L A METALLIQUE transformation. Contenant trois anciens traidez enrithme Françoife. S C, A V O I Ry La fontaine des amoureux de fcicnce: Authcurl.de la Fontaine. Les rcmonttramccs de Nature a l’Alcby- tnifte errant : anec la rcfponcc dudift Alchym. par I. de Mung- Enfcmblc. vn traite de ioîTRomant de la Rofe, concernant ledid art. Le Sômairc Philofophiquc de N.Flamel, Aucc la deffenfe d’iccluy trt,& des Ko-' neftts perfonnages qui y vacquent: Contre les efforts que 1. Girard met à des outrager. DERNIERE EDITION, A L Y O Chez Pierre Rigavd , rue (/î’Enfcignc de la Fortune M. DC. XVIIL C£S VTH E VR S> Aux Leiïeurs. Gens de bon cceur,noftre venue Donner ne vous doit defplaiür. Si vne fois auez cogneue La verité cachée & nue En nos eicms aurez plaifir. LBCTEVRS. Esiourspa/Tcz^rmslefteurs, jSft ont venus cn mcs ma*ns trois petits liures touchant la tranf- formation des métaux , an- ciennement compofez en rithme Fran- Çoife par autant de bons autheurs-: lef- i’eftime fi deL&ablcs & proftta- bles , qu’ils méritent bien eftre Icuz.pria- cipaleimnt par ceux qui ayment telle fcience.Et pourcc que parauant les exem- plaires d’iccux cftoycm fi rares, que plu— lîcuvsdéfi:o’cnren vain de les >'oir , vous pouucz cognoblre quelle aifcftion m’a clrneu à prendre peine qu ils vous fulTcn» publiq icmcnt pn Tentez , te cîy > moyen- nant l aide de véritables copies elcrites à fa main , beaucoup mieux ageancez ■& correâ:s,que de ma part ne les auoiteme- rjucs trouuez flparemcnt. Mais ie penfè qu il çf> conuenable , de dire icy quelque autre rhofe de chacun d’iceux, pour tous donner plus de contentement. Le premier qtu eft appelle la Fontaine La fon- taine des amou- reux de feienet. des amoureux de fcience , fut compofé l’an 141 j. parlean de la Fontaine, natif de Valenciénes en la Conté de Henault: & a efté cy deuant imprimé à Paris Se à LyomMais fçauez-rous comracnt?Vc- ritablemcnt çà, & là, trop corrompu , & amplifie7 de piufieurs chofcs fuperflues & fortes , tant au regard du fens, que de la rithme : Lelqucllcs y auoient eflé enrre- mtflees.par la libéralité de quelque igno- rant, foubs efpoir d’auoir part audift li- ure. Or vous veux-ie aduertir , qu’en tranfori«ant P rmauts e lean de Meung-.qm lien WiRpprtusfe^ tant les Sophtjies reprenne. Les te- fnojîran. faites p*r natu. à V Alehy. CTyc> ru- theur 7, de Meüg ’AVX IÎCTÏVRS. Car cecy eft did foubs le perfonnage de Nature : & Ton peut femblablement voir entre ce que ledid de Meung ha corapo- fé, fuyuant G de Loris , au Romant de la rofe, que Amour, qu’il fait là parler, tient très-honorables propos de luy ruef- jnc.C’cft après auoir did, Cyferepofera, Guillaume, Dent le tombeau foit fl*in de h mime. D'encens,de myrrhe,d'aines. Tant m'a feruy,tant m'a lots. Ou s’enfuit, Et puis viendra Jean Chopinel Au cœur gentil.au cœur ifnel, Qui natfira dejfus Loyre a Meung, Lequel fy à foui fy à ieun Me ferutra toute fa vie Sans auxrice fy fans enuie: Et fera fi pige (y fi bon. Qu'il n aurait cure de raifort, Qui mes orgnemens hait fy blafne, Combien quils flairent plus que bafme,fyc. l’a y au/îî crtraidSc ioind audcflfufdid Ijure, vn lieu d’icelny Romant,auquel le- did de Meung traidc manifeftement de l’aet fufdid , ic à caufe duquel fcul, plu- “çurs achètent ledid Romane. Apres eft *uyuant le petit teftament attribue à Ar- mait de Villencufue. he troificme liurc ( qui n’aüoit pàra- aant cfté mis en lumière ) eft intitule le Sommaire Philofoghiquc de Nicolas Flamel ; qui florifloit Tan 15 9}.& • 407. comme il appert encorcs en la ville de Pans à S. Innocent es monumÊs des deux arche* oppofites, le cymiticrc entre elles, il fit alors faire. En l’vne defquelles l°nt, outre autres choies, érigées les ef- de deux Serpens, ou dragons, 8C j,yn > fuyuant !a delcrîpcion que ® 'ceux il a fa: k grace de ux de Ronfard, ou de plufieurs autres pactes de noitre temps, ceft allez qu’iJs enfeignent chofes cx- 'ioifes & prccieufes , lesquelles font lou- Ucnt cachées foubs quelque vil habit.En- cores fcra-cc humainement faiét de les exeufer tous, ou aucuns d’iceux, des fau- ttsqu’on leur pourroit attribuer,& en C”aigcr ou le temps, ou la perplexité «S: A VX lECT E ▼ R S. Sommai- re Philo- fephique de,H,F la mol. difficulté' de II matière fubic&è, ou bien les vices des exemplaires corrompus, l’ay adioufté à la fin dcfdifts lîures, vne dc- feate de ce'tc difte fcicncc : contre l’ou- trageufe epiftre de I. Girard: à fin qu’ils foyent moins (ubie&s aux outrages de quelques Iagards«fto«rdis,& plus agréa- bles à pluficurs bonnettes perfonnes Or fi en quelque endroift ma peine vous peut profiter ou plaire , iouyflcz-ett *oayeufemcnt. Avx ljctiuj. la fontaine DES AMOVREVX de fcience : compofec par lean de la Fontaine de Va- lcncicnnes5en la Comté de Henaulc. E fut au temps du mets de May, fmli Qu'on doit fuir dueil & efmay. Que ientray dedans vn v erg ter Dont ZefhirusJ'ut sardinier, Quand deuat le iardin pajf°y*> le n'ejloispas vejlu de foyei Mais de pauures draps maintenu' Peur n'apparoir tnpublie nu, m'abattant auec defir De chajftr loing mon Ouy vto chan■ harmonieux Daplifieun oyféaux gracieux. •Adc'ic ie regarday l'entrte D« tardin,qui eBoit fermer. Mau comme ma veue eïhma La jfôntaine des Zephirtu tofi ta'dejferma: fuit fe rttira.par effeit .Monfirant qu’il n aimt cela fai Si. Et quand ie vtitille manière. le me tiray vnpeu arriéré. Et en après en■ ray dedans. Du tour n'auois mangé des dents, V auoye grand fotf & grand faim. Mais port où auee moy du pain, Qu'auoisgardé vne fepmàine. Lors apperceu vne fontaine. D'eau tres-clere,pure & fine, Qui eftoit foubs vne aubttytne, loyeufement empres majfis. Et de mon pain fcupes y fis: Fuis m'endormis après manger Dedans ce gracieux verger; Et félon mon entendement. le dormy afox. longuement, Pour laplaifance que prenoye Eflant au fonge que fongeots, Or pourrez, fpauoirde mon fonge, Et s'après le trouuay men fonge. Il eft vray qu'il me fut aiuis. Que deux belles dames au cler vois. Semblables à filles de Roy Au regard de leur noble arroy. * Vers moy s'en vindrent doucement Et ie les faluë humblement, Dnleur difant,illujîres dames Dieu vous [auf&de corps & d'âmes, Platfe vous a mey vos noms dire. Ce ne me vue liiez, efccnduire. Dvne refond par grand plaifance •Ami i'ay à nom CognctjJxr.ee; oici Raifon quelacccmpaigne, Soit par mont s,par vaux,par campaigne, £lie te peut faire moult fage. •Alors entendant es langage, £•' cuidant eslre refuetllé, D'vn ciu fus fortefmetueillé: Car tjftr veis la fontaine, Qui efl tant aggreable [y faine. Sept rut féaux que veu te n'auoye, Méfiant couché en celle voye, efquels m'auoyent fi fort mouillé Que t'en ejioje tout fouillé. t'efanaoit l'eau a foi [on, Adonc priay dame Raifon, Qui ejloit uuec Cognoijfance, éde dire la fîgnrfiance De la fontaine & des r ut faux Qui font fi plantureux <& beaux Dth qui ejloit le pourprés. De tous cofiez. bien entrepris D'arbres (y> et» fleurs odorantes Arroufez. des eaux courantes, forte que pareils iamait AMOVRE\TX TE SCIENCE. 6 Ne mefemhloit auoirveu. Mais 'Elle me dtct trefdoucement Mon ami tu fa aurai comment Va de ce qu'eu fi grand defir: ■Efcoure moy tout à lot far. En la Fontaine ha vue chofae. Qui eft moult noblement enclofe. Celuy qui bien la cognoiftreit, Sur toutes autres taymeroit, Qui la voudrait chercher querre. Et puis trouure mettre en terre Et fecheren menue poudre. Puis arriéré en fan eau refoudre. Mais que fujfant auant parties. Puis affemhlees les parties, Qui la terre mettrait pourrir En l'eaue que la doit nourrir lien naijlrcit vnepuceüe Portant fruiB a double nrammeHb, .Mais au'tn ofiafa la pourriture, tjonPelle ne fan fruit n'a ha cure. La puce Ht dent te dtuife Si poir.gt & ard en meinte guife: Car en l'atr montera haut vêlant V ni s defeendhas , à val coulant. Et en s'en d'efeendant Paonne, taofi nus nature luy donne. C'efa vn Dragùn qui à trois goules: Eamilkujes & jamais Jaotiîes: t A EONTàlNI DES f**tautour deluy chaficun rue. enuironnant amji qu'en rue, f0urfiuiua»t par forte chaffa Tant que greffe eouure faface, mtrctfi (y fi l'englue. p“*‘ comprejjt (y le mengue, t'enfante mefmemcnt: (Cefè fait amoureufement: Plus putffant que deuantgrandfemme: Puis le boit comme tut de pomme. -àinfi l'enfant à fa manière, Souuent boit (y r enfante arriéré, -Punt que plut cler ejt que Qhrtfial. Pour vray le fait en efiytul. & quand tl ejt amfi Lut fiant. En eaue moult fort &puijfant, Il penfe dénoter fa mere, h* mangéfonfrere (y fere. aîtnfi comme l'alaitte Jy ceuue Ee Dragon le fier de fia couue. Sa raere en deux parties part, Que luy aide après ce départ, Et puis ladeliure a (rongeuses. Qui l ont plus tojiprins quegargoulet. ■Alors efl Le plus fort du monde, t*maü n'efl rien qui Le confonde. Merueilleux il ejt fy put fiant. Ene once en vaut cent d'orpefiant. G'efi vnfeu de telle nature, amovretx de science. Alias Mais aiiât par cha- leur on charte Grerte que luf couure la face. Alias Mais def- fus luy faut que Ion chat fc Sec. Sf* ilpafie tente pourriture, Et trunfmue en autre fubftance, Quant qu'il attatnt à fa femblunte? Et g aenjl maladie toute, a4p'jjhwu,fpre,&goutte: Et es vieux corps donne teunejfe} Et es teunes.fens, & liejje C efl atnfi que de Dieu miracle. Ce ne peut faire te triade, Ne rien qui fait foubs Ciel trcuuf Fors ceci,qui eji efpro.uné Par les Prophètes anciens, Et par de fleur s Phifîciens. Mais on ne lofe plut enquerre. Pour peur des Seigneur de la terre, Onquei mais n’adutnt tel mefchté: Car ce faire on peut fans péché: Moult de Sages fit ont aymé. Maudit fat qui i'ha diffamé, Lon ne le doit onc reueler, Qu a ceux qui veulent Dieu aymer: Et qui bien aiment.ont vsfloire Pour f ruit Dieu,aymer,ou croire: Carctl a qui Du it donne efpace, 2>e vture tant que en quelque place Il ait celle œuttre labouree, ■A de Dieu la grâce impttree E.-i fy, fâches certainement. Dont prier doit deuotemerf < 1A ÎONTAINI 51S les fainéis hommes qui i ont mife f*eùrtt félon Leur deuife, fhtlofej,h es & Saints prud’hommesi bont ie rte 'c*y dire les femmes, Mats Dieu leur face à tous merci, Qî** ont ou tire iniques ici: ** ceux qui aymenr la fctence, Dieu leur do tnt bien (ypatience. - Scauotr dots que eeluy Serpent, Que ie t'ay dit première ment, ffi gouuerné de fept Rmjfeaux, Qui tant font amureux & beaux, •A'nfi l’ay voulu figurer. Mais autrement le vueil nommer: « tout par Rature font faites: Et ainfi ejl-il des métaux, Qui ne font pareils ny ejgaux, Car par elle mtfmeft font, dedans la terre bien profond: E>efquels plus à plein conteray Quand Nature te monSirtray, E*quelle ie veux que tu vcye, Afin que mieux fuyue fa voye Et fcn [entier en la tienne œuure: Car il faut que la te defieuure, ■Ainfi que tels propos tenait, ?e Veis Nature queveneit. Et alors fan s faire delay, Ercift encontre elle m'en allay Eour la faluer humblement. Mais certes tout premièrement l'ers mcy feit inclination. *de donnant falsUatio». Etrs Rai fin dift, voici Naturei A l'aymer mets toute ta cure: C'eft elle qut tefera efîre E>e fin cuurage prudent maiftre. leVefioutay diligemment: Et elle fe prit fagement A me demander d'eu i'efioye i Rt qu'en ce liu la ie queroye: 1 C«r il efi oit beaucoup fauuege, amctbevx ce scifnci. 9 Et pour lésion clera plein et ombrage. Dame,di-te,par Dieu de cteux, le fuis venu ci.ccmme deux, Qui ne feait en quelle part aller, Pour benne aduenture trouuer. Mais ie vous diray fans attente, Et en bref propos mon entente. Vn moult grand Prélat vey iadit, Sfauant,clerc,prudent & fubtils, Qui parlait en commun langage, Ainfi que faiti maint homme fage Du feauoir de la medecine Qu'il faifoit tref haute & tref- digne. En demonflrant fes excellences Par moult grandes expériences. Des Philofophes & leur fetence Deutfoit en grand reuerencs. Bien auoit eïlé à l'efcoüe. ' Alors fus mis en vne colle Ardente, d'apprendre & ffauoir Chefe meilleure que tout auoiri Et de luy demander m'aduint, D'où premier la fcience vint% S'en eferit on la roncontta Ex qui fut cil qui la monfira. Il me refendit fans delay Par ces propos que vous diray. Science fi eft de Dieu don, Qui vient par inf nation. 1A FONTAINE DES Ainfi eji fctence donnée Dteu,&en l'htmme intyireil Mais auec ce apprend c» bien ■A i'efcoUe par fin engten. (tuant qu'me lettre fufi VCUe Si «fieu la jctence Jpeuë, Pargem non clercs ,r//au inïfirex., §£»< doutent btet* efire Carpiufieurs ont trouué jctence, Parla dtuine fapience: Et encore ejl Dteu tout putjfant Pour donner à jon vray fcruarit Science telle qi»tl luy piatfh beipuoj à pittjieurs clerc» de filai fi, btjans yu aucun ne fi jufjijant, S'il n'a «fié ejtudcant. Qui nefi matjfre «s an,ou deftestr, Entre clen rtpeit feu d‘honneur % Et de ce les dott-on blajmer. Quand auttny ne fpauent Mien édaù qui oten punir les voudroit, Ees hures «fier leur jaudreit, Ed ferott fctence faillie En piufieurs clercs,»'enioute%min Et pas ne le fétoit es Un, Qÿ * font rondeaux & virelais, Et qui fpauent metrifier, Etpfuturs chofes que meftier Eont h maintesgçm à dehure. AMOTREYX ©I SCIENCE. 10 Qu'ils ne trouuent pas en leur hure,. Le Charpentier, fa le Majfon N'eftudtent que bien peu, non Et fi font auffi belle vfiney Qu'eftudians en Médecine, En Loix, fa en TheJogie, Tour auoir pratiqué leur vie. Dés lors fut grandement épris, Xi'emplnier du tout mes ejpri s, Tant que par vraye expertence, Auoirpeujfes la eagneijfanee, De ce que maint homme dcjîre, Pargrâce du fouuerain fire. Mon conte raifort fa nature. Bien efcoutoieat te voucaffeure. Puis à nature di, Madame, . Helat toufiours de corps fa dame,- Suis en trouail voulant apprendre Science,ou ne puijfe mefprendre. Pour auoir honneur en ma vie, Sans ce que nuly ait enuie: Car tout mon bien ie vueil aequerret Comme les Laboureurs de terre; La terre fouir fa houer. Et puis fa femeace feenert Comme font ht vrais Laboureurs, Qui font leur} biens fa leurs honneurs. Et pour cela prier vota vueil, Que vous me difies de vox. vueilt U îOMTAINE DES Comme on nomme celle fontaine, âfV tint eft amoureufe & faine, Elle reffond.amy de voir Puis que defirex. le feauoir. Elle s'appelle,peur le mieux, Eafontaine des amoureux• te doit-il eftre notoire * §lue depuis Eue neftre mere l'uy gouuerné fret eut le monde, Si grand comme il e(i à la ronde: Sans moy ne peut chofe regntr, Si Dieu ne la veut in/f irer. Moy qui fûts nature appellee, l ay la terre enuironnee, dehors,de dans,& au milieu: En toute chofe prins mon heu, mandement de Dieu le. Pere, toutes ehofts te fuis mere, •d toutes ie donne vertu, m Sans moy n'efl rien,ne oneques fu, Chofe qui fait [oui le ciel trcuuee, Qui par moy ne foitgouuernec. Mais puis que tu entends raifon, le te vuesl donner vn bel don, l'ar lequel,fi tu veux bien faire, Eu pourras Paradis acquerre, Et en ce monde grand' tichefie, E>'on te po urra venir noblejfe, Honneur grande Seigneurie, ÀMOVREVX »E SCIENCE. Et toute purjfmce en tu vie: Car en ioye tu l'vîer/u, Et meut de nobles fat lis verras, Par celle fontaine & caverne, Qui toit* les f pt métaux gouverne, ils en viennent cefi chtfe claire. Mais de ta Fontaine fuit tnere, Laquelle efl douer comme miel» Et aux fept Planètes du ciel. Comparée èfi-.fcauoit Saturne y Jupiter mars & la Lune, Le Soleil,Mercure & Venue: Entends bienju y es tentes. LesJept Planettes que toi ditî Ac comparons fans contredit 1, Aux fept métaux venant de terri Qui tou* font faits d'vne matière. Il or entendons par le Soleil, Qui eft va me*ail fans pareil. Et puis entendons pour l'argent, Luna le metatl noble jygent. Venus pour le cuiure entendon, Et auffi ceii moult bien fon nom, Mars pour le fer,&pour l’ejiaift Entendons lupiter le fain. Et le plomb peur Saturne en bel, Que noue appelions ormefel, Mercurius eft vif argent, Qui A idUt iegcuuefniménty La f oh ta i n e dis T>es fept métaux : car ceft leur mere, Tout ainfique fi les compere: Qui les imparfaits peut parfaire, ■dpres le te voudray remetraire. Or entend> bien que ie diray. Tt comme ie declareray La Vont aine à, dame Nature, Que tu vois ci près en figure. Si tu ffais bien Mercure mettre En csuure comme dit la lettre? Mode et ne tu en feras, T>ont paradis puis acquerras, •duecquesi'honneur de ce Mondes Ou grand? plante de bien abonde. Scauotr dois par Ajlronomiey Ltparvraye Fhilopbie, Que Mercure efi des fept métauxv La matière, & le principaux: Car par fa pefanteur plomb a fie > Ss tient fous terre en vne mafie, Idonobfiant quelle efi volatiue, £/ es autres moult conuerfiue, Tt efi fous la terre trouuee. Tout ainfi comme efi la roufee. Ttpuis en Vair du Ciel s'en monte, Moy Nature le te raconte, Tt fi après peut conceuoir. Qui en veut Medecine auoir Mercuriale, tn fin vefiel, AMOVREVX CE SCIENCE Le mettra dedans le fourmi Vour faire fiuhlimation. Qut efl de Dieu vn noble don, Laquelle te te veux monflrer A monpouuoiridy figurer. Car fi ne fais purs corps (y ame, la ne feras bonne almagame, N'aujfi bon paracheuement. Mets y donc ton entendement. Or entends fi tu veux feauoi*, (Mieux vaut ben fensque nul auoir) Pren ton corps & en fais efiai, Comme autres ont fai il bien le frai, Ton effcrit te faut bien n.ondtr, Ains que pu:fies incorporer. Si faire veux bonne bataille Vingt contrefept confient fans faille, Et fi ton corps ne peut défi mire Vingt,à ce pas il faut qu'il meure, Si efl la bataille première, De Mercure très-fer te (ffiere, Apret rendre lui conuientfaire. An pois qu'on en put fi rien artraire, Quand à ton vouloir mtr pris Rendu fera, lors efiant pris, Si tu en veux auoir rai fin, V en firme* as dam laprifo», D'okil ne fe pu‘fie bouger. Mais d'vn don le dcis fieulager: La fontaine des Alla* j Vingt en- contre «c- uitnt, &c. Ou pour toy rten ne voudra faire, Tant que lu y feras le contraire, Ttfi faire lut veux plaifir, Itje teecnuisnt eflargir, Tt remettre en Jonpremier efirey Tt pource feras tu ion maifire: ■Autrement fpaueirbien ne peux Ce que tu quiers,fa que tu veux, M ii> par ce peint tu le ffauras, Tt atout ton pUifir viendras, Mais que tu faces de ton ccrps Ce dent te fats ci le recors. Taire dois dent fans contredit, Premier de ton corps e$}> it, T.t l'efprit reincorporer Tu fin corps fins peint feparer. £/fi tout ce tu ne frais faire, Si tu ne commence peint l'affaire. -4près cefie coniurdltcn, Se commence opération, T>e Uquelle.fi tu pour fieux. Tu auras ’agloire des deux. Maïs tu dois fiauoirparce Hure. Que moi Sature te deliur §f*e le Mercure du Srleif, S'fi pas a la Lune pareil; Car toufisurs dut demeurerhianche, Pour faire chofe a fa femhl.incey £t celas aut au Scf si fort, >MOVREYX DE SCIENCE. 13 Le doit rejfembler en appert: Car on le doit ruoifier: Et ce ejt le labeur premier. Et puis affembler les peut-on Comme i'ay dit,en ma maifon Cy de (tant que tu as ouye, Qui te doit trouuer en l'ouye. Et fi ce ne ffauoii entendre: En ton labeur pourvois mefirendre: Et à l'aiuentureperdrais Long temps, & en vain l'vferois. Et s'a mon dit/fais labourer, Seurement y peux procéder. Or as tu vnpoint de cefie æuure, Que moi Nature te defceuure. Si te faut par bonne rxifon, Faire après congélation De corps & d'efprit enfemhle, Tant que l'vn à l’autre rejfemble, Et puis te conuientpar bon fens Séparer.les quatre elemens, Lefquels tous neuueaux tu feras, Et puis en æuure les métras. .Premier tu dois -, feu extraire, Et l'air aujfipou/ c'efi affaire. Et les rempofer n après. Ce te dits cy par mots exprès, 'La tare & l'eau dautre part, 1A ÎOMÎAINE DES Seruent moult bien h celui art, Tt aufftfait la quinte■ ejjence: Car c eft de nofîre fait la cence. Quand tu ai les quatre treuuet», E* l’vn de l’autre feparc •fttnfi que tat dit par de fut, TonfaiBfera demi conclut. Or peux procéder moiennant, Qu» tu faces ce que deuant le t'ai en ce chapitre dit. Tu le mettras au four petit. Cela s’appelle mariage, Quand il ejl fait par homme fage\ £f aufft cejl moult bien fon nom, Or emendelffnen la rai fon: Car mafcultn eft fort halle •due c féminin amiable, £/ quand purs & nets font trotiuef, Ttl'vnauec Vautre affemblez, Cenerationfort certaine, que c eft vn ceuure hautaine, £t qui eft de grande fubftance. Ainfiesi il,d’autre femllance, De maint homme,&de mainte femme, Qui ont bon loz & bonne famé, P«r leurs enfans qu’ils fçauent faire, Dont chacun doit prifer l’affaire: D'oiféaux ,dt beftes,& de fruits: Autrement prenait ie lipüifi A'movrev* de science. 14 Alias Et en fai* Al.Scicce.- Mettez. d'vn arbre l»[errance En terre pour bonne fcrente: Apres ta putrefaiïion, En 'viendragénération. P ar le froment le peux fcauoir, Qui vaut mieux que nul autre auoir, Semant vn grain, en auras mille. La ne faut eflre moult habile: Ne oncqstes ne fut créature, dut dire peut à moy Nature, Naiffmce ayprins fans, te cercker, Tu ne peux rien me reprocher: Etainfi des métaux efi il, Dont Mercure efi le plus fubtil. Dans le Tour efi mis,ou fort corps, Que ie t'ay dit en mes records. Et de ce faire il efi moult prefi, Ainfique verras cy après. Là luy conuient enamourer. Son pareil, fapuis labourer. Mais ains quaffin puijfe venir, D'enfemblt les faut defpartir. Mais après celle départie. Se r’ajfemblent ie vous affie. La fois premier efi fianfatlle, Et la fécondé l'efpoufaille, A la tierce fois par droiflure, Ajftmblees en vne nature. Ce fi le mariage parfait LA r'ONTUNÏ DES Al. Côme al Quand il cil mis dedâs ion Corps il le coHuicnc énamou- rer. De sô pat ci) puis labourer, &c. duquel gifi trtfVjUnofire fait, Er entens bietfamme i'ai dit: pour vrai en rien n'ai mefdit. Quand tu les auras fepare Et peu à peu bien reparex, E« après les r'alfemhleres. Et tvn auee f autre mettras, Mais te fouuienne en ta Iffon, Eu prouerbe que dit Caton: E homme qui hjlen rien n’entend, Semble au chajfeur qui rien ne prend, Si apprens donc À bien entendre, •dffin que nepuiffes reprendre Ees hures, ne les bonsfaSeurs, Eefquels fontparfatHs entendeurs’. tous ceux qui nofire ceuure bUfmentj Ele la ccgnoijfent ne l'entendent: Célut qui bien nous entendroit, Moult toft à nofire ceuure viendrait: Plufiturs fois a efié ouuree. Et parfhtlofophes effrouuee: Mais plufieursgens tenus peur fages Ea blafment dont ils fontfolages;. Et chacun les en deit blafmet, Qui a fens en foi fans amer. Mais leùer doit-on bien (y bel, Tous ceux qttt aiment tel mel, Et qui le penfent à trouuer, P#" peine de bien labourer. AMOTREtX DE SCIENCE. Et doit-on dire,c'efi biorflmt, Los mente leur bel effeR, Dr auons nous dtft vne chofe, Qu'il faut que brtefuement foit decloft, C'efi que fi bien procéder veux Tu faces I vmon des deux, Tant que fiancez; puijfent efire Oh vaijfel qui en fiait bien ïefire. Et puis pour ton faiïïfeparer Le te conuimt bien ordonner. L A IONT AIJHJ DE* Et pour t'en dire la façon Ce n'eji que refi lut ion Laquelle te faifigrand me Hier, Se pourfutuir veux le meflter, Jille doit le compoft dejfaiye Ain fi que tu en as affaire. Tant que chacun à part lui fait y Et puis usant la terre fstf De l'eau du Cielpaç dretclure, (Car ils font tcut d’-vnenature ) C'efi rai fin qu’elle fost abr tunes. Et de moi feragouuernee. Or t'ai-ie dit fans rien mefirendre, ’ Comme ton corps peut ame prendre, ’ Et comme les faut de [partir, Etl'vn d'auec l'autre partir: < Mais la detyartieffans doute, Efi la clef de nefire ceuure toute* Par lefeu elle fie par fai fi: Alias • Quand ni versât la terre (ci chc, De l’eau du Ciel fais qu’el- le leiche; Car ils sot tous d’vnc nature» Laboure doneques par droi- ture. 11'fs luy l'art feroit imparfatft. dt eut fine jeu ri engendre fa nature fors que cendre', bfatsjeur reuerence jauuee, Nature efi aans le feu entee: c«r fi Sature ny eftoit, **maù le feu chaleur * aurait, %lfiprouuer te le voulais, Wentefmctng teprendcis. biais qucy notes Uirrons ceprcpa-, autre dire voulons loz.. Et quand ce parler entends, mot en mon cœur efcrifi, du,noble Dame d'arrc*, vn peu entendre à tnoy, rtuenons à ces métaux, &ont Mercure efi le principaux, me faibles vous & Ratjon Aucune déclaration, Ou de vvtfre fait fuis abtu, Source que dit auez. de fus: vous voulez, que ie dcjface que bat faitt de prime face-, %t exprejjetnent vous le dites, Ie nefiat fi te font redites, paraboles, ien'emens point vos efi oie s, dmy,ce reïfondit Sature, £ot»me entends tu le Mercure, *MOVREV* DE SCIENCE. 16 Alias Soi. al. Aux 7, Que ie t'ay cy devant nommé? le te dis qutlefi enferme, Encores que fouuent aduient Qu’enplufieurs mains il va & vient, Le Mercure que ie te lo, Surnomme de Mercurio, C'efi le Mercure des Mer cures: Et maintes gens mettent leurs cures. De le trouuer pour leur affaire: Car ce n'eft Mercure vulgaire: Sans moy tu ne le peux trcuuer. Mais quand tu en vendras ouurer. Moult te faudra eftre autentique, Pour parvenir à la pratique, Par laquelle pourras auoir De noz, farts vn très grandfeauoir. Les métaux te faudra cognoijlre, Ou tenfaiR ne faudra vne eijlre, Or,pour entendre mieux lagaife, Je te diray eii l’œuure eji mife, Me finement où elle commence. Si tu es fils de lafctence. Et cil qui y veutparuenir, Eaut qu'a ce point fâche venir: Ou rien ne vaudra fin affaire. Pour labeur qu'il y fâche faire, Vource nomme ie la Fontaine, Qui tant efi amoureufe & faine,- • Mercure,celui vrai forge on- , LA FONTAINE DES amovrevx de science. **ipicaufe eft de perfection. Or entens bien que te direty. Oar pour vray riens ne mefdiray eluy Mercure fans pareil, \fux.tu trouuer ou le Soleil, Quand il e(i en fa grand’ chaleur, *-f qu’il fait venir mainte fleur: après fleurs viennent les fruits ce point preuuer ie lepuis, encoref par cent maniérés, Qui font d ce fait moult legieres, *flais ceftuy cy eft le principe, pour cela le te recite. Certes ie ne t'ay abufé: Oar pour voir il y eft trouué: s'en Luna veux labourer, •ftutant bien L'y pourras trouuer * Saturneen lupiter, en Mars,que ie nomme Fer. edans Ventesen Mercure._> peut bien trouuer la plue furac Hts, quant et moy,ie l'ay trouué •flu Soleil, & puis labouré, " P°»rce t'en ay fai Cl ce Liure, Qfle tu m'entendes a deliure. edans Luna fâches de voir, "flü/’ ieprins mon premier auoir. ie aux entendeurs, c eft tout vn de deux labeurs, Excepté rubifiement. Qui fert au Soletl noblement: Et plus dire net'enfpauroyef Se la pratique ne tnonflroye: Et celle ne te pute retraite. Sinon que tu le voye faire. Mais ayes bien en ta mémoirek Ce que ie t'ay dit iufqua ire. Eftant a refolution, faire dois inhibition: Mais ne commence point à fairtj Ce que tay dit fur tel affaire, Si nas probation dufaibt. D'auoir bien refoulé l'imparfait Et fi tu peux p efforce pas, Reeorpore le par compas, En reuenant sut fait premier: L'autre ne fut quemeffagiet. Vêtir tu le peux euidemment, Comme fi fait legierement. Far plut bref tu ne peux venir,. Au plus, fort de ton aduenir. Et fi tu l'entens pour certain. Tu ne laboureras en vain: Et après ce labeur cyfait. Te faut refaire le deffait. Putréfaction eft pour voir Dont il doit naijlrevn noble au tir: En ce point gift la mefirife. t A fOKUlHî DU a'môvrevx desciehci. duquel tout nofire fai& s'attife. t? quey que t'aye dit douant, fygifi tout le conuenant. uns le Four eji mis l'appareil, en doibs auoir vnpareil. germe fault premierpourrir, jQu'ilpuijfe dehors terreyjfir. ht fines la femence de l'homme, Que pour probation te nomme, pourritau tcrps de la femme, de aient fang-, &puitprent ame, hait en ferme de créature, [écrit ey te dit Nature. ■Car vne chofe en désira naifiri, Queffaura bien plut que fin maifire. Pour aüai&er les/quatre enfant, Qui font défia venus tests gratis, **fquels Elément font nomme*., l'vn de l'autre fipareXé, Oy as-tu cinq chofes enfemhh, E* l'vne l'autre' bienreffemble: nefi-ce qu'vne fubfianee, d'vne me fine femblanre. doit l'enfant manger fa tnere, après de frstire fin pere. *leur, & laiSl (y fruM auec fang douaient trouuer ta vn eftang. Or regarde dont le laiÜ vient, ** î«e là fang faire eomtient. IA: FONTAINE DES Si ce ne fiez. eonfiderer. Tu pers ta peine a labourer: Et fi tu me fcsi. bien entendre, Si laboure fans plue attendre: Car tu as pajjé le paJJagcj Où demeure maint fol & fage. Lk tu te peux vn peu pofer: Apres commence à labtitrer. Et pour fui tant que face.ijfir. FruiBparfaiB,qu'on nomme Elixisr, Car par œuurefciendeuf Se faiB la pierre Des Phtlofophes le renom, Qui en fsauent bien la raffin. Et n'efi ioyel,ne mal auoir. Qui puijfe celle pierre valeh. Si fes effeBs veux que ie die, Quérir peut toute maladie. Aujjîpar fes tres-nobles faiBs. V > VarfaiB les métaux imparfaiBs, EtnefaiBpltu choft du monde, Torscefte ou grand vertu abonde. Amerueilleux faiBs efi encline, "Pourtant Innommons medédne. Et de toutes les autres pierres, ' Que mairie Princes tiennent pour cbereh Nulle petit tant refieuirVhtaptme,.- y Que celle cy que ie te nomme.- Et pour ce ie t’en fais mémoirey AMovrïTX de science le tu le tiennes pour notoire: fur toutes pierres du monde, *frtti dedans la nofire abonde. Z* pour ce doit faire deuoir, *feg*igner vn fi noble aueir. ltt* me veux bien enfuiuir, Ce poinB pourras aduenir. *4pprens bien, fi feras que fagex ie t'ay ja dit tout Fvfage, Hfour tu le pourras bienveoir, p Hquel doit eftre ton auoir: *lfant par vn certain atteur, e Putréfaction le tour> t'ay apprû que de ces pars œuure demeure en deux pars y R ce rien plus ne te diray fques en toy veuë i’auray ffuice pourquoy te le die, ** autrement ferey folie. quand tu l'auras deferuy, brefs mots te te l'auray dy, j 0tirce ne m'en demande plus, c n ay que trop dit du fur plus. q Et quand f eus entendu nature, de parler plus n'auoit cure, fes ouuragets déclarer. }0tibt tendrement prins à pleurer. Ÿ dis,neble Dame d'arrey. littde~ auoir pitié de moy} Ou iamais ne feray deliure, De ce quay trouué en vn hure Dites moy Dame noble &> bonna» Lnuancefi ferez, aumefne. Lors rebondit , plue.n en fifauras. Tant que dejferuy tu Vauras. Héla* dis-te lors,Dame chere, Vueillex. moy dire la maniéré. Comment le peurray deferuir; Car à toufioetrs veux vous feruir Loyaument fans ailleurs penferr Je ne vous puis recompenfen. Ne augmenter vojîre richeffe: Seruice vous feray fans cejfe. Si me tant noble auoir,, Que des vofires me receuoir, Adonc nature revendit: Fils, tu [fais ce que te t'ay dtel Mail fi me croy, d'ore en Pourras bien efîre plus fpauant. Dame:dis-ie,ipar Dieu des deux, Je Viudreye bien efire deux, Qui doit feruir .pour tel ajfaire, T'eut fon viuent fans rien mejfaireî Vu si de moy donc vos pîaifirs direy Car ie ne veux rien eontedire. Lors dit Nature,fans mefprendre, Beau Fils il te conuient apprendrez A cognoifirt Us fejpt métaux. l-A FONTAINE p E $ awovrevX d'e science le Mercure eji principaux, for ces,leur s Variables qualité^ *^Pres apprendre te conuientj ®ont feujfre,fely& huile vientt nous te faifons mémoire* Oÿi te fera mefiter encore. ejl le foulphre neceffaire. fi donra prou k faire. Seine peux mettre en effeSt He ehofe pour tenfaicî. ü'huyle tu as mefiier moult grand: nsluyne feras faiH flagrant, ce te dort bien fouueniu ®’« nofire œuure veux parueuir, f'n mot te diray,er l’entend, equoy tu feras bien content. métal en vn feul vaijfei. conuient mettre en w Fourmi. w/î Mercure que te iexpofe: fi ri y faut nulle-autre ehofe. l'abrègement de î &e poinften poiniï le te de fcceure. Or te vueil te dire de Ver, Qui des métaux efi le threfor: M efi parfait,nul ne iefipdm ceux que i'ay nommé dçjfuc. tune ireftj&me'V*]it/ït&, Wm ne ht» vmfite*. Il n'y a qu'vn métal au monde. En qui nofire Mercure abonde, Et s'y eji en tous fept trouué. Moult bien ay cecy ejprouue. L'or efi chaud & [ec par droi£iuret La Lune ejl froide en fa nature. Saturnus efi pefant & mol; En ce peut-il rejfembler Sol. Plufieurs Clers de parler ignel, La veulent nommer or mefel. Venus bien la Lune rejfemble. En paix, en forger enjemble. Mercure froid & humide efi, 'Vefmoing lupin qui en naifi. . Mars efi dur, fyfroit. Des autres tous c efi le conroit. Soit leur nature dure ou tendres il les couuient tous fept comprendre, Comme les ay nommez, défîtes. Et cognoifire bien leurs vertus: Et par ce point après feras De Mercure es que voudras. Las ,dif-ie,Dame il fera fait. Diftes moy l'nuance du faitt. Et comment pourray retraiter, Ce qu ay vea envofire verger: Car oneques mais puis que fut ne, le ne fus tant enamouré De chofe nulle de ce monde. L A Ï9NTAINÏ DES AMOVRfiV X DE SCIENCE h croy que 'vertuy abonde: *e le tiens peur fecret de Dieu, êlui reuelé f bit en ce lieu. Lors dit Nature,tu dis voir, P* c'eftdu monde tout l’auoirz Car de ma fontaine prouientu Grand' richejfeid'cu l'honneur vient-) •du monde en diuerfe maniéré. ■A plufteurs fuis comme minière. Lt pour ce que tu es venu Icy fans aucun reuenu. Lt que tu as volonté home, De labourer comme perfonnes Dejirant bon-heur rencontrer, L'auance ie te vueil monjlrer. Dit t'ay au chapitre notoire, *e ne fpay fi en as mémoire, Qu’en deux parties,gifi ton œmre. Moy Nature le te defcœure. ton foulphre penetratif Par feudeuenir attractif Pt puis luy fais manger fa mere: auras acccmply nojire affaire, ets la mere au ventre h l'enfant, Quelle ha enfanté par deuant Puis fi fera peref*fils. P°ut par fai Si de deux ejprits. P°urvray il nen eft autre chefe. Pors cequecy ie t’en expofe. 21 Ali 5*. PoutTuy- Icà venir attra&if. E'tfi tu y veux aùioufter Chofie efirange,ou adminiftrer, Soulphre,fiel,hujle,n autre riens, Pour voir ton fais ne vaudra riens : Car terre fi ne peut porter. Autre fruiflr qu'on y veut fiemer. Créature> jfailli créature. Et beftefiefte afin nature. Ainfi efi de toutes fiemences. Tiens ce propos de mes ficiences. Beaufils ne dy que ce fait galet Il faut que tout monte & aualta Par vn chemin moulf gratieux. Moultplaifiant,&moult amoureux, La voye tay preordonnée,. Tout enfèment que de rofiee. En l'air du Ciel la faut mont en Et puis doucement aualer, Par vn tres-ameureux{entier. Lequel on doit bien retraiften En la defic*nte quelle fiai ci. Enfante le foujfre parfiaiü. Et fi à ce point peux venir, Tu peux bien dire fiant mentir, Que d'or pourras auoir fiar terres Grande quantité fiant meffiatre. Car fi toute la mtr efiotLj De métal, tel qu'en le vetidrdit, ’Cttyme, Argent vif plomb* 9H ffiaî*», u tomtàîne des A. La no- ire caue >urc or- loiinee, Tour ain- i va que a /ofee. if tu en mijfes vn feulgrain Beffkf, quand fer oit efchaujfee, U en faudrait vne furr.ee, Qui mentait ni eruet fieux arroy: if après [e tiendrait tout ceyt if puis quand ferait appaifee, fumee,& tout acccifee, hier trmuertit plus fin or, Que nul Roy ayten fon threfor. Orvueil au p-opes retourner, 2«e deuant pour biengouuerner, Quand ton foujfre fera mangé, Ton Mercure mortifié. Tien le enprifon quarante tours, if puis tu verras tes amours: if Dieu Wn laijfefi bien faire,. Paradispuij[es,acquerre. Tu vois icy bien ordonnées prifon que ie t'ay nommer Par foy la te baille en figure. Of te fouuienne de Nature, t'a voulu adminifirer. Si noble don,& reueler i« feience très admirable tf en ce monde vénérable. ■Autrement ne peut efi refaire. pierre que ie t’ay retraite. P'oy donequts bien les efcripiiSfCi- &e nos Hures pu pur figures'. KM O T Kl T X £>E SCIINC! 22 Demonfiree efi cefle feience. Qui efi lafleur de fapience, Fraye chofe fans nulle fahîe. Tres-certame & tres-veritabl». Le dejfsubs fi efi tout femblablzj A ce qui efi deffus muahle, Peur perpétrer k la fin clofe, Miracled'vne feule chofe: Comme de feule chofe furent, Et par lapenfee cf-vn creurent-j Toutes les chofes que font nées. Si nos ceuures font d'vn creéz. Le beau Soleil en efi le peret Et la Lune la vraye mere: Le vent en fen ventre le ferre: Sa nourriffe fi efi la terre, . Le pere efi du threfor du monde. Et grand fecret icy fe fonde. Sa force fi efi toute entière. Quand il retourne en terre arriéré. Séparé la terre du feu. Par engin, en propre biens Et doucement le gros defparî Du fuhtil.que tiendra à part. Lors montera de terre és deux. Et defeendra denant tes ysuXf Receuant vexfu feMueraines Auec fa force terrienne, Ainfiparuiendras à grand'gloire. U FONTAINE DftS ;cy cft ;is de ;rmes* AM0TRE V“X DE S C IE N G 1 Partout le monde ayant viSoire. C'efi des forces toute U force. Là ou maint fepeine & efforcés. Les fubtiles chofes •vaincra, £t les dures transpercera. Merueiües font moult conuenables» Liant auons les raifons notables. Mon nom eft lean de la Fontainei Trauaillant nayperdu ma peine: Car par le monde multiplies L'œuure d'or q,ue i’ay accomplies Ett ma vie, par vérité, Grâces à fainfte Trinité, Qui de tout maux eft médecines Vraye, fy par effeQ la plus fine, Qu’on peut en aucune part guerre,. Soit en mer,fait en toute terre: Lt du métal impur, l’ordure Ckaffe,tantguen matière pures Le rendu eft en métal tres-gentsj , Lie L’eSpece d'or ou d’argent» L'œuure fe faiftpar ce moyen. £t fi n y faut nul autre engien, Selon mon petit fentiment. Le trouue véritablement. Pour ce vueil ie nommer mon Liure„ Qui dit la matière,&deliure& L'artifice tant précieux, La fontaine dis amoureux. I A FONTAINE DÎS De la fcience très vtilt Defcripte par mon petit file. FaiSt fut par amoureux féru âge. Lors que nejioye iettne d'auge. Van mil quatre cens & treize, Que iauoye dans deux fois feize, Comply fût au mois de lanuier. En la 'ville de Mentpeiisr, Qudqu'vn adioufte. Ci finifi fem de la Fontaine, Qui tenant iceüe œuure hautains, Comme vn don de Dieu tres.fecrét, Doit faire tout homme difcret. "Tout l’art qui cft de fi gràftd pris. Peut cftrc en ces deux vers compris. Sifixum feluaf, facta fque velare felutum. Et volucrem figa* ,faciet te viuere tutum Fin. BALADE DV fécret des Philofdphes. Qui Us deux corps veux Animer, Et lent Mercure hors extraire, L'ardaut d'iceux bien fiihlimer, Uoyfeï volant après retraire: Le'au te conutentpar art detraire, *2) es deuxvnis parfaitement, 'Puis le mettre en vas circulaire, Pour fruit auotr tres-excellent. Le Felltcan fautpermuer: De fin vaijfel ne me puis taire. N'oublie pas lecirculter, 'Par feu Jubtil detres-ben aire.' Luy fuyant te faudra fixfaire. Et le fix encores volant. Dont viendra par temps luminaire, Pour fruittauoir ires excellent* 'Tas ne fais ee pins altérer Natur},par voye contraire: Car autrement ne peux muer, Lafubfiancey & teinture faire. Enfin luy fiant elebluatre, ‘D'autre corps noble & trartjparant: Ifiature efl commun exemplaire, VourfiruiSt auoir très-excellent 'Prince cognais de quel agent Et patient tu as ajfiaire3 four fruittauoir tres-excellem LES S.E MONSTRANCES de natvsi a L’a l- chymifte errant. Par F Atitheurjean de Meung. Comme nature fe complaint, Et dit fa douleur & Ton plaine A vn fot fouffleur, fophiftique, Qm n'vfe que d’art mecluniqu N A T V R E. Elas que iefuû douloareufi jjfcrJî Me voyant ainfi malheureufe, Quàd te Çefe à toygenre humai»* Que Dieu a formé de fa main, ** fa fimblance>& vraye image, le parfatft de fin ouurage, Qui fur toute autre créature, defieigle tant de Nature, «vyî-r par temps & faijon Raifin. le parle àtoy fit fantafiique, OpitedU & nomme en pratique Alchymijle, & bon Philofophe: Et tu nus fpauoir, ny eftoffe. Ny Théorique ny fciencu En l'art, ny de moy cegnoiffacce. Tu romps alambics greffe befie, Ethrufle charbon qui t'entefle: Tu cuisalumx., fels ,orpigment s. Et fends met aux.bru fie attraments Tu fais grands & ,petits, fourneaux, Abufant de diuers vaiffeaux. En effeft ie te certifier Que i'ay honte de ta folie Qui plus ejbgrand' douleur ie fouffrej Pour la fumee de ton foulphre, Et par ton feu chaud,qui ardgentt Tu cuide fixer vif argents Qui eft volatil & vulgal, Et,non cil dont ie fais métal. ‘ Peure homme tu t'abufes bien: Par çe chemin ne feras rien. Si tu ne marche d'autres pas. Mal tu vfes de mes compas ; Mal tu entens mon artifice. ' Mieux vaudrait faire ton office. Que tant dtffouldre & dijhder ., Tes drogues,pour les congeler ■Par alambics, & dtfcenfèires3 Cucurbites, diftHfatotres. Par îeüicans. & matheras: . T.ESREMONST. DE MAT Al. Ce. n’cft ainfi que fais saecal. . Al, Sublir, jTMi’toiies, Ornais tu ne l'arrefieras. tu-faupourtafixion, et* de reuerberation, fi très-chaud que tout fond, ‘‘tinfi tes eeuures fe perfent. fin pers l'aUtruy & le tien. Ornait tu uy trousseras rien, Situ rs entre dedans ma forge, . ie martelle & toufiours forgtj terrefires minières: C«r là tu verras les maniérés £*ia manire dequoy s'assure, pas que te decouuru ntten fecret qui tant efi cher, ■, tu ne vas chercher germe de tous les métaux, ~es animaux,& végétaux, font en monpouuair tenus, en la terre détenu*. *iVn> quant àgeneration, l'autre, par nutrition. . Les met aux,noat fors que l'effence: y ont eftre & erotjfance: Z*s heftes,ont la fenfitiue, *£?* efi plus que vegetati ue. yçtaux,pierres, & atraments procréé des élémentst j £ ett* ie fais celle mixtion ** frime cmpofstion, A l’A l C H. ERRANT, ttegre* de plu*, fours chojes • naturel" k«vv LES REMONSTR. D« N X T Le uns au ventre de la terre, N’ailleurs oncques ne les doibs querre. Les herbes ent graines exprejfes. Peur conferuer cy les ejpeces: Et les befies portent [emence. Dont ils engendrent leur femblace. Brief,chacun faift bien fon deuoir, Sans me tromper ne deceueir, Mais toy homme tout plein de vice. Entreprenant fur mon office. Tu te deuoye de nature. Plus que nulle autre créature. Métaux n'ont vie nullement, Ne nourriture Pourpululer & augmenter, Ny nul pouuoir de vegeten Ils nent femencegenerable. Auffi n'engendrent leur femblable. Ils font prime injlance. Des elemens & leur fubfiance: De ces quatre ie les fais naifire. Les métaux & pierres n’ont quejlre. Toutes les pierres font frangibles. Et tonales métaux fontfuf blés: Apres: leurfiufion fixables t Dôiucnt eftre & bien maleables. Les vns par dépuration Repotuent grand' perfettion% . Comme l'or fin,par mon art gent. La natwre & origine des mé- taux & pierres. Qjje te dépuré & fin argent.. Mais les autres plus impur; fijjt: ~ Source que le vif argent on tj crud,& leur fculphre Trop adufle. Si ne peult efirtj Tel mltàTfnis en pureté. ■A caufe que n a mérité Ta matière forme fi bonne: Car tout mes fai fts tant bien ï ordonne Que chacun fin efiece atneine, Selon que la matière efi faine. Si fpaueir veux où te recouurt> Matière a ce tout premier i'ouurC-J Te cabinet de mes fecrets Tar outils fubtils <& diferets, £ Tt vays chercher propre matierjÔ Prochaine peur faire minière: laquelle ieprens és boyaux Tie mes quatre elemens royaux, Qu'efi la femenceprittntiue, Contenant ferme fubfi antiue~> T-nfimplicité ccmpofée, fy> bien difiofee •à tranfmuer les quatre en vn. genre général commun. Tors luy donne, tant fuisbenigne, Par mon art vertu meta line, Tiont font faiéis métauxpursjmturs, Tes vus mois,les autres plus durs. A L’A I C H. ERRANT, Matière des mé- taux. IIS RIMONS r. DE N AT, le l'ay des elemens extraifttj Par mes ciels l'ay ainfipourtraille t Laquelle par long temps te mettiez De la matière primerainis En prochaine & propre matière Dent ie fabrique ma minière. — ~~Pu0foulphre vif argent en Qui en metaul» fe conuertijfent. Son pas tel vif argent & foulphrej Que tu vois Jamais ne le fouffre: Carpar contraires qualitéz. Sont tranfmuez, & agitez. De leur propre en autre nature. Matière ainfi par pourriture Et idoine corruption, Au moyen de priant son, Que la forme première tue, Puis de nouuelle efi reuefiuet Et par la chaleur naturelle.j Qui la matière tient en elles Excite e de tous \es deux, Auecques le feu gracieux Que te fçay en ma forge faire, Forme te donne fans forfaire, .En fin telle que la matienu Ejl bien fufctptible & la tire. Ainfi priuatton,& forme. Et matière,dont te m'informe* Sont mes prindpes ordonnez,, Priuatiô, forme & îBt roatiC' Que cCenhaut me furent donnez: Ç'efimon maijire le Créateur Qui commanda comme vn aufteur Ouf de matière vniuerfelle. iefijfes comme fon ancelle, l'ranfmuer les quatre élément *ar mes ades & regimens $oubs vne forme générales £>£ toute ejfece minérale. Si fais par mon art naturel. Circonferer le beau Soleil £» vingt & quatre heures la terret Lequel iamais ne fault nynerrt-j S'exciter far fonmouuementj Chaleur en chacun élément: •dufi faici la huïihefme Sphere, Les fept planettes,& leurpere, Qui eft le grand premier mobile-) Lequel rauifl, tant efi habite, •Auecques luy les Spheres toutes: Lt n'y faut point faire de doubtes. Son chemin fatEl en occident: Lt /es autres fans accident. Pont au contraire toUs leurs cours. Si conduis les Longs ffles cours-, Saturne, qui fon temps fon corps parfaici en trente ans. épiler en doufe ans lefaiSt, ** Mars en deux ans le parfait. A l'aich. errant. Mouue- menc des Cicnx. Saturne. lupitci. Mari. Le Soleil ■ Le beau Soleilpere de vter Sa circonférence ajfouuie, En pajfantparvn chacun fignir Jufiement rn an y ajfigntj » Et fix heures,pour tout le compte. Venus,dont on fai B fi grand compte. Met trois cens quarante & neuf tours: Et puis Mercure faict fon cours En trois cens trente neuf en fiomme. La Lune,prochaine de l’homme. Vingt neuf fyp demy demeurer A pajfer les douze & quelque heure» Et ainfipar leurs cours dîners. Sont caufez efiez qfpyuers. Es elemens mutations, Et ça bas générations. Et iamait rien, qui fait fenfible Ou fait vifible ou inuifible. Ne peut efire ,ne auetr lieu Sans moyfans les deux, & fans Dieu. Ainfi font les deux toutes chofes Qui font deffous'la Lune enc lofes. Et enuoyent leur influencer Sur la rhatiere enfar put fiance. Et la matière forme apporte. Comme femme l’homme fouhaitte. Tant d'cfioilles font au ciel mifes, Soubs qui matières font fuhmifes Et fuhieBes en diuers nombre,. LES REMONST. DE NiT, Venus. La Lune. Aliàs 27. font claires.autres [ombres: Tant t&tant font innumerables, Qfie ce font ehofrs admirables. aiinji diuerfes chofes font Pourtant de diuers cours quels onts a fus au cislyfa bas vertus J S ses elemens:dont font veflus D'eitpeces les indiuidues. Et [fâches que ne font perdues Tant d'influences nullement Quand de [tendent fur L’element->1 ■De la terretpofé quels foyent Inuijibles,&ns fe voyerfa Et/qu auant quels tumbent fur terre. Sont flprejfez, & en tel ferre, Que par force l'vne fp l'autre entre En pénétrant iufques au centre. En fl très diuerfe manières Qu'elles font dedans la minières Diuerfes générations, Par diuerfes imprejjhns. Sans erreur (pp fans nulles fautes Obeiflants les bafles aux hautes. Si efl la terre enuironnée Des deux, dent elle efl orme, En retenant leurs influences Et très agréables fubflanccs. Dent fa vertu chacun veut mettre Et iufques au centre pénétré, A 1*A l'C H.HRRANT. Influen- ces. Vapeurs & exha- lation. Et par mouuemens fa chaleurs S'engendrent en terre vapeurs • Aujfi font exhalations Des primes compofitions. La vapeur,efi froide fa humide. Voire que demeure fa refidta Et efi en terre retenue: Maisfi elle va en la nue. tlumide fa chaude pourra efire. Vautre, que demeureterreftrtj t Et que fi enfermee fa enclofe. Par laps de temps ie la dilpofi^ En foulphi-e, qui efi fin agent, Auec fin pajfif vif agent. Lors efi fécondé mixtion Déprimé composition. Le tout efi tiré de ta majftj Des quatre éléments que l'amaffi-j Comme t'ay ja dtcl cy deuant. Et pturtoy i'en parle fiuuent, Afin qnepoint tu ne t'abufes Et qu en pratique ne t'amufes. Apres la putrefa&ien. Se fait la génération. Par chaleur,qui efi annexetJ Dedans l'œuurt ja commences, Très-amiable,fans ardeur. Afin d’efchaujfer lafroideur Du vif argentdequel tant fiujfrU TES REMONSTR. DE N A T* la 'pro- chaine matière * • du foûl- vif argent métalli- ques.; Qu'il efi fatft vn autc fon feulphrts Lr tout en feul veijfeau compris Le feu, l ‘asr,& L'eau,que te prias Dedans fon terrejîre vaijfeau, Qui tous font en vn feul fourneau, *e cuis lors,diJfoitls,& fubltme, Sans marteau,tenailles ,nylime, Sans charbon fumier, baing mariet Dtfans fourneau de foufflerie, Car iay mon feu celeflielt Qui excite Velement tel Selon que la matière appeler Forme telle qui luy comte te, Ain/îmon vif argent ie tires Des elemens leur watt erg. Fuis fon foulphre le fuit de prest Comme tout vn.quipar exprès L'efchaujfepetit à petits Doucement à f»n appétit. Lors froit fe fatci chaut vertueux, Ft le fec, humide vnftueux. Of entent par hic fapar hec, L'humide nefi poinSb fans fon fec, tie le fie aujfî fans l’humide: Car l’vn auecl'autre refidts Sous vneejfence primitiue, Qui efl l'elementatiue. L'rfprit & la quinte- effence, nofire enfant prent fa naiffance. A i'aICH, E RRAK T. 30 LES REMONS.T. £>E N A T. Le feu l'enfante & le nourrifi. Dedans l'air'.mais auant pourrijl. Au 'ventre de la vierge terre, Puis en vient l'eau qu'on doit querre, Qui efi la matière premiers Dont ie commence ma maniéré. Car vn contraire cire enfant. Son contraire efi fort refiftantu Enfe fortifiant de fortes Non tant que l'argent ne l'emporte. Lors efi lepajftf tranfmué, Et de fa forme defnué. Par Vappétit de la matière &ue tou four s neufue forme attire. Du premier ciel & grand moteur, Efi men ffauoir gubernateur. Mes mains font la huiftiefme Sphere, Ainfique l'ordonna mon pere: Mes métaux,font les fept planetÿp Dont ie forge chofes fi nettes. La matière dont fais ouurages. Pierres,métaux, arbres, Eefies brutes & raifonnables. Que font les œuures tresUoüahîes, Généralement toutes chofes, Que fontdeffous le ciel enclofes. Je la prens,& point te ne ment s. Seulement és quatre éléments. Cefi la matière trimerame, Alias Le feu l’enfante certes nourrift. Le pou- uoir de nature, & e vertu voulut premier, fit lemiji haut de (fous la Lune« Corruption ne tient aucune nfoy.mais tient de quinte ejfence~> f*1 plus pure part en puijfance. fit puis l'air très* fubtil il ffi, ft de la quime.tjfencejmtflt ■ A ULCH. ERRANT, Diuifion delà mal- le & pre- mière ma- tière. Efprits. deux. Elemens. Le Fca. L’air. L’eau Non tant cemmt au feu:puisfifi l'eau Qui efi vn vifible & très beau Element:quinte~effence tientu Autant comme elle appartient: Et puis la terre voulut, faire, Afin de fon vouloir parfaire; Combien qu’en vn petit moments Il ayefaiéf chaque élément, Ht les et eux & toute nature, Qui fuit la prime créature. La ferre greffe opaquefift. Ou chacun trouue du profit, Que contient en-foy fans douhfanctj La moindre part de quinte■ effence. Premier furent/impies notez, En leurs ffheres éléments tels, Si efil'air proprement humides ,. Appropriement le feu l'aydei Et l'eau efifroide proprement. Et humide appropriement, . Que de l'air elle prent &pefche: : La terre proprement efi feiche, Appropriement froide elle efi Quelle prent de l'eau:fi faiHprtfi 1 Au feu de fa grande ficcité. Mais comme iet'ayrécité. Le feu efi noble & fur tout maifir*, Et efi caufe de faire naifire, Par fa chahut ■,<& donner vie, ■*. IES REM ON S T. DE N A T< [ta terre. les qua- Jitci. des ïlcnRcnts. Mais fi faut-il que te te die, n’efi nul element aftif,, peufl agir fiant le pajfifi. *~a*tme le fieu en l’air agi fi, *uJfi l'air fur l'eau reagi fi - Z* l’eau agifi en l'air fa terre, *J*and le fieu veut efimeuuoir guerre, 9* ejfi terre mere fa nourrices toute* chofes, fa tutrice, que fous le ciel pourrira, fUe enfante nourrira^ S* que chaleur luy met au ventru j ne cefifie iufiques au centres éfitefifiamment de gouuerner. ntrn'a voulu Dieu honorer, m'a donné telle puiffance, e « fais à la quinte-ejfences yduire tous les quatre arriéré'. °r* fie diH matièrepremières y ’fiee généra lemenu . p Par tout chacun element. mon art fiais réductions. *.nt viennent générations; pais les espèces reuenues °*f en la majfie contenues, , Source cil qui réduire veutj elements, certes il peau matière primer aine, moysuelqu « labeur fa teinu a t’iiGH. Errant. Aatons & partiôs des dé- mens. AI. De chaleur que &c. AU Gé- nérer Reduôion des dé- ments en première matière. Al.rete- jsaes. Qu'ilfpeujt prendre &fe de ut tuer: Car en moy ejl de tranfmuer Leurelpece & leurs éléments. Si tu dis autrement,tu ments. Tu ne ff aurais,quant a fubflance, approprier propre influence. N'y en rien proportionner Les éléments,ou leur donner La forme, félon le mérité. Que la matière bien mérité. C’ejî moy qui for me créature. Et donne matière & nature-, le fais par mes fecrets celefies Ouures parfaites & honnefies. Dont aucuns voyans mes oracles, Les ont iugez. quafi miracles. Comme il appert en Vélixir. Dent tant de biens en voit ijfir. Car les vertus & qualité^ Qu'il ha ie les ay imitez.■: Ny oncques nul art mechanique.. N’eut le fpauoir ou la pratique, D'auoir multiplications Etfitres-nohles actions. Se doit l'homme prudent & fage Confiderer que tel courage. Telle vertu, telle feience Ne fe peut fans ïintelligence Des corps celejles,àfin duire, LES REMONST. DE NAT L’dlxir. fans leurpuijfance conduire'. Autrement feroit abufir. Qui voudrait fans moy envfer, ®u prendrait il fon influence, P°»r infufer telle fubflance? ferait la mixtion, Tt lavraye proportion bas Siemens? nul n’y afigne, Comme bien le diB Auicenne, Tn fon Deviribus cordis, •du deuxiefme ’.voicy fes diB s: tant que vivre pourrons, Telle œuvre entendre ne ff aurons Comme de proportionner éléments &mixtionner, •dtnfl le dtft-.bien nien fouuient: Jamais nul homme n'y a datent. Cieft vn fecret à moy donné, n'efl a l'homme abandonné; Qarpar mes vertus fouuent fais Que imperfaiBs deviennent parfaiBs Soit vn met al ott corps humain, *e le parfais & rends tout fain, ** fait tempérance infufer, Tt les quatre fymbolifer: T>es contraires.te fais aceords rjt* iamais il riy a difcerds. C eft la be lie chaîne doretj, Qÿtïay circulant décorée A I*A L C h; ERRANT.» Nature donne famé. Par mes vertus celeftieües, Et leurs formes fubftantieUes, Tellement fa fi bien i'y ceuurtj Que tout menpeuuoir fie defcoeuure. Voire fi noble fa fi parfaift, Que d'homme ne fereit point faiB Sans moy, fans mon art fa ffauoir. Quelque bon fens qu'il /peut auoir. Vien fa, toy qui dis ffauoir tout, Et qui entens venir à bouts De ma fcience tant notable, Difant, te feray l'or potables Par feu de charbon,baing marier En mes fo urne aux-.Saméte marie! le m'ejhahis de ton erreur: Par ta foy n'as-tu point d'horreur} En confiderant mes ouurages, Et voyant cuire tels hreuuages Dedans tes vaijfeaux fa phioles, Pluscreufesquene [ont violes, Du temps perdu fa des defpenfes? Je ne fpay moy à quoy tu penfes, Mon fils : aye pitié de toy le te fupplie,fa penfe à moy. Entends bien ce que te diray; Car de ri en se ne mentiray. Regarde vn peu, efcoutes or'. Et tu v erras bien comme l’or, Qui efi fi noble fa précieux, LES REMONST. DE NAT. ■A prins fa belle forme és deux. Et fa benne matière en terre: Si faiHla belle gemme & pierre, Comme Rubis & Dy amant s. fout fe fatBdes quatre éléments, Quant h matière:& quant à forme. Le ciel la qualité informa En l'elemenf ja contenue, Par qui la forme eft deuenutj Il oh le par dépuration Et long temps en perfeBion. Et toutesfois,telle noble fe, Comme d'or & d’autre richeffe, Se fatifpar moyà'en fuis l'ouurirre: Hul homme n'en ffait la maniéré. Et, Ventendant,fi ne ffaurtiL» E>ire comment il fe feroit, He quelle proportion prendre^ E>es elemens,ny bien entendrez Combien de feu,d'air,d'eau & Urrtj Sy eft requis, ny oit les querre, Üe bien mejler aucun contraire, ÏÏon plus que les fubfiances atiraire; donner telles influences Qu'il conuient à telles effences. Seulement fi faire vouloir fer,ou plomb,il ne fpauroif: pas la chofe que foit moindre: **n>aiihomm(riy fcçut attaindre. a i’aicm. iuant* 34 'Comme donc que s fera- il l'or, S'il ne me robbe mon ihrejori Ce n'eft au pouuoir de fon art. Et fi le difi, c'eft vn coquart: Tentens par fin art mechanique. Il faut qu'il fpache ma prafiiqucj Laquelle ejl naturelle, en femme. Et que ne fie fai fi de main d'homme, Ordonquesfi l'or eftfi bon Et fie fat fi fans feu de charbon;,, Et s'il efi fi noble tenu Que fur tous eft le mieux venu. Et que chacun en fai fi threfor. Tant les humains eftiment l’or,, Toutefois il ne garift mies Les métaux, ny la ladrerie, Ny ne faifi tranfmutation Des mefàux en ptrfefiion De fin or, ne n'eft fi notables De faire verre malléable, ; Comme fai fi la tres-noble pierre Des Philofophes,qu'on doibt querre. Sa eft l’or,quant aux métaux, fai fi Parmey le plue noble & par fai fi, Ain fi donc,fi tu ne ffais faites Vn peu de plomhfi l’exemplaire-» De moy, ou quelque petit grain. Ou de quelque herbe vn tout feul brin, 0 u. encor mim faire du fer, LES REMONSE. DE NAT, Vertus de la pierre Philofo- Gemment te veux-tu efchaujfer •4 faire ce qui efl plue noble, Et dont on fait ducat & noble? Et fi tu die,te ne veux mies Eatre l'or,maU bien /’Alchymie'. k rejpons à toy non fçauant, J§>ne tu es plus fol que deuant. N'as tu entendu que tay dit Que mon fecret t'efi interdit? Car ce que fe fait par nature, Ne fe faitpoint par créature. Et qui plus efl ,fi l'er t'ay fai SI &e fept métaux le plus parfait? Ce que tu ne ff aurais entendre Comment ofes-tu entreprendre E>e vouloir faire par tels fai ils Ce que parfait les imparfaits? Et en qui iay mis la puiffance E>e tranfinuer toute l'ejfence E>es métaux,en bon & fin or, Et ce que ie tiens en thrcflr dépites cher que Dieu m'a donné? Or es-tu bien defordonné, Si tu ne cognoisentends Que ce haut bien, tu tu prétends E-n tant qui touche à créature, Efl le grand fecret de nature, Soit en métal,pierre t^rbe,ou befle, Qÿi defiend de vertu celefle. a l'alch. errant. Bien il y pert-.car il guarifi L’homme de tous maux:& nourrifi. Il pur fat cl métaux imparfaits. Par fes vertus & hautains faits Que t'y mets par mon grand fpauoir, Et du threfor de mon auoir. S’il efi donc fi parfait en foy Qu'il n’en efi vn pareil ,dis moy S'il ne fault que telle fiienccj Vienne de haulte intelligence'. Yeu que nul ne fiait faire l’or. Et que cefiuy efi le threfor Des threfers, voire incomparablet C’efi vn erreur irréparable Car fi tu ne peux porter dix Et veux porter cent, ie te dis Que tu te tue cceur (y corps Ce faifant-.fiache ces efforts. Mon fils, c'eft toute ma fiience. Mon haut fi auoir, & ma puijfance, Que ieprens es deux fimplement, Et le fimple de l'élément: C'eft vne effencepnmitiut^ Et quinte en l'elementatiue» Que ie fais par relations. Par temps fy circulations Conuertiffant le bas en hault. Froid fy fie en humide fy chault En (onfirunnt pierre es deux efl vn entendement, Qui ha ça bas intelligence, Et qui faiB.par fon influence, •d toutes chofes auoir eftre? Cy te prie vouloir cogvdflrtj Que hautes chofes de haut lieu Excédent de mcy,de par Dieu: A tARCH. errant. JE/ ne cuide quart manuel Soit fi parfaift que naturel: C$r fin fins efi trop nud fi linge: %i me contrefait comme vn finge. Fenfe-tu que pour difitller. Ou peur diffiudre,fi congeler De ta matière en ton vatjfeau. Ou pour tirer de l huile l'eau, Soit que belle fi claire la voyes Que tu enfuyues bien ma voyeî Mon fils, tu es trop abufé: Car quand ton temps auras vfé A faire tous les mejlemens, Et feparer leselemens, Ton huile,ton eau (fi ta terre. Tu nas rien fai^,certes tu erre. Spais-tupourquoy? car ta matière Ne ff aurait demie heure entier» Soufienir du feu la chaleur: Tant efi de petite valeur: Toute s'en ira en fumee. Ou en feu fera confimmee. Mais la matière dequoy i'æuure: Efi infaillible « toute efpreuue, Quelque feu ardant que ce fait’ Ains du feu tout fin bien tef oit. Et fi vient l’eau de feiche fauche, Que rien ne moïulle qu’elle touche, Ny ne s en vole, ny recule, its eemonst df nat. Ne fin huile jamais ne brufic Tant font mes elemem par fai A:, Ainfii n'efil de ce que tu fiait: Aujfi rieft -ce pas ton office T>e manier mon artifice. P our conclu filon ie te dis, S» tu veux bien noter mes dtcls. le ne te veux point abufer, * Hue tu ne fif aurais infufier, Par ton feu artificiel, Ta grand chaleur que vient du ciel Ny par ton eau huylc,& terre. Tune fifauroisrnatiere acquerra Hue peut receuoir influence, Pc«r luy donner telle fiubfiiance. C'efil don de Dieu, donné es deux Aux éléments d qui mieux mieux Confier né en la fimple efifience. T>ont nul que nuy n'a cognoijjance, Tors L'homme, qui en mcy fie fie, Tt qui fcait bien Philofophie. Mon fils, ie ne diray quvnmot: Ce fçait le créateur qui mot, C'efil que l'œuure fe farSi entière T>'vne feule & vile matière Nomogenee, en feul vatjjeau Tien clos & en vn feul fourneau, T-n fcy contient qui la parfaicî. Ttpar feul régime fie fai A l’alch, errant. l'eÿiurc de la pier- re Philof. Or voy la génération "De l'homme & fa perftBion, Ou tout mon fens y abandonne, Et le fpauoir que Dieu me donne: Car faire ffais d'vne matière.s L'espece humaine non entiers le forme le corps feulement, ’Voire fi tres-fubtilement, Que Platon, aujft Art flotte N’y entendirent iamats note, le fais os durs , dents à mâcher, Le foyemol, aufft la chair. Les nerfs froids,le cerueau humeff, Le cœur chaud, ou Dieu vie tneft. Les boyaux, & toutes les veines, Arteres de rouge fang pleines. Brie fie tout d'vn feul vif argent, Mafculin foulphre très agent. Tais vn feul vaiffeau maternel. Dont le ventre en efi le fournel. Vray efi que l'homme par [on arts M'ayde fort, quand ard. En infu/ant en la matrices La matière qu'y ifi'propice: Biais autre chofe n'y fpait faire, Ainfi efi- il de ton affaire: Car qui [fait matière chotfir, Telle que l'æuurecnha defir Bien préparée en vnvaiffrat* LES REMONSt. DE NAT, De l’hom- me voyez, le feui’,,8. clos,fy dedans fin fourneau tout fourny,plus ne différé, Gar toy fy moy deuons parfaire'. que chaleur tu luy donne, Gomme Philofiphie ordonne. Gar là gifi tout: te t’en aduife. Pourtant faut bien ejue tu y vifei feu que l’on dit epfefis, *ep(is, Pepanfify eptefis, $eu naturel contre nature, naturel, fy fans arfurex *eu chauld fy fie, humide fy fruit, y fy le fait adroit. Sans matière fy fans propre feu, Tu n’entrerat iamais en ieu, matière ie la te donne: ta forme faut que tu l'ordonne, 1* ne dis pas fubftantiale, auffi forme accident aie: biais forme de faire vaiffeau, de bien former ton fourneau. ai s par rai fin ce qu’ejl propice, £tpar naturel artifice. Ayde moy, fy ie t’ayderay: Gemme tu feras,ie- feray: •dinfi que ïay fai fiâmes fils, &ont ils ont refeu les proufits: ■4 caufe que fans vitupérés Gnt enfuyui fy more & fer», A l'UCH. ERRANT. La Pierre Philo, cft faiélc par nature 6c arc. Feu. C’cft à di- re , cha- leur con- uenable à faire bouillir» digcrer, meurir, & roltir. Arifto. au 4.des me* tcor. faiâ mention de ces 4. efpcccs de cha- leur. ' Qbeyjfans à mes eommands. Comme tu peux veoir és Romans De lean de Meug qui bien m'apprefiue, Et tant les fophiHesrepreuue: Si fai cl ViUe-neufue, Raimon, Qui en font vn notable fermon, Et Mtrisn le bon Romain, Qui fagement y mtfl la main: Si fijl Hermesrfuon nomme pere, A qui aucun ne fe compare: Geber P hilofophe fubtil. A bien vfé de mon ouf il. Et tant à efcrtpt de beaux dicîs, Et d'autres, plus que ie ne dis. De cejle tres-noble fcience: Lefqutls ont par expérience Trouué que l'art eft véritable. Et la vertu grande fy> louable. Tant de gens de bien Pont trouuee. Qui véritable l'ont prouuee Dont ie me tais pour abréger. Or mon fis ,fi tu veux forger Et commencer ceuure fi noble, line te faut ducat ny noble Au moins en grande quantité: Sujff que fois en liberté, Et en lieu qui te fait propice, Que nul fpache ton artifice. Préparé d droift bien ta matière ISS REMONST. DE N\T. h>Ute feule mife en poudrières feul vaijfeau, auec fon eau, en clofe, & dedans fon fourneau. * ** vn régime fait menees h'vne chaleur bien attrempse, laquelle fera Vaftion: htfroid la putréfaction: arpour grande frigidité fpauroit tant la ficcité hefifier contre tel agent, *ÿe ne foit tofi le vif argent, *ar connexion ordonnée, haift vn fubieCt homogenets h*duit en première matière. Soit ton intention entières enfuiure tasnere nature: Qtie raifen foit ta nourriture: 'l'aguide foit 'Philofophie. ht fi tu le fais y te t'affts l'u auras matière & moyen ht paruenir à ce haut bien, ht de choft qui bien peu couflts hu euureras ,mais que tugoufies principes. Voy comme tourne: garde l'Arifiote.fa euures h* tiers & quart des metheorei: 'fpprens Vhyfique, & voy encor et l* hure de génération, uffi celuy de corruption. A l’A L C H. ERRA NT, 39 Alias ComsBiX' tion. Le Hure du ctel & du monde. Où la matière efi belle & monde. Car jî tu ne vots & entends, Certes mon fils tu perds Le temps. Et pour mieux fpauoir les maniérés. Voir te faut teluy des minières Que fit mon gentil fils Albert, Qui tant fceut,& tant fut expert Qu’en fon temps il me gouuernoit. Et de mes fai Us bien ordonnait: Comme il appert en celuy Hure. Or doncque, fi tu es deiiure, Es minières fouuent liras. Et là de mes fecrets verras Que nulle pierre ne s'engendrtj Que des éléments par fon genre, Apprens, apprens à me cogwificj Premier que de te nommer maifire. Suis moy, qui fuismere naturtj Sans laquelle n'eft créature, Qui peuft efire.ny prendre efience, Vegeter,monter en croifiance, Ny aueir ame fenfitiutj S ans ciel & l'elementatiue. Et pour cognoiflre tels efie&s. Il te conuient porter le faix, D'efiuiier & trauatHer En Philofophe & veiller. Et fi tu fiaus tant par fies vs IEÏ REMONST. DE NAT. /r , T *lî*o tu cogna tf:-s les vertus cteux.fy leurs grands allions: es éléments les pujficns, parquoy ils font fufceptiblesi Qui font les moyens conuertiblesi qui efl caufe de pourrir, d'engendrer, fy de nourrir, leur effence fy fubflance. auras de l'art cogneijfance. Combien que fufjit feulements * b’aucsr vn bel entendement, confiderantmes ouurages, Mats n'ont peu eux tous clers fy fages: don de Dieu par leur fcience: ceux de bonne c on fcience, Qui m'ont fui ut e autc Raifon, °nt eue par longue fatfon, Payant patience bonne, Attendant le temps que t ordonne. Rais doncques ce que te dis or', tu veux attoir le threfor Qu'ont eu les vrays Phyjtciens, Vhilofophes anciens, le threfor fy la richeffe, Zf plus grand' vertu fy nobleffcj puis les deux iufques en terre, art l'homme pourrait acquerra. , e(l vn moyen entre Mercure. * métal que ie prens en cure: a l’aich. errant. La pierre Philo, eft faidc par nature & art. Etpar ton art, fa mon fçauoir, Par fai fins vn fi noble auo'tr. C'efi Le fin & ho» or potable, L'humide radical notable, C efi fiuueraine médecine, Comme Salomon le defigne, En fin Hure bien autentiquej Que Un dicî Ecclefiafiique: Et la tu trouueras le filtre^ Au trente-huiftiefme chapitre: Dieu lacrea-.e» terre efiprifii L'homme prudent ne la defirife. ÏÏ l’a mife dans mes ficrets: Et la donne au» fages fa difcrets. Combien qu'ils font maints orateurs, Et qui fi cuident grands docteurs En très-haute Théologie, Sans la bajfe Vhilofiphie, Qui en font par tout reur ri fis. Des médecins efi deïfrijee, Qui fi mocquent de l'Alchymte. Las ils ne me cognoijfent mie, Etn'ontpas faift ael’art efireuae. Comme Auicenne, fa ViUe-neufaet Et plufieurs grands Phyficiens, Sons Médecins tres-anciens. Tel s'en moque qui rieïi pas fagcj Et qui n’a pas veu le pajfagts Que bons Médecins ont pajjez,. ILS RSMONST. DE N AT, Contre les rao- queuas de celte fcicncc. %-ts moqueurs n'ont pas fceu ajfe^ Pour cognoiftre telle racine %t tant Louable medecine, Queguarift toute maladie, qui L'a, tamaii ne mendie, Bien eft heurtufe la perfonne •4 qui Dteu temps & vie donne &eparuenir ace haut bien, $t pefé qu'il foit ancien: Car Gtber dtft, que vieux eftoienU philofophes qui l'auoyent, *iaif toutesfoû en leurs vieux iours Hs iouijfoyent de leurs amours. qui lapoftede, largejfe %>e tous biens ha, & grand'richejfe. Seulement d’vue once & d'vn grain ■Vouftours efi riche, & tou/tours Jain. n fin fe meurt la treature, X>e Dieu contente & de Nature: Ç'eft medecine cordiale, temfteure plus quaureale. *~eft pélixir, Veau de vie, qui toute oeuure eft ajfeuuie. l'argent vif, le fouphre & Vor. eft caché en mon thefor. *fl le bel huyle incombuftible. ** le fel blancfix frfuftbJe. eft la pterre des Fhtlofophett eft faifte de mes eftojfes: A I A L C H. ERRANT. Louange de la picr-' rc Ph.il. a pierre bilo. cft aiâe par aturc & : Ny par aucune geniturtj Trouuer fe peut que par naturtj Etpar art de fçauoir humain Qu'il adminiflre de fa main. le le te dtsùe le t’anonce. Et hardiment ie le prononce, Que fans moy qui fournis matière, Tune feras onc œuure entière: Et fans tey, qui fers & minifire. Je ne peux feule l'œuue tiftrec Mais par toy fy moy, te t’affeurcj Que tu auras l'œuure en peu d'heure, Laiffe fouffieurs,fy fophifiiques. Et leurs œuure s Diaboliques. Laiffe fourneaux, vatjjeaux diuers De ces foffleurs faux fy peruersx Je te prie tout en premi cr, Laiffe leur chaleur de fumier. Ce n'efiprofitable ny bon: Non plus que leur feu de charbon. Laiffe métaux (y atramens: Tranfmuë les quatre eleruens Sous vneefpece tranfmuable, Qu’efi la matière très-notable^ Par Vhilofophes defgnte, Et des ignares peu prifee. Semblable à l'oreft par fubfiance,. Et difftmblable par efjence. Les élment (mnertiras, 1 ES REMONST. DE NAT. Kdte/pris ' tics crrans ; Alcbymi- ‘ ce que tu quiers treuueras. * entends que les bus tu fubltmes. que les hauts tu fafie infimes. Tu prendras donc ce vif argent en fon foulphre trefagent, mettras t eut en feul vai fie au %ien des,dedans vnrfeul fourneau, Qui fer a au tiers inhumé: Garde qu'il ne foit enfumé: vnfeu de Vhilofephie, *aü atnfi, (y en moy te fie: Unifie donques toute autre ejpecey *e t'en fupplie mon fils , lai fie, neprens fors celle matières fe commence la minière. ne t'en dtsimais ie te iure Dieu, qu'il faut fuiure nature. A lrALCH. E R R A N r. LA RESPONCE DE LALCHYMISTE, à Nature. Comme l’artiftc honteux & doux Elt deuant Nature à genoux, Demandant pardon humblement Et la merciant grandement. BA tnf-dcuct mere Nature La plut par faille créature Que Dieu créa après les e vous reds honeurfy Que vous tfits mere & maijlrejfe Gouuernante du macrocorme. Qui fut créé pour micrecofme. Le premier, lç monde fe nomme; Et microcofmeen Grec, c ed l'homme. Vous fufies tant eftes h ait le, Mife haut au premier mobile, Qu'auec le doigt Vous remue^ Et du pied à bas tranfmue^ Les elemens,foit paix onguent, l’alchymisti. Angti 'louages, j Je y e»n*tu "} d/nfa'ft' Des faiâs de nacuic. Jufiques au centre de la terre Et le tout par commandements Devoftre maijire t tnt examinent En faifant générations, Et fi trefgrandes a SI ion si Par vos autres intelligences, Et non corruptiblesfub(lances, Des cieux,èfioilles & pUnettes ; Dont feforment des chofies nettes Que l'on voies doiPjraj- tout clamer Mere Matfirejfe & bien aimer. le confie fie ma chere Dame, Que rien vruant ne vit (ans ame% Et ce qui efi & a tfience, Vient de vous fy vofire puifiance, Yentens fous le pcuucir dont, é De Dieu.qui vous fut ordonné, le cognais que vous geuuernez Tonte la majfe , (y demenez, La matière des elemens Tous defiotes vos ccmmandemens: Card eux vous prenez, la matière Et des deux Informe première : Combien que premier fait confiufie Celle matière, non dijfiufie Tant qu elle finit qualifiée , puis par vous fiecifieè £ors prend forme fub fiant taie, > £fpuù vifible accident aie. A N A T V X E. 43 Dame, tant vous bien fige* Que vota faibles tout ouurage Par vos vertus celefiieles, Et vos formes tref- allueles, En fi parfaiR fa fi bon ordre , Que nul viuant n’y fcaureit mordre , le regarde Dame honorer, Que Dieu vota a tant decoree Qu’il a mis pour tou* les humains Ce qu’il leur faut entre vos mains. Quatre degret.par vota fift maifire ; Dont le premier fi n a fors quefire, ‘ Que font les pierres fa métaux ; Le fécond,font les végétaux, Qui ont iftre, fa vegetatiue; Le tiers, fi efi la fenfitiue: Comme beftes, oyfiaux ,poijfons, Qui ont trois dtuerfes faponsx Le quart fi fi en noble degré, ■ Ain fi qu’il luy pleut, à fin gré, 1 Plus par fat £1 de tous : ce fufl l’homme, Qui trois degret. en luy confimme: Mais plus que vous, ma chere Dame, Fit lors quand il luy donna Vame, Belle , fa d’immortale fubfiance, AOrnee d’intelligence. Et fans nulles dimenfions, N’efiant fub te cle aux pajfiens De noftre corps, qu’efi limité; SESEONSï DE l’ALCM. Degret des choies n icurclles. ' L’homme ; Voyez au 1*3*. L'ame hu- maine. Mais l'a faiB fenfualité Tourner à mal & a péché le corps, qui eft entaché De volupté defordonnee, Tient bien fouuent eft condamnée, Sigrace n’y eft impartie, Hue de Dieu vient, plut en partie Tour la neblejfe de eefte ame, Hue peur le corps. Or doncques, Dame, Ta grand' perfeBion de T homme N'eft pas de vous: Mais ainfi comme à la venté, T’osa ne forgez. T humanité: Mais au vaijfeau qui eft humain, ■Autre que vous n'y met la main, Hui eft la plus parfaite ejfenccj De voftre oeuure (j? grande pniffance. Sans mentir ceft pour aduoûer Quandonveutbien confiderer Comme nos corps font dtuifex., Ttfitres-bien vrganifey Tellement que par vn obitB, Hui eft le corps, tant eft fubieB A U volenté, que quandveutj Tn chacun des membres s'efmeut: Combien que volonté n'eft pas De vous, ny de voftre compas Toutesfois ceftgrande merueille Hue ce corps pour l'âme trassaille À NATVRI 44 Scfuilit! ta volôtc Comme fubieH: & tel deut ejire: Mau £ te» fouuent tl eji le maiflre , Mais tl ne fi pas par fa noblejfe, Mais par fie péché que l'ame bleffe Or donc ne votes ejbahijfe^ Si ce que tant bien tapijff Et tenez,pim parfaiâyç’eji 9homme» Efi contraire à fi noble forme Comme l'ame: fiy qui tant varitj Contre rat fort Soyez, marries Seulement dévot artifices, Et non de nos fautej vices. Vous mefme n auez-votet penfé, "Et bien fouuent en comment éy Guidant vofire œuure eftre bien faille Qu'en la fin efiott contre faille ? Efi ce faute d'entendements Ou fi ne pouuez autrement ? Dame, qu’il me foit pardonné, Si ie fuis trop abandonné De parler fur vofire fcience. Je le prens en ma confcience Que ce n'tfi pas pour vote* bUfmer : Mais ne doutez qu'il m’efi amer De ce que m auez tant repris Ou iamais n'auois rien appris. H cl as Dame ie vous affeure Que ie ne fuis iamais vne heure , Sanspenfer à ce hautain bien » REÎPONSÏ DB l’aiCH. tes mon- tres na- turels. lequel par vous ientens trejbien, mieux que ne fat fois alors Que vous me fai fié s les records Et les reproches de mes fautes, En déclarant chofes fi hautes &e ce threfor digne & louable. Soit en mtn lit,fiit en ma table, hcejfamment deuant mes yeux lay ce haut bien tant précieux. Et ne fais que penfer, en fomme, Quelle matière, 0* que orme le dois prendre pour commencer, l'oies m'efies venue tencrr Et reprendre fort aigrement: Source que ne fais Qomme vous, hélas, chere Dame 3 Eous feaués que m nay ny âmes lie feauoir en moy, pour ce faire le ne vous peux que contrefaire : Et ne feaurois pas bonnementj ■En ce noble art faire autrementj Si vous ne m'aidtés par putjfance E>e wfire feauoir fcience. Mait vous dictes, fadiQes voir, Qu à l homme n appartient feauoir E'osgrans fetrets & hautains faits: Çpmme donc porteray le fais. Et comment me pourray guider , vous ne me voults aider? A M A T Y R E. 45 La pierre Phi lof. fe parfaiâ par nacure & par air.. Puis diètes que vous dois enfuture le le veux bien : mais par quel Hure? L'vn dit, prens cery & cela: Vautre diB, non, taiffe-le là, Leurs mots font diuersfa obliques. Et [ententes paraboliques. En effeBpar eux te voy bien Que iamais ie rien fcauray rien. Et pourtant à vous i'ay recours, Vous priant me donner fecours. Et confeiïler que iPdois fairt~> En ce tref-grand & rare affaire, Cy demande ma ehere Dame, Qui de bon cœur prie & réclamé, DiBes par vtjlre eonfcience. En enfuiuattt voftre fcience. Qui pourrcit dessaler en terre, Et dedans la minière euquerre Et chercher par fubttle cure Des métaux le parfait Mercure, L«y troussé,au moins cil de l'or, Garder fe doit comme vn threfon Mais ie doute quand on l’auroitj Que j a métal ne s’en ferait: Et croy qu’ il rieji homme tant fige. Qui de faire or [cache l’vfagt: C'eft à vous de faire telle œuure: Experiment bien le decœuure, Et voftre fcauotr excellent. HïSÎDNSE DE t’AlCH. Selon vcfîre dift , en parlant •Üe la natiuité de l'homme. New voyons la manière comme he Mercure froid fa humide Appette le foufihre en fon aide: C'efi vn ejferme homogenee, duquel la créature efl nee •Apres le labeur termine'. Or doncques, tout examiné, Voue premTflapropre matière, Propre minière, Propre lieu, fa propre chaleur, Pour donner fa forme fa couleur, Pour pulluler fa donner vie, F>ont toute chofe efl ajfouuie. Vous cognciffet, comme vne ouuriere, he mérité de la matière. Car agent ne prend aSicn. Qu'en dispofee pajfîon. Subtilement fpautzmefler Chaud fa froid,- fa pu ta demefler F>u fec l'humide, fa du contraires Scauez la qualité attraire, "Pranfmuant la première forme Afin que la matière informe Forme ncuuelle : car l'ohieB . Ffipar la puiffance fubtecl Qui tcufiours foufiient la fubftance Fn l'a tic qui fut enpuiffance, A NiTTRt. 46 Alias. N’a point d’adion. Or vous ayant ouyhien dire. Mais mon parler ne peut fuffre A bien reçuer vos fentences'. Et fi tau oit V'is grands potences » Pourmoy fouflemr feuremat, le parlerais bien proprement. Car i\y entendu quauez dict, Que L'exilir, fans contredit, Des quatre elemens fe commence > Contraires puis font alliance: Et dites qu il faut conuertsr Les elemens. Sans point mentir Ce neîipas ouurage de main, Ny n appartient à l art humain De conuertir les elemens. Mais qui fcauroit par document Comme la qualité terre ftre Veut avec l air prendre fen eftre Symbohfer auec froideur, Et fe conuertir en humeur, Qui eft a dire en fon contraire ? Car l humeur ne fe veut di[traire D" / élément froid & humide , Toutefois quelle a meilleure ayde Du feu,par qui eft anohly Tout le compoft. Et fi noubly Que c eft vn œuure naturel, Qui fe faift noir,blanc puis vermeil, Oh trou couleurs font (aidentet ÏESPONSî CE l'ALCH. trois elemeas refpondentes, efi le feu, & l'eau, (y>la terre, l'air, qui bien les ff aurait querrts Vais voue dictes,fans nulle glofe, fe faiEi cC vne feule chofe, feul vaijfeau, d'vne :uhfiance , quatre ne font qu'vne efjeace: dedans cejtvn, eft en effeft qui commence & qui parfaiS. ne défaut en fa valeur, Sinon vn petit de chaleur, Que l'homme adminifire par cure; **ouoquant ce quelle procure , vojire art & noble fpauoir : fout ce qu'ejl befoin d’auoir, icelle feule matières *fl en perfection entière, Qui U commence, & qui l'a faict Qui la continue & par fat et. C ’efl tout ainfi comme d'vn homme, b'vn cheual.d’ vn grain, d'vne pomme. £aren l'efferme retenue, forme d’homme contenue, chair,fang,nerf s,poils fous la peau Sont tout en ce petit troupeau. •dinfi d'vn grain, ou de femence Chacun rapporte fa femb lance: & homme vient homme,de fruici dé fruili, de bejte, befte s'enfuit: A N A T V R E. L'œuure de !a pier- re Philoû C'eft voftre ordre qui point ne rompt r Qui ejl en vojire vaiffeau rond: Votes voulez,pur vouloir louable,. Que chacun face fon femblahle. Mus tel fcauoir & grand fcience, Procédé de la, fapience, De Dieu, qui veut qu'ainftfiitfaiSt, Et vous donna en main ce fai SI, Or fpay ie bien que quand le ftermcj Eft clos dedans le vaiffeau fermer De la femme,mais qu'il ne s'ouure, Que plus ne faut que l'homme y euure,, Ne qu’tl adioujîe ou dOminni, Ny chofe greffe ny. menue. Plus il ne s'en faut approcher, four ouurir.ou clone,ou toucher Carauvaiffeau eft enclos Ce quiparfaift iufques au bout. Puis dictes que tout ainft ejl De la piene, que tant me plat ft. Et qu'il ne faut qu'vne matière Toute feule mife en pouldriere. Laquelle contient l'air & Veau Et la chaleur en fbn vaiffeau, Ettout ce qui eft neceffaire Pour par fournir ce noble affaire,- fiy iamais dIus toucher n'y faut,, Ny autre chofe n'y défaut, fors jeultmenty admfter RESPONSE DE l’aLCK; petit feu peur exciter chaleur}. Certes e’efi vne queftion Que iamais bonne ne fiuldra3 Et die tout ce qu'il voudra. Car il endure froid (y chauld, Ny de gros feu il ne luy chault. Mais tant plus s'amende (y affine* Bt bien affiné ne defne: Tant efl parfait} en fa nature. Et fi efl vne créature._» Des elemens la plus prochaine, Que n'a fimence,(ferme,ou graine ■= 0« fe face réduction Apres la putrefaftion four reuenir en fin effecei Car fa matière efi trop efpece. Mais l'ormortyld efi mon fin eftre: Ne de luy ne peut plus renaifire Autre métal ny vif argent. Pour ce ne fe vente lagent Btdife,fiubi es met notabley K ESMNS DE l’AtCH. AU, Que, i'eute chofe fait fort femblalle. C'eft mal dici,quant aux minéraux'. Mais bien eft vray des ht des fenfitifs vrayement: Car ils prennent nourriffements ht *ie,fe fement & plantent; hes métaux iamats tien ne fentent, htfont aujftgrands au premier Comme tls font en leur an dernier, h>es elemensprennent leur eftts har vous en l'etemenf terre [Ire, C'efi fans femer (y fans planter, Sans cultiue? ne fans anttr. lefpay.parvoftre enfeignement, Qu'en ne dcibtprafttqualemenLj Suiure les dtéis des anciens lions Vhilofophes trefciens: Mau feulement la théoriqueu ht Jpeculatiue pratique. Qui ejl vraye & efjentiale ht qui eft n e créer,comme fouuerain, T>es elemens toute faâurr. C«r c'eft luy qui produit} nature, H fait méfier par quantité Tes elemens , la qualité lufement proportionner, Tien conioindre & mixtionner Siemens (y vnir enfembltj T>euëment comme bon luy femhltj Tt nef homme qui fe peut faire, Tîe qui [feuft dire le contraire. Car il efi luy feul créateur, Tt de tout lien le condubieur, T>u monde nefi chofe pourtraiBts Que fans luy peut onc ejire faille. Et fe taifent tous les ’vanteurs Sophifies mueftigateurs T>e V Alckymie, qui fe vantent-» Qu'ils cueillirent & rien ne plant inf• Qui font,par calcinations Tt par leurs fui limations difiliations efranges, Peler en fumee les Anges Coagulations iniques, Congélations Sophifiiques Croire au peuple fy à eux au fi Qu'Us l'ont faibli & qu'il efi ainfi A N A T V R E. 51 Que feparation efi fai3e Des quatre elemens,(yparfaire Du vif argent, (y de l'or fin: Et'tout nefl rien à la parfis. Car tl eîî vray,que toutes chofes Qui font dejfetcs le ciel enclofes. Des quatre elemens failles font. Et iufie quantité ils onu En proportion,par nature, Rien mixtes, félon leur fallure: Non pas tous vnis proprement. Mais en vertu difiinéîement: Principalement la matière De la pierre vraye & entière. Ventens, an vif argent vermeil, Et parfaift corps,qu an dicl foleil. Sont quatre ify chacun Eléments Vnis infeparabiement, EtmefitZ par moyens notables, Nen par art humain feparables. Car tous les bons Phyficiens Et Philofophes anciens Ont efcnpt, fy il efi tout cler, Que lélément de feu fy d'air Sont enclos qfy tentes en ferre, L'vn en l'eau, fy l'autre en la terre Le feu efi enclos bien fy beau: En la terre, vfagCa Compcfer tfy mixûcnner Les éléments, ne ordonner Combien il y faut de chacun Elément, pour bien faire aucun Suppofi, eu chofe naturelle. Spirituelle ou corporelle. Or donc s’il les veut feparer, Comment pourra-il reparet Et reiinir celuy compoft Pour en refaire vn vray fuppof. Tuifque Une fpait la quantité Des éléments, qualité, De la mode de l’vnion Et par fai Be eonicnctionf Il ne faut donc rien feparer, Puifquon ne le fpait reparer. Laijfer voue faut faire nature. RHSPONSH DE l’aLCH. Qui entendez Vart fy factures Lt qui /fanez bien difpofer Lt celle pierre compefer, Lt bien faire les mejlemens Sans feparer les elemens. Ajfez L'aueZ-vous dift,Madame: &ar ves diBs ,i entens bien la game* Lie feparer ilnejî befoing Ues elemenrs,ne prendre foing lie les réunir fy conicindre, fuis qu’on ne peut tel art attaindre, Lt que c'ejl vn fccret faune H vous,de Dieu craonn é. La pierre eu l'élixir, fans double. Se fa ici de vous fy par fai ci toutes Sans feparer les elemens1. Mais non pas fans vos injlrumens, Ke fans l'aide de l'homme fage. £/ qui bien entend vc/ire ouurage. Ma ispeur l ien dénoter la mie, y oyons ce que didî Ari/iote, Ou le rhyfuten fatSifin, Là commence le Médecin, Supptfant peur Phy/îcien Le très- fpauant natunen. Lient l'art d'Alchymie commence, Suiuant nature fy fa frience. £f tout cecy eji fuppefé Lt par Art(lote pofé A N A T V R E 53 En fies dith çy> vrayes efiriptures Monfirans les ficrets de nature: Qu'vn Phtlofiphe doit comprendre, Et le Médecin bien entendre. Et autre chofe icy n'entens Ÿourparuenir là où prétends. Car L'art d'Alchymie bien dut Se Sera de nature produiSe. Et à fin qu'on ne s'y abufe, Tout cela dequey nature vfe, Procree,produiS & engendre, Efi la metiere & propre gendre Qui appartient à l'Alchymie. Mieux te ffauex. que moy ma mie. Mon honorée, & chere Dame, Que veux feruir de corps & d'ame. Or ffauex. que trois chofes faiS L'art d'Alchymie-.cefi qu'il parfaiS Le métal, & le viuifie Comme experiment vérifié, Et digéré fin efi>*it: En ce faifant ,rien ne périt. Secondement cuit la matière. Digérant en telle mantere, Dedans quelque vaijfeau petit,, Que le corps elle conuertift Auec lelperit tout envn. Sans y adtouBer corps aucun, Parquoy en cefiart tant notable, RESPONSE DE l’aLCH. Alias, Le m étal 5i le veri le. Le foul- ’hrc im jur & raffine, ollit & :igcre dpric. *ien de nouveau n'y efi capable. 7 s'y fat cl mixtion. Sinon admmtHration ües beaux principes dénaturé, Que pour tel befein les procure: r*ar ce quelle engendre & nous laiffe, Ç'efi ce que l'art dcibt prendre en lai fie. Ttercernent & dernièrement^ Se preuve , que roulement Séparation ne Je faiü d*e quatre elt rnens en ejfeSl l'argent vif fy du Soleil, ®u or qu'on appelle vermeil Pour faire la pierre parfaire. P-e peu fer ejl erreur infefte Contre le noble art d'Alchymie P-t profonde Philofophie. Il efî tout vray & fans mentir P-t fans vérité divertir, Qui toute chofe Slfmentee eletruntcc d'elemens alimentée, donc s'ils font bien dijpofez. P-t pour tel fuppojl cempofe^ nature l'a froduiét on lejlùfartfori efl défi nu cl Celuy pbpcfi & corrompu, Qui tta tous les elemens n'y a plus de mefiemens. A N A T 7 R t. 54 Etlt ht tut lun tou* retn-pu Mais pour feparer chofe faicie, Des quatre elemens ejl défaille, Qertes il n'eft pas neceffaire, Ne auffi ne fe doit-il faire, Que lepere qui fils engendres Soit dejf.ùSt-.pas ne veux entendre Qu'en ce faifant il fait deftrutH: Mais fujfife qu’ijfe l'eïfrits Génitif auee le ferme. Que la maître de la femmes Kepoit fp çar de chaudement s Et tel eSperit, vrayemevts Efl de l'enfant générât if Et de fies membres format if. ..Auicenne en fat ci mentiony Variant de la génération. jiinfieft-il ftmblahlements De l'or fin,qui eft feurements De la pierre h pur-, eftfcj Comme dit le vray Phtlofcphe; C'efl le pere qui tout inftru.it: Donc ne faut pas qutl fait deftruit: Ne corrompu ne feparé De fes elemen> bien paré: Mais fuffit que le foleilpere, Spirant fon ejprit, prosltre, Et force & vertu influer Par l'eftperit au fils afflues En vertu, qui ejhvrayepierres Des en terre. SESPONSE DE l’aICH par l'efierit génitif. formé le fils fubfiantif. dame par Vcm tay tant fpeu de vos fecrets apperceu, J§)ue l'art d'Alchymie efi fcience tres- ueritable, fi dis que ce fi or vermeil le vray pere dici Soleil. &e la pierre (jy> de Vélixir, bont tant de threfor peut ijfir: Qar il-efchaujfe, inféré çfy fixe, bigere & teinStpar artifice, Sans nulle diminution, Üe quelconque corruption f>e celuy tr, qui efi le pere, boni le fils grandement ptcfiere. Or doncques ne nous efi poffible, necefiatreyic Ittftble, •&e dé faire,les mefiements, Üe feparer les éléments, nature ha porrionnez,, fi bien join&s (y iufie & deué quantité, & qualité, *1* vifgrgem, dans & dehors, *emblat>fiment auparfaici corps bu Soleil, comme ha efié di£t. Qfii efi fenttnee & vray ediél, St notes ignorons la fciencta nature & la fognoijfaneta A N A T V R E 55 lies mixtions ÿ mejlemens, T)e ces quatre beaux elemens. Semblablement nous ignorons D'iceux les feparations, Parquoy ileji tres-necejfaircs D’en future nature, & de faites Et vfer de fes tnjîrumens Comme elle faicd es elemens: Autrement nous ne ferions pas Vrais imitateurs de fes pas Sans celle adminiftratien En ce fie tnefme e duel ion De Informe d'icelle pierre, Et des moyens quily faut querre-, Par lesquels moyens on receuurcj L’infirument deqaoy nature ouurej> En la manière par artgent, Qui donne forme au vjpf argent, Faire au contraire des auteurs. Pluflojl nous ferions deflruchturs De ce que nature com.-ofe, Et quelle engendre ÿ bien difjpofe. En feparant les mejhmens: C'ejl contre vos commandement} Et chofe par trop decgjlabltj Enuers vous .tant bonne (ynotable. Mais bien dott~onfans nulle double- Taire ainfique itü Artfiote, Les elemens conuertiras, Et te que tu qjiten trouverai. RESPOONSE de l’alchv a4inf,nature Ÿotu Pour me conduire fagemcnt: Si vous remercie humblement, l'ay tant appris par vous de bien:- Que tout ce qu’ayfai&ne vault riens le cognois que eeflgrand' f» lie, î» fin perte (y> meUnchelie i>e s'atnufer à ces fourneaux, in vif argentiers fortes eaux3 £» dijjolutions vulgales, , £» toutes chefes minérales, in feu de fumier & charbon: Car tamais ny a rien de bon, Source, Madame te concluds, te feray déplus en plue fLntentif, félon vefire hure, i>e tout mon peuuotr vous enfuiure: Car c'eft U chemin & la voye ia plus feure que l'homme voyez it eft tout certain que eefl arLj ïdeUi vient par vous:mau c'eft à tard Üon fans caufezvcu la noblejje, it le threfor, çf la hautefjca &e cegrar/dbten & haut oracle, Qui efien vous quajî miracle. Or madame, comme t'entendsy •Afin que ie ne perde temps. $9Us vojhe baniert & eufeigney, •d-tnf que vojlrt dici m'tnftgne A N A T V R E 56 Allant tlufiofi huy demain Vais a l'œuure mettre la main, Saluant vofire commandement; Et prendray tout premièrement-> La matière, auec fon agent, Qui fera ce beau vif argent, Et la mettray dans le vaijfeau Bien clos, nette fus vn fourneau Enuironné d'rne clofiure: Et puis vous,madame Nature, 'Ferez ce que fpauez bien faire., Afin de vofire œuure parfaire, Que tant efi occulte & profondes Que de plus riche nefi au monde. Si vous remercie madame. Du corps, & du cœur, & de Verne. Quand vous ha pieu me vifiter, Et d'vn Jigrand bien m'heriter: A laquelle toute ma vicj Sois tenu,fy malgré enuits le fuyuray vos enfeignemens, Et feray que dçs. elemens l’auray celle noble teinedure, Moyennant Dieu & vous Naturje, SESPOSSE DE l’aLCK. Cy fînilt la rcfponce toute Que l’artifte fi(l en grand’ doute Deuant Nature fanuiflrcfle. Dont en a heu très-grand* richctfc 57 Extraict DV RO- MANT DE LA ROSE, oui. Clo£inel, did le Meung, parlant des raids tant de Na- ture que de l’art ion imitateur eicript. aEuure l'hemetawt qu 'il viurx, la nature n'acofutura. Que d alchymie tdt aÇpreigne, Que tacs métaux en couleur teigne. Jl fe pourrait aincoie tuer, Que les ejpeces tranfmuer: Si tant ne fait qu'il les rameiae £» leur nature primer aine. Ht fi tardfe voulait pener, Qpfil les y ffeujje ramener, * , Si luy faudrait auoirfaenc*.* H)e venir à celle attrempance, Quand voudrait faire Vélixir. Dont telle forme doit ijfir Qui dtuife entre eux la fubfiancs I1 ar jpeciale dtference: Comme il appert au dtffmr3 Qui bien en /fait à chef venir. Nonobfiant c'ejl chofe notable, L'Alchymie efî art venerable. Qui fagement en œuureroit. Grand■ memeilles y trouuereit. Car, comme qu'il fait des ejpeces. Ah moins les fingulieres pièces En fenfibles ceuures Joubs mifesy Sont muables.en tant de guife s Qu'ilspeuuent leurs complexions Par diuerfes digefiions Changer éntre elles,par tel change Qu'il les met fous efpece efrange Et ofie de la leur première. Ne veoit Ion comme de fcugiere Cendre faicl & puis verre naifire Qui de verrerie efi bon maifire. Par dépuration legiere? Si n efi pas le verre feugiere. Ne lafeugere ri efi pas verre: Et quand efclair vient,ou tonnerre, Ne peut-on pas bien fouuent veeir Des grands vapeurs les pierres cheoir, Qui ne montarent mie pierres? Ce peut ffauoir qui [fait les erres Et caufe.que teüe matière A tefle efpece eftrange attire, Ainfi font efpece s changées. Ou les pièces d'eUesefirangefes, EXTRAICT Dr ROMANT Pt enJubfiance & en figure Soit pur art, ou bien par nature.. ■A'tnfi pourrait des métaux faire, Qui bien lesfpaurait à chef traire Pt tolliraux ords leur ordure, Pt les mettre en forme trefpure , Par leurs eomplexions voifines P'vne vers l'autre ajfe^jenâîmes, Car ils font tous d’vne matière, Comment que nature les tire : Car tous, pardiuerfes maniérés, dedans leurs terrefires minières, befoulphre & de vif argent naijfent, Comme les Hures le confejfent. Qui les fcaurott fuhtilier , Pt faurs (Jprits appareiller, Si que force d',entrer ils eujfent, Pt que voler ne s'en peuffent, , Quand dedans les corps ils entraient, Mais que bien purgez, les trouuaffent, Pt fufi le foulphre fans ordures Pour blanche eu peur rouge zeinfteure. Son vouloir des métaux ferott Qui ainfifaire le fcauroit. Car BVE A ArNAYLD DE Villeneufue. LA pierre des Philosophes Sourdit de terre eft efleuee ou parfaire au feu. Saoulee du breuuagc d’eau trcfclaire, au moins cb douze heures , de toutes parts s’enfle vifiblcmcnt. Apres mile en eftuue d’air inpycnncmd chaud & fec, & puri- fiée d’eftrange vapeur , acquiert Solidité' en Ses parties ; & extenuce d’humeur Su- perflue, deuient idoine à Se briSer, Cela faid, de Ses plus pures parties eft: eSprint le laid virginal : lequel incontinent mis en l’oeuf des PhiloSophcs, eft ft longue- ment efchauffc', par continuelle & pro- pre chaleur, comme pour faire couuer & efclorre pouflins , que cftant defnuee delà variété de fes couleurs , s’efiouift auec Son pareil en blancheur de neige: & deflors Sms danger refifte aux for.es du feu croiftant, iufques à ce qu’eftant minde en couleur de pourpre , elle Sort du monument a»ec royale puiftasce, f I N. PETIT TRAICTE' d’alchymie, intitvle’ le fommaire Philosophi- que de Nicolas Flamel, aVi veut aueir la eognoiffancco Des métaux & vraye fcienctj Comment il les faut tran [muer Et de l'vn à. Vautre muer. Premier ilconuient qu'il cogncijfcj Le chemin & entière addrejfe Dequoy fe doiuent en leur minière Terreflre former, & maniéré. Ainf ne faut-il peint qu'on errCj Regarder es vaines de terres Toutes les tranfmutations D'ont font formez, en nations. Parquoy tranfmuer ils fe peuuentu Dehors les minières, ou fe treuuent Eftantpremier en leurs efyrits ; jiffauoirpour n'eftre repris , En leur foulphre & leur vif argent, Que nature a fai ft par art gent. Car tous métaux defouphre fonta Termes & vif argent qu'ils ont. Ce font deux fermes des métaux Quels qu'ils fey entêtant froids que chauds, Vvn eft mafte, l'autre femelle-. Et leur complexion eft telle. Mais les deux fermes deffufdi&s. Sont compofez, c eft fans redtcis, lies quatre ilemens,feurements Cela i'afferme yrayement. Ccft à fpauoir le premier ferme Mafculin, peur fpauoir le terme 3 Qu’en Philo fophie en appelle Soulphre, par vnefapon telle, K'eft autre chcfe qu'éléments De l'air & du feu feulement. Et eft le foulphrefix femhlahltJ Au feu fans eftre variable , JE# de nature métallique : Non pas foulphre vulgal inique* Car le foulphre vulgal,»’a nulle Suhfiance ( qui bien le calcule ) Métallique, À dire le vray , Et ainft te le prcuueray. Vautre ferme qu'eftféminin, C'eR eelay.pcur fpauoir la fi», Qu’on a coufiumc de nommer Argent vif fy pour vous fommer Ce n'eft feulement qu’eau & terre. Qui s'en veut plu* à plain enquerre. Dontplufieurs hommes de fcience D Ê N. FtAMEl. 60 Ces deux jprrmes-là fans doutaace. Ont figurez, pur deux dragons. Ou ferpens pires fe dtcîcn. L'vn ayant des ai fie s terribles , L'autre fans ai fie, fort horrible. Le dragon figuré fans aifie, Efi le foulphre, la chofe tfi telle, Lequel ne s'cnuole iamais Du feu, voila le premier mets. L'autre ferpent qui aifies porte , C'efi argent vif, queveutemperte , Qui efi femence féminine Faille d'eau & terre pour mine. Pourtant au feu point ne demeure , Ains s'enuole quand voidfon heure. Mais quand tes deux fermes d: foin Us Sont afiembltrrj& bien conioinUsy Par vne triomphante nature, Dedans le ventre du mercure, Qu efi le premier métal formé. Et efi celuy qui efi nommé Mere de tout autresmetaux. Philosophes de monts Qr vaux L'ont appelle dragon volant: Pcurce qu'vn dragon en allant, Qu'efi enfiambé auecfonfeu, Va par l’air ieHantpeu à peu Feu & fumee venimeufe Qu efi vne chofe fort hideufe Sommaire phil®soph. A regarder telle laidetire, Ai nfi pour vray fai ci le mercure, Quand il eji fur le feu commun, C'efl à dire , en des lieux aucun , £« vn vatjfeau mis & pofé Et le feu commun dijpcfé, fV<*r lny allumer promptement Soi feu de nature afi rement, Qu'au profond de luy eji caché At,ors fi "joue voulez, tacher. "Voir quelque chofe véritable Par feu commun diH végétal le , L'vn emflambcra parardure Du Mercure feu de nature Alors,fi effet vigilant, l'air isciant, courant, Vne fumee vemmeufe, Mal odorante, & malignitufe, Trop pire , en flambe tfy Ch pcyfen Que nef la tefie d'vn dragon Sortant à coup de Babylone Qui deux eu trois lieues enuironne Autres Philcfophes fçauans, Ont voulu chercher tant auant, . Qu'ils font figuré en la ferme D'vn Lyon volant fans dtfier me. Bt l'ont an fit nommé Lyon: Source qu'en toute région Le Lyon deuore les befles DE N. FUME1. 61 Tant foient ieunes & propretés En les mangeant a fon plaifir, Quand ifelles tlfe peut faifir, Sinon celles qui ont puijfaace Contre luy fe mettre en deff.nce. Et refifier par grande force A fa fureur, quand il les forcei Ainfique le mercure fatld. Et pour mieux entendre l'effeci, Quel métal que vous mettez. Auecquesluy, ces mots notez. s Soudain il le déformera, Deuorera, & mangera, Le Lyon fat ci en telle forte. Mau fur ce point, ie vous enhorte Qu'il y a deux métaux deprif Qui fur luy emportent le pnz, En totaleperfeüton, L'vn on nomme or fans fiftion; • Vautre argent, ce nie aucun, Tant efi-il notoire dchafcun, Que fi mercure efi en fureur, Et fon feu allumé d'ardeur, ■ Il deuorera par fes faitz. Ces deux nobles métaux parfaiftz,, Et les mettra dedans fon ventre Ce nenobfiant, lequel qu'y entres Il ne le confumera point. Car pour bien entendre ce poindi. SOMMAIRE PH1LOS0PH. Us font plus que luy endurciz. Et parfaits en nature aujfi. Mercure efi metatl imparfaits Non pourtant qu'tn luy ayt de fait Subfiance deperfetion. four vraye déclaration Vur commun fi vient du mercure, Qu'eft metaUparfait., ie l’affeure. E>e l'argent ie dy tout ainfi Sans alléguer ne cas ne fi. Et aujft les autres métaux Imparfaits,croijfans bas hauts Sont trefiout engendrez, de luy. Et pour ce il n'y a celuy Etes philofophes, qui ne dife Que cefi la mere fans faintife E)e tous métaux certainement, farqucy conment affeurementa Que dés que mercure efi formé, Qu'en luy foit fans plus informé Etouble fuù fiance métallique, Cela clairement ie répliqué. C'efi tout premier emet pour l'vne, Ea fubfiance de baffe Lune > Et après celle du Soleil, Qui efi vn met ail nompareil. Car le mercure fans doutante Efi formé des deux fubftances, Efians au ventre en effrita DE N. FtAMEt. 62 Du Mercure que i'ay defcript. Mais tantoft après que nature Ha formé iceluy mercure, De ces deux esprits deffufditz. Mercure fans nul contredite Ne demande qu'a les former Tout parfait* fans rien dtfformer, Et corporellement les faire , Sans foy d'iceux vouloir défaire. Vuys quand tes deux s'cueillent Et les deux fermes fe refuetllent, Qui veulent prendre propre corps : Alors il faut eftre records, Qu'il conuient que leur mere meure, Nommé mercure, fans demeure: Puis le tout bien vérifié, Quand mercure efi mortifié Par nature ne peut iamais Se vi ut fier, te promette , Comme il efioit premièrement, Ainfi que dient certainement Aucuns triomphans Alchymiftes, Affermants en paroles rt-ifiei , De mettre les corps imparfaits Et aujfi ceux qui font parfaits Soudain en mercure courant, le ne dy pas qu'aucuns d'eux menti Mais feulement, fauf leurs honneurs, Pour certain ce font vrays' iengleurs. SOMMAIRE PHÜOS 0PH. ÏÏefi bien vray que le mercure Mungerupur jagrande cure impurfiaiét métal,comme plomb„ ®u efiaing'.cela bien [cuit- on: pourra fans difficui.é Multiplier en quantité: Mais pourtant fa perfeftion ■Amoindrira fans fiftion , & mer cure ne fera plus Parfatëty le fur plus: Mais fi mortifié efioit Par art, autre chofe ferait, Comme au cynabre, ou fubltmé, le ne me veux pas animé reutfier refepeuffe. Telle venté ne femufie : Car en le congelant par art, Pes deux fier mes yfcit toji ou tard, T>u mercure point ne prendront Corps fix, ny aujfi retiendront Comme és veines ils font de lu terre, •A ins pour garder que nully n'erre S» peu congelé ne peut eftre Par nature à dextre ou fenefit e, dedans quelque tetrefire veine, Que le grain fix fouiuin ny vienne. Qui produira des deux efiermes &u mercure,entier & vruy germes ; Comme é> minet de plomb voyef D H N. UAME l. 63 Si voua y efies enuoyex,, Car de pi mb il n efi nulle mine En lieu oh elle fe confine,• Que le vray grain du fix n'y fait, Ainfi que chacun L’apperpoit, C'efi à fpauoir le grain de icr Et de l'argent, qu'eji vn threfor En fhbfiance & eu nourriture: A chacun telle chofe eji feure, La prime congélation Du mercure, efi mine de plomb Et aujfi la plui conuenable A luyda chofe edi véritable: Four en perfeftton le mettre, Cela ne fe doit point obmettre. Et pour tofi le faire venir Au grain fix,fy toufiours tenir. Car comme parauant efi dict. Mine de plomb fans contredit * N'efi point fans grain fix pour tout vray D'or & dargenticela isfpay: Le[quels grains nature y amis Ainfi comme Dieu l'a permis: Et efi celuy-la feurement §}ui multiplier vrayementJ^ Se peut fans contradiction. Pour venir en perfection Et en toute entière puifiance, Comme fpay par lexpérience. SOMMAIRE PHIIOSOPH. *îf cela pour tout vray t’ajjeure. tuy efiant dedans fon mercure, C'efi à dire non feparé L>e U mine, mais bien pure. Car tout métal en mine efiant mercure, i'en du autant, multiplier fepourra l'ant que la fub fiance il aura be fon mercure en •vérité. Mais fi le grain en efi ofié Lt feparé de fon mercure Qui efi fa mine,bien l'ajfeure, H fera ainfi que la pomme Cueillie ver de, & voilà comme bejfies l'arbre en vérité, *tuant qu'elle ait maturité, Quand voeu voyez- pajfcr la fleur , lefruici fe forme ,fiyez, feur, lequel aprespomme efi nommée L>e toutes gens, (y renemmee. Mais qui la pomme arracherait L>ejfeus l'arbre, toutgafieroit ■4 fa prime formation : Car homme n’a tu notion lar art r.y au fit par fcienee Qu'il fceufie donner la fubfiance, tandis la peufie parfaire metirir, commepouuoit faire La fie nature bonnement, DE N. F LA Mil 64 Quand elle ejhit premièrementj Dejftu l'arbre, où fa nourriturej Et [ubjiance auoit par nature. Pendant donequet que l’on attend La fai fin de la pomme e/tant Sur ("on arbre ci* elle (augmente Etnourrifl venantgrojfe Agente El' prend agréable faueur, Tirant toufiours à fey liqueur, lufques à ce quelle fin faiBtj De ver le bien meure & par fai de. Semblablement met al parfait}, Qu'efi or, vient a vn me fine ejfeB, Car quand nature a procrée Ce beau grain parfaiB & créé Au mercure, foye Que toufiours tant foir que matin Sans faillir il fe nourr ira , , Augmentera & parfera W*- En fin mercure luy eflant : . Et faut attendre iufqu'à taxt- Quily aura quelquefubjîanctj De fin mercure fans doutante : Comme fat Bfur Tarbre la pomme. Carie fais fgarnir atout homme. Que le mercure en vérité Eft l'arbre, notez, ce dicté, \ De tous métaux, foyent parfaicfst Quautres qu'on diB tmparfaictr. SOMMAIRE PHÏLOSO? H Pourtant ne peuvent nevrnturtz Aueir,que de. leur feul mercure, farquoy ie dy.pour deui/er Sur cepat, fa voue aduifer, QueJî voulez cueiUir lefruiff Du mercure,qu'èfi fel qui luifi, fi/ l’vne aujjtpareillement. Si qu'ils foyent feparémentz Loingtains en aucune maniéré, L’vn de l'autre fans tarder gtuere,, Ne penfet, pat les rrcenjoindrtz isnfemble,n'aujft le - rejoindrez •Ainfi comme auoit faite naturtz ■Au premier: de ce veut affeure: Pour iceux bien multiplier Augmenter fans point varier. Car quand métaux font De la mine, d part tremuerez Chacuncomme pommes petites, C utiüiers trop ver des fa fubites De l'arbre, le[quelles iamais N’auront greffe ur te vous promets, Le monde ha far nature faexperienetz Du fruitt des arbres végétaux, fi tne font point ees mots nouveaux, Qui dés la pomme,ou la portez fi/? arrachée,il eft notoire, De dejftcs l'arbre ce fmitz D E N. H AME l. 65 'Polie qui la remettroitj Sur la branche pour r'engrofti X* parfairtfols font atnft. Et gens aveuglez fans ras font, Comme en voit en mainte maifon. Car l'en [fait bien certainement* Et a parler communément, Que tant plue elle eft manietj Tant plue teft elle eft cenfommee, C'eft atnft des métaux vraiment: Car qui voudrait prendre l'argent. Commun & l'or,puis en merturcj Les remettre,feroit ftulture. Car quelque grand' fubtilité Qu'on aye, auftî habilité Ou régime qu'on penferait,, JLbnfi on s’y trouueroiti Tant fait par eau ou par ciment* Ou autre forte inftnimentj l'on ne ft aurait racompter ’tîHfteurs ce ferait mefcompter Et dé tour en iour à refaire^ Comme aucuns folt fur ceft Qui veulent la pomme cueiUtt-x Sur la branche eftre rebailletj Et retourner pour la parfaire. Dont s'abufentà cela faire. îdonobftant qu aucuns gens fpauant Phtlofophes & bien parlans SOMMAI AK THILÔS 0>H. » E M. IUMI1, 66 Ont trefiten parlé par leurs dits, OiÇans fans aucuns contredits %ue le Soleil auet la Lunet Rt mercure, Ny de charbon.mais pour Quel feu te féru bien duifant. Faut que fait feu clair fa luifcmt, Ny plus.ny moins que le Soleil. De tel feu feras appareil: Lequel ne doit efire plus chaud Ny plus ardent fans nul défaut, Mais toufioars vne chaleur mefmzs Faut que fait, notez bien ce thefme: C,*r la vapeur e(l la rofeet Qui gardera d'ejire alterecj La femence de tous métaux. Tu vois que les fruiÜs végétaux S'ils ont chaleur trop fort ardentes Sans rofet en petite attentes S te fa tranfy demeurera Le fruit fur la bramthe mourra>. Ou en nulle perfeBion Ne viendra,pour conclu fion. Mais, s'il ejl nourry e» chaleur, JLtsec vne humide moifieur, Jl fera beau fa triumpbanLj Sur l'arbre oùprent nournjfemeai , Car chaleur fa humidité £0 nourriture en vérité De toutes chef es de ce mendia Jfaant vie ffur te me fonde. Sommaire phiiosoph. «otnme animaux & végétaux t pareiüementnÀneraux. Chaleur de bote & de charbon. Cela ne leur efipas.trop bon. Ce fout chaleurs fort violentes £t ne font pas fi nourriront es. Que celle qui du fileil vient: Laquelle chaleur Chacune ehofe corporelle. Pour autant quelle efl naturelle. Parquey Phtkfiphes fpauam Et de nature cognoijfans, N’ont autre feu voulu ejltre~> four eux,à la vérité dite, Que dé naturé Laquelle il fur usent mefmement. Non pas que Philofiphe faccj Ce que nature fait & trace-. Car nature ha toufiours chefiu< Créé, comme iey te l'expofe. Tant végétaux que minéraux, Semblablement les animaux. Chacun félon fin vray degré Générante où elle ha pris gré •Comme s’efiend fa dominance. Non pas que ie donne fintenc*. Que les hommes par leurs arts f«nt~i Chofi naturelle & parfont, Mais il eji hitn vmj quand nature B I N. HA Mit 68 A formé par fa grand' fafturtij Les chofes deuant diètes , l'hemme Luy peut ayder,& entends comme, Apres par art, à les perfaire Vins que nature ne peut faire Par ce moyen les philofophes Spauans Argent degrojfe eftoffe, Four du vray tous vous informer-, Autrement n ont voulu œuurer. Qu'en nature auec la lune Au met cure mere opportune. Duquel après en général Font mercurephilofophal, Lequel eft plus puiffant & fort, # Quand vient à faire fon effort. Que n'eftparceluy de nature. Cela fpauent les créatures Car le mercure douant dtta Dénaturé fans nul de [dit, N’eftbon que peur fmple s met aulx Varfai&s imperfaièts, froids ou chauds. ■ Mais le mercure du fpauantj Philofophe,efi t’-iumphant, Que peur met aux plus quepatfaièls Eft h cm,(y peur les imperftifls: A la fn peur les tous perfaire Et feudainement les Refaire, Sans y rien diminuer Adtcufter,mettre ny muer. ï SOMMAIRE PHILOlOPft. D E N ILAMEL. 69 Comme nature les a mis j Les laiffe fans rien ejlre obmis. Non que te die teutesfois Que les Philofophes tous trois Les c ont oignent enfemble peur faites Leur mercure,fy pour le parfaire, Comme font vn tas d'Alchymtfies • Qui en fpauoir ne font trop mifies, Ny auffi beaucoup fage ge»t-> Qui prennent l'or commun,l'argent s Auec le mercure vulgal. Fuis après leur font tant de mal. Les tourmentant de telle forte. Qu'il femble que foudre les porte.• Et par leur folle fan ta fies Abufion fy refuerie, Le mercure en cuident faites Des Vhtlefephes fy parfaire; Mais iamaisparuenir ny peuuent, Ainfi abufez ils fe trcuuent, Qui efi laprtmitre matières D&a pierre,fy vraye minière. Mais iamais tïs n'y paruiendronts Ne aucun bien y trouueronts S'ils ne vont deffus la montaignes Des fept.ou n’y ha nulle plaines Et par dcjfus regarderont^ Les fix que de Icing ils verront; Et au deffus delà plus hautes Montaigne,cognai firentfans faute,.' Vherbe triomphante- Royale* Laquelle ont nommé minérale* Aucuns Phihfphts & herbale, Appellee efl faturniale; Mais latffer le marc il contient* Et prendre le tus qui en 'vient* Pur fa net:de cecy t’aduife* Peur mieux entendre ce fie grtfe: Car d'elle tu pourras lien faire* La plus grand' part de ton a faire. Ce fi le vray mercure gentil Des Philofophes trejfubtil, Lequel tu mettra* en ta.manche. En premier toute l'ôeuure blanche. Et la rouge femblallemtnt. Si mes dits entends bonnement* Eflis celle que tu voudras Et foyex. feur que tu tduras. Car des deux n'efi quvne pratique* Qu'efi fouueraine & authentique. Toutes deux fe font par voye vne, C'efi à fpauoir Soleil (y Lune, Aim leur praBique rapporte* Du blanc & rouge, en telle faite. Laquelle efi tan*fiihple & a fier, Quvne femme filant fux.ee* Et rien ne s'en deflourbera Quand telle btfevgne fera. SOMMA I Rï FHI teSOPH, Ai! as, f fftcr. &tcey Pour guérir Tout efirits Sans péril S'ainji le fais Tous les infeSts Seront parfaits. Dieu te doint grâce En peu d’efiâtes 6}ÿe le tout face. F I N. 72 DEFENSE DE LA feience vulgairement appeilee Alchy- mie, & des bonnettes perfonnages qui vaccinent k elle'.contre les efforts qu't /. Cirard mes a les outrager. Ph.es que îcs prefents autheurs de la ««formation métallique, ont efte mis en équipage pour rece- voir ornement del'imprimerie ,& de ta forrir en public, ils m’ont femblc à droift requérir côpagnie de quel- que légitime defcnfc,contre les détra- cteurs & calomniateurs de leurs pro- fcffioM. Mais de ma parc ayant bon vouloir de leur fatrsfau-e en ce queie Pourrois.ay cofîdcré que pour refpon- 'Irc équitablement à tous les iniques écrits lefqucls on jrouucroit de tek feroit vfer d’autre, & plus long langage que ce lieu ne demaderoit : & à celle caiifc ( fans en amener autre ) qu’il falloir icyfc dé- porter d'entreprendre telle befongne. & faire efiay en vne moindre, ce néa- nmoins mcfme fin propofee. Gr eft-il certain que ie n'ay encor appcrçeu fi importuné intolérable enneray tant de la feience fus noramee que de ceux qui vaquent à elle, qu’eft vn I. Girard de Tournus : ainfi qu'il monftre eui- demment par vne grande epiftre en François , laquelle il a faiéte & ad- iouftee à la fin de fa traduction f ainfi l'appelle il)du L.de R.Bacho, intitulé de l'admirable pouuoir de l'art &de nature, qui fut imprimé à Lyon, il y eut au mois d'Oétobre dernier paflfé trois annees.Et pource i’ay penfc qu'il fuffiroit maintenant, s’il pouuoit élire contraint de quiCker Tes armes, faris auoir aucunemét blefsé l'honneur de ceux qu'il a fi témérairement enuahy. Ce que i’cfpere aduenir, vérité eftant DïPENSE en leur Faueur amenée & deuement oppofee aux impudentes menfonges d’iceluy.Ceft l’endroit où i’ay délibé- ré n’efpargner ma peine & petite in- duftrie.Mais afin que l’efficace tant de ce qu’il did contre eux, que de ce que ic prétends refpondrc pour eux, foie plus apparente, ic fuis content fuyure 1 ordre de Tes paroles mal ordonees,& les diuifer en certaines parties , félon quei’eftimeray eftre neceflàire,telle- ment que chacune de Tes obiedions aye auprès de foy fa réfutation partb eu lier e. ï)t L A L G H Y M I JE* 73 Premier ement*ilaccufe Un d'Alchy- *nie , d’amir eHeproh thé & défendu par fditl public des Empereurs Romains fuc- tejfeurs a Dtocletian, G}uand & quand* *“ lieu d’amener preuue fuffifante , confi- ine en marge oppofite>C.dt faute monnaye. le ne fçay s’il faid cela pari eu, ou par manière d’acquit, comme Guidant *uoir affaire à gens indigens d’indu- ftfr'e fuffifante pour difcerner fi telle cfpecç de payemct eft, oun’eft de mi- fejOii tâcaifez à eftre gaignez & con- tentez , qu'elle leur peut bicndatisfai- re. Mais,à,bon efcient, iepenfècertai- nement fj:auoir3que.au T.du C.fus al- legué, pn ne trouae,imprimé vnfeul motferuant à telle fentence, par luy mife en auant ; fans defaficmbîer vio- lemment les lettres, & les difpofer en autre ordre.Et pourcc, fi jnfolét com- mencement eft caufe que le milieu & la,fin nous doiuent ja clhe fufpe&s. Quoy.?Incontinent après il contredit à foymefme, là où il veut * &c ne peut proprement dire, qu’il feroit encores vtile pour aucuns, que .ledidarteuft toufiours efte deffendu , par ceux qui après iceluy Diocletiâ, ont fuccedé au gouucrnemcDt de l'Empire. Ainfi(cn pafiânt ) femonftrecharitable hors çc enuers quelques cftu- diaps en * qui obeüïènt à I DEFENSE DE i'aich y’m I E. 74 l'Empereur des Romains ; lesquels eftans aduertis du bon vouloir qu’il leur porte, luy en pourront fçauoir quelque gré. Ce pendant nous difons franchement, que ft tel edi£l y auoit, l’equité s’oppoferoit à luy : attendu qu’vne tres-honnefte vtilité eft pro- pofec pour la fin duditft art:& la vtaye pratique d’iceiuyjn’GfFenrc perfonne. Quant aux Sophiftes & abufeurs qui veulent couurir leur méchanceté pat la profeffion de noble art,duquel ils font ignorans,ce qui eft eferit au j. li- lire des extrauagates dccretalcs, au T. decrimincfaifi,par.Ican 11. s’addrefte à eux:& à bon droiâr.* Apres fe retire à fon entendement, & y cherche, (ans trouucr, quelque fuffifant argument de vérité,que la pierre/urnornee Philofophalc, puifte cftrc compofec artificiellement. D'où vient à menacer braueméc fes aduer-, que, DEFENSE L'an ne peut exprimer & nprefenter natureta rat fin quelle pénétré le dedans deschofis , & l’art prent fin fubjeiï feule- ment auprès le dehors 3fiauoirefi le de(fms dr comme la face. Mais que peut cela nuire au bruit -de celle fcience s ne des prôfeflTeurs 8c eftudians enicellefveu que tous les fçauans Alchymiftes ont toufiours«d- uouc, que l’eflfeél de leur pierre ap- partient proprement à nature(laqucl- ie eft principe 8c eau Ce du mouuemct 8c repos de ce en quoy elle cl} premiè- rement 8c par foy ) cftant toutes fois feruie par arc , fans l’aide duquel, clic ne la pourroit jamais faire , non plus que muer quelque quantité de folde ou d’ancre matière en vne malTe de verre. Et encore;; que leur fantafic fut foubs l’authoricé de R.Baccho, ou de quelque autre, d’attribuer impropre- ment celles adlions à 1 'art, fe fer liant de nature Pour inflrmnenr,,ceneantmois DE t' A 1 C H Y M I I. 75 fesintemiôs feroycnc vaines. Voyons fa pourfuirc. Et cefi vne caufi ou raifon entre au- tres(dtfl-il)quifat5i queie creye , que fi etauenture en quelques lieux ou endroits Artflote auott voulu dire ce fie pierre efire pofftble , & quil en ayt parlé , ce au- roit e fié plut pour attraire Alexandre le GrandfPrtnce contemporel & monarque* par quelque grande efhmation de fin fia~ noir, & à vne admiration de chofes, que non point pour la vérité & poffibiltté de tel effefhainfi quoneques les Princes n’ont efié,& iamais ne feront fans aucir des pa- rafites & bailleurs de happeiourdes.Ce que ie ây véritablement, efp non pour autre raifon que pource qutly en a Aucuns fifits eteffrit, quils croyent » & ont pour vray oracle, tout ce quils Itfent en Arifiote5 troyantfainfi que croyent pauures &fan* tafhques A'chient fies ) de quelque appa- « nce ( toutesfots fuperficielle ) cela efire v ray & poJ[ék,qu ils cogncifiroyenî ms~ DÉFENSE faux é" impofjïble , s'ils le cenftcUreytm figement. Ce font Tes propres paroles,bafties fur le fondemêt ja ruiné. Examinons- les vn peu. En premier lieu il a ioinâ: vn fià ce dequoy il eftoit incertain. C'cft bien faift à luy, ôc à l’imitation d’vn bon dépotant, Tofiice duquel eft de ne dire plus qu‘il ne/çait. Quant à moy, en vifctanc les œuurcs d’Arifto- sc,n’ay oncqueSjd’oùil me fouuienne, trouaé qu’il aye parle d’icelle pierre en aucun ficn liure imprimé. Car quant ï ccluy qui eft intitulé Sécréta rccretorum Ariftor. faifant nvétkm de iadiéte pierre,il y a fufiifantes raifons pour vérifier qu'il n’eft de Ton ouura- gcrcombicn que aucuns fe foyent ef- forcez de prouuer le contraire. lene içay s’il en auoic efcrk quelque choie en fon liur.des minéraux,rce mcfme fi ledidt Liu.eft pery.xarde ma cognoif- ace il ji’eft encore venu en vcué pu- DE l'ALCHYMI H. 76 blique.Laërtius recite bien qu'il auoit côpofc rh Liu. *rsf/ 7Ïr hihv, c'eft à di- re,de la pierre. Mais ce mot a/9or, qui generalemêt fîgnifie pierre,quelques- foisfcomme aucuns veulent Ipc- cialemenc pris pour l’aymant : & au- tresfois pour icellc pierre fouuét fur- nommée Philofophale. En forte que ledi£t Liu.n appareillant, ie ne puis dire s’il trai&oit là de toutes fortes de picrre,ou feulement dudidt aymât, ou bien de làdiélc pierre Philofophale. Car ie n'eftime que ce fut de celle que nous appelions grauclie , ou d'autre chofe pouuant eltre exprimée par icc- luy vocale.Quoy qu'il en foit, quelle caiife,u ce n’cft arrogance trcsfolle, a inciré ce gentil mefdifant, de fe leucc ainfi contre tel perfonnage, qui eft Axiftote, pour interpréter fa pefeeen h mauuaiTe part, & enfemble l'outra- ger publiquement, ôc par tantd'in- iurcs vüaines Ail lenousa ofé feindre O E F E N, S E peu fçauant,8c beaucoup arroganrs & menteur trefirapudent, & ünguliere- menc remerairc:& pour le rendre en- cores plus infâme,s’eil cffionteéraenc efforcé de le mettre au râgs de parasi- tes &c bailleurs de happelourdes. Quels rikres î voicy belle rccognoif- fàncc des mérités d'autruy. Mais quel hiftorien défaillant la vie d’Ariftote, ou quel autre argumet amenera-on» pour prouuer qu il aye cité ddepraué en mcurs,& vil en condition ? Scs di- uincsœuures nous declarét ruffifara- ment fa qualité. Et n’eft befoin faire mention de la bône reputation.cn la- quelle il a toujours efté,& eft,&doit eftre en tous pays,enuers les gens leu- rrez, aufqucls il a donné fi plaifans, fi vtilsjfî bonnettes documens, prefque en toutes fciêces, Confîdcrons feule- ment qu’il a par tout iufteméc gaigné le furnom de Philofophe par excellé- ccîvoirc du commun confentemct de DE i'aichymie. 77 ïpus autres Philofophcs, qui iufques à prefcnr,font venus après luy.Or qui apperçeut oncques mefchicetcz, tel- les que de(Tas,afr.mblees à la nature dV.-. Philosophe? Mais ie ra’arrefte icy, rome fi les ordes parolles de Gi- rard, pouaoyenr aucunement fouiller la nobleflc d'vnhôme tantilluftre. A la vérité tref-mal irait, fi la lueur des loiiâges ducs aux grades vertus, efioic fubiede d’eftre obfcurcie par les ma- lignes detraéhons de tels hommelers. Lailfons l’opiniô laquelle il à du Roy Alexâdre: car plufieurs hiftoires ma- nifeftes tefmoignét de Tes faits. Laifi- Tons auffi l’outrage qu'il did à ceux quiadiouftent foy aux eferits dudid Âriflote,pour môlirer l’affedion qu'il a enuersles AriftoreIiês:car il eft cer- tain que eux,& luy,font trop différés, tant en érudition que jugement :& comme chacun aime communément fon femblable,ainfi hait-il fon feov* r> B F E N S B blable.Et auançons auecqucs luy, q»i âpres cela met en auant. Que l'on ne trouve point certainement ou par ajfeuree vérité que aucun en Joie défia venu a vraye & parfaire fcience & moins a l’accnplifement de l'œuUre, que s traditions & préceptes que l’on ait eu decefle pierre Vhttcfophale. Qu’il fait aiv- fi(dijl-tl'jPhilippe njîade.qut a efégràd arttjls & abflraiïeur de quinte ejfenre, ■dittau Ciel des P Que certes plu [leur s ont cerchs ce [le fciéceymais que bien peu l'ont trouuee. Il y a toutesfoit des hures,qui tefrnoignet qu’aucuns en ont eu vraye expeuence, mais tels Hures font fans autheur : & pourtant d’eux mefmes ne font ,ny ne reçotuent aucune foy. Faifons paflage à Ton ar- Tcftons feulement le fens.Voyez vous quelle hardielTe il ainfi les chofes defquelles il eft incertain? Or il eft vray,quc Ican André in Rub. defallîs,aftcrmeque defon téps eftôic CD la cour de Rome M. Arnauld de VillencuFuc,grand Médecin,Theolo- gien,& Alçhymifte,lequel confentoic que les lingots d’or,qu'il faifoic, fuf- fent examinez à toutes preuues. Que reprochera l'on à tel telraoin ? Auroit on iufte caufe de le reeufer en c« lieu? le me tais de l’Apoticaire Taruifîn, qui vn iour deuant le Prince & les Pa- ges de Venife, mua quelque quantité d*urgent vif en or,cn forte que les ve- ftiges demeurent encore* audiift lieu, comme eferit H. Cardamcôbien qu’il ne puiflefauorifer à telle tranfmuta- tionrdcquoy ailleurs s’il plaift à Dieu. Audi ne feray-ie mention de plufîeurs autres tels exemples amenez par di- uers autheurs d’Alchymie : car ils pourroyent crtre fufpe&s. Mais quant à ce qu’il veut confir- mer fa proportion par i’authorité de Ph. Viftade cap.i4. du ciel des Philo- fophes, deriuant que plufîeurs l’ont D 1 L’AI C-H Y M I I, 78 DEFENSE cherchce>& bien peu l'ont trouuec, ii y a dequoy rire. Car à qui demandc-il lêcours’C'eft grande fotiife,d'amener tefrnoin cotre foy-mefme. Nous n’a- uons occafiô de reieéter icy le cefmoi- gnage dudict Vlftade, difant que peu de gens l'ont trouuee. Il fuit vérité en fa depofition.Mais à quoy penfoit Gi- rard, voulant par cela conclure , que perfonnene l'auoic trouuec? Sa pro- portion, 3c celle dudi£t Viftade, font contradictoires. Pource fî l’vne eft vraye,il faut que l'autre foie fauce. Toutesfois Girard les prenoit toutes deux pour vrayes, tant eft-il (ubtil ra- tiocinatcur. Au demeurant, il diét que les Liur. tefmoignans queaucûs ont eue expérience de tel artifice, ne font foy pource qu’ils font fans autheur. Or, fans répéter les efcriuains fufdiâ:s,qui eftima oneques fans autheur,les Liur, de Gcbcr,& d,Auicennc,& d’Amauld de Ville Neufue , & de R. LuIIe ôc d’Augurel, & grand nombre d’autres portans les noms & futnorns des gens bien fçauans qui les ont compofez.?Ie me rapporte maintenat ce qu’ils en cfcriuent.Puis il prononce. Combien que aucun ancien enfujl par- uenu a chef ce neantmoins quilejî impof- fhle maintenant de pénétrer iufques là, attendu que tous les hures plus exquis de ce fît matière tont efte Rails, ne de tant d’autres qui courent ioumçllement par les mains de plufieurs perlonnages.D’auantage, il faudroit auoir deuement conféré &c entendu tous les L. de celle diéle ma- tière , lovent perdus, ou demeurez, pour les, fçauoit diftinguer en exquis & chétifs» Peut on conférer , fans ap- pçrccuoixi’Peut on appcrceuoiî , ce £>-E l'àICHY Mil. 80 que n’eftrAu rcfte,cela prouicnt d’vue trop grande ignorance de penfer, & legerete'dc dire, que tels liures foyent tous rranflatcz delâgagcs diuers. Car Car de quel langage font tournées les œuures d’Albert, d’Arnauld de Villc-neuFue,de R.Lulie, de Guilliel- mus Parifienfis , de Paulus de Cano- tante, d*Augurel,& de leurs fembla- bles efcriuains d’Alchymie / Apres il adioufl:e,que, DEFENSE 'Toute la vie de ceux, qui font épris de cejle Vhilofuphie,ne fuffit pour acquérir la cognoijfance des termes d’icelle. E/ que les defpens font fi grands qu’il y aurait gran- de incertitude de profit, encans que la fa- cture d’icelle pierre fut poffibte. Er que s’il y auoit profit n’en pourrait vfr à fou- hatCl & en liberté. Et vis à vis de relies paroJIes,ce difcret perfonnage marque en marge, j.raifons : comme û tant diuers argu- mens n’eftoient qu’vn, Ainfi brouille de l'aicbtmiî. 81 il & confond les choies qui merito- yent diftindion. Et combien de fois faulte-il du coq à l’afse ? Venons au poinr.il impofe par irrifion, ce nom, Philofolie,à l’art fufdid. Notôs donc qu’il eft vn trcllourd 8c audacieux forgeron de mots. Car quelle grâce peut auoir telle efpece de vocable, il- licitement compofé d’vn Grec auec vn autre Frâçois.?Quelquc autre moo queur, n’eftant h téméraire que d’o- fcr,par vicieufe meflange de langues diuerfes, produire des mots baftards, lefquels fulfent incogneus 8c defa- Uoüez de la chacune d’icelles langues, eut peu dire , philomorie , s’il n’eut, mieux aimé foulder legitiraemêt deux noms François en vn, ayant telle fi- gnifîcation.Quant au refte, Ion entêd facilement ( mefraes par ce que i’ay rus efeript) qu’il n*eft raifonnable de s’accorder à luy en ce que tous les eftudiaos en celte dide fcience foyent fetnblables à plusieurs ignorans , les- quels pourfuiuans vn rnefmc eftude, demeurent toute leur vie en erreur: ne que les frais foyent tels qu’il didA ceux qui bien entendent les priaci- pcs:car Geber & plulicurs autres ho- mes feauans & bien expérimentez en cecy,ont affermé le contraire. Et tou- chant l’vfagcdufruid d'iceluy artifi- ce,i’aduoue que les fols ne fçauéc bien vfer des chofes bonnes: mais celle di-. de fcience n’a cncores ( que l’on fça- chejeftécogneuë que par gens pru- dens : chacun .defquels , a de fa part- donné bon ordre , que les inconue-. niens n’aduinfent ,efquels le bon Gi- rard penfant, nous obiede, que s’il y aueit profit, La plupart du peuple laijferoit fit pro~ pre vacation pour s’appliquer à cefte Al-. chyipifierie^àfin deplufofis’enrichir\d’ cù adviendrait petit a petit que toutes chofes demeurereyent incultes, & c. DITE N SE DE l’aiCHYMIE. 82 D’où vient doncques cela,que plus de gens ne lailfênt leur propre vaca- tion,pour prcnire’les loix, ou la Mé- decine , que font fcicnces fi frudueu- fes & honorables ? Vous diriez, aucc Girard, que chacun peut facilement acquérir tout ce qui cft que le. vulgaire doit incontinent eftrc participant des choies non vulgaires, moyennât quellesarneinét du profit. Il n'eft quellion que de cela:Ainfi les rai fins efioyentpour le Renard d'E- fope,s’il ne les eut veu fi verds.Enco- rcsameine il icylc droit Canon: à fin qu’il n’oublie aucune choie, laquel- le luy puifie aider à eftre vidorieux, & did. Auffi que l'Alchymijierie /oit art illi- cite & nprouuéjl eft tout manifefie:par- ceyque celuy qui croirait qu'vne esfece fe peufi trans-ferer en vne autreyou fembU* ble par œuttre humaine, & fans que [pe~ étalement le créateur de toutes chofes y mjlU main ,ferait infdelk &plw dete- Jîable qnvn Payen ,,.comrffe tl ejl contenu nu droit Canon. DEFENSE Par la force du Canon ( qui a elle faift pour chaftier les Il no* veut,comme i'eftime, en ce lieu con- traindre de confentir que l’Alchymie •foit illicite & reprouuee.Si cft ce qu'il ne faut eftre de fi lafche cœur, que de penfer icy à Ce rendre. Qu'eft-ii donc befoin luy oppofer pour la defenfc d'icelle Alchymiefll ne la peut offen- ferjateendu que elle n'eft capable de' fidélité ne infidelité.Mais fi par aduâ- tureilfe veutaddreficr aux Alchymi- fies, $c non à i’Alchymifi:enc,ainfi qu'il parle , ne pouuant manifefter fa fantafie troublée, il nous faut voir la' difpofition de fa belle argumcntatiÔ: afin que la vigueur d’icelle foit plus apparenre.Soit donequestelle: Quiconque croid , que par feule ceuure humaine vnc efpecc puilîè DE i’alcHYMIL 83 eîlre trans-formec en autre, cil infi- deLIc: Que s'enfuit- il par cela"? eft ce que les Alchyraifies font infidèles ? Ouy bien fi on les auoit conuaincus, qu’ils creulfenr que par feule œuure humai- ne vne efpcccpeut eftrc transformée en autre.Mais3comme i’ay fus recité, ils confcffent que la fa&ure de leur pierre appartient à nature, aidee d’art. Or puis que icclle nature n’efl que chambrière de Dieu, & en luy ©beif- fant faidt toutes Tes œuures , il appert ne peuuenc icy efire chargez d infidélité.Et ie penfe que entre eux ne s’en trouuera vn fi ignorant., qu’il n’entéde bien,que toutes chofes font fai&es par la volonté ou permifllon dinine. Qui douteroit de cela, ferme infidèle: comme il m’eft aduis, qu’il doit eftre entendu par les parolles de S. Grégoire faéleur d’iccluy Canon: ccbietî que fans difEmuîer, îon puiilè éflimerqu’ellesfoient d’autre effica- ce. A celle caufe ie les produiray tour- nées, fans defguifer leur valeur.Voyez les icy. Quiconque croid quelque créatu- re pouuoir eftre faiâe ou muee en meilleure,ou pire, ou bien transfor- mée en autre efpcce ou fcmblance,ex- cepté par le Créateur mefme qui a faiâ: toutes choies , certainement il cft infidelle & plus mefehant qu’vn Payen. Véritablement ce décret peut tenir fufpcds plufieurs gens difcrcts : atten- du que d’vn coflé,ilsn’oferoyent nier ce qu’il afferme:& d’autrc,felon le Ton de Tes mots , il femble forcer les hu- mains de ne croire ce que la veuc leur faiél communément croire. Car qui ne voit fouuent & croit aufïl,beau- coup de plantes & d’autres diuerfes matières eflrc arrifiddlemét muez en verrecertains vices', lefquels DE L AlCHYMII. 85 cènuiennent feulement à quelques trompeurs & fophiftes particuliers.il faut donner bIafme,ou los à ceux qui le mcritent.Apres il conclud ainfi. Votlà doriques à quoy fert & peut fer~ uir ceft an. Votlà comment il peut bien teindre er pallier quelque met armais non point conuertir la fubfiance d’ueluy en vn autre, corne faire que le plomb ou ejlaing fait pur argent. Aufsi certes cejl chofe que te ne puis croire. Ce n’efi meruei!Ies,fi ayantainfi exécuté Ton entreprifc, il veut mettre fin à Tes trauanx. Il s’eft allez tourmê- té en tel combat pour eftre ennuyé & las. Mais, puisqu'il n’a fçeu par tous fies afi'aux offenfer, n’irriter, finon à grande peine, fes ennemis, qui ne fe droit à bon droit de fa Folie,le voyant maintenir retirer & glorifier comme victorieux ? Il iouë trop mal Ton per- fonnage. Le triomphe ne doit précé- der la victoire.En fin, D! FI NSt Appelle,par dtfdain, /*artifice de ladi* £îe pterre jcience que n'efi mie. Il cft vray que ie cioy bien qu’elle n’cft mie en fou cerueau : ce néant- moins il n’éft allez bon orateur pour nous perfuader qu’elle ne puilfeertre & habiter en quclqu’vn autreme que certains cfcriuains n’aycnt ccuuerte- mcnc monftré quelque bonne voye pour latrouuer. Mais , que feroit de leurs Hures fi obfcurs,celuy qui en Tes verfions prend pour ænigmes,les fen- tences tres-facillesà ceux qui enten- dent moyennement la langue Latine? On lit en l'exemplaire Latin du L. de R.Bacho, imprimé ij.ansaoât la tra- duction de Girard,à laquelle eft ioin* Cte fadiCte epiftre ( f. y j. page z.ligne dernierc.J Sed conjîdero quoi in peüthm caprA- rum & onium non tradunturfecreta nx- tum vt (< quolibet Qu’eft àdire.Mais ie considéré que les fecrets de Nature ne font rédigez par cfcrit c's peaux des Chiciues 8c des brebis > en telle forte que chacun les puifiè entendre. Or où eft l’hôme fi hebete'(moycnât qu’il ncfoit ignorât du lâgage Latin ouFraçoisJqui ayat leu,ou ouy pronô- cer ladiéle fentéce Latine, corne déf- ias,ou ainfi tournée, cômc il faut,n’e- tende proptemét qu'elle fignifie , que la couftume des fages n’eft de biffer leurs grâds fecrets, touchât les chofès naturelles, par cfcrit â chacuintelligi- ble,foit en parchemin debrcbis,oude chieure, ou d’autre belle, ou encore* en autre quelcôq; matière côuenable à cfcrircjCe q l’autheur mefmc,en co- tinuâf là Ton propos, ample- méc cognoillrc.Et en séblable manié- ré parle l’cfcriuain du L.appcllé les fe- crets d’Ariftote à Alcxandre,difant,ce dcquoytu m’as interrogé , 8c defirc auoir co£moifsâce,eft tel fecret,que à D E L*A LCHVMIE. 86 DEFENSE igrad peine les cœurs humains le pout- Tot endurer : côme doc pourra il eftre peindt en peaux mortellesîMais ùoftre Girard,à faute de cognoiftre la figmh- catio des mots Latins,cuidoit q ledidt Bacho eut là parlé aenigmatiquerfient, & au lieu de trâflater deuémét le La- tin fus raetionné, qu’il di£t auoir tra- duidt,nous a fait prefent de ic ne fçay quelles parolles,defquelles on ne fçau roit tirer fensjcar il n’y en a aucûrpour- -ceen fa pag.56.lign. i.ou il a note' Æ- iiygme,il pouuoit bié adioufter, inex- plicable.Ierepetcray icy les mots pro- pres de Ton Ænfgrné,qui font tclsJîn premier lieu ie confidere qu’aux poils des G heures 6c brebis les de nature ne font point enfeignez, de peur qu vn chacun les entende. Ne voilà pas bons mots ænrgmati- qiies.?Or pour me taire des autres,c’eft le ra cil leu r,que pour pelhbuijl entend & cxpolb poiis.Iciie fçay û vn mefme, DE l’AlCHYMli. 87 Dodcur a donné enfeigneraent de la ligue Latine à luy,& à celuy duquel il me faid maintenir fouuenir,qui quel- que iour voulat prouucr que S.Iea Ba- ptiffe eftoit enfon têps veftu de peau de Chameau, allegoic les effigies des peindrcs, lefqucls couftumieremét le reprefenccnt en tel habit,fuiuansfc6- meil difoitjS. Marc, qui à efcrit,£> erat loannes vefiitw pilis Camdi. Mais l’vn 8c l’autre cuffent bien entendu ces 2.ablatifs,pilts &pellibw > fans s’a- bufer diuerfemcc par l’affinité d’iceux, ü en retenant chacû le£îcn,ils enflent faid mutuel efchange de leurs con- ceptions & interprétations. De ce lieu l'ô peut côiedurer du re- ftc de raverffô,àlaquclle,peuteffre5il donne meilleur nom qu’il n’en penfe, en l’appellat tradudiô.Mais ie la laif- fe pour telle quelle eft. Auffi ne i’ay-ie que fueilierce 8c courue hatiuemenr, pour veoir s’il y auroit cncores riédu D E T I ÏÏSE ften,appartenir à ladide fciéce : quoy faifant, fes annotations marginales m’ont faid prédre garde en cecy,quc ie necherchois. Etlaiffe àpenferaux gens de bon iugement & fçauoir, de quelle grâce ilpropofc à M. Edouard Laiircnt, en vnc autre fienne Epiftre, quelque iour cftre aduenu, qu vn ho- me de bon cfprit fatisfaifant à la de- mande d’aucûs, qui s’efinerueilloyent qu’il ne mectoit rie en lurhiere ( c&me font plufîeurs de moindre réparation que luy n’eftoit ) refpôditquc dcfiale nobre des L. furpalfoit tout aage de les pouuoir lire,tant s’en faut qu'on les puifïè bien entêdre.D’auâtage,que pour le prefent on ne pourroit quafi rien dire que ja n'aye efté did au para- uaerfuiuât la fentêce de Teréce.Quoy côfideré par luy ioinde la peur de de- tradion, il a voulu traduire le traidc de Claude Celcftin. Où i’ertime qu’il vacille dire, qu’il a mieux ayme faire cela,que d*étrcprédrc à côpofer, quel- que augmércr fi grad nô- .bre de liures,ou pour redire choies di- ètes.Côme fi la vérité n’eftoit deuers plufieurs içauls hômesjqui eicriuenr, qu’il y a encores infinie choies non fçeucs ny enfeignees, tesfois on peut fçauoir & enfeigner. Mais ie fuis bié d'auis qu’on ne les at- téde de la part dudift Girardide peur queja jogueur du téps ne fuR trop fa- cheufc. Au reRe il a bpini6(cGmmc il donc ï entfdre ) d’bftre bien digne de faire telle re*pofe,qu'il di