantité fuffifante devin rouge du meilleur .-Après diftillcz ces feuilles & ces fleurs à petit feu dans un «lambic propre , & confervez foigneufe- ment la liqueur difUllée pour les ufages fui- vans. Prenez de cette liqueur la quantité d'uge pleine coquille d'eeuf : mêlez - la avec dc^ 'Première Partie. iy<; rfly verre de vin blanc _, ou de vin clairet,« donnez à boire cela au malade dés le matin à jeun. Après trempez un linge délié dans ladite liqueur , appliquez ce linge fur la partie malade; continuez ces deux remèdes ju£ ques à la guerifon. Notez que fi la partie dolente eft enflam- mée , ou que le malade ait la fièvre il faut s'abftenir de ces remèdes. Recepte contre la Teigne contagieufi , ou rafque. PRenez du fouffre & alum pulverifé deux onces de chacun ; de graiffe de pour- ceau trois onces. Mêlez tout cela en forme d'onguent , duquel vous froterez la tefte galeufe , l'ayant auparavant bien tondue ou razêe , pendant ttois jours une fois chaque jour. Recepte tontre la Teigne. PRenez de l'herbe appellée bouillon blanc , en Médecine tapfus barbatus : pillez-la dans un monter :picncz enfuite l'herbe & le jus : faites tiédir le tout dans un plat ou fur une affiette : étendez - le fur du • linge , Si. appliquez - le fur la tête du Tei- gneux , changez matin Si foir l'apareilî cor» jtinuez cela durant quelques jours. Notez qu'ayant l'application , il fa.u# i$î Recueil de Receptefi ■voir tondu ou rafé le poil de la tête teïgs neufe, & qu'il la faut tenir le plus nette- ment qu'on pourra. Recepte contre les pous de la tête. LA plufpart des enfans, & particulière- ment des pauvres, font fort fujets à cette forte de vermine : on peut les en déli- vrer comme il s'enfuit. Il les faut purger avec le firop rofat, compofé avec le fêné & l'agaric, vous les trouverez chez les Apoti- caires, en donnant jufques à deux onces plus ou moins à proportion de l'âge. Enfuite prenez de la coque de levant, vous la trouverez chez les Apoticaires, met- tez-en en poudre autant qu'il en faut .-vous la parfemerez fur la tête, Se l'y laifferez vingt - quatre heures durant, fans décoëffcr l'enfant. Autre pour les plus robuftes. Après les avoir purgez avec quelqu'un des remèdes contenus dans la féconde par- tie du Livre. Prenez fain- doux , neuf onces; argent vif, deux onces : mêlez le tout bien ensem- ble en forme d'onguent que vous applique- rez fur la tête avec du papier bleu ou autre; ce remède eft dangereux pour les petits en- fans , & pour ceux qui ont le cerveau foiblç jk çatarreux. ^Première Partie* Ij5> Cet onguent eft encore meilleur contre les punaifes : i\ en faut frotter les endroits du bois des lits où elles nichent le plus ; Se comme cela confume beaucoup dudit on- guent , vous n'avez qu'à doubler ou tribler la dofe du fain - doux Sç, du mercure ou ar- gent vif. Recepte pour confirver le vifage lors quen a la petite vérole , ou picote. PRenez du meilleur fafran, faites -le fei- çher, & diffolvez- le avec de l'eau rofê, ou de plantain, ou de toutes les deux en- femblé, faites - luy feulement perdre la froi- deur, & frotez - en le tour des yeux* Ejifuite prenez un plein plat de crème dé lait ; faites - luy prendre un bouillon ; après de la groffeur d'une noix de la croye ^ de Briançon pulverifée: mettez.- la dans ce crème , & faites tout bouillir enfemble , " jufques à ce qu'il n'en refte que Je quart ; frottez-en avec une plume tous les grains de picote que vous verrez blancs, le plus fouvent que vous pourrez pendant feize heures. Après prenez le gros os du membre ou gigot de mouton cuit , mettez-le fur les claibons,& de la mcële qui en fortira , trottez - en le vifage avec une plume jufquss à, ce qu'il foit ioat croûte. ï6o Recueil de Receptes. Enfin ayez du lard de trois ans s'il s'en trouve, ou du plus vieux que l'on trouve- ra ; ôrez- en la coiïcne, le jaune , & tout ce qui s'y trouvera de rancy ; Menez le plus beau à tremper dans l'eau de rivière , pendant trois jours, changeanr l'eau de trois en trois heures : Enfuite mettez - le dans un pot verny, & faites - le bouillir & cuire juf- ques à ce qu'il foit tout pourry \ Paffez - le dans une toile neuve & déliée, lavez-le avec de l'eau claire jufques à ce que la po- made devienne bien blanche 5 & après la- vez - la. une fois avec de l'eau rofe ou de plantin. Mettez cette pomade dans un por, & vous en oindrez le vifage foir & majin , continuant jufqu'à ce que les croûtes foient toutes tombées. Cette Recepte eft cxcel- lentey Autre très - affurêe. 11 faut tirer tous les jours d'huile d'amen- des douces fans feu , Se en frotter les grains de vérole avec une plume, à mefure qu'ils fortent, pendant neuf on dix jours de luire. Apres ayez de l'orge commun , faites- le bouillir jufqu'à ce qu'il foit tout crevaffé ; coulez & laiffez repofer ce qui fera coulé , c'eft à dire la liqueur coulée ; après jettcz ce qui fe trouve deffus qui eft le plus clair * & mêlez le plus épais avec l'huile d'amen* Première Partie, xsi des douces tant d'un que d'autre : broyez- les bien enfemble & en frottez le vifage jufqu'à ce que les croûtes foient tombées , & qu'il n'y refte rien du tout. Cette Re* cepte a été fort fouvent éprouyéè avec grand fuccez. Recepte pour oter les yeftlges, que la petite >erole a laiffè fur le vifage, PRenez de lait d'Aneffe autant que vous jugetez à propos ( celuy qui eft fraîche- ment extrait de la mamelle eft le meilleur ) lavez - en le vifage quatre ou cinq fois le jour principalement le matin & le foir. Recepte pour oter les marques ou taches de naiffance du yifage aux enfans, LEs enfans apportent quelquefois cer- taines taches ou marques du fein de leurs mères imprimées fur le vifage, ou au- tres parties du corps qui les rendent diffor- mes, & qui peuvent mêmes incommodée quelques fonclions pour les leur ôter, fer^ vez - vous du remède fuivant. Prenez une once ou davantage de racine» de bourrache , ôtcz - en le cœur , c'eft une certaine corde ou filet qui fe trouve au mi- lieu : faites - le tremper dans du vinaigre ro- fat du plus fort, baffinez-en fouvent les marques avec une petite éponge que vous y tiendrez mouillçe autant qu'il fe pourra , Se, l6l Recueil de R ceptes, toujours s'il fe peut pendant quelque efpa- ce de temps ; ces marques, ou enleveures, s*évanouiront peu à peu par fucceflion de temps. Autre Recepte contre la petite yejrole, SI - tôt qu'on reconnoît que c'eft la peti- te vérole » ou picote, il faut avoir de l'huile de fcorpions, qui foit faite, s'il fe peut, fuivant la defcription de Matheol, Se qu'on vend chez les Apoticaires , car c'eft le meilleur : frottez- en te dedans des mains, la plante des pieds, la région du cœur, le deffus des aiffelles , & les aynes. Ce remè- de fait beaucoup fuer , Si par confequent faifant fortir l'humeur , empêche de n'avoir pas beaucoup de grains de vérole. Et pour empêcher de n'être pas fort mar- qué de la petite vérole, & même qu'elle ne forte au vifage, du moins en abondance. Dés que l'on s'apperçoit de ce mal, il faut avoir du lait frais, c'eft à dire nouvellement tiré de la mamelle de brebis, de vache, d'?ï neffe ou de femme il n'importe ; le laiffer repofer quelque tems après : prenez la crè- me que vous verrez deffus , appliquez - la fur le vifage avec une plume, continuant fouvent. Première Partie*. i6^ accepte contre les hémorroïdes Internes ou Externes , foit quelles fiuent , foit quelles ne fluent pas. PRenez de l'herbe qui s'appelle Trique- *■ madame, c'eft la Semperviva minor mâ- le, 8c du beurre frais, pilez-les enfemblc daus un mortier, & appliquez . les enfuite fur le mal, deux ou trois fois le jour. Autres Drogues. Huile d'olive , demy livres Fleurs de fur eau , deux ou tnis poi- gnées. Prc- Les bouts les plus tendres de fureau une poignée. Semperviya major, une poignée. Se "perviva minor, une poignée. Beurre frais , demyliyre. nez Préparation. FAitez infufer les fleurs de fureau dans l'huile, au Soleil pendant douze ou quinze jours , dans la failon de ces fleurs, & gardez-cette huile. Prenez les bouts ou fommitez de fureau , la fcmperviya major, & la minor, pilez les *^4 %jcueil de Receptes* "cnfemble dans un mortier de marbre, & avec un linge tirez - en le fuc par exprefîicn, & gardez - le. Cela fait. quand vous voudrez compo- ser la Recepte, prenez du beurre frais, de Cette huile , dece fuc à proportion de l'un & de l'autre : broyez*les enfemble peu à peu & à diverfes reprifes, jufqu'à ce que l'on- guent ait acquis fa confiftancej duquel vous vous fèrvirez dans le befoin. Notez qu'il ne faut jamais fe fervir de feu, ny en compolant ny en appliquant cet onguent. Autre. Prenez de la racine Scrofularia major ", nettoyez-la bien , concaffez-la dans un mortier de marbre i Enfuite prenez autant de beurre frais, mêlez -les bien enfemble ; faites - en comme une pâte que vous garde- rez dans un pot bien couvert en un lieu fort humide pendant quinze jours. Après vous la ferez fondre à petit feu, & la paffcrez avec un linge pour vous en fervir en tems & lieu. Notez que lors qu'il y aura danger que les hémorroïdes ne fe chancrent,ou ne foient déjà chancrées , il faut avoir de la même ra* cine, la mettre en poudre , Si faire infufer une dragme de cette poudre, dans quatre 'Première Partie. itfj •flces d eau de chardon bénit pendant une nuit, & prendre l'eau & la poudre le matin à jeun , continuant pendant douze ou quin- ze jours. *Autre. Prenez de la feuille de fureau: faites'-la tremper dans l'huile d'olive, & enfuite fai- tes - en des fuppofitoites. Autre. Prenez une dragme de fcl de plomb, au? trement appelle fei ou fucre de faturne, fai- tes - les infufer dans un demy carton d'eau diftillée de fleurs de mauves ou de leur dé- coction, baffinez- en vos hcmorroides fans les faire chauffer. Recepte lors que le fiege fort aux enfans.^ LE relâchement du fiege , c'eft à dire de l'extrémité du boyeau appelle reUum , eft un mal fort familier aux enfans ; & il ar- rive quelquefois aux adultes & toujours avec douleur. Vous pouvez vous fervir pour tous du remède fuivant.* Prenez du gencft de celuy qu'on fait les balais : coupez - le en petits morceaux, que vows ferez brûler fur des charbons : fituez l'enfant de telle forte que fon fiege ou fon- dement , puiffe recevoir fans incommodité* la fumée qui s'en élèvera ; continuant plu* fieurs fois, il guérira : il faut réduire douce- 166 Recueil de Receptes* ment l'extrémité du boyau avant que de re* cevoir ce parfum avec un linge engraifféde beurre frais, ou d'huile d'olive. Recepte contre la douleur des Goûtes. Ty Renez de feuilles de lierre ; contufez* ** les, fi vous voulez , Si appliquez - les fur l'endroit de la douleur. Pour fi preferver de ce mal. Prenez une goufïe d'ail, nettoyez la bien, & avalez-la le matin durant tout le déclin de la Lune. Recepte contre les hernies caufées far les eaux ou far les yents. IL arrive fouvent que le ferotum ou bour- ce des enfans , & même des perfonnes adultes devient extraordinairement tuméfié par un amas qui s'y fait des eaux ou des vents, ou de tous les deux enfemble. On a veu fur ce fujet des miracles du cataplafme fuivant appliqué fur la partie. Drogues. 1 Farine de fèves y trois onces. \ Farine de lupins , deux onces. Fleurs de camemille , une fincèe* Rofes rouges fiches , une fincée. Miel ejr eau far égales fortions au* tant qu il en faut. Huile de laurier, trois onces* Pre- nez. Première Partie. \6f Préparation. FAites cuire les farines Se. les fleurs dans l'eau, Si le miel mis par égales portions jufqu'à la confiftance de bouillie ; Ajoutez enfuite l'huile de laurier : étendez cette ma- tière fur du lingue, & appliquez - la chau- dement fur la partie trois ou quatre fois le jour. Notez que fi vous n'avez pas d'hujle de laurier, il faut prendre de feuilles ou des bayes, les concaffer, les faire cuire avec d'huile d'olive, couler cela avec expreflidn, & fe fervir de cette huile. Recefte contre les légères piqueures des parties nerveufes. IL peut arriver quelquefois qu'on fera pi- qué en quelque partie nerveule par une épingle , une éguille , ou par quelque épine* d'où il s'enfuit une douleur affez fâcheufe : Pour l'appaifer. Il n'eft rien de meilleur que cet excr*» ment jaunâtre, qui s'engendre naturelle- ment dans les oreilles : il le faut tirer pat l'introduétion du petit doigt, ou de quel- qu'autre^ chofe , & l'appliquer fur la partie piquée : continuant cette application de tems en tems r£% Recueil de Recepte si Manière de préparer l huile de Cerfi PRenez deux livres de bois de Guajac , Si une livre de bois de buis , ou bien autant qu'ils vous plaira, pourveu qu'il y ait toujours deux parties de Guajac, & une de buis : coupez ces deux bois par petits morceaux ou coupeaux , comme on en peut avoir chez ceux qui font les boules de mail ou les peignes. Il faut que les coupcaux de buis foient bien fecs, cï pour les bien fecher" on les met dans un pot ou terrine , & enfuite dans un four après qu'on a tiré le pain. Enfuite vous mettrez ces bois dans une cornue , & les diftillcrez à feu médiocre au commencement, augmentant après le feu peu à peu,jufques qu'enfin le charbon mon- te jufqu'au deffus de la cornue, ce qui s'ap- pelle feu de fupptefîion ou de réverbère. Il faut que la cornue foit de verre & bien lu- tée , c'eft à dire garnie par dehors de terre, où elle doit être de grez , en la mettant fur le feu , il y faut joindre & adapter un Réci- pient, de verre qui foit très - gros, de ceuz qu'on appelle balons , Se le bien luter, pour y recevoir les huiles & les efprits. Si vous defireZ que vôtre huile foir de bonne odeur, vous mêlerez avec les bois une poignée de graines, ou bayes de Genevre ieches; Q^uand 'Première Partie) iSo Quand la diftiilation fera faite5 il faut laiffer refroidir les vaiffeaux avant que de les détacher l'un de l'autre. En les dérachant vous trouverez une ma- tière qui fera fort liquide ou une huile, dont une partie furnagera, & l'autre ira à fond : La feparation fe faft avec un entonnoir de verre ; afin de la mieux voir, il faut mettre le doigt au petit trou de l'entonnoir, verfer l'huile dedans, Se y tenir toujours le doigt, jufqu'à ce que l'huile pefante foit toute tom- bée à fond, Si que la légère refte au deffus; ce que l'on connoît facilement à travers le verre. Quand l'huile pefante fera toute à fcftd, lâchez le doigt jufqu'à ce qu'elle foit teirs bée dans une fiole ; après vous remettiez le doigt au trou de l'entonnoir i Se verfez en- fuite l'autre partie de l'huile qui eft la légère dans une autre fiole, Se confervcrez ainfj ces deux huiles à part l'un de l'autre. Ses proprietez.. L'huile pefante eft admirable pour la gârt- grenc, pour les dartres , pour les vieilles ul« cercs. Elle nettoyé & mondifie les chairs pourries Si corrompues en coupant le plus qu'on pourra de la chair morte, & appli- quant l'huile fur la playe. L'tfprit ou l'huile legere fert centre les K 170 Recueil de 'Rjceftes. hemorroides, les inflammations , les tu- meurs, les gangrenés > Se les vieilles ulcè- res , les en lavant avant d'y appliquer l'hui- le pefante. Cet efprit eft encore bon dans les accii dens épilept'iquès ou le niai caduc, donné par goûtes avec du vin blanc ou de bouil- lon j on en peut donner de quatre à huit goûtes, plus ou moins, félon l'âge & la for- ce des malades, & félon la grandeur de l'ac- cident. Il guérit toutes dattres vives en frottant la dartre de l'huile , feulement deux jours à fuite. Puis laiffant le mal tout noir jufqu'à ce qu'une pellicule en foit feparée, & pour la rougeur qui vient enfuite à la peau, elle paffe en peu de jours. Recepte pour emfecher les verrues, & les poyreaux, foit au vifage ou aux autres i parties. PRenez de l'herbe appellée Verrucaria grande ou petite ( car il y en a des ces deux efpeccs ) c'eft à dire la feuille avec la graine, ou la feuille avec la fleur, concaffez- la dans un mortier Se exprimez- en le fuc. Après égratignez fuperficiellcment avec les ongles ou autremenr, les verrues ou pou- reaux j Se appliquez deffus de ce fuc, ou du f uc avec le marc , fut tout la nuit fi c'eft au Première Partie. ïjt vifage,& continuez pendant quelques jours, quatre ou cinq fois le jour. Autre Recepte très -Jouyeraine pour guérir les yerrués , tirée de Vanhelwont. PRenez une pomme : coupez - la en deux moitiez égales : frottez la verrue avec la pulpe interne de cette pomme jufqu'à ce qu'elle viendra comme tiede, par le mou- vement de la friétion, c'eft à dire afflz long tems. Enfuite enfilez enfemble ces deux moitiez de pomme, & confervez - les dans un lieu bien fermé, que ny rat, ny pourceau, ny aucun autre animal ne les puiffe manger ; dés - aufli - tôt qu'elles comj menceront à guérir , Se quand elles feront tout à fait pourries, les verrues feront auffi tout à fait guéries; Que fi avant que d'être pourries quelque animal les mangeoit, les verrues ne gueriroient pas. La 'Pierre Médicinale très-propre contre quelques maladies externes. Drogues. Alum, i. /. & demf* Couperose , une livre. Sel de y erre % A. onces* Hii Ï7* Recueil de Rtceptei; Vitriol romain , 4. onces; <£el blanc commun , deux grojjes po* gnées. Bol, i* onces* Vinaigre, prefque une feuilleté* Préparation. MEttez tout cela dans un pot de terré neuf& plombé, c'eft àdire.verny ; laiffez infufer l'efpace feulement d'un demy quart d'heure. Après faites - le cuire avec un grand feu de charbon Se non pas de bois: vous le laifferez ainfi cuire jufqu'à ce que tout foit réduit en pierre. Il ne faut jamais abandonner ces matières tant qu'elles font fur le feu ; mais il les faut toujours bien re- muer avec un bâton. Ce remède eft fort propre pour toute forJ te d'ulcères, particulièrement des jambes - contre toute forte de gale, la teigne, la gan- grené -, & eft fouverain contre les écrouëU les. Il le faut mettre en poudre fubtile dont vous afpergerez le mal, ou le mê- lerez avec les onguents propres à ces maux, dont vous avez la defcription cy- devauc. "Première 'Partie, *73 Recepte contre la 'Pleurefic* Drogues. 1 Beurre vieux, fix onces. Suc d'orties, cinq onces* pre- j Onguent d'althaa , fix onces, nez. • Pondre de fuz.il bien fine , fix onces, 1 Semence de cumin , une once. Semence de roqué te, une once+ Préparation. F Aires fondre le beurre ; étant fondu ajoutez - y le fuc d'orties , duquel vous mettrez un peu plus que la doze , afin que le tout étant coulé , il revienne à la doze ré- gulière : laiffez le fuc fur le feu l'efpace d'un mifirere à dire , pour luy laiffer confumer fon humidité ; enfuite retirez - le du feu , Se mêlez- y l'onguent Althée, & puis les pou- dres , en remuant inceffamment avec une fpatule de bois, afin de l'incorporer égale- ment & infenfiblement jufques à ce que tout art acquis la vraye confiftance d'onguent. Il faut que les femences foient bien pulve- rifées, Si les mêler enfemble avec la poudre fie fuzil» Hiij I74 Recueil de Receptes, Il faut bien froter la partie du côté do- lent avec de l'eau de vie la plus forte, & la plus rafinée qu'on pourra trouver, pour fai- re ouvrir les Pores. Après il faut prendre de cet onguent de la groffeur d'une noifet- te, l'étendre fur une feuille de chou rouge , ou à fon dcffaut fur une verte fricaffée avec du beurre vieux ; l'appliquer fur le côté , Se couvrirlc tout de quelque drap ou linge dou- blerai! ffî chaudement que le malade }e pour- ra fouffrir. Si la douleur ne paffe pas dans quatre heures-, il faut réitérer l'application de ce remède. • v\uc fi l'onguent chaffe la douleur d'un côté à l'autre > comme il peut arriver quel- quefois : 11 faut pourfuivre la douleur & ap- pliquer le remède là où elle fera , ayant fait auparavant fonction avec l'efprit de vin , comme nous avons dit. Notez que cette Recepte eft beaucoup meilleure contre la pleurtfie fauffe, que contre la vraye , & qu'elle eft très • fbuve- nine contre la douleur du côté caufée par les vents. Recepte contre les Eryfipelles. PRenez quatre onces d'cfprit de vin rec- tifié , Se demy once de camfre ; faites diffoudre le camfre dans l'efprit de vin , fai- tes - leur perdre un peu la froideur, enfuite 'Première 'Partie. «75 trempez dans cette liqueur des linges fins , que vous appliquerez fur la partie malade 5 Ze renouvellerez cette application, à mcfurc que les linges fecheront. Emplâtre merveilleux pour les Vlceres* Drogues, fre- nez, Huile d'olive, Graifte de mouton, Lytarge d'or, Refîne de pin, Sang de dragon, Verd de gris 9 Vinaigre , Cire, demy Hv* demy liy, demy liv. demy liy. demy liv. deux dragmes. trois onces. deux onces. Préparation, De toutes ces chofes il faut former une maffe d'emplâtre fuivant la méthode que nous avons donnée cy , deffus, & vous y®us en fervirez au befojn. H" *7<5 Tfjcueil de Receptes* Emplâtre fouverain pour le mal de Matrice, D ROGUES, ! Galbanum , une once* prc- i Affa fœtida , demy once. nez. j De la Poix , demy once. J Thcrebentine de Vcnlfe ce qu'il faut. Préparation. Pour former un emplâtte de la maffe du- quel vous prendrez ce qui fera ncccffaire pour en former un emplâtre de la grandeur d'un écu blanc , étendu fur de laude ou ba- zane, & vous appliquerez ce petit emplâtre furie nombril. Onguent excellent pour la gale. Préparation. Beurre frais, Huile rofat, Pre- Vinaigre fort, nez. * Cereuzx, j tiAlum brûlé , I1 Sublimé, Blancs d'oeufs , 6. onces. 4. onces* 4. onces. 4. onces. 2. dragmes* 2. dragme si 2. en nombre* 'Première 'Partie*] Vjf Préparation. MElez tout cela enfemble dans un mortier de fonte , en forme d'on- guent. Il faut fe graiffer les mains de cet on- guent , & enfuite tout le corps, chaque foir avant que de fe coucher, continuant feulement pendant trois nuits. Notez qu'il faut avoir été faigne^& pur- gé avant que d'ufer de ce remède , & même s'il fe peut, avoir pris quelques bouillons rafraîchiffans. * . -.V Eau rare contre la douleur des yeux, inflam m mations lacrimales* j Drogues. Vin blanc du meilleur, trois feuilletés; Eau de refe blanche. Eau dechelidoine.demi liv.de chacune* Pre. f Eau de fenouil. nez. E*u d'eufrafie, j Eau de rué Tuthie préparée, comme il s'enfuit i 4. onces. ['Geroflst j.- once* H Y *7? Recueil de Receptes. Sucre candi, 3. dragfmt; Aloès, a. dragmes* Camfre, I, dragmt* Préparation. POur bien préparer la tuthie', il la faut mettre dans un crufbi, & la faire chauf- fer cinq ou fix fois ; à chaque fois il la faut e'teindrc dans un peu d'eau rofe , ou de vin fclanc, & jetter l'eau ou le vin où vous l'au- rez, lavée. Après il la faut bienpulverifer, & auffi toutes les autres drogues : Enfuite mettez toutes ces poudres avec le vin, & les eaux cy - deffus mentionnées dans un vafe de verre que vous fermerez fi bien qu'il ne refpire pas, & l'expoferez au Soleil l'efpa* ce de quarante jours. Après coulez cette liqueur & gardez-la pour le befoin. II en faut mettre de temps en temps une feule goûte dans l'œil, avec une plume ou un peu de coton, & tenir un peu de temps f œil fermé afin que l'eau puilTe pénétrer par tout, & vous en verrez un effet admirable. Eau excellente pour confumer les taches & ongles des yeux. PRenez de chaux vive, éteignez - la avec de l'eau de fontaine, filtrez cette eau avec le papier, gris ; Ap es mettez-la dans un vaiffeau de cuivre ou d'airain, y mêlant ^Première Partie. 179 ton peu del'armoniac ; Laiffez- y tout intu- fcr pendant une nuit : cette eau acquiert une couleur bleu-celefte. Pour s'en fervir, il en faut mettre une goûte avec du coton ou une plume, dans les yeux ulcérez , chancrez , & occupez de ta- ches ou ongles. Recepte contre la demangeaifin importune des 'Paupières. Prenez une once & demy dé vin blanc", autant d'eau rofe, & une dragme d'aloës hé- patique pulverifé : Mêlez bien tout cela en- femble , & trempant des petits linges fins dans cette liqueur, vous les appliquerez fur les yeux. Autre Recepte, Prenez un œuf frais du jour même, faï* tes*le cuire jufqu'à ce qu'il foit durci? ôtez - en le jaune : broyez le blanc dans un mortier de marbre bien net, avec vingt grains de vitriol blanc : après ajoutez-y qua- tre onces d'eau rofe , ou de plantin-: coulez cela à travers un linge blanc , Se refervez cette eau pour le befoin. > Prenez quelques goûtes de cette eau , Se mettez-les dans les yeux, ou' autourdes paupières avec du coton ou du linge fin , à diverfes heures du jour. Hvj l?o Recueil de Receptes. Recepte contre les accès defiétre. Prenez deux coines ou coiiances de lard de trois travers de doigt de large, & de tel- le longueur qu'elles puiffent entourer le col du bras ; raclez - les de telle façon que tout le gros foit ôté, qu'il ne refte que le fimple cuir ; mettez i les tremper dans du vinaigre bien fort, pendant deux ou trois jours;aprés couvrez - les toutes autant qu'il fe pourra avec du fafran pulverifé , Se appliquez - les autour du col du bras , à l'endroit du bâte- ment de l'artère, les y laiffant pendant tout l'accès. t Baume excellent pont Us Playesl Drogues. 1 Huile dhypericom , demy liy'. \ Therebentme de Venife, derfty l. \ Gomme Elemy , 4« onces. \ Iris de Florence. ^te' I Aloés deux onces de chacun* ncz* I Maftie. . Storax. ) Myrrhe. Sang de dra± Eau de vie, dragon* t. onces de chacun; Préparation. Aites fondre la goinms avec l'huile & la therebentine, détrempez cependant iç Première Partie. l8r fang de dragon , & le refte avec l'eau de vie. Après mêlez tout cela enfemble, & faites-le •cuire à feulent, ou bien pendant les gran- des chaleurs de l'Efté , expofez-les aux rayons du Soleil pendant un mois. Quand vous vous fervirez de ce baume appliquez - le chaudement fur les playes. \f ■ i- S—wmmmqa———■ ■ .; *tj Recepte contre la douleur des dents. Drogues. IDe la poix navale, ou de barque i 2. onces. 1 Gomme demi, i. once. Sagapemm , demy once* Galbanum, demy once. Sang de dragon , 2. dragmes. Opium, 2* dragmes. ; t Thtrebentine, i, drag. & demy* PREPARAT! ON. MElez tout cela, le faifant fondre furie feu pour en faite une maffe d'implâ* tte, félon l'art. Prenez ce qu'il faudra de cette maffcrout en former deux ou trois petits emplâtres, de la forme d'un denier que vous appliquerez fur les temples & derrière l'oreille du côté que la dent fait mal.. ï8î Recueil do Reeeplesî Eau Cantagmatique propre à faire exfolier les os cariez,. Prenez des racines d'ariftoloche ronde &• longue, gentiane, cyperus, iris de Floren- ce, une once de chacune, Calamus aroma- ticus, & canelle demi once de chacun,doux de gerofîe le poids de deux écus d'or, con- caflez le tout, & le rompez en petits mor- ceaux , faites - le infufer dans quatre livres d'eau de vie, au Soleil ou proche du feu , durant quelques jours ; coulez cette eau ,& la gardez dans une fiole bien bouchée pour vous en fervir 9 l'on trempe des plumaceaux que Ton imbibe de cette eau, & on l'appli- quefur l'os carié,les changeant deux ou trois fois le jour. Recepte contre la teigne, appellée Rafque* PRenez un gros crapaut : mettez - le dans un pot de terre verni, l'y laiffez pen* dant Vingt - quatre heures, bien bouché ; Après ayez un autre pot, tout preft , pref- que plein d'huile bouillante, jettez ce craà paut dedans, lùtez bien le pot, & faites - le bouillir à petit feu jufqu'à ce que vous con- noîtrez que le crapaut foit confumé, Si tout bnfè : coulez cette huile , de laquelle vous oindrez la tête teigneufe chaudement,ayant auparavant coupé le poil : après il faut cou- vrir la tête avec un bonnet de yçffie de pour; ceau. 'Première 'Partie. ï§j Recepte contre les Ecrouélles. Drogues. 1 Eau rofe, deux onces* Pre- • Sublimé en foudre, demy once. nez. 1 Gomme tr-agaçant, deux dragmes. £ Farine d'orge ce qu'il faut* Préparation. FAites infufer la gomme avec l'Eau rofe ; après mêlez - y le fublimé pulverifé , Se en faites comme une pâte dont vous forme- rez de trochifes que vous enfarinerez avec un peu de farine d'orge.-vous le ferez fecher, Si le conferverez pour le befoin. Si les Ecroùclles font ouvertes, il faut mettre un des trochjfes dans la playe : que fi elles ne font pas ouvertes , il les faut ou- vrir avec un cauftique, Se mettre enfuite le torchife : après ferrez bien la partie avec une bande & une compreffe.Changez le torchi- fe foir Se matin ; Si lors que vous le tirerez, il faut que ce foit avec des pincettes de Bois, & non pas avec les doigts ny le fer. Vous continuerez ce remède jufqu'à ce que la racine du mal foit emportée: Ce que vous connoîtrez , quand vous verrez dans la playe, comme un petit filet, ou comme une goûte d'eau naiffarite. Apres cela vous traiterez le rnal,avec l'cm- ï&4 • Recueil de Receptes: plâtre fuivant jufqu'à une entière guerifoftj. Drogues de l'Emplâtre- 1 Huile d'olive , 4. onces* Cereu*{c en foudre , z. onces, Refîne, 10. dragmes^,. n^* *3 Emplâtre de Diachilon, demi once; J Oïr* jaune, de tems, en remuant toujours avec une fpa- tule de bois: Après ajoutez-y tout le refte coupé à petits morceaux ; continuant tou- jours de les faire bouillir à petit feu , & le remuer jufqu'à ce que tout foit parfaitement cuit : ce que vous connoîtrez lors que cette matière étant trempée dans l'eau n'adhérera point aux doigts , te en formerez une maffe d'emplâtte. / De cette maffe formez des Emplâtres fur du cuir, ou au linge, que vous appliquerez fur la playe une fois le jour, lavant la playe; toutes les fois, avec du vin tiède* Ein de la Première Partie* iSc . $\r% r%r%r%r%&r% r%r% r% &. RECUEIL DE RECEPTES- SECONDE PARTIE. Des cB ravant, faites - les diftillcr de nouveau à pe- tit feu , dans le m-hne vaiirTeau ou alambic } mettez l'eau qui en proviendra dans une bouteille de verre, ou dans deux bien fer- mées : Expofez ces bouteilles au Soleil l'ef- pace de quinze jours , ou de trois femaincsi Sk refervez -les pour le befoin. Eau de caffi purgative pour ceux qui ont mal de teins. PRenez de la moèle de caffe bien mondée une once; mettez-la le foir dans'un plat : prenez enfuite une feuilleté d'eau : fai- tes ^la bouillir avec un pe i deregliffe , jufc. qu'à ce qu'elle fe reduife à un peu moins de turquete: jettcz.cette eau t >ute bouillante par deffus ladite caffe , couvrez bien le plat, Coulez - la le matin & l'avale*. Hp——.—.1 i j, -' ' * ""*#-"""^—■■» -' " Sirop de y te excellent contre plufcttrs maux, comme vous y errez, cy - après. Drogues. IDes eaux de bugloffe, de bourrache de chardon beny, de Pavot rou- 1 Seconde Partie* j$$ ge, ou Rouële, entre toutes mêlées enfemble , trois feuilletés. Pre- 1 E™ rofe , trois feuilletée nez. t Canote bien battue, 6. onces. I tAngelique , 3, 0WM-. J DtSlane blanc , fonces. • MalvoiÇte,ou y in blanc,trois feuilletés: \ Sucre fin ou de Madère , une liy, Prepa Ration. ÎL faut bien éplucher le Diclane & l'An- gélique, Si les couper à petits mor- ceaux , après il les faut mettre dans une grande cruche avec la canele concaflee , Se toutes les eaux Se le vin où elles tremperont pendant ving t quatre heures : Puis vous fe- rez diftiller tout cela au bain marie, dont il fortira trois ou quatre demi quartons de li- queur. Prenez un demi quarton de cette liqueur, dans laquelle vous ferez diffoudre à feu lent la livre de fucre, la ferez enfuite bouillit un peu, pour luy donner une petite & lé- gère confiftance de Sirop t qui fera clair comme de l'eau , & fort agréable au goâr. Notez primo , qu'il faut que cette diftil- lation foit fi douce Se fi lente, qu'il fauc qu'elle dure huit jours. Notez fecundo > qu'il faut tenir ce Sirop ïpo Recueil de Receptes. bien bouché, Se il durera long tems. Il en faut prendre une cuillerée matin Se foir. Il eft excellent contre toute morfondure, catharre , vieille toux i contre les pafïions du cceur, & du cerveau, pameifon, fuffo- cations, venin, contagion, pefte, poudre, petite vérole , rougeole. Contre la litargiei pour faire heureufement accoucher les fem- mes , Se pour remettre en vigueur une per- fonne défaillante. KarafBBNHHHHNHHHB m Tisane purgative* Drogues. Serti enfermé dans un noiiel9 demi once. Regaliffe mondée, deux fctits bâtons* Pre* " Chicorée fauvage , deux ou trois ra- nez. cines. Fenouil viril, nue dragme. Racine de grains, deux drag* Rafures de cornes de cerf. Préparât i[o n. Nfermez dans un rouelles rafures d'i« voire & de corne de cerf, & fait" 1 Seconde Partie. ip bouillir le tout deux ou trois bouillons avec trois feuilletés d'eau commune : coulez • le, & prenez en un verre médiocre tous les matins, cela lâche doucement le ventreS Tyfane four lâcher fîmflement le ventre fans fe furger. PRenez une poignée Se demi ou deux de fcigle bien mondée , demi once de re- galiffe, deux pincées de pafferillei de Co- rinthe.- faites bouillir le tout dans un pot convenable, avec trois feuilletés d'eau , jufqu'à ce que la.fcigle foit toute creyaffée, rempliffant toujours le vafe à mefure qu'il diminuera , afin qu'il demeure toujours plein. Coulez cette eau : gardez - la dans une bouteille de verre pour le boire ordinai- re de la perfonne conftipée- Cette Recepte eft encore fort bonne con« tre l'hydropifie Se contre les hémorroïdes. Recefte contre l'Apoplexie. D'Abord que vous verrez une perfonne qu'elle foit attaquée de ce cruel & dangereux mal, il faut luy ouvrir les dents avec une cueillere, & luy remplir la bouche de gros fei ; cela fait, il la faut faigner tout à rheure,c'eft à dire au beau commencemenc & dans le premier moment ; car icy la dili- gence eft tout. Pés que le malade fent ce fcl 5 il jette ici 'Recueil de Receptes; quantité de pituite craffe, épaiffe & v'fqueu- fe, que le fei attire dans fa bouche, & qui éveille le malade* à caufe de l'Acrimonie du fei. Recepte contre le mal de tefte, provenant de caufe froide. Y Drogues- IBctoine, •^Marjolaine petite. Thym. r Romarin » une foignêe de chacune; PREPARAT ION. • IL faut faire fecher toutes ces herbes au^ Soleil, ou au four, fi la chofe preffe , après en avoir tiré le pain : Après reduifez- les en poudre fort fubtile & bien tamifée, de laquelle vous en mettrez foir Si matin dans les narrines ; elle eft bonne pour pur- ger le cerveau, & ainfi elle guérit le mal de tefte. Recefte contre la fur dite. ( A Yez un bâton de bois de frefue tout JljL verd & nouvellement coupé, qui foit affez long & affez gros ; mettez - le à brû- . 1er Seconde 'Partie* îpj 1er par le milieu à travers le feu , mettez en- fuite une affiette , ou autre vafe au deflbus des bouts dudit bâton pour recevoir l'eau qui en diftillcra, laquelle fervant comme jil s'enfuit. Trempez dans cette eau un peu de coi* ton , de forte qu'il en foit affez mouillé: Le foir en vous couchant mettez ce cotton dans l'oreille du malade un peu chaudemenv, Se l'y laiflez pendant la nuit continuant durant long-temps. tAutre. IL faut prendre une groffe anguille bien graffe , Técorcher, Se la bien larder avec ■du romarin j puis il la faut faire rôtir, Se mêler le fuc qui en forma , avec aurant d'efptit de vin , qui eft l'eau de vie raffinée, Se confervez cette mixture pour le bifoin. Il faut prendre de cette liqueur aii fi mê- lée avec une cueilficre d'argent, le for en le couchant la faire chauffer , Se avec le bouc du doigt en faire diftiller quelques goûtes dans l'oreille , & d'abord il faut boucher l'oreille avec du coton : Réitérez fouvei.t ce remède fuir Se matin, mais particulièrement le foir. Recefte facile antre la feiatique* AYcz de la bouze de vache telle quan- tité que vous voudrez j il la faut frir X Ï04 Recueil de Receftes* caffer avec du beurre , Se l'appliquer chau- dement fur la partie deux fois le jour. Cette Recepte eft auffi bonne contre les douleurs de la goûte , des vieilles playes & des ulcères. Recepte^ contre le bruit de tefte % le mal de cœur, & four rafraîchir* D R o g u e s. f Eau commune à boire , un carton & 1 demy. Pre- Racine de Patience , i2. onces, nez. Racine de Buglofe , 4. onces* 1 ReglîJTc coupée par morceaux , j i. once* Préparation. IL faut bien laver ces racines & les couper par rouëles, Si les mettre dans un co- quemar d'argent ou de grais avec l'eau com- mune , les faire bouillir jufques à la dimi- nution d'un tiers ; après vous jetterez de- dans la regliffe, Se retirerez le coquemac du feu i Laiffez infufer tout cela enfemble pendant toute la nuit : Le lendemain vous 1S courez. Seconde 'Parue. \$\ eu d'or fe trouve quand! elle fera tarmfée* Seconde 'Partie. ïtfj Faites - le prendre au malade avec du vin blanc» ou du clairet au défaut du blanc , le dernier jour de la Lune vieille, & le lende- main premier jour de la Lune , faites - luy en prendre une fèmblable prife. Autre recepte contre le même mal, & con* tre les yeftiges qui tendent à ce mal. PRenez telle quantité que vous voudrez de fleurs de muguet fauvage , ( c'eft une fleur fort petite, quafi toute ronde & blan- che , qui fent fort bon, & qui vient au Printemps dans les bois ) faites - les dif- tiller au Bain • Marie dans un alambic de _ verre , s'il fe peut, ou du moins qu'il foie bien étamé s'il eft de cuivre : U en faut tirer - l'eau & la conferver comme on fait l?eau rofe. Après dans la faifon, que les arbres de Tillier font fleuris, qui eft prefqu'au même temps , vous prendrez dc^fleurs feulement de cet .itbrc,fans y mêler rien de vert en telle quantité que vous voudrez : Vous le ferez diftiller au Bain-Marie , & confervcrez l'eau, de même que celle des fleurs de muguet. Vous conferverez ces deux eaux fepare-; ment chacune dans la fiole , Se bouchées , pour vous en fervir comme nous dirons. Notez qu'il faut renouveller toutes les années cette diftillation, parce que la vertu Xp8 Recueil de Reaepter* de ces eaux ne fe conferve pas davantage d'un an , après quoi elle ne fait point ou fort peu d'opération. Manière d'en'ufir. Prenez une cuillère de l'eau de Muguet, & une cuillère de l'eau de Tillier ; mêlez-les enfemble dans un verre, Se donnez - les au malade, le matin à jeun -, luy défendant de rien prendre de trois heures après. On en peut donner deux ou trois fois la femaine y f nvant que les accidens cpilepti- ques preffent le malade. Il faut donner tou- jours la même dofe, & garder le même ré- gime. Recepte contre le mal de poitrine, & ût chaleur du Foye. AYez de l'efprit de vitriol dans une pe- tite fiole bien bouchée , une ou deux drag n:s : Ayez auffi autres deux dragmes d'efprit de foufre dans une autre fiole pareil- lement bien bouchée. PrenwZ quatre ou cinq goûtes de l'efprit de vitriol fi c'eft pour le foye , ou quatre ou cinq goûtes de l'efprit de fouffre, fi c'eft pour la poitrine : Mettez - les dans un plein vetre d'eau de fontaine, verfez cette eau dans-un autre verre, & renverfez alternati- vement pour les bien mêler, Se faites boire cette eau au malade. Seconde Partie* To^ Ce remède eft auffi fort bon pour les perfonnes attaquées de fièvres chaudes , ou de fauffes pleurefies ; mais pour les pleure- fics, on doit ajouter demy once de firop violât à chaque prife , & tout de même aux ficvres chaudes, & s'il y a de la toux^ Après avoir bien mêlé l'efprit avec l'eau,' il la faut goûter, parce que pour être com- me il faut, elle doit avoir un peu d'aigreur, avant que d'y mêler le firop violât. Recepte contre les èbullitions de fang; PRenez une racine de fenouil, feuilles de Pinpinelle Se d'Endive , demy poignée de cl acune : faites bouillir cela pendant de- my heure dans rrois turquetes d'eau, cou- lez - les, & ajoutez - y tout de fuite quatre cueiUerées de vinaigre , quatre onces de fucre fin ; faites bouillir encore le tout juf- ques à la confiftance de firop , que vous confcrverez dans une bouteille de verre % pour vous en fervir, comme nous allons dire. Prenez racines de grain & de chicorée ; demy once de chacune, demy once de re- gliffe mondée , une pincée d'orge Com- mun , une pincée de pafferilles purgez de leurs pépins ou graines, cuifez le tout avec de l'eau , coulez - le, Se confervez cette ti- zanne. I iiij • 5oo Jtxueil de K Receptes, Prenez un verre de cette tizaune, mê- lez - y ttdis cueiUerées de ce firop , ava- lez - le matin & foir pendant dix ou douze jours.x Retepte facile contre les opilaùons de foye & de la rate, PRenez un carton d'eau commune , cel- le de fontaine eft toujours la meilleure, faites- la bouillir dans un vafe convenable,' lors qu'elle fera bouillante, jettez - y de- dans deux onces de limaille d'acier 3 faites- luy prendre encore un bouillon ou deux , fait< s boire ordinairement de cette eau au malade à tous les repas; Notez que le même acier peut fervir deux fois , mais la dernière fois il le faut mettre auffi- "tôt que l'eau. Recepte contre la toux quand elle vient de chaleur. CGux qui ont les pouîmons échauffez , doivent nier du remède fuivant. Prenez deux onces de firop de Pavot ïouge , c'eft à dire, fait de la fleur de Rouë- le* une once de firop de Pavot blanc , trois onces de firop de Nenufar . ou à fon défaut du Violât, pourveu qu'il foft récent. Mêlez ces firops enfemble, mettez - les dans une même fiole, tenez cette fiole dans l'eau fraî- che. Se donnez au malade ce firop ainfi ra;- Seconde Partie; Soi fraifchi, une cuillerée matin Se foir, & mê- me à midy. Notez qu'il n'en faut point donner ails femmes qui ont leur pnrgations Lunaires , parce que le remède eft aftringent. Notez encore qu'au lieu du fircp di Nenufar , ou de firop violât , s'il n'eft pas récent, vous pouvez fubftitucr le firop des rofes feches, ou le firop des rofes blan» ches. Recepte pour rafraîchir le poulmon é le foye; L'Eau de fraizes eft un remède fingu- lier pour tempérer les chaleurs du poul- mon Se du foye , lors qu'ils font extraordï-- nairement échauffez , Se pour les dcfaltereE lors que la foif eft auffi extraordinairc;Voyez la manière de la diftiller. Prenez des fraizes, c'eft à dire du fruîc & non de la racine ny de l'herbe , une affez bonne quantité , lavez - les avec de l'eau de fontaine pour en ôter la craffe; faites - les un peu fecher, jufqu'à ce que l'eau qui leufc refte de la lotion foit évaporée, contufez-; les légèrement, mettez - les dans un alambic pour les diftiller avec un feu de charbon mo- déré. Confervez dans une bouteille de ver- re la liqueur qui en diftillera, pour en ufer$ comme s'enfuit. Prenez un verre d'eau ainfi diftillée foif Se matin, - I y ftol Recueil de Recepte si Notez primo , qu'il ne fe faut fervir de cette eau , qu'il n'y ait le moins un mois qu'elle foit diftillée. Notez ficundo, que cette eau eft fou-- Veraine pour ôter les rougeurs , boutons, te autres enleveures du vifage , qui pro- viennent par une effumatîon chaude de vifceres, en s'en lavant la face matin & foir. R cepte contre la toux , fenroiieure & U difficulté de cracher. T 'Huile de fucre eft un grand remède ^* contre ces maux, & particulièrement contre les enroùeures, Si les rhumes inve- terez ; voicy la véritable façon de le prépa- rer fans feu. Huile de fucre» Prenez telle quantité des œufs que vous voudrez i, faites - les cuire avec leur coque dans de l'eau bouillante jufqu'sf ce qu'ils foient bien durcis. Enfuite dépouillez - les de leur coque, divifez - les par le milieu chacun en .leuxparties égales i ôtez- en le jaune , & rempliffez toutes les croûtes ou les blancs que les jaunes occupoient de fucre fin ou de Madère bien pnlvenfée ; jûgnez les unes contre les autres i'toutes ces moi- tiez da ce fs ainfi remplies de fucre ; met- tez - les dans un vafe convenable, afin que Seconde Partie* fë$ rien ne verfe, où il y aura un petit gril de bois, fi vous voulez , pour empêcher que les œufs n'aillent pas au fonds : Expofez ce vafe au ferain pendant la nuit, ou dans une cave humide durant vingt • quatte heures *■*■ vous trouverez au tonds du vafe une li- queur très - douce, qui eft le vray huile de fucre. Il faut que le malade prenne de cette huile ou firop de fucre une demi cueillerée ou le tiers d'une cueillerée de tems en tems, Si particulièrement la nuit, l'avalant touc doucement. Recepte contre la difficulté de cracher, & contre la Toux , lors que l'humeur eftcraffh & gluante, comme aux tAfinatiques. PRenez une demi pincée d'Hifope , qua- tre feuilles de pas - d'afne, une feuille de choux rouge, de beurre frais de la grok feur d'une noixi faifant cuire tout cela avec une feuilleté d'eau dans un pot de terre bien net, jufqu'à ce que la moitié foit confu- mé : Coulez, le, & gardez-le dans une bouteille. Le malade prendra un petit ver- re de cette liqueur , deux heures avant manger, comme auffi le foir de fon coucher, & le matin à fon réveil, y ajoutant un peu de fucre. De la même déco&ion fans beurre on en fôîÇ Recufd de Receptes; pourra faire un firop, en y ajourant demi livre de fucre, Se deux onces de miel pour une feuilleté décoction. Autre. Mettez trois feuilletés d'eau dans un pot bien net , ajourez- y une cueillerée de bon miel î faites-le écumer fur le feu,& ôtez-en l'écume tant qu'il s'en formera , quand cela ne fera plus d'écume , ôtez - le du feu , laif- fez -- le rafroidir ; & confervez cette liqueur dans une bouteille de verre, pour la boire ordinairement toute la journée. Autre. Prenez d'eau de betoine diftillée, ou à fon défaut, de la décoclion des feuilles de betoine une feuilleté , neuf onces fucre can- di, cuifez cela en confiftance de firop, du- quel vous prendrez deux ou trois cueiUerées tous les foirs, Se rous les marins. Recepte pour arrêter le vomtffement. T) Rrncz un œuf frais, faites -le medio: ■** crement cuire avec fa coque dans de l'eau bouillante £ mêlez - y dedans de la groffeur d'une fe/e de bonne Theriaque, Se l'ava- lez. WAutre. Pr?nez une dragme de fei d'Abfynthe un? cuillerée de fuc de Limone , ou de gte*» nade, .nêiez - les enfemblc, Se Ta valez. Secondé Partie* 2oe Recepte pour arrêter le vorniffement '.fur toup lors qu'il y'ient de la colique rénale. PRenez de l'eau rofe quatre onces , fucre trois onces, faites - le cuire jufqu'à ce que le fucre foit diffout, après prenez la Thcrebentine , celle qui vient de Venife eft toujours la meilleure, demi onre, lavez-la diligemment & plufieurs fois avec cette eau, formez - en de petites pilules, comme des pois , dcfquelles le malade en prendra trois* quatre, cinq , fix , jufqu'à douze, félon que le mal fe rendra opiniâtre; Ce remède eft encore bon contre la coli- que nephrerique Se difficulté d'urine. Recepte contre tous les maux d'Eftomach, contre la pefte : & pour s'en prefirver* ' en tems de contagion. L'Extrait de Genevre eft excellent pour cela, & c'eft pour cette raifon qu'on l'appelle vulgairement la Theriaquc des Paï* fans, en voici la préparation. Extrait de Genevre. Prenez la quantité que vous voudrez dé* graines ou bayes de Genevre (' on l'appelle en Latin Juniperus ^ Se en langue vulg ire , de Cade ) pilez-la bien dans un mortier de marbre, mettez - la enfuite dans une poël- le , & verfez - y de l'eau bouillante, de fo - te qu'elle furnagera fur cette matière ; Fai aoct Recueil de Receptes* tes bouillir cela durant demi-heure entière l après ayez un morceau ou petite pièce de toile neuve , avec laquelle vous coulerez cette decorftion, & en tirerez l'expreffion avec une preffe : Cela fait, prenez tout ce qui fera coulé & exprimé, & remettez - le dans la même poè'le, ou une autte , pourveu qu'elle foit bien nette ; remettez cette poë, le fur le feu , pour faire évaporer l'inutile , jufqu'à ce que la matière ait acquis par l'é- bullition la confiftance du miel , y ajoutant fur la fin de la coéfion du fucre à difcretion pour le rendre plus agréable. Et voila vôtre extrait de Genevre achevé , que vous con- ferverez dans un pot, pour vous en fervir au befoin. Il en faut prendre de la groffeur d'une fè- ve le matin à jeun , Se ne rien plus avaler de trois heures. Recepte contre les Charbons. PRenez de l'onguent appelle bafiheon , & de l'onguent Populeum ; on trouve l'un & l'autre en tout tems chez les Apoticafc res, autanr de l'un que de l'autre , mêlez- le, & appliquez - le fur le chaibon , jufqu'à ce que l'écarre foit tombé. i Seconde Partiel 207 Recepte contre la foibleffe eFeftomach, <$• contre le flux de yentre. PRenez une quantité confiderable de. noix vertes quand elles ne font pis plus gtok fes que le pouce ; éerafez - les dans un mor- tier de marbre, tirez • en avec l'alambic un demi carton d'eau , diffolvez dans cette eau une livre & demi de fucre ; faites cuire dans une baffine , & à feu lent, cette eau avec le fucre, jufqu'à ce qu'ils ayent ac- quis confiftance de firop , que vous con^ fervcrez dans une fiole de verre pour le be- foin. Manière de s'en fervir. Si vous avez flux de ventre , prenez deux ou trois travers de doigt de ce firop dans un verre , ajoutez - y deux grains de poudre de corail, Se avalez - le. Si vous n'avez que le mal d'eftomach fans flux de ventre , il ftiflfira de prendre feu- lement deux ou trois cueiUerées de ce firop? c'eft un fort bon remède. rAutre Recepte contre le flux de ventre long dr invétéré. Drogues. Eau de Plantin, une turquete; io8 %jcueil de Receptes. [ Eau rofe , une turquete; p ; Rofes gouges fiches 9 2. onces* J Rheubarbe > coupée à petits morceax , nez. i *' j 4. dragmes* J Sucre, 6. onces. Préparation. F Aires infufer pendant douze heures dans ces deux fortes d'eau , mêlées enfemblc les rofès rouges feches ; après coulez - les avec expreffion , & jettez le marc j mettez la Rheubarbe coupée à petits morceaux dans cette eau exprimée3laiffez-le infufer pendant autres douze heures : Enfuite paffez cela avec expreffion, & mettez toute la liqueur exprimée dans une petite baffine : Ajoûiez- y le fucre, & faites bouillir lé tout jufqu'à ce qu'il ait acquis la confiftance de firop , que vous conferverez dans une bouteille de verre pour le befoin. Manière de s en feryir. Il faut ufer de ce firop pendant trois Jours, le prenant toujours le matin à jeun , 4e premier il faut en prendre trois cuillerées, le fécond jour deux, & le troifiéme une feu- lement. Il ne faut prendre de nourriture que deux heures après* Si le mal continué , on peut derechef ufer de ce firop pendant autres trois jours Seconde Partie; îop de la même façon, avec le même régime que les trois premiers jours. tiAutre Recepte pour le même mal. Prenez deux jaunes d'oeuf cuits & durcis fous la cendre ; coupez - les en diverfes pie- ces, arrofez - les avec un peu de vinaigre ro- fat , mangez- les le matin à jeun; continuez l'ufage de ce remède pendant quatre ou cinq jours de fuite. Recepte contre toutes fortes de Coliques. IL y a d'ordinaire trois fortes de coliques, à fçavoir, là Néphrétique , ou rénale, la bilieulc Se la venteufe. L'huile d'amandes douces tirée fans feu^ & pris par la bouche du poids de deux on- ces, mêlé avec le même poids de quelquau- tre liqueur appropriée , eft un fouverain le- nitif: faites - le ainfi. Tour ta Rénale. Prenez deux onces d'huile d'amandes douces tirée fans feu , Se deux onces de vin blanc , ou de fucs de Limons, mêlez- les enfemblc, & avalez - le. Pour la Btlieufi. Prenez deux onces d'huile' d'amandes douces tirées fans feu, Se autant d'eau rofe ,, mêlez - les , S:c. Pour la Venteufe.. Prenez deux- onces d'huile d'amandtsi 210 Recueil de Receftesi douces tirées fans feu, & autant de décoc- tion de fummitez de fenouil, ou de l'eau de fenouil, s'il s'en trouve , mêlez - les, &C. Recefte cortre la Diffinterie* DEz auffi - tôt qu'un grand & fréquent flux de ven.re vous prend , avec dou- leur , Se flux de faig, c'eft une marqué évi- dente de la diffenterie , à laquelle vous pou- vez remédier, cornue il s'enfuir. Prenez une once, d'huile d'amandes dou- ces tirée fans feu, deux onces d'eau rofe , & une cueillerée de fucre pulverifée ; un- fez tout enfemble, & avalez - le le matin à jeun. Deux heures après prenez un bouillon* Pendant le refte du jour nourriffez - vous avec des œufs frais & de b luillon, prenant un œuf frais contre un bouillon. L'aprés - dînée vous pre ulrez un lave- ment fait de neuf ou dix oncei de decoétion d'orge Si de fon, de deux j urnes d'œufs cruds,&d'un peu de fucre, le tout bien broyé enfemble : Vous prendrez un fembla- ble lavement chaque jour jufques à ce que vous foyez guéri. Notez que fi vous n'avez point d'hune d'amandes douces, vous pouvez vou* fef- yir de l'huile d'olive vierge, s'il fe peut, ou Seconde Partie. 211 a fon défaut d'huile d'olive commune, mais la plus récente. 11 faut vous faire feigner une fois du bras. La boiffon ordinaire doit être de la décoc- tion d'orge & de regliffe. Quand le mal fera arrêté , il vous fauc purger avec demy once de Catholicon dou- ble diffout dans trois ou quatre onces d'eau Rofe, ou de Plantin. Notez qu'il faut bien attendre pour le moins huit jours après être guéri avant que de fe purger, & prendre garde qu'on ne faf- fe point de fang. Autre Recepte. Prenez de Bayes rouges, ou fruits de Siw reau lors qu'ils font bien meurs ; preffcz-les bien , & tirez- en le fuc -, lairtlz repofer ce fuc pour le bien épurer, pour vous en fervir, comme il s'enfuit. Prenez autant que vous voudrez de ce fuc au lieu d'eau , & avec la farine de fro- ment faites-en des petits painr d'environ la longueur de la main, fans levain, & de deux - doigts d'épaiffeur : Faites cuire ce pain au four avec le pain blanc ordinaire , Se quand il fera cuit > vous le remettrez encore deux autres fois au four, après que le pain ordi- naire en aura été tiré, & c'eft afin de le re- 212 Recueil de Receptes. duire en blfcuit, très- fée , & ce bifeuit en poudre pour l'ufage fuivant. Prenez de cette poudre le poids d'un de- my écu d'or pour les enfans, d'un écu pour les perfonnes grandes & délicates, d'un écu & demy pour les tobuftes , & donnez - la leur dans du bouillon , ou dans du lait. Ce remède eft très - excellenr. Recrpte contre le flux hepatiquei Prenez un carton & demy de lait de bre- bis j de vache , ou de chèvre , mettez • le dans un chauderon , Se mefurez - en la hau- teur avec un bâton ; faites - le bouillir juf- ques à ce que les deux tiers foient cenfu- mez en ôtant la crème ; partagez en trois prifes le tiers qui reftera. Vous donnerez à boire an malade la pre- mière de ces trois prifes, à *ix heures du matin ; La féconde , à neuf heures du foir : Et la troifiéme environ une heure après mi- nuit ,. ne mangeant rien de trois ou quatre heures après. Le malade s'abftiendra de tout ce qui peut charger l'eftomach. tAutre, qui eft encore bonne contre toute forte de flux de Ventre. Prenez deux onces de rafure d: corne de cerf, faires infufer fur les cendres chaudes pendant fix heures, avec trois livres d'eau commune, enfuite faites bouillir cela à feu Seconde Partie. 2Î2 Jcnt, jufque j à ce que prcfque les deux tiers foient cou fumez ; coulez - le , Se ajoutez - y trois onces de fucre , deux onces d'eau ro- fe , une once de fuc de grenades aigres , une dragme de fantal citrin pulverifé , faites en- core bouillir cela pend m t un demy quart d'heure, après laiffez - le rafroidir, Se met- tez cette liqueur dans desconferves de ver- re , ou de terre verniffée, où il fe réduira en gelée , le malade prendra de tems en tems deux ou trois cueiUerées de cette gelée. Recepte contre le flux diffenterique. PRenez le jaune de trois ou quatre œufs pondus le même jour, quatre onces d'eau rofe, & une once de lucre i faites bouillir tout cela enfemble, enfuite coulez- le , & donnez, le à boire au malade , cha- que matin à jeun, continuant pendant trois jours. Autre. Prenez un coing, coupez - le en tran- ches, faites- le bouillir avec de l'tau com- mune.Le malade ufera de cette liqueur à fon boire ordinaire. Autre. Prenez un coing, ou à fon défaut une poire, ôtez.en le cœur, & la tête, rem- pliffez le vuide de cire neuve, faites cuire ce fruit lentement devant le feu, que le ma- v 214 Recueil de Receptes: Jade mange, le matin à jeun, pendant trois jours. Recepte pour appaifer la douleur de la coli- que rénale, LE malade prendra premièrement un la- vement ordinaire ramolitif Se rafraî- chiffant, Se fi la douleur perfevere, on luy donnera le lavement. Prenez demy livre de bouillon de chair, mêlez-y en diffolution trois ou quatre ou cinq graines de Laudanum Opiatum bien préparé, c'eft un fouverain remède pour ap- paifer la douleur. Recepte contre fhydropifie. PRenez cinq ou fix onces de racines de colcuvtée, autrement appellée brioine , raclez - les bien , & coupez - les à roùeles ; faites-les infufer depuis le foir jufques au matin fur les cendres , dans une turquete de vin blanc, coulez cela k marin par un lin- ge blanc, & donnez à boite au malade le vin coulé. Si le malade ne guérit pas dés la premiè- re prife , il faudra continuer de luy en don: ncr ; mais il faut qu'il prenne deux jours de repos d'une prife à l'autre. Il faut encore qu'il prenne un bouillon trois heures après avoir beu ce vin,ce remède fit vomir, purge un peu, & fait beaucoup uriner Seconde 'Partie. 215 Kotez que cette Recepte étant un. peu violente , il ne s'en faut fervir que pour Jes perfonnes un peu robuftes. Autre contre l'hydropifie. Prenez une dragme , ou le poids d'un écu d'or de fleur de foucy baftard, qu'on appelle foucy fauvage ; faites-le infufer dans un verre de vin blanc depuis les fix heures du foir jufques à fix heures du lendemain au matin fur les cendres chaudes, coulez * le, & donnez à boire le vin au malade , deux heures après donnez- luy un bouillon , con- tinuez ce remède huit jours de fuite* Autre Recepte. Prenez trois ou quatre bonnes poignées de cerfeuil, pilez - le dans un mortier de marbre, Se exprimez - en le fuc ou jus avec un linge blanc; de forte qu'il y en ait un demy verre; mêlez ce fuc avec autant de vin blanc dans un verre , Se faites - le boire au malade à jeun. Cela fait, faites promener doucement le malade dans la chambre le plus longtems qu'il fe pourra. Continuez ce breuvage tous les matins, jufqu'à ce que le malade foit defenflé. Luy donnant un bouillon deux heures après la prife de ce remède. La boilfon ordinaire du malade doit être d'eau , dans laquelle on aura fait,infufer de 2lô* Recueil de Kjceptes; la pinpinelle : Il doit boire du vin blanc avec cette eau , & il ne faut pas qu'il boive en tout plus d'une turquete à chaque repas. Cette Recepte eft excellente. Autre Recepte. Drogues. (Racines de chicorée fauyage, deux onces» Racines de fenouil, deux onces. pré» Racines de Buglofi , deux onces. nez. Racines doz,eille , 2* onces. Racines de Terfîl, 2. onces* Racines d'hyeble , ' 2. onces* Feuilles de petite Sauge, une f oignît. Préparation. IL faut bien netoyer ces racines, tirer les cordes qu'on trouve au milieu , & les jetter, & bien laver le refte , & les mettre à bouillir avec un carton d'eau, jufques à la diminution de la moitié. Il faut couler tout cela avec un linge blanc ; mettre cette eau encore toute chaude dans une bouteillei pour s'en fervir au befoin. Mette» dans un verre un doigt ou deux Seconde Partie, 2*7 de vin blanc , achevez de remplir le verre de cette eau cuite ; donnez cela à boire au malade chaque matin deux heures avant dcV jeûner, Se chaque foir deux heures avant foupet , n'ayant point goûté auparavant* Continuez huit jours de fuite , ou davan- tage ce remède, qui eft fort bon, Ôc fort, bénin. tAutre manière de guérir CHydrôpifte^ Drogues d'une Tizane. Racines de Tamaris. > Racines de Chicorée* Racines des Afpergesi Racines de Brûfi* Feuilles de Chicorée, deux onces de) chacune. De C&terac , ou herbe daurade, unt poignée de chacune.' De langue de chien y ou CynogUjfi* D'Anefte bœuf. y* Préparation. C* Oncaffcz les racines & les herbes > J mettez - les dans" un pot de terre neuf de la contenance d'un canon & demy,rem- • V Pre* nczi jti8' Recueil de Receptes. - pliffez ce pot d'eau , & faites cuire tout ce- la lentement a petit feu, jufques à la dimi- nution d'un tiers. Coulez enfuite cela , mettez la liqueur dans une bouteille de verre, y ajoutant un peu de fucre ; le mala- de ufera de cette Tizanc pour fon boire or- dinaire, continuant jufques à une entière guerifon. Après que le malade aura u(e quinze jours de cette Tizane , il fe peut fervir au; très quinze jours de la fuivante. Drogues d'une autre Tizane. 1 Racine d't*Apios, %. onces, Racines de Câpres , me once é" demy. *!*• ™ Bols de rofe. _ I. once. j Eau de fontaine ; dix ou douty U PREPARATION. COnpez les racines & le bois à petits morceaux , faites - les infufer dans un pot convenable, fur les cendres chaudes avec les dix ou douze livres d'eau de fon- taine pendant douze heures, après faites- te kowfttf * ?eH \çtit » jK^ U Wf0»^ Seconde Partie. SîJ mâtion de deux tiets, fi bien que de trois parties de l'eau il n'en refte qu'une ; coulez cette eau, & confervez - la dans une bou- teille de verre. Le malade ufera de cette eau" pouf' fon. boire ordinaire, y ajoutant la fixiéme par- tie de vin blanc , ou de vin clairet. * n. Pendant l'ufage de ces deux Tyfar-es, le malade prendra de quatre en quatre jour? une prife des pilules fuivantes;J / - ■ - —«c4, Dogues des Pilules Pre- nez. l v *>Aloes fuccortin, une once & demy; Rhubarbe , j. dragmes. Chrifial de Tartre\ 2. drsgmeS* Meccacan, 2. dragmes; falap, 2. dr, gmes* Gomme Ammoniac , i- dragme* Cane le, unfcrupulei S pic a - nard, '■> > 'T< unfcrupule* Macis , un firuputtr. t>irop de rofes fiches, ce qu'il faut a.. Préparation. Ôus laverez bien l'Aloês avec le fuc des rofes rouges? vous mettriez tou-/ çîîo *Rjcueil de Receptes! tes ces drogues en poudre fort fubtile, ta- mifez de cette poudre avec le firop de ro- iç§ feches,, vous formerez une maffe de pi- lules. * ''/:✓• Prenez^ le poids d'un écu d'or de cette .maffe ,. formez,- en fept pilules, que vous dorerez fi vous voulez » les enveloppant avec de l'or en feuille , *> les donnerez au jnalade une heure avant dîner aux jours cy a deffus ' marquez, ou de deux fois la femaine.- ■ Outre ces remèdes il ufera encore du firop Se de la poudre qui fuivent,& qui font les remèdes merveilleux pour fortifier & de| fopiler le foye. i ' |^fMMMp W*m»"WS ^«i*M^4 il' I n t*—^ . ' ! Drogues de Sirop. Ijdcier préparé avec le fouffre , 2. on\ ces. Çriftal de Tartre, ?. dragmes. j $??• f Poudre de Dtarrhodon ÎAbé, deux, AI dragmes* - J Ç*rielfî demy ferupulel Seconde 'Partie. 121 [ Préparation. FAites infufer tout cela dans une fuffi- fante quantité de vin blanc pendant vingt-quatre heures : enfuite coulez-le , ajoutez demi livre de la liqueur coulée,ajou- tez demi livtc-de lucre , faites - le cuire juf- qu'à la confiftance de firop , duquel le ma- lade prendra une cueillerée le matin à jeun, trois fois la femaine. Faites de tout cela une poudre fort fub- tib & bien taniifce , de laquelle le malade prendra un pkin cuillier avant chaque re- pas , & ne boira rien après que premiè- rement il n'ait mangé. Drogues de la poudre. 1 Poudre de Diarrhodon ïAbé, deux onces. Poudre du Ventricule intérieur de Pre- J Poule , 2. dragmes. nez. I Corail rouge préparé , i. dragme. j Coriande , j. dragme & demy. • Anis vert . i. dragme & demy* J Sucre fin, 3» onces* %ti Rectieil de Receptes; Prep aration. FAites de tout cela une poudre fort fub- tile Si bien tamifée , de laquelle le ma- lade prendra un plein cuillicr avaut^chaque repas , Se ne boira rien après que première- ment il n'ait mangé. ira as su «R m «a sa s» fix «a sx fi*® fi» «a »s as fix s» ■ V. Eonentation excellente contre l'Hydropife des vents, appellée Timpànite* Drogues. f Racines de}Brioine* 4 DEnula c«mpaiéœ. \ D Iris de Florence. " Feuilles daAnet, une once & demy I de chacune. | D Origan. Pce- , De Calament. * '*:">.. nez» Semences d Ams, I De Fenouil, une poignée & demi de "' jchacwe. . iv I De Oumen. I I}* ^jy« de Laurier, demi once de IA chacune. Semence de Lin. 2, drag* Eleurs de Camomille* Seconde Partie. 12} De Sureau. De Melilot. DyAnet, une poignée de chacune; Leffiyes de cendres de ferment ce qu'il faut* Préparation. VOus ferez bouillir tous ces fimples avec la leffive faite de cendre de fer- ment , Se de cette decoéhon coulée vous en fomenterez tout le ventre, avec une pièce de drap ou de cordelat trempée dans cette dé- coction un peu chaude ; enfuite appliquez par deffus le cataplafme fuivant. Cataplafme. Drogues. Fiente de bœuf toute fraîche y une Vm; Souffre y if puherifé, demy once* p I Souffre commun pulverifé, demy once. nc * Bayes de Laurier pulverifêes , deux \ dragme s. ' Semence de Cumin pulverifé, deux dragmes* Kiiij %l£ Recueil de Receptes* PREPARAT! ON. MElez diligemment toutes ces chofes enfemble , Si après étendez cette ma- tïere fur du linge un peu gros, que vous appliquerez enfuite en forme de cataplafme un peu chaud fur le ventre, après l'ufage de. la fomentation. Vous continuerez ainfi pen- dant quelque tems l'application de ces deux remèdes , les appliquant tous deux une fois chaque jour , fçavoir le .cataplafme d'abord après la fomentation , comme nous avons dit. - V Recepte contre thydropifîe. PRenez demi carton d'eau de noix dif- tillée comme nous avons dit cy-de- vant, une once criftal de tartre, une once de fucre fin , mêlez tout cela cnfemble dans une bouteille de verre. Expofez cette bouteille pendant fix jours au grand Soleil quand il fera levé, & le retirerez quand il fera couché; que s'il ne faifoit pas Soleil vous la ferez chauffer auprès du feu au- tant que le Soleii le pourroit faire. Le,malade prendra chaque matin, deux heures avant manger, deux cueillere'cs de cette eau , avec une cueillerée de vin blanc, ou de vin clairet, mêlez enfemble , conti- nuant autant que cette eau durera ; il frra Seconde partie; âa$ quelque peu d'exercice , fortira à Pair s'il eft ferain, Si gardera le régime de vivre des hydropiques. $îrop merveilleux pour la confervation de s. la famé* Drogues. •; Suc de Mercuriale » i. //>« Sic de Bourrache , i. l$v* p _ Suc de Buglofe , i. liv* Racines d Iris à fleur bleué,trois onces* Racines de Gentiane , deux onces* Miel blanc ou de Narbonne , 6. I. ^, Vin blanc une liv* & demy* Préparation. COupez à tranches bien menues les ra- cines d'Iris Se de Gentianes, faires-les infnfrr pendant 24. heures dans le vin blanc, coulez - les enfuite à travers un linge fans preflfer ; cependant faites tant foit peu bouil- lir les Tues mêlez avec le miel, & paffez- les par la minchc d'hypoeras j cela f»it, mettez^ ces deux liqueurs enfemble , & faites-les cuire jufqa'a la confiftance de firop que vous garderez avec grand foin. K v 22# Recueil de Receptes; Il faut prendre chaque matin à jeun une cueillerée d'argent de ce firop» Il entretient b faite , lâche le ventre , & fait qu'on.n'a befoin ny de Médecin , ny d'Apoticaire.'- Recepte pmr faire du firop de Capillaire excellent. PRenez demi - livre ou davantage des feuilles de Capillaires bien inondées de leurs branches,, une livre de caffonnade ou fucre fin ; Pilez le tout dans un mortier de marbre pendant un quart d'heure, met- tez cette conferve dans un pot de terre pour vous en fervir, comme il s'enfuit. Prenez d'eau commune à boire trois tur- quetes, quatre onces de cette conferve, une livre Se demi de caffonnade ou fucre fin, un blanc d'œuf, battez le tout enfemble , faites - le cuire lentement fur le feu jufqu'à la confiftance de firop que vous coulerez Se conferverez pour le befoin* Recepte contre les maux d'efiomach. QUand on fent des pefanteurs d'efio- mach , des indigeftions , des douleurs Se des plénitudes qui procèdent de l'abon- dance de cruditez, le remède le plus facile Se le plus prompt eft, de prendre trois grains entiers de poivre noir, Se de les avaler, com- me on avaleroit des pilules ; mais il ne fauc rien plus prendre de trois ou quatre heures après, Seconde'Parue. \\^ Mettez tout ctla en poudre fort fubtile pafléc par le tami>,de laquelle on peut pren-» dre une cueillerée à la fin de chaque repas. 'Poudre Digeftlve-, Pre nez. Drogues. Coriande préparé, Amis yen , Corail préparé, Semence de Citron ■ Bois d'Aloës , ou i. dragme* Macis, Mufiade , Gerofte, Semence éCAnet, Sucre candi, demi once* 2. draomes. I. dragme. I. dragme. Santal citrin , une dragme'. une dragme. deux dragmes. »n fcrupule. deux onces i Préparation. MEttez tout cela en poudre fort fub- tile paffée par le tamis, de laquelle on peut prendre une cueillerée à la fin de cha- que repas. Kf &*$- 'Recueil de Receflei; "Recepte contre les Vere. LEs vers font familiers aux enfans, iU leur caufentrde fâcheux accidcns > & en enlèvent beaucoup de ce monde ; quelque- fois même ils tourmentent les perfonnes grandes. Voicy les Receptes promptes & faciles pour foula y r les un>> Se les autres. Prenez de fuc d^ Linons deux onces ou deux cueiUerées, Se tout autant d'huile d'o- live, mêlez les deux drogues enfemble, Se donnez - les à bo:re au malade > fi c'eft une perfonne grande , & fi c'eft un enfant, une cueillerée de chacun eft affez. Autre Recepte. Prenez demy-once ou\we once d'Argent vif dans l'Hyver, faites - le cuire ,' Se dans lv£fté faites- le iufjfer feulement pendant cinq ou fept heures dans, une feuilleté ,tou demy carton d'eau , ou de vin , ou de tous les deux mêlez enfemble pat égales ou iné« gales portions > comme vous voudrez. Dorw nez à boire cinq ou fi* lois le jour de cette decoftion ou infufion aux malades que vous connaîtrez être vifiblement travaillez parles vers. H n'eft point de remède meilleur ny de pïus'innocCnt. Notez que le même Argent vif qui a été cuit pu infufépeut fervir diverfes fois chan- geant çU viin ou d'eau ; car il ne perd pre& Seconde Parue. î*p< que rien de fa vertu pour une , deux, ny trois décochions, ou intufions. Recepte contre la 'Pierre des Reins , ou de la Veffie. PRenez une once ou deux de racine de chelidoinc, ou éclaire , coupez- la en petites pièces, & faites.-la tremper dans demi carton de vin blanc. Prenez un petit verre de ce vin , tous les matins à jeun,continuant l'efpace de dix huit ou vingt jours de. fuite, Se par confequent il en faut renouveller cette infufion de tems en tems. ^ Pfencz telle quantité que vous voudrez des écotees de fèves d'Hericot, appellées autrement feverons, lors qu'elles font ten- dres & vertes ; Faites - les diftiller , Si gar- der l'eau diftilk'e pour le befoin. .. Pendant un an tous les quatre derniers jours de la Lune vieille , prenez le matin à jeun trois doigts de cette eau au fonusd'un verre , & promenez, vous un peu après l'a- voir ptife : Continuant un an durant ce re- mède , vous ferez guery, . ^ Notez donc qu'il en fuit diftiller, dans JU faifon , pour le moins deux ou troi» cat- ions. Recepte contre la Rétention dVrinc, x Piçnez telle quantité que vous voudrez 4}'e> Recueil de Receptes. zets de rcix , ce ' font de dures pellicules qui fe trouvent au milieu de ■ la noix , faites- les fecher au four , après en avoir tiré le pain , enfuite reduifez- les en poudre fort fubtile , que vous pafferez par le tamis de foye, & la confêrverez pour l'ufage fui- vant. Les trois derniers jqurs de la lune vieil- le, prenez le poids d'un écu d'or de cette poudre, faites - la tremper du foir au ma- tin dans trois doigts de vin blanc au fonds d un verre, beuvez ce vin & cette poudre le matin à jeun , & deux heures après, pre- nez un bouillon : Faites cela plufieurs fois l'année pendant les trois jours que nous avons dit. *Autre Recepte contre la rétention ttVrine* Prenez une once de femence eu graine de lin , c'eft la même chofe ; faites-la infufer dans une livre d'eau de fontaine, fur les cendres chaudes , coulez cela, Se gardez- le dans une bouteille de verre dont le malade en prendra un verre le matin , un autre à mi« dy , cV un le foir; il en peut même boire or» jdinairement. Ce remède a été expeiinieitté avec uff grand fucecs. Première Partie* îjt Recepte contre la Gravele & contre le mat d'Eftomach t Opiate de Chynorrodon* PRenez de gratc- culs, ou Chynorro- don , bien épluché de leurs petits- grains,uneliv. faites - les bouillir jufqu'à ce qu'ils foient bien cuits : Paffcz-fes à travers" une eftamine , & avec une turquete de vin blanc & une livre de fucre battus enfemble, vous en ferez comme une pâte , ou confer- ve , ou efpccc de Cotignac. Pendant les trois jours de la Lune vieil- le chaque matin à jeun , prenez de la grof- feur d'une feve de ce remède. Recepte pour prefiryer de la Pierre, Gra* vêle , & autres -maux. Ceux qui font menacez de la pierre des reins ou de la veffic , & de la gravele; Ceux qui font ordinairement conftipez , & ceux qui pour l'ordinaire ont grarde dif- ficulté de cracher; Pour fe preferver d tom- ber dans ces accidens ,,doivent ufer du re} mede fuivant, qui eft fort facile Se {fort a-; grcable. Prenez demy-once de beurre fiais., -au^ tre d>my - once de fucre de Madère; mêlez cela en forme de Bolus , & avalez- le à jeun chaque matin , ou au moins fouventes fois dans l'année x 3c le plus fouvent ne fera que 2X2 %ecùeil de Receptes; le meilleur. Promenez - vous enfuite fi vous. voulez, & fi le tems le permet, & dînez à Vôtre heure ordinaire. Recepte contre la fitffbcation de Matrice. Les paffions hyfteriques, qui font appel- lées ordinairement par le vulgaire fuffoca- ûon de la matrice , font ordinaires aux fem- mes , Se quelquefois arrivent aux filles. pour fe délivrer de ces accidens qui font, fort étranges, Se pour s'empêcher d'y tom- ber, l'eau clairete fuivante eft. un Remède N excellent, A facile à préparer. ^ VN .Drogues d'une £au Clairete. j Eau de vie reltîfiec » fix onces; Pre- [ Eau rofe, quatre onces} nez. j Sucre fin, trois onces. J Cantilefine; une once» Préparation; 4 ÎL faut couper la canelle à petits mor- ceaux ; pulverifez le fucre , Se mêfez ces deux ch'-fes avec les eaux , les faifant trem- per douze heures enfemble.Après vous par- ferez cela deux ou trois fois par 1? manche g'Hypocras > & conferverez cette liqueur Seconde Partie} 235 dans une fiole d'argent, s'il fe peut, ou dans une de verre. Vous donnerez deux , trois, & jufqu'à quatre cueiUerées de cette liqueur à la malade, hors l'accident , pour l'empê- cher d'y tomber, ou dans l'accident même pour l'en délivrer. Autre Recfpte. Prenez deux onces de femence de Barda- ne, une once de canclle, Se trois grains du Mufcj Faites de tout cela une poudre fort fubtile, de laquelle vous pouvez donner à la malade le poids d'un écu d'or, ou d'une dragme détrempée dans un bouillon , ou da vin blanc. Notez qu'il ne faut donner cette poudre que dans l'accident feulement, te non au- trement. Recepte contre les Vlceres de h Mnrice. Prenez quatre poignées de feuilles de l'herbe appellée mille - permis, faites - les tremper durant vingt - quatre heures, avec un carton de vin blanc : Faites diftiller le tout dans un alambic : la femme malade prendra trois travers de deigt de cette li- queur dans un verre, chaque matin pendant huit jours. §54 %ecueil de Receptes; Vin chalibè , qui purifie, le fang , vuide les humeurs craffis & vifqueufes , deffiche U matrice , & anefte les fleurs'blanches. - Prenez limaille d'Acier, fans aucune prc- jparation, quatre onces , canele grojfierc- ment pillée , demy once ; faites infufer le tout dans quatre chopines de vin blanc doux , pendant trois jours, dans un lieu chaud , ou à la cave , le remuant de tems en tems. Prenez une petite verréc de quatre ou cinq onces de ce vin, le matin trois ou quatre heures avant dîner, vous promenant après. Récif te four faire bien - toft accoucher une femme qui eft en travail d'Enfant. Prenez de noyaux de date deux drag- mes , ou deux fois le poids d'un écu, d'or, c te tout autant d'écorce d'ormge fcche : Mettez tout en poudre fort fubiile que vous pafferez par le tamis de foye. Donnez à la patiente le poid d'un écu d'or de cette poudre mêlée avec deux doigts de vin blanc, ou vin clairet, & lors que l'enfant fera tourné, ce que les fages femmes appellent avoir coronne , il eft certain qu'el- ✓ ■■'*' * le accouchera plutôt, & fans beaucoup de douleur. / • Seconde 'Partie. î# /- viutrc Recepte.'r Drogues. J Eeorce de Cafte, Pre- ! Dttlame blanc. - -nez. V Noyaux de Dattes. j Cane le fine, une dragme de chacune, P R E P A R A î'i O N. MEttez toutes ces drogues ( qui le , trouvent aifement chez les ^poticai- "^ res ) en poudre fort fubtile , que vous paf- ferez par le tamis de foye , Se la conferve- rez au befoin. Prenez de cette poudre le poids d'un écu d*or, ou amant qu'il en pourra contenir fur un grand denier , mêlez-la avec demy verre de vin blanc , ou de ronge , ou avec quatre ou cinq cueiUerées de bouillon,oi fai- tes - la prendre à la patiente. Autre Recefte. .f\ Ayez la quantité que vous voudrez d'hui- ' le de Karabé ou ambre jaune, que vous trouverez chez les Apoticaires ; frottez * en le nombril de la femme, qui eft dans le tra- vail , Se qui a peine de fe délivrer, ayee un 5$8 Recueil de Receptes, linge chaud , petit & délié , & laiffez - y le linge appliqué par deffus. , Si elle n'accojche pas affez promptement, ou que vous ne trouviez pas de cette hui- le, faites ce qui s'enfuit, dont l'effet eît en- core plus certain. ■%✓ Prenez le poids d'un écu d'or d'ambre jaune , ou Karabé ; mettez - le eu poudre fort fubtile, laquelle vous donnerez à la pa- , tiente , avec deux cjeîllerées de vin ou de bouillon, Autre Recepte. ' - Ayez une anguille des plus groffes que i Vous pourrez trouver j tirez- en le-foye & le fiel ; faites fecher ce foye , &' ce fiel dans. Un four après que le pain en aura eflé thé , , enfuite mettez- les en poudre fubtile pour ,Vous en fervir au befoin. Prenez une dragme, de cette poudre, don- nez - la à la malade avec deux doigti de vin, Se elle accouchera. Ce remède eft pris de Mr. Va i ■ i.dmont, fameux Médecin 4e ce ficelé , q ii affurc l'a- voir fouvent donné, & n'avoir eftc jamais trompé de l'heureux événement. Recepte contre les tranchées des femmes ; nouyellement accouchées. Prenez deux onces d'eau de fleur d'èran- ' ge , deux onces de firop de capillaire , ■^ Seconde Tante. 237 mêlez le tout, Si donnez - le après l'accou^ chcment. Recepte contre les fihres intermittantes. Prenez demy livre d'eau commune , de- my once de fené , Se une dragme de Giftal minerai en poudre*, faites infufer le tout fut les cendres chaudes pour en tirer la tein- ture , que vous coulerez, Se garderez au be- foin. Après prenez :.ne dragme de criftal de Tarcre, faites* le bouillir avec demy livre d'eau jufques à ce qu'il foit fondu ; fcnfuite mêlez - y une poignée d'herbes rafraîchif- fàntes avec un peu de beurre frais ; coulez-j le Se ajoutez - y deux ou trois cueiUerées de la teinture cy -deffus décrite^ faites-le pren- dre au malade , le matin à jeun , quel jour que ce foit il n'importe. Et le même jour pendant l'accès, foit dans le chaud, foie dans le froid , on luy fera prendre un verre ou deux d'eau de fontaine, dans laqucl'ç vous aurez battu demy dragme d'efptit de fouffre tiré par la cloche. Recepte contre les accès de fièvre tierce. PRenez du jus de bourrache «m 30 $/iutre Recepte contre les accès de flèyyi Tierce. *- Drogues. Pre* nez ,j Sauge, une poignée; Sel commun , une poignée. Suye de la cheminée, une potgn'e. Blancs d'oeufs , un ou deux. Preparation. x IL faut piler dans un mortier les trois premières chofes chacune à part \ après les mêler enfemblc, & y bien incorporer les blancs d'œuf.- cela fait, il faut étendre cet- te pâte entre deux linges qui foient un peu gros, & de la largeur de trois doigts , Se en faire comme deux petits bracelets, que vous appliquerez aux deux poignets du ma- lade, à l'endroit où l'artère bat, quelque de- mie heure avant que le friffon le prenne, Se les y laifferez onze ou douze jours fans chan^ ger. Bien que cette Recepte foit externe , Se par confequent qu'elle appartienne à la Pre- mière Partie de ce Recueil j nous l'ayons 34^ Recueil de Receptes* pourtant mife ici parmi les Receptes inteN nés -, parce qu'elle fe doit appliquer en mê- me - tems qu'on fe fent des internes pour las accès. Autre Recepte contre les accès de fièvre * i, tierce, & contre les autres fièyiis intermittantes. PRenez une poignée de feuilles de pim-* pinelle, faites - les tremper durant dou- ze heures dans une turquette de vin blanc, ou un peu moins; vous coulerez cela, & donnerez ce vin à boire au malade au com- mencement du friffon ; continuant pendant trois ou quatte accès. Erhmême- tems iliaut faire une rôtie de pain , la tremper dans l'eau de vie , Se l'app'iquer chaudement fur le creux de l'eftomach , Si l'y laiffer durant tout l'ac- cès : continuant ainfi pendant trois ou qua- tre accès. Notez qu'il eft bon, Se plus feur pour le malade , d'avoir cfté feigne & purgé avant l'ufage de ces remèdes particu- lier?. Recepte contre les accès de fièvre quarte* PKenez le poids d'un écu d'or de grai- ne ou femence de chardon béni : fai- tes - 1a ttempet dans un petit verre de via blanc qui foit un peu chaud pendant fept- ou Seconde Partie: 241 on huit heures ; coulez cela,par un linge blanc, Se faites - le prendre au febricitant deux heures avant l'accès : enfuite faites - le promener autant qu'il pourra : que s'il ne peut pas fe promener, il faut qu'il fe tienne au lit, avec de bons linges bien chauds fur l'dtomach. Autre Recepte. Ayez un jaune d'oeuf frais , diffolvez^ le avec un verre de vin blanc : Se don- nez - le au malade , au commencement du froid. Autre Recepte. Premièrement vous ferez feigner le ma- lade du biîs gauche, deux ou trois mo- mens avant que la nouvelle Lune recommen- ce 5 c'eft à dire environ un demi quart-d'heu- re , ce que vous pourrez obferver par le moyen d'un bon Almanach. La feignée faite, vous ferez prendre au malade à jeun un petit verre d'eau rofe, tous les matins des deux jours qui font vuides . d'accès : Si même le jour de l'accès,(î l'accès n'arrive que deux heures après midy , ou plus tard. Demi heure avant l'accès , voirs luy ferez encore prendre un petit vetre d'eau rofe. , Après avoir pris ce dernier verre , le ma- l «4* "Recueil de Receptes. lade le promènera autant qu'il pourra félon fes forces, quelques momens avant l'ac- cès, pendant l'ufage de ce remède ; & en même-tems vous luy appliquerez fur fon poignet gauche, à l'endroit où l'a tere bat des orties pilées,que vous y ferez tenir avec une petite bande. Notez primo , qu'il faut réitérer la der- nière boiffon de l'eau rofe, Si l'application desxorties, pendant trois ou quatre jours d'accès de fuite. Notez fecundb, que quand le malade au- ïa paffé trois ou quatre jours d'accès fans l'avoir eu , il le faudra purger de peur qu'il ne tombe en reeheUte. Notez encore tertio, que comme le foyer de la fièvre quarte eft ordinaire- ment dans la ratte î l'Emplàtte cy - defïus ordonné contre la ratte, dans lequel le tabac entre, eft fort bon pour, guérir cette nature d'accès , en l'appliquant fur la ra- te'; & même fur là région de l'eftomach, avant l'accès comme les autres remèdes ex- ternes. Cette dernière Recepte de l'eau rofe 5 efté fort fouvent expérimentée avec fuc^ Seconde 'partie. 243 Recepte contre la fo'f extraordinaire qui ar- rive au xornmencement, çr dans le froid des accès de fièvre. IL arrive fouvent que les malades tra- vaillez des accès de fièvre tierce , ou quarte font plus altérez ,_.& plus tourmen- tez de la foif pendant le froid , qu'au plus grand effort de la chaleur ; Se ce qui les tourmente davantage , c'eft qu'on refufe de leur donner de l'eau , & non fans rai- fon 9 parce que cela non falcnunt fait l'accès plus long, mais encote la maladie: néanmoins pour les des - altérer fans ces apprehenfions, vous pouvez svec affeu- rance leur donner une & deux fois même pendant le froid , le remede fuivant, qu; eft très - facile. Prenez un verre d'eau fraîche , irêh z y quatre ou cinq goûtes d'efprit de fouffre., agirez cela dans un autre verre deux 01. trois fois alternativement > Se donnez » les hardiment au malade , même durant le plus grand froid, pourveu qu'il foit bien couveit: on cxptimente tous les jours ce remede avec grand fuccés. Recepte povr Je futur tr dans les iba lettre. Prenez demi once de Conferve de rofes liquides : battez - la cinq ou fix fois avec le jus d'un citron , & demi quarion d'eau M 244 Recueil de Receptes; à boire ou .davantage, fi le citron eft gros & fucculam: coulez cela & prenez- en un grand veite de tems en tems. Decoclion fudorifique ^attribuée à S. Ambrou fe contre te< fièvres internes, & les fier" ces bâtardes , fièvres malignes. Prenez une livre de millet nettoyé de la première écorce, que vous ferez cuire en une fuffi fan te quantité d'eau de fumeterre, ou de fontaine jufqu'à ce qu'il cteve, pre- nez quatre onces de cette decoclion coulée, & deux onces de vin blanc, Se baillez cela tout chaud au malade qui attendra la fueur au lit : cette decoclion provoque la fueur, ' appaife la foif, pouffe le venin des fièvres malignes d-hors. MucciUge de la graine de Pfyllium , pro- * fre pour les fluxions acres & chaudes, pour adoucir l afprejè de, la tranchée ar- tere , & du gosier , pour rafraîchir dars les fiéyres (. bandes , & lâcher le ven» tre. Prenez de la eraine de Pfyllium autre; ment dite i h: be aux puces , celle qui - eft parfaitement meure , eft la meilleure: mettez cette gs .;jc dans de l'eau de fon- taine , la remuant avec un bâton, jufqu'à ce q. elle s'attendriffe, puis on la coule, & on boit cette coulature avec de l'huile d'a- y , - Seconde Partie. 2_r, mandes douces, ou du firop violât, ce qui làehe admirablement le ventre. Il faut fe «aider de piler cette graine, & de la faire boire an malade, car fa nioële ulcère l'efto- mach Se les intcftins. 8*3 8SS fc&3 SS 395 36 %§3 i& k%$ 'sZè S*î iB& P/7m/u prefirvatues de la pefte. dem i once. demi once. uns dragme. une dragme. une dragme, une dragme. ce qu il faut. Préparation. MBlez les fix premières drogues ayant premièrement mis en poudre ce qui peut être pulverifé : enfuite avec le miel ro« fat, formez - en une maffe de pilules do- rées, dont vous prendrez le poids d'une dragme le foir avant fouper, deux ou trois fois la femaine. Pre- nez* D R O G U E S. I Aloes hépatiques , Mirabolans eitrms t Myrrhe, Safran » Bol d'Arménie, Corail rouge, tMiel rofat, L iij 246 Recueil de Receptes.' Potion pour prendre quand il y a de la malignité. Prenez de l'eau de chardon béni. , & de la rein? des prés, appellée Vlmaria , deux o îces de chaeune, fuc de Limon demi on- ce , Thcriaqu: vieux depuis le poids de demi écu , jufqu'au poids d'un écu dor. Mêlez le to-it enfemble & faites - le prendre au malade, & qu'il fe tienne après dans le lit pour aid r à la fueur. oAum potion fort cordiale, & que l'on peut prendre dans la fièvre. Prenez de l'eau de fleurs d'orange, & d'eau rofe une once Se demi de chacune : Confection d'A.lchcrmes le poids de de* mi écu d'or- , firop de pommes une on* ce , fuc de limon le poids de trois écus d'or, eau de canele le poids dé deux écus d'or : Mêlez le tout,& faites-le prendre au malade. Recepte pour la jauniffe de quelle nature quelle foit. Prenez autant qu'il vous plaira de la fi nte d'Oi'on qui fe nourrit d'herbes au Printeftis : faites -la fecher au Soleil ou autrement , Si mettez-la en poudre fort fubtile. Prenez une dragme, ou demi, de cette poudre , mêlez • la avec un petit verre de Seconde Partie, 247 vin blanc, y ajoutant un peu de fucre Se un peu de canele à çiifcretion : donnez eela.à boire au malade pendant cinq ou fix matins. Notez que la fiente de potiffins ou de poules peut faire le même effet. Recepte contre les pales couleurs. Prenez quatre onces de fucre fin :,faî- tes - le fondre avec un peu d'eau *. après ajoutez - y demi once de limaille d'acier, faites cuire le tout jufqu'à ce qu'il s'é- paiffiffe, jettez cela fur une table, laiffezs le refroidir, & coupez «le en tabletes du poids de deux dragmes chacune ou à peu- prés. Le malade prendra chaque matin une de ces tablettes, & au bout de deux heu- res \\n bouil.on ; fe promènera avant Se après le bouillon continuant l'efpace de vingt jours > - Elle fe purgera avant & après l'ufage de ces tables. Recepte pour faire une Eau minérale, TOis ceux qui ont l.efoin d'ufer de " l'eau minérale , n'ont pas la cornmo- dite, ny le moyen d'aller aux fources ; mais en voici une artificielle qui ne fera gueres moins d'effet , que les naturelles vitriolées. L iiij s 45 » Recueil de Receptes* Prenez fix onces de vitriol Romain : mettez - le dans un pot cie terre verni, qui ne contienne gueres plus que la matière que vous y mettrez : Faites fondre ce vi- triol for un petit feu de ferment, remuant fans ceffe la .matière avec un petit bâton de bois pendant trois quarts d'heure. Cela fait laiffez • le refroidir ; étant refroidi, caffez le pot, & tirez- en la pierre formée de vi- triol , que vous trouverez au dedans /pour fufage^ùivant. Prenez de la groffeur de deux fèves de cette pierre, faites - la infufer dans une bouteille de verre avec un qùarton ou trois feuilletés dVau de rivière l'efpace de quinze ou dix « huit heures, la bouteille étant bou« chée ^ Se pendant les chaleurs de l'Efté ; 1 >rs que vous vous en voudrez fervir, pre- nez tout doucement la bouteille, de peur que l'eau ne fe trouble , & beuvez • en deux verres le matin à jeun , quatre heures avant manger , continuant durant quatre ou cinq matins s de prendre la même dofe., Vous pouvez encore en prendre tout au- tant chaque foir en vous couchant, ayant médiocrement foupé. Cette eau eft fort bonne contre la coli- que rénale pour raftaîchir le foye , Se pour exciter l'appétit. Seconde Partie. 249 Recepte pour les perfonnes qui piffent au Ut, pour les guérir de cette incommodité. PRenez demi once de femence d'orties, demi once de maftic en larme , & deux onces de farine de fcigle : pilez bien les fe- tnences d'orties Se le maftic 9 chacun à part: Après mêlez - les enfemblc Se incorporez- les avec la farine pour en faire avec un peu d'eau une pâte, dont vous formerez fept ou huit petits gâteaux , que vous ferez cui- re au feu mort au foyer ,"defqucls la perfon- ne incommodée en prendra un tous les foirs pendant fept ou huit jours. La fiente de rat donnée en poudre du poids d'un écu d'or dans un bouillon pendant trois matins de fuite eft excellente pour cette im^ perfection. Receptes prifes de la poudre Cornachine. La poudre Cornachine a de rares proprie- tez contre beaucoup de maladies , dont nous parlerons cy - après. Il eft vray que la compofition en eft très - difficile : mais auffi les merveilleux effets qu'elle produit, valent bien la peine d'en entreprendre cou- rageufemtnt la préparation. Encore bien que la defcription de cette poudre le trouve dans les ouvrages de quelques Auteurs gra- ves,je ne refte rai pas de la donner icy le plus clairement, & le plus fidcllcrrent qu'il me 250 Recueil de Receptes. fera pofïible, afin qu'un chacun puiffe hr préparer facilement, ou la faire préparer pour fes befbins.'- Il y a trois chofes qui font toute la com- pofition de cette excellente poudre, fça- voir, l'antimoine diaphoretique, ou fudû* rifique , Scarnone'e préparée avec le fouffre , & le crème de Tarrre. Comme ces trois ne font pas des (impies,"mais des remèdes com3 pofcz, ileft-raifonnabie d'en mettre icy la préparation, a va it que de donner la compo- fition de la poudre. 'Préparation de l'sAntimoine 'Diaphoretique* PRenez quatre onces d'antimoine crtid , & do >ze onces de faîpêtre fin Bien cnftalifé , Se de ia tro*fiéme eau , c'eft à di- re que pour une partie d'antimoine, il faut prendre trois parties de faîpêtre. Pilez & broyez bien l'antimoine, de forte qu'il foit réduit en une poudre fort fubtile, Si qu'il n'y paroiffe plus de luifant;, après broyez vôtre faîpêtre , Se reduifez - le aulfi en une poudre très - fubtile , mêlez fi bien ces deux poudres enfemble dans un mortier, que le tout paroiffe également noir par tout. Cela fait, mettez rougir un creufét dan? le fende charbon, & faites en forte que vousj puiiïiez couvrir & découvrir avec un: Seconde 'Partie. jji morceau de toile, l'ôtant Se remettant lorsque vous voudrez avec une pincete, Se fituez ou affurez fi bien vôtre creufet dans le charbon, qu'il puiffe demeurer fer- me. Quand le creufet fera fort rouge, prenez une cueillerée de vôtre poudre i découvrez avec la pincette le creufet, jettez la poudre dedans, & recouvrez à l'inftant le creufet : Laiffez jetter à Ja poudre toute fa force & fa fumée, de laquelle , il eft bon que vous vous éloigniez un peu ; laiffez rougit la poudre dans le creufet qui doit demeurer couvert, jufques à ce qu'elle foit toute rouge. Quand vous verrez que la poudre fera toute rouge, jettez-en dedans une autre cueillerée , en la même manière que la pre- mière ; Si quand cette féconde cueillerée fera pareillement rouge, vous y en jetterez une troifîème , se continuerez ainfi d'en ! mettre une cueillerée après l'autre , juf- qu'à ce que voftre poudre d'antimoine 8t dc faîpêtre mêlée enfemble foit achevée. Lors que vous aurez achevé à détonner vôtre matière , c'eft ainfi qu'on appelle cet* te opération , laiffez vôtre creufet enfeve^ ly dans le feu de charbon , jufqu'à' ce que le charbon foit tout confumé & éteint ? gt 3j2 Recueil de "Rjceptts* remuez de temps en temps, cette matière , pour la faire defcendre au fond du creufet : Pour la remuer commodément'il faut avoir «ne verge de fer, comme une broche aux aloiietes. Quand le; feu fera éteint , & qub le creufet fera encore tout chaud , faites bouil- lir de Veau de fontaine , dans laquelle vous mettrez vôtre creufet, Se l'y laifferez jufqu'à ce que la matière qui eft dedans foit dif- foute , Si qu'elle foit tout en poudre , vous verferez cette poudre dans cette eau , Se la ferez encore un peu bouillir : Cela fait vous retirerez vôtre creufet de l'eau , & le ferez fecher pour vous en fervir une au- tre fois. — Pour retirer vôtre poudre lors qu'elle fe- ra toute diffoute dans l'eau chaude, il faut avoir une terrine bien nette, pour y verfer dedans l'eau blanchie par la poudre , Se pour cet effet remuez avec un bâton la pou- dre & l'eau tout enfemble dans la terri- ne où ils ont bouilly , Se incontinent après avoir remué, verfez dans l'autre * rerrine vuide l'eau que vous venez toute blanchie ', Si s'il refte quelque chofe au fond de la première terrine après avoir verfé',. ne vous en fervez point, ou fi vous- ne voulez rien perdre , gardez - le Seconde 'Partie. 253 pour vous en fervir une autre fois quand vous ferez de cette poudre , en le faifant re- cuire. Enfuite laiffez repofer l'eau blanchie que vous aurez verfée dans cette-féconde terri- ne ', & quand elle fera repofée tout - à - fait durant l'efpace de vingt - quatre heures , verfez doucement l'eau claire par inclinai tion , c'eft - à - dire fans rien remuer, s'il fê peut, ou du moins fort peu ; & quand vous verrez que la poudre voudra tomber, arrê- tez - la & ne verfez plus. Alors il faut avoir de l'eau de fontaine qui foit chaude, la verfer fur la poudre qui a refté au fond de la terrine , & la remuer avec un bâton , la laiffer repofer pendant 24. heures ,Se après verfer doucement l'eau, comme vous avez fait auparavant. Il faut retirer cette lotion de poudre, ou cette mile Se cet épanchement d'eau par in~ dilution trois ou quatre fois, Se même da- vantage , jufqu'à ce que la dernière eau qui en fortira verfée toujours par inclination,. n'ait aucun goût de iàleure, ny de faîpê- tre. Pour lors vous verferez la poudre avec le peu d'eau qui y aura refté ( car il eft hn- polfible de verfer fi bien l'eau qu'il n'en refte toujours quelque peu ) fur un papier. a^ Recueil de Receptes'. gris étendu fur un carrelet, ayant mis une ": roile fort claire fous le papier, pour empê- cher qu'il ne crevé 9 Se quand l'eau fera toute pafféc , c'eft à dire imbibée , ou con- fumée dans le papier ou 1e linge, vous ferez fecher vôtre "poudre avec tout le papier, 6e fans l'ôter de deffns, fur un tas de cendres que vous aurez un peu auparavant paffée par un tamis de crin, Se avancées à cet effet fur un ais. Car la cendre boira Se coh fume- ra-peu à peu l'humidité de la poudre Se du papier. Quand la poudre fera ainfi préparée , il la faut mettre dans une écuelle de terre ; Si y verfer par deffus de bon'efprit de vin, c'eft à dire de l'eau de vie rectifiée -, qui fumage d'un travers de doigt fur la poudre ; après ^ il y faut mettre le feu , remuant avec un bâton jufqu'à ce que cela ceffe de brûler, Se puis il faui fecher doucement la poudre fur les cendres chaudes avec l'écuelle 9 jufqua ce qu'il n'y ait plus aucune humidité dé refte. Et voilà le vray antimoine diaphoreti- que, c'tft à dire, très- propre pour ouvrir les pores, pour faciliter la tran'piration i & jfrovoqi er les fuëurs , qui fera très- bien préparé. flous h s matins en peut, prendre de ce Seconde Partie. 2?jp diaphoretique feul jufqu'au poids d'un de- my écu d'or avec du pain à chanter pour l'hydropifie , paralyfie , Se aurres maladies invétérées ; & même dans les fièvres mali- gnes pour faciliter i'iffuë du venin par les pores, dont ce fouverain remede a la facul- té de procurer.la dilatation. C'eft ce diaphoretique qui entre dans la compofition de la poildre Cornachine,com- me nous dirons i<:y aore's. Compofition de la poudre Cornachine. Prenez de la poudre d'antimoine diapho- retique préparée comme nous avons dit, de la poudre de Scamonée préparée comme nous avons marqué , & de la poudre de crè- me de Tartre, de chacune parties égales, mêlez -'les toutes dans un mortier, & les incorporez bien l'une aveec l'autre, Se de tout ce mélange faites - en diverfes prifes, comme il s'enfuir. La dofe ordinaire pour les perfonnes me- diocres[eft de 36. grains ; pour les robuftes j de 40. à 45. grainsjpour les enfans de fix ans, de 10. à 12. grains 3 depuis dix ans jufques à feize , de 12. à 14. grains , depuis feize juf- qu'à vingt ans, Se au deffus , de 24. à 30. Se 3<5. grains , eu égard aux forces, & à la cons- titution des perfonnes. Notez qu'il y a des perfonnes qui «ai- i$6 Recueil de Receptes. gnent de prendre cette nature de remèdes, & qui pourtant en ont un extrême befoin ; Pour les tromper fagement & leur en donner fans qu'ils s'en apperçoivent, il faut faire de fort petits bifcuits, & met- tre une prife de cette poudre dans un bif- cuit. Proprietez, & , manière de fe fervir de U poudre Cornachine,^ Pour purger toutes les humeurs on en peut donner }6. grains dans une infufion de deux dragmes de Séné, & de demy dragme de canele contufée avec demy once de Ca* thol:con double. Aux goûteux , & à ceux qui font fujets à la gravele, il la faut donner au déclin de la Lune, — Aux autres malades on la peut donner en tout temps, excepté le premier jour de la Lune nouvelle, Se le jour de la pleine Lune. A ceux qui ont les fièvres quartes, il la faut donner au commencement du friffon , & continuer pendant trois jours d'accès de fuite» Dans les fièvres tierces , Se autres inter- mittantxs , il la faut donner au commence-; ment de l'accès. On la peut donner auffi le jour del'inter* Seconde Partie. 257 miffion , lors qu'on n'a pas pu ou voulu la prendre le jour de l'accès. Aux PleUrefiques il h faut donner le qua- trième ou huitième jour , fi on a le temps; plufieurs en font guéris par cette méthode. Aux hydropiques il la faut donner cinq ou fix fois, mais de trois en trois jours, c'eft à dire , quatre fois dans douze jours. Aux epil°ptiques, ou malades du mal caduc , il en faut donner trois prifes en dix jours,laiffant toujours un jour de repos en- tre deux prifes. Dans les fièvres continués il la faut don- ner le deux ou troifîème jour, fuppofé qu'il y ait grande plénitude , Se que le malade ait grand befbin d'être purgé, autrement il faut s'en abftenir ; en cïs cas v^aûihcz le Mede-* cin. Quand les fièvres tirent en longueur , après le quatorzième jour, on en peut don- ner une demy prife dans un bouillon d'her- bes , dans lequel on aura fait bouillit deux dragmes avec un peu de canelle , ou une prife, entière , fuivant la conftitution des perfonnes Se la nature de la maladie. Notez que pour ceux qui ont répugnan- ce à prendre ce remede en breuvage, ou au- trement, on peut Je iuy donner feul dans du pain à chanter ^ Se leur faire prendre un de- 25S Recueil de Receptes. rny verre de vin blanc par deffus. Recepte contre les maux Vénériens. IL eft vray , qu'à confiderer la nature de ces vilains maux , félon leur primitive Se leur origine ordinaire, & les prendre com- me de jufle; effets , St des châtimens tem- porels de ce malheureux péché, qui feul précipite plus d'à mes dans l'Enfer, que tous les autres cnfemble , bien loin de leur donner du fecours, il en faudroit accroître les foptfrances, Se décerner les pénitences rîgourcufes au lieu des remèdes faciles. Néanmoins parce que l'expérience m'a fait voir qu'on les peut quelquefois contracter par une contagion innocente Se impreveuë, une femme pieufe de fon mary débauché , un enfant de laie de fa nourriffe criminelle, une nourriffe innocente de fon enfant de lait forti d'un fein verolé , d'autres en beu- vant, mangeant, & couchant avecaffidui- té avec des perfonnes depuis long temps gâ- tées & infectées, & même que parmy les coupables il y en peut avoir de pauvres Se de miferables , qui étant dans l'enticre«iin- puiffanec d'en jamais guérit, à faute de pou- voir foûtenir les frais des remèdes ordinai- res , pourroient en infecter tente une Vil-j le. Pour ces rai tons la chanté Chrétienne , qui eft toute patiente Si toute pleine de Seconde Partie. 2$e}_ douceur Se de bénignité , m'a obligé de mettre icy quelques Receptes affez faciles & très-aff urées, pour fe courir les uns & les autres, le tout à plus grande gloire de Dieu. Pre- nez. Recepte en Tilules pour gmrir le mal de Napl'es fans faire fuir* Drogues. IMiel blanc , ou de Narbonne , deux. onces. Refis rouges fiches pulverifces ,deux 1 onces. j 'Précipité rouge ,- dmy once. Préparation. MElcz tout cela enfemble, & incor- porez - le bien : Enfuite formez - en despillulés de la groffeur d'un poids coin*-' mim , pour l'ufage fuivant. Donnez quatre ou cinq de ces pillules aux plus robuftes, & rrois feulement aux plus foiblcs pendant trois matins dç fuite: Si le malade ne fnë pas affez vous augmen- terez la dofe , Se il ne bougera pas du lit jufqu'à ce que le fiux foit paffé. 20o Recueil de Receptes. * - «Autres fillules contre le même mal. Dragues, • ilurbith , 5 dragmes* Scamonée préparée, y dragmes* Agaric y 2. dragmes. 1 Rheubarbe ; 2. dragmes, Chriftal préparé. Myrrhe. I Theriaquc, une dragme & demi de chacun. • Aloès, i. dragme* Mercure éteint ayec fOximel, deux ? onces, Effrit de Vitriol, une dragme. Thcrebentine de Venife , deux drag' mes. Eau de y se, un peu. Sirop de itimons, ce quil faut» Préparation. LEs chofes qui fe peuvent mettre en poudre étant pulverifées , & bien mê- , lées avec la Theriaque, la Therebentine , l'eau de vie, l'efprit de vin , vous en for- merez avec du firop de Limons une mafïè , Seconde Partie. 26*1 dont vous prendrez une dragme pour former fix ou fept pillules que vous dorerez , & les ferez prendre tous les mâtins, continuant autant qu'il fera neceffaire. Tiz,ane merveilleufe pour toute forte de maux yenenens. Drogues. t ' Bois de Guà'at raclé, 4; onces* Ecorce de Guàiac concaffée , quatre onces. Pre- » Salfepareille coupée k petits morceaux^ nçz. j 4> onces, > ; Vin blanc , 9. livres. Scnné, 4. onces* tAnis, une once^ i Préparation. F Aires infufer dans le vin blanc pendant la nuit le bois de Guaïac , l'écorce de Gttaïac, Se ta faliepareillc, enfuite faites-le bouillir jufqu'à la diminution de la troifîè- me partie ; après faites infufer le Senne & l'Auis dans le même pot avec les deux ivrs qui y refieront, fans en fortir les autres dro- gues. Vous laifferez tout cela enfemble pour l'ufage fuivant. 3©*2 Recueil de Receptes; Le malade prendra demy livre de cette décoction & infufion tous les matins à jeun* & même s'il eft neceffajre toutes les après- dînées quatre heures après le dîné , conti- nuant dix ou douze jours fans qu'il-foit ne^ ceffaire de garder aucun régime, pouvant librement vaquer à fes exercices ordinaires^ Recepte certaine pour la Gonorrèe Virulente, ou non Virulente. Prenez une once de Balaufties , ou fleurs de grenadiers fàuvsges fec lies, mifes en pou- dre , Se paffées par le tamis, une de Bol d'Arménie j faites - les infufer enfemble dans une tarquette de vin blanc pendant une nuit i coulez cela le matin , Se donnez - le à boire au malade à jeun, continuant pcn- flans fix jours. Notez i. que de trois en trois jours, il faut feigner le malade ( quoy qu'en difent les Médecins ) de la veine Médiane, une fois du bras droit, une fois du bras gauche , principalement s'il y a inflammation aux parties fecretes. Notez 2. que fi le malade ne guérit pas dans ces fix jours , il faut réitérer le remede autres trois jours, Se même davantage, s'il eft ncceffairc: Il ne faut pas fe dégoûter, ny fe rebuter de ce remede 5 car il eft très ■ fa« Seconde Partie. Î6*j fcuré , Se incapable de faire mal. Vray Orviétan , & fis merieilleufis qualité!^ De tous les remèdes que Dieu a revefez aux hommes pour la confcrvation de leur fanté , il n'y en a point qui ait fait plus de bruit que l'Orvietan , Se ce n'tft pas fans fujet; car ayant eu le moyen d'en recou- vrer d'une véritable defciition , je l'ay compofé moy - même , & *'; y reconnu fes divins effets dans plufieurs rencontre?, C'eft pourquoy j'ay crû que je n'en devois pas priver le public, afin que ceux qui auront le moyen de le compofer s'en fervent eux- mêmes , Se en faffent des charitez aux pau- vres. Voicy donc la véritable compofition. Drogues- Racines dé Gentiane, 3, onces. D'Angélique, une once. I}e Scorzonere , une ence. D'Arifioloche ronde , ~ une once* De Zedoere , demy once. De grains de Genevre , 2. onces. Rué fiche , 6* dragmes* Iris de Florence, demy once* pre- nez. 264 Recueil de Receptes* ! Pleurs de Gerofle, 2. dragmes. Corne de Cerf prés de la tète , deux dragmes. y Trochifques de yipere, 2. dragmes # demy. \ Antimoine préparé, 2. dragmes. Miel de Narbonne, s'il fi peut , deux liv. Vin blanc, du meilleur, me feuilleté. Theriaque y'teille , une once, Confetlion Alhermes, deux dragmes. Lonfefîion de Hyacinthe , deux drag. Préparation. MEttez les douze premières drogues en poudre fort -fubtile, paffée par le tamis fepirement , & le jour que vous vou- drez faire l'Orvietan , mêlez bien toutes ces poudres enfemble dans une terrine con- venable & verniffée. :Prepcz le miel Se le vin blanc , faites - les cuire enfemble jufqu'à la confiftance de fi- rop : Prenez une p.irtie, autant que vous jugerez à propos pour diffoudre la Theria- que , la Confection AlKermes fSe la Con- fection de Hyacinthe: Mêlez enfuite cela avec le refte du firop hors du feu ; enfuite faites - les encore un peu bouillir : Se l'ayant retiré Seconde 'Partie. 265 retiré du feu ajoutez - y petit à petit toutes les poudres, remuez toûjouts tout cela en- femble avec un pilon de bois, pendant une grotte heure , Se jufqu'à ce que le tout ait acquis la confiftance de la Theriaque t Et voila vôtre Orvientan achevé que vous met- trez dans un pot de terre convenable vernif- fé, Se bien bouché , pour vous en fervir au bcfoin. La dofc de cet ôrvietan eft du poids d'u- ne dragme, ou de la groffeur d'une fève. Il le faut diffoudre avec les liqueurs convena- bles , félon la diverfité des maladies, auf- quelles il eft un fouverain Antidote, par exemple. Contre toute forte de poifon , morfure de Vipères, de Serpens, de Chiens enragez , ou d'autres bêtes venimeufes , il le faut prendre avec du vin. Contre les fièvres peftilentes, avec du verjus ou d'eau de vie. Conrre les fièvres ticrces,avec de l'eau d'en- dive , ou de chicorée fauvage. Contre les fièvres quartes , avec d'au d'ulmaria , ou de nois, ou de chardon bé- nit. Contre l'epilepfie & le vertigo, avec eau de Pivoine, eau (le Tille t, ou eau de be« toine. 2<5£ Recueil de Receptes. Contre l'indigeftion d'eftom'ach,, & du Vorniffement, avec d'eau d'Abf/nthe, ou .-\de Menthe 5 ou de Betoine , y ajoutant un peu d'eau rofe*-/ Contre la mélancolie, avec de l'eau de Meliffe, ou de l'eau de Bugloffe. Contre la colique, ou le même avec d'eau de vie, Se d'huile de Gabian , ou Pétrole , & on oint la région de l'cftomach, & le bas du ventre. Contre la feiatique, on le diffout avec Veau de vie , & d'huile de Lierre, après on l'applique chaudement fur la partie. Contre toute forte de morfures venimeu- fes, on l'applique fouverainement fur la morfure ; après en avoir pris par la bouche la dofe marquée cy - deffus. a Pour faîre le fucre » ou fil de Saturne. FAites diftiller de bon vinaigre : jetez-en le premier verre qui n'eft que phlegme, vous en laifferez autant au fond de l'alambic qui ne vaudra rien. *» Prenez de mine de plomb, la quantité qu'il vous plaira, comme trois ou quatre livres , mêlez « la dans un pot de terre ver- «iffé avec du vinaigre diftitlé, qui furpaf- fe la mine de trois ou quatre ^doigts, Se la laifferez infufer quatre ou cinq jours, en la remuant trois ou quatre fois le jour. Il fau- Seconde Partie. i6y «Jra mettre le pot dans un lien chaud , ou fur des cendres chaudes pour le tiédir feule- ment. L'ayant laiffé une nuit fans le remuer, il faudra verfer ce vinaigre doucement hors de (a mine tant qu'il en fortira clair , fans le troubler, dans quelque vaiffeau de verre, vous y mettrez du vinaigre diftilic comme la première fois, le laiffant en un lieu chaud autant Se plus de jours, comme l'on a dit, en le remuant, & puis le tirerez de même i vous y en pouvez mettre autant de fois que le vinaigre fe radoucit, & goû- tez - le fans danger. Apres avoir tiré ledit vinaigre de la mi- ne ', rempliffez - en des taffes de confitutes , ou de verre rompus, accommodez les dans une terrine pleine de fable , faites - y le feu deffous ; prenez garde lors que le vinaigre eft prefque exhalé i que la poudre qui demeure au fonds des taffes ne fe brûle, Se alors dimui nuez le feu. La poudre étant feche vous la pouvez piler & garder tant qu'il vous plaira pour yous en fervir. Mettez - en demy once fur chaque pot d'eau commune * avec moitié d'eau de plan- tin. Cette eau eft excellente contre la puan- teur de la bouche, s'en gargarifant avec du vin, mais elle noircit les dents Se la langue. S 8$ Recueil de Receptes. Ce fucre eft très - bon contre les ulcères malins , chancres Se loups ; contre les gales & dartres. 11 mondifie les ulcères invetcrcz, apoftêmes Se playes : conne toute forte de brûlures , Se inflammations, Il eft fouvcrain aux fiftules. i Pour tout ce que deffus il faut mêler de cette poudre avec d'eau de plantin & de ro- fes en trempant un linge en trois ou quatre doubles, l'appliquant fur le mal trois ou quatre fois le jour. Il ote auffi les tumeurs mêlé avec huile d'olive , de camomille Se d'eau rofe , Impli- quant avec un linge trempé dans cette huile. Il guérit les rougeurs & inflammations des yeux mêlé avec eau de plantin & eau ro. fe appliqué comme aux playes & aux mem- bres retirez , avec de l'huile de terebentine, en continuant 1 onclion pendant quelques jours. C'eft un fouverain remede contre les ul- cères des mammelles, mêlé avec eau de plantin, & eau rofe, & eau commune. Il eft très - bon aux ulcères de la matri- ce mêlé avec eau de chevrefeiiil en la jettant dedans avec une petite feringue. Il y en a qui font guéris le prenant par la bou- che. Il fauc remarquer que l'on diftille deux / Seconde 'Partie* t6$ fois le vinaigre, s'il n'eft bon. Pour le pren- dre par la bouche -, il faut Caire diftiller l'eau de pluye , la mettre fur cette poudre piléc , étant bien d'ilfoute , il faut tirer cette eau , la remettre dans les taffes pour faire exha- ler l'eau comme le vinaire, cette poudre fera plus blanche. 1 e plus groffier de la poudre après en avoir tiré l'eau pourra fervir pour les playesi Cette poudre eft bonne à prendre par la bouche le poids de trois ou quatre gmins de froment avec l'eau commune , ou du bouil- lon. Elle eft bonne pour les douleurs des reins Se d'urine. Contre le mal de goficr avec l'eau com- mune, de plantin & de rofes. Contre les ulcères inrernes, au poids de 2o. grains dans l'eau de plantin , mais il faut continuer. Si vous voulez prendre plus de peine, pilez la poudre après l'exhalaifbn du vinaigre. La première fois mettez- la dans un alambic de verre ; menez - y du vinaigre diftillé qui fumage trois ou quatre doigts i laiffez la repofer toute la nuit, Se le majj tin diftillez ledit vinaigre que vous remet- trez encore fur ladite poudre qui refte au fonds de l'alambic , & le mêlerez bien avec ladite poudre , Se l'ayant laide infufer fept ou huit heures, le diftillercz encore une M iiij iyo Recueil de Receptes'* fois, le remettant encore deffus comme la féconde fois , Se l'ayant difiillé la troifîème, le vinaigre ne vaut plus rien, alors vous prendrez autant de bonne eau de vie que vous mertrez,fur la même poudre, Se l'ayanç bien mêlée , vous la diftillerez , cV cela par trois fois comme le vinaigre, fans la laiffer infufer ; à la troifîème fois l'eau de vie ne vaut plus rien , mais vous prendrez ladite poudre qui aura acquife une merveiileufè vertu. En prenant fix grains de cette pou- dre dans du vin blanc , en 24. heures on eft gi eri de la pefte. 'Peur faire la liqueur dorée de grande yertu, & bien éprouvée, delà compofition - ordinaire* SUr la doze de trois chopines de bonne eau de vie de vin , il faut encore une pinte de bon vin blanc, pour trois fols d< canele,& pour trois fols de bon fafraujees cl ofesfont les baies pour faire ladite liqueus dorée avec cinq carterons de bon fucre. Méthode. , Il faut coneaffer ladite canele Se la met- tre infuier dans un vaiffeau de Fayance ou terre , dans demy-fetier de ladite eau de vie bien bouchée , du foir au lendemain , faut faire un peu fecher ledit fafran fur du papier blanc fur une peje un peu chaude, puis le Seconde Partie. 271 mettre dans un autre demy-fetier de ladite eau de vie à part dans un autre vaifîeau de Fayance ou terre, aufiî du foir au lendemain matin Se bouché. Le lendemain faut faire diffoudre vos cinq carterons de fucre dans la plufpart de, vôtre pinte de vin blanc mis dans une terrine fur un petit feu doux. Et pendant qu'il diffoudra , ayez un lin- got de bon or ou deux ducats, ou quadru- ples : & vous ferez rougir ces pièces d'or au feu alternativement, Se les jettez éteindre dansla chopine de ladite eau de vie reftée , mife en un vaiffeau de terre bien net, & à chaque extinrStion, couvrez bien ledit vaif- fcau , & réitérez cette extinction environ trois fois félon la groffeur de vos pièces d'or, le plus que vous le ferez e.(t U meilleur : Se après ledit or ne diminué point en poids Se bonté ; car cette extinction n'attire que fon efprit aurmrçue : Se d vôtre eau de vie d'ex- tinction étoit cendreufe ou fale, vous la pou- vez paffer à travers un linge blanc Se net. Cela fait, il faut verfer dans ladite eau d'extinction doucement & par inclination , vos diffolutions ou infufions de fafran , ca- pele, Se de fucre, fans troubler les fcces qui feront au fonds de chaque V3ifleau qui ne doivent entrer : puis étant vuidées Se mê- M iiij 2 72 Recueil de Receptes * lées , le,fonds pour avoir vôtre liqueur plus claire, le faut paffcr à travers un linge dou- ble aff.z fin , & blanc - puis mettre ladite li- ueur dorée en des vaiffeaux de verre bien clos pour fervit an b:foin. Les v;*tus de cette liqueur dorée. ELle eft excellente aux fièvres lentes, pO- trides, Se autres , aux maux d'efiomac, iridigcftion > à ceux qui font dégoûtez , qui ne peuvent avaler ni retenir leur viande, a ccu< qfi ne peuvent dormir, contre le fang corrompu , Se aux putréfactions, Se à quan- tité d'autres maux internes non fpecifiez : l'on en peut prendre à telle heure que l'on veur, Se la doze ordinaire eft d'une bonne cueillerée , foit le matin ou le foir ; devant & après k repas i Se dans la continuation , elle rétablit & réhabilite la perfonne mala- de de langueur, & environ demy verre pris pour une femme en douleur d'enfant, la foulage grandement. L'on fait auffi de ladite liqueur dorée de la mêin; uuthode,& dofe.dans Uqaclle on ?net environ la même quantité de bon vin d'Ef- pa^ne au lieu dudit vin blanc , Se l'on pré- tend que celle - cy eft bonne pour rabattre les fumées qui montent au cerveau , outre la plufpart d'çfdites qualitcz & vertus cy* deffus. ' ,:•-.. -. Seconde Partie. ï^ L'on fait auffi de ladite liqueur dorée de la même méthode, drogues , & defe , dans laquelle 1km ajoute le fei de fauge Se de co- rail que Ton fait diffoudre,& infufer dedans," le poids d'environ deux dragmes, Se l'on prétend que celle . cy eft bonne pour le flu$ de fang Se plufieurs autres maux. Quelques fecrets particuliers. Effince pour faire tHypocras. | Cane te fine , j. éneesï \ Santal citrin , 2. dragmes* I Poivre blanc , 2. dragmes. Mtcis , 1. dragme. Galenga , 1. dragme; Cloux de girofle , 6. dragmes. Gimgembre , 1. dragme* Graine de 'Paradis, une once; ÎL faut concaffer le tout & infufer dans l'efprit de vin , par fix à huit jours an Soleil ou au feu, puis l'exprimer, & y ajou- ter fi l'on veut huit gtains de mufc, & vûsgc grains d'ambre gris. Pour s'en fervir, il faut mettre fix à huit! onces de fucre fur une pinre de vin ,& quaj tre, ou fix goûtes de ladite effenec. ^ M* Recueil de Receptes* Pour faire de bonne Ancre» Pre- nez. Du y'm , Des gales à f épine. Du vitriol, Alum de roche, G^fnme Arabique , Du fucre candi, un pot* une liyre. une once. deux onces* deux onces. une once. COncaffez les gales, & mettez le tout dans une bouteille qui ait le col large ; le braffer une, deux, ou trois fois par jour pendant quatre ou cinq jours, fans le faire chauffer au feu ny au Soleil > & à- mefure que vous en prendrez le recroître dç vin. Si elle, vient à s'affoiblir, il y faut re- mertre un peu de chaque chofe, à pro-» portion du vin qu'on y mettra ; fi elle n'eft pas affez noire , il faut augmenter le v'H triol ; fi elle tîe coule pas affez-, il faut met- tre d'alum : fi elle coule trop, il faut mefcg «e de s'enraie.. Seconde Partie* *7* -ai Paftilles & chandelettes de fanteur* I Pre- nez: De Benjoin , 3. onctsi D'Effince de ftorax , 3. onces. Bois d'Aloës fin 9 5. onces* Mufc, ( 21. grains. Ambre , un écu pefant. Effince de canele , 5.goûtes. Effence de bois de rofe, $.goûtes* Charbon en poudre , 12. onces* Il faut incorporer le tout cnfemble, & y ajouter un peu de gomme tragagant> s'j| eft ncccffaire. / V M*/ 276' Recueil de Receptesi REMEDES FACILES pour les Pauvres, qui fe peuvent faire par tout, & îans frais. Fait Tan 1675. U M E S S 1 E V K i Us Gunz Charitables» JEsii s-Christ , pour fondement de la Miffion de fes Di fei pies, & Apô- tres, leurtecommanda très - expreffement ; Curare infirmos, Ayez foin des malades. Qui foulage le corps , guérit aifiment ta* me* C'eft pourquoy les Palteurs de ce Divin Médecin, & des Apôtres font obli- gez de procurer des remèdes aux pauvres, qua*d ils font malades , Se tout autre fe- cqubs. •./ L'Eg.ife un fort longtems , a eu un fi grand foin des malades, pauvres & riches, qu'elle fouffroit que les Ecclefiaftiques exerçaffent la Médecine, pour leur faire don- net ks Sacrcmens jle bonne heure, Le§ - Seconde Partie. 2jf Prêtres Se les Religieux , pendant une lon- goe fuite de fieclcs , ont enfeigné & prati- qué la Médecine gratuitement. On a pris pour prétexte du relâchement , les Canons qui défendent la Chirurgie , feulement à caufe de l'effufion du fang, Se les peu chari- tables veulent l'étendre, à tout le refte de la Médecine. En France on en a ufé autrement. L'an 1516. par le Concordat du Roy François L avec Léon X. Titte douze, les Graduez en Médecine parviennent aux Bénéfices, comme les autres Graduez. Et encore au- jourd'huy ces Graduez Médecins font em- ployez avec les autres Graduez, dans le Rôle que l'Univerfité de Paris envoyé tous les ans à Rome ; Se plufieurs de fes Méde- cins Graduez, parviennent par-là aux Bé- néfices : Et partant fi les Officiers de Ro- me , pour tirer argent veulent obliger nos Médecins Écclefiaftiques,de prendre des dif- penfes fous prétexte de ces Canons qui dé- fendent la Chirurgie , c'eft feulement un abus contre les droits de l'Eglife Gallicane, à quoy. le Roy remédiera , quand il; luy plaira. -+■■. j ^ Il y a bien plus, c'a été^l'an 1580. que le Cardinal de Toute - Ville Légat en France, permit aux Doreurs de Médecine de Pa3 2-S Recueil de Receptes. ris de fe marier , ce qu'il ne fit que du con> revirement des Chanoines de Nôtre - Dame, qui étoient les Docteurs de la Faculté. Dans le dernier fiecle encore les RR. PP. .Jefnkes, par un ztle digne de leur charité , demandèrent la permifficn de don- ner des remèdes , pour faire plus de fiuit dans leurs Miffions,& l'obtinrent du Pape Grégoire XIII. En France , comme il a été dit, cela ap- partient de droit à tous les gens d'Eglife , auffi plufieurs Miffionnaires distribuent, ou font diltrihuer des remèdes dans leurs MiO fions. Un pauvre homme guéri d'une ma- - ladie qui l'empêche de gagner du pain à fa famille , par les foins charitables de fon Curé , ou des Mlffronnaircs, croit leur être plus"oblige qu'à tous leurs Prônes , & Ser- mons i & fe laiffe par là conduire plus aife- ment au fpirituel, que toutes fortes d'exhor; tations i qui foulage le corps, comme il a été dit, Seconde 'Partie. 2%t Compoftùon de l'eau. Dans l'Hvtel- Dieu de Paris , dans la Jale du Rojaire , la Mère de Samt Bemift en donne aux "Pau-* vre<, du dedans t, & du dehors de l'Hôpital* I T) Renez deux gros de couperofe blan- JL che, & un gros de verd de gris, du meilleur : pulvcrifcz le tout, & le mettez dans un pot de terre verni, ou de grais. jet- tez deffus tr< i: pintes d'eau chaude, remuez le tout enfemble avec une fpatule de bois , ou petit bâton , que l'eau ne fou froide. 2. Cette eau eft pour les yeux , brûlures , Se pour la gale Si gratelle , quand elle n'eft pas invétérée. 3. Pour les gales, Se gratclles invétérées, dartres , erefipeles, vieilles playes Se ulcè- res , Se fut tout la Teigne, & l* lèpre, on fera l'eau trois à quatre fois plus forte : C'eft à dire , fur trois pintes d'eau, on mettra fix, huit gros de couperofe , & trois à quatre gros de verd- de gri . Vfage de cette Eau. r. Toutes les toi- qu'on voudra s'en fer- V*t ou en donner à quelqu'un » on la remue- ra avec la fpatule , afin que la matière fe ré- pande par tout également , car elle .va au fonds. 282 Rjcueil de Receptel* 2. Pour les maux des yeux, on les lave de cette eau, par dehors, Se qn en fait co»- ler dedans, avec le bout du doigt par le coin del'ceil, renverfant la tête , ou Te cou- chant fur le dos, fi le mal eft violent, on peut s'en fervir à toutes les heures du jour. Cela cuit un peu d'abord , la douleur ceffe en un moment : l'expérience a fait voir que ce remede eft fouverain. 5. Pour la gale Se gratelle, qui n'eft pas invétérée, qu'on fe lave de la même eau foit & matin , Se à midi, qu'on en frotte les poi- gnets bien fort, on fera bien - tôt guéri. 4. Pour la gale & gratelle inyeterée , dar- tres , erdfpeles , vieilles playss & ulcères : appriquez fur le mal deux linges blancs de ; leffiyc, trempez dans cette eau, que vous ^'tiendrez toujours mouille'^ fi vous voulez guérit promptement, l'un fera délié qu'on mettra fur le mal, l'autre fera gros, en qua- tre doubles , qu'on appliquera fur le délié. Si par négligence on laiffe fecher ces deux linges, le délié s'attachera à la playe , Se Técorcheta quand on voudra le lever. Pour empêcher cela , on mouillera le gros linge , qu'on applique fur le délié,& quand le dé- lié fera imbibé, il le lèvera fans rien éeor- cher. j, Pour la brûlure vous y applique- ■TJ Seconde 'Partie, 283 rcz des linges con me deffus 6. Pour empêcher la petite veroleZ, de marquer , quand elle fera venue à fuppura- tion , vous y appliquerez deux linges mouil- lez bien déliez que vous ne lauTenz pas fe- cher. 7. Pour la teigne , on applique fur la tê- te raféc deux linges mouillez comme deffus, l'un délié , Se l'autre gros en trois ou quatre doubles , qu'on ne laiffera point fecher. On guérira d'ordinaire en un mois, fans aucune douleur. Les remèdes communs compofez de poix, écorchent, & caufent des douleurs effroyables : & pour la guerifon, il faut d'or- dinaire trois mois, & fervent fix mois. 8. Pour la lepre naiffanie, & inveterée , vous la frotterez jufqu'à 1 ecorcher, la baffi- % nerez de cette eau, Se appliquerez des linges mouillez, comme pour Ja teigne. 9. Pour les maux cy - deffus , qui ne font pas inveterez, à la reièryc de la lepre Se la teigne, on pourra guetir fans fe purger : Neaumoins li on fe purge on guérira plus promptcment,plus feurement, & fans crain- te de recheute. Pour gunir toutes fièvres ou l'on tremble* t. Une heure avant l'accès, ou fe mettra au lit bien chaudement, fans chemife, en- velopé dans un linceul .■ On boira demi fe- 284 Rjcueil de Receptes; tier d'eau , ou de tyzane, qu'on appelle de- mi chopine dans les Provinces, pefan huit onces. On mettra aux pieds une^bouteille de terre de deux pintes pleine d'eau chai d * ; en forte que la main puiffe fouffrir. On met- tra auffi, fous chaque aiffelle une bouteille de terre de pinte pleine d'eau chaude. Si le friffon vient, dés qu'on le fentira qu'on prenne encore huit onces d'eau tiède , qu'on ne boive point d'eau, ny de tyzane froide pcndaut l'accès , d'ordinaire on n'a point de foif ayant fait ce que deffus. 2. Qu'on demeure dans fa fueur pendant tout l'accès, fi on peut ; après cela on s'ef- foyera , Si on prendra nn bouillon gras,-ou maigre comme le pauvre l'aura, quand ce ne feroit que de l'eau tiede , & une heure après, on pourra manger fi on a faim. 3 Plufieurs guériront dés la première fuëur.' Néanmoins, pour empêcher la rechute, il faut faire fuër comme deffus , au jour Se heure que l'accès fubfequent devroit pren. dfe. Il n'y a point de fièvre que la troffiéme fuëur n'emporte. 4. Il y en a qui fient difficilement, fi les bouteilles d'eau chaude, ne les excitent pas affez, qu'on prenne trois pains d'un fol cha- cun , tois chauds, qu'on les coupe par la moitié , qu'on vetfc de l'eau de vie for la Seconde 'Partie, 285 mie, qu'on mette ce pain avec les bouteilles aux pieds, aux aiffclles, fur l'eftomach , Se fut le nombril. 5. Si on étoit en lieu fi pauvre qu'on n'eût pas dequoy avoir, ny bouteilles, ny pain, ny eau de vie , fi on a de*, écuellcs de - beis ou de terre, qu'on les foiTe- bouillir dans l'e«u , & qu'on les mette bien chaudes, aux pieds, fous les aiffellcs , fur l'eftomach, & le nombril , Se qu'on y en remette de chaudes, quand le> premiers fe refroidi- ront. On parlera cy ■ après d'une autre fa- çon de fuër dans un tonneau , qui eft meil- leure , plus facile , & qui ne coure pas qua- tre fols. Voicy un autre remede fans fuër qui ne coûte pas cinq fols , pour guérir toutes fiè- vres , quand on tremble , à la referve de la quarte, qui néanmoins guérit quelquefois. Prenez le poids de deux écus d'or, d'en- cens en larmes pulverifé : de fafran, le poids de dix grains : de fei k poids de deux écus d'or , & de la fuye de cheminée , le poids de dix écus d'or j le jaune d'un çeuf frais du jour : incorporez le tout avec un filet de vinaigre. Quand il fera en confiftance d'onguent i étendez • le fur des bandes de linges de trois doigts de large. 2%6 Recueil de Receptes. Faites - en deux braffelets que vous cou- drez fur les deux poignets du malade demi- lieure avant l'accès , Se, les y laifferez neuf jours fans les lever, quand, bien le malade feroit guéri, qui le fera d'ordinaire avant ce tems-là. Il eft bon de ne faire* l'onguent que lors qu'on s'en veut fervir; il a plus de force. j- Pour guérir la quarte, prenez le poids de deux écus d'or de ,poudre à canon , dé- trempée dans un filet de vinaigre, appli- quez - la en la forme cy * deffus fur le doigt* qui joint le petit doigt de la main gauche , & le laiffer neuf jours. On m'a dit que le remede eft excellent, je ne l'ay pas expert mente, je fuisuffeuré de tous les autrçs con- tenus en ce mémoire. Rhumatifines, Taralyfies , Coûtes , Sciati- ques, toutes douleurs de nerfs , &c. i. Les pauvrss gens de campagne y font fort fujets. On les fera Tuer comme deffus : le meilleur fera pont ces maux opiniâtres, de les faire fuër dans un tonneau couvert , avec de l'eau de vie, dans une écuelle de ter- re où l'on met le feu que le malade remué avec un bâton. En un moment on eft tout en fuè'ur ; il n'en coûte pas cinq fols. Tous les maux cy - deffus dans leur naiffance, guériront radicalement dés la première Seconde Partie, 287 fuëur, fi le jour précèdent, on >'eft purgé de ces remèdes du Clergé , en la forme que le dit le livre , pour chacune d.s maladies cy - deffus. 3. Les inveterez f'fouvent guériront auffi radicalement , du moins ou fera des fix mois, Se des années fa is s'en rcffcotir. Si on ne fuë point dans le tonneau, il faut fuër deux ou trois fois , comme diffus pour la fièvre. La fuëur du tonneau g\ierira auffi plus promptement les fièvres. 3. On entrera nud dans le tonneau» Se on prendra huit onces d'eau tiede , comme deffus pour la fièvre. Mais L- meilleur eft de faire ce qui fuit : Prenez bois de buis , de laurier, & de genevre, de chacun une once, coupez-les par tranches, faites infufer le tout dans trois chopines d'eau que vous fe- rez bouillir jufqu'à la reductioa d'une pintes for la fin vous y mettrez un peu de fueilles de cerfeuil, & d'écorce ele citron , non con- fite , Ji vous en avez. Et en donnerez huit onces , au lieu d'eau chaude , pour excirer toutes fuëurs : fi vous ne pouvez trouver commodément les trois fortes de bois cy- deffus, prenez trois onces de celuy que vous trouverez. Celuy dç buis eft le meilleur, il fait tous les mêmes effets que le gayac,qu*on va quérir fi loin dans les Indes,& à fi grands frais. 288 Recueil de Receptes. 4, Si après la fuëur, ii refte quelque ref- fentiment dans la partie malade , qu'on mette une cyroine deffus : Pour la faire qu'on faffe fondre de la poix de Bourgogne, qu'en l'étende fur un cuir délié , de la gran- deur du mal, qu'on l'applique deffus, Se qu'on l'y laiffe , qu'elle ne fe détache d'elg le • mênie. 5. Au lieu de cette forte de cyroine , un emplâtre d'onguent divin eft fouveraintil guérit bien plutôt Se plus fcurcmcnt, il eft! miraculeux pour plufieurs autres maux,com- me on dira cy - après. Mmx Vénériens. Beaucoup de Soldats après avoir été aux 'Armées, ouvriers & lervftcurs après avoir été dans les Villes, Se des pauvres Villas geoifes pour avoir été nourrices d'enfans gâ- tez, font perdues, Se perdent leur famille î On tombe par pièces , au prix qu'on vend les remèdes aux riches. VoicjHc moyen de guérir qu'il n'eu coû- tera pas un écu. i. Purgez de ces remèdes recommandez par le Clergé , fi vous en avez , comme il eft dit en l'article du Scorbur. Le livre ne parle point de maux vénériens, mais depuis la dernière impreffion on a trouvé par expé- rience qu'ils les guetifïènt parfaitement , Seconde Partie. !$£ les traitant comme le Scorbut. 2. Faites une tyfane avec bois de buis, qui vaut du gayac, comme on vient de di- re cy-deffus pour les rhumatifmes, met» tez fur chaque pinte de cette tyfane deux cueiUerées de ce vin trempé,dont font com- pofez les purgatifs recommandez par le Clergé, faites ufer de cette tyfane , comme on ufe de la tyfane préparée pour les maux vénériens. 3. Si la verolle n'eft pas formée, on gué- rira de tous les maux qui la précèdent , lans fuër ; Je plus feur fera néanmoins de fc faire fuër après avoir été purgé dans un tonneau couvert, comme on vient de dire touchant les rhumatifmes. 4. J'ay veu une femme , pour deux écus guérir de la verolle, celles de fon fexe , qu'on envoyoit aux Ifles. Il falloir quelle eût quelque fecret, comme celuy dont nous parlons. Flux de Ventre. I. S'il n'y a point de fièvre, on guérira en fix ou fept jours, au plus tard , quelque irrité & invétéré qu'il foit, faifant ce qui fuit. Si 'le malade a appétit % qu'on \v.y baille quatre potages de lait par jour, de chopine chacun, qu'on y mêle un jaune d'eeuf, & quatre onces- de pain blanc ca 2po Recueil de Receptes. chacun, fi on en a, & plus le malade a faim: fi on peut, qu'on mette aufli une demie on- ce de fucre en chaque potage, Se qu'on ne mange Se qu'on ne boive point autre chofe, on n'aura point de foif. Qu'on fe tienne au lit, ou du moins en lieu bien chaud. Je viens de guérir par ce régime, un cours de ventre irrité, invétéré , Se que les remèdes ordinaires n'avoient pu guérir. S'il y a fiè- vre elle ceffera en un jour, prenant les pur- gatifs du Clergé. Colique. I. Prenez un lavement , compofé com- me on dira cy - après, qui ne revient pas à deux fols. 2. Mêlez dans un verre quatre cueiUe- rées d'huile , quatre d'eau rofe , quatre de gros vin clairet, & quatre de fucre, mêlez le tout & l'avalez , mettez fur le nombril une écuelle chaudc,comme fera dit cy-après, & vous tenez au lit chaudement, vous fe- rez bien- tôt guéri. 3, Si vous êtes eu lieu fi pauvre, que vous ne puiffiez faire les remèdes cy • deffus, fai- tes bouillir une écuelle de bois ou de terre dans l'eau , ou chauffer celle de terre fur le feu , imbibez - la par dedans d'une cucille- ïée d'huile tel que vous l'aurez, appliquez- \i fur le nombril, Se n'y en remettez de Seconde Partie. 29Î chaude , que la douleur n'ait ceffé. L'huile de noix eft le meilleur : fi vous prenez de ces remèdes du Clergé, toutes les douleurs ceC; feront en une heure. Dyfin t crie. 1. Prenez cette compofition d'hui'e, d'eau rofè, Sec, comme pour la colique , & tou- tes tranchées cefferonr. 2. S'il n'y a point de fièvre , faites ce qui eft dit, pour le cours de ventre , & vous ferez bien - tôt guery ; perfonne n'en mour- ra prenant cette compofition d'huile, d'eau rolè , Sec. dans la naiffance du mal, fi on a des remèdes du Clergé, qu'on s'en ferve, ils font bien plus affeurez, & plus prompts que, tous antres. Lavement qui ne revient pas à deux fols. I. Si c'eft pout raliaichu lèukmcnt, fut une chopine d'eau tiède, mettez fix cuciilea. rées de vinaigre , qui font trois onces. 2. Si c'eft pour purger,. mettez dix cueil- lerécs de vinaigre , Se de fil le poids de deux écus d'or Si laconftipation eft.extraordinai- re , mettez feize ciuiiletécs de vinaigre , & autant d'eau , & quatre onces d'huile ou de miel. 3. Si on a des tranchées, ne mettez poirft de vinaigre avec l'eau, nvttez qu:t:e on- ces de miel, Si quatre onces d'huile , %çî Recueil de Receptes* prenez des feuilles de ronces la quantité qu'il faut pour faire un pot de décoction. Premièrement pour la préparation , il faut bien ratiffer avec un couteau les épines qui font fur le dos des feuilles, & puis les faire cuire dans du gios vin pendant demy quart d'heure, & puis le retiter du feu, Se laiffez infufer jufques à froid , Se faire la colature. Il en faut boire trois ou quatre fois le jour, pour arrêter la dyffenterie , après les remèdes généraux , le malade n'ayant point de fièvre. ï Autre Remede. Prenez une écuelléc de poix roijges qu'il faut faire cuire , Se réduire en purée , dont vous en prendrez la troificme partie d'uoe écuelle , ou un peu plus, une troifiéme par- tie d'eau rofe Se autant d'huile d'olive , du meilleur qu'il fe pourra trouver, qu'il faut faire boire au malade deux matins de fuite. Lavement rafraichiffant. Prenez petit lait en luffifantequantitéique ferez bouillir.avec laitue?, pourpier, Se feuil- les de Piantin, démêlez cette décoction avec deux onces de miel commun. 'Pour la colique rénale. , Prenez demy poignée de grateculs , c'eft ce qui refte des rofes fauvages, qui eft com- me un bouton rouge ? il faut ôter ce qui eflf Troifîème 'Partie; ^cj dedans, & mettre environ une pinte d'eau dans un coquemar, le faire bouillir, & y jetter ladite demy poignée de grateculs , qui bouillira fix bouillons , après y jetter une once de graine de lin, qui bouillira auffi deux bouillons; étant un peu refroidie la paffer dans un linge , & en boire tant qu'on voudra. eAutre. Prenez un pot Se demy de vin blanc du meilleur, la valeur d'un fol de beurre frais , un cition blanc fort pefant & plein de jus, lequel on piquera avec deux doux de girofle, ou deux petites branches de canelle, comme étant plus agréable ; Si enfuite une demy li- vre de caffonnade raoluè', ou du moins uiv earteron Se demy. Et en cas que le malade fut fort prelté on jettera dans le coquemar un oignon blanc, lequel oignon par fon acreté fera di£- foueke non feulement la colique venteiue , pierreufe, néphrétique, mais encore déta- cher les petites pierres, qui pourront être dans le corps dudit malade, & à même; temps faire vuider tout le fable & gravier , qui pourroit être dans le col de la veffic, & le tout faut mettre dans un grand coquemar de terre, lequel fera mis auprès d'un boa' feu * & le, contenu cj- ejefujs ayant bouil!$ 2P4 Recueil de Receptes. morfures des bêtes venimeufes, & enragée?; Ote la douleur, Se l'air contagieux de la pefte Se des charbons, guérit le farcin des chevaux , les hémorroïdes internes ; mal de dents* toutes fortes de fiftules, rhumatifmes naiffuis, fciatiqucs, paralyfies , forditez , Joupes, Se foulage ces maux quand ils font iuveicrez. 3. Fait perdre le lait des nouvelles accou- chées, guérit tous maux de mammelles , les empêche de pourir. On voit tous les jours dans les Hôpitaux, où l'on s'en fert, des bras -ëe des jambes, condamnez à être coupez, que l'on guérit par cet onguent fans rien couper, comme dit au long le Livre des Re- mèdes des pauvres , contenant la compofi- tion & l'ufage. 4. Les pauvres gens a la campagne y font fort fujets, à caufe des efforts qu'ils font en travaillant, Se cela tes cftropie fouvent, & les réduit à la mendicité , fi on n'y remé- die dans la naiffance. 5. L'an 1671. avec le livre Se le pacquet des Remèdes, l'Affemblée de Paris envoya auffi gratuitement dans tous les Diocéfes, an Livre avec des figures , pour apprendre à faire des bandages, Se des remèdes fans frais, pour guérir toutes ces defcentes, qui font coûtes quafi curables dans leur naiffance. On Seconde Partie, 20$ verra dans ce livre comme il faudra crUem les defcentes de boyaux de l'aine , du nom- bril , du fondement, celles de matrice , ar- rêter le flux d'urine , & autres defcentes venteulès, aqueufes, charneufes. Ce livre f'it auffi adreffè à Mcffieurs les Supérieurs des Séminaires, où il y en a, & où il n'y en a pas, à Meilleurs les Grands Vicaires , avec prière de donner à quelque Ouvrier , ■ Selier,ou Tailleur de Ville Epifcopalé, pour luy apprendre à faire ces bandages. Comme plufieurs Hôpitaux & Confréries de la Charité , font faire de l'ongusnt divint &' de cette eau pour Us yeux . gale , tei- gne , or qu'ils y gagnent pour aider a nour- rir les Pauvres, I. *Tp Out le monde eft capable de faire & JL d'appliquer l'eau , dont eft parlé cy- deflus. 2. Pour l'application de l'onguent divin , tout le momie eft auffi capable, il ne faut qu'un peu de boune volonté. 3. Pour la compofition , -il faut une per- fonne intelligente Se charitable , on trouve quelques Religieux , ou Rcligieufes dans Ici Villes. On trouvera auffi cette compofé N iiij %ç6 Recueil de Receptes. tion , qui eft un peu longue dans le Livré des Remèdes des Pauvres ; L'Affemblée de Paris eh 167!» l'envoya gratuitement à tous Noffeigneuts les Evêques, comme elle avoit été conviée par l'Affemblée générale du Clergé de 167c. Le papier fut adreffè à Mcffieurs les Supérieurs des Séminaires, ou Grands Vicaires ; comme il eft dit cy - def- fus. 4. Ces Hôpitaux & Confréries donnent leurs remèdes gratuitement aux pauvres gens ; pour les riches ,-à la façon des Meeie- cins d'Orient , on fait marché pour telle fournie, au profit des pauvres fi on guérit, & rien fi on ne guérit pas ; la guerifon eft affeurée fi le mal n'eft pas incurable. Le ri- che qui en voit tant de guéris, Se qui eft affeuré qu'il ne luy en coûtera rien , s'il ne guérit auffi, promet & donne libéralement, particulièrement en confideration des pau- vres : par ce moyen on voit par expérience qu'on gagne dequoy aider à les nourrir. y. Par tout il fe trouve quelque Charita- ble , pour diftribuer Se appliquer ces remè- des, Mr l'Evêque de Châlon en Champa- gne , cet llluftre Se chaiitable Prélat, qui embraffe tout le bien qu'on luy propofe , par Ordonnance du 20. May 167», a com- mis pour cela les Maîtres Si les Maîcreffes Seconde Partie, tgf d'Ecole , dans les lieux où perfonne ne fe prefente pour cette bonne oeuvre : cela leur attire des pref ns & Ecoliers ; ils gagnent l'affection , Se l'amitié de tous ceux qu'ils guetiffent, & celles de leurs parens & amis. 6. Dans les lieux où perfonne n'en eft ca- pable j il y a des Cnrez charitables qui le font eux - mêmes, le font faire par leurs fer- viteurs, fuivant l'ufage de l'Eglife, jufqu'aux relâchemens marquez cy . deffus. tAvis & prière , a ceux a qui on adreffera ce Mémoire. I. Ceux à qui on adreffera ce Mémoire dans les Villes Epifcopalcs, font très - huma blemcnt fuppliez de le faire imprimer Se dif- tribuer aux Curez dans les Vifites , ou Sy- node , Se l'Affemblée de Paris rembourfera les frais. On n'envoyé qu'un exemplaire , parce qu'on ne fçait pas le nombre des Cu- rez de chaque Diocéfe , & que le port coû- teroit autant ou plus, que l'impreffion fur les lieux. 2. Avec ce Mémoire on envoyé auffi la Lettre d'un Doyen Charitable, qui con- tient la façon , dont il a établi des Confie* ries de la Charité dans les quarante Parroif- fes de fon Doyenné , avec grand fruit Se fa- cilité ; On eft aufli prié de faire imprimer 298 Recueil de Receptes. cette Lettre, & la diftribuer: elle pourra fervir d'une règle aifée aux Curez : On rem- bourfera auffi les frais 3. On a cy - devant envoyé une Lifte de certains Livres utiles aux Curez , Direc- teurs, Confeffeurs i où il eft auffi parlé des Re^lemens de certains Séminaires des Laï- ques , qui envoyent des Maîtrcffes d'Eco« le, dans les Parroiffes , qui apprennent gratuitement aux fidèles à travailler à des ouvrages utiles pour gagner leur vie : cela foûtient les familles des pauvres, & des riches qui peuvent tomber. On eft auffi prié de faire imprimer & diftribuer cet- te Lifte , on rembourfera les frais pareille- ment. 4. Les Imprimeurs y pourront gagner en deux façons : il y en aura qui achèteront la Lifte de ces Livres Se ce Mémoire des Re^ medes : Outre cela , ceux qui voudront de ces Livres pourront s'adreffer à eux pour en faire venir de Paris, ou de? grandes Villes, & les Libraires entre-eux, fe font de rabais. j. Si on fait imprimer ou diftribuer ces trois pièces, 01 envoyera d'aurres Mémoi- res , de divers Remèdes pour d'ancres ma- ladies non exprimées cy - deffus ; on nous en promet des épreuves , qui feront auffi fa- ciles , qui fe feront par tout, & quafi pour Seconde Partie. 299 rien. Entre autres pour le ponlraon , l'afth- mc , phtyfie, hydropifie, Paralyfic. Pour faire accoucher les femmes, qui ne peuvent fe dé'ivrcr . faire rendre l'arriére faix , empê* dur les feiis de pourir, & toutes maladies pendant les couches. Guérir la jauniffe , pâ- les couleurs , maux de rate , fuffocations , fleurs blanches „ purgations arrêtées, & tou- tes autres makdics des femmes. Soulager la pierre, guérir la gravele, les difficultez d'urine, garantir des poux, Sic. Garantir les Fondeurs de métaux j Doreurs, Peintres, & tous ceux qui manient le vif argent, de tremblement. Très - humble prière en faveur des Pauvres i à tous Meffieurs les Médecins Charitables. r. Mrdu Bé, Doétcur en Médecine , Illuftre , confommé , & Charitable , a fait un Livre depuis peu de certains Remèdes faciles, & à peu de. frais, en faveur des Pauvres ; fon humilité luy a fait cacher fon nom d'abord , Se prendre feulement la qua- lité de Médecin des Pauvres, quoy que fa feience, fon éloquence , Se fa charité mé- ritent qu'on l'appelle auprès des Rois : il prie Mcffieurs fes Confrères de trois choiesi qui feroit un fecours à jamais pour les Pau- vres abandonnez» Nvj 300 Recueil de Receptes. A l'exemple de Galien , l'un des Princes de la Médecine, qui a fait auffi un Traité de Remèdes aifez , & à peu de coût pour les Pauvres , il les prie de vifîter, ceux de leurs Villes, comme ce Charitable Payen faifoic de ceux de la fienne , Se vouloir s'af- fembler toutes les femaines à un jour de marché , pour donner des avis, & des Re- mèdes gratuitement , à ceux de la Campa- gne dont la pauvreté fera atteftéepar un cer- tificat de leur Curé. Qu'on ne craigne pas cette de'penfe, elle fera bien payée, les Païfans accommodez verront les bons effets de ces Remèdes , & y auront recours. Mais ce qui eft plus af- feuré, c'eft qu'on a affaire à un Dieu puiQ fant, libéral , & jaloux de fa gloire, qui ne fe laiffera pas vaincre en libéralité par des hommes. Il ne fouffrira pas que le Charita- ble luy donne, fans le luy rendre avec ufu- re ; fa parole y eft engagée , Centuplum ac- cipietis. Il a fait pleuvoir la Manne dans le defert à des ingrats ; il n'oubliera"pas le juf- te qui le fervira : nunquam vidijuftum dere- liclum* S'il fouffre quelquefois des Charirables dans la difette, c'eft pour augmenter leur mérite , par leur confiance , & leur patien- ce; & il leur donne dans cet état - là, les Seconde Partie 501 richeffes de l'efprit., qui eft une joye dans les fouffrances, au deffus de. toutes celles dont jouïffent les riches de la terre : l'Apô* tre nous affeurc en avoir joiiy , dans la faim, la foif Se la nudité. Une fouir illuftre d'au- tres Saints après luy nous l'affeurent aulfi : Il y a même de bonnes ames, Laïques, qui vivent encore parmy nous, abandonnez à la Providence . qui nous difent que cette joye eft an deffus des fens, & de tout ce qu'on en peut dire, Exuperat omnem fin* fum :Q^on eft ravy de fe voir paré delà li- viée & du manteau facré de l'humanité faill- ie de Jefus - Chrift pauvre , méprifé , foufc fiant fur la terre. Mais ces grâces triom- phantes font refervées pour des grands Saints ; car d'ordinaire , la recompenfe de l'aumône commence dés ce monde, pat l'a- bondance des richeffes temporelles. 2. Pour revenir au livre de nôtre illuftre Charitable , il prie encore Meffieurs fes Confrères , avec des paroles bien tendres Se preffantes, de vouloir être les Avocats des Pauvres auprès des riches : Que le riche fur tout étant malade , ouvrira la main libé- ralement à la ptiere de fon Médecin, en fa* veur des pauvres malades comme luy , efpe- rant auffi , que le Ciel par cette charité con- tribuera à cette guerifon. joî T^ecueil de Receptes, 3. Enfin la fanté de Noffcigneurs les Evê- ques eft pr; cieufc pour le bien de leurs Dio» céfes : Mcffieurs les Médecins peuvent beau- .. coup auprès d'eux. Nôtre Docteur Chari- table , les prie de faire ce qu'il a fait auprès du fien , f u Mr l'Archevêque de Sens. A fa prière il ordonna qu'on e'tablitoit ces Confréries de laCharité dont il eft parlé cy- deffus , dans toutes fes Parroiffes, qui font autant d'Hôpitaux Se d'aziles à jamais pour ces miferables delaiffez. Nôtre Médecin Charitable perfecutè par fes Confrères. I. Les bons deffeins de nôtre illuftre Cha. ritable Médecin , ont trouvé des cenfeurs intereffez parmy fès Confrères , qui ont écrit contre fon Livre ; ils l'accufent d'un crime glorieux , d'avoir révélé les fecrets de l'Art en faveur des Pauvres; d'avoir rendu tout le monde capable de faire la Médecine pour les affilier, & d'avoir renverfé par - là le Trône & le Tribunal utile des Méde- cins. 2. Une République , autrefois ennemie des Vertus éminentcs,chaffoit les Citoyens qui les poffedoient, de crainte que le peu- ple ne leur déférât la fouveraineté. Saint Grégoire, ce grand Pape, Se Docteur de Seconde Partie. 505 l'Eglife , ce prodige de Cnajrité , qui por- toit toùjour; avec luy le Rôle des Pauvres , pour avoir fuivi les-confcils de l'Evangile, Avoit vendu , Se caché dins le fein des Pauvres les grands trefors de fes porcs, Se les épargnes qu'il faifoit des revenus del'E-. glife, refufant quafi le neceffaircj néanmoins il fut blâmé par fon fucceffeur, & taxé d'or- "gueil, de vanité , & de prodigalité. 3. Après cela on ne doit pas trouver étrange , fi nôtre Docteur & Médecin Cha- ritable , a écé attaqué par des intereffez qui ne regardent q\ic la terre, & qu'il ait eu be- foin d'une Apologie pour fa défenfe. Son fils s'eft élevé comme un géant qui l'a cou- vert de fon feouclier, & fermé la bouche à fes ennemis, par un difeours fort , & élo- quent , à quoy on n'a pu répondre. Ce fils a été donné au Père par le Ciel, pour recompenfe de fes vertus. Car il eft tel, que s'il l'avoit choifi , il ne l'a u roi t pas fou- haitcplus parfait. Je n'ay le bonheur de les connoître que par leurs ouvrages remplis de cette Charité qui animoit les premiers Chrétiens. 4. Ce Livre plein de lumière, & de Cha- rité devroit êtr° entre les mains de tous les Curez, & Gentilshommes de la campa- gne. Quand ce ne feroit pas pour le fecours 304 Recueil de Receptes. des Pauvres, il apprend à tout le monde à parvenir, & à guérir les maladies fans frais. Dans le même Livre vous trouverez le Chi- rurgien Charitable, Se les Reglemens des Confréries de la Charité de fon Diocéfe, il ne coûte que vingt fols à Paris. Que 4es Remèdes de ce Mémoire feront contredits. I. Si le Livre dont nous venons de par- ler , i\ fçavant, & fi utile , qui ne propofe que les Remèdes ordinaires, a été comba- tu , il ne faudra pas s'étonner, fi les remè- des dont il eft parlé dans ce Mémoire feront cenfurez, parce que la préparation en eft plus aifée , & qu'ils coûtent encore moins, que ceux que propofe ce Médecin Charig table. 2. Luy. même en io'o'o. par un e^cés de zèle alors pour le bien des Pauvres, écrivit contre ces Remèdes commandez aux Evê- ques, par l'Affemblée générale du Clergé, pour le fecours des Pauvres gens de la Cam- pagne , il ne put croire d'abord , qu'un même remede pût guérir toutes fortes de maladies dont l'Ecole croit que les uns de- mandent des remèdes froids , & d'autres des remèdes chauds. Il ne put s'imaginer que pour $. livres 10. fols on pût avoir 2.à jooj Seconde 'Partie. .« 30$ Médecines toutes préparées qu'on pouvoi* porter dans la poche avec le Livre pour la forme de la diftnbution. 3. Cependant, fa Chavire' s'eft rendue à l'expérience ; car on voit que par la dernière reimpreffion de fon Livre, faite l'an paffe 1574. il a ôté tout ce qu'il avoit dit comte ces Remèdes du Clergé. Et en effet, les belles âmes fe rendent à la raifon & à l'expérience par tout où ils la trouvent fauffe parmy leurs ennemis. Le Baron de Renty, ce grand ferviteur de Dieu en nos jours, portoit toujours de ces Re- mèdes fur luy , qu'il diftribuoit par tout où il paffoit. Je le fais depuis dix ans, avec un fuccés merveilleux. Et tout plein d'au- tres perfonnes, en divers lieux du Royaume. J'ay appris à guérir toutes fortes de maux curables; tout le monde l'apprendra com- me moy , faifant ce que dit le Livre pour l'ufage de ces Remèdes du Clergé. Ce qu'a fait l'Affemblée de Paris pour le fe- cours de tous les 'Pauvres du Royaume. 1. En 1671. l'Affemblée de Paris envoya gratuitement un paquet de ces Remèdes dans tous les Diocéiès, comme elle y avoit été conviée par l'Affemblée générale du Clergé de 1670. Plufieurs de Noffcigncurs 30 6 Recueil de Receptes. les Prélats en demandent grand nombre pour leurs Paroiffes, on promettoit que les Curez en procureroient le rembourfement fix mois après, par les Fabriques qui avoient de quov , par une quefte, ou un emprunt, attendant des aumônes : il n'y a eu que j. à 6. Evêchez qui Payent fait £ il eft dû plus n de (2. à ij mille livres depuis long tems j cela a -obligé l'Affemblée de Paris, d'aban- <> donner le foin de la diftribution de ces Re- mèdes , de l'avance qu'elle en^faifok ; il fan- droit plus de 4. à 500. mille livres par an , pour en donner tous les ans un paquet gra- tuitement, à toutes les Paroiffes Se Hôpi- taux , il y en a 40. à jo. mille en France 5 qui en veut maintenant s'adreffe aux Mé- decins. Ce que F Affemblèe de Paris y eut faire encore pour fecourir tous les Pauvres du Royaume* 1. On a fait dreffer ce Mémoire, conte- nant le moyen de faire des Remèdes aifez fur les lieux Se fans frais , & qui guériront la plupart des maladies de ces Pauvres aban- donnez. Et afin que ce Mémoire foit envoyé dans * toutes les Paroiffes du Royaume , on prie ceux à qui on l'adreffe dans les Diocéfes , comme il a été dit cy deffus , Mrs les Grands Vicaires ou Supérieurs des Seminai- Secopde Partie. 307 tes , de le faire imprimer Se diftribuer à tous les Curez , Se qu'on rembourfera les frais. 3. Pour convier encore Mrs les Curez d'é- tablir ces Confréries de la Charité dans tou- tes les Paroifks de la France , on leur fait offre , comme il a été dit, de leur procurer gratuitement, des Indulgences , Autels Privilégiez, Reglemens pour la conduite & augmentation des Confrcùcs, & tout le refte de ce qui eft dit cy - diffus. 4'. Outre cela on a déjà diftribué plus de 80. à 100. mille teuilles gratuitement, pour établir l'accord des procès, querelles Se ini- mitiez des pauvres gens de campagne. Si l'Affemblée de Paris avoit des millions,el- le les employeroit avec joye pour le fecours des pauvres mifcrables dclaiffcz, Se aban- donnez, r Ils mènent fur la tetre la vie que Jesus- Chiust y a menée ; il a vécu pauvre, hu- milie , & fouffrant dés fa naiffance , depuis l'érable j.ifqucs à la mort fur un gibet infâ- me, méprifé, dclaiffè , accablé de douleur Se d'opprobres. Saturatus opprobriis. Ce doux Sauveur a fait toute fa vie pénitence publi- que , travaillant auffi comme les pauvres d'un métier vil, abjet & pénible pour ob- tenir le pardon des péchez des hommes. 6. Il continué cette pénitence, en la per- $0$ Recueil de Receptes.^ Tonne des Pauvres, pour obtenir le pardon des péchez des riches de chaque fiecle , moyennant que les riches en veuillent profi- ter , affiftans ces peuitens publics de leurs aumômes, vifites,& confolation : c'eft pour- quoy Jesus-Christ dans l'Evangile , les y exhorte fi fortement, comme le feul moyen pour opérer le falut. Que Dieu n'a pas befiin du bien des riches pour le fiutien des Pauvres ; c'eft pourquoy néanmoins il les conyie de leur en donner* Il a nourry dans le defert 600. mille com- battans 40. ans durant, de la Manne qu'il y faifoit pleuvoir. Il les a defalterez d'une Eau vive , qu'il tiroit d'un rocher, qui les fuivoit par tout. Petra fequebatur eos. Il a conferve' leurs habits , Se les a empêchez de s'ufer pendant tout ce tems -là; & a fait tous ces autres Miracles dont parle TEcritu- rc Son bras n'eft pas racourcy , le Ciel Se la terre ob:ïffent à fa voix , coainie ils fai- foient alors ; mais fa bonté eft fi grande pour le falut des riches , qu'il expofc le pauvre à fes yeux pour amolir fon coeur j exciter fa chariré , Se luy ouvrir par - là la porte du Ciei. 2. Enfin, il nous dit que le grand Com- mandement j eft d'aimer fon prochain corn- Seconde 'Partie. 509 me foy - même : c'eft à dire, qu'on eft obli- gé de luy procurer, fi on peut, tout le bien qu'on voudroit nous être fait , fi nous étions en fa place. Confclation, protection, au- mônes , Sec. fans cela point de falut. Moyen facile pour faire,& procurer aux Pau- yres , tout le bien dont on eft capable.- 1. T L faut mourir, il n'y a point de Chrê- X tien , qui le jour de fa mort ne voulût avoir fait le bien dont il auroit été capable & avoir imité la chaiicé des plus grands Saints, s'il avoit pu. 2. On prie donc tous ceux entre les mains de qui ce Mémoire tombera , en le recevant, de commencer à faire ce qu'ils voudroient avoir fait le jour de leur decés. 3. Quelle jcy: ce jour - là , fi on l'a faits Quelle douleur, Se qu'elle crainte fi on y a manqué ? Quelle frayeur, de paioîtrc de- vant le Trône de cette Juftice initée, d'un Dieu vengeur, qui menace dans le jour de fa colère , les cœurs endurcis de cet Arreft éfroyable , f'ay eu faim , fay été malade , yous ne ni avez, point v'tfité, allez, maudits dans les flammes éternelles. 4, Si on penfe à cet A«cft épouvantable, aïo Recueil de Receptes. toutes les fois qu'on entendra l'horloge fon- ner, fî on fait reflexion, à ce qu'on vou- droit avoir fait, fi on avoit à mourir fur l'heure , on fera tout le bien dont on fera capable ', Se par ce moyen les Confréries de la Chariré feront bien - tôt établies dans toutes les Paroiffes , & tous les Pauvres du Royaume feront fecourus'; tous les Prifoni niers délivrez, & on accordera des millions de procès , de querelles , d'inimitiez , com- me on voit par expérience, que Ton fait dans tous les lieux , où ces Confréries font établies. 5. Dans une petite Ville du Mayne, au Château du Loir > dés le premier mois que cette Confrérie y fut érigée, tous les Pau- vres , & piifonniers furent fecourus , Se 100. procès, Se querelles accordez. Dans les au- tres lieux cela fc fait à proportion. d.Qnelle benediction,principalcment à l'é- ' gard de l'accord des procéi,fources funeftes de tous maux , ennemis jurez de l'Evangile, fy de ces divines paroles de Jesus-Christ, montant dans les Cieux , 'Pacem meam do yobis , pacem meamrelinquo vobis. Cette divine paix, fut fi bien érabiie, Se maintenue par une médiation charitable, par tous les Pafteurs de l'Eglife militante, fuivant îe commandement de l'Apôtre, Die Eccleft*. Seconde 'Partie. an Nous avons des P.fteurs trés-zelez, en nos jours, qui le font encore très • digne- ment , comme nous avons dit ailleurs bien au long. 7. Si tous y veulent travailler, on verra renaîcre l'efprit mourai t de l'hvanoile par l'accord des-procés Se querelles, par le fe- cours qu'on donnera à tous ics pauvres , Se à tous les Prifonniers du Royaume. Cela fe fera , fi on a établi par tout, ces Confréries de la Charité, comme on a commencé avsc tant de fuccés. Tout le monde s'y met à caufe des ces Indulgences, Autels Privilé- giez , ces Priejes , Se ces Méfies, que cha- que Confrère fait dire pour ceux qui meu- rent. Cela excite , Se artire la dévotion à la Paroiffe , l'Eglife en eft mieux otnée , & le Sacrifice en vaut mieux. AVIS A Meffieurs les Curet\ I. Ceux qui auront établi des Confré- ries de la Charité dans leurs Paroiffes , & qui voudront des Indulgences, Autels Pri- vilégiez , Se le refte de ce qui eft dit cy-def- fus , que l'Affemblée de Paris procure gra- tuitement , envoyeront, s'il leur plaît, cor atj Recueil de Receptes. pie^ de l'acte d'érection canonique de leur Confrérie à Meffieurs leurs Grands Vicai- res , ou Supérieurs de leurs Séminaires, qui les envoyeront à Paris au Secrétaire de ladi- te Affemblée. Ou s'ils font éloignez des Villes Epifco* pales, ils pourront les envoyer directement audit Secrétaire , & marquer la voyc, Se la demeure à Paris, des Coches, ou Mefê faaers, pour leur envoyer ce qu'ils deman- deront , car le port des paquets eft trop chet par la porte. L'adreffe de leurs Lettres fera » s'il leur plaît. A Mr le Secrétaire de l'Affemblée, qui travaille' à établir des Confréries de la Cha- , rite , dans toutes les Paroiffes -, four fecourir tous les Pauyres, tf Prifonniers du Royaume» Chez Mr le Curé de Saint Sulpice à Paris. Autres Remèdes pour les Pauvres. De ÎJllufire & très - Charitable, Madame pouquet, dont îexemple a infpirc a l'Af- femblée de Taris le deflein de fiulager tous les Tauvres du Royaume\& perfuadé beau- coup de Dames à s'appliquer comme elle , à ces œuvres de 'Pieté. t. T Es Remèdes de cette fainte Dame , jLj font bien éprouvez : 11 y a plus de Seconde 'Partie. y$ yo. ans qu'elle en \\(e , avec un fuccés qui -tient du miracle. Elle les prépare elle-mê- me, les difttibuê, St les applique de (es propres mauis, fur les playes ulcérées des membres de Jésus-Christ» avec cet- te ardente Charité de cette grande Sainte , ■cini mérita d'être reffufeirée par le Prince *det, Apôtres, conjuré por les larmes de tous les Pauvres de l'Eglife naiffante. 2. Comme on achevoit d'imprimer cç Mémoire , on m'a donué le Livre des Re- mèdes de cette Dame , que Mr de l'Efcure, célèbre Docteur de Montpelier, Se Médecin de Mr l'Evêque d'Agdc , digne fils d'une telle Mère, a fait imprimer cette année 167$. à Ville . Franche en Languedoc , pour être envoyé à tous les Curez de fon Dicci'f ■, ou Mandement, du 25. May , pour ériger des Confréries de la Charité dans toutes les Pa» roiffes. j. Ce livre eft dédié aux Fcclefiaftiques des 4. Séminaires & du Collège, que ce P. cl u libéral & charitable , a établi &. fon- dé en fon tvêché. Il les exhorte, fortement & leur roirmonde d'apprendie dans le Se- Nuiriairc, à préparer ces Remèdes & tous antres , aifez Se tans fais, powr diftribuer dans leurs Millions, & dans leur* Paroiffes ; fin van l'ufpgc de l'Eglife, ccmme a tfic 5T4 'Rjcueil de Receptes, dit cy-de.ffus; l'exemple de Jesu«. Christ," & fon Commandement à ce Prêtre peu charitable, de panfer les mala- des , l'exemple de Saint Luc & de tous les Apôtres ; celuy du Pape Jean XXII. ce- luy deàRR. PP. Jefuites dans la naiffance de leur Ordre j Se la pratique de plufieurs autres Millionnaire?, Séculiers Se Réguliers* êe d'un grand nombre de Convents qui !e font encore à prefent, comme il a efié re- marqué cy - dcffufi; 4. Le prétexte des difpeivfes de Rome n'a été introduit qu'à caufe que les Ecclefiafti- ques relâchez & avares , prenoient de l'ar- gent des Rcmcdcs^ elle veut qu'on les donne gratuitement, fuivant l'ancien ufage.' cela-fe voit par les difpenfes mêmes : on n'en a pas befoin en France, comme il a été dit, fuivant le .Concordat confirmé par le Con- cile de Lairan, qui a conferve les Privilè- ges de nos Craduez eh Médecine , qui par là parviennent encore tous les jours aux Bé- néfices. 5. Cependant l'Affemblée de Paris, comme il a auffi efté dit c y - deffus, ne prie pas maintenant- MefLeurs les Curez de pré- parer & d'appliquer eux- mêmes les ren.e- des, fuivant l'ancien ufage ;-on les fuppïic feulement, très ; affrtôueufçnwnt, d'établir Seconde 'Partie. jïç ces Confréries de la Charité , qui foulage- ront tous les Pauvres à jamais, dans les lieux mêmes les plus mifcrables, comme on voit par expérience par tout où elles font éta- blies , faifant ce qui eft porté par les Regle- mens de ces Confréries, qu'on envoyera gratuitement à tous Mrs les Curez , qui auront agréable de les établir. Quelle fa- tisfaction pour eux, le jour de la mort , d'avoir contribué à foulager tous les Pau- vres du Royaume, & quel regret d'y avoir manqué , après en avoir efté prie/, par l'Af- femblée générale du Clergé de i6jo. & par tant de mémoires qu'on a depuis en- voyez , Se G fouvent dans tous les Dio- célcs. 6. J'envoyeray encore ce Livre de Remè- des de noltre Illuftre &.Charitable Mada- me Fouquet, dans tous les Diocéies, fi ceux à qui j'adrefferay ce Mémoire prennent la peine de le faire imprimer & diftribuer à tous les Curez de leurs Diocéfes,; comme ils en font très • humblement fuppliez : TAf- iaubiéc de Paris rembourfera bs fiais. 7.Ce Médecin Charitable,Mr de l'hfcurf, qui a fait imprimer les Remèdes de cette fainte Dame , canonife les Remèdes purga- tifs recommandez par le Clergé en 1670. dès 1671.il avoir auffi dit qu'un Chirurgien Oij $iê Recueil de Receptes. incrédule de la. Vdle d'Agde, qui pcrdoa la vcuê", qui s'étoit fervi inutilement de tous les remèdes ordinaires, avoit eftégucri pat ceux - cy.• 8. Mr de Treguier député de ladite Af- •femblée du Clergé de l5;o. luy attefta, que •dans fa Ville Epifcopale on avoit donné de •ces Remèdes en une femaine à a8. perfon- nes , dont vingt » quatre avoient efté gnc- jies le jour de la Medecine;Un vieillard en- tre autres , d'une fièvre quaite qui avoit 8o, ^ns. ç. Mr de Gap a écrit que fes Curez qui diftribuoient de ces Remèdes paffoient pour des farfeurs de Miracles ; qu'un enfant entre- aunes dms fon Hôpital General , dont le vifage, il y avoit deux ans, ne paroiffoit qu'une maffe de chair pourie, .qui l'empê- ,choit de voir, fut guéri en quinze jours, & cjue ceux de la Ville l'allerent voir parmi- racle. lo. Les Directeurs de l'Hôpital General de Nevers manderenr en 1671. que la petite vérole avoit efté tréi forte en leur Ville, que les Enfans des Pauvres qui avoient pris de ces Remèdes avoient guéri quafi tous fans «tre marquez; Qu'il étoic mort un grand nombre de ceux des riches, & que ceux qui gyoient echapé ét©ient/g£t marquez. Seconds Punies f[*p ir. Enfin NoùVigncuts les Evêques , ci- tez dans le Cnapitrc 4. du Livre de l'ufage de ces Remèdes, Grand Vicaires, Supé- rieurs des Séminaires , Abbcz, Ducs Si Pairs, Se autres , atteftent qu'ils gnerif- fènt toutes fortes de maladies curables » promptement, feurement, fans rechute , à peu de frais,chaque médecine ne revient pas à î. fols, pour neuf liv. 10. fois, les Méde- cins donnent un paquet, où il y en a eîcux- ou trois. 12. Voicy une atreffation récente ton- chant la pefte cfue ces Remèdes ont fait cef- fer en divers lieux : Mr Peliffon , Maître des Rcqueltes, qui fuit toujours le Ray , qui écrit fa vie , qui eft très - Charitable > a répandu de ces Remèdes depuis 2. ans, pour 2. ou 500. écus dans les Armées, Se dans les Paroiffes pauvres : Le Curé de Sainte Mar». guérite de Lez - Dié , en Lorraicae r vient de luy écrire, qu'ils ont guéri toutes fortes de maladies à dix lieues à la ronde, d'une fa- çon merveillcufe,. & fait ceffer la pefte d'a- bord , où l'on s'en eft fervi. Ces Pauvres reffufeitez, & leurs Curez ont fait des Pro- ceffions , Se prières publiques pour la profi. perité de Mr. Peliffon , & établi des Con- fréries de la Charité , dont les Confrères Si les Pauvres qu'on affiliera, prieront pour 31$ Recueil de Receptes* luy , tous les jours à perpétuité, en qualité de bien facteur - Il leur a fauve la vie fans les connoître par une libéralité qui a peu d'exemple. Les relations de divers Miffionnaires , qu'on a envoyez dans tous les Diocéfes de Canada, de Turquie, Allemagne , Se d'ail- leurs , difent des miracles de ces Remèdes du Clergé ; que par la guerifon des corps, ils parvenoient à guérir plus d'ames, que par leurs fermons , fuivant l'exemple des Apôtres, & l'ufage de l'Eglife , pratiqué jufques aux relâchemens du dernier h tle. 13. On publie la bonté de ces Remèdes pour convier beaucoup de Curez qui en ont, & les faire diftribuer, qui difoitnt ne lofer faire n'en ccnnoiffani les bons effets. On ne peut taxer l'Affemblée Charitable ,. d'intérêt, en les louant, elle a été ob'igée d'en abandonner la diftribution , Se l'avan- ce , comme il a été dit, tous les voul >icut gratuitement, il luy eft dû plus de doi.ze à quinze mille livres , pour en donner un paqu:: à chaque Paroiffe Se Hôpital , il y en a quarante à cinquante mille dans le Royaume. -n 14. Cependant pour tâcher à fecourir pat ailleurs tous les Pauvres delà France, clic a fait drefler ce Mémoire des Rc mules ai- Seconde 'Partie. %t$ lez & fans frais, dont elle fait offre à tous Mefficurs les Curez, qui auront agréable d'établif ces Confréries de la Charité, à qui elle procurera auffi gratuitement les InduW gences , Autels Privilégiez , Reglemens , Se tout le refte de ce qui eft dit cy - dellus. La dépenfc fera grande , en feuls imprimez , il faudra plus de deux à trois cens mille feuil- les , outrc'quattca vingt à cent mille qu'on a déjà diftribué. La façon pour finie ctm p Met, de trois- dxtùi chômes d* .bouillon sTuw», & de huit onces de pain . ce qu'on pratique dans les Hôpitaux Généraux & ailleurs. I J3 Rencz huitaine- cinq pintes d*ëau , L mettez- les dans un chauderon luté fur un fourneau , comme fout les faifeurs de Bière. U faudra les deux tiers moins de feu. 2. Mettez un gros robinet au bas de ce chauderon , pour en tirer le potage aifement Se promptement. 5 jettcz-y uoe livre Se demi de fei ,. quand l'eau f:ra tiède. a. Jettcz - y auffi quatre livres de farine,. celle d'avoine eft la meilleure , bien rôtie au four, ava.it d'être moulue, ou bien quatre 9 "'j P& Recueil de Receptes* livres d: ^nx;\ , où il y en a , cela épaiffit là; fo.ipc, Se luy donne bon goûr. y. Le plus qu'on y mettra d'herbes fera le mieux , on le fera cuire en la façon qui fuit. i. P.enez deux livres Se demi de beur- re falé, ou de gra .{fe. 2. Faites-les fondre dans une marmite à part , de la grandeur que les herbes la renipliffent toute, E!ic> en font de meilleur goû; , cuifent mieux , û:. j. Les jours gras, faucs fondre vôtre graiffe , Se la bien cure. 8. Jettez dans cette grailla , ou ce beurre, vos herbes peu à peu , remuez Se concaffez,. que le tout foit bien cuit. g. Si les herbes ne- rendent pas affez de jus pour pouvoir être cuites , avec fi peu de beurre , ou de graiffe , mettez - y de l'eau tiède dà grand chauderon, la quantité qu'il faudra. io. Vous ferez cuire les oignons,dc même manière. Pour les comme de la bouillie, au lieu qu'il ltiy faut bien du temps Si du mif- tere, quand il eft'entier i-mais cette viande-- n'eft pas pour les pauvres. 12. Vous couperez auffi par petits mor* ceaux, les choux , pourreaux, naveaux, oi* gnons& autres legumes,afin que cela fe puif- fe feparer plus également en cent portions*- 13. Il y a des oignons doux Se aigres, comme des pommes ; les aigres donnent meilleur goût à la foupe , Se il en fauc: moius. <■'-<'% 14. Quand les herbes ou légumes fonr cuites, on les jette dans l'eau bouillante du' grand chauderon , Se on fait bouillit le roue un quart d'heure, plus ou moinss que le-* potage ne foit bien affaifonné. 15; Quand on eft preft de tremperv on J7 jette deux petites cueiUerées de poivre »CL«P coûte à* Paris un fol,. *, 322 Recueil de Receptes. 16. On tire ce bouillon en diverfes ma-- nieres, & on y jette promptement cinquan- te livres de pain, coupé par petits mor- ceaux, gros comme la moitié du pouce, Se «on pas par petites foupes. 17. Si le pain s'émictte , ou fe réduit en bouillie, il eft bon de ne le pas metttequ'à proportion qu'on trempe le potage,pourvett qu'il foit bouillant* -18. Néanmoins plus le pain eft trempé,& plus la foupe eft chaude , quand on la man- ge , plus elle fortifie, raffafie & defaltere. C'eft pourquoy il feroit bon, fi cela fe peut faire commodément, de faire bouillir le pain avec la foupe , un Mifirere* Donnez un yerre d'eau tiède à un febricitant, au com- mencement de l'accès , cela empêche l'altea;. ration, & guérit.la fièvre , fi on continue deux ou trois accès. Diftributio» du Potage. 1. Il eft bon d'avoir une cueillere d'une demi chopine, & en donner quatre cueiUe- rées à dîner, & quatre à fouper, à chaque pauvre, au deffus de quinze ans. Cela ne ievieRdra gueres , comme il a été dit, qu'à deux fols par jour. Beaucoup de maudians fe contenteroient de moins. 2. Dans un tems de mifere, pendant les dernières guerres «je Pa^is, on a yeu par ex Seconde Partie. 3^ periencc , qu'un homme vivoit fainement d'un feul de ces potages par jour. Dans les Villes affiegées, les riches, qui voycnt leurs maifons foudroyées parle Canon,& cmbra- fées par les Bombes & pots à feu, ne fe croi- roient - ils pas heureux d'avoir un de nos pgtages par jour, dans un lieu de feureté ,, ou le pouvoir manger en repos, Se à l'om- bre du figuier v 3. Dans les Hôpitaux , il eft bon qud' chaque pauvre ait un pot de terre ou d'étaur couvert, pour tenir fa foupe chaude , parr ce que, comme il a été dit , plus le pain eft trempé , Se le potage chaud , plus il for~ tificjraffafie Si dcfaltcre,mangez du pain fec^, vous ferez altéré, & il chargera l'eftftmach.- BEURRE , Gr^AISSE , HUILE. %a façon de taffaiformer , qùil fera meilî- leur, qùd en faudra moins , é" donnera* au potage le goût de telles herbes que l'en' youdra , fans y en mettre , comme IHy ver on en manque fouvent dans les ffiittg Filles» i; A U mois de May ou de Septembre^ jljL qu'on faffe la provifion da beurre ? qu'on le fale feien fort r qu'qrr Prennc 4? 2t*^ Recueil de Receptes. thym S de la marjolaine , des fi boules ou de l'oignon, coupez le tout le plus menu qu'on pourra , qu'on les pctriffe bien avec le beurre en le falant.JEt le beurre donnera le goût de ces herbes au potage. Voilà pour les pauvres. 2. pour les délicats , faites à la mode de Lorraine. Faites fondre le beurre > étant frais fondu , faites- y cuire les herbes dont il eft parlé cy - deffus , falcz-Je bien fort quand il fera demi froid; Se le mettez en des pots déterre ou vaiffeaux de bois blanc. Ce beurre après être cuit, ne devient pas fort : il eft bon pour les potages, & pour les fri- tures. 3. Prenez de la graiffe de pourceau fraî- chement tué, faites - la fondre Se bien cul» re avec les herbes cy - deffus , falea • la , Se la confervez comme le beurre , elle fert auffi pour les fritutes qu'on fait à la graiffe,. 4. Si on ne veut pas que lès herbes y ref- tent, mais feulement le goût, qu'où y mette les herbes dans un nouet de toile , Se quand elles feront bien cflites, qu'on les tire , qu'on en exprime le jus, qu'on fera bouillir encore dans le beurre ou la graiffe £ jufqu'à parfaite coériorr. 5. Pour l'huile , dans le lieu où il eft bon,, gt$ boiv marché 35 on en fait du potage j Seconde Partie. 325" qu'on affaifonne comme celuy du beurre, dont eft parlé cy - deffus. 6. Pour empêcher l'huile de devenir forty quand il eft nouveau , on le fait bouillir , & pour le rendre plus doux on le fait bouillit #vcc un quart ou un tiers de beurre, ou de graiffe , Se on fale le tout, & on l'épice , comme eft dit cy - deffus pourla graiffe. Autre moyen" pour donner aw potage £' goût d'herbe\ fans y en mettre. 1. Prenez l'Efté des- herbes cy • deffus fe- parement, même la fauge , du romarin , du laurier , des pourreaus & antres herbes for- tes ; coupez les pourreaux, les oignons Se fiboules bien menu ; faites fecher le tout au four, reduifez - les en poudre, mettez - en en forme de poivre dans vôtre pot, dés qu'il commencera à bouillir. L'expérience vous apprendra la quantité qu'il en faudra met-; tre à raifon de vôtre bouillon. Confuhez auffi le goût de ceux que vous aurez à nour- rir. Tous n'aiment pas le goût des herbes fortes. 2. Les Turcs font février au four du bœuf trempe un mois dans du Cz\ Se du vinaigre , & le reduifent en poudre , ils en font du po- tage dans les Armées Se dans les Hôpitaux. 3, Ils font, la même chofe à: tUvcrs goifj 52$ Rjcueilde Receptesl fons, anguilles, morues, &c. & s'en fer* vent comme daffus. 4. En France , on le fait auffi à l'égarcf du poiffon , en quelques endroirs proche de la mer. Les Religieux de l'Abbaye de la Trape , à l'exemple de Saint Bernard leur Fonda- teur, font leurs potages fans beurre, huile, ny graiffe, ils l'affaifpnnent avec les poudres» dont eft parlé cy • deffus.1 Win- de la Second? Parti®* fr E C U E I D •DE NOUVEAUX REMEDES E T R E C E P TES- TROISIEME PARTIE. Emplâtre contre /es fluxion-} froïd*^ PRenez de l'huile de renard , de ca(? torcum , de coftin , & de lys j de cha- cun une once, de refine de pin, quatre onces, d'eau de vie'rectifie deux cueiUe- rées ; vous ferez cuire toutes ces chofes juf- qu'à la confiftance d'un emplâtre qui psfc- pourtant affez mol. Contre les meUrtriffeures. PçetlSZ de petites pièces d£ laid ave $28 Recueil de Rjceptes* la fauge , faites bouillir le tout dans le vin; puis baffinez-en la meurtriffeure , & à la fin appliquez le marc fur le coup. Remede admirable pour le mal d'eftomach & pour la colique. Prenez une poignée de mente, fleurs de romarin, Se de fine marjolaine ; pilez tou- tes ces herbes dans un mortier de marbre avec deux ou trois jaunes cTceurs , un peu d'huile rofat & de faiine de froment paltée ,. faites- en comme un cataplafme , Se l'appli- quez deffus. Pour îécirchûre des mammelks. Prenez cire neuve blanche» %i huile d'a- mandes douces, fondez Se mettez - les cn- femble , y ajoutant un peu d'eau rofe, & en frottez le mal : on peut ajouter de la tutie préparée avec l'eau rofe, puis en ferefc un emplâtre ; Se lavtz le mal auparavant avec du vin, qû vous aurez fiit bouillir des feuil- les d'olivier vertes ou feches. Ce Remede eft approuvé.. Contre les de fluxions fur les bras, ejr épau- les fans enfiâre. Prenez fleurs de geneft , dont vous rem- plirez une grande phiole , & y ajoutant^ d'huile d'olive , bouchez - la bien , & la te- nez dans le fumier l'efpace d'un an , vifitez- a chaque mois ^pouf changer le fwrnicr?|^ Troifùme Partie, \\ç la remplir dudit huile , s'il en nunquc , au bout de l'an fervez - vous- en. Une Da~nc à Moulins, qui marchait avec de* potences en fot pa.fjitemcnt guérie. Huile de vin propre a. toute forte de places* POur faire cet huile , prenez une livre d'huile d'olive , une chopine de vin, une bonne poignée de feuilles de plantin , une poignée de confolide , Se autant de mil- le - permis, une poignée de feuilles de rofes. Le to.it mis cnfemble dan* un poêlon , il le faut bien faire bouillir, jukp.i'à ce que Ici - dites herbes foient cuites, le palier dans un linge ,.bien pteffet Ici*lites hetbcs", en tirer le fuc, Se le mettre dans une phiole. Pour fe fervir de cet huile, prenez un peu- d'eau & de vin , faites- les tiédir furie feu , & aptes en laver la playe avec un linge & la fecher, & puis prendre un peu dudit huile, Se en oindre la playe avec une plume , Si après prendre une feuille de choux rouge que l'on paffera fur le feu, Se l'on l'oindra de cet huile . & l'on l'appliquera fur la playe j & par deffus vous mettrez le même linge, qui a furvi à la nettoyer*. ^o Recueil de Receptes* Baume artificiel pour plufieurs maxadies*- Racines d'Ariftokche ronde , Racines d'Iris , de chacune Et de pivoine, deux onces Des feuilles d'armoift. De Matricahe. D Origan , De Calam: ■■t, Tukgum , Abfimhe, Rhuë , M irjoU pt » Pre- ; Menthe, nez. | Sabine » JStcechas , Dnyande , « - Hypencon , 1 Anet, | Laurier, t* Melilot, ' ( Camomille, Sambuc , de chacune une poi{ n:e , ; Bayes de laurier & de gene\ re , de- I chacun une once , Semence d'^Agnus caftus , 6. onces.. Coloquinte , um onct t ! De canelie■ , J gingembre.,. Troifîème Partie.- 331 Gerofle, Mufcade , Aloés , de chacun, 3, onces. Eu f orbe , une once* Encens , une once, Storax liquide , deux onces. „ De la Myrrhe , Opoponax, de chacun Bdellium , deux onces» S.igapenum» /_ \. faut faire bouillir le tout dans une fuf« n'unie quantité d'h.iilc d'olive avec un-' t- nard ccorclsé Se e ver tsè , & k faire bouil- li! jufqu'à ce que la chr.i: foit toute fondt e, & puis vous y ajeûtcrcz fur le milieu toutes K fines drogue*. Ceî.; £l*A\ tout bien cuir, il le faut couler & preffer. Ce baume eft bon pour la migraine & les vertiges, en l'appliquant chaudement au front, & au deffus des oreilles , Se mer-L tre du linge chaud deffus. Pour toute deflu- xion tombant fur la poitrine , il faut frot- ter'chaudement cette partie. Pour les dou- leurs de ventre , colique , ventofitez , gra- velle , fuffocation de matrice , appliqué chaudement fur la partie malade. Pour les vers des enfans l'appliquer chaud fur le nom. bril. Pour les retractions, ou foibleffe da 55i Re.ueil de Receptes* nerf, & l'apoplexie, il faut l'appliquer char* dément après de fortes frictions. Remarquez qu'il faut ajouter à ce bau- me une livre d'huile rl'olive fur la fin , Se quatre onces de cire jaune , avec de la Te- rebentine. Baume contre les bleffiures. ^ Prenez racine de chardon béni & de va- lériane , demi once de chacune i feuilles d'hypericum deux onces, concaffer bien le tout, & les faire infufer pendant deux jours en vin blanc , puis il y faut ajouter trois onces de vieil huile d'olive , grains entiers de beau froment une once & demi ; cuire le tout tant que le vin foit confommé » & d'abard après le paffer 'Se exprimer par un linge, & ajouter-à i'expreffiort' neuf onces de Tercbcntine .-deux onces d'encens ta-. mifé, puis le faire bouillir un bouillon ou deux, Se le garder dans une phiole , qui foit bien bouchée. Pour s'en fervir,, Il faut laver la bleffurc avec vin blanc froid,puis l'en graiffer dedans & dehors du- dit baume bien chaud , même en feringucr dedans , Se rejoindre les deux cxtremitez de la playe , puis mettre deffus un linge imbu du même baume bien chaud , & par deffus un autre linge trempé en gros vin rouge Se froid, puis les comgteffes Se ligatures feches^ Trofirme Partie ^ Be il guérit les playes fimples de coups d'é- pce ^ de couteau en vingt quatre heures, en façon que la cicatrice de la playe ne pa- roît aucunement. Tour Us coupures , & ulcères . &c. Prenez de la Icuille d'herbe à la Reine, & exprimez - en le jus fur la coupure,* puis appliquez deffus le tout,ou bien faites fecher la feuille à l'ombre , & puis faites - la trem- per dans du vin chaud , & l'appliquez fur la playe ou ulcère. Cette herbe fe feme au m '1e de Mats. 'Peur les relaxations récentes , remede infiilhble. Prenez du vinaigre diftillé, fepare de tout fon phlegme, quatre livres de ly- targe d'or ou d'argent fans être préparée , mite en poudre , une' livre ; mêlez - le tout dans une phiole de vetre & agites - le pen* dant cinq ou fix jours,huit à dix fois le jour; il faut par aptes vetfer par inclination ladite liqueur, de laquelle tint foit peu chaude, vous en ferez une fomention , fur la relaxa- tion foir Se matin , pendant une heure avec des éponges, ou des compreffes de linge blanc un peu fortes, en y en laiffant une fur la relaxation.tcûjours trempée dans ladite li- queur. Il faut continuer ces fomentations huit à dix jours fculcmcnt,& garder le lit,ob lu ver un bon régime- 2^4 Kecueil de Receptes. Pour faire f onguent de l'herbe a la Reine ou Ntcoliane. Prenex une livre de feuilles récentes de cette herbe, pilez-les , cV les mettez avec de la cire neuve, poix raifine , huile d'oli- ve , graiffe de mouton , de chacun trois onces : faites bouillir le tout enfemblc, ju£ qu'à ce que le jus de l'herbe foit confommé, alors ajoutez - y trois onces de bonae terw bentinc , Se paffez le tout dans un linge, Se en ufer pour les playes & ulcères. * Vous remarquerez qu'il ne faut pas mê« 1er la terebentine que lors que l'onguent fe- ra paffé. • Onguent de TM*y. Prenez du beurre de la Lune de May ; deux livtes, du diachylum magnum , une li- \re, de cire neuve trois livres, poix raifine trois livres, environ, demi verre .de jus de citron. Faites fondre le beurre dans une pcèle de cuivre , étant fondu vous y jetterez le dia- chylum coupé par petits morceaux que vous ferez fondre auffi avec Je beurre ,• îe tout étant fondu , veus v jetterez'de même la poix raifine coupée p3r petits morceaux,que vous ferez fondre avec le refte, étant fon- due vous y jc:tcrez la cire coupée à petits picrccaux , & le t'ont enfemble , il faut le Troifîème T.trt'e. « faire bouillir pendant demy heure, pendant lequel tems, la faut remuer inceffamment > ayant levé la poêle de fur le feu on y ajoute le jeu de citron, y remuant le tout avec une fpatule jufques à ce que le tout foit bien in- corporé , ce qu'étant fait, vous le mettrez dans un por de terre , ou dans quelque autre vaiffeau bien propre. Cet onguent eft fort bon pour toutes fortes d'ulcercs Se blcffures- mais devant que l'appliquer, il faut bien baffmer la plave avec du vin & d'huile d'olive qu'on tait bouillir enfemble, & on j'en baffine auifi chaud qu'on le peut fouffrir. Onguent pour le fein des femmes enflé & turMfiè , a caufe du Lut qui s eft gru- mêle dedans, oh il y a crainte de quel- que cancer. PRenez une livre de miel, une chopine de bon vin , & douze jaunes d'oeufs: vous fepsz cuire le tout à feu lent jufques à la cenfomption du vin, Se vous mettiez vô- tre mixtion dans un pot de terre verni , bien bouché , & vous en appliquerez foir Se ma- tin fur le mal avec desétoupes bien chaudes, & des feuilles de choux rouges mortifiées, & vo:'s continuerez jufqu'à la fuppuration g> gjerifon. * j6 Rjcueil de Receptes. Onguent pour l hernie des petits enfant* Prenez de racines, tiges Se feuilles d'hie- ble au mois de May , de Vherniaria , & de la petite chelidoine : pilez bien toutes ces .herbes, Se les faites cuire dans un pot de terre avec du beurre de May , étant cuites pteffez • les & en tirez le. fuc que vous ferez bouillir jufqu'à ce que l'humidité foit éva- porée. Frottez de cet onguent la partie, ayant auparavant remis le boyau , & ban- dez bien cela avec une bande de toile ,. continuez les coctions jufqu'à entière gué- ri fon. Si vous voulez vous pourriez met- tre avec ledit onguent, la moitié d'Oxy* croceum , que vous trouverez chez les Apo- ticaires. - Onguent qui guérit infaillibUmtnv*Ae U Scia tique. Prenez une livre Se demi de poix blanche, & la faites fondre dans un pot neuf verriifTéî verfez - y enfuite quand elle fera fondue r.n petit verre d'excellente eau de vie, remuant l'un Se l'autre avec un petit bâton; il les faut laiffer cuire jufqu'à ce que l'eau de vie foit difîïpée par le feu allumé avec papier ou au- trement. Quelque efpace de tems après , comme d'an 'Pater , jettez dans le même pot un f^rteron de cire jaune vierge, deux crccs de Troifîème Partie. %qfi decanelle pulverifée , deux onces de gom- me ammoniac-concaffée, deux onces de fto* raux pulverifé, & deux onces de benjoim De plus deux onces de gomme Arabique entière, en gardant toujours le même cl^ pacc de temps cy - deffus dit , & remuant le tout avec le" petit bâton. Après L'entière cuite de ce que deffus, il faut retiter le pot du feu fans ceffer de rc-5 muer ce qui eft dedans, Se le verfer dans un fceau ou terrine pleine d'eau nette. Puis tirant la maffe de l'onguent de l'eaui il faut la tordre , & pétrir entre les mains tant que l'on peut, & l'ayant fortement Se beaucoup retordu , tiré & pétri , il la fauc étendre fur une peau de bafane blanche affez grande pour couvrir toute la cuiffe depui; la ceinture jufques au genouil, en fe mouïllanc par fois les mains, lors que la matière s'j| attachera. La quantité cy - deffus eft fuffifantepour; deux emplâtres, dcfquels fi le premier ne «nicrit entièrement le mal, ainfi qu'il faic d'ordinaire, le fécond le fera infailliblement; avec l'aide de Dieu. Avant que d'appliquer ledit emplâtre, il le faut parfemer de poivre concaffé , & de la poudre de fix mouches cantharides qu'il y faut jetter avant le poivre. Lçfdites rnoujj 538 Recueil de Rjceptes, ches canthatidcs fe pulveiifent fur la pèle de fer rougie au feu t envelopée dans un peu de papier, Se puis il les faut frotter Se refrotter dans un peu de linge blanc. L'application du fufdit emplâtre fe fait fur le malade couché vde fon long fur un matelats devant un grandVeu, en luy jettant nde l'eau de vie la meilleure qu'on pourra rencontrer,environ demy chopine tiède dans une écuelle, fur la partie malade, en la frot- tant fortement à plufieurs Se diverfes fois , tantôt avec les mains, Se puis avec des lin- ges les plus chauds qu'il pourra fouffrir, af- fez long temps, pour le moins un bon quart d'heure durant. Et enfin il faut appliquer l'emplâtte chaud de même , bien étendu Si tenu par quatre mains. Ledit emplâtre doit demeurer jufques à ce qu'il ait fait fon opération , laquelle finie il tombe de foy- même. Cependant il faut que le malade fe conferve , Se ne prenne point l'air, tandis qu'il aura lîeroplâtre. Pour faire l'onguent verd fouyerain* PRenez deux bonnes poignées de betoi- ne , deux poignées d'agiimoine 5 deux de vervaine , deux de pimpinelle , deux de mourron à la fleur rouge , Se de toutes lef- dites herbes, il ne faut rien ôter que la ra- cine, & y laiffer les côtes, les. bien laver .& Troifîème 'Paria. 359 ^nettoyer avec de l'eau nette , & les effuyes d'un linge blanc, les mettre tremper toutes enfemble dans un pot de terre, ou une tet- raffe nette, Se la remplir de bon vin blanc , ou à fon défaut de bon vin clairet, & faire que lefdites herbes trempent toutes dans ledit vin, & ayant couvert ledit vaiffeau,les laiffer tremper l'efpace de 23. heures, & après vous mettrez lefdites heibes toutes enfemble, les ferez cuire dans le même vin dans un grand chauderon , Se quand elles feront bien cuites, il les faut fortir Se les laiffer un peu refroidir, afin qu'on les puif- fe épreindre entre les mains, Se les bien pi- ler dans un mortier de pierre, Se les paffec dans une étaminc ou ferviette neuve, en forte qu'il ne demeure point de jus dans le mortier, ni dans la ferviette ou étaminc* Après vous remettrez ledit jus dans le vin , où elles auront cuit, fur le feu dans le même chauderon ; & faut prendre garde que le vin foit bien net, qu'il n'y demeure point d*her-i bes , ni autre ordure , Se puis étant fur le feu, vous y mettrez un bon grand plein verre de jus de niçotiane pillé Se paffé pan la ferviette ; & laifferez un peu cuire cette décoction, Se non pas gueres 5 puis yous f mettrez une livre de poix blanche, autre- ment dite , poix - refine , pilée & mife ca Pu 540 Recueil de Receptes. poudre & paffée par l'étamine ; Si comme ladite poix - refine fera fondue, vous y met- trez huit onces de cire vierge blanche, Se étant fondue , vousy mettrez une once de maftic bien épluché & mis en poudre, & il faut toujours remuer avec une petite palette de bois lefdites drogues fur le feu , Se laiffer ainfi bouillir affez longuement à petit feu environ un bon demy quart^fT heure , & fe prendre bien garde qu'il ne monte * Se que tout ne s'en aille par deffus; Se après defeen- rire le chauderon de deffus le feu, Se le mettre à terre pour le laiffer refroidir en re- muant toujours. Quand il fera affez froid afin que l'en y puiffe tenir le doigt , il faut avoir une livre de terebentine-de Venife de la meilleure, & la laver dans un baffin -d'air rain , Se la battre avec une petite palette de •bois, & changer neuf fois l'eau, Se faut qu'elle devienne blanche comme iait, & Payant bien égoutée, vous la mettrez dans laclite décoction en remuant toujours pour la bien incorporer, puis vous remettrez, le- dit chauderon fur le feu , & les ferez bouii. lit jufques à ce que vous connoîtrez que le- dit onguent ne tire plu -, Se en faut prendre avec ladite palette , & en mettre dans l'eau froide , ou du vin, Se étant refroidi, vous le broyerez entre les doigter, & s'il ne tire Troifîème Partie. 541 poihr, ce fera fîgne qu'il eft cuit, & lois il le faut ôter du feu , Se le laiffer refroidir feu- lement autant qu'il faut £our qu'on le puiflë aifcment toucher, pour le mettre en petits rouleaux, & les enveloper de papier blanc fait en canon. Ses vertus. Premièrement , il guérit toutes playes tant vieilles que nouvelles , en ôte la mau- vaife chair , & fait venir la bonne en peu de jours. Secondement, il jette hors toutes é- pincs s'il y en a , Se tontes autres pourritu- res de la playe. Troifiémemcnt, il guérit la morfure des ferpens, Se autres bétes veni- meufes ,v& jette hors le venin , Se guérit la playe. .Quatrièmement, il guérit tous les apoftemes, de les corps aux pieds. Cinquiè- mement -, les playes de la te't-, que fi l'os de la tête étoit rompu, il le peut racom- moder & joindre ; c'eft une choie éprouvée. Sixièmement, les ècroiiclles en quelle part qu'elles foient. Septièmement, les apofte- mes qui viennent entre la côte & les flancs. Huitièmement, il eft excellent pour toutes blcffures. Cet onguent fe doit faire la dernière fe- maine du mois de May, pour avoir les her- bes meilleures, Se de plus grande vertu î ou a feùil appliquée tiède furie mal Se fouvent. Pour les cancers. Prenez les feuilles du folanum llgnofufn , qui a la graine roug? , & la fleur bleue, lcl- quelles laverez & appliquerez fur le cancer foir & matin : mais comme cette plante ne fê trouve pas dans l'Hyver, il en faut faire un onguent comme s'enfuit, qui eft auffi* bon que la feuille. Troifîème Partie. 345 Prenez quantité defdites feuilles de ce Jvlanum lignofum , que vous concafferez dans un mortier de marbre avec un pilon de bois, puis après prendre une quantité de la meilleure huile d'olive que vous voudrez, que vous mettrez dans un pot de terre qui tienne au feu , dans lequel vous ferez bouil- lir une bonne poignée defdites feuilles con- caffées jufques à ficcité , ce que vous ferez avec une cucillere percée , Se en y remettant d'autte , continuant le même ordre cinq ou fis fois , par après coulerez ladite huile , & fur chaque livre d'huile, vous y ferez fondre une once Se demy de cire jaune neuve ; Se quand la cire fera fondue , retirez le pot du feu pour le laiffer refroidr. Vous garderez cet onguent pour vous en fervir au befoin.Ec il le faut changer foir & matin tant feule- ment.-- Remarquez qu'il faut faire bouillir ledit huile avec ladite herbe à feu modéré , & ja- mais violent, Se la diffolution de la cire fur les cendreschaudes. U faut refaire ledit on- guent tous les ans > & le garder dans un lieu tempéré. 11 eft fouverain pour toutes les inflam- mations, vieua ulcères , malins & putti- âîh IW< 34$ Recueil de Receptes. {Pour la méchante odeur qui vient d'une pitui- te pourrie dans le conduit de l'odorat. PRenez de l'eau de veau & du fuc de blet- tes , égale portion de chacun , tirez-en tous les matins par le nez , & continuez, Se la mauvaife odear paffera. Tour la puanteur du ne\. Prenez du jus de menthe & de thuë, Se en mettez fouvent dans le nez;vous ferez bouil- lir avec le jus de ces herbes, quelques doux de girofle avec de lacanelle. Recepte pour les boutons du vifage. Prenez demy livre d'eau de vie , de vinai- gre , deux cueiUerées ; de fouffre gris, la groffeur d'une noix ; pilez - le bien Se le mê- lez pour en laver les boutons foir & matin fans les effuyer. Cataplafme pour faire meurir un apofteme ,& particulièrement des mameles des femmes. Prenez des feuilles de violettes de Mars, mauves, marguerites des Jardins, ou fau- vages * faites - les cuire dans du lait ; étans- cuites , hachez-les menu, remettez-les dans un pot de terre verniffé ry ajoutant un peu de beurre frais , de mie de pain blanc, & du tout vous en ferez un cataplafme pour appliquer fur le mal j il faut renouveller le cataplafme de 12. en 12,heures.Ce lerneçjtc eft jÊpprouYc & éprouvé* Troifîème Partie. §2$ ' Tommade pour empêcher les marques & ta- ches que la yerole laifte ordinairement fur le yifitge. CHerchez du fein ou panne de porc mâ- le fraîchement tué, en telle quantité qu'on pourra : coupez- la en petits mor» ceaux, mettez-la dans une poëlc pour la fricafîer , jufqu'à ce que le tout foit rouffet & bien cuit ; cependant faites tenir, un linge blanc & peu clair fur un fceau d'eau fraîche & nette: & jettez fur le linge tout ce qui fera dans la poêle , afin que le fondu tombe dans l'eau au travers du linge , lequel étant bien égouté au deffous de l'eau , vous battrez cette eau avec une fpatule ou cueil- lere de bois, jufqu'à ce que la graiffe pa- ' roiffe feparée de l'eau et? 'devenue blanche comme cire , ce qui demande qu'on la tire du premier fceau d'eau pour la remettre dans - un fécond & troifîème*, afin de la bien épue rer. pour lors tirez-la de l'eau ,& régoûtant fort diligemment, mettez • la dans un pot de terre verni, grand à proportion de U quantité pour en ufer en la manière fuivan- te. Ayez un petit plat de quelque matière qu'il vous fera commode , mettez y de cet- se graiffe environ fix cucUlçrêes rje bouche 3 * "" Pvj, 348 Recueil de Receptes. faites - la fondre fur dis cendres chaudes, mettez - y deux cueiUerées de jus de citton à demy pourry , Se autant d'eau de plantin; battez le tout enfemble pour en fine un mélange, & le tout étant un peu tiède vous en oindrez le vifage du malade, dés auff-rôt que vous appercevrez que la vérole luyen- yoyera quelque fiftule ou tache au vifage, Se ce avec le bout d'une plume", ou du coton, ce que vous réitérerez trois fois par,jour, luy couvrirez le vifage d'un linge pour évi- ter tout air, & l'empêcher d'y toucher, ni quelqu'autre, jufques à ce qu'il foit hors de danger: Recepte contre la gratelle. Prenez racines de Lapathum acutum ; fai- tes - les bien cuire , ôtez le bois de dedans ^ ou fi voulez , prenez - les crues , & ôtez le bois de dedans » mettez-les en pâte, que vous incorporerez avec du vieux oing ; oie •gnez- vous - en le forr proche un bon feu , y ajoutant de l'argent vif, & de la poulpe iïemda campana. Tour la gangrené, playes & ulcères. Prenez deux onces de iel commun , trois de vitriol, Se quatre d'alum calciné : faites^ les bouillir dans deux pintes cUeau qui re- viennent à une:lavez de ceue eau le lieu Jrieffé, Se mettez une feuille de choux pai TroifilmeTartie* ■ '349 deffus t & s'il picque un peu trop, on met un linge détrempé dans l'eau par deffus la feuille de choux, &on l'ôte fix heures après, & on continue , remettant une autre coction - & feuille de choux jufqu'à l'entière gueri- fon. « Tour la cure dès tumeurs pefttlentielles, ap* pellèes bubons* LOrs qu'elles paroîtront, & pour don- ner iffuë au venin , il faudra cauterifer avec un fer chaud à la fuperficie du cuir ySe après ufer de cataplafmes pour le faire meu- rir ; ceux qui ne voudront appliquer un fer chaud , pourront ufer de pierre cauftique , qu'ils pourront faire avec du favon & de la chaux vive pétrie cnfemble , ou bien avec du fcl, du poivre , de la fuye de cheminée , & de la chaux vive , & de cette pouîfce en mettre aux tumeurs après avoir fearifié la peau jufques à ce qu'il forte quelques goûtes de fang. Les cataplafmes fe peuvent faite de diverfes façons,ceux qui n'en fçavent point, pourront prendre les plus faciles, tels qu'ils s'enfuivent. Cataplafme. PRenez un-oignon, faites - le cuire fous ia braize, & après pilez - le , & y met- tez le poids cle trois ou quaite écus $ie bon 3$o Recueil de Receptes* theriaque, Si appliquez - le. Autre. Prenez une poignée d'ozeille , faites .la coire dans du papier fousJa cendre chaude, la pilez avec limaces avec la coque , Se deux jaunes d'oeufs, fuivant la qnantité qu'en vou- drez faire, le tout bien falé avec de farine d'orge ou feigle fi vous en avez,& changerez deux fois le jour fur la tumeur. Autre. Prenez racines de mauve blanche, dite 'Althaa, c}ue ferez bouillir ; au lieu d'icelle, prenez des mauves communes, l'herbe, pi- lez • la bien , une bulbe de lys cuite fous la braize , le tout bien pilé , avoir du miel ce qu'il faudra , l'ayant fait bouillit un quart d'heure, mettez le tout enfemble avec les jauno d'oeufs qu'il faudra , auquel pourrez ajouter du levain Se du (cl, & l'appliquerez comme deffus. Quand la tumeur fera meure, la faudra bien faire fluer ; Se fi elle n'a affez d'ouvertu- re, la faudra faire ouvrir avec une lancette, & uferez de l'onguent fuivant ; prenez une once d'huile rofat, fi en pouvez avoir, ou d'huile d'olives, un jaune d'œuf, Se demy * once de terebentine. tAutre. le fuc d'ache avec cju nfiel, ou tel autre; qu'il vous plaira^ Trolfî'me Tartie. 35* Tour la cure des Charbons* DEs le commencement que le charbon paroît, le faut eauterifet avec un fer chaud, ou bien avec des pierres cauftiques comme au bubon ; mais autour d'iceluy faut mettre du dcffenfif fait avec du vinaigre rofat, eau tofe.& du bol, Se le renouveller foir Se matin y Se quand l'efcare fera faite , & qu'on aura tué ledit charbon , il faudra faire tomber ladite efcare avec de la graiffe de pourceau , ou du beurre, autrement avec un jaune d'oeuf & de graiffe de pourceau. L'ulccre frra mondifie avec J'onguent apium ou bafilicum; ceux qui ne pourront avoir defdits onguents, pourront faire le f uvant. Prenez d'huile d'olives, avec autant de vin , la quantité qu'il vous plaira, que vous ferez bouillir jufques que tout le vin foit exhalé , ce que pourrez connoître lors qu'il ne mènera plus de bruit, & y mettrez de cire neuve, ce qu'il faudra pour faire ledit onguent. Autre Onguent. Prenez de f miles de choux , telle quan- tité qu'il vous plaira, pilez - les , Se en ti- rez le jus , que ferez bouillir avec autant d'huile d'olives, & le ferez évaporer, après l ajouterez un peu de terebentine , & un. r 3$2 Recueil de Receptes. jaune d'ceuf, & en uferez comme deffus. Remede pour arrêter le fang du nez.. Prenez une poignée d'orties noires ,froiQ fez- les entre vos mains , & mettez-en dans les narines Se les oreilles ; ou bien du lue def- dites orties. Un linge mouillé dans l'oxycrat & mis autour.du col-, fait un effet merveilleux: ou bien du coton d'écritoire , ©lis dans la nari^ ne, d'où le fang fort. Pour guérir toute forte de gangrenés , peftes", playes & maladies yeneneufes, ou ' yenerienes. Fapon d'ufir de ce remede. LE remede eft compofé d'eau Se d'otW guent ; celuy - cy ne fert qu'en emplâ» très, ou onctions, Se l'eau fera prife par la bouche , flairée fur des linges trempez , ou étuvant& baffinant les parties incommo- dées ,* fi la maladie eft veneneufê , il en faut boire , Se jamais plus de deux ou trois cueii- lerées au matin , Se autant le foir. Si c'eft une fimple playe ouverte, il la faut baffiner, &en casque ce fût un furoncle-, charbon , ou pefte , qui n'eût pas d'ouverrure pour re- cevoir cette eau , il faut faire ouverture avec la lancette , afin qu'elle pénètre dans le ve- nin >Pout \e tjjer, dehors à la faveur ç]e l'os*1 Troificmc Tartii. 353 ■iju.ent que vous y appliquerez s après l'avoir bien lavé & baffine. Sur tout prenez foin de tenir toutes les parties, où vous applique- rez de cet onguent, bien nettes , fans che- veux & fans poils , ny autres ordures, & de réitérer ou renouveller du moins deux fois le jour. Qjiant aux rnaladics venetienes ou honteufes ,-la pureté de ma ptofeffion ne me permet pas d'en parler amplement ; mais comme elles peuvent arriver par malheur à des perfonnes ennemies de l'impureté, par charité je diray feulement que les hommes &lcs femmes fc pcuveiit,guerir de toutes ces maladies , quelques caufes qu'elles puifilnt avoir, en beuvant promptement de, cette eau pour luy couper chemin , Se en faifant des injections dans la partie malade avec la ferin- gue Se appliquant des emplâtres de l'on- guent-, s'il paroît fur eux quelque playe ou place remarquable. Façon de traiter & guérir la gangrené* QUand vous entreprendrez la cure d'un membre gangrené, prenez un plat d'étain ou de terre, mettez-y de ladite eau, quand ellj fera tiede , trempez du coton ou liivc blanc délié, baffinez Se écuvcz d'une main iegerc la partie malads i & deax ou uois doigts autour de l'inflammation i en- 2?4 Recueil de Receptes* fuite faites un emplâtre , fur une toile comJ mune,dc la largeur del'inflanimationil'ayant appliqué, couvrez-le d'un linge plié en quatre, Se imbu de cette eau , qui paffe au de- là de l'emplâtre de trois doigts ; rcïre- rez ce traitement de fix en fix heures, vous verrez bien - tôt un cercle entre la bonne & mauvaife chair ; Se quand il fera formé, vous enlèverez Se déchamerez peu à peu avec le biftory la chair mortifiée, continuant tou- jours le remede jufques à une parfaite gueri- fon fans l'altérer, ni changer aucunement ni ajouter ou diminuer. Si les playes font internes, il les faut feringuer, fi elles font étroites, il les faut élargir, & vous verrez des merveilleufes cures en peu de temps. Turgation que le malade prendra pendant fon traitement pour le décharger des plus mali* gnes humeurs, & fortifier la nature afin de repoujjer le venin plus aifiment. JEttcz dans une chopine de vin blanc une once de fené du Levant bien mondé , de- my once de feuilles de thym ou de ferpolet, Se un quatt d'once d'epithyme ; mettez le tout enfemble dans un pot verniffé Se bien bouché - laiffez • les infufer & tremper du- rant 40. heures, paffez le tout par un linge r & donnez - le en trois matins au malade » Se Troifîème Partie. ^jr deux heures après un bouillon , & vous en verrez de» effets éconnans. Cette médecine eft propre aux goûtes, feiatiques, aux gales, dartres ; elle purifie la mélancolie j.le phlegmc, le cerveau,le foye, la rate, le poumon , defopile les entrailles, aiguife la veuë , l'oùie , & ôtc la douleur de tête, le mal caduc, le trouble d'efprit, les rêveries ; aide à la guerifon des parties inter- nes Se externes-; elle eft facile , de vil prix , Se pvjpre en tout temps. Eau excellente contre la gangrené , & autres- playes for dt de s. AYez quatre onces d'Ariftoloche ronde, coupez • la en rouelles menues , après en avoir ôté l'écorce , lavez - la trois fois dans du vin blanc , jettcz - la avec huit on- ces de fucre fin dans d.ux pintes de bon vin blanc mifes dans un pot verniffé, le tout bien couverte ferré de forte que la fumée n'en puiffe fortir, faites- le bouillir à petit feu jufques a la diminution d'un tiers ; reti- rez - le pour lors du feu ; étant refroidi vous le coulerez par un linge blanc , & mettrez l'eau dans une phiole pour vous en fervir au befoin , Se tenez - la diligemment bouchée. Cette eau ne doit être gardée pour la pren- dre pat la bouche plus de huit jouis, car eU $?<5 Recueil de Receptes* ij le devient trop amerei mais elle eft toujours' bonn: à toutes ks autres operations,& quoy qu'elle moififfe facilement, elle ne laiffe pas de produire fes effets , en-ôtant le moify , prenant le net & le puri< Cette eau gurrit encore des enflures , des douleurs de reins, de côté , & autres , s'en frottant devant le feu , & appliquant fur la douleur un lint»e double en quatre imbu d'icelle. Onguent prccieux~pour les playes. CEtte compofition demande une gran- de patience , prudence Se diligence , pour éviter les accidens qui peuvent furve- nir, Si obferver ponctuellement les mefu- res, les poids, conditions Se circonftances. Premièrement vous aurez une fivre de cire jaune Se neuve , une livre de raifinée , une livre de gomme de pin, ou fi on n'en trouve , une livre de colophonc, & les con- ca{ferez ; préparez une poèfle à faire confitu- res proportionnée à la quantité que vous en voudrez faire , une fpatule de bois, & un feu de charbon , ou un petit fourneau. Vous jetterez la cire dans cette poëfle en la met- tant fur le feu pour la faire fondre ; étant toute fondue vous y ajouterez la raifinée,que vous mêlerez l'efpace de demy heure avec la fpatule-, enfuite vous y mettrez la gomme Troifîème Tarde. ^ rou colophonc , mêlant le tout afin de l'in- corporer avec la cire l'efpace d'une heure à petit feu , ctainte qu'elles ne fe condenfent au fond de la poêle; au bout dé tout le tems vous la.retirerez du feu pour la laiffer tiédir jufques à ce qu'il foit capable feulement de fondre quatre livres de beurre frais de May, & non falé que vous y mêlerez avec la fpa- tule, durant une heure 5e hors du feu. Sur tout ayez foin d'y mélanger un peu plus de demy once de verd de gris bien pul- verifé & tamifé , un quart d'heure après que vous y aurez jette le beurre, battant fans ccffe,jufqu'à ce que le verd de gris foit incor- poré avec les gommes & le beurre; dont vous v-ous appercevrez quani le verd de gris aura changé fa couleur en verdure. Alors vous mettrez la poêle fur les cendres chaudes , Se mêlerez encore le tout l'efpace de demy heure. C'eft-là qu'il faut prendre garde que l'onguent ne bouille , parct qu'il fe perdroit. ■Cette demy h^nre finie, vous le panerez pat un linge fort Se clair, pour purger Se feparet 4'ongucnt d'avec les ordnres des gommes Se taifinecs, recevant dans un pot de terre ver- niffé ce qui diftillera par le linge, & le con- fervcrez foigneufement, pour vouj» en fervir ^ommeil^étédit. 358 Recueil de Receptes, t N'ajoutez Se ne diminuez quoy que ce foit en cette compofition, fi vous ne voulez vous tromper, & tenez pour certain que fi elle n'eft point altérée, vous en verrez des effets prodigieux avec l'aide deDieu : Car ce remede guérit toutes fortes de bleffures fai- tes avec armes à feu, épées, couteaux , ou autres ferremens , de quelques figures qu'ils foient, même les rondes, qui parlent pour incurables, les lavant de l'eau , & oignant de l'onguent, il ramaffe la chair la plus éczu telée j Se d'autant qu'aux playes rondes , il n'y a point d'approche de chair pour la réu- nir , il fuppléc à ce malheur en augmentant la chair par un cercle prefque incroyable, fi je ne l'avois vu; mais il n'en faut rien couper Se laiffer agir cette eau & cet onguent juf- qu'à ce que la clôture foit faite ,.& la playe guérie. 11 eft auffi propre aux playes les plus in- vétérées , mortifiées & gangrenées, à toutes meurtriffeures de bâtons , pierres, ou chû- tes , aux foulures , coups de pieds, maux d'avanture qui viennent aux doigts, aux chancres, aux loupes des jambes,à la teigne, aux dartres farineufes^ aux furoncles, & à la rache. U remédie aux morfures des loups,chiens enragez, ou d'autre bête, aux piqueures d$s Ttoifièmc Partie, $5£ fcorpions ou ferpens, au farcin des chevaux, Se généralement à toutes fortes de playes Se venins, tant d'hommes que de bêtes. Remede pour la douleur des dents, MEttez une poignée de fauge nouvel- lement cueillie fut une pelé rougie au feu , & jettez - y peu à peu du meilleur vinaigre,&une demi poignée de fel,le tout é- tant à demi confia mélangé,vousle mettrez entre deux linges , l'app-iquerez fur la joue malade, le plus chaudement que vous pour- rez, ne prenez pas l'air, & réitérez ce reme- de de fix en fix heures principalement après avoir été faigné, & après avoir pris un lave- ment ou deux. Tour arrêter le fang d'une coupure» Prenez quantité d'otties, pilez - les & les appliquez fur la coupure, Se le fang s'ar- rêtera. Pour la rache des petits enfans, yermine efr gale. Prenez d'eau forte avec du mercure , ou argent vif, Se le précipitez , ce qui fe fait dans yne phiole , mêlant l'un avec l'autre, & fur un feu modéré, c'eft à dire des cendres avec quelques charbons , laiffant exhaler l'eau forte , Se l'y tenant tant que cela fume- ra , Se après puWerifcz le reftant fSe le me- ; 6*o IRjcueil de Recepfesl lez avec de beurre frais. Le mélange eft qu'il fcut feize fois plus de beurre que ladi- te poudre : par exemple s'il y a demi once de poudre, faut huit onces de beurre, Se méicr bien le tout dans un mortier, Se après en oindre la tête. Contre la maie - teigne ou rache. Prenez du fei de verre une once, du met- cure cinq onces, de vitriol Romain dix on- ces , alum de roche cinq onces, poix rrfî- ne trois onces , verd de gris cinq onces 9te* rebentinc deux onces, ftyrax liquide deux onces , colophone trois onces, graiffe de porc quatre onces, huile d'holivc une once, cire jaune deux onces. Pour faire l'onguent, il faut pulverîfer le fei de verre , le vitriol, l'alum, le verd de gris , le fang de dragon fèparement en pou- dre fubtile j pour le mercure il le faut étein* dre dans la terebentine & le ftyrax liquide. Se le bien remuer jufqu'à ce que le mercure ne paroiffe point, & ayant fondu auparavant la colophone, la poix refine, la graiffe de porc, la cire & l'huile enfemble dans un poêlon : il faut jetter toutes ces chofes fon- dues dans le vafe cù l'on aura délayé le mer- cure avec la terebentine : Se bien remuer avec une fpatule de bois : étant prefque froid il y faut ajouter les iufdites poudres , Se les bien Troifîème Partie. 3*1 bien incorporer en les remuant. L'ufage tft de purger fouvent le malade avec la panchymagogue & le melanogogue» puis luy razer le poil, & frotter ou oindre du fuîdit onguent toutes les playes, corn* mençant le matin , puis changer le foir, ea bien nettoyant la tcte i Se ainfi il faut conti- nuer jufqu'à paifaite guerifon, & appliqua; deffus une calote de veffie de pourceau. Tour les cirons , gale, & teigne des pieds « * ou des mams, & autres endroits. LA vez - vous du lait de vache bouilli, ou parfumez - vous de la fumée de fouffre jette fur les charbons. Pour la rougeur de U petite vérole. Prenez un pain molct de trois fols,& trois chopines de lait nouvellement tiré; fendez le pain par moitié, Se le mettez trempée dans le lait, puis mettez le tout dans le bain • marie, Se faites-le diftiller, Se de cette eau vous en laverez fouvent jufqu'à ce quej ces rougeurs foient paffées. Cpntre ta rougeur des yeux. Prenez un œuf, faites - le durcir, coupez- le en long, prenez les deux blancs feulement; & faites infufer un peu de fucre candi avec de l'eau rofe, Se puis appliquez le (ofit fus les yeux pendant la nuit, Q j $6% Recueil de Receptes. Voyez les remèdes contre le mal des yeux. Tour la goutte. Prenez deux ou trois liv. de falpetre rafî- né , mettez - le dans un grand creuiet,entre les charbons ardens, allumanrle feu petit à petit, que le creufet ait fon couvercle»qu'qn puiffe ôter avec des pincettes, le falpetre étant fondu Se liquide , ôtez le couvercle, & jettez dedans une petite pincée de pouffte- re de charbon en poudre C de faulc eft le meilleur ) & remettez d'abord le couvercle, continuant ainfi jufqu'à ce que ladite pouf- fiere de charbon ne s'embraie plus, mais de- meure fur le falpetre fans brûler 9 ce qui fe fait dans quatre heures. Prenez ce fei fixé, jettez- le dans de l'eau chaude ,laquelle filtrerez à travers un papier brouillard & un linge ; dans cette eau falée .mettez - y de l'antimoine en poudre trés- fubtile en telle quantité que le fei foit au double du poids de l'antimoine,faites bouil- lir le tout dans une marmite de fer bien net- te , & évaporer toute l'eau ; Se il.vous reflé- ta vôtre antimoine avec le fei fixé , lefquels vous mettrez dans un creufet entre les char- bons ardens , & les tiendrez fur le feu envi- ron deux heures , les remuant de temps en temps avec une baguette de fer > après pic- Troifîème Partiel $6*3 nez toute cette matière en poudre fubtile , & la faites bouillir dans la même marmite avec de l'eau infufée fur la chaux vivre bien claire, la leflive viendra rouge, étant rou- ge, filtrez ladite ieffive dans une terrine bien nette , Se jettez deffus du vinaigre , Se la poudre de l'antimoine fe précipitera au fonds, rouge comme du fang : continuant ainfi à faire bouillir dans ladite eau de chaux vive, tant qu'elle pourra tirer de la teinture de cette maffe qui eft reftée ; jettez fur cette poudre précipitée , & tirée de toutes ces menftruës, de l'eau commune en grande quantité , pour luy ôter en diverfes lo- tions réitérées la fènteur du fouffre Se de l'an- timoine , Se fechez après ladite poudre au Soleil* La doze eft de douze grains jufqu'à 20.8t à 50. en neceffité , ou avec du fucre, ou avec du vin, bouillon, eau . conferve de rofes* Elle fert pour la goutte, la gravelle, l'hv- dropifie^ l'cpilepfic , la pefte , Se toute forte de fièvres, & fur tout la quarte. Ou peut prendre un bouillon , fi - tôt qu'on a pris ce remede; mais après il faut demeurer quatre, heures fans manger. L'antimoine le plus luifant en rayes les plus longues Se éclatantes, eft le meilleur, Mçttez-lc en poudre dans un mortier 4c fer. $6*4 Recueil de Receptes, Se que la poudre foit très - fubtile, qu'elle ne luife point. fomjippaifer tfr diffiper les douleurs qui eau- fent la goutte jsn quelque par fie. Prenez du tabac en feuilles vertes» diftil- lez - les jufques à fuccité j prenez le £aput mormarri, mettez - le dans un pot4e terre à feu , Se le faites calciner à blancheur, & en tirez le fei avec eau commune bien claire, Se reùniffez ce fei avec fon efprit, Se puis prenez du tartre ce qu'il vous plaira , Se le calcinez entre des charbons lit fur lit j jettcz le tartre calciné dans l'eau claire & .chaude, fîlrrez- la , faites - la évaporer dans un ver- re jufqu'à la fuccité ; mettez un peu de ce fcl dans le fufdit efprit, Se appliquez • le chaud fut la douleur avec du coton ou linge. Pour la douleur des nerfs. Prenez de l'huile de cire jaune, qui fe fait en achant la cire, Se la mêlant avec des os calcinez , ou avec des cendres , & eu fai- fant la diftillation au bain de fable, il faut oindre de cet huile un peu chaud les parties où eft la douleur, papou de préparer l'antimoine. IL faut concaffer l'antimoine gro/fiere-î __ ment, Se le remettre dans un creufet aj^ Troifîème Partie. y6e dent par diverfes reprifes avec autant de fal- petre , le remuant avec un bâton ardent »■ après quoy on le verfe , le creufet étant re- froidi , ©n prend ce qui eft en bas, fi la couleur en eft jaune, c'eft marque qu'il eft bien préparé , le deffus fert pour les urinesj La dofe eft de deux à quatre grains en fubf- tance , & en infufion , de cinq à fix grains ; il eft bon pour toutes les fièvres intermit- tantes, les prenant dans un jaune d'oeuf , Si par deffus un demi verre de vin, ou de bouil- lon , & après qu'on a vomi deux ou trois fois, bailler un demi bouillon pour faciliter le vorniffement. il ne le faut bailler à ceux qui ont craché le fang, ni à ceux qui font foibles, Se qui ont difficulté de vomir.- On le peut donner à jeun , ou fix heures après le repas, ou au commencement de la fiévro» C'eft un remede gênerai pour toutes les obf trustions, pour le mal d eftomach, de rate , mal caduc , apoplexie y rage , folie, pefte, vérole, & autres telles incommoditez.Quel- ques - uns les mêlent par parties égales avec du mercure préparé, donnant deux grains de Tu n, Se deux de l'autre. Le mercure fe prépare prenant deux fois autant d'eau forte, Se le calciner; la diffo- lution faite, on met deffus autant d'eau fa- le'c que d'eau fotte , après quoy on verfç le Qjij $66 Recueil de Receptes» tout dans une grande terrine non verniffée j ou mieux dans une grande bouteille de ver- re , le tout va en bas comme caillé: après deux ou trois heures on verfe l'eau par in- clination , après o i y en remet, réitérant ce- la trois ou quatre fois ; & après l'avoir def- feché, on le tourne mouiller avec de l'eau ro- fe , & on le feche derechef. La doze eft comme celle de l'antimoine contre toutes maladies provenantes d'humidité pourrie , comme gales , hydropifies , enftûres Se feui- bables. Tour une defcente aux petits enfans. Prenez de la racine de Confolida major , Se raclez tout le deffus, Se des raclures qui font fort aftringentes>on en fêta un emplâtre, & l'appliquer fur le mal, puis bander le ma- lade , & luy faire garder le lit l'efpace de fix femaines. Contre les vers des petits enfans. Prenez del'aloës fucotrin, pilez-le bien, & le trempez avec du jus d'orange, pour en faire un emplâtre qu'on appliquera fur le cœur avec un peu de pommadé de jafinin , ou d'orange. Remede pour la pleurefîe, Un remede de jus de buglôle ou de bour- rache quand on eft échauffé, le prendre foir Se matin. ^Troifîème Tante. 367 Ou bien prendre une pomme , la creufer, Se la remplit de maftic , ou de bon encens , puis la mettre cuire proche du feu ; Se fi ce- finie fiiffit pas pour faire diffoudre le maftic, il y faut appliquer une pèle rougie au feu, Se puis de la pomme Se du maftic faire un emplâtre * Se le renouveller de temps en temps ; cela fait diffoudre le fang qui eft amatfc au côté. Autre excellent remede pour ta pleurefîe* Compofition. ON prend de courges longues, ni trop, ni trop peu meures , Se affez tendres , afin que l'on y puiffe imprimer l'ongle ; on les râpe , Se on les épluche à la façon des na- veauxou raves: on les coupe de toute leur longueur, de la largneur & épaiffeur du pou- ce i on ôte le refte de la courge ; on pefe ces pièces longues Se différentes : cela fait on pefe autant d'huile d'olive, & ainfi s'il y a deux , quatre, fix livres de courges,on prend de cet huile , on les met dans un pot de ter- re neuf, le plus fort que l'on pourra trou- ver, Si qui ait un couvercle de terre qui joigne bien , ou de fer , Si l'on fait bouillit ledit huile & courges à feu modéré , tait de charbon , ou autre braife fans fiâmes , juf- qu'à ce que lefdites courges foient du tout %6% Recueil de Receptes. deffechées ; on écoule le pot, ou l'on en ofe les courges avec une cueilliere de fer percée, & l'on le fait paffer à travers un linge grof- fier. Après cela on remet l'huilé au pot bien nettoyé , on le porte chez un Maréchal ou 'Serrurier où il y ait forge, ou fi l'on n'a pas cette edmmodité , on fait affez de feu che? foy pour faire rougir du fer ; on fait cou- per d'une barre de fer pur & non travaillé, fix petits carreaux de la largeur de deux trai vers de doigt, on les fait bien rougir, on met ledit pot dans une terrine , afin que s'il fe caffe , l'huile ne fe perde pas ;on éteint un defdits carreaux rougi dans l'huile, Se on y met le couvercle afin de l'éteindre ; l'huile étant un peu froidi, on y en remet un autre, Se l'on fait rougir de nouveau celuy qu'on a tiré , Se ainfi de tous les autres qui doivent être rougis & éteints dans l'huile , chacun trois fois ; Se voilà l'huile parfait, Se en état de guérir la pleurefie, le fer y ayant été éteint dix - huit fois. Et c'eft à l'air dans un jardin , ou dans une cour, à caufe de la puanteur. Cet huile fe garde plufieurs années, il eft meilleur fait tous les ans. Troifîème Partie; \*l Vfage. ON fait bien chauffer un peu de ce? huile, & on l'applique fur la partie où eft la douleur, le plus chaudement que le malade le peut fouffrir ;on y met un peu d'étoupes chaudes, & un linge chauffé par deffus, avec une ligature , afin qu'en fe re- muant il n'ôte le remede de diffus le mal ; Se s'il y a douleur de plufieurs cotez , comme il arrive fouvent, on fait l'onction par tout ; & fi là douleur change de lieu, on change Ponction , & on la fait pat tout* Si dans cinq ou fix heures le malade ne crache pas bien après la première onction , ce qui arrive rarement, on vient à une le* coude qui ne manque point d'ouvrir l'abf* ces , & de reneîre la fanté. Ce remede a guéri des milliers de per* fonnes defefpcrces, à Rome , & à Turin , & a été donné au public par un Reli- gieux , qui mourant voulut que fon fecret |ç> publiât, m 'SLV, b° Recueil des Recuptes. Emplâtre pour appliquer fur toutes fortes de douleurs, appelle toile emplafiique* . Drogues, Toix refîne, M. onces; Toix de Bourgogne, 4. onces. Poix noire , 2. onces. Cire jaune, # q-onces* Galbanum , & affa feetida , de cha- cune demy once* Suif de mouton , 2* once si Huile d'olive, i.once* Terebentine de Venife , 2* »««'« Préparation. IL faut faire-fondre le tout enfemble, puis îe couler tout chaud à travers un linge bien clair , après y tremper une pièce de toile neuve un peu fine, & la ratiffer avec un couteau fur une table mouillée, & la polir avec un liffoir. Cet emplâtre fait un grand effet étant api pliqué fur toutes fortes de douleurs : il faut î'ôter foir & matin , & le fecher , parce qu'il attire l'humeur, de la partie malade. Troifîème Tartie, 371 Recepte pour appaifir le mal de matrice. AYez pour deux fols de poix de Bour- gogne , pour autant d'encens fin en poudre, pour trois fols de terebentine,avec deux blancs d'oeufs, le tout bien battu en- femble avec la poix fondue dans un plat, fai- tes - en un lit fur du cotton , & appliquez-le fur le nombril, & le bandez d'un linge, qui enveloppe le malade , vous verrez un effet merveilleux. 'Autre. Une goûte de quinte - effence d'anis avec du fyrop capillaire, ou avec du bouillon ,- cclaToulage. Pour faire tomber les tayes des yeux i & autres ordures» AChetez deux fols d'eau rofe« & un fol d'aloës , Se pour autant d'eau de fe* noùil, mettez le tout dans une phiole, &- avec le bout d'une plume vous en ferez dif- tiller quelques gouttes dans les yeux , trois > fois par jour. Tour le mal des yeux* PRenez de l'eau de fontaine ou de riviè- re , un pot, Se y mettrez trois quarts d'once cjç vitriol blanc en poudre, une on- 372 Recueil de Receptes, ce Se demy de racine d'iris de Florence bien fechée fur la pèle du feu, prenant garde qu'elle ne brûle ; & quand elle fera fechée $ vous la mettrez auffi en poudre bien fine , une once Se demy de fucre candy , auffi mis en poudre i le tout fedoit mettre dans une aiguière ou autre vaiffeau, pour le verfer & reverfer d'un à l'autre & de haut en bas l'ef- pace d'un quarr.d'heure, & après que le tout fera bien battu & mêlé enfemble , le vuider & le laiffer repofer dans une phiole de verre neuf, & en mettre quelques gouttes dans les yeux'foir Se matin. Cette^au fortifie la veuë , nettoyé les yeux , fait fortir les chofes qui y font entrées , &c. tAutre. FAites durcir un oeuf frais à la braife, ôtez- en iacocque, fendez - le en deux, ôtez le jaunea Se à la place mettez de l'alun de roche en poudre qui ne foit point cuit? il faut rejoindre l'œuf Se l'attacher avec quantité de filets, jufques à ce qu'il en foit tout couvert, mettez - le dans un verre avec de l'eau rofe, laiffez - le infufer 24. heures dans un lieu bien frais, Se après vous coule- rez ladite eau à travers un linge. Pour vous en fervir , il en faut mettre une goutte avec le doigt au coin de l'ceil, foir fc marin, Se quand vous aurez les yeux rou- Troifiime Partie. %1\ ge$, vous en ferez rçueri dans 14. heures. Il faut mettre de l'eau rofe dans le ver- re , jufques à ce que l'œuf en foit tout cou- verte Autre. PRenez un œuf dur, coupez - le en long' pat la milieu , ôtez-en les deux jaunes, puis mettez dans le vuide des deux blancs «n peu cfeau rofe & de fucte candy : mettez ces deux blancs fur des charbons allumez, k. laiffez - les - y jufques à ce que l'eau rofe avec le fucre candy foient fondus Se imbi- bez dans le blanc. Le foir appliquez ces deux blancs fur les yeux comme des lunet- tes , Se mettez un bandeau pour les tenir i rekçrez quelquefois ce remede , Se le malfr; de guérira, comme on a expérimenté. Rjmede contre la gravele & difficulté. d'urine. Prenez de la pariétaire qui croit aux mu- railles , pilez - la dans un mortier , puis la faites frire dans une poêle avec affez de beur- re, Se mettez.lafur le nombril autant chaud qu'il fe pourra fofffrk i Se quand elle fera re- froidie , mettez - y - en d'autres, que vous continuerez, pendant deux, heures, Se ce re- mède fera des mejY§jUes« , •^f\ Recueil des Receptes* Autre Recepte pour la rétention dyVrinen* IL faut avoir un citron , & le couper en travers par le milieu , puis le faire chauf- fer beaucoup , en forte néanmoins qu*on le puiffe fouffrir : on couvrira ledit citron de fei , puis on en mettra une partie de chaque côté du bas ventre, ou emontoires i & dans peu de temps la force du jus & du fei diffi- pera les flegmes qui bouchent le paffagede l'urine. On pourra réitérer la fufdite appli- . cation toutes les fois que la rétention revieng' dra. U faut obferver une chofe, qui eft, que lors que l'on fera l'application dudit ci-" tron , il faut que le malade foit couché fur le dos, & qu'il y relie un affez long temps , afin que le Remede puiffe faire fon opéra» tion. Tour les chûtes violentes^ FAites promptemenfavaler à la perfonnS" tombée un demy verre d'huile d'olive, Se tout le fang Se le cerveau fe calmeront,' fans qu'il y ait aucun fyncope. Si tout le Corp* eft meurtri, écorchez incontinent un ou deux moutons pour l'enveloper de leurs peaux . dans vingt - quatte heures il fera re- mis , Se fentira plus distinctement {es prinJ cipales bkiuues, S'il y a fra&uie ou diflç^ Troifîème Partie. 375" cation d*os,mettez le malade entre les mains des Chirurgiens ou Habilleurs ; mais s'il n'y a que meurttiffeure ou foulure des nerfs,vous appliquerez fur la partie de l'onguent ou de la toile que vous trouverez décrit pour les fluxions Se blcffures. Toudre pour deffecher les cheveux* PRenez deux livres d'amidon en poudre que vous détremperez dans une chopi- ne d'eau de vie , dans laquelle vous aurez Fait infufer une once de doux de girofles , Se ayant mêlé le tout enfemble , vous le fe- rez fecher au Soleil, puis vous la pafferez par un tamis de foye, cV vous la confèrverez dans un vafe de verre , pour vous en fervir au befoiiv- pi 1 1 mi . n ■■ » 1 1 m m. m - f »*% 'Méthode de cueillir & fe feryir des herbes, yulneraires qui fe trouvent aux mon- tagnes , dont les noms font, Tirole, | Luifantine , Pied de lion Sanicle, Bugle , petit fanicle> ou Ver- [ Angélique fituv âge \ ge d'or. 3^6* Recueil de Receptes, AU mois de Juillet depuis le plein de la lune jufques au renouveau, il fauc envoyer à la montagne un homme exprés, qui cueille de toutes les herbes fufnommées, en auffi grande quantité qu'il fe pourra de chacune,lefquelles il mettra dans des facs,& lefquelles étant cueillies le plus promptement que faire fe pourra , feront portées au lieu préparé pour les faire fecher, après avoir été très - foigneufement épluchées de toutes au- tres herbes & mouffe qui fe mêle en les cueil- lant, & il faut feparer chaque forte à part ; après quoy elles doivent être étendues dans une chambre fur des linges , 3c couvertes d'autres litiges, afin qu'elles fe fechent net- tement & également '9,Se quand elles font bien feches, vous les mettez dans des fa- chetsde papier bien preffées: & quand vous vous en voulez fervir, il en faut prendre de chacune par égale quantité autant qu'il en faut pour faire le po'd> d'une once , ou uns bonne poignée, toutes mêlées, vous les bri- ferez affez menues , & les mettrez avec une pinte de vin blanc dans un pot de terre neuf ou de fonte bien net de toute graiffe, & les ferez bouillir bien couvertes refpaee -qu'il faut pour cuire un œuf frais bien dur, & les fortirez du feu , les laiflam toujours £ans le pot couvertes j Se quand yous en Troifîème Partie. $77 voudrez prendre » ce qui doit être le matin à jeun , Si deux heures avant fouper, vous en coulerez un petit verre, & vous le ferez un peu chauffer devant que de le prendte.U faut obferver que quand il y a fiévres,il faut met- tre la moitié d'eau pour les cuire, & quand la neceffité eft preffante, il ne faut point s'ar- rêter au matin ni au foir ; ladite potion eft bonne & utile à toutes heures y Se il la faut prendre plus chaude^ Tyfane aperitive tempérée ; excellente pour toutes fortes de perfonnes , enfans dr au- tres , & fur tout aux vieillards. T L faut prendre une demy memrc d'avoi- JL ne delà meilleure , Si bien nette Se lavée, & pour ua fol de chicorée fauvage nouvel' lement arrachée , faifant une petite poignée; les mettre bouillir enfemble dans fix pintes d'eau de rivière , pendant trois quarts d'heu- re à bouillon médiocre, puis y ajouter une demie once de cryftal minerai , revenant à ij. deniers, Se trois ou quarte cueiUerées de miel à manger , choifi du meilleur, faifant environ le poids d'un quarteron , Se remettre encore le tout bouillir cnfemble pendant une demi heure, & après pafler le tout par un hiige,mertez l'eau qui en fort dans une creu- ehc , Si la-laitier refroidir.. 3;8 Recueil de Receptes'. On prendra de cette eau le matin à jéim deux bons verres ; après midy trois ou qua- tre heures avant fon dîner encore deux au- tres verres, Se continuer ainfi pendant l'ef- pace de quinze jours, fans qu'il foit befoin de garder le lit ou la chambre , fans faigner^. ni autres délicatefîès, Se vivre à i'accoûtu- mée. Les foibles n'en prennent qu'un ver- re, Se en font fort foulagez. Ceux qui font replets ou conftipev! , peuvent commencer par quelque lavement ou légère purgation , afin que ce remede opère mieux. Ce breu- vage eft fort doux en Ces opérations i il pur?* ge parfaitement les reins, fait fort uriner, cracher, moucher ,- décharge le cerveau, nettoyé le paumon , le foye, & la rate ; chaffe toute putréfaction interne, tout mal de tête, gravellc, la pierre nouvellement formée, toute fièvre quarte , tierce, même invétérée, joute colique Se mal de côté , toute gale, gratelle, laffitude des membre?,; affoupiffernent ; ouvre l'appétit , fait dor- mir , rafraîchit, engraiffe , donne force & vigueur aux fens, donne fanté. Il eft fort nourriffant, Si fcmble encore operet un ou deux mois après qu'il a été pris ; dans le temps de la canicule il fai: mieux qu'en toute autre faifon, 5c repare merveilleufe- ment les forces; & l'expérience fait voir que- Troifîème Tartie. 579 c'eft un remede univerfel pour toute mala- die. On en peut prendre tous les jours fans qu'il puiffe faire mal, excepté pourtant les grands froids & gelées, hormis qu'on le tienne bien chaudemenr. Pour le conferver en fanté fuffit d'en prendre pendant quinze jours une ou deux fois l'année, principale- ment pendant les gtandes chaleurs. Il ne lâ- che pas beaucoup le ventre,mais il décharge de toute urine épaiffe, gravcleufe Se pierreu- fe , Se de toute humeur mal- faifante. Monfieur de Saintg Catherine , Médecin très - célèbre , en prenoit trois fois l'année , avant l'Hyver, vers Pâques, Se dans les ■plus grandes chaleurs de i'hfté,& par la ver- tu de ce remede a vê.u jufques prés de fix- vingts ans.' Expérimenté auffi par plufieurs, qui ont par ce moyen été guéris de plufieurs mala- dies invétérées Se defcfperéesjfans aucun au- tre remede , ni lavement , ni faignée. 1) a délivré fur tout d'un continuel mal de tête invétéré , qu'on croyoit fans remede , Se des fluxions invétérées furies bras. Tyfane pour purger doucement li bile , appel- lée vulgairement', tyfane à ta Reine* Prenez le poids d'une piftole de fenné , & une poignée de pimpinelle , coupez la moi- tié d'un citron en tranches, Se exprimez le 380 'Rjcueil de Receptes, jus de l'autre moitié, caffez une branche dé' regliffe, ajoutez îo. grains de criftal mine- rai, tl fauc mettre le tout dans un vaiffeau de terre de payence, Se mettre deftus trois verres d'eau de la plus légère j l'on y peut ajouter trois doux de girofle. Il faut laiffer infufer le tout l'efpace de douze heures; & fi l'on al'eftomac foible,il faudra fairel'infu- fion fur les cendres chaudes. tAutre Tyfane laxative. Prenez une once de fènné , fix dragmes de polypode concafte , deux dragmes de crif- tal minerai, deux dragmes de rôles de Pro- vins , fix dragmes de reeliffc , une pincée ou deux d'anis. Faites mfufer le tout dans trois chopines d'eau l'efpace de quatorze heures à froid , puis le paffez à travers un lin- ge. Vous prendrez de cette tyzane un verre à cinq heures du matin, Se deux heures après un autre verre,& trois heures 3prés un bouil- lon qu'il faudra prendre froid. Tyz.ane , ou efpece d'hydromel pour toute forte eTobftruftion, & même pour guérir de ïhydropifie. Prenez des racines de chicorée, & deux poignées de pimpinclîç, vous les jetterez fur quatre pots d'eau , & les ôtant de deffus le feu , fur chaque pot d'eau vous y ajoûte- rezen bouillant une cueillerée de miel blanc Troifîème Tart'ief 7,îl que vous ferez bouillir jufqu'à ce qu'il u'é- cume plus, Se en prenez deux chaque matin de quatre a cinq verres, & vous promenez, comme fi vous prenies. les eaux minérales. Quelques - uns y ajoutent .quelques gout- tes d'efprit de fouffre ou .de -vitriol pour leur donner une acidité agréable,. Se pour mieux imiter les eaux minérales , ayant foin de fe purger de temps en temps nendapt ledit ufage. DecoUion pour îloydropifie. prenez de racine d'afperges , racines d'orties , racines d'ozcilles , de chicorée, & de gramen, de poîypode de chefne , de l'écorce de frangula , de chacun deux pnees. Vous mettrez le tout dans un pot de terr re neuf tenant trois pots d'eau , laquelle eau auparavant que la mettre avec lefdites raci- nes, après les avoir nettoyées & ôté le coeur, vous la ferrerez huit ou neuf fois avec un carreau d'acier i lcfquelles racines vous laif- ferez cuire dans ladite eau jufqu'à ce qu'elle foit décrue d'un tiers j après prenez une chauffe à pafter Vhypocras, Se mettez au fonds d'iceHc deux onces de fucre, la pefan- teur d'un écu.de poudre de canellc ^ Se pane- rez la fufditc décoction dans la chaufle huit pu neuf fois, Se en baillerez un verre au ma: , 4 582 Recueil de Receptes. lade, deux fois par jour loin du repas.! Remede pour purger. Prenez demy livre d'afocs fuçcotrin du plus fin , pilez- le, blutez- le par le blutoir le plus délié de TApoticaire, Se de cette f«j ri ne avec le foc des rofes pâles faites une pâ- te déliée, comme fi c'étoit pour faire des hoftics; expofez cela dans un vafe de terre verniffé, ou verre affez large , ( afin que le Soleil y ait accès ) aux rayons du Soleil, Se à mefure qu'il s'épaiflixa , remettez - y tou- jours un peu de fuc de ces rofes, rémuant bien chaque jour ledit aloê's, pour le bien incorporer avec ledit fuc ; & continuez cela durant les chaleurs de juillet & d'Août. La doze eft comme de deux petites aman^ des, plus ou moins, félon que l'expérience fera connoître ; l'on le prend demi heure avant de fouper ; Se fi on veut purger la tête , l'on le prend le foir avant fe mettre au lit. Autre purgation douce. Infufion de l'aillet cuit au four, ou de fenné en feuille , de l'aloés , & les prendre deux heures avâqt le fouper , # quatre heu- res avant dîner. L'infuiion de caffe, coti- gnac laxatif, pommes cuites ^ figues fraî-j ches, les raifîns au commencement du re- pas i marcher à pieds nuds à plate terre iç Troifîème Partie* 383 matin ou le foir avant que de fe coucher t ou bien prendre un aillet cuit au four, ou fous la cendre, le manger pour fon fouper, Se tien autre. Autre manière facile pour fe purger. Quelques - uns fe purgent avec de la caf- fa confite j les autres avec un bouillon de cinq cueiUerées de firop de pèches : les au- tres avec de la caffe prife dans les hoftics : les autres avec de h tyzane royale faite avec le jus d'un citron , du fenné , pimpinellc, le tout infufe pendant une nuit. D'autres avec deux onces de manne dans un bouillon* Contre le mal de tcte & mal.de dent. 11 faut fe peigner le matin à rebours de poil, éviter le fereinj Se fi on l'a pris, fe frotr ter la tête proche du feu. Tour décharger le ceryeau* Prenez le vericV la fc.ille de réparées ou blettes, qu'il faut piler dans un mortier, & en tirer une cueillerée de jus, & Tat« tirez pat le nez. Ce remede eft plus fou-, verain au mois de May que dans une autre fa i fon. At*tre Recepte. La regliffe d'Efpagne , le maftic, le ta- bac en poudre , le feuné, la poudre de ca- ndie .mêlée avec du tabac en poudre. La fauge machécje matin. 3$4 Recueil de Rjceptes. &imede pour guérir ïtfquinance qui eft fans fiéyre. Prenez la plus grande quantité que vous pourrez de jeunes hirondelles dans le nid , & lea faites fecher dans un oot de terre ver-; ni au four, & e'tant réduites en poudre , vous en donnerez une dragme le matin, Se autant le foir , avec un bouillon, au mala- de. l£s PolonOis fe fervent du profond d'am- bre jaune, pour cet effet ils le font recevoir au malade par la bouche avec un entonnoir renverfé. * Contre tes maux de gosier & du palais. Faites une tyfane d'orge que vous paie- rez dan* un linge blanc, vous y ajouterez du miel rofat, ou bien de celuy de Narbon- ne, Se battez le tout enfemble dans deux Verres ou deux écuelle?, Sg vous vous en gurgariferez. Tour guérir la ftiatique. Prenez une once de falfcpareille , demy once de bonneefquine , :l'une & l'autre dé» coupées menu ; un quart d'once de faffafras, cV autant de fantal rouge, rappé avec une lime de Serrurier. Vous ferez tremper le tout durant vingt - quatre heures dans dis livres d'eau de fontaine dans un pot déterre yerniffé k bien couvert » fur les cendres chaudes, Troifîème Partie. . ffi chaudes, puis vous le ferez bouillir & di- minuer du tiers » & fur la fin vous y mettrez un peu de regliffe concaffée , vous les cou- lerez & mettrez dans des bouteilles, Se en boirez au lieu de vin. Vous ne mangerez point de falure, ni choux, ni pourreaux , ni oignons, ni autres méchantes viandes,peu de potage, force rôtis, & peu de bouilli. Vous ne fortirez point le foir au ferjin', ni le jour au Soleil, il faut ufer de cette décoc- tion douze jours de fuite. Pendant ces douze jours, de trois en trois jours vous ferez tremper à froid tout la nuit dans un verre de cette décoction un quart d'once de fenné de Levant bien choifijcV une dragme d'hermodactes concaffées, & le paf- ferez j le lendemain vous le prendrez à jeun tenant la chambre ce jour - là , comme d'une médecine, Se vous abftenir de tout ç^cês. Tilules pour les obftruQions de la rate. Prenez de gomme ammoniac , quatre dragmes ; de rhubarbe , d'aloës, crème de tartre , fafran de Mars, de chacun une drag- me ; myrrhe , fafran Oriental, Se de maftic de chacun deux dragmes. Le tout étant mis1 en poudre, avec du firop d'abfynthe vous erf formerez une maffe de pilules. La doze eft; d'une clragme, dont vous en formerez fepÇ $6 Recueil de Receptes. pilules avec le même firop. Vous prendrez ces pilules le matin trois heures avant k re» pas deux fois la femainc. Pour te mal des dents. Faites bouillir de la fauge avec du gros vin & du fei, puis la couler, jettez dedans un pot de vinaigre, .d'eau de vie, dont vous gargariferez chaudement. Tour la pkurefte & fauffe pleurefie. Prenez quantité de bourrache, laquelle ( fi îe malade étoit aux cxtremitez ) on met? tr* dans un mortier de fonte, ou de marbre, ou autre , Se vous la battrez avec un pilon dé fonte, & le jus qui en proviendra, on le fera boire au malade î après quoy on le cou- vrira de quantité de couvertes : on luy met™ tra fur le cœur une ferviette bien chaude , & à chtquc maiu autant, Se on aura foin de îuy tenir les pieds extrêmement chauds avec deux tuiles chaudes envelopées de linges ,& un autre linge > qu'on envelopera à fes pieds, kSe tout fon corps fera bouché à la referve de la face, pour avoir la refpitation. Et cepen- , dant oh demeurera auprès de luy pour le fou- lager dans l'évacuation du remede qui le fe- ., ra extrêmement fuér ; Se enfuite qu'il aura bien fué , on le fechera , Se on luy donnera aine bonne eaielle de bouillon , ou demi écuelle, on yçrça le ojalacje çntieiernenc ief- Troiftèmi Partie. ^ffy l'en pourra auffi en cas que Ton ne puif- fe trouver quantité de bourrache , particu- lièrement en Hy ver, fi le malade n'a point de fièvre, mettre un pot de vin blanc du meilleur qu'on pourra trouver, dans un co- quemar de terre verni, avec la bourrache , Se le tout ayant bouilli une heure & demy , ou du moins une bonne demy heure , don- ner le tout au malade , & obferver les mê- mes chofes comme cy -deffus. Remede contre le Rhume. Prenez diverfes tranches d: pommes,les renettes font les meilleures , couvrez les toutes de fucre, Se mettez - les les unes fur les autres, en telle forte que le jus puiffe cou* 1er dans un plat, puis beuvez ce jus. Autre. Prenez d'huile d'amandes douces une, cueillerée*, fyrop violât deux cueiUerées , de tyfane pectorale un verre. Mêlez le tout enfemble , & le beuvez en vous raefc tant au lit. Remede contre la fluxion qui tombe fur fa poitrine. PRenez un gros citron qui foit meut « coupez - le par un des bouts de la lar- geur d'un tefton , Se ôtez tout ce qui eft de* dans, # le tempUffez de bon fucre concafle, gS8 Recueil de Receptes. le rebouchez avec la même pièce que vous avez coupée. Vous mettrez le citron dans un pot de terre neuf, bien bouché & luté ; vo js mettrez ce pot fur un feu de charbon qui ne foit point violent, le faifant bouillir doucement environ demi quart d'heure,aprés orcz - le du feu, Se vous trouverez le fucre dans le citron qui fera réduit en fyrop, du- quel vous pouvez prendre une cueilliere le. foir &lemetin. L'écotce étant fechée, eft bonpe à manger* Contre la toux & la difficulté de cracher, tors que l'humeur eft trop fubtile. Prenez demy poignée d'orge mondé , deux racines de bourrache, vingt - quatre grains de raifins de panfe , vingt - quatre prunaux de damas ,*fix dattes Se fix figues ; *yous ferez cuire le tout dans deux pots d'eau commune.jufquesà lareduction delà riioitié; Se fur la fi» de la décoction vous ajouterez demy once de regliffe , vous coulerez cette décoction par un linge ; mettez - la dans un poè'lo'C ou petite bafline , vous y ajouterez àemy livre de fucre, Si vous le ferez cuire jufques à la confiftance d'un fyrop , duquel vous uferez le matin & le foir, & quelque- fois pendant le jour, long-temps après le diné. Trsifièmt Partie. $9 Autre pour le même fujet. Prenez des jujubes concaffées $. onces, des dattes 3. onces , raifins de damas & rM gués fcches de chacun une once > feuilles de capillaires , Si de tuffilage , fteuts de violet- tes de chacune une poignée. Faites infufer le tout dans une pinte d'eau , pendant fix heures, Se après faites - le bouillir jufques à ce qu'il n'en refte que la moitié ; coulez cela làns preffer, & après vous y ajouterez une livre Se demy de fucre , & vous îe ferez cuire jufqur'à la confiftance de fyrop , duquel vous uferez comme da précèdent. Autre Recepte contre la dyffenterie & perte de fang par quelque endroit que ce fint* AYcz deux œufs de poule tout frais, ôtez-en le jaune, battez le blanc dans un plat, jufques à ce qu'il foit tout couvert d'écume que vous enlèverez avec une cueil-j licre , & l'ayant jette, vous mêlerez dans le refte ttois cueiUerées d'eau de plantin, Se autant d'eau de rofes , un demy carteron de fucre fin. Le tout étant bien mélangé , vous en donnerez deux ou trois cueiUerées au mas lade foir & matin , jufques à ce qu'il foit <-ueri. Pour en faire quantité comme de tout aucre rcinede, on peut augmenter la doze de chaque ingrédient à proportion de ce qui eft icy marqué, Riij 390 Recueil de Receptes, Autre remede contre la, DyJJenterie. IL faut faire bouillir d'une herbe nommée Renoùée , qu'on trouve dans les chra mins, & en exprimer le fuc, & en faire boire avec du bouillon, ou bien fans bouil- lon. Ce remede fert auffi pour arrêter le fang du nez. Pour empêcher l'excoriation des intefti- nes , il faut prendre deux cueiUerées d'huile d'olives, & deux cueiUerées d'eau rofe , Se détremper le tout avec deux jaunes d'ceufs, Se le faire avaler au malade. Layement pour le même mal. Prenez une tête de mouton avec quatre pieds , Se deux poignées d'orge,faites bouil- lir le tout jufques à ce qu'il foit bien cuit, puis vous pafferez la décoction , & vous y mettrez une poignée de bouillon blanc, qui eft une forte de Verbafcum, une poîgnée de plantin, Se autant de, Centinodia , ou Re- muée , .demy poignée de rofes touges, Se quand toutes ces herbes feront bien-cuites , vous retiriez le pot du feu,& vous prendrez de cette décoction demy feptier, & une orçce de miel rofat avec un jaune d'oeuf ; continuez l'efpace de cinq ou fix jours lef- dits lavemens. Avant ces lavemens il faut avoir purgé le malade avec des rhubarbes» froifièmi Tartié. JOÏ La teiutnte de rofes rouges prifes deux ou trois fois le.jour, un bon verre à chaque pri- fe , eft fouveraine contre la dyfïènterie. hU Je fert auffi au flux hépatique, & aux deflu- xions qui tombent fur le poumon, ou fur le gofier. Voicy la compofîfan de la teinture de rofes. Prenez deux onces de rofes rouges \ mettez-les dans une phiole de verre; ver- fez deffus un pot d'eau de fontaine, SC douze ou quinze gouttes d'efptit de fouffre, laiffez infufer le tout l'efpace de deux heures for les cendres chaudes, & paffez- le par un linge , & y mettez un peu de fucre pour IV doucir. Tour la Dyffinttrîe. Prenez deux onces d'huile d'amandes douces tiré fans feu , deux onces d'e*au rofe, deux onces d'eau de pîanrin t mêlez & battez le tout enfemblc en deux verres; faites pren- dre ce breuvage au malade à jeun. Si la per- fonne eft foible , délicate ou jeune, il ne luy/ faut donner qu'une once de chaque choie que nous venons de nommer. Autre Remede. Prenez deux onces d'eau rofe , autant d'huile d'amandes douces , & une once de fucre candy en poudre, vous prendrez ce mé- lange avec un peu de bouillon tout chaud; R iiij j02 Recueil de Receptes. prenez des feuilles de ronces la quantité* qu'il faut pour faire un pot de décoction. Premièrement pour la préparation , il faut bien ratifier avec un ccûteau les épines qui . font fur le dos des feuilles, & puis les faire ' cuire dans du gros vin pendant demy quart d'heure, Se puis le retirer du feu, Se laiffez infufer jufques à froid , Se faire la colature. Il en faut boire trois ou quatre fois le jour, pour arrêter la dyffcnterie , après les remèdes généraux , le malade n'ayant point de fièvre. 4 Autre Remede. Prenez une écuelléc de poix roijges qu'il faut faire cuire , Se réduire en purée , dont «'• vous en prendrez la troifiéme partie d'une Y écuelle , ou un peu plus, une troifiéme par- tie d'aau rofe Se autant d'huile d'olive , du meilleur qu'il fe pourra trouver, qu'il faut faire boire au malade deux matins de fuite. Lavement rafraichiffant. Prenez petit lait en fuffifantequantite\que ferez bouillir avec laitues, pourpie r, & feuil- les de Plantin, démêlez cette décoction avec deux onces de miel commun. Tour la colique rénale. Prenez demy poignée.de grateculs , c'eft ce qui refte des rofès fauvages, qui eft com- me un bouton rouge ; il faut ôter ce qui eftf Troifîème Tartie; r$tj dedans, & mettre environ une pinte d'eau dans un coquemar, le faire bouillir, & y jetter ladite demy poignée de grateculs » qui bouillira fix bouillons , après y jetter une once de graine de lin, qui bouillira auffi deux bouillons; étant un peu refroidie la paffer dans un linge , & en boire tant qu'on voudra. zAutre, Prenez un pot Se demy de vin blanc du meilleur, la valeur d'un fol de beurre frais, un cition blanc fort pefant & plein de jus, lequel on piquera avec deux clonx de girofle, ou deux petites branches de canellc, comme étant plus agréable ; Si enfuite une demy li- vre de caffonnade molué , ou du moins uiv carteron & demy. Et en cas que le malade fût fort preffd ©n jettera dans le coquemar un oignon blanc, lequel oignon par fon acreté fera diC- fouike non feulement la colique ventciue , pierreufe, néphrétique, mais encore déta- cher les petites pierres, qui pourront être dans le corps dudit malade, & à même temps faire vuider tout le fable & gravier , qui pourroit être dans le col de la veifie, Se le tout faut mettre dans un grand coquemar de terre , lequel fera mis auprès d'un boa' fou r. Se le, ÇQtyfçau ç^- ejeffus ayant bouil^ 394 Recueil de Recepte f. uï\p heure Se demy, & commençant à fe db. minuër, on jettera un grand verre d'eau de- dans , & ayant bouilîy encore un quart d'heure,ou demy heure pour le plus, on mettra le tout refroidir fur une fenêtre, & enfuite en donner un grand verre au malade en fe couchant, Si en- cas qu'il fût wcffé des douleurs , on luy donnera tout fur le champ, &fe trouvant que le malade vien- ne à repofer à même temps, auffi - toft qu'il fera éveillé , on luy en donnera un ou deux grands verres, après quoy on le promè- nera , fi faire fe peut, pour le préparer à l'é- vacuation. ( R cepte pour îhydropifie. Prenez une cueillerée de miel, Se qua- tre ou cinq cueiUerées d'eau'dc vie ; faites- en prendre au malade, jufques à ce qu'il foit gutri, trois ou quatre heures avant que de .fouper. **> Tyfane pour thydropifte. PRenez des racines d'hyeblé , de gran* men, d'Arrefte- boeuf % de chacune deux onces. Racines de fougère mâle , trois on- ces , racines, d'Rringium ou Tanicat, deux onces &,demyt Des feuilles de fcolopendre* de.fauve • vie , Se de cseterac $ de chacune Une poignée. Il faut faire bouillir le tous Troifiéme Partie; 59? dans un coquemar de terre, qui tienne trois pots, bouchez - le bien ; faites bouillir le tout à la réduction de deux pots, retirez - le du feu , & le laiffez refroidir tout couvert ; enfuite paffez cette tyfane ; & le malade en peut boire feule , ou avec du vin, Il eft à remarquer que les herbes énon- cées ne veulent pas bouillir un (\ long temps cjue les racines , Se par confequenj on ne les doit mettre que lors que vous jugerez que vôtre tyfane eft prefque fai- te. Et pour la prendre plus agréable vous y ajouterez de la regUlfo ratifiée , félon la douceur que vous voudrez donner à la tyfane , en s'accommodant au goût div malad:. Pour l'Hydropifie, IL faut faire bouillir dans un pot dé terre' neuf deux livres de la racine d'Aunée , dite EnuUcarnpana , raclée &. coupée par morceaux comme de> naveau* dont oir veut faire du potage, avec deux pintes* d'eau» de fontaine", & le tiers d'une pinte d'excel- lent vit» blanc, jufques à la confomption de' la moitié : puis,il faut tirer la racine du pot ,» la piler & broyer dans un mortier, Se l'ex* primer bien fort à rravers un linge blanc , S& à la faveur çje toute la décoction qu'on jet;-' jod Recueil de Receptes* ' tera par deffus ce linge pour la recevoir dans un autre pot avec Vexpreffion de la racine. On ajoutera dans le pot qui fèrt auffi neuf, trois carrerons de fucre fin. On fera bouil- lir le tout à gros bouillorï, Se on .l'éloigné* ra peu à peu du feu , pour faire diminuer doucement le bouillon jufques à ce qu'il n'en refte que la moitié, qui fait un beau Se fa- lutaire fyrop, dont le malade menacé ou at- teint d'hydropifie ufera deux- heures devant chaque fois qu'il voudra manger, le matin quand il s'éveillcra,& le foir auparavant que de s'etidormir, une cueillerée de bouche à chaque fois, Se n'en ufera que pendant trois fèmaines au plus. Pour les Hydropiques ou enfleXj Prenez de la racine de Mechoacam put- veiifée , du poids d'un écu d'or, Se la mettez' infufer durant une nuit dans un verre de vin blanc que le malade prendra le matin à jeun, avec la poudre. * L'Ariftoloche ronde, & infufée £4» heu* res dans le vin blanc fur les cendrés chaudes, £ fa couler, Se y ajouter un peu de caffonnade ^ àcétte décoction, & en prendre quatre ou cinq onces le matin , & autant le foir, cela Roulage beaucoup les malades. Le vitriol de Mars qui fe fait avec lai i- fflailled'aiguilles? Se l'huile de vitriol, au .*■-.. * .-"& Troifiéme Partie, %$? poids de vingt à trente grains dans un bouil- lon apéritif , ou dans du vin blanc , ou dans la conferve de rofes, y eft un fouverain remede. Le Magifterc de tartre , ou le fei de rar- tre eft un excellent remede étant infufe* avec du fenné, eft encore meilleur fi on y ajoute du jalap en poudre, pour chaque pri- fe une dragme. Autre remede pour thydropifie, & far ton* te la terre on s en fert même contre la pleurcfie fans fièvre. 11 faut boire fix onces ou environ de fuc de cerfeuil le matin a jeun dans.le lie» Ce re* mede fait beaucoup fuër Se uriner, il faut continuer pendant trois jours. Ou bien il faut faire bouillir du perfil lé- gèrement dans un verre d'eau , & un peu de Yio Se de fucre >on le boit chaudement, Se il produit le même eff.t. Autre remede pour faire vuider les eaux. Prenez le"poids^d'une piftole de graine d'hyeble qu'il faut'bien piler , & la mettre infufer dans du vin blanc pendant une nuic ou douze heures ; le lendemain il faut boire le vin avec la graine , & prendre deux heu- res après deux cueiUerées d'huile d'olive, Se deux heures après un bon boui'.lon, Se ne point fortir» Si le foit ayant que prendre %$% fàcuîll de Receptesl ce remede, il faut fe faire donner un lave- ment. Et fi de cette ptife le malade n'eft pas guéri, il en faut prendre jufqu'à trois*, Se qu'il y ait quatre jours d'intervalle entre les prifes. Autre Remede. PRçnez des-cendres d'abfynthe , cendr» de liere , cendres de gencft > de chacun la groffeur d'un ceuf; du gingembre blanc quatre onces, de fafran demy once , fleurs tlv mufeade un quart d'once , du vin blanc une pinte; Mettez toutes ces cendres dans un petit fac de toile chacune à part, & les mettrez aVec le refte des drogues dans un pot, & y vetfez' par deftus le vin blanc: bouchez bien ledit pot afin qu'il ne s'èvan- te, £f îe hiiu'z ainfi pendant vingt - quatre heures V»us ôterez de ce pot toutes les drogues , £g vous donnerez de ce vin au ma- lade, trois p-cirs verres par jour ; îe premier !e matin à ju>a ; l'autre demy heure avant dîner, & l'autre demy heure avant fouper. Le ma'adc ne doit manger, s'il fè peut, que de viandes feches ,.& il eft affeuré qu'il gué- rira ; car après avoir b'û un pot ou deux de cette liqueur, rarement on vient au troifté* me, Troifiéme Tarric. \ejg Sirop contre le rhume de caufe froide. Prenez une livre d'eau dévie . quatre on- ces de fucre, deux dragmes de canelleril faut le faire infufer pendant quatre heures : fi Ton veut donner la teinture , le plus gros vin eft le meilleur. Pour donner l'odeur il Faut faire infufer pendant toute une nuit qua- tre grains de mufc , ou d'ambre gris î Se en verfer dans la compofition deux ou ttois, ou quatre gontt*:s, Pour décharger Veffomac des m^'.v.nfis ihumeurs* Prenez du fenné , de falfeparcille, Se de jalap , parties égaies- , que vous mettrez en pondre fubtile, .& incorporez avec du miel, blanc de Nar^oune po r en faire une <-pia- tc dont vous uferez de la groffeur d'une noix, dans cinq ou fix heures cela faitope^ ration.. \ Pour le mal d'eftomac. Rempliffz une phiole de fleurs de romai rin , au défaut des fleurs, prenez des feuil* les , ajr.ûtcz • y autant de marjolaine avec trois chopincs de bon vin , girofle de gin- gembre de chacun vingt - trois grains. Con- caffez le tout, & ayant bien bouché la phio- le que rien ne refpire , laiffez - les à l'alam- bic de verre au bain • marie, donnez - en une cueillerée avec dp fucre C'eft un remede- éprouvé, • ^od Recueil de Receptes; Poudre digeftiye* Prenez quatre onces ei'anis, quatre on* cet de fenouil doux;, demy once de corian- dre , demy once de poudre de regliffe, une noix mufeade , un quart d'once de canelle. Il faut mettre k tout en poudre, & le paffer par le tamis, St y ajouter autant de fucre pulverifé comme il y a de toutes ces pou» dres,& en prendre demy cueillerée à la fin de chaque repas. Poudre expérimentée en plufieurs , pour ceux qui crachent le fang , yenaut du poumon* Prenez de l'y voire brûlé , des rofes rou- ges,, du bol d'Arménie , de la terre figillée, de la pierre Ematitele poids de deux écus d'or de chacun T du corail rouge, de l'am- bre jaune , des perles préparées quatre icru- pulcs de chacune : de la gomme Arabique Se tragagant, le poids de deux écus d'or de chacune rde femence de pourpier ,"de mau- ve, du plantin ,de femences de rofes rouges, de corne de cerf brûlée , d'amidon torrifié , le poids de deux écus d'or Se demy de cha- cun. Faites une poudre fubtile du tout, dont il faut prendre foir & matin la pefan- teur de deux écus d'or T avec un petit verre d'eau de plantin trois heure* loin du. repas. • Troifîème Partie. 401 ^Poudre pour les obftruBions dufoye,de la rate, des reins, du mefintere , &c. f ■ Prenez un plein creufet de limaille d'é- V guilles d'acier, & Tarmettez dans un plat de ^ vinaigre, remuez-les plufieurs fois, puis- lavez vôtre acier ainfi préparé avec de l'eau fraîche , par plufieurs ablutions , puis le fai- tes fecher & le gardez dans un vaiffeau de verre pour vous en fervir au befoin. Prenez un carreau d'acier avec des pinces de fer que vous ferez rougir au feu , & joi- gnez audit carreau un bâton de fouffre , l'a- cier Se îe fouffre fondront en même temps \ vous mettrez deffous un plat de teire à demi «--plein de bon vinaigre pour les recevoir,vabs feparetez l'acier du fouffre , Se vous ferez fe- cher l'acier comme nous avons dit, pour le befoin. Une demi dragme de cette poudre , avec l'infufion d'une dragme de fenné, prife trois fois la femaine, débouche puiifamment les obftructions. Le Magiftere de tartre eft très - excellent pour le même fûjet. Mais le vitriol de Mars enchetit par deffus tous ces remèdes. Criftaux de Muret pour l'eflomac , la poitrine, dr mal de rate* Prenez une once de limaille d^éguilles, autant d'efpri? de fouffre , ou de vin tiré par la cloche, que vous verferez deffus la liruail- 402 Recueil de Recopies* îe doucement diffoutc; verfez deffus l'câtf commune bouillante ; l'ayant laiffée une heure en cet état, filtrez • la par les linges, gardez cette eau à part, Se remettez d'autre eau bouillante deffus pour en tirer tout c; que vous pourrez:avant tiré toutes vos tein- tures a mettez U vafe où elles feront fur le fou, pour faire évaporer, jufqu'à ce qu'il ne refte que le tiers de l'eau : métre7 ce qui ref- te à la cave x ou autre lieu froid, & les Crif- taux fe formeront deffus, que vous amaffe- iez avec une cucilîete d'argent, & les ferez fecher éprenez fix grains de cette poudre,ou avec le firop de tuffilage , ou bien de la con- ferve une fois la femaine, Tour faire uriner promptement. Il faut prendre la moitié de la cervele d'une pie, Se la moitié de l'os de la tête , que vous mettrez en poudre, & vous la mé^ lerez avec la cervele , Se vous donnerez ce mélange à boire au malade , & vous en ver- rez bien - tôt l'effet. Pendant les trçis jours de lune vieille cha^ que matin à jeun , prenez de la groffeur d'u- ne fève de ce remede» Pour la grande. Prenez quantité de gouffes de fèves que vous ferez bien fecher, puis les ayant bien pilées, les tamifer ; Se quand vous voulez i Troifiéme Partie* 40^ I vous en fervir, la cendre des geuffes eft en- core meilleure , il en faut prendre une drag- me que vous ferez infufer ,2. heures dans un verre de vin blanc , le remuant quelquefois, puis le couler y Se boire à jeun, Se le conti- i nuer les deux derniers jours de la Lune , Se le premier de la nouvelle, durant quelques mois, eft un excellent preparatif qui rompt 1a pierre , & la fait fortir en gtavicr. * Autre. Prenez des racines de choux , & d'^fper- ges, d'arréteboeuf , d'ache , de peifil , de fenouil , de piffenlit, de chardon & \de ra- ves, de chacun une oncye Se èîemi; de crifte marine une poignée ; Alilium folis , Se graine d'ortie9 de chacun deux onces, le tout pour 2?.pintes de vin blanc qu'il fauc tirer de la cave , aulfi - toc qu'on y 3 jetisi les rai fins remettre le tout dans un bar- ril bien relié , Se qu'on tiendra bien bouj. ché, après y avoir mis deux citrons coupez en quatre» Remarquez qu'il faut que les herbes foient bien nettes, Se par après bien ha- chées , que les graines foient bien pilées , Se que le tout bouille enfemble dans le barril bien fermé. Il faut prendre pendant quinze jours au plus»dudit remede environ demi çhopine_à. 404 %jcueil de Receptes,, jeun , cV demeurer environ trois heures fans manger, fe promener à fa commodité, Se à mefure qu'on tirera de ce vin préparé ,il faut remplir le barril d'un autre, après en avoir tiré une pinte. Tour diffoudre la pierre dans les reins kir la veffie. Prenez du fei des gouflès de fèves une dragme , des eaux de guimauve & de parié- taire, de chacun deux onces. Mêlez fe tout enfemble, & faites-le boire au malade le matin pendant un mois , l'ayant fait purger auparavant. " Contre la Pierre, Prenez une once de noyaux de nèfles ; bien frott z & lavez dans du vin blanc. Des quatre'femences froides mondée.*, de reglif. fe ratifiée, de graine de faxifrage de chacun deux dragmes. De la graine de Mthum fo- lis , ou petit gremil, de la graine de pim- pineile, de la graine de petits choux , de la graine d'afpergcs , de chacun un fcrupule , ou vingt grains 9. du fucre candi ) & de la graine de guimauve de chacun une dragnre. II faut mettre le tout en poudre avec fix oiv ces de fucre blanc. Il faut prendre de cette poudre le matin à jeun 3. heutes avant que manger, une bonne cueillerée, à fçavoir sous les jours de la Lune nouvelle, & tous 'Troifîème Tante; 40$ ies premiers jours du premier quartier de chaque Lune dans du vin blanc, ou dans du ^ouillon. ' A Pour ta gravele en un bouillon rafratchiffant, Il faut prendre une poignée de la racine 6: feuilles de piffenlit, un ci tion coupé en tranches, un carteron de chair de veau fans graiffe ni peau. Il faut mettre le tout dans un pot avec une chopine d'eau , Se le faire cuire à moitié , qui eft une heure , après le couler, Se y mettre le poids d'un écu de fen- né mondé , Se douze grains de ctiftal mine* tal, Se le laiffer infufer dans ledit bouillon jtoute la nuit, après le couler & le prendre Iroid ou chaud. ! Si l'on continue d'en prendre, il n'y faut mettre ni fenné ni criftal. Autre pour la pierre ou gravele dans les reins, ou dans la veffie. ' On fe peut fervir d'une tyzane commune faite avec la racine de chiendent, Se de la graiffe, avec une racine de guimauve 5 ce qui fert à rafraîchir & adoucir les conduits : il ne |aur point boire du vin pur, ni manger du falé ou épiecs. Autre pour la Gravele & la Piene. Prenez de la racine d'Eryngium, ou de thatbon à cent têtes ; & de ceïledu petit houx , ou Brufcus, du glateion , SOnonis „ "qoG Recueil c'* Receptes. ou arrête - beeuf, étant fichées les mettre eà poudre, & de chacune en prendre un fciu* puie, qui tft ïo. ou 24 grains, avec le poids d'une dragme de Mifmmfolis, Se demi fcru- pule de pcîvre long , auffi en'poudrc trés- deliée; après prenez deux livres de fucre cuit en confiftance folide avec d'eau de geneft. diftillée. Ayant été la baffine de deffus le feu, vous y ajouterez un peu de ladite eau dç geneft diftillée ayee un blanc d'eeuf ou denai, Si les agitez & battez long temps, jufques à ce que vôtre fucre devienne blanc comme du papier. Et alors ajoutez lefdites pou$ dres Se les mêlez & incorporez par une lor j gue agitation , puis en faites des tablettes du poids d'une dragme, ou d'une dragme Se demie au plus, defquelles vous en pren- drez une chaque matin pendant trois jours confecutifs, au déclin de la lune, prenant enfuite un bouillon de veau ou de poulet , dans lequel l'on aura fait cuire des racines d'afpcrges & de perfil, Se fe promenact deux ou trois heures avant que dîner. Ce remede nettoyé à merveille toutes les impu- retés graveleufes, vifqueufes , & les fleg- mes qui fe rencontrent dans les reins , les uretères, & dans la veffie. Çç remede cjoit être particulièrement ef- Troifiéme Tûrt::. 407 frimé , te mis en -ufage , comme r.yant é^ prariqué avec un heureux fuccés, p.r d.s perfonnes de haute qualité„ dans paris. Et même l'on fçait qu'une perfonne s'eft faite ri; che par ce feul remede. Bouillons contre U Colique Néphrétique, gravele, ejjr reins chargez., PRenez une pinte d'c.-u que vous met- trez dans un pot de fer avec une livre de rouelle de veau . une poignée de piffcnlic racines Se feuilles, Si un gros citron coupé par rouelles avec * fon écorce , puis les faire bouillir, jufques à ce que le veau foit à moi- tié cuit, vous en ferez dcAix bouillons qui feront pris aux déclins des lunes : dans le premier on y fait iofufor le poids.de deux c'eus d'or de fenne', & vingt grains de ctiftal minerai ; dans le fécond il n'y faut rien met* jtre.Le premier fe prend à 7. heures du ma- tin , Se le fécond à o. hcures.Ce bouillon eft très • expérimenté , le continuant de deux jours l'un , trois ou quatre fois. Bouillon pour rafraîchir. Il faut prendre une rouelle de veau , la couper par tranches ^ puis avoir des h rbes de laitues, pourpier, bourrache,buglofe Se cerfeuil, le tout fe doit laver Se hacher grofr fièrement. Se le mettre dans un pot dç terre, 408 Recueil des Receptes; Gud'étain bien bouché , après quoy il faut mettre ce pot plein dans un chauderon plein d'eau, le faire bouillir pendant 3. heurts à feu de flâme, le laiffer refroidir, ap:ès le palter dans un gros linge,& en boire le bouil- lon pendant huit jours» Il faut remarquer que dans îe pot i] n'y faut ni eau, ni fei, ni os» & que le pot foit fi bien bouché que l'air ni quoy que ce foie n'y puiffe entrer. Vin propre à\ donner à boire à toute forte de ma' lades, de quelque fièvre que ce foit* IL faut tirer du meilleur vin clair, fi on peut, dans un pot de terre, ou d'autre matière, Se remplir d'eau claire une bouteil- le de verre qui ne foit point couverte, de même mefure à peu prés que le pot, Se dont le col foit étroit Se long; la renverfer tôW pleine, & l'enfoncer dans le por de vin, dont il faut couvrir diligemment le refte de l'em- bouchure d'un carton, fiege, ou linge, pour empêcher que l'un Se l'autre ne s'évante, & après avoir eu le plaifir de confiderer à loifir la merveilleufe vivacité de vin à monter dou- cement par fufées dans la bouteille pour ga- , gner le deffus, & la pefanteur de l'eau à def- cendre dans le pot, qui par leur débat font Hn fi agréable mélange , que les, malades peuvent Troifiéme Partie. 409 peuvent ufer à long traits de l'un & de l'au- tre fans en recevoir aucune incommodité , lots qu'on appercevra au travers de la bou- teille qu'ils feront calmes & en repos , ce qui ne peut être pour un pot de vin de Fran- ce Se autant d'eau , que dans douze heures au moins. Vin d'Alkskenge, pour préparer fur le champ; IL faut piler quelques nombres de grains ou ccrifes rouges & meures qui viennent dans ks vefeies d'Alkexenge , dans du bon Se puiffant vin blanc, les y laiffer tremper quelque temps, puis les faire bouillir un bouillon ou deux , & le couler , Se y ayant mis du fucre parmi , ou un peudecanele, on pourra boire le vin. Il fait fortir promptement l'urine , quel- que difficulté qu'il y ait & le gravier avec des pièces de pierre rompues. L'ufage en eft à la nouvelle lune, s'étant purgé avec du fen- né , ou de la caffe Se de rhubarbe. Pour faire fortir larrière - faix , Recepte approuvée. IL faut prendre 3, cueillieres d'argent de* miel, 3. cueillieres de gros vin, 3. cueillie* res d'huile d'olive , mettre le tout dans un petit poêlon, luy donner un petit bouillon 4 410 Recueil de 'Rjceptes, Se le remuer avec une cueiiliere ; il faut avoir des étoupes fines un peu épaiffes, en faire un tmplâtrc un peu grand. Appliquer ledit emplâtre tout chaud fur le venir*:,après l'avoir arroufé de ci;min en poudre. Manière de prendre la poudre de Quinqui- na , merveilleufe contre toutes hsfieyresin- termtttantes, comme fimples & doubles tierces, doubles & triples quartes. A Prés fept ou huit accès, fi le malade n'eft point hydropique , phthifique , on n'a point aucune maladie mortelle, il"- pourra ufer de cette poudre avec le bon avis de Mr le Médecin , qui luy ordonnera un régime de vivre; Ôc s'il a des obftructions de foye ou de rate , il ufera des rcmcdes pour les ôter, en le purgeam doucement pat trois ou quatre prifes d'Apozemcs ; il fe re- pofera un jour enfuite , fans prendre aucun remede , fi ce n'eft un lavemenr le jour qui précède l'accès. Il faut faire infufer la pou- dre dans un verre de bon vin blanc, ou dans d'eau de feabieufe , ou de meliffe , pour les femmes :il faut tenir cette infi fion dans un lieu chaud pendant 24. heures , remuer de temps en temps la bouteille, Se la bien cou- vrir , afin que rien ne s'exhale ; & quatre ou cinq heures ayant l'accès , le malade pren- Troifiéme Partie, 411 dra de la nourriture , comme un bouillon , ou deux oeufs frais, Se incontinent qu'il fentira fon friffon qu'il attendra au lit, il boira l'infufion avec la poudre i ou pour les plus délicats Se moins robuftes , l'on paffera l'infofion par un linge blanc}& que l'on prefa fera, en forte qu'il n'y demeure que le marc: il fe couvrira à l'ordinaire , & boira de la ty* fane pendant la chaleur j fe tiendra quiet , de peur d'empêcher une évacuation par les urines, on par la lueur. Si l'accès étoit long, on luy pourra donner .un bouillon rafraîchif- fin: fu; le déclin » Se à la fin un plus nour- riffant. L'accès fuivant il en faudra donner une autre prife , foit pour la tierce ou quar^ te i à la même heure que la première fois j encore bien que l'accès ne vienne pas. Et fi les fièvres font doubles, il faudra laiffer paffer le premier accès dcj la double, Si don- ner ce remede au fécond , foit que la fièvre foit tierce ou quarte , à même heure qu'elle venoit ; & même fi elle étoit triple quarte , on en pourra donner une troifiéme prifè. Ce qui arrive rarement. Il faudra oblerver tout ce qui eft marqué cy - deffus , le conferver pendant quelque temps , comme fi la fièvre devoit venir, pre- nant de la nouiriture comme auparavant , fans rien manger que l'heure dans laquelle 5ij 4Tî Recueil de Receptes. l'accès devoit venir foit paffée ; éviter toute forte d'excès, ne manger que de viandes de bon fuc, & faciles à digérer ; fe tenir le ven- tre libre par l'ufage" des lavemens, pruneaux ou autres remèdes que jugera à propos Mr le Médecin ; Se par cette fage conduite, cet- te poudre guérira tous les malades , de la na- ture que nous avons dit cy - deffus. Quinze jours après le malade fè purgera une ou deux fois. La dofe ordinaire pour les plus robnites, eft la pefanteur d'une phiole i pour les moins robuftes, Se les délicats, Se de bas âge, Mr le Médecin en réglera la dofe. Si l'on veut, l'on peut ajouter à finfufion *me ou deux pincéev de fleurs de la petite eentaurée, ou dix ou douze grains de fon fei. Tropriete\ de la graine de Taliclren, ou Sophia Chirurgorum. Premièrement pour les fièvres tierces ou quartes, tant aux hommes qu'aux femmes , il faut prendre de ladite graine le poids de demy écu d'or dans un ctuf mollet au lieu de fei s & le donner au malade 2. heures avant le friffon : Se obferver que ledit ma- lade n'aye beu ou mangé 2. heures aupara- vant , & foit auffi 2. heures après fans boire ny manger. Troifiéme Partie. 413 Nfotez que pour ufer de cette graine mé- thodiquement , il eft bon de prendre le loir un lavement , & le lendemain matin fe faire fàigner,& le foir.enfuite du même jour pren-, dre un autre lavement , Se le lendemain te faire encore faigner, puis le jour fuivant fi la fièvre n'a point quitté le malade, prendre de ladite graine. Pour les fièvres continues il faut faire prendre 3u malade pareil poidî de cette grai- ne les jours de Crife à jeuniavec pareille ob- fervation pour le régime de vivre , & il faut fort couvrir le malade attendu qu'il ne man- quera de fucr, & enfuite fera foulage. Pour les enfans , il ne faut que le poids de dix - huit ou vingt grains félon l'àgc du malade. Pour la gravele il faut mettre tremper le poids de demy écu, & plus fi l'on veut, de ladite graine , dans du vin blanc du jour au lendemain : & boire l'infufion le mawn f.ii- vant ; Ton en pourra prendre encore le foir fi l'on veut en fe couchant & continuer. Pour la dyfenterie ou flux de fang il en faut donner au malade pareil poids de demy écu avec pareil régime de vivre , & que le malade fe tienne nu lit Se chaudement, Si s'il n'eft foulage de la première fois , il en faut encore donner 2. ou 3. fois dz dciixjcurs Sjfi4 Recueil de Receptes. l'un à la même façon : Et notez qu'il ne faut point donner ce remede au malade qu'a- prés le 7, ou 8. jour de la dyfenterie, d'au- tant que l'arrêtant trop tôt il en arriveroit in- convénient. Paur la defcznte des enfans quoy qu'à la mammellc ,il faut mettre de ladite graine le poids de 24 grains dans un poëflon de bouil- lie , la mêler Se en nourrir l'enfant. 11 fera bon auffi de luy mettre un bandage avec une nompreffe fur la defeente. Pour fortifier l'eftomac , cette graine fe met en poudre avec le plat d'un Couteau fut. un papier blanc , & on en ufe de 2. jours l'un pendant un mois ou deux jufques à la quan- tité de vingt ou vingt - quatre grains dans du vin trempé ou du bouillon. Pouf étancherle fang des playes & du nez prenez de cette graine entière ou en poudic, Si la mettez fur la playe faignante : fi les feuilles de la plante lont vertes étant broyées entre les mains Se mifes fur la playe elles font le même effet. Et lors que Ton faigne actuellement du nez , il faut mettre de ladite graine dedans le nez , & le tenir un peu de temps bouché pour l'arrêter. Pour empêcher les hémorragies du nez fréquentes , il faut porter une pincée ou Troifiéme Parue. 415^ deux de ladite graine dans du papier pendue au col. Pour les petites excelfives des femmes il faut pareillement qu'elles en portcnt^pcnduë au col; files pertes continuent toujours, il faut qu'elles en ufent dans du vin trcmpé>ou dans du bouillon en même quantité Se qu'el- les obfervent le même régime porté dans le premier article. Notez qje quand ladite graine fe prend réduite en poudre elle en fait plus prompte- ment fon effet. Tour appaïfir les fièvres chaudes ejr frénétiques. Ayez trois poignées de feuilles de ces vio- liers jaunes qui croiffent fur les murailles , deux poignées de fauge fraient ou nouvel- le, pilez le tout dans un mortier de marbre ou de pierre -, faites rôtir, du pain de fciglc coupé en tranches, environ demi livre, met- tez le dans un plat, trempant dans- le meil- leur vinaigre , où vous aurez jette une poi- gtiée de gros fei > une heure après jettez le tout dans un mortier, cV le butez jufqu'à ce que le mélange foit fait avec les herbes : Vous en ferez v\n long cataplafme fur un linge, qui tiendra d'un tempe à l'autre , partant fur le front jufques contre les oreil- les ; deux autres qui empoigneront les bras 4le» Rjcueil de Receptes, tout joignant la main , Se deux autres qui couvriront la plante des pieds du malade: vous le renouvellerez de fix en fix heures : mais fort peu de malades les gardent douze heures , fans s'appaifer, dormir, Se reprendre leur jugement, en quel cas il ne fera pas be- foin de continuer. Pour guérir les fiéyres intermittantes après les remèdes généraux , & aux perfonnes graffes. Prenez de fauge , de romarin , de fe- nouil, d'abfynthc , d'armoife Se de chelidov- ne , de chacun une poignée : infufez le tout vhwt-quatre heures dans un pot de vin blanc : Apres jettez le tout dans un alambtc de verre, Se le laiffez diftiller, & prenez de l'eau qui en fortira un peu devant la fièvre , environ trois onces ou quatre ; enfuite pro- menez vous tant que vous pourrez, & ce re- mède fera un merveilleux effet, par des vo- miffemens fans douleur. £t fi à la première ptife la fièvre ne quitte, il la faudra réitérer. Ce remede eft infaillible , comme on a expé- rimenté. Pour la fièvre tierce , çfr double tierce, Remè- de infaillible , & fans aucune yiolence Prenez la pefanteur d'une piitole d'encens en larme, pour deux liards de bon fafran en poil, Se du fei pour autant qu'il en faut pour Troifiéme Partie.' 417 faler un bouillon , bien piler le tout enfem- ble ; après il faut prendre de la fuye de che- minée la groffeur d'un œuf avec un jaune d'eeuf fait du jour que vous voudrez faire ce remede. Vous piler-z le tout enfemLle juf- qu'à ce qu'il foit bien incorporé;.& enfuite vous y ajouterez un pai de bon vinaigre , pour le dilayer & bien mêler. Et lorfque vous voudrez vous fervir de cet onguent, vous Tétendrez fur des bandes de linge de la largeur de deux ou trois pou- ces , pour être appliquées en même temps fur le poignet là où bat l'artère de chaque bras, Se il faut que ces linges tournent au tour du bras en forme de braf&lets, & les coudre afin qu'ils ne s'ôtent de deflus le poulx , & les y laiffer neuf jours continuels , fans les changer , parce que ce remede ne fait fon effet que peu à peu fans tourmenter le malade, -Vous appliquerez cet onguent une heure auparavant que la fièvre vienne > Se vou« ne le ferez que le même jour que vous voudrez vous en fervir. Autre remede pour guérir les fièvres intermittames. Prenez de la racine de cyclamen ou pain de pourceau quinze grains5racine d'AXarum, ou Cabaret, quatorze grains, il faut que Sv 4tS Recueil de Receptes* cette racine foit récente & de l'année , ra- cine de la grande Valériane quinze grains : mettez le tout en poudre impalpable, Si faites - la prendre à l'entrée de l'accès dans du vin , y ajoutant de l'eau à moitié. Contre les fièvres peftilentielles. Prenez de la corne de cerf, du coral rou- ge , ambre blanc , perle, limaille d'or, bois d'Alcës, parties égales. Pilez le tout enfem- blc, Se le mettez en poudre , & en donnez d:-j.mis crois grains jufqu'à douze , félon l'in- dilpoficion Se connoiffanec de la maladie , Se de la perfonne , dans un verre d'eau de char- don ben\ Contre les fi'vres pourprées. Prenez des feuilles de feabieufe , de la Reine des prés, ou l'ul-naria , de chardon béni, de tri Jet, dit, trifol'mm acetofum, de chacun une poignée ; faites cuire le tout dans une fiiffiOnte quantité d'eau de fontaine , Se de cette d, coétion prenez - en fix onces, auf- quelles vous ajouterez quatre onces d'efprit de vitriol, Se deux onces de fucre , ou de fi- rop de limons. La tizane préparée avec la racine de cor^ zonere, & de fruits de beiberis*, eff très- bonne pour cez fièvres. Reapte infaillible pour la jaunifte. Prenez un poulet, ou une roule qui ait les pattes jaunes j étant éventrèe ; mettez- Troifiéme Tartie, 4T9 luy dans le ventre une poignée d'herbes de chelidoine, trois ou quatre racines de pcr'fil, deux ou trois racines de fenouil, Se du guy d'aubepin une petite poignée. Vous mettrez cette poulcdans un pot, & la ferez bouillir jufqu'à ce que tout foit réduit à un tiets , Se après le paffer dansun linge blanc,& en pren- drez trois ou quatre matins de fuite une peti- te écucllée avec un peu de fucre. Vous tien- drez ce bouillon dans la cave dans un pot de terre. Et comme pour l'ordinaire ceux qui ont la jauniffe ont mal à ta rate; prenez deux onces de gomme arsuv.onnqu.' avec deux on» ces d'huile de câpres pour faire un emplâtre. Voicy comme il le faut préparer.Vous met- trez ladite gomme dans une écuelle de terre vernie qu'il faut chauffor à petit feu , & la re- muant toujours avec un bâton , -jufqu'à ce qu'elle foit fondue, alorsvous y ajouterez deux onces d'huile de câpres, que vous met-; trez enfemble jufqu'à ce qu'il aie la confif- tance d'un onguent,Vous prendrez une peau d'a»neau fans poil,fur laquelle vous étendrez; ledit onguent de la largeur de la rate , fur la- quelle vous l'appliquerez un peu chaud,& l'y laifferez jufqu'à ce qu'il tombe de foi-même» Contre la gonorhee invétérée. Prenez d'ambre jaune une once i broyez- Svj ^io Recueil de Receptes. le bien for un porphyre, ou marbre , c* étant en poudre impalpable, arrofcz - le d'eau rofe, Se le rebroyez, puis laiffez - le fecher > étant fec arrofez - le de la même eau rofe, & le re- broyez. Réitérez toutes ces triturations, hu- mcctations , & diffications quatre ou cinq fois. La dofe eft d'une dragme dans le vin blanc, on du bouillon, où il y aura cuit d'herbes aperitives, Secrets & moyens faciles pour Confiner le — bétail du mal contagieux■& de la cure d'i- celuy que le Reyerend Père Louis Rrteyron Prêtre, autrefois Hermite, donne au public. PRemierement, ceux qui auront du bé- tail , foient boeufs, vaches , chevaux., & mulets , feront foigneux , dans la fecherefTe & chaleurs,de les abreuver plus fouvent qu'on n'a de coutume , & fur tout éviter les eaux croupiffantes, & principalement celles cil l'on met du chanvre,& ne les laiffer paître la nuit aux champs, & le matin les fortir, après que le Soleil eft levé : empêcher qu'on ne les faffe paître aux lieux où il y a eu d'autres bê- tes malades mortes, du mai contagieux. Secondement, il faudra avoir une once Se jjerni de fouffre jaune Se non verdâtre, le Troifiéme Tartit. 4*1 pulvcrifcr bien avec une once Se demi de graines de genevre , Se demi once de fei , le tout bien mêlé enfèmble,it faudta faire pren- dre à chaque bête la fufditc quantité , avec du fon ou avoine , ou bien le leur faire boire avec du vin. tAutre prefirvatif, & même curatif. CEux qui pourront avoir des ferpens fe- cUçz dans le four Se non brûlez , en pourront donner deux ou trois dragn-.e<>fça- voir, le poid< d? deux ou trois écus avec une once de fouffre, & le leur faire prendre com- me deffus, étant un puiflant prefervatif, tant pour le gros bétail, que pour les btebis,pour Icfquclles brebis fuffit le fei avec ladite pou- dre de ferpent. tAutre prefirvatif. PEndant le temps que durera la maladie contagieufe au bétail Se aux lieux circon* voifins , & principalement lors qu'on crain- dra avoir communiqué avec d'autre bétail infect, il faudra avoir du vinaigre, ou au moins du vin, la quantité qu'il fera neceffai- re pour laver vôtre bétail avec une éponge dudit vinaigre ou vin dans lequel aurez fait bouillir de graine de genevre à difcietion ,SC de. la rue, environ une heuxe. 422 Recueil de fiecepfes. Dés le commencement que ledit be'rail fe trouvera mal,ceux qui pourront avoir du ^ in, où aura été infufé l'antimoine, leur en feront prendre un verre. L'on pourra faire prendre lcfdits rcmcdes à quelle heure que ce foit, la neceffité prclfsnr. Le matin eft toujours le meilleur, & ■ après leur avoir fait prendrc,il faut les laiffer repofer deux ou trois heures fans les faire travailler. Si quelque bête vient à mourir dans l'é- table , ce qu'on doit éviter tant qu'on pour- ra , il faudra en ce cas taire nettoyer l'éta- blc ou le lieu cù ladite béte fera morte , Se biûîer le fumier Se immondices qui fe trou- veront dans l'érable ou autre lieu , fr faire f« peur, fans danger du feu : il faut faire de mê- me que ceux qui font le charbon fans qu'il faffe flâme , ledit feu purifiera ledit érable î autrement , il le faudra faire brûler dehors, & après avoir une poêle à frire , la faire bien rougir au feu ^ Se avec du fufdit vinaigre ou vin^cy - deffus mentionné, pour definfeétet le bécail, il faudra y en jetter dedans ladite poêle, & aller par tous les coins dudit étable v& autres lieux infects, Se faire rougir ladite poêle deux ou trois fois, & faire comme la première fois, & le lieu fera purifié. Quand on reconnoîtra quelque bête malade , il fau- dra continuer, Si luy donner une once de Troifiéme Partie. 42Î fouffre avec demi once de fei, foit avec du foin ou avec du vin pendant quelques jours, sfin de faire fortir le venin. Tour la cure des tumeurs pcftilentielles, ap- pelle es Bubons* Lors qu'elles apparaîtront, Se pour don- • ner exhalation au venin, faudra les cauteï'fet avec un fer chaud à la fupetîîcic du cuir , Si après ufer de cataplafmes pour le faire mcu« rir ;ccu7. qui ne voudront aopliquer un fer chaud pourront ufer de pirrre de cauftique, que pourront hirc avec de favori & de la chaux vive pétrie enfemble , ou bien avec du (cl, du poivresde la fuye de ch"minée,Sfi de la chaux vivc,& de ectee poudre en met- tre aux tumeurs après avoir feanfié la peau jufqu'à ce qu'il forte quelque goutte de fang ; les cataplafmes fe peuvent faire de di- verfes façons, ceux qui n'en fçavent point pourront prendre les plus faciles tels qu'ils s'enfuivent. Cataplafme. Prenez un oignon , faites - le cuire fous la braize, Se après pilez - le , & y mettez le poids de «rois ou quatre écus de bonne the- riaquc, Se appliquez • le. Autre. Prenez une poignée d'ozcille , faites-là cuire dans un papier fous la cendre chaude, 424 Recueil de Receptes. ïa pilez avec limace, avec la coque, Se deux jaunes d'ecuf, fuivant la quantité qu'en vou- drez faire, le tout bien falé avec de farine d'orge ou feigle fi en avez , changerez deux fois le jour fur la tumeur. nAtitre. Prenez racine de mauves blanches. dit, Altea, que ferez bouillir , au lieu d'icelîe prenez de mauves communes l'herbe, r/i- lez bien, une bulbe de lis cuite fous la brai- ze ,1e tout pilé avoir du miel ce qu'il faudra, l'ayant fait bouillir un quart d'heure , met- tez le tout enfemble avec les jaunes d'eeufs qu'il faudratauquel pourrez ajouter du levain Se du fol, & l'appliquerez comme deffus. Quand la tumeur fera meure la faudra bien faire fluër, Se fi elle n a affez d'ouvertures f la faudra faire k ouvrir avec une lancette, & uferez de l'onguent fuivant ; prenez une once d'huile rofat , fi en pouvez avoir, ou d'huile d'olive, un jaune d'oeuf, Se demi on- ce terebentine. tAutre. Le fuc d'Ache avec miel, ou tel autte tju'il vous plaira. F I N* TABLE Des Kemedes C7* acceptes coni tenus dans ce Livre. A ACcés de fièvre , pag. i8o. partie I. Accès de fièvre tierce, 137. 238. & 230* part. 2. Accès de fièvre quarte^o. 141.24» & 24J. part. 2. Accouchement, 234. part. 2. Ancte, 274. part 2. Antimoine , fa préparation , 364, part. 3. Antimoine diaphoretique, Se fa préparation, 250. part. 2. Apoplexie, io-j. part 2* Arrière - faix,pour le faire fortir, 472. part.\ Affemblée charitable de Paris, pour le fe- cours des Pauvres , 505. part. 5. Ce que l'Affemblée de Paris veut faire pour, fecourir les Pauvres, jod. part. 2. Afthme, 203. part 2. Avis à Mcffieurs les Curez, ^n.part>2n TABLE. B BA urne , pag, y t. 53. 71. & 72. paît. I. 1 Baume pour les ulcères , 2o.parf. r. Baume excellent pour toutes pbyes, contu- fions , goûtes, Se autres douleurs, 80. part 1. Baume d'Arceus, $2. parti. Baume artificiel pour plufieurs maladies , 330. fart, 3. Baume pour les blcffures, 532. part, 3. Baume contre les ncr's racourcis, 8j. part.x* Baume pour les playes, 180. part, 1. Mr du Bé, Auteur du Livre du Médecin des Pauvres , Se fon éloge , 29g. part* 2. Cenfuré par les autres Medccins,30î.^M.2. Bétail comme il peut être prefervé du mal contagieux ; 475. Se fuiv, part. 3. Beurre, comme doit être préparé pour le garder, 323. part, t* Bouillon rafraîchiffant contre la gravele, 405;. Se 406. part. 3. Bouillons contre la edique néphrétique , gravelle, Se reins chargez , 407. part. 3. Bouillon pour rafraîchir , 407. part. 7. Boutons du vifage, 118.parl.i.Se ^ô.part.^. Brûlure , 102. 103, part. 1. Bubons , 34^. part, ^ TABLE. C CAtaplafme pont le mal d'eftomach & pour la colique, 338. part. 3. Cataplafmes pour ouvrir les tumeurs, 59. 60. Se 6\. part. t. Cataplafme pour le mal de rate , 107. part. t. Cataplafme pour faire mc^rir un apofteme , Se particulièrement des mammelles des femmes, 346- Par*> ?• Cataplafme pour l'hydropifie , 223.fur/. 2, Cerat excellent pour les playes Se ulcères , 38. 68.Se ôç.part.x. Cerveau, pour le décharger, 383.^.3, Chaleur de foye , 198. part. 2. Chancre , m. "2. & fuit;, part. 1. Chancres petits nlc.res de la bouche, 114. part. r. v Charbons, pu part, i* Chinquina , contre toutes les fièvres inter- mittantes, 41°» part. 3. Chûtes violentes , 374. part. 5. Cirons , 01 part. 3. Colique , rénale , bilieufe, yenteufe , 200. 2po. part. 2. Contufion, f*.part. t. Cors des pieds, i»8. part* l» TABLE. Crevaffes des lèvres, 116. part, u Criftaux de Muret, 40U faet. 3. D. DArtres & brûlures du vifage , 108. part. 1. Décoction pour l'hydropifie , 581. part. 3. Décoction contre les brutts de tête, mal de coeur, Se pour rafraîchir, 194. part. 2. Décoction contre la toux & difficulté de cracher lorfque l'humeur eft trop fubti- le , 388- Payf V Décoction contre les fièvres pourprées, 41%, part. $. Dccoiiion fudorofique contre les fièvres in- termitiantcs, 144. fart. 2. Dcmangeaifon , i\6. part. t. Dieu n'a pas befoin du bien des riches pour le fcûtien des Pauvres , néanmoins il Us convie de leur en donner, 328. part- 2. Difîocation , §4. part- t. Douleurs que caufe la goutte , 354. part. }• Douleurs de netfs, 364. part, y Douleur de tête , '102 part 2. Douleurs de dents , 180. 148. 181. part, i- 359./wf. 3. Dy ;ènterie, 210. 211. part. 2. Se 389. Se fuiv. part. y. T A B L E E EAu fouveraine pour les yeux , ft* part, i. Eau excellente pour le vifage, 34».part. 3. Eau fouveraine contre les maux des yeux , contre la teigne, les dartres, les erefy pe- lés Se playes, brûlure , Se vieux ulcères, 92.93.part. I. Manière eie s'en fervir , ibidem. Eau rare contre la douleur des yeux, inflam- mation lacrymales, Sec. \f-/.part.\. Eau excellente pour confumer les tâches Se ongles des yeux , 178. part. i. Eau de fraifes pour rafraîchir le poulmon Se le foye , 201. part. 1. Eau contre l'hydropifie, 114. Se fuiv. Si 224 part. 1* Eau celefte, ^ in.part. \. Proptietez & manière de s'en fervir, ibid* fart. 1. Eau clairete , Mt. 22> part. 2. Etude caffe, 188. part. 2 Eau merveilleufe contre la gangrené, 146* part. 1. Eau cantagmatique 5 182. part. 1. Eau de noix, & fes vertus, 185, 18c;. 187. part. 2* TABLE. Eau minérale , 247* fan> 2« Eau merveilleufe, compofée dans l'Hôtel- Dieu de Paris, la manière de s'en fervit ' pour plufieurs maladies, 28u&fmv. Ebullition de fang, 199- f*rt. 2 Ecorchure des mammelles ; 328./wr. 3 Ecroiielles ,98.99. ioo. 183. cV 184 part. U Emplâtre noir, 34.^2. Manière de s'en fervir , 96. part. \* Empiâirc appelle M anus Dei, ^g.part.l. proprie.cz de Cet Emplâtre, 40. & ïuiv, part.\. Sa comiofuion , 4v & fuiv. Maniert de#fe fervir de ce: Emplâtre, 48 part. 1. Emp-â'rc contre toute forte de playes, & maux de te lins , 49* farl**• Emplâtre contre les ulcères des mammel- les, y., part. l. Emplâtre contre les fluxions froides, 327. part. 3. * Eu'ilânre f< uverain pour les maux de ma« tri', , $5- part, i* Emplâtre i-r-ur la rage , 126. part.u Emplâtre pour guérir les loupes , ijy. part. i. Emplâtre pour la matrice, lyô.part* I. Emplât.rc contre les ecroiielles, 184. part. I, Enflures du vifage, ffuxions, 108. part* l* TABLE. Engelures, mules aux t.lons , 109. part. t. Entorfes, Sa. fart. 1* Epilefie , ou mal caduc, 195. Se foiv. part. 2. Eryfipclcs, 174. tw/.s. Efqninancc fans févrc , 384. pr/3. Eifence pour faire l'bypocras, 2^. fart. 2. Extrait de genevre , 205. paru 1. Fièvres intermutantes, tierces , & au- tres , *î7- & fuiv. Pour guérir toutes les fièvres où l'on trem- ble , 2^. part. 2. Flux de ventre , 207. Se fuiv. part* ?. Fluxions acres cV chaudes, 244. part. 2. Fluxion qui tombe for la poitrine , 387. part* }. Foibleffe d'eftomac , 230. part. 2. Folie , . »5> part. 1* Fomentation contre l'hydropifie appellée tympanite , ï2l« part* 2« Aie , 13* p*rt' T- Galien % charitable pour les Pauvres, 299. part. 2. Gangrené, ,tf.\$nut.t au , TABLE. f lit i 249. part, t. Reins , 6> part, u Rhumatifme, v i$6.part,u Rompure des enfans, 110. part. 1. SGiatique , ïc8. part. 2.: Siège relâché aux enfans, 163. part. 1. Soif dans les fièvres, 248. part. 2. Sueurs, manière de faire fuer pour divers maux, part. 2. Suffocarion de matrice, 23l.parui* Suppofitoire , 292. part, i* Surdité, 191 part. 2. Syrop contre l'hydropifie, 2îo. part. 2. Syrop de vie, 188. part. *. Syrop de S. Amhroife, 244. part, t* Syrop merveilleux pour conferver la famé, 225. part. 1. £yrop de Capillaire excellent, 226* part.2» TAches de petite vérole, & celles qui font dé naiffance,tf5.15p. Se fuiv. p. 1, Teigne, iy/t \%2. part, t* Tyfane pour l'hydropifie , 216. pan. 2. Jyfane purgative , ^o. part, t* TABLE. Tyfane rafraîchiffante, 194. part. 2. Tyfane contre tous maux vénériens, 261, p*t* Toux, 203. Se fuiv part. 2* Tranchées des femmes accouchées, 236.p. 2. Tumeurs , 59. Se fuiv. jurt. 1. VErole ou maux vénériens, îjS. part. %* Verrues, ljo.part.l* Vers de peti ts enfans t 228. part. 2* Vorniffement, 104, part. 2* Vin Chalibé, 234.part.t* Ulcères de matrice , 233.part.2. Ulcères des jambes t 68. part. 1. Ulcères, 69.80.175. part. 1. Y Eux ,90. 92. & fuiv.^irf. i. contre ta , douleur des yeux , 178. part. 1 La de- mangeaifon des paupières , 179. part, t. Onguent divin , ou Manus Dei, 39. part. I, Remèdes contenus dans la Troifiéme Partie. Outre les meurtriffeures , 327,- Rcmede admirable pour le mal d*efto- mac, Se colique , 328. TABLE. Pour les coupeures & ulcères, Sec: jjj/ Pour les relaxations récentes, tcmedc infail- lible, 3}8. Pour les dartres enflammées, 342, pour guérir toute forte de bleflures de feu d'eau & de poudre , Se en effacer les mai? ques "i 348 Obfervations pour la curation du cancer, 344- Pour les cancers., " 344* Pour la méchante odeur qui vient d'une pi- tuite pourrie dans le'conduit de l'odorat, 346* Pour la puanteur du nez , tbid. Pommade pour empêcher les marques Se ta- ches que la petite vérole laiffe ordinaire- ment fur le vifage , 347* Recepte contre la gratelle , 348. Pour la gangrené , playes , & ulcères , tbid* Cataplafme, . 349. Se uiiv. Remede pour arrêter le fang du nez, 352. Pour guérir toute forte de gangrenés, peftes, playes, Se maladies veneneufes , ou ve- ucriciie*, ibid* façon de traiter Si guérir la gangrené ,3531 P rgation que le malade prendra pendant foi. traitement, Sec. 354. Eau excellente contre la gangrené, Si autit-s playes fordides, 2;?. T A B L E/ Pour arrêter le fang d'une coupure, \^ç; Pour la rache des petits enfans, vermine , Se gale , ibii. Contre la maie - teigne ou rache , 360. Pour la rougeur de la petite vérole , 38 r. Contre la rougeur des yeux , ibid. Façon de préparer l'antimoine , 362. Pour une defcente aux petits enfans, 1,66, Contre les vers des petits enfans , ibid. Remede pour la pleurefie , ibid. Autre pour la pleurefie , 367. Se fuiv. Emplâtre pour appliquer contre toute forte de doulcurs,appellé toile emplâtique^Oi Recepte pour le mal de matrice, 37t. pour faire tomber les tayes des yeux, 8f au- tres ordures , tbid* Pour le mal des yeux , ibid* Poudre pour d, flécher les cheveux , 375. Tyfane aperitive tempérée , excellente pour toute forte de perfonnes, cnt3ns, Se au- tres , & fur tout au•< vieillards , 377. Tyfane pour purger doucement la bile , ap- pellée Tyfane à Iji Reync , 379* Autre tyfane lax.at|vc , 580. Tyfane ou ef^cfSd'hydromel, pour toute forte d'obftruclion , & même pour gué- rir de l'hydropifie , tbid. Remede pour purger , . tfz.Se fuiv. Remede pour guérit l'efquinance qui eft fans TABLE. fièvre, ^ 384» Contre les maux du gofïer,& du palàis.iM. , Pour guérir la fciatique, t ^tà. Pilules pour les obftrucTions de la rate, j8y. Pour le mal de dents, $6» Pour le pleurefie- Se fauffe pleurefie, ihl Remede contre le Rhume , 387' Recepte pour l'hydropifie , 394* & fulv' Sirop contre le Rhume de caufe froide, 399. Pour décharger l'eftomac des mauvaifes hu- meurs , \à: Pour le mal d'eftomac , '"«•■ Poudre digeftive, 400« Poudre pour ceux qui crachent îe fang, ve- nant/du poulmon , • *''*' Poudre pour les obftmctions du foye , &o 40c Pour faire uriner promptement, 4?2, Pour la gravele, ' ibid. & fuiv. Pour diffoudre la pierre dans les reins ,Se la veffie, 4°$' Contre la pierre , ibid» Vin propre à donner a boire à toute for- l te de malades, de queloue fièvre que ce foit, 4 "• 408. Vin d'AlKexenge , 409. Contre les fièvres peftilenrie'lcs , 410, Recepte infaillible pour la jauniffe, 418. Contre la gorronhe'e invétérée , 419 TABLE. jSecrets & moyens faciles pour cbnferver le Bétail du mal contagieux, 420. Se v finv. Pin de la Tabk* i Mec*.. U,«t. WZ £co no3